LIVRE VL se forma bientôt un état politique, régulier et
par aucune alliance étrangère, il épousa la fille du roi de Quito qu'il avait vaincu. Il en eut un fils nommé #/ahualpa, à qui il laissa ce royaume à sa mort, arrivée 4 Quito vers 1529. Huascar, son frère aîné par sa mère qui était du sang royal, cut pour son partage le reste de ses états. Guél que füt le respect des Péruviens pour la mémoire d’un monarque qui avait régné avec autant de gloire qu'aucun de ses 5-édécesseurs, la disposition d'Huana Capac pour la succession à l'empire parut si contraire à une maxime aussi anciennne que la monarchie, et fondée sur une autorité regardée comme sacrée, qu’elle excita à Cusco un mécontentement gé:
néral. Huascar, encouragé par les dispositions de ses sujets, voulut que son frère renonçât au royaume de Quito et le reconnût pour son souverain. Mais le premier soin d’Atahualpa avait été de s'attacher un gros corps de troupes qui avait accompagné son père à Quito. C’étaieni les meilleures soldats de l'empire, et Huana Capac leur devait toutes ses victoires. Appuyé de ce secours, Atahualpa éluda d'abord la demande de son frère, et marcha bientôt après contre lui à la tête d’une armée.
C’est ainsi que l'ambition de deux jeunes princes, dont l’un avait pour lui l’ancienne loi du Pérou et l'autre les forces dé l'empire, précipita cet état dans les malheurs d’une guerre civile dont il avait été exempt jusque-là sous une suite de princes vertueux. Dans une telle situation, l'événement n’était pas difficile à prévoir : la force des armes l’emporta sur l'autorité des lois. Atahualpa demeura victorieux et abusa cruellement de sa victoire. Convaincu lui-même de la faiblesse de ses droits à la couronne, il entreprit d'éteindre la race royale en faisant périr tous les enfans du soleil, desceudus de Manco Capac. Il conserva la vie à son infortuné rival. Huascar, fait prisonnier dans la bataille qui avait décidé du sort de l'empire, fut épargné par un motif de politique, afin qu’Atahualpa, donnant des ordres au nom de son frère, pôt établir plus aisément son autorité 1. :
Lorsque Pizarre débarqua dans la baie de Saint -Matthieu, cette guerre civile était dans toute sa violence. Si dans sa première expédition,
1 Zarate, lib. 4, cap. xv. Vega, Ï, lib. 1x, cap. xur, xxxu, xc. Herrera, Decad. V, lib, x, cap. 1x, lib. 1u, Cap. XVII,
en 1526, il eût attaqué ce pays, il aurait eu en tête les forces d’un grand état, réunies sous un monarque habile, courageux et qu'aucun autre soin n'eût détourné. Mais alors les deux compétiteurs , en apprenant l’arrivée et les violences des Espagnols, étaient si occupés d’une guerre plus intéressante pour chacun d’eux qu'ils donuérent peu d'attention aux mouvemens d'un ennemi qui leur semblait trop faible pour les alarmer, et qu'ils croyaient pouvoir arrêter facilement dès qu'ils en auraient le loisir.
Ce concours de circonstances, que Pizarre ne pouvait prévoir, et dont il ne put être instruit que fort tard par la difficulté de communiquer avec une nation dont il ignorait la langue, lui laissa la facilité de pousser ses opérations presque sans obstacles et d'arriver jusqu’au centre de l'empire avant qu'on eût fait un seul effort pour l'arrêter dans sa marche. Les Espagnols, en s'avançant , apprirent quelque chose de la division qui partageait le royaume ; mais ils n’en furent bieninstruits que par des envoyés d'Huascar à Pizarre, à qui ce prince demanda du secours contre Atahualpa, comme contre un rebelle et un usurpateur t. Pizarre comprit d’abord l'importance de cette ouverture, et prévit si nettement tous les avantages qu’il pouvait retirer de la guerre civile qui divisait le royaume, que, sans attendre le renfort qui lui arrivait de Panama , il se détermina à s’avancer. pendant que la discorde intérieure mettait les Péruviens dans l’impossibilité de l’attaquer avec toutes leurs forces, espérant lui-même qu’en prenant la défense de l'un des compétiteurs selon les circonstances, il pourrait plus aisément les opprimer tous les deux. Quoique la valeur et l'audace fussent les qualités distinctives des Espagnols de ce siècle, et que Pizarre possédât ces qualités au plus haut degré, nous ne pouvons guère supposer qu'après s'être avancé jusqu’à ce moment avec beaucoup de lenteur et de précaution, il n’eût pas eu un motif nouveau pour changer si subitement de résolution et pour embrasser un plan si hardi et si dangereux.
