LIVRE
tir le besoin de la paix, se souleva contre dona Maria, la chassa de la ville et se soumit aux royalistes. Dona Maria se retira dans la citadelle, qu'elle défendit quatre mois entiers avec un courage étonnant : réduite enfin à la dernière extrémité, elle eut encore l'adresse de s'échapper à la faveur d’un déguisement, et se réfugia en Portugal où elle avait plusieurs parens !.
Aussitôt après sa fuite , la citadelle se rendit, et la tranquillité fut rétablie dans la Castille. Cette tentative hardie des communes eut le sort de toutes les entreprises de ce genre qui ne réussissent pas ; elle ne servit qu'à étendre et à confirmer de plus en plus l'autorité royale qu’elle avait pour but de limiter et d'affaiblir. Les cortès continuèrent à faire partie de la constitution de Castille, et elles furent convoquées toutes les fois que le roi eut besoin d'argent; mais au lieu de suivre l’ancienne et prudente coutume d’examiner les plaintes du peuple et de les appuyer avant d'accorder aucune levée d'argent , elles prirent le parti de faire leur cour au roi en commençant par accorder le subside; et lorsque le souverain avait obtenu tout ce qu'il désirait, il ne leur permettait plus de faire aucune recherche sur les abus du gouvernement, ni de tenter aucune réforme qui pût préjudicier à son autorité. Les priviléges dont les villes jouissaient auparavant furent insensiblement restreints ou tout-à-fait abolis : dés lors leur commerce commença à décliner ; et devenant moins riches et moins peuplées, elles perdirent le pouvoir et l'influence qu'elles avaient acquis dans l'assemblée des états.
Tandis que la guerre civile désolait la Castille, des factions plus violentes encore déchiraient le royaume de Valence. La ligue qui s'était formée dans la ville de Valence en 1520, et qui avait pris le nom de confrérie (germanada), continua de subsister après que l’empereur eut quitté l'Espagne. Ce parti, sous prétexte de défendre les côtes contre les descentes des corsaires de Barbarie, et à la faveur de la permission que Charles avait eu l'imprudence de leur accorder, refusa de mettre bas les armes. Mais comme les plaintes des habitans de Valence avaient moins pour objet les entreprises injustes de l'autorité royale sur leurs priviléges, que les
1 Sandov., p. 375. P. Mart., £p., p. 751. Ferrer., vin,
exactions et l'insolence des nobles, ce fut surtout contre ceux-ci que se tourna leur ressentiment. Dès qu'ils eurent la permission de rester armés, et qu'ils eurent appris à sentir leurs forces, ils nesongèrent plusqu'à se venger de leurs oppresseurs. Îls chassärent les nobles de la plupart des villes , pillèrent leurs maisons, ravagérent leurs terres et attaquèrent leurs châteaux. Ils élurent ensuite treize personnes, une de chaque compagnie ‘de commerçans établie dans Valence, et leur donnèrent l'administration du gouvernement, pour réformer, disaient-ils, les lois, pour établir une manière uniforme de dispenser la justice sans partialité et sans égard à la distinction des rangs, et pour rapprocher ainsi les hommes de l'égalité primitive.
Les nobles furent obligés de prendre les armes pour se défendre. Les hostilités commencèrent de part et d'autre et furent poussées avec toute l'animosité qu'inspirait au peuple le ressentiment de l'oppression , et à la noblesse l'idée de l'outrage qu'on faisait à sa dignité. Comme il ne se trouvait pas un seul homme de naissance, ou d’une éducation distinguée, qui entrât dans la germanada , elle n'avait à la tête de ses conseils et de ses troupes que de vils artisans; et de pareils chefs ne pouvaient gagner la confiance d'une populace furieuse que par la férocité de leur zèle et par l’extravagance de leurs procédés. Dans une telle société , les lois introduites par les nations civilisées pour borner et modérer les fureurs de la guerre devaient être inconnues ou méprisées ; aussi n'est-il point de cruauté et d’excès qu'ils ne commissent , ni d'outrages qu'ils ne fissent à l'humanité.
L'empereur, occupé à apaiser la révolte de la Castille, qui menaçait de plus près sa puissance et ses prérogatives, n’était pas en état de donner beaucoup d'attention aux soulèvemens de Valence; il laissa à la noblesse de ce royaume le soin de défendre comme elle pourrait sa cause particulière. Le comte de Melito, vice-roi, avait le commandement en chef des troupes que les nobles rassemblèrent parmi leurs vassaux. La germanada soutint la guerre pendant les années 1520 et 1521, avec plus de courage et de persévérance qu'on ne devait l'attendre d'une populace sans discipline, conduite par des
chefs si méprisables. Elle défit les nobles dans
plusieurs actions qui, sans être importantes,
(1522) furent très vives; elle les força d'abandonner toutes les entreprises qu'ils firent sur différentes villes. Mais les nobles, qui étaient plus instruits dans l'art militaire, et dont les troupes étaient bien mieux aguerries, eurent l'avantage dans la plupart des combats. A la fin, aidés d'un corps de cavalerie castillane que les régens envoyèrent à Valence, aussitôt après la victoire qu'ils remportèrent sur Padilla à Villalar, ce secours leur donna une si grande supériorité, qu'ils vinrent bientôt à bout de dissiper et de ruiner entièrement la germanada. Les chefs du parti furent mis à mort, et condamnés à tous les tourmens que le ressentiment des injures récentes put faire imaginer à des ennemis irrités. Le gouvernement de Valence fut rétabli dans son ancienne forme :.
On vit aussi paraître en Arragon quelques symptômes de cet esprit de mécontentement et de sédition qui régnait dans les autres royaumes d'Espagne ; mais le vice-roi, don Juan de Iànuza, se conduisit avec tant de prudence, qu'il vint à bout d'étouffer ces germes de discorde avant qu'il y eût une révolte déclarée. Il n'en fut pas de même dans l'île de Majorque : les mêmes causes qui avaient excité les soulèvemens y produisirent des effets non moins violens. Le peuple, las de supporter l'oppression où le tenait la juridiction rigoureuse de la noblesse, prit les armes, déposa le vice-roi , le chassa de l’île, et massacra (ous les nobles qui eurent le malheur de tomber entre ses mains; et il persista dans sa révolte avec une obstination égale à la fureur qui l'y avait porté. Il fallut des efforts considérables pour faire rentrer les habitans de Majorque dans l'obéissance ; et ce ne fut qu'après que le calme eut été rétabli dans toute l'Espagne, qu'on put venir à bout de réduire ces insulaires ?.
Quand on observe combien cet esprit de mécontentement était général parmi les Espagnols,
| et combien de causes concouraient à les porter
| à ces moyens violens, dans la vue d'obtenir le | redressement de leurs griefs, on peut s'étonner
1 Argensola, 4nnales d’'Arragon, ch. Lxxv, xc, Xcix, cxvur. Sayas, annales d'Arragon, ch. v, xu, etc. P. Mart., Ep., lib.xxxuiet xxxiv. Ferrer., Aist. d'Espa-
| gne, vin, p. 542, 594, etc.
|? Argensola. Annales d’Arragon, ch. exv. Ferreras. Hist., vin, p. 542. Sayas, Annales d’Arragon, eh. vn, 4, XV, ENX VI, LXXXL Ferreras, Æist., vin, p.759, 609, etc.
que les r pagne ai aucun Co cation en leurs co:
plus de v confédér:
respectat au souve état de r serait vu aurait ph sieurs mo mer un seul et m royaumes conservaie l'autre. Le hostilités ressentim entier, qu à l'autre. ( ser que su choc, que sines, D'ai dans les d si différe peuple dé pas été fad d'un plan Charles f couronnes agissant a tous oblig leur souve L'arrivé plus vives sujets qui mais il cal un acte de prudence si générale peine y e du dernier ment de:
constamm les mains 4 générale c depuis le CXCepla qu
bandonner différentes 1s instruits pes étaient ge dans la d'un corps envoyèrent qu'ils remecours leur ‘ils vinrent er entièreparti furent s tourmens icentes put s, Le gouans son an-
nm quelques entement ct esroyaumes Juan de Ladence, qu'il de discorde
e, n'en fut e : les mêmes mens y pros. Le peuple, tenait la ju-
sse, prit les a de l'ile, et
tle malheur
rsista dans sa à la fureur erts considéitans de Mi- + fut qu'après s toute l'Ese réduire ces
esprit de méles Espagnols, t à les porter ie d'obtenir le
eut s'étonner
ch. LXXV, XC, bn, ch. v, Xu, etc.
