etc. Œux. de Brant. IV, p. 257 etc
? Jov., Zita Colonn., p. 105.
cet événement. Tout ce qu'une ville prise d'assaut peut avoir à redouter de la rage d’une soldatesque effrénée; tous les excès auxquels put se porter la férocité des Allemands, l'avarice des Espagnols , la licence des Italiens, les malheureux habitans de Rome y furent en proie.
Églises, palais, maisons particulières, tout fut pillé sans distinction : ni l’âge, ni le rang, ni le sexe ne se sauva des plus cruels outrages. Cardinaux, prêtres, nobles, femmes, filles, tout fut livré à la merci de vainqueurs barbares, sourds à la voix de l'humanité. Ces violences ne cesstrent pas même, comme il arrive d'ordinaire dans les villes prises d'assaut, iorsque la première fureur du soldat fut assouvie. Les impériaux restèrent dans Rome plusieurs mois, et pendant tout ce temps l’insolence et la brutalité du soldat ne se ralentirent presque point. Le butin qu'ils firent, seulement en espèces monnayées, montait à un million de ducats; et ce qu'ils tirèrent des rançons et de leurs exactions fut encore beaucoup plus considérable. Rome avait été prise plusieurs fois par les peuples du nord qui renversèrent l'empire dans le cinquième cet le sixième siècle; mais les peuples païens et barbares, les Huns, les Vandales, les Goths ne l'avaient jamais traitée avec autant de cruauté que le firent alors les sujets dévots d’un monarque catholique!.
Après la mort de Bourbon, le commandement de l’armée impériale passa à Philibert de Chàlons, prince d'Orange, qui eut bien de la peine à arracher du pillage assez de soldats pour investir le château Saint - Ange. Clément sentit aussitôt la faute qu'il avait fa'te en se retirant dans un fort si mal pourvu et si peu en état de défense; mais voyant que les impériaux, méprisant toute discipline et ne s’occupant qu'à piller, poussaient le siége avec lenteur, il ne désespéra pas de tenir assez long-temps pour que le duc d'Urbin pût venir à son secours. Ce général s’avançait à la tête d'une armée composée de Vénitiens, de Florentins et de Suisses soudoyés par la France, et cette armée était assez forte pour délivrer Clément du péril où il se
* Jov., Fil. Colonn. 166. Gtich., Liv. xvan, p. 440, etc. Comment. de captà urbe Rom ap. Scardinum , 1, 230. Ulloa, ta dell Cart. F, p. 110. Giannone , At. di Nap. BR 1, e. mn, p. 07.
256 HISTOIRE DE
trouvait ; mais le duc d'Urbin préféra le plaisir de satisfaire sa haine contre la famille des Médicis , à la gloire de sauver la capitale de la chrétienté et le chef de l'église; À prétendit que l'entreprise était trop husardeuse ; et par un raffnement de vengeance , après s'être avancé assez près pour être vi des remparts du château et pour donner au pape l'espoir d’un secours prochain, il se retira avec précipitation !. Clément, privé de toute ressource , et réduit par la famine à se nourrir de chair d'âne?, fut obligé de capituler , et de souscrire aux conditions qu'il plut aux vainqueurs de lui imposer. Il se soumit à payer quatre cent mille ducats à l'armée, à rendre à l'empereur toutes les places fortes que possédait l'église, et quoiqu'il donnât des otages, à rester lui-même prisonnier, jusqu'à ce qu'il eût exécuté les principaux articles du traité, Le pape fut missous la garde d’Alarçon , qui, par sa vigilance sévère à garder François I", s'était bien fait connaître pour un homme propre à cet emploi. Ainsi, par un hasard singulier, cet officier eut la garde des deux personnages les plus illustres qui eussent été faits prisonniers dans l'Europe depuis plusieurs siècles. La nouvelle de cet événement st extraordinaire et si inattendu causa à l’empereur autant de surprise Que de joie; mais il dissimula ses sentimens à ses sujets, que les succès et les crimes de leurs compatriotes pénétraient d'horreur : et pour adoucir l'indiguation qu'en ressentait toute FEurope, il déclara qu'il n'avait aucune part au saccagement de Rome, et qu'on l'avait attaquée sans ses ordres. Il écrivit à tous les princes ses alliés pour leur notifier qu'il n'avait eu aucune connaissance des intentions de Bourbon”; il prit le deuil et le fit prendre à toute sa cour; il suspendit les réjouissances qu'il avait ordonnées pour la naissance de son fils Philippe; et par une hypocrisie qui ne trompa personne, il ordonna des prières et des processions dans toute l'Espagne pour obtenir la liberté du pape, liberté qu’il pouvait lui faire rendre sur-le-champ par un ordre expédié à ses généraux.
La fortune n'était pas moins favorable à la
® Guich.. iv. xvinr, p. 450.
? Jov., Fit. Colon., 167.