Comme il était obligé de partager ses troupes et de laisser à Saint-Michel une garnison suffisante pour déiendre cette place qui devait lui servir de retraite en cas d'événement , et de port
1 Zarate, lib. 1, cap. nu.
où il pôût recevoir les secours qu'il attendait de Panama , il commença sa marche avec une troupe peu considérable et en assez mauvais état, Elle consistait en soixante-deux cavaliers (128) et cent deux fantassins, dont vingt étaient armés d’arquebuses et trois de mousquets. Il dirigea sa route sur Caxamalca, petite ville à douze jour. nées de distance de Saint-Michel, et où Ata.
hualpa était campé avec une grande partie de ses troupes. Iln’avait fait encore que peu de chemin, lorsqu'un officier, dépèché par l’Inca, vint à sa rencontre avec un riche présent de ce prince
qui lui offrait son amitié, et le faisait assurer
qu’il serait bien reçu à Caxamalca. Pizarre, em-
ployant l'artifice déjà mis en usage par ses com-
patriotes en Amérique, se donna pour l’ambas
sadeur d’un prince puissant, et déclara quil
s'avançait avec l'intention d'offrir à Atahualpa
son secours contre les ennemis qui lui disputaient
le trône {.
Les Péruviens, ne pouvant se faire aucune idée du véritable objet que les Espagnols avaient en vue en entrant dans leur pays, s'épuisaient en conjectures. Devaient-ils regarder ces étrangers comme des êtres d’une nature supérieure, qui venaient à eux pour leur faire du bien ou pour punir leurs crimes, ou bien comme des ernemis de leur repos et de leur liberté ? Les pro testatious des Espagnols, qui ne cessaient de dire qu’ils étaient venus apporter aux Péruvien la connaissance de la vérité et les conduire dan le chemin du bonheur, donnaient quelque vrai semblance à la première opinion ; mais ils étaient rejetés dans la seconde par les violences , la rapacité et la cruauté de ces terribles hôtes. Dans cette incertitude, la déclaration que Pizarre fi de ses intentions pacifiques , dissipa les craintes de l'Inca, et le détermina à recevoir les Espagnols en amis. En conséquence, on les laissa traverser paisiblement un désert sablonneux entre Saint-Michel et Motupé où le plus petit effort d’un ennemi, joint à la détresse où ils se trouvaient en traversant un si mauvais pays, leur aurait été fatal (129). De Motupé, ils s’avancèrent vers les montagnes qui environnent la partie
“basse du Pérou, et passèrent par un défilé si
étroit et si inaccessible qu'un petit nombre d'hommes aurait pu le défendre contre une ar
‘Herrera, Decad, V, lib. 1, cap. us. Xerès, p° 189.
mée. nom!
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aucun obs
session d passage ir leur fit rei et leuren présens pl A son possessior des côtés toriens es l'autre pa d'un fort ses troup
. cha Ferna
d'Atahual lieue. Ils rances qu positions trevue av long les eues en V avec tout Péruvien meilleurs irait, dè quartier.
l'crdre q quel ses exécutaic qui n’av:
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rs qu’il attendait de marche avec une n assez mauvais état, eux cavaliers (128) et vingt étaient armés squets. Il dirigea sa > ville à douze jour.
Michel, et où Ata grande partie de ses que peu de chemin, par l’Inca, vint à sa résent de ce prince et le faisait assurer malca. Pizarre, em- L usage par ses comlonna pour l’ambasnt, et déclara qui l'offrir à Atahualpa isqui lui disputaient
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p. us. Xerès, p' 189.
mée nombreuse. Mais là encore, par l'imprudente crédulité de l’Inca, ils ne rencontrèrent
aucun obstacle, et prirent tranquillement pos-
session d'un fort construit pour défendre ce passage important. À leur approche , Atahualpa Jeur fit renouveler les assurances de son amitié, et leur en donna des gages en leur envoyant des présens plus riches encore que les premiers.