r., ist. d'Espa-
h. exv. Ferreras.
rragon , Ch. Vi, u,p. 759,609, ele.
que les mécontens des différens royaumes d'Espagne aient si mal conduit leursopérations, sans aucun concert, et même sans aucune communication entre eux. S'ils avaient uni leurs armes et leurs conseils, ils eussent agi avec beaucoup plus de vigueur et de succès. L'apparence d'une confédération nationale aurait rendu cette ligue respectable aux yeux du peuple et formidable au souverain. L'empereur n'aurait pas été en état de résister à leurs forces combinées, et se serait vu forcé d'accepter les conditions qu'il aurait plu aux chefs de lui prescrire. Mais plusieurs motifs empêchèrent les Espagnols de former un seul corps, et de se conduire sur un seul et mème plan. Les peuples des différens royaumes , quoique sujets du même souverain, conservaient une antipathie nationale l’un pour l'autre. Le souvenir de leurs rivalités et de leurs hostilités anciennes était encore récent, et le ressentiment de leurs mutuelles injures était si entier, qu’il leur était impossible de se fier l’un à l'autre. Chaque nation aima mieux ne se reposer que sur elle-même, et soutenir seule tout le choc, que d'implorer le secours des nations voisines. D'ailleurs les formes de gouvernement, dans les divers royaumes de l'Espagne , étaient si différentes, et les changemens que chaqne peuple désirait étaient si opposés, qu'il n'eût pas été facile de les faire concourir à l'exécution d'un plan commun. Ce fut à cette désunion que Charles fut redevable de la conservation de ses couronnes d'Espagne ; chacun de ces royaumes agissant ainsi séparément, ils finirent par être tous obligés de se soumettre aux volontés de leur souverain.
L'arrivée de l'empereur en Espagne jeta les plus vives alarmes dans le cœur de ceux de ses sujets qui avaient pris les armes contre lui : mais il calma bientôt ces cruelles inquiétudes par un acte de clémence qui fut autant l'effet de sa prudence que de sa générosité. Dans une révolte si générale, qui avait fait tant de coupables, à peine y en eut-il vingt en Castille qu'il fit punir du dernier supplice. Son conseil le sollicita vivement de montrer plus de sévérité; mais il refusa constamment de faire verser plus de sang par les mains des bourreaux , et publia une amnistie générale qui s'étendait à tous les crimes commis depuis le commencement de la rébellion. 11 n'en excepta que quatre-vingts personnes : encore ne
parut-il les nommer que pour intimider les autres, et sans avoir aucun dessein de lés poursuivre. En effet, un officieux courtisan lui ayant offert de lui découvrir où était caché un des plus considérables des proscrits, il rejeta son offre var une plaisanterie pleine de générosité : « Allez, lui dit-il, je n'ai rien à craindre de cet homme; mais a des raisons pour s'éloigner de moi, et vous feriez bien mieux de lui dire que je suis ici que de m'instruire du lieu où il est !. «Cette apparence de magnanimité, le soin qu'il prit d'éviter tout ce qui avait offensé les Castillans pendant le séjour qu'il avait fait au milieu d'eux; son aptitude à adopter leurs mœurs, à parler leur langue, à se plier à leurs opinions et à leurs usages , tout cela lui donna bientôt sur eux un ascendant que n'avaient jamais eu leurs souverains espagnols, et les engagea à le seconder dans toutes ses entreprises avec un zèle et une valeur qui contribuërent particulièrement à ses succès et à sa grandeur ?.
Dans le temps que Charles abordait en Espagne, Adrien quittait ce royaume pour aller en Italie prendre possession de sa nouvelle dignité. Depuis long-temps le peuple romain attendait impatiemment son arrivée ; mais lorsqu'il vit ce nouveau souverain, il ne put cacher sa surprise et son mécontentement. Les Romains, accoutumés au faste royal de Jules IL et à l'élégance bril- Jante de Léon X , virent avec mépris un vicillard humble et simple dans son maintien, de mœurs anstères, ennemi du faste, sans goût pour les arts, et qui n'avait aucune de ces qualités extérieures et imposantes que le vulgaire s'attend toujours à trouver dans les hommes élevés au premier rang5. Ses vues et ses maximes politiques ne parurent pas moins étranges à ses ministres. Îl reconnaissait et déplorait les vices qui s'étaient introduits dans l'église et dans la cour de Rome, et à se prépara à réformer l’une et l'autre. 11 ne laissait voir aucun désir d'élever sa famille; il se fit même un scrupule de retenir les territoires que quelques-uns de ses prédécesseurs avaient acquis par fraude ou par violence plutôt que par aucun titre légitime; en
1 Sandov., p. 377, etc. F'ida del Carlos por D. J. Ant. de Vera y Zuniga, p. 30.
? Ulloa, F'ita del Carlos F, p. 85.
5 Guich., liv. xv, p.138. Jovius, Fita Adriani, p. 117. ellefor., Epitr. des princ., p. 84.
couséquence il établit François-Marie de La Rovère dans la possession du duché d'Urbain, dont Léon X l'avait dépouillé, et rendit au duc de Ferrare plusieurs places que l'état de l'église lui avait arrachées !. Des hommes si peu accoutumés à voir les princes régler leur conduite sur les maximes de la morale et sur les principes de l'équité ne pouvaient manquer de regarder ces actions du nouveau pape comme des preuves incontestables de sa faiblesse et de son iuexpérience. Adrien, de son côté, ignorant absolument le système vaste et compliqué de la politique italienne, et ne pouvant accorder sa confiance à des personnes dont la subtilité raffinée dans les affaires s’alliait si mal avec la simplicité et la candeur naturelle de son caractère, se trouvait souvent embarrassé et irrésolu dans les délibérations; l'opinion de son incapacité se confirma de jour en jour, et sa personne, comme sa conduite politique, devint bientôt un objet de mépris pour ses sujets ?,
{drien, quoique dévoué à l'empereur , faisait cependant tous ses efforts pour prendre le caractère d'impartialité qui convenait au père commun de la chrétienté ; il n'épargnait aucune démarche pour réconcilier les princes divisés et pour les engager à se liguer tous contre Soliman, devenu plus formidable que jamais à l'Europe par la conquête récente de l'île de Rhodes; mais cette entreprise était trop au-dessus de ses talens. Pour démèler tant de prétentions opposées, pour concilier tant d'intérêts qui se croisaient, pour éteindre toutes les passions que l'ambition , la jalousie et le ressentiment avaient allumées, et pour amener tant de puissances ennemies à suivre le même plan avec vigueur et avec unanimité, il ne suffisait pas d'avoir un cœur droit et des intentions pures, il eût encore fallu une grande supériorité d'esprit et beaucoup d'habileté.
Les états d'Italie ne désiraient pas moins vivement la paix que le pape lui-même. L'armée impériale, que commandait Colonne, était encore sur pied ; mais comme les revenus que l'empereur pouvait tirer de l'Espagne, de Naples et des Pays-Bas, avaient été ou épuisés, ou appli-
1 Guic., liv. xv, p. 240.
* Jov., Vita Adr., p. 118. P. Mart., Ep., p. 774. Ruscelli, Lettre de prine., vol. 1, p. 87, %6, 101.
5 Bellefor., £p., p. 86.
qués à d’autres objets, elle dépendait entiérement des Italiens pour sa subsistance et sa paye. Une grande partie des troupes avait ses quartiers dans les états ecclésiastiques, et le vice-roi de Naples levait tous les mois des contributions sur les Florentins, les Milanais, les Génois et les Lucquois. Tous se récriaient également contre ces exactions, et n’attendaient que l'occasion de s'en affranchir; mais la crainte des maux plus grands que pouvait leur causer ou la fureur de l'armée ou le ressentiment de l'empereur, les obligea de se soumettre!.
