‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 109 sur 155 · DRE EE ES RER · texte numérisé non relu

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de valeuret d'obstinationquePizarreemployasÿx : de l'union sociale, les habitans erraient nus dans moisà les soumettre. DePunail s'avança à Tumbès | les forêts dont leur pays. était couvert, plus

. Où les maladies qui s'étaient mises dans sa troupe

le forcèrent de séjourner pendant trois mois 1.

Pendant ce temps de repos, il commentça à recuellir le fruit des soins qu'il avait pris de répandre la renommée de ses premiers succès.

1 lui arriva de Nicaragua deux détechemens qui n'étaient pas à la vérité de plus de treme hommes chacun , mais qui lui parurent un renfort d'autant plus considérable, que l'un était commandé par Sébastien Benalcasar et l'autre par Fernand Soto, deux des meilleurs officiers qui eussent servi en Amérique. De Tumbès il se porta sur la rivière de Piura, et, dans une situation avantageuse près de son embouchure, il établit la première colonie espagnole du Pérou, à laquelle il donne lc nom de Saint-Michel.

A mesure que Pizarre s’avançait vers le centre du Pérou, il acquérait plus de connaissances sur la grandeur, la police et l’état des affaires de cet empire. I n'aurait pas pu alors. sans ces connaissances préliminaires, conduire heureusement ses opérations , et, sans cette circonstance, on ne pourrait pas mème aujourd'hui expliquer les progrès que les Espagnols avaient déjà faits, et développer les causes des succès qu'ils eurent dans la suite.

A l’époque de l'invasion des Espagnols, l'empire du Pérou s’étendait du nord au sud, à plus de quinze cents milles de côte sur la mer du Sud. La profondeur de l’est à l'ouest était peu considérable et bornée par les grandes chaînes des Andes, qui se prolongent d'une de ses extrémités à l'autre dans toute sa longueur. Le Pérou, comme le reste dn Nouveau-Monde, était originairement partagé en beaucoup de petites nations ou tribus indépendantes, différant les unes des autres p2r leurs mœurs et par les formes grossières d’une police nnparfaite; et toutes étaient alors si mal civilisées que, si nous en croyons les traditions des Péruviens, elles n'avaient rien au-dessus des nations les plus sauvages de l'Amérique, Dépourvus de toute espèce

meures fixes, ne connaissant aucune de ces obligations morales qui forment les premiers liens

?P. Sancho, ap. Ramus., Il, p. 371. F, Herrera, Decad, XY, lib: vir, cap. xvux, lib. 1x, cap. 1, Zarate, lib. 11, cap. 11, m1. Xerès, 182, etc

| semblables à des animaux sauvages qu'à des

hom:nes. Après avoir lutté pendant plusieurs siècles contre les maux inséparables de cette barbarie, et lorsque rien ne semblait annoncer pour eux les approches de la civilisation, un homme et une femme d’une figure majestueuse, et décemment vêtus, leur apparwent , dit-on, sur les bords du lac Titiaca. Ces deux persunbages s’annoncèrent comme enfans du soleil.

Cette divinité bienfaisante avait, dirent-ils,.regardé d'un œil de compassion les maux de la race humaine , et les envoyait pour l’instruire et la réformer. Leurs exhortations, fortifiées par le respect qu'inspirait la divinité au nom de laquelle ils parlaient, déterminèrent plusieurs de ces sauvages errans à se réunir : ils reçurent, comme des ordres du ciel, les instructions de ces deux êtres extraordinaires et les suivirent à Cusco, où ils s'établirent et jetèrent les fonde. mens d’une ville.

‘Manco Capac et Mama Ocollo (tels étaient les noms de ces prétendus enfans du soleil), ayant ainsi rassemblé plusieurs tribus errantes, établirent parmi les Péruviens cette union sociale qui, en multipliant les objets de désirs et en combinant les efforts de l'espèce humaine, excite l’industrie et amène les progrès de tous les genres. Manco Capac instruisit les hommes dans

; l'agriculture et dans les autres arts utiles. Mama !

Ovollo enseigna aux femmes l'art de filer et

! celui de faire des tissus. Par le travail d’un

sexe, la subsistance devint moins précaire ; celui

| de l’autre rendit la vie plus douce. Après avoir

pourvu aux objets de première nécessité pour une société naissante, c'est-à-dire à la nourriture, au vêtement et à l'habitation du peuple

| grossier qu'il avait pris sous sa conduite, Manco . Capac s’occupa de rendre leur félicité durable | en leur donnant une police et des lois. Ses ins- | tructions, que nous détaillerohs plus au long | dans la suite, fixèrent les différens rapports des : hommes entre eux, et prescrivirent les devoirs de culture et d'industrie régulières, sans de- |

qui en résultaient. Par-là un peuple barbare et

| grossier acquit des mœurs et prit des: idées de

décence. Les fonctions des personnes chargées de quelque administration et revêtues de quelque autorité furent réglées avec tant de préci sion, et la subordination fut si bien étabiie, qu'il

se forma | bien gouv

C'est ai que fut foi du Pérou.

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Mais, dan exérça un mesure qi gèrent les aussi absc Les Incas come de tés. Leur s fut jamais riage étan des Incas.

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C'est ainsi, selon la tradition des Péruviens, que fut fondé l'empire des Zncas ou Seigneurs

du Pérou. Peu considérable à son origine, il ne !

s'étendait. pas au-delà de huit lieues de Cusco. Mais, dans ces bornes étroites, Manco Capac exerça une autorité absolue. Ses successeurs, à mesure que leur domination s’étendit, s'arrogèrent les mêmes droits. Leur despotisme était aussi absclu que celui des souverains de l'Asie. Les Incas étaient respectés non - seulement comme des monarques, mais comme des divinités. Leur sang était regardé comme sacré et ne fut jamais souillé par aucun mélange, tout mariage étant défendu entre le peuple et la race des Incas. Leur famille, demeurant ainsi séparée du reste de la nation, en était distinguée par l'habillement et par des ornemens qu’il était dé-

D fendu à tout autre qu’à eux de porter. Le mo- |

narque ne se montrait lui-même qu'avec des marques de sa royauté, dont l'usage était réservé à lui seul, et recevait de ses sujets des témoignages d'un respect qui allait presque jusqu’à l'adoration.

Mais, entre les mains des monarques péruviens, ce pouvoir sans bornes fut, dit-on, toujours uni à un soin tendre pour le bonheur de leurs sujets. Si l’on en croit les Indiens, ce n'est pas la passion des conquêtes qui poussa les Incas à étendre leur empire, mais le désir de répandre les avantages de la civilisation et les connaissances des arts parmi les peuples barbares qu’ils soumettaient. Pendant une succession de douze rois, aucun ne s’écarta, disent-ils, de ce caractère de bienfaisance t.

Lorsque les Espagnols abordérent pour la première fois à la côte du Pérou, en 1526, Huana Capac, le douzième monarque depuis

la fondation de l'empire, était sur le trône.

On nous le représente comme un prince qui réunissait les talens militaires aux vertus pacifiques qui distinguaient ses aïeux. Il soumit le royaume de Quito, conquête qui doubla presque le pouvoir et l'étendue de l'empire. Il voulut résider dans la capitale de cette belle province, et, contre la loi ancienneet fondamentale de la monarchie qui défendait de souiller le sang royal

1 Cieca de Leon, Chron., cap. xuv. Herrera, Decad. M, lib. x, cap. 1v, Decad. V, lib. mt, cap. xvnr.

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