D. IV
de partager également avec ceux de Pizarre la rançon de l’Inca, et quoique les nouveaux venus eussent eu, comme nous l'avons vu ci-dessus, une part du butin et que leur chef eût reçu des présens considérables , ils étaient tous mécontens. Ils craignaient que tant que Atahualpa se-
rait prisonnier , les soldats de Pizarre ne regar-
dassent les trésors qu'on pourrait amasser dans la suite comme le supplément de ce qui manquait à la rançon de l'Ina, et que sous ce prétexte ils ne prétendissent :: les approprier en entier. Ils demandaient donc sa mort, afin que tous les aventuriers du Pérou fussent désormais sur le même pied et eussent les mêmes droits.
Pizarre lui-même commençait à être alarmé des nouvelles qui lui parvenaient des provinces éloignées de l'empire, On y assemblait des troupes, et ces mruvemens pouvaient être l'effet des ordres donués par Atahualpa. Ces craintes et ces soupçons étaient entretenus et augmentés par les artifices de Philippillo, un des Indiens que Pizarre avait emmenés de Tumbès en 1520 pour lui servir d'interprète. Cette fonction mettant Philippillo à portée de voir familièrement et fréquemment le monarque prisonnier, il osa, malgré la bassesse de sa naissance, porter ses vœux jusqu'à une coya ou fille du soleil, l’une des femmes d'Atahualpa, et ne voyant aucune espérance de l'obtenir tant que:le monarque vivrait, il conçut le projet d'engager les Espagnols à lui ôter la vie, en leur donnant des alarmes sur les desseins secrets de leur prisonnier et en leur parlant sans cesse des préparatifs qu’il faisait contre eux.
Tandis qu’Almagro et ses compagnons demandaient ouvertement la mort de l’Inca, et que Philippillo travaillait en secret à le perdre, ce malheureux prince contribuait lui-même imprudemment à hâter sa perte. Durant sa captivité, il avait conçu un attachement particulier pour Ferdinand Pizarre et Fernand Soto, qui, ayant reçu une meilleure éducation que les autres aventuriers, se conduisaient à son égard avec plus de décence et d'attention. Adouci par le respect que lui montraient ces officiers d'un rang distingué parmi les Espagnols, il se plaisait dans leur société, mais en présence du gouverneur il était timide et contraint. A la crainte se joignit
? Zarate, lib. 1x, cap. var. Vega, part. n, lib. 1, cap. vu, Herrera, Decad. V, lib. us, cap 1v.
bientôt le mépris pour Pizarre. Parmi les arts de l'Europe, celui de lire et d'écrire attirait sa plus grande admiration. Il recherchait depuis long temps si c'était un talent acquis ou naturel. Pour éclaircir ses doutes, il pria un des soldats qui le gardaient d'écrire sur l'ongle de son pouce le nom de Dieu. 11 montra ensuite cette écriture à différens Espagnols, en leur demandant ce qu'elle signifiait, et à son grand étonnemezt tous lui firent sans hésiter la même réponse. Pizarre entrant un jour chez lui, l’Inca lui présenta son pouce. Le gouverneur rougit et fut forcé d'avouer avec quelque confusion son ignorance. Dès ce moment , Atahualpa le regarda comme un homme de rien, moins instruit que ses soldats, et il n'eut pas l'adresse de cacher les sentimens que cette découverte lui avait inspirés. Le général fut si vivement blessé de se voir l'objet du mépris d’un Barbare , que son ressentiment se joignant à tous les autres motifs, il se détermina à faire périr l'Inca !.
Mais pour donner quelque apparence de justice à une action si violente et pour n’en être pas lui seul responsable à son souverain, Pizarre se détermina à faire juger l’Inca selon les formes observées en Espagne dans les procès criminels. Lui-même et Almagro, avec deux conseillers, furent ses juges, avec un pouvoir absolu d'absoudre et de condamner. Un procureur général poursuivit au nom du roi. On donna à l'accusé un conseil pour sa défense, et des greffiers furent chargés de rédiger les actes du procès. On porta à cet étrange tribunal des accusations encore plus étranges. Elles consistaient en divers articles. Atahualpa, quoique bâtard , avait usurpé le trône et fait mourir son frère, son légitime . souverain. Il était idolâtre, et il avait non-seulement permis, mais même ordonné des sacrifices humains. Il avait un grand nombre de concubines. Depuis son emprisonnement il avait dissipé et détourné frauduleusement les trésors de l'empire qui appartenaient aux Espagnols par droit de conquête, et excité ses sujets à prendre les armes contre eux. Parmi ces chefs d’accusation, quelques-uns sont si ridicules et si absurdes qu’on ne sait de quoi s'étonner le plus, ou de l’effronterie ou de l’iniquité de Pizarre qui en faisait le fondement d’une procédure cri-
1 Herrera, Decad., lib. un, cap. av. Vega, part. 11 lib. &
ap. XXXVI.