Cependant les instances du pape et la publication d’une bulle, par laquelle il exhortait tous les princes chrétiens à consentir à une trève de trois ans, eurent assez d'effet pour déterminer les cours d'Espagne, de France et d'Angleterre à envoyer à leurs ambassadeurs des pouvoirs pour traiter cet objet; mais tandis que ces ministres perdaient leur temps en négociations stériles, leurs souverains continuaient leurs préparatifs de guerre. Les Vénitiens s'étaient maintenus jusqu'alors avec fidélité dans l'alliance qu'ils avaient faite avec François; mais voyant que ses affaires en Italie étaient dans une situation désespérée, ils se liguèrent contre lui avec l'empereur. Adrien même, à l'instigation du vice-roi de Naples, Charles de Lannoy, son compatriote et son ami. qui lui persuada que la paix ne trouvait d'obstacles que dans l'ambition du roi de France, entra bientôt dans la mème ligue. Les autres états d'Italie suivirent leur exemple ; et François se trouva abandonné à ses propres forces, n'ayant plus un seul allié pour tenir tête à tant d'ennemis. dont les armes menaçaient ses états de tous côtés 2.
On devait croire qu’une ligue si redoutable allait obliger François de se tenir uniquement sur la défensive, ou qu'elle lui ôterait du moins toute idée d'entrer encore en Italie. Mais tel était le caractère de ce prince, qu'il se relâchait trop aisément et se négligeait même dans les occasions ordinaires , au lieu qu'il se ranimait à l'approche du danger, et qu'il savait non-seulement le braver avec intrépidité, qualité qui ne l'abandonna jamais, mais encore le prévenir et le repousser avec autant d'activité que d'adresse.
? Guich., liv. xv, p. 238.
2 Guich., div. xv, p. 241, 218.
Avant ter auc rassem sujets que Ch Ils dépe des sub ment q de lente pouvait plus co en sorte les préc que ses diens € troupes.
flatta de reur, en Milanais redoutal daient n duire l’e son arm vait déj:
sion de s conspira deux do de chan L’aute les, duc haute n rité que plus pu ctait le 1 lement ÿ les serv couronn lui étaie sion pot disting d'âge e deux, © veur du François tre la que l'in branche femme haie, F qu'il re
it entièreet sa paye.
t ses quar- | le vice-roi ntributions énois et les nent contre occasion de maux plus la fureur de pereur, les
et la publi-
hortait tous
ane trève de
déterminer
d'Angleterre
des pouvoirs que ces minégociations ntleurs préétaient mainns l'alliance mais voyant ns une situintre lui avec stigation du 10Y, SON COMda que la paix l'ambition du la mème lisuivirent leur andonné à ses eul allié pour les armes me-
si redoutable ir uniquement erait du moins Italie, Mais tel ‘il se relâchait mème dans les 1 se ranimait à vait non-seule- | qualité qui ne
le prévenir ct 6 que d'adresse.
Avant que ses ennemis fussent en état d'exécuter aucun de leurs projets, François avait déjà rassemblé une nombreuse armée, Il avait sur ses sujets une autorité bien plus absolue que celle que Charles et Henri exerçaient dans leurs états. Ils dépendaient de leurs parlemens pour la levée des subsides , et on ne leur accordait ordinairement que des sommes modiques, avec beaucoup de lenteur et après bien des difficultés. François pouvait demander à sa nation des impôts bien plus considérables, et les percevait plus vite; en sorte que dans cette campagne , comme dans les précédentes, son armée était déjà en marche que ses ennemis cherchaient encore des expédiens et des ressources pour rassembler des troupes. François, qui sentait ses avantages, se flatta de faire échouer tous les plans de l'empereur, en conduisant lui-même son armée dans le Milanais ; et cette démarche hardie,'d'autant plus redoutable pour ses ennemis qu'ils s'y attendaient moins, ne pouvait guère manquer de produire l'effet qu'il en espérait. L’avant-garde de son armée était aux portes de Lyon, et il la suivait déjà lui-même à la tête de la seconde division de ses troupes , lorsque la découverte d'une conspiration domestique, qui mit le royaume à deux doigts de sa perte, l'ohligea de s'arrêter et de changer de mesures.
L'auteur de ce complot dangereux était Charles, duc de Bourbon, connétable de France. Sa haute naissance, son immense fortune et l’autorité que lui donnait sa charge, le rendaient le plus puissant sujet du royaume, comme il en était le plus illustre par ses grands talens, également propres au conseil et à la guerre, et par les services importans qu'il avait rendus à la couronne. La réunion de plusieurs qualités qui lui étaient communes avec le roi, la même passion pour la guer'e, la même émulation pour se distinguer dans les exercices du corps, l'égalité d'age et les liens du sang qui les unissait tous deux, devaient naturellement lui assurer la faveur du roi; malheureusement Louise, mère de François, avait conçu une aversion violente contre la maison de Bourbon, sans autre raison que l'inclination particulière qu'avait pour cette branche de la famille royale Anne de Bretagne, femme de Louis XIE, que Louise avait toujours haie. François, trop esclave des impressions qu'il recevait de sa mère, avait appris d'elle à
considérer les actions du connétable avec un sentiment de basse jalousie , indigne de lui. Ses exploits et sa conduite à la bataille de Marignan n'avaient pas été assez récompensés ; on l'avait rappelé du gouvernement de Milan sur des prétextes assez frivoles, et on lui avait fait un accueil très froid que ne méritait pas la sagesse avec laquelle il s'était conduit dans ce poste difficile ; le paiement de ses pensions avait été suspendu sans aucune bonne raison; et, durant la campagne de 1521, le roi, comme on l'a déjà dit, lui avait fait un affront en présence de toute l'armée, en donnant le commandement de l'avant-garde au duc d'Alençon. Le connétable supporta d'abord ces injustices avec plus de modération qu'on n’en devait attendre d’un prince fier, qui sentait ce qu'on devait à son rang et à ses services. À la fin, les injures multipliées épuistrent sa patience, et, plein d'idées de vengeance, il se retira de la cour, et commença à établir une correspondance avec quelques-uns des ministres de l'empereur.
Vers ce même temps, la duchesse de Bourbon vint à mourir sans laisser de postérité. Louise, que son tempérament ne portait pas moins à l'amour qu’à la vengeance, et qui, à l’âge de quarante-six ans, était encore susceptible d’une passion tendre, commence à voir avec d’autres yeux le connétable, qui joignait aux qualités de l'esprit tous les avantages du corps et de la figure; et, malgré l'inégalité de l'âge, elle forma le projet de l'épouser. Bourbon eût pu attendre de la folle passion d'une femme qui gouvernait son fils et la France la plus haute fortune où puisse aspirer un ambitieux; mais soit qu'il ne pût passer, comme la reine, si subitement de la haine à l'amour, soit qu'il fût trop grand pour s’abaisser à dissimuler son aversion et à feindre de l'amour pour une femme qui l'avait persécuté si long-temps et si injustement, il ne se contenta pas de refuser le mariage qu’on lui proposa, il mêla encore à son refus des railleries amères sur la personne et le caractère de cette princesse. Le dépit de voir l’outtage ajouté au mépris changea en haine la plus violente son amour dédaigné , et, voyant qu'elle ne pouvait épouser Bourbon, elle résolut de le perdre.
Dans ce dessein, elle se concerta avec le chancelier Duprat, homme qui, en prostituant basse-
| ment ses grands talens et sa connaissance pro-
ee
Cri
fonde des lois, était parvenn à cette place éminente, Par son avis, on intenta au connétable un procès en forme, qui ne tendait pas à moins qu'à le dépouiller de toute la fortune qui appartenait à la maison de Bourbon. Une partie fut réclamée au nom du roi, comme étant tombée dans le domaine de la couronne; et l'autre, au nom de Louise, comme la plus proche héritière, par sa naissance , de la feue duchesse. Ces deux prétentions étaient également destituées de tout droit légitime; mais Louise, par ses sollicitations et son autorité, et Duprat, à force d'artifices et de chicanes, parvinrent à obtenir des juges le séquestre des biens de la maison de Bourbon, Ce jugement inique jeta le connétable dans le désespoir, et lui fit prendre un parti que le désespoir seul pouvait lui faire adopter. Il renouvela ses intrigues avec la cour impériale, et, se persuadant que toutes les injustices qu'il avait essuycées l’autorisaient à employer tous les moyens d'en tirer vengeance, il offrit à l'empereur de le reconnaitre pour son souverain naturel, et de l'aider à conquérir la France. Charles et le roi d'Angleterre, qui fut mis dans le secret !, attendaient les plus grands avantages de sa révolte , et ne balancèrent pas à lui tendre les bras; ils n'épargnèrent ni promesses ni caresses pour le confirmer dans sa résolution. L'empereur lui offrit en meriage sa sœur Éléonore, veuve du roi de Portugal, avec une dot considérable, Ses intérêts firent un article principal du traité conclu entre Charles et Henri : on devait lui donner les comtés de Provence et de Dauphiné avec le titre de roi; l’empereur s'engageait à entrer dans la France par les Pyrénées, et Henri à envahir la Picardie avec les Flamands; douze mille Allemands, levés à leurs frais communs, devaient pénétrer dans la Bourgogne et agir de concert avec Bourbon, qui se chargea de lever six mille hommes dans le cœur du royaume, parmi ses amis et ses vassaux. L’exécution de ce complot dangereux et profond fut différé jusqu'au mo-
ment où le roi de France traverserait les Alpes | avec la seule armée qui eñt pu défendre ses ! états; et camme Francois était déjà fort avancé !
dans sa marche vers l'Italie. la France était à la veille de sa ruine ?.
