‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme] (volume 2)Chapitre 90 sur 112 · Vol. 111, p · texte numérisé non relu

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d'unereligiondifférente. Environ deux cents ans après, l'exemple d’Akber fut imité et surpassé par M. Hastings, gouverneur général des établissemens anglais dans l'Inde. Par son autorité et sous son inspection , les pundits les plus considérables, les bramines les plus savans dans les lois des provinces qu'il gouvernait furent assemblés à Calcutta , et dans le cours de deux ans, compilèrent , d'après leurs auteurs les meilleurs et les plus anciens, sentence par sentence, sans rien ajouter ni retrancher, un code entier des lois des Indiens !, qui est indubitablement l’explication de la police et des mœurs indiennes la plus importante et la plus authentique qui jusqu'ici ait été publiée en Europe.

Selon les pundits, quelques écrivains, sur l'autorité desquels ils fondent les décrets qu'ils ont insérés dans le code, vivaient plusieurs millions d'années avant leur temps; et ils se vantent d’avoir une succession d’interprètes de leurs lois depuis ce période jusqu’à présent. Sans entrer dans l'examen d’une telle extravagance, nous pouvons conclure que les indiens ont en leur possession des traits concernant les lois et la jurisprudence de leur pays d’une plus haute antiquité que l’on n’en trouve dans toute autre nation. Cela est prouvé, non par leur témoignage seulement, mais il l'est surtout par une circonstance, que tous ces traités sont écrits dans la langue sanskrite, qui n’a été parlée pendant plusieurs siècles dans aucune partie de fndostan , et n’est maintenant entendue de personne, sinon des plus savans bramines. Que les Indiens fussent un peuple très civilisé lorsque leurs lois furent composées, cela est très clairement établi par l'évidence qui frappe dans le code lui-même. Chez les nations qui commencent à sortir de la barbarie, les lois réglementaires sont extrêmement simples, et appliquables seulement à un petit nombre de cas ordinaires et d'un usage journalier. Il faut que les hommes tient été long-temps réunis en état social ; leurs transactions doivent avoir été nombreuses et volumineuses ; il faut que les juges aient fixé une immense variété de différends auxquels elles

| | | de Justinien , ou avec les systèmes de jurispru- |

donnent lieu, avant que le système des lois soit

assez étendu et assez complet pour diriger les formes judiciaires d’une nation si avancée dans la civilisation. Dans le premier siècle de la répu-

1 Préface du Code, p. x. — ? Zbid., xxxvnr.

‘ «absolument , quoique ce ne fût que sous le

blique romaine, lorsque les lois des douze tables | furent promulguées , rien n'était plus nécessaire que les injonctions laconiques qu'elles contiennent pour régler les décisions des cours de justice, mais dans un période de temps plus rapproché , le corps de lois civiles aussi ample que les articles qu'il renferme était à peine suffisant pour le dessein que l'on s'était proposé. Le code indien ne ressemble pas à la concision sévère des douze tables ; mais en considérant le nombre et la variété des objets qu'il embrasse, il peut soutenir une comparaison avec le célèbre Digeste

dence des nations les plus civilisées. Les articles qui composent le code indien son arrangés dans un ordre naturel et lumineux. Ils sont nombreux etétendus, et analysés avec cette attention et ce discernement de détail naturels à un peuple distingué pour la sagacité et la subtilité de l'intelligence, long-temps habitué à l'exactitude des formes judiciaires et exercé à tous les raffinemens de la pratique légale. Les décisions sr chaque point, à peu d’exceptions près, vccasionées par les préjugés locaux et les coutumes particulières, sont fondées sur les grands et immuables principes de justice que les hommes reconnaissent et respectent dans tous les âges et dans toutes les parties de la terre. Quiconque examine le travail en entier ne peut douter qu’il ne renferme la jurisprudence d'un peuple commerçant et éclairé. Quiconque considèrera chaque titre particulier sera surpris de la petitesse des détails, de l'exactitude des distinctions, qui, dans plusieurs exemples, paraissent aller au-delà de l'attention de la législation européenne. C'est même une chose remarquable que la plupart des règlemens qui indiquent le plus grand degré de perfection civile aient été établis dans les périodes de la plus haute antiquité. «Dans le «premier traité de la loi sacrée, comme l’a ob- «servé une personne à qui la littérature orien- «tale dans toutes ses branches a eu de grandes «obligations , les Indiens supposent que Ménu «leur a révélé, il y a quelques millions d'années, «un passage curieux sur l'intérêt légal de l’ar- «gent et sur son taux limité en différens cas, «avec une exception relative aux entreprises «maritimes, exception que le jugement de toutes «les nations approuve, et que le commerce exige

«règne de Charles 1°" que notre jurisprudence |

«angjaise l'ait admis en entier par rapport aux «couventions maritimes. { » Quoique les habitans de l'Inde aient été renommés dans tous les temps pour la douceur et l'humanité de leur carac-

tère , il est bien remarquable que les peines | qu'ils infligent aux criminels, conformément à | une observation des anciens dont on a déjà fait | | auxquelles les Européens, quelle que soit leur

mention , soient extrèmement rigoureuses. «Le «châtiment personnifié d'une manière frappante « dans le code indien est le magistrat, l'éënspi- «rateur de la terreur, le protecteur contre la «calamité, le gardien de ceux qui dorment; «châtiment à l'aspect noir, à l'œil rouge, épou- «vante le coupable 2,»

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