‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 126 sur 155 · Smith, pag · texte numérisé non relu

Smith, pag

quantité de tabac cxportée devenait chaque année plus considérable, et plusieurs des planteurs se trouvaient non-seulement dans l’aisance, mais voisins de l’opulence !. Deux. événemens arrivés presque dans le même temps contribuërent à y accroître beaucoup la population et l’industrie. Comme un petit nombre de femmes s'étaient jusqu’à présent hasardées à braver les peines et les fatiques inévitables pour ceux qui s’établissent dans-un pays ‘encore sauvage et inconnu , la plupartdes colons, vivant solitaires, ne se regardaient que comme passagers sur une terne à laquelle ils ne tenaient pas par les liens de famille, par une femme et des enfans. Pour les porter à s’y établir plus solidement, la compagnie profita de la tranquillité apparente de la colonie pour y envoyer un nombre considérable de jeunes personnes prises dans les familles du peuple, mais de bonnes mœurs, et encouragea les planteurs par des primes et d’autres avantages à les épouser 2, Ces nouvelles compagnes furent reçues avec tant de tendresse, et plusieurs d'entre elles si promptement et si bien établies, qu'elles en invitèrent d'autres à suivre leur exemple, et que par degrés, d’aventurières assez inconsidérées, elles devinrent des citoyennes vertueuses et des mères de famille soigneuses, s'intéressant à la prospérité de la nouvelle patrie qu’elles s'étaient donnée.

Le second événement favorable aux progrès de la colonie, et qui lui fournit des moyens d'étendre ses travaux avec plus de facilité, fut l'arrivée d'un vaisseau hollandais, venant de la côte de Guinée, et qui, ayant remonté la rivière James, vendit une partie de sa cargaison de nègres à des planteurs $. Cette race d'hommes étant plus capable que les Européens de supporter le travail dans les climats chauds, leur nombre s’est bientôt accru par de nouvelles impor'ations, Leur secours paraît aujourd'hui essentiel à l'existence de la colonie, et la grande partie des travaux des champs est exécutée par des mains esclaves.

mdépendant. Pour des Anglais, les jugemens

fommaires et rigoureux d'une cour martiale, | mais se regarder, non comme de simples servi- | teurs d’une compagnie de commerce, et dépen-

‘Smith, pag. 130.

*Stith, pag. 166, 197.

“Beverley, pag. 37.

| quoique tempérés par la douceur des gouver

| meurs; était une oppression intolérable, Îls vou laient recouvrer les droits dont ils avaient été accoutumés à jouir dans leur pays natal, sous un gouvernement digne d'hommes libres. En cédant à leur demande, sir Georges Yeardiey, en l'année 1619, convoqua la première assemblée générale qui ait: été tenue en Virginie. Le nombre des habitans était si fort accru , et leurs établissemens déjà si: dispersés dans le pays, que onze communes ou corporations se firent représenter dans cette convention, dont les membres exercèrent le pouvoir législatif, la plus noble fonction d'hommes libres. Les lois qui y furent arrêtées ne furent ni bien nombreuses ni bien importantes, mais cette convocation d'une assemblée fut fort agréable au peuple qui retrouvait, dans sa nouvelle patrie, une image de la constitution anglaise qu'il respectait comme un modèle parfait du gouvernement d'une nation libre.

Pour rendre cette ressemblance plus complète et assurer davantage les droits des planteurs, la compagnie émit une nouvelle charte ou ordonnance qui donnait une forme légale et permanente au gouvernement de la colonie. La suprême autorité législative en Virginie, à l'imilation de ce qu'elle était dans la Grande- Bretagne, fut divisée entre le gouverneur, tenant la place du roi; un conseil d'état, nommé par la compagnie, dont les membres jouiraient de quelques-unes des distinctions, et exerceraient quelques-unes des fonctions attribuées aux pairs, et enfin un conseil générai, où assemblée composée de représentans du peuple revêtus de pouvoirs, droits et priviléges semblables à ceux de la chambre des communes.

Dans les deux conseils toutes les questions devaient être décidées à la majorité des voix, et le gouverneur y pouvait opposer son véto. Mais aucune loi, quoique approuvée par les trois membres de la législature, ne pouvait avoir sa

| force et être mise à exécution avant d’avoir été Mais, à mesure que la prospérité de la colo- | nie croissait , l'esprit des colons y devenait plus |

ratifiée en Angleterre par un conseil général de la compagnie, et renvoyée, scellée de son sceau !; c'est ainsi que la constitution de la colonie fut fixée, et que les colons purent désor-

‘ Stith, Appendix, pag. 32 etc

dans de la volonté et des ordres de leurs supérieurs, mais comme des hommes libres et des citoyens.