1 Rymer, Fæœdera, xin, p.794.
3 De Thou, ist, liv. v, cb. x. Heuter., Aer. austr., VU, © XVI p. 207.
Heureusement pour ce royaume, une négociation qui durait depuis plusieurs mois, quoique conduite avec le plus grand secret et communiquée seulement à un petit nombre de confidens choisis, ne put échapper à la vigilance de quelques personnes attachées à la maison du connétable, qui l’observaient d'autant plus attentivement qu'elles s'étaient aperçues de sa défiance à leur égard, Deux de ses domestiques donnèrent au roi quelques avis de la correspondance mystérieuse qui régnait entre leur maître et le comte de Roeux, gentilhomme flamand, en qui l'empereur avait la plus grande confiance. François, qui ne pouvait croire que ie premier prince du sang fût assez lâche pour livrer le royaume à ses ennemis, partit dans l'instant pour Moulins, où le connétable s'était mis au lit, prétextant une indisposition pour se dispenser d'accompagner le roi en Italie , et lui déclara sans détour les avis qu'il venait de recevoir, Bourbon protesta de son innocence avec les sermens les plus sacrés et avec l'apparence la plus imposante de candeur et d'ingénuité. Sa santé, disait-il, commençant à s'affermir , il promit au roi de rejoindre l'armée dans peu de jours. François, franc et sincère lui-même, se laissait aisément tromper par l'apparence de ces vertus dans les autres; il resta si persuadé de l'innocence de Bourbon, qu'il ne voulut jamais consentir à le faire arrêter, malgré l'avis de ses plus sages conseillers qui le pressaient de prendre cette précaution; et comme s’il n’y eût plus rien à craindre , ilcontinua sa marche vers Lyon. Le connétable se mit aussitôt en route, feignant d'abord de vouloir suivre le roi; mais, tournant tout à coup vers la gauche, il traversa le Rhône. et après bien des fatigues et des périls, il échappa à tous les partis que le roi , qui se repentit trop tard de sa crédulité , envoya pour l’arrèter, et il arriva heureusement en ltalie !.
François prit toutes les précautions possibles pour prévenir du moins les funestes effets de la faute irréparable qu'il venait de commettre. Il mit des garnisons dans toutes les places fortes qui étaient dans les terres du connétable, il fit arrêter tous les gentilshommes qu'il soupconna du complot, et comme il n'avait pu encore découvrir toute l'étendue du plan de la conspira-
! Kém. de du Bellay, p.64, ete. Pasquier, Recherches de la France, p. 481.
[152 tion, gagué les en pérée sonne
Cep le Mil comm tête d' Bonni comm
concou person toutes, compli manièr versatic vait av familiar Bonniv narque de sa f:
ennemi conjonc pouvoir favori ll
Colo
qui étai forces s formide troupes diminu des sold sliger le pays à tâche passt | blié ave devant grande il y éc nivet [ endroi impéri abando senter, concev, de vert
Gui
11523 ne néfors mois, d'secret et ombre de à la vigi- 's à la maiit d'autant t aperçues ses domesavis de la nait entre ntilhomme lus grande
roire que le lâche pour partit dans table s'était tion pour se talie , et lui ait de receence avec les apparence la ngénuité. Sa rmir , il prodans peu de ui-même, se arence de ces persuadé de voulut jamais J'avis de ses ient de pren- L n'y eût plus he vers Lyon.
ute, feignant ais, tournant rsa le Rhône.
rils, il échappa repentit trop l'arrèter, et il
ions possibles es effets de la commettre. Îl s places fortes anétable , il fit u'il soupconni pu encore déle la conspira-
asquier, Recher-
tion, ni savoir à quel point la corruption avait gagné ses sujets, il craignit que son absence ne les enhardit à tenter quelque entreprise désespérée, et renonca à l'idée de conduire en personne son armée en Îtalie,
Cependant il n'abandonna pas ses desseins sur le Milanais : il nomma l'amiral Bonnivet pour commander à sa place, et marcher en Ltalie à la tête d'une armée forte de trente mille hommes. Bonnivet ne dut pas cette préférence à ses talens comme général ; car de toutes les qualités qui concourent à le former, il n'avait que la bravoure personnelle, la plus commune et la dernière de toutes. Mais il était le gentilhomme le plus accompli qu'il y eût à la cour de France, par ses manières aimables , son esprit insinuant, sa conversation vive et brillante; et François, qui vivait avec ses courtisans dans la plus grande familiarité, était si charmé des agrémens de Bonnivet, qu'il l'honorait en toute occasion des marques les plus spéciales et les plus distinguées de sa faveur. Bonnivet était aussi l'implacable ennemi de Bourbon ; et comme le roi dans cette conjoncture ne savait à qui se fier, il crut ne pouvoir mieux placer que dans les mains de son favori le commandement en chef de son armée.
Colonne, chargé de la défense du Milanais, qui était sa conquête , était bien loin d'avoir es forces suffisantes pour résister à une armée si formidable. A peine avait-il de quoi payer ses troupes , qui étaient d’ailleurs considérablement diminuées par les maladies et par la désertion des soldats : ce qui lui avait fait, malgré lui . mégliger les précautions nécessaires pour mettre le pays en sûreté. Il se borna donc uiquement à âcher d'empêcher que l'armée française ne passät la rivière du Tésin; et comme s'ileût oublié avec quelle facilité il l'avait passée lui-même devant Lautrec , il se promettait avec la plus grande confiance de réussir dans ce projet ; mais il y échoua comme Lautrec avait échoué. Bonnivet passa la rivière sans résistance, dans un endroit guéable qu'il trouva sans défense ; et les impériaux se retirèrent vers Milan, prêts à abandonner la ville dès que les Français se présenteraient aux portes. Par une négligence inconcevable , que Guichardin attribue à un esprit de vertige ! , Bonnivet resta trois ou quatre jours
Guichardin , Liv. xXv, p. 254
sans avancer, et perdit l'occasion que lui offrait la fortune. Les bourgeois de Milan se remirent de leur consternation, Colonne, qui était encore plein d'activité à l'âge de quatre-vingts ans, et Moron , dont la haine pour les Français était infatigable, s'occupérent jour et nuit à faire réparer les fortifications, à amasser des provisions, à rassembler des troupes de tous les environs ; et le temps que l'armée française mit à arriver leur suffit pour mettre la ville en état de soutenir un siége. Bonnivet, après quelques tentatives infructueuses qui fatiguèrent ses troupes plus que l'ennemi, fut obligé, par la rigueur de la saison , de se retirer dans ses quartiers d'hiver.
Dans cet intervalle, le pape Adrien mourut.
Cet événement causa tant de joie parmi le peuple de Rome, dont la haine et le mépris pour ce pontife augmentaient de jour en jour , que, la nuit qui suivit sa mort, ils ornèrent de guirlandes la maison de son premier médecin, avec cette inscription : 4u libérateur de son pays.
Aussitôt le cardinal de Médicis renouvela ses anciennes prétentions à la papauté , et entra dans le conclave avec le plus grandes espérances de succès. Le peuple en général ne doutait pas qu'il ne réussit. Cependant, malgré l'appui de la faction de l’empereur , malgré son crédit personnel et sa grande habileté à employer tous les ressorts de la ruse , de l'intrigue et de la corruption qui dominent dans ces assemblées, l'obstination et les intrigues de ses rivaux firent durer le conelave pendant l'espace de cinquante jours entters ; à la fin l'adresse et la constance du cardimal triomphèrent de tous les obstacles. IL fut élu pape, et prit le gouvernement de l’église sous le nom de Clément VII. Ce choix eut l’approbation universelle. On attendait tout d’un pape que ses grands talens et son expérience consommée dans les affaires rendaient égale : ment propre et à soutenir les intérèts spirituels de l'église, menacée d'un danger imminent par les progrès des opinions de Luther, et à conduire ses opérations politiques avec la prudence qu'exigeraient les circonstances. Il joignait à tous ces avantages celui de pouvoir faire respecterl'état ecclésiastique, par l'autorité suprême qu'il exerçait à Florence , et par l'opulence de sa famille ?.
