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le champ était une plaine d'une si grande étendue, qu’elle pouvait contenir leur armée tout atière, et laisser encore de l’espace à ses mouvemens. Tout engageait les confédérés à saisir cette occasion d'attaquer l’empereur ; la supériorité du nombre, lecourage impatient des troupes et la fermeté de l'infanterie allemande en baaille, leur étaient autant de garans de la vicvictoire. Le landgrave voulait absolument le combat, déclarant que, s’il en était le maître, le sort des deux partis serait bientôt décidé. Mais l'électeur, réfléchissant sur la bravoure et la disüpline des ennemis qui étaient animés par la présence de l'empereur, et conduits par les meilleurs officiers qu'ii y eût alors, n'osait risquer une action générale contre de vieilles troupes, retranchées dans un champ qu’elles avaient choisi, et dont les fortifications quoique imparfaites leur donnaient de l'avantage. Malgré son irrésolution et ses remontrances, on convint de s'avancer eu ordre de bataille vers les impériaux, et d'essayer si cette insulte et le feu violot de l'artillerie pourraient les faire sortir de leurs retranchemens. Mais l'empereur, trop habile pour donner dans ce piége, suivait toujours son système; et, plaçant ses soldats derrière les tranchées, tous prèts à recevoir les confédérés s'ils osaient tenter l'assaut , il attendit tranquillement leur approche, et défendit à son armée de faire aucun mouvement qui pôt engager le combat. Cependant il parcourait les lives, ct, s'adressant à ses troupes composées de différentes nations, il parlait à chacune sa langue ; il ls encourageait soit par sa gaîté, soit par sa contenance assurée au milieu des périls, et s'exposait au plus grand feu de l'artillerie, la plus nombreuse qu’on eût encore mise en campagne.
A la vue de cet exemple, personne n'osa quitter sonrang : c'eût été une infamie que de montrer de la crainte devant un monarque intrépide, qui prouvait assez hautement que le refus de la bataille n'était point un effet de sa timidité,
} mais de sa prudence. Les confédérés, après avoir
fait feu durant plusieurs heures sur les impériaux, avec plus de bruit que de succès, n'ayant plus d'espérance de les engaçzer au combat, se retirèrent dans leur camp. L'empereur employa la nuit à fortifier le sien avec une si grande di-
| ligence, que les ennemis, disposés le lendemain
à faire quelque tentative plus hardie, s'aper-