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SECTION PREMIÈRE
Relations avec l’Inde, en remontant vers les temps les plus anciens jusqu'à la conquète de l'Egypte par les Romains.
Lorsqu’on veut suivre les opérations des hommes dans les temps anciens, et compter les pas successifs qu’ils ont faits dans les divers objets
de leurs travaux , on s'aperçoit bientôt, avec |
douleur, que le champ de l'histoire est extrèmement borné dans ce qu’elle peut avoi: de certain. H n’y a guère plus de trois mille ans que: les livres de Moïse ont été composés; ces livres qu’on peut regarder comme le monwment le plus ancien et le seul authentique de ce: qui s'est passé dans les premiers âges du monde. Hérodote, le plus ancien des historiens profanes dont les ouvrages nous soient parvenus, fleurit mille ans plus tard. Si nous poussons nos recherches sur quelque point au-delà de l'époque où l'histoire. écrite commente, nous entrons dans la région des conjectures, des fables et des incertitudes ; je ne veux ni me hasarder dans ces
mes lecteurs. Dans mes recherches sur les relations établies entre: les pays de FOrient et de l'Occident, et sur les progrès de cette grande
lui fut assignée par le Créateur. C'est là que | Vespèce humaine commença à s'élever aux con- | Naissances ; et tant par les restes des sciences qui furent anciennement cultivées dans l'Inde, que par les débris des arts qui y furent prati- | Œués, on peut conjecturer que c'est un des | premiers pays où les hommes aient fait quel- | que progrès considérable dans cette carrière, On vanta de bonne heure la sagesse de l'Orient t, et ses productions furent très anciennement re- | Cherehées par les nations éloignées 2 ; c; ;:n-
dant les communications d’un pays à l’autre
n’eurent d’abord lieu que par terre. Comme il
heure à assujettir les animaux utiles ?, ils se vi-
| rent bientôt en état d'entreprendre les longs et
| parait quelesOrientaux commencèrent de bonne
: : | terres inconnues, ni m’efforcer d'y entrainer |
branche de commerce, qui, déns tous les siècles. asiévidemment contribué à accroître la richesse et la puissance des nations qui s'y sont livrées, je me renfermerai dans les bornes que je me suis prescrites. Partout où les écrivains sacrés , qui avaient en vue des objets plus: relevés, rappellerent quelque circonstance propre à m'éclairer: dans mes: recherches, je m'y tiendrai avec r'espect. Ce: que je trouverai. dans les autres égri vains, je l'examinerai librement ; et je tAcherai de marquer le degré de: confiance auquel ji Peuvent prétendre. | Ge fut dans les douces et fertiles: régions de | l'Orient que la première demeure de l'lomme
ennuyeux voyages nécessaires au soutien d’un
| tel commerce ; et la bonté prévoyante du ciel
leur prépara le secours d’une bête de somme, sans l’aide de laquelle il leur eût été impossible de les achever. Le chameau , Par sa force soutenue, par le peu de nourriture qui lui est nécessaire, ét par là singularité de sa construction intérieure, au moyen de laquelle il se fait une provision d'eau pour plusieurs jours, les mit à mème de transporter les plus pesantes marchandises à travers ces déserts qui se trouvent inévitablement sur la route de ceux qui , des contrées à l'ouest de l'Euphrate, veulent aller dns l'Inde. C’est de cette manière que se fit le commerce, surtout par les nations voisines. du golfe Arabique, depuis les temps les plus reculés où l’histoire porte son flambeau.
Cépendant les longs voyages ne furent d’abord entrepris qu'accidentellement et par un petit nombre d'aventuriers. Mais peu à peu, consultant tout à la fois et leur sûreté et leur
1 If livre des Rois, 1v, 30.
3 Gen., xxxvn.
3 Zbid., xu, 16: xxiv, 10, 11
commodité, de nombreux corps de marchands s'assemblèrent à certains temps, et formant une association momentanée (connue depuis sous le nom de caravanes), gouvernés par deschefs de leur propre choix, et soumis à des règlemens dont l'expérience leur avait appris l'utilité, firent des voyages dont la longueur et la durée étonnèrent les nations qui n'étaient pas accoutumées à cette manière de commercer.
