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enfin l'Angleterre, age, ne devait se ne guerre Contre son alliance avec toute sa force !.
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p. 377, 393. Mém. de
se calmaient point leurs craintes. Ils sentaient que des mots et des promesses étaient un faible rempart contre l'ambition d’un prince que le titre seul d'époux de la reine mettait en état d'éluder toutes les conditions qui restreindraient son autorité ou porteraient obstacle à ses projets. Plus ce traité paraissait favorable à la nation, et plus on craignait que Philippe fût tenté de le violer. Ainsi que Naples, Milan et les autres pays annexés à la couronne d’Espagne, l'Angleterre sourait risque de sentir bientôt le poids de la domination tyrannique de cette monarchie, et de se voir forcée, comme ces autres états, d'épuiser sesrichesses et ses forces dans des guerres étrangères , où son intérêt et son avantage ne seraient point consultés. Ces considérations produisirent un mécontentement général , et la plus grande indignation contre les partisans de ce mariage.
Le chevalier Thomas Wyat, homme de quelque considération et zélé pour le bien public, voyant la disposition des esprits, excita les habitans de Kent à prendre les armes pour se garantir du joug étranger. En peu de temps il en assembla un grand nombre sous son étendard , et marcha promptement vers Londres. La reine cependant n'était point préparée à la défense, et les affaires prenaient un si mauvais tour, que cette révolte pouvait devenir fatale à son autorité si quelques personnes considérables se fussent jointes aux mécontens, ou si Wyat avait eu autant de capacité que de hardiesse, Mais l'imprudence de ses mesures et son irrésolution frent déserter la plupart de ses troupes. Une poignée d'hcmmes mit en fuite le reste, et luimême fut fait prisonnier, sans avoir rien tenté de glorieux pour sa cause ni de proportionné au aèle qui l'animait. I subit le châtiment dù à sa témérité et à sa rébellion. L'autorité de la reine saffermit et s'accrut par le mauvais succès de ce vain attentat. Jeanne Gray, qui avait été poussée par l'ambition de ses parens à lui disputer le trône, fut, malgré sa jeunesse et son innocence, conduite à l'échafaud. Élisabeth, sœur de Marie, se vit observée avec toute la vigilance de la jalousie. Enfin le traité de mariage fut ratifié par le parlement.
Philippe , étant débarqué en Angleterre suivi d'un train magnifique, célébra ses noces avec la plus grande pompe. S'il ne put déguiser son na-
turel sévère et hautain ni affecter des manières gracieuses et populaires , du moins il tâcha de se concilier la noblesse anglaise par son extrême libéralité, Comme il tendait à prendre une puissante influence dans le gouvernement du royaume, l'empereur, pour lever tous les obstacles, tenait un corps de douze mille hommes sur les côtes de Flandre, prêts à s’'embarquer pour l’Angleterre et à seconder les entreprises de Philippe. Enhardie par tant de circonstances favorables, Marie , avec le zèle le plus emporté, suivit son projet de détruire la religion protestante dans ses états. Les lois d'Édouard IV en faveur de la réformation furent révoquées, le clergé protestant fut chassé, et le culte romain adopté avec toutes ses cérémonies. Le cardinal de La Pole, qui aussitôt après le mariage de la reine eut la liberté de continuer son voyage en Angleterre et d'y exercer ses fonctions de légat avec un pouvoir sans bornes, donna à la nation une absolution solennelle pour le crime d’apostasie, et la réconcilia avec le pape. Mais ce n'était pas assez pour Marie que d’avoir rétabli la religion sur ls ruines de l'église protestante, elle exigea de tous ses sujets de se conformer à son culte, à sa formule de foi, et d'abjurer toutes les pratiques ou les opinions qui ne s'accordaient point avec sa croyance. On nomma certaines personnes pour prendre connaissance du crime d’hérésie ; et, ce qui ne s'était jamais vu en Angleterre, on les revêtit d'un pouvoir plus formidable que celui de l'Inquisition. La vue du danger n'intimida cepeadant point les rinistres de la doctrine protestante, qui, croyant défendre des vérités importantes au bonheur du genre humain, firent hautement l'aveu de leurs sentimens. Ils furent poursuivis avec cette barbarie que le fanatisme seul peut inspirer, et subirent enfin l'affreux genre de mort que l’église romaine réserve à ses ennemis. Le peuple anglais, qui ne le cède en humanité à aucune nation de l'Europe et qui s'e t toujours distingué par la modération de ses lois pénales, vit alors avec autant d'indignation que d'étonnement des hommes revètus des premières dignités de l'église protestante, vénérables d’ailleurs par l’âge, la science et la piété, condamnés à des tourmens qu'on n’avait jamais inventés, même pour la punition des crimes les plus atroces.
