‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme] (volume 2)Chapitre 68 sur 112 · HISTOIRE DE CG · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE CG

cette entreprise et la vigueur avec laquelle Maurice fit ses approches contre la place, alarmèrent tellement l’empereur, qu'il écouta plus favorablement les raisons de Ferdinand en faveur de la paix. Malgré sa hauteur et son opiniâtreté naturelle, il sentit la nécessité de plier, et montra des dispositions à faire quelques sacrifices de son côté, si Maurice voulait dimi nuer quelque chose de ses demandes. Dès qu: Ferdinand s’aperçut que l'empereur cominençait à céder, il ne cessa pas un moment de le presser jusqu'à ce qu'il l'eût déterminé à déclarer qu'il accurderait tout ce qu'on voudrait pour la sûreté des confédérés. Ayant gagné ce point difficile, il dépécha un courrier à Maurice, et en lui faisant part de la dernière résolution de l'empereur, il le conjura de ne pas rendre inutiles tous les efforts qu'il avait faits pour le rétablissement de la paix, et de ne pas frustrer, par une obstination déplacée les vœux que toute l'Allemagne faisait pour cet heureux événement. Maurice, nonobstant l'heureuse situation de ses affaires, se trouvait fortement porté à déférer à cet avis. L'empereur, quoique pris au dépourvu, avait déjà commencé à assembler des troupes; et quelque faibles que pussent être ses efforts, tant que les impressions de la première consternation dureraient, il voyait bien

que Charles agirait à la fin avec une vigueur |

proportionnée à l'étendue de son pouvoir et de

ses états , et conduirait en Allemagne une armée |

formidable par le nombre et plus encore par la terreur de son nom et la renommée de ses victoires passées. H ne pouvait guère espérer qu’une confédération composée d’un si grand nombre d'associés continuât long temps d'agir avec assez d'union et de persévérance pour résister aux efforts soutenus et bien dirigés d'une armée conduite par un chef absolu, accoutumé à com-

mander et à vaincre. I sentait déjà, quoiqu'iln'en |

eût été instruit par aucun fâcheux événement, qu'il n'était après tout que le chef d’un corps, formé de membres mal unis. Il voyait, par l'exemple d'Albert de Brandebourg, que, malgré toute son adresse et tout son crédit, quelqu'un des chefs confédérés pourrait se détacher de l'association sans qu'il füt possible de le ramener à la subordination. Ces considérations lui faisaient craindre pour la cause commune; une autre non moins puissante l’alarmait sur 868

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