Mais quelque perfection que l'or pût mettre dans cette manière de voiturer parterre les productions d'un pays à l’autre , les inconvéniens qui l’accompagnaient étaient trop évidens et trop inévitables. Le danger quelquefois, la dépense, l'ennui, la fatigue, en étaient toujours la suite. On chercha un moyen de communication
plus aisé et plus expéditif, et le génie inventeur | de l'homme ne tarda pas à s'apercevoir que les |
rivières, les bras de mer et l'Océan lui-même, étaient destinés à ouvrir et faciliter les rapports des différentes régions de la terre entre lesquelles ils paraissent d'abord avoir été placés comme des barrières insurmontables. Cependant la navigation et la construction des vaisseaux,
comme je l'ai observé dans un autre ouvrage !, | sont des arts si délicats et si compliqués, qu'ils |
exigent divers talens réunis et l'expérience de plusieurs siècles pour être portés à quelque degré de perfection. Depuis le radeau ou l’humble canot, où le sauvage ne vit d’abord qu’un moyen de franchir la rivière qui l’arrêtait dans le cours de sa chasse, jusqu’à la construction d’un vaisseau capable de transporter un nombreux équipage ou une cargaison considérable à une côte éloignée, le progrès de l’art est immense. Que d'efforts , que d'épreuves n’a-t-il pas fallu faire! Quel travail et quelle force d'invention n’a-t-il pas fallu avant que cette pénible et importante entreprise pût être portée à son comble !
Mème après qu'on eut fait quelques progrès dans l’art de construire les vaisseaux, il s’en fallut bien que le commerce des nations entre elles s'étendit beaucoup sur mer. Si l'on en croit les plus anciens historiens , c’est surla Méditerranée et dans le golfe Arabique que se firent les premiers efforts de la navigation et que le commerce déploya sa première activité. D'après la position et la forme de ces deux grandes mers
1 Aist. de l'Amérique vol. |, p. 2.
HISTORIQUES
| intérieures, il n'est pas difficile d'ajouter foi à
de tels faits. Par elles nous sont ouverts les continens de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique, et s'étendant fort au loin le long des contrées les plus fertiles et les premières civilisées de chacune de ces parties du monde, elles semblent avoir été destinées par la nature à faciliter la communication de l’une à l’autre. Aussi voit-on que les premiers voyages des Égyptiens et des Phéniciens , les premiers navigateurs dont l’his toire fasse mention, se firent sur la Méditerranée. Ils ne bornèrent pornrtint pas long-temps
| leur commerce aux pays situés sur ses côtes. En se rendant maîtres de bonne heure des ports semés dans l'enceinte du golfe Arabique, ils étendirent la sphère de leur commerce, et l'on en parle comme des premiers peuples occidentaux qui s'ouvrirent par mer une communication avec l'Inde.
Dans le compte que j'ai rendu des progrès de la navigation et de la découverte de l'Amérique à la tête de mon histoire de ce pays ; j'ai consi-
| déré avec attention les opérations maritimes des Egyptiens et des Phéniciens ; ce que j'en ai dit, si on l'envisage sous le côté qui les lie au commerce de ces deux peuples de l'Inde, jettera un jour suffisant sur les nouvelles recherches que j'entreprends. Quant aux Égyptiens, ce que l'histoire nous en dit se borne à très peu de chose, et n'est pas très certain. La fertilité du sol et la douceur du climat leur procurait si abondamment tous les agrémens et tous les besoins de la vie, et les rendait par conséquent si indépendans des autres nations, qu'une des premières maximes fondamentales de leur politique fut de renoncer à tout commerce avec les étrangers; en conséquence, ils avaient en horreur toutes personnes adonnées à la mer, et les regardaient comme des impies et des profanes; et ils fortifièrent leurs poris de manière à en écarter tous les étrangers {.