Cette extrème rigueur ne remplit pas les vues
de Marie. La patience et le courage de ces martyrs de la réformation au milieu de leurs souffrances, ce mépris héroïque de la mort que montraient les personnes. de tout âge, de tout rang, de tout sexe, affermirent bien plus de protestans dans leur croyance que la rage de leurs persécuteurs n'en fit changer de sentiment. Les INges chargés de faire le procès aux hérétiques avaient chaque jour de nouvelles accusations à recevoir et ne voyaient point de terme à leurs odieuses fonctions, Les plus habiles ministres de la reiue sentirent qu'il était inprudent et dangeveux d'irriter le peuple par le spectacle fréquent de ces exécutions, qu'il trouvait aussi barbares qu injustes. Philippe mème, voyant que Marie portait la rigueur à l'excès, lui conseilla, contre son propre caractère , la modération et la douceur !.
Îlessaya vainement par-là de se rendre agréable aux Anglais, qui montrèrent toujours la même défiance sur ses intentions. Quelques membres des communes, séduits par la cour, ayant osé proposer à la chambre d'accorder des secours à l'empereur contre la France, leur proposition fut rejetée avec une désapprobation générale. Une démarche faite au parlement, pour l'engager à consenti que Philippe fût couronné en qualité d'époux de la reine, eut si peu de succès, que la cour s’en désista promptement 2.
Cependant le roi de Evasce n'avait pas vu sans inquiétude les négeiations de l'empereur en Angleterre. Il sentait combien le mariage de Philippe ave la souveraine d’un état si puissant pouvait accroître le crédit et les forces d’un enpemi déjà trop redoutable. Il prévoyait que, malgré leurs craintes et leurs précautions, les Anglais seraient bientôt engagés dans les guerres du continent , et forcés à servir les ambitieux projets de l'empereur. Dans cette persuasion, Henri avait chargé son ambassadeur à Londres d'employer toute son adresse pour rompre ou retarder ce mariage ; et, comme il n'y avait point en France de prince du sang qu'on pût donner à Philippe pour rival auprès de la reine, le ministre eut ordre de seconder le vœu des Anglais, qui souhaitaient que leur reine épousât un de ses sujets. Mais la précipitation du choix de
1 Godwin, Annals of ©. Mary, ap. Kennett, v.N\, p. 329 Burnet, /ist. of reform, v. W, p. 298, 305.
2 Carte, Hist. of England, v. Win 314
(1554) Marie ayant fait avrler Loutes ces mesures, Henri eut la prudence de refuser des secours à Wyat et aux autres chefs des mécontens, qui cherchaient à le tenter par des offres très ava,. tageuses pour la France, Il chargea mème «y ambassadeur de féliciter la reine sur l'extinctiur, de la révolte.
Mais ces démonstrations n'étaient qu'appareutes , et les suites qu'il avait à craindre d'une alliance qui dédommapeat l'empereur de ses pertes ea Allemagne le déterminèrent à porter tout à la fois ses forces en Italie et dans les Pays- Bas. 11 lui était important d'amener Charles à des conditions équitables de paix avant que Marie eût pu gagner sur ses sujets de porter la guerre dans le continent ou de donner à l'empereur des secours de troupes et d'argent. Henri fit les derniers efforts pour assembler de bonne heure une armée nombreuse sur les frontières des Pays-Bas; et tandis qu’une partie s’en détacha pour ravager le pays ouvert de l'Artois, le reste, sous les ordres du connétable de Montmorency , s'avauça par la forêt des Ardennes vers les provinces de Liége et du Hainaut.
Le siége de Marienbourg ouvrit la campagne.