minelle à laquelle il soumettait le souverain d'un | grand empire sur lequel il n'avait aucune juridiction, Sur tous ces articles des témoins furent entendus; mais comme ils faisaient leur dépo- | sition dans leur langue, Philippillo, changé de les interpréter, pouvait y donner toutes les tour- | nures qui favorisaient ses. perfides, intentions. Ces témoignages parurent convaineans à des | juges dont l'opinion. était arrêtée d'avance; Ils
prononcèrent qu'Atahualpa était coupable et le | | de leurs. compatriotes se montre bien plus que
condamnèrent à, être brûlé vif. Le P. Valverde prostitua.ses fonctions sacrées jusqu'à confinmer cette sentence par l'autorité de son ministère, et
à en attester la. justice pan sa signature. Accablé |
de sa destinée, Atahualpa s'efforça d'obtenir par | un des fils de.ce prince de la royauté, espérant
ses larmes, ses promesses et ses prières, d'être
envoyé en Espagne, où un monarque serait son |
juge; mais la pitié était un sentiment inconnu au
cœur du.cruel Pizarre, IlLordonna que l'exécution |
ft faite. sur-le-champ, et ce qui, ajouta à l’amertume des derniers momens du majheureux prince , le môme moine qui, venait de ratifier sa sentence se présenta à lui pour le. consoler: et
tenta de le convertir. Le-plus fort.argument dont | | avaient agité l'empire, d'abord dans la guerre | civile.des deux frères, et ensuite. depuis le mo-
fit usage Valverde-pour faire embrasser à l'Inca la religion chrétiehne, fut la promesse qu'on
adoucirait la rigueur de son supplice. La:crainte | | seulement troublé l'ordre établi. dans l’adminisbaptême. La cérémonie fut faite, et Atahualpa, | ressorts du. gouvernement. Lorsque les Péru-
d'une mort cruelle lui arracha la demande du
au lieu d’être brûlé, fut étranglé au poteau auquel il était attaché {,
Heureusement pour: l'honneur de la nation espagnole, parmi.ces aventuriers abandonnés à tous les excès. et sortis de leur patrie pour con-
quérir le Nouveau-Monde, il se trouvait encore | | trainte des lois et des mœurs 3, Atahualpa avait
des hommes qui conservaient des, sentimens d'honneur et de générosité dignes du nom castillan, Quoique Ferdinand Pizarre fût parti pour l'Espagne avant le procès d’Atahualpa et que Soto eût été envoyé dans un, poste. éloigné de Caxamalca, cette cruelte exécution ne se fit pas sans opposition. Plusieurs officiers, et particulièrement quelques-uns de la plus. grande réputation et des plus nobles familles, firent des remontrances.et même des. protestations, contre ce jugement, comme déshonorant pour leur patrie et contraire à toutes les maximes de-l'équité, Ils
1 Zarate, lib. 1, cap. va: Xerès, pag. 233. Vega,
part. nt, lib. 1, cap. xxx vi, XXXVIL, Gomara, Aist., c. cxvir. Herrera, Decad: Y, lib. 111, cap. 1v.
ajoutaient que c'était violer le droit publie des pations et usunper sur un souverain indépendant une juridietion à laquelle on n'avait aucun droit. Tous. leurs. efforts furent vains; le nombre et l'opinion de ceux qui regardaient comme légitime tout ce qu'ils croyaient leur êtreavantageux
| l'emportèrent. Mais l’histoire se plaît à conserver
le souvenir des efforts que fait la vertu, lors même. qu'ils sont inutiles, et les écrivains espagnols, en rapportant ces événemens où la valeur
leur humanité, ont conservé les noms: de ceux qui s’efforcèrent ainsi de dérober leur patrie à la honte d’un. si grand crime !.