A son entrée dans Caxamalca, Pizarre prit possession d’une grande cour ou place, dont un des côtés était formé par une maison que les historiens espagnols appellent le palais de l'Inca et l'autre par un temple du soleil, le tout environné d'un fort rempart de terre. Après avoir établi ses troupes dans ce poste avantageux, il dépè-
. cha Fernand Soto et son frère Ferdinand au camp
d’Atahualpa éloigné de la ville d'environ une lieue. Ils étaient chargés de confirmer les assurances que Pizarre avait déjà données de ses dispositions pacifiques, et de demander une entrevue avec l'Inca, afin de lui expliquer plus au long les intentions que les Espagnols avaient eues en venant dans son pays. Ils furent reçus avec toutes les attentions de l'hospitalité que les Péruviens eussent pu employer à l'égard de leurs meilleurs amis, et Atahualpa leur promit qu’il irait, dès le lendemain, les visiter dans leur quartier. Le maintien décent du monarque, l'ordre qui régnait à sa cour, le respect avec lequel ses sujets approchaient de sa personne et exécutaient ses ordres , étonnèrent le: Espagnols qui n’avaient encore rien vu en Amérique audessus des petits caciques de quelques tribus sauvages. Mais leurs regards s’attachèrent bien davantage sur les immenses richesses étalées avec profusion dans le camp du monarque. Les ornemens que portaient sur leurs personnes lInca et les gens de sa suite, les vases d’or et d'argent dans lesquelsle repas qu'onleur donna fut servi, la multitude d’ustensiles de toute espèce, faits de ces précieux métaux, furent pour eux un spectacle qui surpassait toutes les idées d’opulence que pouvait se former un Européen du seizième siècle.
À leur retour à Caxamalca, l'imagination encore échauffée du spectacle dont ils avaient été témoins, et leur cupidité s’excitant de plus en plus, ils firent à leurs compagnons une description si séduisante de ce qu'ils avaient ‘vu que Pizarre se confirma dans la résolution qu'il avait
déjà prise. Il savait par les observations qu'il avait faites sur les mœurs des peuples du Nouveau-Monde, aussi bien que par l'exemple de Cortès, de quelle conséquence il pouvait être pour lui de se saisir de la personne de l'Inca. Pour en venir à bout, il forma un plan qui demandait autant d’audace que de perfidie. Au mépris du caractère qu'il avait revêtu en s'annonçant comme l’arabassadeur d’un grand monarque qui recherchait l'alliance de l'Inca; au mépris des assurances répétées d'amitié qu'il lui avait données, et des offres de service qu’il lui avait faites, il résolut de se prévaloir de la simplicité confiante avec laquelle Atahualpa comptait sur ces protestations , et de s'emparer de la personne de ce prince dans l’entrevue à laquelle il l'avait invité. Il prépara l'exécution de son plan aussi froidement et avec aussi peu de scrupule que si cette trahison n’eût pas dû faire un jour sa honte et celle de son pays. Il divisa sa cavalerie en trois petits escadrons sous le commandement de Ferdinand son frère , de Soto et de Benalcazar. Il ne fit qu'un corps de son infanterie; seulement il garda près de sa personne vingt de ses plus déterminés soldats pour le seconder dans la périlleuse entreprise qu'il se réservait. L’artillerie, qui se composait de deux pièces de canon de campagne, et les arquebusiers furent placés vis-à-vis du chemin par lequel l’Inca devait arriver. Tous reçurent ordre de ne pas sortir de leurs postes et de ne faire aucun mouvement qu'on ne leur donnât le signal de l’action.