L'ambition inquiète de Sésostris, rejetant avec dédain les difficultés que lui opposaient les idées étroites de ses sujets, lui persuada de faire des Égyptiens un peuple commerçant, et dans le cours de son règne, il accomplit si bien son projet, qu’au rapport de quelques historiens, il
1 Diod. de Sic., liv. r, p. 78, édit. de Wesseling,
Amst., 1746. Strab., Géog., liv. xvux, p. 1142. A. édi. de Casaub., Amst., 1707.
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rendu des progrès de uverte de l'Amérique de ce pays; j'ai consirations maritimes des ns ; ce que j'en ai dit, té qui les lie au coms de l'Inde, jettera un velles recherches que x Égyptiens, ce que
borne à très peu de ertain. La fertilité du mat leur procurait si rémens et tous les bedait par conséquent si
nations, qu'une des imentales de leur po- À tout commerce avec nce, ils avaient en horpnnées à la mer, et les npies et des profanes;
oris de manière à en
Sésostris, rejetant avec ui opposaient les idées
persuada de faire des nmerçant, et dans le iccomplit si bien son quelques historiens, il
78, édit. de Wesseling, v. vu, p. 1142. A. édit
se vit en état d'équiper sur le golfe Arabique une flotte de quatre cents vaisseaux, qui soumit tous les pays qui s'étendent le long de la mer Érythrée jusqu'à l'Inde, En même temps son armée, qu'il conduisait lui-même, s'avança à travers l'Asie qu'il conquit tout entière , jusqu'aux bords du Gange , et traversant cette rivire, ne trouva de bornes que l'océan Oriental ! û mais ces efforts ne produisirent rien de permanent , et il paraît que le génie et les habitudes des Égyptiens s’en trouvèrent tellement contrariés, qu'à la mort de Sésostris ils reprirent leurs anciennes maximes; et plusieurs siècles s'écoulèrent avant que les rapports commerciaux de l'Égypte avec l'Inde eussent assez d'imporlance-pour mériter une place dans cette dissertation (1).
L'histoire des premitres opérations maritimes de Phénicie n’est pas enveloppée des mêmes voiles que celle de l'Égypte. IL n'y avait rien dans le caractère et dans la situation des Phéniciens qui ne favorisat l'inclination commerçante, Le territoire dont ils étaient en posses- Sion n'avait ni étendue ni fertilité: le commerce seul pouvait les rendre riches et puissans ; en conséquence, le commerce que faisaient les Phéniciens de Tyr et de Sidon s'étendait fort loin el présentait des dangers. De tous les peuples de l'antiquité, c'est celui qui, dans ses mœurs et | sa manière de se &ouverner , se rapprochait le plus des grands états: Commerçans de nos jours. Dans leurs différentes branches de commerce, | celle de l'Inde peut être regardée comme la pius | considérable et la plus Jucrative. Comme leur Situation sur la Méditerranée et l’état imparfait de la navigation ne leur permettait pas d'ouvrir par mer une communication directe avec l'Inde, ils s'avisèrent bientôt d'enlever aux Iduméens quelque port commode vers le golfe Arabique.
De leurs nouveaux emplacemens, ils entretinrent un Commerce suivi avec l'Inde d'une part, el de l'autre avec les côtes orientales et méridionales de l'Afrique. Cependant Ja distance considérable qui se trouvait entre Tyr et le golfe Arabique ÿ rendait le transport des marchandises par terre si dispendieux et si désagréäble, que ce fut une nécessité pour eux de s'emparer de Rhinocolure, le port de la Méditerranée le plus
* Diod. de Sic., liv. 1. p 61.