Après. la mort d’Atahualpa, Pizarre investit
que ce jeune homme sans expérience deviendrait entre ses mains un instrument passif, et qu'il. se servirait de lui plus:aisément.que d'un monarque accoutumé à commander. Les peuples de Cuzeo
| et des pays adjacents. geconnurent comme Inca
Manco-Capac, frère d'Huascar 2, Mais. oi Fun ni l'autre de ces souverains n'eut l'autorité de ses prédécesseurs. Les convulsions violentes qui
ment de l'invasion des Espagnols, avaient nontration, intérieure, mais. presque brisé tous les
viens virent leur monarque au pouvoir des étrangers et périssant enfin d’une: mort honteuse, le peupie de différentes provinces: s’abandonna. aux plus grands, excès, se regardant comme affranchi désormais, de toute la con-
fait périr un si grand nombre de descendans du soleil et les, avait traités avec tant d'indignité que leur ascendant sur les peuples était fort affaibli, et le respect qu'on avait pour cette race sainte sensiblement diminué. Encouragés par ces circonstances, des hommes; ambitieux s'élevèrent en différentes parties, de l'empire et aspirèrent au pouvoir suprême sans être de: la race des, Incas. Le général qui commandait pour Atahualpa dans Quito saisit le: frère et les enfans de son
1 Vega, part. nn, Mb. 1, cap. xxxvir. Xerès, 1, 235. Herrera, Decad. V, lib, nr, v:
2 Vega, part. n1, lib: 11, Cap. vin.
5 Herrera, Decad. V, lib. x, cap. xit; lib. 117, Cap. V-
maltre, jetant t forma | Les I s'établir vernem dres co prochai cer vers dérable nétrer trésors avait pr officiers leservic arrivés :
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1 Zara
#*Gom cap. 11. I
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à, Pizarre investit royauté , espérant érience deviendrait t passif, et qu'il.se que d'un monarque & peuples de Cuzeo ureut comme Înça 3, Mais oi Run ni it l'autorité de ses ons violentes qui rd dans la guerre suite. depuis le monols, avaient nonbli. dans l’adminisque brisé tous les Lorsque les Pérue au pouvoir des . d’une: mort hons provinces: s’abancès, se regardant de: toute la con- 3, Atahualpa, avait e de. descendans du ant d'indignité que s était fort. affaibli, ir cette. race sainte uragés. par ces cir- 1bitieux s'élevèrent mpire et aspirèrent e de la race des.Inlait pour Atahualpa : les enfans de son
xxvir. Xerès, 1, 235.
fi p. xu1; lib. 111, Cap. V.
maitre, les fit mourir dans les supplices, et, rejetant toute liaison avec l’un et l'autre Inca, se forma pour lui-même un royaume séparé t,
Les Espagnols virent avec plaisir la discorde s'établir parmi les Péruviens et la vigueur du gou-
le butin était partagé entre un plus grand noinbre d'aventuriers, ce partage, malgré la part
| considérable qui fut distribuée à chacun , n’ex-
cita pas le mémeétonnement quele premier(133), Pendant cette marche à Cuzco, le fils d’Ata-
vernement se relâcher. Ilsconsidérèrentcesdésor- | hualpa , que Pizarre traitait comme Inca ; Mmoudres comme les avant-coureurs de la dissolution | rut ; eteomme les Espagnols ne lui substituèrent
prochaine de l’état. Pizarre n’hésita plus à s'avancer vers Cuzco. Il avait reçu des renforts si cansidérables qu'il pouvait désormais sans danger pénétrer dans l'intérieur du pays. Le partage des trésors de Caxamalca avait produit les effets qu'il avait prévus. Dès que son frère Ferdinand et les officiers et soldats à qui il avait permis de quitter leservice, en emportant leur part du butin, furent arrivés à Panama et eurent étalé aux yeux de leurs compatriotes étonnés les trésors qu'ils apportaient, la renommée de leurs victoires et de leurs richesses se répandit dans tous les établissemens espagnols de la eôte du sud et y produisit un si grand effet , que les gouverneurs de Guatimala,
+ de Panama et de Nicaragua, eurent beaucoup de
peine à retenir les Espagnols de leurs districts, qui voulaient Lons abandonner leurs possessions pour se porter en foule à cette source inépuisable de richesses qui venait de s'ouvrir au Pérou 2. Malgré toutes les défenses, il arriva à Pizarre un grand nombre d'aventuriers , de sorte qu’en se mettant en marche pour Guzco, il se trouva à la tête
de cinq cents hommes, après avoir laissé à Saint- |
Michel une garnison considérable, sous le commandement de Benalcazar. Les Péruviens avaient assemblé plusieurs gros corps de troupes pour s'opposer à ses progrès. On livra plusieurs combats, qui se terminaient comme toutes les ac-
tions entre les Européens et les Américains : il |
y avait un petit nombre d’Espagnols tués ou blessés , et les Américains étaient mis en fuite à chaque fois avec un grand carnage. A la fin Pizarre entra dans Cuzco et en prit possession, Les trésors qu’on y trouva, reste de ce que les Péruviens avaient détourné ou caché, soit pour sauver leurs temples du pillage qui les aurait profanés, soit en haine de leurs avides vain-
d’Atahualpa. Mais comme les Espagnols étaient
déjà familiarisés avec la richesse du pays, et que
!Zarate, lib. u, cap. var. Vega, p. n1, 1. 11, C. on, 1v. | *Gomara, Æist., cap. cxxv. Vega, part. 1, lib, nr, | Herrera, Decad, V, lib. 1v, cap. 1, x; lib. v, Cap. u,
cap. n1. Herrera, Decad. V, lib. 11, cap. v.