Dès le grand matin, tout le camp des Péruviens fut en mouvement; mais comme Atahualpa voulait paraître avec la plus grande magnificence dans sa première entrevue avec ces étrangers , les préparatifs de sa marche furent si longs, que le jour était déjà fort avancé lorsqu’elle commença. Même alors, de peur que l'ordre n'en fût troublé, elle se fit avec tant de lenteur que les Espagnols, s’impatientant et craignant que quelque soupçon de la part d’Atahualpa ne fût la cause de ce retardement, Pizarre lui dépècha un de ses officiers, avec de nouvelles assurances de ses intentions amicales, Cependant l'Inca s’approchait. Il était précédé de quatre cents hommes habillés uniformément,
1 Xerès, p. CXCIv.
espèce de coureurs qui lui ouvraient le passage. Assis lui-même sur une espèce de trône ou de lit, orné de plumes de diverses couleurs, presque couvert de plaques d’or et d'argent et enrichi de pierres précieuses , il était porté sur.les épaules de ses principaux courtisans, Derrière lui, quelques-uns de ses premiers officiers étaient portés de la même manière. Plusieurs bandes de danseurs et de chanteurs accompagnaient cette marche et toute la plaine était couverte de troupes au nombre de plus de trente mille hommes.
Dès que l'Inca fut près du quartier des Espagnols, le P. Vincent Valverde, aumônier de l'expédition, s'avança un crucifix dans une main et son bréviaire dans l’autre, et dans un long discours exposa au monarque la doctrine de la création, la chute du premier homme, l'incarnation, la passion et la résurrection de Jésus-Christ, le choix que Dieu avait fait de saint Pierre pour être son grand vicaire sur la terre , le pouvoir de saint Pierre:transmis aux papes et la donation faite au roi de Castille par le pape Alexandre, de toutes les régions du Nouveau- Monde. Après avoir exposé toute cette doctrine, il somma Atahualpa d'embrasser la religion chrétienne, de reconnaître l'autorité suprême du papeet leroi de Castille comme son légitime souverain, lui promettant, s’il se soumettait, que le roi son maître prendrait le Pérou sous sa protection et lui permettrait de continuer d'y régner, mais lui déclarant la guerre et le menaçant de la plus terrible vengeance s’il refusait d'obéir et s'il persévérait dans son impiété,
Cet étrange discours, qui contenait des mys-. tères incompréhensibles et des faits inconnus, dont toute l’éloquence humaine ne pouvait donner en si peu de temps une idée distincte à un Américain, fut si mal rendu par l'interprète qui entendait peu l'espagnol et qui ne pouvait s'exprimer avec clarté dans la langue de l'Inca, qu'Atahualpa n'en comprit presque rien. Seulement quelques points de la harangue de Valverde plus faciles à saisir le remplirent d'é-
tant modérée; il commença par observer qu'il était maitre de son royaume par le droit de succession , et qu'il ne pouvait concevoir comment
un prêtre étranger prétendait disposer de ce |
qui ne lui appartenait pas; et que si cette pré-
| tendue donation avait été faite, lui qui était le | légitime propriétaire refusait de la confirmer : | qu'il n'était point du tout disposé à renoncer à | Ja religion qu'il tenait de ses ancêtres et à aban donner le culte du soleil, divinité immortella que lui et son peuple adoraient, pour adorer k dieu des Espagnols qui était sujet à la mort;| qu’à l'égard des autres points traités dans le dis. cours du harangueur, il n'en avait jamais en. tendu parler, qu'il n’y comprenait rien et qu'il désirait de savoir où Valverde avait appris des choses si extraordinaires, Dans ce livre, dit Valverde, en lui présentant son bréviaire. L'Inca prit le livre avec empressement et, après en avoir tourné quelques feuillets, l'approcha de son oreille. Ce que vous me donnez- là ne parle pas et ne me dit rien, reprit-il, en jetant ave: dédain le livre à terre, Le moine furieux court à ses compagnons et leur crie : « aux armes, «chrétiens! la parole de Dieu est profanée, ven- «gez ce crime sur ces chiens d’infidèles (130), Pizarre qui, pendant cette longue conférence. avait eu de