5 Ruscelli, Lettere de principi, , 23.
“ Sleid., 109. Sandov., 1, 822. Mauroc, Hist. F'enel«, div. 111, p. 220
Le | : 13
\RLES-QUINT. 1527]
maison d'Autriche dans une autre contrée de l'Europe. Solimian était entré en Hongrie avec une armée de trois cent mille hommes. Louis ff, roi de Hongrie et de Bohème, prince faible et sans expérience , eut la témérité d'aller au-devaut de lui avec un corps de troupes qui ne moniait pas à plus de trente mille hommes, Par uue faute encore plus impardonnable , il en donna le commandement à Paul Tomorri, moine franciscain , archevêque de Golocza. Ce bizarre sénéral, vêtu de son froc et ceint du cordon de son ordre, marchait à la tête de l’armée ; entrainé par sa propre présomption autant que par l'impétuosité d'une noblesse qui craignait moins le danger qu'un service long et pénible, il donna la funeste bataille de Mohacz, où le roi, la fleur de la noblesse, et plus de vingt mille hommes périrent victimes de la sottise et de l'imprudence d'un moine. Soliman , après sa victoire, se rendit maître et resta en possession des plus fortes places des provinces méridionales de la Hongrie: et ravageant tout le reste du pays, ilemmena plus de vingt mille prisonniers en esclavage. Comme Louis était le dernier mâle de la famille royaie des Jagellons, l'archiduc Ferdinand prétendit avoir droit aux deu:
couronnes. I faisait valoir deux titres : l'uu appuyé sur les anciennes prétentions de la maison d'Autriche à ces deux royaumes; l'autre était fondé sur les droits de sa femme, sœur unique du roi qui venait de mourir. Cependant les lois féodales régnaient avec tant de vigueur dens l: Hongrie et dans la Bohème, et la noblesse \ jouissait d’un pouvoir si étendu, que les deu\ couronnes étaient encore électives, el qu'on n'aurait cu aucun égard aux prétentions de Ferdinand,siellesn'a ent pas été soutenues de forces puissantes. Mais son mérite personnel, le respect dà au frère du plus grand monarque de la chrétienté, la nécessité de choisie un prince qui pût par lui-même ajouter de nouvelles forces à celles de ses sujets pour les faire protéger contre! les armes ottomanes que leurs derniers succès
avaient rendues redoutables à la Hongrie; enfin 4
les intrigues de sa sœur, veuve du feu roi, l'em-
portèrent sur la prévention que les Hongrois®
avaient conçue contre l'archidue, comme étranger ; et malgré un parti considérable, qui avait donné sa voix au vaivode de Transylvanie, Ferdinand demeura paisible possesseur de cette
couronne, Î ple de la H rer leurs de signer av appelèrent qu'il tenait 4 antérieur , à taire de la n divers, dont s'assurérent taire fut l'or rité de pouvd bies au reste Les dissens pereur furent grès du luth cédés de Clé défendre cont mée, n'avait des mesures p qui s’accrédita de l'empire te tuel de la rel exigea des pri et sans encour du con:ile gén Les membres d cation d’un co nable et le plus parvenir à la r ils soutenaient Allemagne, fe néral proposé
"Steph. Broder in campo Moha Hist. d'Allemag
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(1527 | couronne, Les états de Bohème suivirent l'exemple de la Hongrie ; mais pour maintenir et assurer leurs priviléges, ils obligérent Ferdinand de signer avant son couronnement un acte qu'ils appelèrent reverse , et par lequel il déclarait qu'il tenait cette couronne non par aucun droit antérieur , mais par l'élection gratuite et volontaire de la nation. La réunion de tous ces états divers , dont les princes de la maison d’Autriche s'assurérent dans la suite la possession héréditaire fut l’origine et le principe de cette supériorité de pouvoir qui les rendit depuis si formidabies au reste de l'Allemagne !.
Les dissensions qui divisaient le pape et l'empereur furent extrêmement favorables aux progrès du luthéranisme, Charles, irrité des procédés de Clément, et uniquement occupé à se défendre contre la ligue que ce pape avait formée, n'avait ni la volonté ni le loisir de prendre des mesures pour étouffer les nouvelles opinions qui s'accréditaient en Allemagne. Dans une diète de l'empire tenue à Spire, on examina l’état actuel de la religion; tout ce que l'empereur y exigea des princes fut d'attendre avec patience, et sans encourager les novateurs, la convocation du concile général qu'il avait demandé 2u pape. Les membres de la diète convinrent que la convocation d'un concile était le parti le plus convenable et le plus régulier qu’on pôt prendre pour parvenir à la réforme des abus de l’église : mais ils soutenaient qu’un concile national, tenu en Allemagne , ferait plus d'effet que le concile général proposé par l'empereur. Quant à l'avis
Steph. Broderick, Procancellarii Hungar. clades in campo Mohacz ap. Scardium , 1, 218. P. Barre, Hist. d'Allemagne, tom. VIN, part. 1, p. 198.
qu'il leur donnait de ne point favoriser les novateurs, ils en firent si peu de cas que, même pendant la durée de la diète de Spire, les théologiens qui avaient suivi l'électeur de Saxe et le landgrave de Hesse-Cassel, prêchoient publiquement et administraient les sacremens suivant les rits de la religion réformée !. L'exemple même de l'empereur enhardit les Allemands à traiter avec peu de respect l'autorité des papes. Dans la chaleur de son ressentiment contre Clément , il publia une longue réponse au bref plein de fiel que le pape avait composé pour faire l'apologie de sa conduite. L'empereur commençait son manifeste par une énumération détaillée de différens traits d’ingratitude , d'ambition et de mauvaise foi de ce pontife; il les peignait des couleurs les plus fortes et les plus chargées, et il finissait par appeler de son autorité à un concile général. Il écrivit en même temps au collége des cardinaux pour se plaindre de l'injustice et de la partialité de Clément, et pour les exhorter, au cas que le pape refusât ou différât la convocation d'un concile, à montrer l'intérèt qu'ils prenaient à la paix de l'église chrétienne , si honteusement abandonnée de son premier pasteur, en convoquant eux-mêmes le concile en leur nom ?. On répandit avec soin dans toute l'Allemagne le maniteste de l’empereur, qui, pour la violence et l'amertume du style, ne le cédait pas aux écrits de Luther même ; il fut avidement lu par les personnes de tout rang, et l'impression qu'il fit détruisit aisément l'effet des protestations que Charles avait faites aupasavant contre la nouvelle doctrine.
* Sleid , p. 103.
2? Goldast., Polit. impér., p. 984.
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