La reine de Hongrie, gouvernante des Pays- Bas, avait fortifié cette place à grands frais : mais comme il ne s'y trouvait qu'un faible garnison , la ville se rendit au bout de six jours. Henri, fier de ce succès, s'étant mis à la tête de son armée, investit Bouvines, qu'il prit d'assaut presque sans résistance, Après s'être emparé de Dinant avec la mème facilité, il tourna à gauche et marcha vers l'Artois. Cependant les grosses sommes que l’empereur avait envoyées en Angleterre rendaient ses préparatifs encore plus lents et plus difficiles. Il n'avait aucun corps de troupes pour arrêter les premières hostilités des Français; et quoiqu'il eût rassemblé à la hâte toutes ses forces, son armée était encore bien inférieure à celle des ennemis. Mais Emmanuel Philibert de Savoie, à qui il en avait donné le commandement, trouva dans sa conduite et son activité des ressources pour suppléer au nombre. Il sut si bien choisir ses postes et observer, sans se compromettre, tous les mouvemens des Français, qu'après les avoir mis hors d'état de l'attaquer et de former aucun siége de conséquence. il les obligea de retourner vers leurs frontières faute de moyens de subsister; mais en chemin
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Cependant Henri, qui ne voulait point congédier ses troupes sans avoir fait quelque conquête qui répondit à la grandeur de ses projets et de ses préparatifs, investit Renti. Cette place était alors d'autant plus importante que, située sur les confins de l’Artois et du Boulonnais, elle couvrait la première de ces provinces et protégeait les incursions que les impériaux faisaient dans la dernière. La ville, pourvue de bonnes fortifications et d’une garnison nombreuse, fit une vigoureuse défense; mais elle ne pouvait tenir long-temps contre les vives attaques d'une puissante armée. L'empereur, à qui la goutte laissait en ce moment un peu de relâche, avait si fort à cœur de sauver cette place, qu'à peine en état de supporter le mouvement de la litière, se mit à la tête de son armée; et avec les renforts qu’elle venait de recevoir, il était en état de paraître devant l'ennemi. Les Français attendaïent avec impatience l'arrivée de Charles, dans l'espérance d’une bataille qui déciderait du sort de Renti. Mais l’empereur mit tous ses soins à iiter le combat ; et ne voulant que délivrer la ville, il se flatta d’y réussir sans s'exposer aux risques d’une action décisive.
Malgré toutes ses précautions, la dispute d’un poste dont on voulait s'emparer de part et d'autre engagea une affaire presque générale. Le duc de Guise, qui commandait l'aile des Français sur laquelle se portait le fort de l’attaque , soutint le choc avec une conduite et une valeur dignes du défenseur de Metz. Après un combat opiniâtre, les impériaux furent repoussés, et les Français demeurèrent maitres du poste. Si le connétable, retenu soit par sa lenteur et son irrésolution naturelle, soit par sa haine contre un rival, n’eût différé de faire avancer son corp - «. .éserve pour seconder les progrès du duc de Guise, la déroute des ennemis aurait été complète. Cependant l'empereur, malgré les pertes qu’il avait essuyées, resta dans son camp, tandis que les Français abandonnèrent le leur, $y trouvant forcés par le manque de provisions et par l'impossibilité d'entreprendre aucun siége en présence de l’armée impériale, Mais ils se retirèrent avec une contenance qui sem-
blait plutôt défier leurs ennemis que les éviter.
L'empereur, qui avait rempli son principal objet , ne les inquiéta point dans leur marche. Arrivé aux confins de ses états, Henri jeta des garnisons dans ses villes frontières et licencia le reste de son armée, Cette précipitation encouragea les impériaux à s'avancer avec un grand corps de troupes dans la Picardie, qu’ils mirent à feu et à sang pour se venger des ravages que les Français avaient faits dans le Hainaut et dans l'Artois !. Mais n'étant pas assez forts pour s'emparer d'aucune place considérable, ils ne tirèrent pas plus de fruit que leurs ennemis de cette manière barbare et honteuse de faire la
guerre.
C int les affaires de Henri allaient de jo * plus mal en Italie. Côme de N habile et entreprenant, ne vw eaucoup d'inquiétude les Français 18 Sienne ; il craignait avec raison
leur voisinage, Tout ce qui penchait dans Florence pour l'ancienne démocratie trouvait en eux des protecteurs naturels contre l'autorité absolue que l'empereur l'avait aidé à usurper. Côme, d'ailleurs, n'ignorait pas que son attachement pour ce monarque le rendait odieux aux Français; il prévoyait que la Toscane éprouverait bientôt les effets de leur ressentiment si on leur laissait le loisir de se fortifier dans Sienne. Le parti le plus sûr était donc de les en chasser avant que la France eût envoyé des secours qui les rendissent encore plus redoutables. Mais il y allait de la gloire et de l'intérêt de Charles de les repousser du cœur de ses états : aussi Côme ne travailla-t-il d’abord qu’à rejeter sur ce prince tout le poids de cette guerre; et pendant la première campagne il ne l'aida que de quelque avance d'argent pour la solde des troupes impériales.
L'empereur, dont les trésors s'étaient épuisés en Angleterre , d’ailleurs tout occupé de la défense des Pays-Bas, ne pouvait agir que faiblement en Îtalie. Côme sentit que les Français allaient y devenir les maîtres, à moins qu'il ne se chargeât lui-même d'y faire la guerre et de la soutenir avec vigueur; mais forcé par sa situation à prendre ce parti, il voulut du moins qu'il lui en restât quelque autre avantage que
UThuan., p. 460, ete. Heræns, 4nna!. brab., p.674.
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