‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 107 sur 155 · DE VO OR TE RE SE · texte numérisé non relu

DE VO OR TE RE SE

ere

e. Envié par ses ensé par le souadmiré et célébré former une idée nsidérer avec imactions.

peu d'impression, egardaient comme rir à l'est le riche ils se déterminèon de son projet.

étaient François ernand de Luque.

\ gentilhomme de ne de basse naisordinairement aux tion avait été enne le croyait pas : Ja condition de sa \ jeunesse à garder izarre, dédaignant Idat , et après avoir talie, s’embarqua rrière sans bornes ut aventurier amer sa fortune à ses arre se distingua ractère aussi entrerobuste, il était le oujours infatigable épreuve. Quoique e, on le remarqua ne de commander.

rations dont il fu sonne des qualités semble , la persévése dans la combinaiace dans leur exécune heure dans les que ses talens el SOn > sur lui-même pour quit une si grande

connaissance des affaires et des hommes, qu'il se rendit bientôt propre à conduire les unes et à gouverner les autres f,

La naissance d'Almagro n'était pas plus relevée que celle de Pizarre. Celui - ci était bâtard , l'autre était un enfant trouvé. Almagro, élevé dès sa jeunesse dans le métier des armes comme son compagnon, ne lui cédait en aucune des vertus militaires. Il avait comme lui une valeur intrépide, une activité infatigable et une constance à l'épreuve de toutes les fatigues que la guerre pouvait entrainer après elle dans le Nouveau- Monde; mais ces qualités dans Almagro étaient accompagnées de la franchise et de la générosité d’un soldat. Dans Pizarre elles étaient unies avec l'adresse, la ruse et la dissimulation d’un politique, l’art de cacher ses desseins et la sagacité qui démêle ceux des autres.

Fernand de Luque était un prètre, maître d'école à Panama, qui, par des moyens que les historiens ne mous ont pas fait connaître, avait amassé des richesses qui lui firent concevoir l'espérance de s'élever aux plus hauts emplois.

Tels étaient les hommes destinés à renverser un des plus grands empires du monde. Leur association fut autorisée par Pedrarias, gouverneur de Panama. Chacun mit toute sa fortune pour former le capital de l'entreprise. Pizarre, le moins riche des trois, ne pouvant fournir autant de fonds que les autres, prit sur lui la plus grande partie de la fatigue et du danger , en se chargeant de commander en personne l'arme:

ment destiné au premier voyage et à la première découverte. Almagro devait conduire les ren-

forts de troupes et de provisions dont Pizarre pourrait avoir besoin. Luque devait rester à Panama pour traiter avec le gouverneur et veiller eux intérêts communs. L'enthousiasme religieux

se trouve encore ici, comme chez tous les aven- |

turiers qui se sont signalés dans le Nouveau- Monde, uni avec la passion des découvertes, union étrange qui fortifiait l’un et l'autre sentiment, Cette considération, formée par l’avidité et l'ambition, fut confirmée par les cérémonies les plus solennelles de la religion. Luque célébra la messe, partagea l'hostie consacrée en trois parties pour lui et ses deux associés, et un con-

1 Herrera, Decad. 1 et 11, passim., Decæd. I, lib, va, cap. vu. Gomera, Æist., cap. cxuiv. Zarate, | lib. 1v, cap. 1x.

trat qui avait pour objet le pillage et le meurtre fut ratifié au nom du Dieu de paix !.

La force de leur premier armement ne répondait pas à la grandeur de leur entreprise. Pizarre partit de Panama avec un seul vaisseau de port et cent douze hommes. Les Espagnols connaissaient encore si peu les mers de cette partie de l'Amérique, que le temps pris pour le départ se trouva être le moins favorable de toute l'année, les vents réglés qui soufflaient alors étant directement contraires à la route qu'ils avaient à tenir?. Après avoir louvoyé pendant soixante-dix jours avec beaucoup de danger et de fatigue , Pizarre n’avait pas fait plus de chemin vers le sud-est que n’en ferait aujourd'hui un bon navigateur en trois jours. Ïl toucha en beaucoup d'endroits de la côte de Terre:Ferme: mais il trouva partout le pays désagréable que les premiers navigateurs avaient décrit ; les terrains bas inondés par les rivières , les plus hauts couverts de bois impénétrables; peu d’habitans, mais féroces et courageux. La faim, la fatigue, les combats fréquens avec les naturels du pays, et par-dessus tout les maladies propres aux pays

| humides, concoururent à affaiblir sa petite ar-

mée. Lé courage du chef soutint quelque temps celui de sa troupe, quoiqu'on n'aperçôt rien qui pôt faire découvrir ces pays abondans en

or, o% il leur promettait de les conduire. A la fin il fut obligé d'abandonner cette côte sauvage et de se retirer à Cuchama, vis-à-vis des îles des Perles, où il espérait recevoir de Panama un renfort et des provisions.

