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esprits. D'ailleurs l'empereur n'avait jusqu'alors usé d'aucune violence contre les réformés ; il ne s'était jamais opposé aux progrès de leur doctrine, et il s'était mème engagé, dans la diète | de Ratisbonne , à ne pas inquiéter ceux qui l'avaient embrassée. Ils eurent la prudence de compter beaucoup plus sur la certitude de cet engagement subsistant , que sur les espérances précaires et éloignées dont François voulait les amuser, La faiblesse surtout avec laquelle il avait abandonné ses alliés à la paix de Cambray était trop récente pour être oubliée, et n'encourageait personne à se fier à son amitié et à compter sur sa générosité. Déterminés par tous ces motifs , les protestans refusèrent de fournir à François aucun secours contre l'empereur.
L'électeur de Saxe , le plus zélé d'entre eux, craignant de donner de l'ombrage à l'empereur, ne voulut jamais permettre à Melanchton de se rendre à la cour de François, malgré l'extrême désir qu'avait Mélanchton d'’entreprendre ce voyage, soit qu'il fût flatté de l'invitation d'un grand monarque, ou qu'il crût que sa présence pourrait y être utile au parti protestant.
Quoique parmi le grand nombre des princes à qui la puissance toujours croissante de Charles inspirait de la crainte ou de la jalousie, il ne s'en trouvât aucun qui voulût seconder François dans les efforts qu'il méditait pour balancer ou limiter cette puissance, il n’en donna pas moins ordre à son armée de s’avancer vers les frontitres de l'Italie. Comme il n'avait pris les armes que sous le prétexte de châtier l'insolence du duc de Milan, qui avait osé violer d'une manière atroce le droit de ses gens, il semblait que tout le poids de sa vengeance n’eùt dû tomber que sur les états du coupable. Mais tout à coup et dès le commencement mème de la campagne, les opérations de la guerre prirent une autre direction. Charles, duc de Savoie, le moins actif et le moins habile des princes de la branche dont il descendait, avait épousé Béatrix de Portugal , sœur de l'empereur. Cette femme, par ses grands talens, se rendit bientôt maîtresse absolue des volontés de son époux : fière d’être la sœur de l'empereur, ou séduite par les grandes promesses dont il flattait son ambition, elle forma, entre la cour impériale et le due son mari, une union peu compatible avec cette neu-
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