‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 108 sur 155 · IP. IX · texte numérisé non relu

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de son ancien associé , ou du moins pour partager l'honneur de ses découvertes. Mais Pizarre avait trop de prudence et d'adresse pour ne pas | prévenir une rupture qui pouvait être si fatale à | ses projets; il offrit de lui-même d'abandonner à Almagro la charge d'adelentade et de joindre ses sollicitations aux siennes pour obtenir de l'empereur ce titre et un gouvernement indépendant. Il adoucit par degrés cette âme ouverte et franche, capable d'un ressentiment violent , mais non pas implacable. De Luque , satisfait d'avoir réussi dans ses prétentions pour luimème, seconda de toute son adresse les efforts de Pizarre. On se réconcilia et la confédération se reuouvela aux anciennes conditions, que l'entreprise serait conduite aux frais communs des trois associés et que les profits seraient partagés entre eux également !,

En réunissant ainsi leurs talens et leurs efforts, ilsne purent rassembler que trois petits vaisseaux et cent quatre-vingts soldats, dont trente-six cavaliers. Mais les victoires des Espagnols en Amérique leur avaient donné une telle idée de leur supériorité que Pizatre, avec cette petite troupe, n’hésita pas d'entreprendre la conquète d'un grand empire. Almagro demeura encore à Panama pour y rassembler un renfort qu'il se chargeait de conduire. La saison propre à l'embarquement et la navigation de Panama au Pérou étant mieux connue, Pizarre fit le voyage en treize jours, quoiqu'il eût été emporté par la force des vents et des courans à cent lieues au nord de Tumbès et obligé de débarquer ses troupes dans la baie de Saint-Matthieu. Il ne perdit point de temps et revint au sud sans s'écarter du rivage, tant pour pouvoir être joint plus aisément par le renfort qu’il attendait de Panama que pour s'assurer une retraite sur ses vaisseaux en cas d'accident. Il eut cependant beaucoup à souffrir dans cette route. La côte du Pérou est en différens endroits stérile, malsaine et peu habitée. Les Espagnols avaient à passer

les rivières près de leur embouchure où leur largeur rend le passage plus difficile. Pizarre, au lieu de gagner la confiance des habitans, les avait imprudemment attaqués et forcés d'abandonner leurs habitations. La famine , l'excès de la fatigue et des maladies de différens genres

1 Herrera, Decad, IV, lib. vi, cap. 1x. Zarate, lib. 1, cap. in. Vega, 11, lib. 1, cap. xiv.

réduisirent les Espagnols à des extrémités presque aussi cruelles que celles qu'ils avaient souffertes dans la première expédition. Ce qu'ils

| éprouvaient répondait si peu aux descriptions

séduisantes que Pizarre leur avait faites du pays où il les conduisait, que plusieurs de ses compagnons commencèrent à lui faire des reproches et que ses soldats auraient perdu toute confiance en lui, si même dans cette partie stérile du Pérou ils n’eussent trouvé quelques apparences de richesse et de culture qui semblaient justifier les rapports de leur chef. Enfin ils arrivèrent dans la province de Coaque, et ayant surpris les habitans de la ville principale, ils y trouvèrent des vases et des ornemens d’or et d'argent évalués à plus de trente mille pesos, et d'autres richesses qui dissipèrent leurs doute rendirent aux plus mécontens et leur e et leurs premières espérances !.

Pizarre lui-même fut si transporté de ces riches dépouilles, qu'il considérait comme les premiers früits d’une terre abondante en {1 sors, qu'il dépècha sur-le-champ un vaisseau à Panama avec une grosse part du butin pour Almagro, et un autre bâtiment à Nicaragua chargé de sommes considérables pour des personnes en crédit dans la province, dans l'espérance que cet étalage des richesses qu'il avait acquises en si peu de temps déterminerait beaucoup d'aventuriers à venir le joindre. En attendant , il continuait sa marche le long de ] côte, et dédaignant d'employer d’autres moyens que la force ouverte, il attaquait les naturels du pays dans leurs habitations éparses avec une si grande impétuosité qu'il les forçait à se soumettre ou à se retirer dans l’intérieur des terres. Cette apparition soudaine d'étrangers qui venaient envahir leur pays, dont la figure et les mœurs étaient également extraordinaires à leurs yeux, et à qui rien ne pouvait résister, fit sur les Péruviens la même impression de terreur qu'avaient éprouvée les autres nations de l'Amérique. Pizarre ne rencontra presque aucune résistance jusqu’à l'ile de Puna dans la baie de Guayaquil. Cette ile était plus peuplée que les autres pays qu'il avait traversés et les habitans en étaient plus courageux et moins civilisés que ceux du continent. Ils se défendirent avec tant

1 Herrera, Decad. 1V, lib. vus, cap. 1x, lib. 11, cap. L

. Xerès, pag. 182.

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