Almagro, de son côté , ayant fait voile de ce port avec soixante-dix hommes , s'était porté en droiture à la partie du continent où il espérait trouver son associé. IL avait débarqué ses soldats qui, en cherchant leurs compagnons, coururent les mêmes dangers et essuyèrent les mêmes souffrances qui avaient forcé la troupe de Pizarre de quitter ce pays. Repoussés à la fin dans un combat opiniâtre avec les Indiens, dans lequel Almagro perdit un œil par un coup de flèche, ils furent aussi forcés de se rembarquer. Le hasard les conduisit au lieu où Pizarre s'était retiré. Ils se consolérent mutuellement en

1 Herrera, Decad. NX, lib. vx, cap. xiu. Zarate , lib. 1, cap. 1.

| 2 Herrera, Decad. IV, lib. m1, cap. vin. Xerès, | pag. 179.

se contant leurs aventures et en comparatif leurs souffrances. Comme Almagro s'était avancé jusqu'à la riviére de Saint-Jean dans le Popayan, où l'aspect du pays et des habits lui avait paru moins décourageant, ce rayon d’espérance fut suffisant pour déterminer ces hommes ardens à ne pas abandonner leur projet (126), malgré tout ce qu'ils avaient déjà souffert en voulant en suivre l'exécution !.

Almagro retourna à Panama pour y recrater quelques troupes. Mais ce que Pizarre et lui enavait souffert donna à ses compatriotes ane si mauvaise opinion de son entreprise, que ce fut avec beaucoup de difficulté qu'il parvint à lever quatre-vingts hommes ?. Tout faible que fût ce renfort, ils n’hésitèrent pas à reprendre leurs opérations. Après avoir essuyé les mêmes calamités que dans leur première expédition, une partie de l'armement toucha à la baie de Saint- Mathieu sur la côte de Quito, et débarquant à Tacames, au sud de la rivière des Émeraudes, ils reconnurent une contrée plus unie et plus fertile qu'aucune de celles qu'ils avaient vues jusque-là sur les côtes de la mer du Sud, ét trouvèrent les habitans vêtus d'étoffes de laine et de coton, et parés de différens orncmens d'or et d'argent.

Cependant, malgré ces apparences favorables, exagérées encore par la vanité de ceux qui en rendaient compte et par l'imagination de ceux à qui on les présentait , Pizarre et Almagro n'o- Sèrent tenter d’envahir un pays si peuplé avec une poignée d'hommes affaiblis par la fatigue et les maladies. IIS se retirèrent à la petite île de Gallo, où Pizarre demeura avec une partie des troupes, tandis que son associé retourna à Panama dans l'espérance d’en ramener un renfort assez considérable pour prendre possession des riches pays dont l'existence n'était plus douteuse à leurs yeux3.

Quelques-uns des aventuriers, moins entreprenans et moins hardis que leurs chefs, avaient envoyé secrètement à leurs amis de Panama des relations lamentables de leurs souffrances et de leurs pertes. Almagro fut mal reçu de Pedro de Los Rios qui avait succédé à Pedrarias. Après avoir pesé la chose avec cette prudence froide et

1 Herrera, Decad, WI, lib, vin, cap. 1, xu,

* Zarate, lib. t, cap. 1.—5 Xerès, pag. 181. Herrera, Decad. 1, lib. var, cap. x.

flegmatique, qui paraît la première des vertus aux Hornies incapables de concevoir et d'exécuter de grands desseins , il conclut qu'une expédition qui entraînait une perte si grande d'hommés ne pnuvait être que funeste à une colonie naissante èt faible. Non-seulement il défendit qu'on fit de nouvelles levées, mais il dépêcha un bâtiment pour ramener Pizarre et ses compagnons de l'ile de Gallo. Almagro et de Luque, très mécontens de ces mesures qu'ils n'avaient pu prévenir et'auxquelles ils n'osaient s'opposer, trouvèrent moyen de faire savoir à Pizarre leurs sentimens et l’'exhortèrent à ne point abandonner une entreprise sur laquelle toutes leurs espérances étaient fondées , et qui était leur unique ressource pour rétablir leur réputation et leur fortune , qui avaient déjà reçu l'une et l’autre une fâcheuse atteinte. Pizarre , avec l'inflexible obstination qui faisait son caractère , n’avait pas besoin d'être excité à persévérer dans l'exécution de son projet : ilrefusa nettement d'obéir aux ordres du gouverneur de Panama et employa toute son adrésse et toute son éloquence pour engager ses compagnons à ne pas le quitter, Mais le souvenir des maux qu'ils avaient soutferts était si récent dans leur mémoire, et la pensée de revoir leur famille et leurs amis après une si longue absence se présentait d’une manière si séduisante à leur esprit, que Pizarre ayant tiré avec son épée une ligne au-delà de laquelle ceux qui voudraient retourner à Panama devaient passer, il n’y eut que treize de ses anciens soldats qui eurent le courage de rester avec lui !.