la peine à retenir ses soldats impatiens de se, jeter sur les richesses qu'ils avaient sous les yeux, donna le signal de l'attaque. À l'instant les instrumens militaires des Espagnols se firent entendre; les canons et les mousquets commencèrent à tirer, les chevaux s’élancérent et l'infanterie tomba sur les Péruyiens l'épée à la main. Les malheureux Américains, étonné d’une attaque si soudaine et à laquelle ils s’attendaient si peu, troublés par les terribles effets des armes à feu et par l’irrésistible impétuosité de la cavalerie, prirent la fuite de tous les côtés sans tenter de se défendre. Pizarre , à la tête de s1 troupe d'élite, pousse droit à l'Inca, et, quoique les grands de sa suite s’empressassent autour de leur monarque et lui fissent un bouclier de leurs corps en se dévouant à l’envi pour le défendre, il arrive bientôt jusqu'à lui, le saisit par le bras, le fait descendre de son trône et l'emmène dans son quartier. La prise du monarque décida la fuite de toutes ses troupes. Les Espagnols les
| Poursuivirent de tous les côtés et continuérent tonnement et d'indignation .Sa réponse fut pour- |
de massacrer de sang-froid et avec une barbarie
| réfléchie des fuyards qui ne faisaient aucune ré- | Sistance, Le carnage ne finit qu'avec le jour. 11 ÿ
eut plus de quatre millé Péruviens égorgés ; aucun Espagnol ne périt, et Pizarre seul fut légè-
! rement blessé à la main par un de ses propres
soldats q:
de la per Lesric surpassè s'étaient portés di auit dan:
à de mist peu de te Aux pl pouvait tendu; r sa destin à la haut gnant de tirer de importar monstrat mentaier pagnols.
les domi de cache procurer rançon « connaiss La cham pieds de remplir hauteur accepta :
l'on tira pour me promis « Atahu recouvre sures pc des mes lieux où dans les et lesch malca le qu'il fût viens ét:
ordres c la plus :
rance de ‘lurent } la moin que les tières, o
ite, lui qui était Je it de la confirmer ; isposé à renoncer à ancètres et à aban divinité immortell ent, pour adorer ke!
it sujet à la mort;| s traités dans le dis n avait jamais en.
renait rien et qu'il de avait appris des ans ce livre, dit on bréviaire. L'Inca ment et, après en lets, l'approcha de lonnez - là ne park il, en jetant ave ioine furieux court rie : « aux armes, est profanée, vend’infidèles (130), »
longue conférence, ses soldats impaesses. quiils avaient nal de l'attaque. À ires des Espagnols is et les mousquets evaux s’élancérent Péruviens l'épée à éricains , étonnés laquelle ils s’attenterribles effets des e impétuosité de la tous les côtés sans e, à la tête de sa l'Inca , et, quoique ssassent autour de n bouclier de leurs pour le défendre,
: saisit par le bras, et l'emmène dans onarque décida la Les Espagnols les és et continuèrent avec une barbarie isaient aucune réx'avec le jour, Il y iens égorgés ; aurre seul fut légèun de ses propres
soldats qui s'était saisi avec trop de précipitation 1 bla plus de troupes pour défendre l’état et venger
de la personne de l’Inca (131).
Les richesses amassées dans le pillage du camp surpasstrent toutes les idées que les Espagnols s'étaient faites du Pérou, et ils furent si transportés de cet étonnant succès qu'ils passèrent la nuit dans l’ivresse d’une joie insensée, naturelle à de misérables aventuriers qui faisaient en si peu de temps une fortune extraordinaire.
Aux premiers momens de sa captivité, l’Inca pouvait à peine croire à un événement si inattendu; mais il sentit bientôt toute l'horreur de sa destinée, et son abattement fut proportionné à la hauteur d'où il était tombé. Pizarre, craignant de perdre tous les avantages qu'il pouvait tirer de la possession d'un prisonnier de cette importance , s'efforça de le consoler par des démonstrations de douceur et de respect que démentaient ses actions. En vivant parmi les Es-
le souverain !, Les Espagnols demeurèrent tranquilles à Caxamalca. Pizarre envoya dans les provinces éloignées de petits détachemens qui, loin de trouver aucune résistance, furent partout reçus avec des témoignages de respect et de soumission (132).