1 Jovius, l'a Adr.,p. 127
? Guichardin, liv. xv, p. 263
Zn trer
Ca
Le cardinal Wolsey, dont l'ambition n'avait pas été rebutée par le peu de succès qu'il avait eu dans l'élection précédente, s'en promettait un plus heureux dans celle-ci. Henri écrivit à l'empereur pour lui rappeler l'engagement qu'il avait pris d'appuyer les prétentions de son ministre. Wolsey, de son côté, mit dans ses poursuites une activité égale à l'importance de l’objet qu'il se proposait, et envoya à ses agens dans Rome un ordre précis de n'épargner ni promesses ni présens pour faire réussir ses vues. Mais Charles ou l'avait bercé de vaines espérances qu'il n’eut jamais l'intention de réaliser, ou jugea qu'il ne serait pas prudent de s’opposer à l'élection d’un prétendant qui avait autant de titres pour réussir qu’en avait Médicis; ou perc-être les cardinaux n’osèrent pas s’exposer à irriter le peuple romain en élevant encore sur la chaire de saint Pierre un autre étranger, dans le temps même que son indignation contre la mémoire d’Adrien était encore toute récente.
Wolsey, après tant d'espérances trompées et tant d'efforts inutiles, eut encore une fois la mortification de voir placer sur le trône de l'église un pape dont l’âge peu avancé et la constitution robuste ne lui laissaient pas même la consolation d'espérer de lui survivre. Cette seconde disgrâce lui prouva clairement la mauvaise foi de l’empereur , et alluma au fond de son cœur tout le ressentiment que peut éprouver un homme habile qui se voit à la fois frustré de ses espérances et honteusement trompé. Clément, qui connaissait son caractère vindicatif, essaya de l’adoucir en le nommant légat en Angleterre pendant sa vie, avec des pouvoirs si étendus qu'ils lui transmettaient presque toute l'autorité päpale dans ce royaume; mais l’affront que Wolsey venait de recevoir avait rompu pour jamais les nœuds qui l'attachaient à l'empereur, et dès ce moment il ne songea plus qu’à la vengeance. Il lui fallut pourtant la différer, et cacher ses intentions à son maître jusqu’à ce que par une suite de circonstances heureuses que le temps pourrait faire naître, il pôt par degré le détacher de l'empereur. Aussi, loin de marquer aucun mécontentement du refus qu’il avait essuyé, il affectait toujours, soit en particulier, soit en public, de se montrer très Satisfait de l'élévation de Clément !.
! Fiddes, Zife of Wolsey, p. 294, cte. Herbert.
Henri, pendant toute la campagne , avait rempli avec la plus grande exactitude les engagemens qu'il avait pris avec l'empereur, dans leur ligue commune contre le roi de France, mais ses opérations n'avaient pas eu toute la céléritéqu'il aurait désirée. Son aveugle prodigalité et sa négligence extrême dans l'économie de ses revenus le laissaient souvent sans ressource d'argent. La manière de faire la guerre en Europe était alors bien différente de celle qui avait régné auparavant. Au lieu de ces armées, assemblées à la hâte, qui, sous des chefs particuliers, suivaient leur prince à la guerre, ne se mettaient en campagne que pour quelques mois, et servaient à leurs propres dépens, 6x levait à grands frais, du temps de Henri, des troupes qui recevaient une paye réglée et très forte. Au lieu de cette impatience qu’avaient auparavant les deux partis de terminer la querelle par le sort d’une bataille qui décidait ordinairement de la destinée de pays ouverts et sans défense, et laissait aux barons la liberté de retourner avec leurs vassaux à leurs occupations journalières, les villes étaient alors fortifiées avec art et défendues avec opiniatreté : la guerre, d’un art simple d'abord , était devenue une science très compliquée, et les campagnes étaient par conséquent plus longues, plus fatigantes et moins décisives. Les dépenses, que ces changemens dans l'art militaire occasionèrent nécessairement, parurent des fardeaux insupportables aux peuples , qui étaient accoutumés à ne payer que de légers impôts. De là vint cet esprit d'économie et mème de parcimonie qui animait dans ce siècle les parlemens d'Angleterre, et que Henri, malgré toute son autorité, ne put dompter que rarement. Les communes lui ayant refusé pour cette fois les subsides qu’il demandait. il fit valoir une prérogative étendue et presque illimitée que possédaient alors les rois d’Angleterre, et au moyen de cet usage extraordinaire et violent de son autorité, il se procura l'argent dont il avait besoin. Mais cet expédient consuma tant de temps que la saison était déjà fort avancée avant que son armée püût se mettre en campagne sous la conduite du duc de Suffolk. Ce général, après la jonction d'un corps considérable de Flamands, marcha en Picardie; et comme François, entraîné par une impatience insensée de recouvrer le Milanais, avait laissé
(1523 cette f pénétre sept lic dans ce ment e la brav ne laiss:
la rigu( défaut « tirer, e gloire © marche honteu:
Les te et sur |:
quoique çois eù mal défi générau voyance irruptio:
qui avai ment re
Ainsi
eut tant commen voir et ç
dissipé
avoit for à peine échouer fornée taqués à armée d tous les périorité avait du il restait La ca nemens Fontarah gouvern:
redouble pour ch qui est a pontifica une hair mença à
1 Herber
1623] gne , avait e les engareur, dans de France, toute la céprodigalité 1omie de ses s ressource erre en Eu- Île qui avait armées, a$iefs particuierre, ne se elques mois, , 6n levait à des troupes rès forte. Au | auparavant erelle par le rdinairement ans défense, de retourner tions journafiées avec art guerre , d’un une science s étaient par fatigantes et e ces changeérent nécesnsupportables és à ne payer et esprit d'é-
qui animait leterre, etque ne put domps luiayant re- ‘il demandait.
ue et presque rois d’Anglextraordinaire ocura l'argent dient consuma éjà fort avanettre en came Suffolk. Ce orps considé- Picardie; et ne impatience is, avait laissé
cette frontière presque sans défense, Suffolk pénétra jusqu’aux bords de la rivière d'Oise, à sept lieues de Paris, et jeta la consternation
. = 102 0 , | dans cette capitale; mais l'arrivée d’un détache-
ment envoyé par le roi, qui était encore à Lyon, la bravoure et l’activité desofficiers français, qui ne laissaient respirer les ennemis ni jour ri nuit, la rigueur inouïe d’un hiver prématuré, et le défaut de vivres, forcèrent les Anglais à se retirer, et La Trémouille qui commandait eut la gloire d'arrêter avec une poignée de soldats la marche d’une armée formidable, et de la chasser honteusement du terriioire de France !.
Les tentatives de l’empereur sur la Bourgogne et sur la Guyenne ne furent pas plus heureuses, quoique la mème négligence de la part de François eût encore laissé ces deux provinces très mal défendues. La conduite et la valeur de ses généraux suppléèrent à son défaut de prévoyance; les Allemands, qui avaient fait une irruption dans la Bourgogne , et les Espagnols, qui avaient attaqué la Guyenne, furent également repoussés avec beaucoup de perte.
Ainsi finit la campagne de 1523 ; où François eut tant de bonheur et de succès que l'Europe commença à prendre une haute idée de son pouvoir et de ses ressources. Il avait découvert et dissipé une conspiration dangereuse, dont il avoit forcé l’auteur à s’exiler du royaume , ayant à peine un domestique à sa suite; il avait fait échouer tous les projets d’une ligue puissante formée contre lui; il avait défendu ses états attaqués à la fois par trois côtés différens ; et si son armée d'Italie n'avait pas fait dans le Milanais tous les progrès qu'il pouvait attendre de la supériorité de ses forces sur celles de l'ennemi, il avait du moins repris la moitié de ce duché dont il restait possesseur.