Ce petit nombre d'hommes déterminés , dont les historiens espagnols ont conservé les noms avec les éloges qu'ils méritent et à qui l'Espagne est redevable de ses plus belles possessions en Amérique, s'établirent dans l’île de la Gorgonne, Cette île, plus éloignée de la côte que l’île de Gallo et tout-à-fait inhabitée , leur parut une retraite sûre où ils pourraient attendre avec plus de tranquillité les secours que leurs associés devaient leur procurer. Almagro et de Luque ne les servirent pas avec négligence et avec froideur, et leurs importunités furent secon: dées par la voix de toute la colonie. On criait qu'il était honteux d'abandonner de braves

1 Herrera, Decad. 1, lib. x, cap. 11, mi, Zarate, lib, 1, cap. 11. Xerès, pag. 181. Gomera, Æisf., Cap. c'x

gens, rieuse que | de le une { sollici envo; afin « aucut dans Piz mois malse dant vers | patri lassé:

souff term s'aba que séjor tran:

blièr péra rapi par soud del les d pro) tout plus den l'île Pér

peu

ère des vertus ir et d'exécuqu'une expézrande d'homà une colonie nt il défendit il dépécha un et ses compaet de Luque, u'ils n'avaient ent s'opposer, à Pizarre leurs oint abandonputes leurs esétait leur uniréputation et u l'une et l’au- , avec l'inflexiactère , n’avait rer dans l'exétenent d'obéir anama et emson éloquence né pas le quitqu’ils avaient " mémoire, et

et leurs amis résentait d’une it, que Pizarre ne au-delà de tourner à Paque treize de jourage de res-

erminés , dont servé les noms t à qui l'Espales possessions île de la Gorde la côte que tée, leur parut t attendre avec que leurs assoagro et de Luligence et avec furent secon:

onie. On criait ner de braves

, A1, ti, Zarate, \, AHist., Cap. c'x

gens, engagés dans une entreprise utile et glorieuse à la nation à qui on ne pouvait reprocher que l'excès de leur zèle et de leur courage , et

de les laisser périr comme des criminels dans |

une le déserte. Vaineu par les plaintes et les sollicitations, le gouverneur consentit enfin à envoyer un petit vaisseau à la Gorgonne; mais afin qu'il ne semblât pas encourager Pizarre à aucune entreprise nouvelle , il ne laissa passer dans ce bâtiment que des hommes de mer.

Pizarre et ses compagnons avaient passé cinq mois dans cette île, connue pour l'endroit le plus malsain de cette partie de l'Amérique (127). Perdant tout ce temps leurs yeux avaient été tournés vers Panama, d'où ils espéraient que leurs compatriotesleur enverraient quelques secours. Mais,

Jassés enfin d’une attente inutile et excédés de

souffrances auxquelles ils ne voyaient plus de termes, ils venaient de prendre la résolution de

s'abandonner sur l'Océan avec un radeau, plutôt |

que de rester plus long-temps dans cet horrible séjour. A l'arrivée du vaisseau de Panama les transports de leur joie furent si vifs qu'ils oubliérent tout ce qu’ils avaient souffert. Leurs espérances se ranimèrent, el par un changement rapide, assez naturel à des hommes accoutumés par leur genre de vie aux vicissitudes les plus soudaines de la fortune, ils passèrent de l'excès de l'abattement à l'excès de la confiance. Pizarre les détermina aisément à reprendre leur premier projet avec une nouvelle ardeur. Au lieu de retourner à Panama, ils portèrent au sud-est, et plus heureux que dans leurs tentatives précédentes, le vingtième jour après leur départ de l'ile de la Gorgonne, ils découvrirent la côte du Pérou. Après avoir touché à différens endroits peu considérables , ils prirent terre à Tumbès,