voisin du golfe Arabique. C'est là que toutes les marchandises venues de l'Inde se voiturérent par un chemin beaucoup plus court et beaucoup plus ‘praticable que celui par lequel les productions de l'Orient furent dans Ja suite transportées du rivage opposé du golfe Arabique au Nil. À Rhinocolure, elles étaient embarquées de nouveau, et portées, par une navigation aisée, jusqu'à Tyr, et de là distribuées dans tout l'univers, Cette route, la première qu'on se soit ouverte du côté de l'Inde, et dont il nous reste une description authentique, avait tant d'avantages sur toutes celles dont l'usage à précédé la découverte récemment faite d'une nouvelle roule par mer à l'Orient, qu'il n'était pas difficile aux Phéniciens de fournir aux autres nations les productions de l'Inde en beaucoup plus grande abondance et à beaucoup meilleur marché qu'aucun peuple de l'antiquité, C'est à cette circon- Slance qui, pendant un laps de temps considérable, leur assura le monopole de ce commerce : qu'était due non-seulement la richesse extraordinaire des individus qui « des marchands de « Tyr faisait des princes, et de ses trafiquans , « les honorables de la terre! », Mais aussi la grandeur de l'état lui-même, dont la splendeur donna au genre humain la première idée des vastes. ressources que peut se faire un peuple commerçant, et des grandes entreprises dont il peut étonner l'univers (2).
Les Juifs étaient trop voisins de Tyr, pour ne pas regarder d’un œil d'émulation les immenses richesses que le commerce lucratif des Phéniciens y faisait couler, du sein de leurs établissemens sur le golfe Arabique. Ils prirent part à ce commerce, sous les rè ;nes fortunés de David et de Salomon , tant par la conquête qu'ils firent d'un petit district dans la terre d'Edom, par lequel ils se virent maîtres des portes d'Elath et d'Esiongeber sur la mer Rouge, que par l'amitié d'Hiram, roi de Tyr, lequel mit Salomon en état d'équipper des flottes qui, sous la direction de pilotes phéniciens. firent voile pour Tarshish et Ophir?. Les savans se sont longtemps occupés de la situation de ces fameux ports où les vaisseaux de Salomon allaient charger toutes ces marchandises diverses dont les écrivains sacrés ont fait un si pompeux étalage ;
! Jsaïe, xxur, 8.
? Rois, IX, 26; x, 22,
mais le lieu de leur existence est encore au nombre des choses inconnues,
On les crut très anciennement situés dans quelque partie de l'Inde avec laquelle les Juifs passaient aussi pour avoir des relations ; mais | l'opinion la plus commune est que les flottes de Salomon , après avoir passé le détroit de Babel- Mandel , allaient le long de la côte du sud-ouest d'Afrique, jusqu'au royaume de Sofala ; ce pays célèbre par ses riches mines d'or et d'argent, qui lui valurent, de la part des écrivains sa- | crés !, le nom même du métal qu'il produisait , était abondamment fourni de tous les autres articles qui formaient la cargaison des vaisseaux juifs. Cette opinion, devenne très probable par les recherches exactes de M. d'Anville, semble aujourd'hui avoir été mise tout-à-fait hors de doute par un savant voyageur moderne qui, par la connaissance des moussons dans le golfe Arabique, comparée avec l'ancien état de la navigation tant sur cette mer que le long de la côte africaine, est parvenu non-seulement à expliquer la longueur extraordinaire de la navigation des flottes de Salomon, mais a prouvé | par des circonstances connues de leur voyage | qu'il n'avait pour but aucun endroit particulier de l'Inde ?, Nous pouvons donc conclure que les Juifs n’ont aucun druit d’être comptés au nombre des nations qui entretenaient avec l'Inde un commerce maritime; et si, par déférence pour l'opinion de quelques écrivains respectables , leur prétention était reconnue, nous Savons du moins avec certitude que ce mouvement des Juifs vers le commerce, sous le règne de Salomon, ne fut que momentané , et qu'ils retombè-
rent bientôt dans leur ancien état de séparation avec le reste du genre humain.