personne, les droits de Manco-Capac au trône parurent être alors universellement reconnus,
Tandis que les troupes de Pizarre étaient ainsi occupées, Benalcazar, gouverneur de Saint- Michel, habile et brave officier, rougissait de son inaction et brûlait de se signaler parmi les conquérans du Nouveau-Monde. Un corps de troupes fraiches , arrivé fort à propos de Panama et de Nicaragua , le mit en état de satisfaire sa passion pour les entreprises. Après avoir laissé des forces suffisantes pour la sûreté de l’établissement confié à ses soins, il se mit à la tête du reste et partit poursoumettreQuito, où, selon le rapport des Péruviens, Atahulapa avait laissé la plus grande partie de ses trésors. Il y avait une grande distance de Saint-Michel à cette ville, et la marche était pénible dans un pays de montagnes couvertes de bois ; il fut souvent et vivement attaqué par les meilleures troupes du Pérou, conduitesparunchef habile. Sa valeur , sa bonne conduite et sa constance, surmontèrent tous les obstacles, et il entra victorieux dans Quito. Mais il éprouva une grande mortification. Les habitans, connaissant par leurs malheurs mêmes la passion dominante de leurs ennemis et le moyen de la tromper, avaient emporté toutes les richesses qui attiraient les Espagnols, et qui leur avaient fait entreprendre cette périlleuse expécition , supporter tant de fatigues et braver tant de dangers 2.
Benalcazar ne fut pas le seul capitaine espagnol qui attaqua le royaume de Quito. La renommée des grandes richesses qui s'y trouvaient y attira un ennemi plus puissant. Pierre d'Alvarado, qui s'était si fort distingué dans la conquête
| du Mexique, ayant obtenu le gouvernement de
| Guatimala pour récompense de sa valeur , s’en-
queurs, excédèrent de beaucoup la rançon | nuya bientôt d'une vie uniforme et tranquille,
et sentit le besoin de se rejeter dans l'activité de
1 Herrera, Decad. V, lib. v, cap. un.
3 Zarate, lib. n, cap. 1x Vega, part. n, lib.xr, Cap 1x
lu; lib. vi, Cap. ni.
la vie militaire. La gloire et les richesses acquises par les conquérans du Pérou exaltèrent en lui cette passion et en déterminèrent l’objet. Croyant ou feignant de croire que le royaume de Quito était hors des limites du gouvernement de Pizarre , il résolut de l'envahir, Sa grande réputation lui attira de tous côtés des volontaires. Il s'embarqua avec cinq cents hommes , dont plus de deux cents étaient des gentilshommes servant àcheval. 11 débarqua à Puerto-Viejo , et connaissant très imparfaitement le pays, il entreprit sans guide de marcher directement à Quito, en suivant le cours de la rivière Guayaquil et en traversant les Andes vers sa source. Dans cette route, une des moins praticables de l'Amérique, ses troupes furent si excédées de fatigue en s'ouvrant des chemins au travers des forêts et des marais dans les terrains bas, et souffrirent tellement de la rigueur du froid sur les hauteurs des montagnes, qu'avant d'arriver à la plaine de Quito il avait péri un cinquième des Espagnols et la moitié des chevaux; le reste était découragé et hors d'état de servir (134). Dans cet état, ils virent venir à leur rencontre un corps de troupes non pas américaines mais espagnoles, qui parurent disposées à les attaquer. Pizarre ayant été instruit del’armement d’Alvarado avait envoyé Almagro à la tête d’un détachement pour s'opposer à son invasion. Benalcazar victorieux s'était réuni à Almagro. Alvarado, quoique surpris à la vue d’ennemis qu'il n’attendait pas, allait les charger couragement’, lorsque quelques officiers plus modérés proposèrent et firent agréer un accommodement qui retarda de quelques années le moment fatal où les Espagnols devaient suspendre leurs conquêtes pour tremper leurs mains dans le sang de leurs compatriotes. Alvarado s’engagea à retourner dans son gouvernement à condition qu'Almagro lui paierait cent mille pesos pour le défrayer de la dépense de son armement. Plusieurs de ses soldats prirent parti dans les troupes d'Almagro, 2t cette expédition qui semblait devoir perdre Pizarre et sa colonie contribua ainsi à augmenter ses forcest,