ville assez grande, située au-delà du troisième degré au sud de l'équateur et où se trouvaient

un grand temple et un palais des Incas, souve:

rains du pays !. Là les Espagnols eurent pour la première fois le spectacle de l'opulence et de la civilisation de l'empire péruvien. Ils virent une contrée bien peuplée et cultivée avec quelque industrie, et les naturels décemment vêtus et ayant

attention fut une quantité d'or et d'argent si grande que ces métaux étaient employés nonseulement à la parure de ces peuples et à l'or nement de leurs temples, mais encore à faire des vases et des ustensiles communs, ce qui ne laïssait plus douter qu’il n'y en eût une prodigieuse abondance dans le pays. Pizarre et ses compagnons crurent dès lors qu'ils allaient voir leurs espérances réalisées et se trouver en possession de vastes domaines et de trésors inépuisables.

Cependant avec le peu de monde qu'il avait sous ses ordres, Pizarre ne pouvait faire que re- | connaître le riche pays dont il espérait devenir bientôt le maître. H suivit quelque temps la côte et communiqua paisiblement avec les naturels , aussi surpris à la vue de ces étrangers que les Espagnols eux-mêmes l'étaient des marques | d'opulence et de civilisation qu'ils apercevaient | partout. Pizarre reconnut le pays autant qu'il était nécessaire pour constater l'importance de sa découverte. Il obtint des habitans quelques lamas, espèce d'animal domestique, quelques vases d'or et d'argent, de petits ouvrages de leur industrie et deux jeunes gens à qui il se proposait d'enseigner la langue espagnole pour en faire ses interprètes dans l'expédition qu'il méditait. Il arriva à Panama vers la fin de la troisième année qui s'était écoulée depuis qu'il en était partit. Aucun aventurier de ce siècle | n'a éprouvé autant de malheurs et n’a été exposé à de si grands dangers que Pizarre durant ces trois années. La patience avec laquelle à supportà les uns et le courage qu'il montra contre les autres surpasse tout ce que l’histoire du Nouveau-Monde nous présente dans le même genre, quoiqu'on y trouve ces vertus poussées jusqu’à l'héroïsme.

Ni les relations que fit Pizarre de l'opulence des pays qu'il avait découverts, ni ses plaintes amères sur le rappel de ses troupes dans un temps où elles lui étaient nécessaires pour former un établissement, ne purent engager le gouverneur de Panama à s’écarter de son premier plan. IL soutint toujours que la colonie n'était pas en état d'envahir un si puissant empire, et refusa

sur les autres habitans du Nouveau-Monde l'a- | d'autoriser une expédition qui pouvait ruiner la

vantage de connaître l'usage des ammaux do-

1 Herrera, Decad. WI, LL X, Cm, VI. Decad. KW,

mestiques. Mais ce qui attira plus vivement leur | jp. 1, cap. vu, vu. Vega, Il, lib 1, cap. X, xiv,

* Calancha, pag 103.

Zarate, lib. 1, cap. n. Benzoni, Æist. novi orbis, lib. 5, cap. 1.

province confiée à ses soins en lui faisant faire des efforts au-delà de ses moyens. Mais toute sa froideur ne put ralentir l'ardeur des trois associés. Ils virent seulement qu’il leur fallait poursuivre l'exécution de leur projet sans le secours du gouvernement ou solliciter auprès de leur souverain la permission qu'ils ne pouvaient obtenir de l'administrateur de la province. Pans tte vue, après être convenus entre eux que Pizarre demanderait pour lui la place de gouverneur, Almagro celle de lieutenant-gouverneur et de Luque la dignité d'évèque, dans les pays qu'ils se proposaient de conquérir, Pizarre partit pour l'Espagne, chargé de leurs intérêts communs. La fortune de tous les trois était tellement épuisée par les dépenses qu'ils avaient déjà faites, qu'ils eurent beaucoup de peine à se procurer par un emprunt la petite somme nécessaire pour les frais de ce voyage !.