Quelque peu considérables que fussent ces détachemens et quelque désir qu’eût Pizarre de connaître un peu l’intérieur du pays, il se serait bien gardé d'affaiblir ainsi son corps de troupes
| s’il n'avait pas reçu dans le même temps la nou-
fl
pagnols, l'Inca démêla bientôt la passion qui les dominait et.qu'ils ne prenaient pas la peine |
de cacher, il crut pouvoir la faire servir à se
procurer la liberté. Il offrit aux Espagnols une |
rançon qui les étonna, malgré tout ce qu'ils connaissaient déjà de la richesse de son royaume. La chambre où il était gardé avait vingt-deux pieds de long et seize de large; il s'engagea à la remplir de vases et d’ustensiles d'or jusqu’à la hauteur où un homme peut atteindre. Pizarre accepta sans hésiter des offres si séduisantes et lon tira une ligne sur les murs de la chambre pour marquer la hauteur à laquelle le trésor promis devait s'élever.
Atahualpa , transporté de joie par l'espoir de
recouvrer sa liberté, prit sur-le-champ des me- !
sures pour remplir son engagement. Il envoya des messagers à Cusco, à Quito et dans tous les lieux où l'or était en grange abondance, soit dans les temples , soit dans les palais des Incas, et les chargea de rapporter directement à Caxa-
malca le prix qu’on mettait à sa rançon. Quoi- |
qu'il fût prisonnier chez ses ennemis, les Péruviens étaient si accoutumés à respecter tous les
la plus grande promptitude. Calmés par l’espérance de voir leur roi bientôt libre, ils ne vou-
‘ lurent pas mettre sa vie en danger en formant
la moindre tentative pour le délivrer; et quoique les forces de l'empire fussent encore entières, on ne fit plus de préparatifs, on n’assem-
velle que Almagro était débarqué à Saint-Michel avec un renfort qui allait presque doubler ses forces? L'arrivée de ce secours était aussi alarmante pour l’Inca qu'agréable aux Espagnols.
Le monarque prisonnier voyait le pouvoir de ses ennemis s’accroitre, et comme il ne connaissait ni d'où venaient ces étrangers, ni par quels moyens ils étaient conduits au Pérou, il lui était impossible de prévoir jusqu'où pouvait aller l’inondation qui fondait sur ses états. Tandis qu'il était tourmenté de ces inquiétudes il apprit que quelques Espagnols marchant vers Cusco avaient rendu visite à son frère Huascar dans le lieu où à était prisonnier, que ce prince leur avait représenté la justice de sa cause, et que pour les déterminer à prendre sa défense, il leur avait promis une quantité d’or beaucoup plus considérable que celle qui avait été offerte pour la rançon de son frère. Atahualpa vit que sa perte était inévitable si les Espagnols éeoutaient ces propositions, et, craignant que leur insatiable avidité ne les déterminât en faveur d'Huascar, il résolut de sacrifier la vie de son frère pour sauver la sienne. En conséquence il donna des ordres qui furent exécutées avec une ponctualité scrupuleuse 3, :
Cependant les Indiens chargés d'or arrivaient tous les jours à Caxamalca de toutes les provinces du royaume. La plus grande partie de la quantité convenue était amassée et Atahualpa
| assurait les Espagnols que si toute sa rançon ordres de leurs souverains, qu’ils obéirent avec |
n’était pas encore prête à leur être livrée, c'était l'éloignement des lieux d’où il fallait l'apporter qui en était la cause. Mais ces amas d’or, mis
'Xerès, pag. 206. ,
? Xerès, p.204. Herrera, Decad. V, lib. m, cap. s, ñ 5 Zarate, lib. 11, cap. vi. Gomara, AÆist., cap cxv.
. Herrera, Decad. V, lib. ur, cap. 11.
continuellement sous les yeux des soldats, irritaient tellement leur cupidité, qu'il devenait impossible de contenir plus long-temps l'impatience qu'ils avaient de s’en mettre en possession. On fit fondre tous les vases et ustensiles, excepté quelques pièces d'un travail curieux qu'on réserva pour le roi d'Espagne. Après avoir mis à part le quint dû à la couronne et cent mille pesos, destinés aux soldats qui étaient arrivés avec Almagro, il resta un million cinq cent vingt-huit mille cinq cents pesos à partager entre Pizarre et ses compagnons. Le jour de la fête de Saint- Jacques, patron de l'Espagne, fut choisi pour la répartition de cette somme immense , et dans la manière dont elle se fit on reconnaît bien ce bizarre mélange de fanatisme et de rapacité, que j'ai eu plus d’une fois déjà l'occasion de faire observer comme un des traits les plus frappans des conquérans du Nouveau-Monde. Assemblés pour se partager les dépouilles d'un peuple innocent, arrachées par la fourbe, la violence et la cruauté, ils commencèrent par invoquer solennellement le nom de Dieut, et par demander les lumières du ciel pour faire la distribution de ces fruits d'iniquité. Chaque cavalier eut pour sa part huit mille pesos, somme équivalente en ce temps-là à autant de livres sterlings du nôtre, et chaque fantassin quatre mille. Les parts de Pizarre et de ses officiers furent proportionnées à leurs rangs.