Après avoir rassemblé les faibles jours que jette l’histoire sur les premiers pas du commerce du côté de l'Inde, je vais maintenant , avec plus de certitude et de confiance, suivre les progrès des commumicationsavec cette partie du monde, guidé par des auteurs qui ont rappelé des événemens plus voisins de leur siècle, et sur lesquels ils ont reçu des détails plus positifs et plus circonstanciés.
Le premier établissement d’un pouvoir étranyer dans l'Inde qui soit prouvé avec quelque
1 Mutice des manuscrits du roi, t. I, p. 40.
: Foyages de Bruce, lv. 11, ch. 1v.
RECHERCHES HISTORIQUES
degré de certitude, est celui des Perses: el encore
| n'avons-nous sur cet établissement que des don-
nées très générales et très douteuses. Darius, fils d'Hystaspe, quoique élevé au trône par la ruse ou par le hasard, avait une activité, un goût pour les grandes choses, qui le rendaient vraiment digne de ce premier de tous les postes. Il jeta sur les différentes provinces de son royaume un regard plus attentif qu'aucun de ses prédécesseurs, et se mit en quelque’ sorte à la découverte de plusieurs parties de l'Asie, peu connues avant lui {, Ayant soumis à son pouvoir plusieurs des pays qui s'étendent au sud-est depuis la mer Caspienne jusque vers le fleuve Oxus, ce fut pour lui une occasion de chercher à connaître avec plus de précision et d'exactitude cette partie de l'Inde qui lui sert de frontière. Dans cette vue, il nomma Scylax, de Caryandre, chef d’une escadre équipée à Caspatyre, au pays de Pactye (aujourd'hui Pebkley), vers le haut de la partie navigable de l'Indus, avec ordre d'en suivre le cours jusqu’à son embouchure dans l'Océan. Scylax remplit cette destination, quoique non sans difficulté en apparence, eten dépit d’un grand nombre d'obstacles ; car | ile mit pas moins de deux ans et demi à con- | duire son escadre du lieu de l'embarquement | jusqu’au golfe Arabique ?. Ce qu'il rapporta de | la population, de la fertilité et du haut état de culture de cette région de l'Inde qu'il avait traversée, rendit Darius impatient de la conquête | d'un si riche pays. Son impatience fut bientôt satisfaite, et quoique ses conquêtes dans l'Inde ne paraissent pas s'être étendues au-delà du district arrosé par l’Indus, on ne peut que $e former une idée de son opulence et du nombre de ses habitans dans ces temps reculés, quand on songe que le tribut qu'il en retirait formait presque le tiers du revenu entier de la monarchie persane {3)3. Mais ni le voyage de Scylax, ni le: conquêtes de Darius, qui en furent la suite, donnèrent aucune connaissance générale de l'Inde. Les Grecs, qui, dans ces temps, étaient la seule nation éclairée de l'Europe, ne faisaient que peu d'attention aux démarches des peuples qu'ils regardaient comme des barbares, surtout dans les pays très éloignés du leur; et Seylax 4 Hérodote, liv. #v, ch. xuiv,
2 Hérodote, liv. 1v, Ch. XLIN, XEAV.
3 Hérodote, liv. 1, Ch. XC-XCVL.
roc
et | la :
tro} qui qui tiqu mes ratic def rar aprë song s'êtr que résis!
lui < la pu pouv merc Tyrs leur un pe de Ty de l'É des b nom ; merve la plu cien n tinuel:
penda tomm:
Militai lexand ürer avaien
1 Ais
| des Perses: et encore sement que des don:
s donteuses. Darius, levé au trône par la vait une activité, un ses, qui le rendaient ier de tous les postes.