Pizarre ne perdit point de temps. Quelque nouveau que fût pour lui le théâtre sur lequel il se produisait, il parut devant l'empereur sans embarras et avec la dignité d’un homme qui se rend à lui-mème témoignage des services qu'il a rendus. Il conduisit sa négociation avec une adresse insinuante, qu'on ne devait attendre ui de son éducation ni du genre de vie qu’il avait mené jusqu'alors. Les récits touchans de ses souffrances et les descriptions pompeuses des pays qu'il a découverts, confirmées par les échantillons de leurs productions qu'il apportait, firent une telle impression sur Charles et sur ses ministres, que non-seulement ils approuvtrent le projet d’une nouvelle expédition , mais qu'ils parurent encore s'intéresser aux SuCcès du chef, Pizarre abusant de ces dispositions favorables négligea beaucoup l'intérêt de ses associés. Comme de Luque ne courait pas la même carrière que lui, il obtint pour cet ecclésiastique la dignité à laquelle il aspitait, mais il ne demanda pour Almagro que le commandement de la forteresse qu'on devait bâtir à Tumbès. Quant à lui-même il se fit accorder tous les titres et toute l'autorité que son ambition pouvait désirer, IL fut fait gouverneur, capitaine général et adelantade de toute la contrée qu'il avait découverte et de celles qu'il espérait encore découvrir, avec une autorité absolue, tant

1 Herrera, Decad. IV, lib. mr, cap. 1. Vega, lib. 1, Cap. XIV.

pour le militaire que pour le civil, ainsi que tous les priviléges jusqu'alors accordés aux conquérans du Nouveau-Monde. Sa juridiction, indépendante du gouverneur de Panama, devait s'étendre dans l’espace de deux cents lieues le long de fa côte, au sud de la rivière de Sanlago; et il avait le pouvoir de nommer tous les officiers qui devaient servir sous lui. Pour ces concessions qui ne coûtaient rien à la cour d’Espagne, puisque c'était à Pizarre lui-même à s’en mettre en possession par la conquête , le nouveau gouverneur s'engageait à lever deux cent cinquante hommes et à se pourvoir de vaisseaux, d'armes et de munitions pour soumettre à la couronne de Castille le pays dont on lui donnait le gouvernement.

Quelque peu considérable que fût le corps que Pizarre s'était obligé de lever, il avait si peu de fonds et si peu de crédit qu'il put à peine engager la moitié du nombre de soldats qu’il voulait avoir; de sorte qu'après avoir obtenu ses patentes, il fut obligé de se dérober du port de Séville, pour éviter la visite des officiers chargés d'examiner s’il avait rempli ses engagemens !, Cependant avant son départ il reçut quelques secours d'argent de Cortès, qui, étant retourné vers ce temps-là en Espagne, voulut contribuer aux succès d’un ancien compagnon qui entrait dans une carrière de gloire semblable à celle que lui-même venait de fournir ?,

Il débarqua à Nombre de Dios et traversa l'isthme de Panama, accompagné de ses trois frères Ferdinand, Juan et Gonzale. Le premier seul était né en mariage légitime. Les deux autres étaient bâtards et fils de François d’Alcantara, frère de sa mère. Ils étaient tous les trois à la fleur de l'âge, et leur courage et leurs talens les rendaient propres à le seconder dans tout ce qu’il pourrait entreprendre de difficile et de grand.

A son arrivée à Panama, Pizarre trouva Al magro indigné de la manière dont il avait conduit la négociation à la cour d'Espagne. Celuici renonça d’abord à toute liaison avec un homme dont la perfidie l'avait exelu du pouvoir et des honneurs auxquels il avait de si légitimes droits et travailla même à former une nouvelle société dans le dessein de traverser l’entreprise

1 Herrera, Decad. IV, lib. vis, cap. 1x.

1Zd., ibid. , lib. vis, cap. x.

de son ar ger l'hor avait tro prévenir ses proje à Almag ses solli l'empere pendant et francl mais no d'avoir mème, :

de Pizar se reuot treprise trois ass entre et En ré ilsne pu et cent ( valiers.

Amériq leur su troupe, d'un gl Panam charge:

barque rou éta en trei force d nord d troupe:

perdit s'écart plus ai Panam vaisses beaucx Pérou et peu les ri largeu lieu d avait i donne la fati

He:

Cap. 11

civil, ainsi que cordés aux conjuridiction, in- Panama , devait cents lieues le riviére de San- 1ommer tous les us lui. Pour ces n à la cour d'Eslui-même à s’en nquète , le noulever deux cent urvoir de vaispour soumettre ays dont on lui

que füt le corps lever, il avait si qu'il put à peine de soldats qu'il ès avoir obtenu dérober du port ite des officiers mpli ses engagedépart il reçut jortès, qui, étant Espagne , voulut cien compagnon e gloire semblade fournir ?, Dios et traversa gné de ses trois zale. Le premier itime. Les deux le François d’Alétaient tous les courage et leurs le seconder dans ndre de difficile

zarre trouva Alont il avait con- Espagne. Celuiliaison avec un exelu du pouvoir it de si légitimes mer une nouvelle erser l’entreprise

Page 1