Vers le même temps Ferdinand Pizarre était
1 Zarate, lib. n1, cap. x, xur. Vega, part. ui, lib. n1, cap. 1, H,1x, etc. Gomara, Hist., cap. cxxvi, etc. Remesal, Hist. Guatimal., id. u, cap. vi. Herrera, Decad. Ÿ, Gb. vi, Cap. 1, 11, VU, VUL
arrivé en Espagne. L'immense quantité d'or et d'argent qu'il apportait (135) y causa autant d'étonnement qu'elle en avait excité à Panama et dans les autres colonies espagnoles. Pizarre fut reçu de l'empereur avec les égards dus à un homme qui lui apportait un présent dont la valeur surpassait toutes les idées que les Espagnols s'étaient formées de la richesse de leurs acquisitions en Amérique, même aprèsavoir été pendant dix ans maîtres du Mexique. Pour récompenser les services de François Pizarre, l'empereur le confirma dans sa qualité de gouverneur, en y joignant de nouveaux pouvoirs et de nouveaux priviléges, et en étendant les bornes de son gouvernement à soixante-dix lieues au sud, le long des côtes, par-delà les limites fixées dans sa premiére patente. Almagro obtint aussi les honneurs qu'il avait si long-temps désirés. On lui donna le titre d'adelantade ou gouverneur, et sa juridiction fut étendue sur deux cents lieues de pays, à commencer des limites méridionales du gouvernement de Pizarre. Ferdinand luimême ne demeura pas sans récompense. Il fut fait chevalier de l'ordre militaire de Saint-Jacques, distinction toujours flatteuse pour un gentilhomme espagnol, et retourna au Pérou accompagné de beaucoup de personnes de plus grande distinction que celles qui avaient jusqu’alors servi en Amérique !.
On reçut au Pérou quelques nouvelles de sa négociation avant qu'il y arrivât lui-même. Almagro ne fut pas plus tôt instruit qu’il avait obtenu de l'empereur un gouvernement indépendant, qu'il prétendit que Cuzco, oùrésidaient les Incas, y était compris, et qu'il se prépara à se rendre maître de ce poste important. Jean et Gonzalès Pizarre se mirent en devoir de le repousser. Chacun des contendans avait un parti puissant, et la dispute allait se décider par le sort des armes, lorsque François Pizarre arriva dans la capitale ; il n'y avait jamais eu entre ce guerrier et Almagro de réconciliation sincère. La perfidie de Pizarre , qui s'était fait donner à lui seul des honneurs et des avantages qu'il de-
“vait partager avec son associé, était toujours présente à l'esprit de l’un et de l’autre. L'un, ne pouvant se dissimuler sa mauvaise foi. ne se flattait pas que son rival la lui pardonnät; l'autre,
1 Zarate, lib. n1, cap. ur. Vega, part. 11, L'b, 11, Cap X1K. Herrera, Decad. V, lib, vr, Cap. xur.
se souv ne cher vidité e suspend agir de puissance le but € qui avai vistrent de lui u ressés à ceté pa grissaier à leurs y toutes € bien l’u craignai rupture et l'adre dans ses détourn:
* réconcil qu’Alma que, s’il de lui, ] une par!
fut conf gieuses peu de f Dès q Pizarre mer , et lité qui espagno et la cor établir u pays sou tion ler les prin( genre d peu com ministra lumières différen dans ch:
tration ( le travai 1 Zarat Benzoni, | ap. VIIL
| quantité d’or et causa autant d'écité à Panama et noles. Pizarre fut égards dus à un résent dont la vaque les Espagnols e de leurs acquisiavoir été pendant our récompenser re, l'empereur le gouverneur , en y s et de nouveaux xs bornes de son lieues au sud, le imites fixées dans ro obtint aussi les emps désirés. On le ou gouverneur, r deux cents lieues nites méridionales e, Ferdinand luiécompense. Il fut aire de Saint-Jacfatteuse pour un etourna au Pérou personnes de plus s qui avaient jus-
es nouvelles de sa vât lui-même, Alruit qu’il avait obrnement indépeno, oùrésidaient les lil se prépara à se mportant. Jean et n devoir de le reans avait un parti t se décider par le çois Pizarre arriva jamais eu entre ce nciliation sincère.
était fait donner à wantages qu'il dejé, était toujours e l'autre. L'un, ne auvaise foi. ne se pardonnät; l'autre, art, 11, LD, 11, Cap XIK.