xs provinces de son tentif qu'aucun de ses n quelque sorte à la parties de l'Asie, peu soumis à son pouvoir ’étendent au sud-est jusque vers le fleuve occasion de chercher précision et d'exactie qui lui sert de fron- 1omma Scylax, de Cae équipée à Caspatyre, rd'hui Pehkley), vers able de l’Indus, avec 8 jusqu’à son emboux remplit cette destilifficulté en apparence, ombre d'obstacles; car ux ans et demi à conu de l’'embarquement , Ce qu'il rapporta de ité et du haut état de e l'Inde qu'il avait trapatient de la conquête impatience fut bientôt conquêtes dans l'Inde étendues au-delà du us, on ne peut que se jpulence et du nombre s temps reculés, quand qu'il en retirait formait uentier de la monarchie voyage de Scylas, ni le:
i en furent la suite, naissance générale de dans ces temps, étaient le l'Europe, ne faisaient démarches des peuples je des barbares, surtout nés du leur; et Scylax LIV,
LI1, XLAV.
«c-XCVL.
avait embelli le récit de son voyage de tant de circonstances évidemment fabuleuses, qu'il semble avoir été frappé de la juste punition qui s'attache aux personnes dont le goût pour le merveilleux est connu, de n'être écoutés qu'avec la plus grande défiance dans leurs récits mème les plus vrais.
Environ cent soixante ans après le règne de Darius Hystaspe, Alexandre-le-Grand commença son expédition dans l'Inde, La tache imprimée à son caractère par des traits d’emportement f6roce, par des excès indécens d'intempérance
et par les pompeux étalages de la vanité dont |
la vie de cet homme extraordinaire n'est que trop remplie, a presque toujours empêché jusqu'ici d'apprécier avec justesse le rang distingué qui lui est dû comme conquérant, comme politique et comme législateur, Le sujet actuel de mes recherches ne me laisse apercevoir ses opérations que d’un seul côté, mais J'aurai occasion de présenter sous un point de vue frappant la grandeur et l'étendue de ses plans. Peu de tem;;s après ses premiers succès en Asie, il paraît avoir songé à établir une monarchie universelle, et ne s'être pas moins proposé l'empire de la mer que celui de la terre, La longue et étonnante résistance des Tyriens, sans alliés, sans secours, lui donna une haute idée des ressources de la puissance navale, et des grandes richesses que pouvait fournir le commerce , surtout Je .com-
merce de l'Inde, dont il vit que des citoyens de |
Tyr s'étaient exclusivement emparés. Résolu de leur enlever ce commerce, et pour lui assigner un poste préférable à plusieurs égards à celui
de Tyr, il n'eut pas plus tôt achevé la conguète |
de l'Égypte qu'il fonda une ville près de l'une des bouches du Nil, qu'il honora de son propre nom ; et il en choisit l'emplacement avec un si merveilleux discernement, qu’Alexandrie devint la plus considérable ville de commerce de l’ancien monde, et que malgré les changemens continuels de domination, elle ne cessa point d’être pendant dix-huit sièelés le principal siége du
tommerce de l'Inde !, Malgré les opérations
Militaires qui fixèrent bientôt l'attention d’Alexandre, il ne renonça point au désir de s’atürer le commerce lucratif que les Tyriens avaient fait avec l'Inde. H arriva bientôt des
! Aist. de l’Amér. » Vol, 1, p. 26.
| événemens qui non-seulement le fortifièrent
dans son dessein, mais même lui laissèrent | apercevoir ln possibilité d'acquérir la souveraineté de ces régions, d'où avrivaient au reste de la terre tant de précieuses productions.