La campagne suivante s’ouvrit par des événemens funestes pour la France. Elle perdit Fontarabie par la lâcheté ou la trahison de son gouverneur. En Italie, les alliés résolurent de redoubler de diligence, de vigueur et d'activité pour chasser Bonnivet de la partie du Milanais qui est au-delà du Tésin. Clément, qui sous les pontificats de Léon et d'Adrien avait montré une haine implacable contre la France, commença à voir la puissance que l'empereur acqué-
! Herbert, Mémoires de du Bellay, p.73, etc.
rait de jour en jour en Italie d’un œil si jaloux, qu’il refusa d'accéder, comme avaient fait ses prédécesseurs, à la ligue formée contre François; et oubliant ses passions et ses animosités personnelles, il travailla à réconcilier les deux partis avec tout le zèle qui convenait à son caractère. Mais tous ses efforts furent sans effet : une armée nombreuse , où chacun desalliés fournit son contingent de troupes, s'assemblait à Milan dès le commencement du mois de mars. Lannoy, vice-roi de Naples, en prit le commandement à la mort de Colonne; mais la principale conduite des opérations de la campagne fut confiée à Bourbon et au marquis de Pescaire. Le dernier était le plus habile et le plus entreprenant des généraux allemands : le ressentiment qui animait Bourbon redoublait son activité et multipliait ses ressources; la connaissance qu’il avait du caractère des généraux français, du génie de leurs troupes, de la force et de la faiblesse de leurs armées, le mettait en état de rendre les plus grands services au parti qu’il avait embrassé. Mais tous ces avantages allaient bientôt rester inutiles par l’impuissance où se trouvait l’empereur de se procurer assez d'argent pour l’exécution des plans vastes et divers qu’il avait formés. Quand les généraux voulurent faire marcher ses troupes, elles se mutinèrent , demandant la paye qui leur était due depuis quelques mois; et sans avoir égard ni aux menaces ni aux promesses de leurs officiers, elles menacèrent de piller Milan si on ne les satisfaisait pas sur-le-champ. Les généraux des alliés furent délivrés de cette situation embarrassante par Moron , qui avait sur ses compatriotes un ascendant si prodigieux, qu’il leur fit avancer la somme qu'on demandait, et l’armée se mit aussitôt en campagne. Bonnivet n'avait pas assez de troupes pour tenir tête à cette armée, et il avait encore moins les talens nécessaires pour se mesurer avec les généraux ennemis.
Après plusieurs mouvemeus et plusieurs combats qu'ont décrits avec beaucoup d’exactitude les historiens du temps, mais qui sont aujourd'hui trop loin de nous pour nous instruire ou pour nous intéresser, il fut forcé d'abandonner un camp très avantageux , où il s'était retranché, à Biagraffa. Bientôt après, en partie par sa mauaise conduite, en partie par l’activité des ennemis qui harcelaient ct ruinaient son armée
par des escarmouches continuelles, en évitant sans cesse la bataille qu’il leur présentait; en partie aussi par le caprice de six mille Suisses qui refusérent de le joindre , quoiqu'ils ne fussent qu’à une journée de marche, il fut réduit à la nécessité de tenter sa retraite en France par la vallée d’Aost. A peine était-il arrivé sur les bords de la Sessia, etcommençait-il à passer cette rivière, que Bourbon et Pescaire parurent avec l'avant-garde des alliés, et chargèrent son arrière-garde avec la plus grande impétuosité; dès le commencement de l’action, Bonnivet , qui se comporta avec la plus grande valeur, reçut une blessure si dangereuse qu'il fut obligé de quitter le champ de bataille. Le commandement de l’arrrière-garde fut alors confié au chevalier Bayard : ce brave officier était si peu courtisan qu'il ne parvint jamais à commander en chef; mais dans le moment du danger c'était toujours à lui qu'on avait recours, et il se trouvait alors chargé des postes les plus difficiles et les plus importans. Il se mit à la tête des gendarmes , et animant les soldats par sa présence et par son exemple à soutenir lechoc des ennemis, ilgagna du temps pour couvrir la retraite du reste de l'armée. Il reçut , dans cette action , une blessure qu'il sentit bientôt être mortelle , et n'ayant plus la force de se soutenir sur son cheval, il donna ordre à un de ses gens de l’appuyer contre un arbre, le visage tourné en face de l'ennemi : là, fixant ses regards sur la garde de son épée qu'il tint élevée au lieu de crucifix, il adressa une prière à Dieu, et dans cette attitude si digne de son caractère, et comme guerrier et comme chrétien, il attendit tranquillement la mort. Bourbon , qui conduisait la tête des troupes ennemies, le trouvant dans cette situation, lui témoigna des regrets et de la pitié : Ve me plaignez point , lui cria ce brave chevalier ; je meurs comme un homme d'honneur, en [aisant mon devoir : il faut plaindre ceux qui combattent contre leur roi, leur patrie et leur serment. Le marquis de Pescaire, qui passa en mème temps par cet endroit, témoigna aussi son admiration pour les vertus de Bayard, et ses regrets sur sa perte, avec toute la sensibilité d'un ennemi généreux; mais voyant qu'on ne pouvait sans danger le transporter du lieu où il était, il y fit dresser une tente, et y laissa des personnes chargées de prendre soin de ce grand
homme. Leurs soins ne purent le sauver : il mourut, comme étaient morts ses ancètres depuis plusieurs générations, sur le champ de bataille. Pescaire fit embaumer son corps et l'envoya à ses parens. Tel était le respect qu'on avait dans ce siècle pour le mérite militaire , que le duc de Savoie ordonna qu'on rendit au corps de Bayard les honneurs qu'on rend aux rois dans toutes les villes de ses états où il passa : et dans le Dauphiné, la patrie de ce héros, le peuple de tout état et de tout rang alla en grande procession au-devant de son corps !.
Bonnivet ramena les débris de son armée en France, et dans une courte campagne, François se vit dépouillé de tout ce qu’il possédait en Italie, où il n'avait pas un seul allié.
Tandis que la guerre allumée par la rivalité de Charles et de François embrasait tant de contrées de l'Europe, l'Allemagne jouissait d'une paix profonde, très favorable à la réforme, qui continuait de faire de nouveaux progrès. Pendant la retraite de Luther dans le château de Wartbourg, Carlestadt, un de ses disciples, animé du même zèle que son maitre, mais moins prudent et moins modéré, s'était mis à répandre parmi le bas peuple des opinions aussi extravagantes que dangereuses. Encouragée par ses exhortations , la populace se souleva dans plusieurs villages de la Saxe, courut avec fureur dans les églises, abattit et brisa les images dont elles étaient décorées. Ces désordres et ces violences étaient si opposés à toutes les maximes du prudent électeur , que si on ne les eût pas promptement réprimés, ils auraient suffi pour détacher du parti des réformateurs un prince jaloux de son autorité, et qui craignait d'offenser l'empereur et les autres protecteurs des opinions anciennes. Luther, qui sentait ce danger , quitta sur-le-champ sa retraite, sans attendre la permission de Frédéric, et retourua à Vittemberg. Heureusement pour la réfurme, la vénération qu'on avait pour sa personne et pour son autorité était encore si grande que sa seule présence étouffa cet esprit de fanatisme qui commençait à gagner son parti.
Carlostadt et ses sectateurs, déconcertés par ses réprimandes, restèrent muets, et déclarèrent
t Bellefor., Épilre, p.73. Mém, de du Bellay, p.75 Ou. de Brant. tom. VE, p.100, ete. Pasquier, Aecher ches,p 326.
que ce avaient Avar traite, en lang qu'imp de coùd lités né ture su grande des écri parfaite primait l'élégan ses COM] et barbe aidé du autres © Nouvear cation d de Rom ther. Ell avec une On était ceptes d contrair daient êt l'Évangi état d’e mêmes d quand e quand e tages qu couragèr son exenl rope, et sions de Vers c Hambou du prem religion du magis de l'égli bourg, Id et le prit teurs de cher dan La coi celte défi 1 Secken
sauver : il acètres dechamp de | corps et spect qu'on itaire , que lit au corps d aux rois ù il passa :
€ héros, le a en grande
»n armée en 1e, François ossédait en
ar la rivalité ait tant de ne jouissait ble à la rée nouveaux ther dans le , un de ses son maître, déré, s'était des opinions ses. Encouulace se sou- Saxe, courul t et brisa les s. Ces désorosés à toutes que si on ne , ils auraient réformateurs et qui craiautres protecer, qui senp sa retraite, idéric , et rent pour la répour sa perore si grande esprit de faer son parti.
certés par ses nt déclarèrent u Bellay, p.75 asquier, Aecher
que ce n’était pas la voix d'un homrre qu'iis avaient entendue, mais celle d’un ange.
