LIVRE QUATRIÈME
Les Italiens ne doutaient pas que la défaite | par Bourbon qui ne cherchait que l'occasion de
des Français, chassés à la fois du Milanais et des états de la république de Gènes, ne terminât la gucrre entre l'empereur et le roi de France; et comme ils ne voyaient plus de puissance capable de résister à l'empereur en Italie , ils commencèrent à craindre l'accroissement de ses forces et à former des vœux ardens pour le rétablissement de la paix. Contens d'avoir procuré à Sforee la restitution de ses états héréditaires, objet qui avait été le principal motif de leur alliance avec Charles, ils ne dissimulèrent plus l'intention où ils étaient de ne pas contribuer plus long-temps à augmenter la supériorité qu'il avait sur son rival, et qui commençait à exciter leur jalousie. Le pape surtout , qui par la timidité naturelle de son caractire se méfiait le plus de l'ambition de Charles, chercha, par le ministère de ses ambassadeurs et par ses remontrances , à lui inspirer des sentimens de modération, et à le disposer à la paix.
Mais l'empereur enivré de ses succès, excité
se venger, et violemment entrainé par sa propre ambition, méprisa les avis de Clément, et déclara que sa résolution était prise, qu'il allait faire passer les Alpes à son armée et attaquer la Provence, celle des provinces de France où son rival craignait le moins une attaque, et où il était le moins préparé à la soutenir. Ceux de ses ministres qui avaient le plus d'expérience cherchèrent à le dissuader de cette entreprise, en lui représentant la faiblesse de son armée et l'épuisement de son trésor : mais il comptait sur le secours du roi d'Angleterre; et d’ailleurs, Bourbon, plein de cette confiance et de cette présomption naturelles aux exilés, lui promettait qu'un corpsnombreux deses partisans se joindrait aux troupes impériales, dès l'instant qu'elles entreraient en France. Charles, séduit par ces espérances, persista obstinément dans son dessein. Henri se chargea de fournir dix mille du-
" Seckend., p. 286. Sleid., hist. p. 66.
3? Secrend., p. 292,
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