Après avoir complétement triomphé des Per- | 868, la poursuite qu'il fit du dernier Darius et de Bessus, l'assassin de cet infortuné monarque,
le conduisit à travers cette partie de l'Asie qui | S’étend depuis la mer Caspienne jusque au-delà | du fleuve Oxus. Il s’avança vers l'orient, jus- | qu’à Maracande !, ville assez notable dès lors,
et qui devait dans la suite, sous le nom moderne de Samarcande, être la Capitale d’un empire | Qui ne le cèderait au sien , ni en puissance ri en | étendue, Dans une marche de plusieurs mois , | Qui le rapprochait snuvent de l'Inde , à travers | des provinces lusque-ià inconnues aux Grecs, | Parmi des peuples qui avaient depuis long-temps | avec l'Inde de grandes relations , il apprit sur | l'état de ce pays?, qui avait été long-temps l'ob- | jet de ses pensées et de ses vœux®, plusieurs | Choses qui ne firent qu'augmenter le désir qu'il avait de s'en rendre maître. Promptettranchant dans toutes ses résolutions , il partit de Bactre, et traversa cette chaîne de montagnes qui, sous | différentes dénominations, forme ce que les | géographes orientaux appellent une ceinture de | pierre qui renferme l'Asie , et sert de barrière à ! l'Inde du côté du nord.
On conçoit aisément que l'entrée la plus fa- | cile de chaque pays doit être déterminée par des circonstances de sa situation naturelle, telles que les défilés des montagnes, le cours des rivières et leurs endroits les plus guéables, Il n’est point de lieu sur la terre, où cette trace d’invasion:soit mieux marquée, et d'une manière plus distincte, que sur la frontière septentrionale de l'Inde; tellement que les trois grands usurpateurs de ce pays, Alexandre, Tamerlan et Nadir-Ghah, à trois époques très éloignées et avec
des vues et des talens extrêmement divers, se
sont avancés par la même route et presque sur
les mêmes pas. Alexandre eut la gloire de l'avoir
le premier découverte. Au sortir des montagnes,
il campa à Alexandrie-Paropamisama, sur le
même site que la moderne cité de Candahar ; et * Arrien, nr, ch, 30.
2 Strab., xv, p. 1021. A. Q % Arrien, av, ch. xw.
après avoir soumis ou gagné les nations qui habitent la rive nord-ouest de l'Indus, il traversa ce fleuve à Taxile, aujourd'hui Attock , le seul endroit où son cours soit assez tranquille pour y pouvoir jeter un pont !.
Après avoir passé l'Indus, Alexandre prit tout de suite le chemin qui conduit droit au Gange et aux opulentes provinces du sud-est , comprises aujourd'hui sous le nom général d'In-
dostan. Mais sur les bords de l'Hydaspe, connu | depuis sous le nom de Bétah ou Chélum, il fut |
arrêté par Porus , puissant monarque de la contrée, à la tête d'une nombreuse armée. La guerre
avec Porus et les hostilités dans lesquelles il se | | jab dans toute son étendue. Ses limites se for-
trouva successivement engagé avec les autres princes indiens , le déterminèrent à s'écarter de sa première route et à tirer davantage vers le sud-ouest. En conséquence de toutes ces opérations, Alexandre traversa l’une des contrées les plus riches et les plus peuplées de l'Inde, qu'on appelle aujourd'hui Panjab, des cinq grandes rivières qui l'arrosent. Cette marche, exécutée dans une saison pluvieuse, impraticable même pour les armées indiennes, donne la plus haute idée et du courage persévérant d'Alexandre, et du tempérament robuste et vigoureux que formaient aux soldats de ces temps les effets réunis de l'exercice gymnastique et de la discipline militaire. Alexandre rencontrait à chaque pas des objets non moins frappans que nouveaux. Quoiqu'il eût déjà vu le Nil, l'Euphrate et le Tigre, la grandeur de l'Indus dnt l'étonner encore 2. Il n'avait point encore vu de pays si peuplé, sibien cultivé, si riche de toutes les plus belles productions de l'art et de la nature, que cette partie de l'Inde à travers laquelle il avait conduit son armée. Mais lorsqu'il eut appris presque partout, et probablement par des peintures exagérées, combien le Gange l'emportait sur l'Indus, et combien tout ce qu'il avait vu jusqu'alors était inférieur aux régions fortunées que ce grand fleuve arrose, est-il étonnant que le vif désir de les voir et de s’en rendre le maitre lui ait fait rassembler ses soldats pour leur proposer de reprendre leur marche vers un pays où les attendaient la richesse, la gloire et la puissance. Mais ils avaient déjà exécuté tant de choses , ils avaient si cruellement souffert , surtout
1 Rennell, Hém., p. 92.
* Strabon, liv. xv, p. 1027. C. et note 5, Casaub.