Avant cette époque, où Luther quitta sa retraite, il avait déjà commencé à traduire la Bible en langue allemande, entreprise aussi difficile qu'importante, qu'il était extrêmement jaloux de couduire à sa fin. et il avait toutes les qualités nécessaires pour y réussir. Avec une teinture suffisante des langues orientales et une grande connaissance du style et des sentimens des écrivains inspirés, il passait pour posséder parfaitement sa langue naturelle, et il s’y exprimait en effet avec toute la pureté et toute l'élégance dont elle était susceptible, quoique ses compositions latines fussent d'un style dur et barbare. A force d'application et d’assiduité, aidé du secours de Mélancthon et de plusieurs autres de ses disciples, il finit une partie du Nouveau-Testament dans l’année 1524 : la publication de cette version fut plus funeste à l'église de Rome que tous les autres ouvrages de Luther. Elle fut lue par les personnes de tout rang avec uneavidité et une attention extraordinaires. On était étonné de découvrir combien les préceptes de l'auteur “tre religion étaient contraires aux doct :.: ‘2 ceux qui prétendaient être ses vicai:- . : coinme on avait dans l'Évangile la règle de la foi, tous se crurent en état d’en faire l'application, de juger par euxmêmes des opinions établies, et de déterminer quand elles étaient conformes à la règle, ou quand elles s’en écartaient. Les grands avantages que produisit cette version de Luiher encouragèrent les défenseurs de la réforme à suivre son exemple dans ies autres contrées de l'Europe, et à publier en langue vulgaire des versions de l'Écriture.
Vers ce mème temps, Nuremberg, Francfort, Hambourg et plusieurs autres villes d'Allemagne du premier ordre embrassèrent ouvertement la religion réformée, et abolirent, avec l'autorité du magistrat, la messe et d’autres cérémonies de l'église romaine !. L’électeur de Brandebourg, les ducs de Brunswick et de Lunebourg, et le prince d’Anhalt , se déclarèrent les protecteurs de la doctrine de Luther, et la firent prècher dans leurs états.
La cour de Rome fut vivement alarmée de cette défection qui croissait chaque jour, et le
? Seckend, p.241. Chytræus, Contin. Krautzii, p. 203.
premier soin d’Adrien, à son arrivée en ltalie, avait été de délibérer avec les cardinaux sur les moyens d'y remédier. Ce pape était profondément versé dans la théologie scolastique, et comme c'était par cette sorte de mérite qu'il s'était distingué de bonne heure, il avait toujours conservé pour une science à qui il devait la réputation et les succès de sa vie, tant de zèle et d'enthousiasme , qu’il ne mettait presque point de différence entre le blasphème et les invectives de Luther contre les scolastiques, et en particulier contre Thomas d'Aquin. Toutes les opinions de ce docteur paraissaient au pontife si claires et si incontestables , qu'il faiiait, selon lui, être aveuglé par une ignorance grossière , ou résister au sens intime de sa propre conviction, pour en douter ou pour les contredire ; enfin il n'y eut jamais de pape plus superstitieusement attaché à tous les points de doctrine, et plus inflexible sur cet article : il les défendait, non pas seulement comme Léon X, parce que c'était la doctrine ancienne, et qu'il était dangereux pour l’église de souffrir des innovations; il ies soutenait encore avec tout le zèle d’un théologien et toute l’opiniatreté d’un champion de l'école. D'un autre côté, comme ses mœurs étaient extrêmement simples, et qu'il était exempt de tous les vices qui régnaient à la cour de Rome, il sentait, comme les réformateurs mèmes , et voyait avec autant d'indignation qu'eux, la corruption qui s’y était introduite. Le bref qu'il adressa à la diète de l'empire assemblée à Nuremberg, et les instructions qu'il donna à Cheregato qu'il y avait envoyé en qualité de légat étaient dictées par ces mèmes dispositions. D'un côté, il condamnait les opinions de Luther avec plus d’äpreté et d’aigreur que ne l'avait fait Léon X; il réprimandait sévèrement les princes d'Allemagne de ce qu’ils avaient souffert que ce novateur semât ses dogmes pernicieux, en négligeant de faire exécuter l'édit porté à la diète de Worms, et leur en- Joignait , si Luther n’abjurait pas sur-le-champ ses errreurs, de le détruire par le feu comme un membre gangrené et incurable, ainsi que Dathan et Abiron avaient été exterminés par Moïse, Ananias et Saphira par les apôtres, Jean Hus et Jérôme de Prague par les princes leurs ancètres !. D'un autre côté, il avouait avec la 1 Fascic. rer. expet. et fugiend., p. 32.
De Sea ee rte
ae gr
DU nue ne + sise ue
plus grande ingénuité et dans les termes les plus positifs, que les désordres de la cour de Rome étaient la source d'où étaient sortis tous les maux que souffrait ou redoutait l'église; il promettait d'employer toute son autorité pour réformer les abus, avec toute la promptitude que permettait la nature de ces désordres invétérés, et il exhortait les princes à l'aider de leurs conseils sur les moyens les plus propres à étouffer l’hérésie qui était née au ‘ilieu d'eux.
Les membres de la diète, apr. avoir loué le pape de son zèle et de la piété de ses vues, s’excusèrent de n’avoir pas fait exécuter l'édit de Worms, sur la multiplication prodigieuse des sectateurs de Luther et sur l’aversion que les vexations innombrables de la cour de Rome avaient inspirée pour elle au reste de leurs su- Jets, raisons qui rendaient l'exécution de l'édit non-seulement dangereuse, mais même impossible. Ils assurèrent qu'il était temps de prendre des mesures nouvelles et plus cfficaces pour satisfaire l'Allemagne sur ses griefs, qui n'étaient pas fondés sur des torts imaginaires, mais sur des exactions trop réelles ct devenues intolérables, comme le pape pourrait s'en convaincre par la lecture de la liste qu’ils se proposaient de mettre sous ses yeux. Suivant eux, le seul remède qui pôt être proportionné à la grandeur du mal, et qui leur donnât quelque espérance de voir l’église reprendre son ancienne vigueur et s'affermir sur une base solide, c'était un concile général. En conséquence ils lui conscillaient d'obtenir le consentement de l’empereur, et d’assuinbler sans délai le concile dans une des villes principales de l'Allemagne, afin que tous ceux qui avaient droit d'y assister pussent délibérer en sûreté, et proposer leurs avis avec toute la liberté qu'exigeait le danger pressant où se trouvait la religion !.
Le nonce, plus adroit que son maître, et plus instruit des vues et des intérêts politiques de la cour de Rome, fut vivement ému à cette proposition de convoquer un concile; il sentit aisément combien il serait dangereux de le faire dans un temps où plusieurs désavouaient hautement l’autorité du pape, et où tous commencaient à la respecter moins, et à refuser de s y soumettre. Il employa donc tout ce qu'il avait d'adresse à
1 Fascic. rer. expet. et fugiend., p. 316.
engager les membres de la diète à poursuivre avec plus de rigueur l’hérésie de Luther, et à abandonner la proposition d’assembler en Allemagne un concile général ; mais comme ils voyaient bien que le nonce était beaucoup plus jaloux de ménager les intérêts de la cour de Rome que de conserver la tranquillité de l’empire et la pureté de l'église, ils restèrent inflexibles et continuèrent à préparer la liste de leurs griefs pour la faire présenter au pape. Le nonce, craignant d'être chargé d’une commission si désagréable, et ne voulant pas porter à sa cour une remontrance qui ne manquerait pas de lui déplaire, sortit brusquement de Nuremberg sans prendre congé de la diète 2.
Aussitôt les princes séculiers dressèrent cette liste, si fameuse dans les annales d'Allemagne, contenant cent objets de plaintes, sur autant d'abus G ils attribuaient à la tyrannie de le cour de Rome. Les princes ecclésiastiques se contentérent de ne mettre aucune opposition à cette démarche, mais ils crurent qu’il ne leur convenait pas d'y accéder. Ces plaintes étaient pour la plupart une répétition des articles de la liste qui fut dressée sous le règne de Maximilien. Il serait trop long d'en faire une énumération détaillée. On s'y plaignait des sommes exigées pour les dispenses , les absolutions et les indulgences ; des frais qu'entraînaient les procédures portées à Rome; des abus innombrables produits par les réserves, les commandes et les annates ; du privilége de se soustraire à la juridiction séculière qu'avait obtenu le clergé, de tous les artifices qu'employaiert les juges ecclésiastiques pour attirer à eux la connaissance des causes civiles, des mœurs indécentes et scandaleuses d'un grand nombre d’ecclésiastiques, et de plusieurs désordres particuliers, dont la plupart ont déjà été rapportés au nombre des circonstances qui favorisèrent le succès et la propagation rapide des opinions de Luther. Les princes terminaient cette liste par déclarer que, si le saint siége ne se hâtait de les délivrer de ces fardeaux intolérables , ils étaient déterminés à ne pas s'y soumettre plus long-temps, et à employer tout le pouvoir et toute l'autorité que Dier avait mis entre leurs mains pour s’en affranchir 5.