L'histoire n'offre aucun autre exemple d’une fortune sisubite, acquise par le service militaire, et jamais un si grand butin ne fut partagé par un si petit nombre de soldats. Plusieurs d’entre eux, se voyant récompensés de leurs travaux au-delà leurs espérances, furent si impatiens de se retirer des dangers et des fatigues de la guerre pour passer le reste de leurs jours dans leur patrie, qu’ils demandèrent leur congé à grands cris et avec importunité. Pizarre voyant bien qu’il ne pouvait plus attendre de ceux qui étaient ainsi disposés, ni courage dans les combats, ni patience dans les travaux, convaincu d’ailleurs que partout où ils iraient le spectacle de leur richesse engagerait d’autres aventuriers plus pauvres et plus hardis à venir se ranger sous ses drapeaux, leur accorda leur demande sans difficulté et permit à plus de soixante d’en-
1 Herrera Decad. V, lib. 1, cap, mt.
tre eux d'accompagner en Espagne son frère Ferdinand, qu'il y envoyait pour porter à l'empereur la relation de ses victoires et les présens qu'il lui destinait !.
L'Inca , après le partage de sa rançon entre les Espagnols, les somma d'accomplir la promesse qu'on lui avait faite de le mettre en liberté; mais rien n’était plus éloigné de la pensée de Pizarre, En faisant la guerre dans le Nouveau-Monde, il s'était accoutumé , comme tous ses compatriotes, à regarder les Américains comme des êtres d’une espèce inférieure qui ne méritaient pas le nom d'hommes et n’en avaient pas les droits. Dans sa convention avec Atahualpa il n'avait eu d'autre objet que d’amuser son prisonnier, afin que l'espoir de recouvrer sa liberté l'engageât à lui prêter son autorité pour recueil lir les richesses de son royaume. Après avoir réussi dans ce projet, il ne tint aucun compte de ce qu’il avait promis, et tandis que ce prince crédule espérait de rémonter bientôt sur son trône, Pizarre avait secrètement résolu de lui Ôter la vie. Plusieurs circonstances semblent l'avoir déterminé à commettre ce forfait, un des plus criminels et des plus atroces dont les Espagnols se soient souillés dans la conquête de l’Amérique.
Pizarre en imitant la conduite que Cortès avait tenue avec le souverain du Mexique, manquait des talens nécessaires pour bien suivre ce plan. Comme il n'avait ni l'adresse ni la modération qui eussent pu lui faire gagner la confiance de son prisonnier, il n'avait pas su mettre à profit l'avantage d’être maître de sa personne et de son autorité. Il est vrai que Atahualpa montrait plus de discernement que n’en avait fait voir Montézuma, et qu’il paraissait avoir mieux dé mèlé le caractère et les vues des Espagnols. Les soupçons et la défiance s’établirent bientôt entre eux et lui. Le soin avec lequel il fallait garder un prisonnier de cette importance augmentait beaucoup les embarras du service militaire, tandis que l'avantage qu'on en retirait paraissait peu considérable. Pizarre ne vit bientôt plus l'Inca que comme un fardeau dont il désirait d’être délivré2.
Almagro et ses compagnons avaient demandé
‘Herrera, Decad. V, lib. x, cap. 1v. Vega, pag. 2.
lib. », cap. xxxvur.
3 Herrera, Decad. V, lib. ur, cap. 1v.
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3 Zarat Herrera,
pagne son frère ur porter à l'emres et les présens
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avaient demandé
». 1v. Vega, pag. 2.