RECHERCHES HISTORIQUES
des pluies continuelles et des inondations qui les avaient enveloppés , que leur patience, aussi bien que leur force , était épuisée (4); et d’une voix unanime , ils refusèrent de faire un pas de plus. Ils se montrèrent si fermes dans cette résolution, qu'Alexandre , quoique possédant au plus haut degré toutes les qualités qui donnent de l'ascendant sur des esprits militaires, fut obligé de céder et de donner des ordres pour retourner en Perse !.
Cette scène mémorable se passa sur les bords de l'Hyphasis, aujourd'hui Beyah, qui fut le terme de la marche d'Alexandre dans l'Inde. Il est évident par-là qu'il ne traversa point le Pan-
ment au sud-ouest par une rivière anciennement
| connue sous le nom d’Æysudrus, et maintenant
sous celui de Setlége , dont Alexandre n'appro-
| cha jamais plus près que la rive méridionale de
l'Hyphasis, où il éleva douze autels colossaux, qui, selon l'auteur de la vie d’Apollonius de ‘'yane, subsistaient encore avec leurs inscriptions très distinctes quand ce sophiste bizarrre visita l'Inde, trois cent soixante-treize ans après l'expédition d'Alexandre ?. De Ludhana sur le Setlége à Attock sur l'Indus , on donne en largeur au Panjab deux cent cinquante-neuf milles géographiques en droite ligne ; la marche d’Alexandre, d'après la même mesure, ne s'élevait pas au-dessus de deux cents milles; mais en allant comme en revenant , ses troupes se répandaient tellement sur le pays, elles agissaient souvent en tant de divisions différentes, enfin tous ses mouvemens étaient tellement réglés et mesurés par des savans qu'il avait exprès amenés avec lui, qu'il acquit une connaissance très étendue et très exacte de cette partie de l'Inde 5.
Arrivé sur les bords de l'Hydaspe à son retour, il vit que ses officiers, à qui il avait donné le soin de construire et de réunir autant de vaisseaux qu'ils le pourraient , s’en étaient acquiltés avec tant d'activité et de bonheur, qu'ils avaient assemblé une flotte nombreuse. Comme il n'avait point perdu de vue, au milieu des embarras de la guerre et de la fureur des conquêtes , ses projets de paix et de commerce, la destination
1 Arrien, v, Ch, Xx1V, XXY.
# Philostr., Pie d’Apollon., liv. u, ch. xzut, édit. Oléar. Lips., 1709.
$ Pline, Aist. nat. , Liv. XVI. Ch. vu.
des inondations qui : leur patience, aussi puisée (4); et d'une it de faire un pas de rmes dans cette résoique possédant au qualités qui donnent prits militaires, fut ner des ordres pour
e passa sur les bords i Beyah, qui fut le ndre dans l'Inde, Il raversa point le Pan- , Ses limites se for-
rivière anciennement -
idrus, et maintenant t Alexandre n'appro- : rive méridionale de uze autels colossaux, vie d'Apollonius de vec leurs inscriptions phiste bizarrre visita treize ans après l’exe Ludhana sur le Seton donne en largeur ante-neuf milles géo- ; la marche d’Alexansure, ne s'élevait pas nilles ; mais en allant oupes se répandaient agissaient souvent en ntes, enfin tous ses ent réglés et mesurés exprès amenés avec aissance très étendue tie de l'Inde 5.
» l'Hydaspe à son res, à qui il avait donné réunir autant de vaiss’en étaient acquiltés onheur, qu'ils avaient breuse, Comme il n'au milieu des embarras ir des conquêtes , 565 merce, la destination
., div. u, cb. xzut, édit.