! Fascic. rer, expet. et fugiend., p. 319.
2 Zbid., p. 376.
5 JZbud., p. 35.
Au li nonce à tateurs, tenait s6 les ordr les décisi voquer, cune op reçus da cateurs « controve borner à des vérit
Les réf de ces a preuve le de l’énon de Rome clergé op du premi même, qi
leurs acc injustes, présentan une assen les protec plus nom mis au n pire les quaient ( Aussi da publière souvent à aux cent qu'ils ava rapines @ Rome.
A Ro comme et d’une « au milie cour des règle de intérêt , f s'écartan cesseurs, qu'il devi devait à
1 Fasci
oursuivre ther, et à
en Alleomme ils coup plus a cour de & de l’emnt inflexie de leurs Le nonce, ion si désà sa cour pas de lui {uremberg
rent cette Allemagne, sur autant nnie de l:
astiques se pposition à lil ne leur tes étaient ticles de la Maximilien.
numération 1es cxigées t les indulprocédures rables proes et les anà la juridicgé, de tous ccclésiastie des causes candaleuses , et de pluplupart ont irconstances agation rainces termi- , Sile saint ces fardeaux à ne pas Sy ployer tout eu avait mis ir
Au lieu des rigoureuses poursuites que le nonce avait sollicitées contre Luther et ses sectateurs , la résolution ou le recez de la diète contenait seulement une injonction générale à tous les ordres de l'empire d'attendre paisiblement les décisions du concile général qu'on devait convoquer, et jusqu’à ce temps de ne publier aucune opinion nouvelle contraire aux dogmes reçus dans l'église; et l'on avertissait les prédicateurs de s'abstenir de traiter aucun point de controverse dans leurs discours publics, et de se burner à une exposition simple et instructive des vérités de la religion t.
Les réformateurs tirèrent de grands avantages de ces actes de la diète : ils y trouvaient la preuve la plus complète et la plus authentique de l'énorme corruption qui s'était établie à la cour de Rome et des charges insupportables dont ie clergé opprimait l'empire; ils avaient une preuve du premier article, dans le témoignage du pape même, qui reconnaissait que leurs invectives et leurs accusations n'étaient ni calomnieuses ni injustes. À l'égard du second , c’étaient les re-
présentans mêmes du corps germanique, dans |
une assemblée où il s’en fallait de beaucoup que les protecteurs de ia nouvelle doctrine fussent les plus nombreux et les plus puissans, qui avaient mis au nombre des principaux griefs de l'empire les pratiques de l'église romaine qu'attaquaient tous les jours Luther etses disciples. Aussi dans tous les écrits de controverse qu'ils publièrent depuis cette époque, ils en appelèrent souvent à la déclaration expresse d’Adrien et aux cent griefs de la diète pour appuyer tout ce qu'ils avançaient sur les déréglemens ou sur les rapines et l’insatiable ambition de la cour de Rome.
A Rome on regarda la conduite d’Adrien comme une preuve d’une extrême imprudence et d’une simplicité puérile. Ces hommes, vieillis au milieu des artifices et de la corruption de la cour des papes, et accoutumés à prendre pour règle de leurs actions non la justice, mais leur intérêt, furent étonnés de voir un pontife qui, s'écartant des prudentes maximes de ses prédécesseurs, avouait ingénument des désordres qu'il devait cacher, et qui , sans égard à ce qu'il devait à sa dignité, demandait conseil à ceux
! Fascic, rer, expet. et fugiend., p. 248.
même à qui il aurait dû donner des ordres. Ils craignaient que, par cette franchise si peu politique, au lieu de rappeler les ennemis de l’église dans son sein, il ne les rendit plus présomptueux , et que, loin d’étouffer l’hérésie , il n’ébranlât les fondemens de la puissance des papes, et ne fit tarir les principales sources des revenus du clergét. Ce fut par cette raison qu'ils s'opposèrent adroitement à tous les plans de réforme que proposait Adrien, et qu’à force de multiplier les objections et les difficultés, ils tâchèrent d'en empècher ou d’en retarder l’exécution. Adrien surpris, d'un côté, de l’obtination des Luthériens, de l’autre, révolté des mœurs et des maximes italiennes, gémit souvent sur sa situation , et regretta le temps de sa vie où, simple doyen de Louvain, il se trouvait plus heureux dans un poste moins élevé, où l’on attendait peu de lui, et où rien ne pouvait arrèter l'effet de ses bonnes intentions 2,
Clément VII, sor successeur, fut autant audessus de lui dans l’art de gouverner , qu’il lui était inférieur du côté de la pureté des mœurs et de la droiture des intentions. Il avait non-seulement, comme tous les papes , une répugnance extrême pour la convocation d’un concile ; mais comme il n'avait assuré son élection que par des moyens très peu canoniques , il redoutait une assemblée qui aurait le droit de la soumettre à un examen dont le résultat pouvait lui être funeste. Il résolut donc pour sortir de l'embarras où l'avait jeté l'imprudence et la maladresse de son prédécesseur, d'éluder par toutes sortes de moyens les demandes des Allemands, tant sur la convocation d'un concile que sur la réforme des abus de la cour de Rome. Dans cette vue , il fit choix du cardinal Campege, homme très adroit, que les papes avaient déjà chargé de plusieurs négociations importantes , et il l'envoya en qualité de nonce à la diète de l'empire assemblée de nouveau à Nuremberg.
Campege , sans faire mention de ce qui s'était passé à la diète précédente, fit un long discours où il exhorta l’assemblée à exécuter avec vigueur l'édit de Worms, comine le seul moyen d'extirper l’hérésie de Luther. La diète répondit qu’elle voulait savoir auparavant les intentions
* Fra-Paolo, Æist. del Concil., p.28. Pallavic., Æist., pag. 58.
3 Jovius, F'ita Adr., p. 118.
du pape sur la proposition d'un concile, et sur les cent griefs qu'elle avait exposés. Le nonce tâcha d’éluder le premier article, en déclarant d'une manière vague et générale que l'intention du pape était de prendre les mesures qui seraient les plus avantageuses au bien de l'église : quant au second point , comme la liste des cent griefs n'était arrivée à Rome qu'après la mort d'Adrien, et qu'ainsi elle n'avait point été présentée dans les formes au pape actuel, Campege se prévalut de cette circonstance pour éviter de faire au nom de son maitre une répo' positive sur cet objet : il observa pourtant qu tte liste contenait plusieurs articles aussi peu soumis que peu décens, et que la diète, en pubiiant cette liste de sa propre autorité, avait manqué ouvertement au respect dû au saint siége. Il finit par demander encore qu'on procédât avec rigueur contre Luther et ses adhérens; mais quoiqu'il fût vivement secondé par l'ambassadeur de l'em-
11524] pereur qui dans ce temps-là s'empressait de flatter le pape, et qui fit beaucoup de protestations sur le zèle de son maitre pour l'honneur et la dignité du saint siége, le recez de la diète fut conçu presque dans les mêmes termes que celui de la précédente, et l'on n'y ajouta aucune déclaration plus sévère contre Luther et son parti !,
Avant de quitter l'Allemagne, Campege, dans la vue d'éblouir et de gagner le peuple, publia certains règlemens pour réformer quelques désordres et quelques abus qui dorainaient parmi le bas clergé; mais cette légère réforme, qui était bien éloignée de répondre au désir des luthériens et aux demandes de la diète, ne satisfit personne , et produisit très peu d'effet. Le nonce , d’une main timide, élagua quelques branches : les Allemands voulaient qu'on frappàt un coup plus ferme, et qu'on attaquât le mal jusque dans les racines de l'arbre ?.
DRSLALAIAL LS ALES LILI LLLILLUAL LALALLLILALATLLLTLELALET LAVE LALLLLLLLLLALLALLILLLLELLALLLLILLLTLELLALALLLLLALLALALLLLLLLAUILLS