L'effet naturel de ce changement heureux dans leur condition fut l'accroissement de leur industrie. Le produit des plantations de tabac, en Virginie, fournissait non-seulement à la consommation de la Grande-Bretagne, mais mème à quelques exportations à l'étranger. Pour le débit de cette denrée, la compagnie ouvrit un commerce direct avec la Hollande, et forma des magasins à Middiebourg et à Flessingue. Jacques et son conseil privé, alarmés de voir le commerce d’une marchandise dont la demande allait sans cesse croissant se porter dans un canal qui la détournait de la métropole, où elle aurait payé les droits considérables imposés à son importation, et augmenté d'autant le revenu public, firent les plus grands efforts pour arrêter cette innovation. On prit d'abord quelques moyens de conciliation qui apaisèrent la

* querelle pour le moment ; mais c'est une chose emarquable que ce premier exemple d’opposition de sentimens entre la métropole et la colonie sur leurs droits respectifs. Celle-là prétendait que le commerce de la colonie devait être borné à la seule Angleterre ; et celle-ci alléguait au contraire en faveur de la liberté de son commerce, non-seulcment le droit général d'un Anglais de porter ses marchandises au marché le plus avantageux pour lui, mais les concessions particulières portées dans sa charte qui semblait lui accorder une liberté de commerce illimitée? ; le temps d’une discussion plus entière de cette importante question n'était pas encore venu.

Mais, tandis que la colonie continuait de

1 C’est un objet digne de quelque curiosité que l’histoire des progrès de la consommation de cette denrée ‘qu'on ne peut regarder que comme un superflu. L'u sage du tabac semble avoir été introduit en Angleterre vers l’an 1586. Quelques gens de mer, même avant ce temps, pouvaient avoir pris ce goût des Espagnols; mais cet usage ne s’est pasétabli avant qu’on puisse appeler nationale l'époque que je viens d’assigner. D’après un taux moyen, pris sur les sept années antérieures à 1622, toute Yimportation du tabac en Angleterre s'élevait, par an,

à cent quarante deux mille quatre-vingt-cinq livres pesant. (Stith, p.246.) On voit, par-là avec quelle rapidité

le goût s’en était répandu; mais qu'est-ce que cette ! P: q q

quantité, en comparaison de ce qu'on en consomme aujourd’hui dans la Grande-Bretagne ?

2 Stith, pag. 200, etc.

prendre un accroissement si rapide, que les colons se dispersaient non-seulement en se répandant sur les bords de la rivière James et de la rivière d'Yorck, mais en commençant à se porter jusqu’au Rappahannoc, et même jusqu'au Pohowmack , les Anglais, se reposant sur leur nombre, et trompés par leur prospérité même, s'abandonnèrent à une entière et imprudente sécurité. Ils ne faisaient aucune attention aux mouvemens des Indiens , et ne soupçonnaient pas leurs machinations ; et, quoique environnés d'une espèce d'hommes que l'expérience devait leur avoir fait connaître comme dissimulés et vindicatifs, ils négligeaient toutes les précautions nécessaires à leur sûreté , dans une pareille situation, comme les paisibles habitans d'une société parfaitement établie. Ils avaient cessé d'être soldats, et n'étaient plus que citoyens, et si occupés de toutes les commodités et de tous les agrémens de la vie, que tout exercice militaire était négligé comme inutile. Les Indiens, que les Anglais eux-mêmes employaient pour eux comme chasseurs, étaient fournis d'armes à feu et instruits à les manier avec beaucoup d'adresse. On leur permettait de fréquenter les habitations des Anglais à toute heure , et ils y étaient reçus comme des hôtes bienveillans qu'on n'avait aucune raison de craine dre. Cette imprudente sécurité mit les sauvages en état de préparer l'exécution d’un plan de vengeance médité depuis long-temps, avec la maturité et la réflexion qui leur sont propres. Ils avaient un chef capable de conduire leur entreprise avec habileté. A la mort de Powhatan, en 1618, Opechancanough lui succéda , non:

seulement comme wéirowanée, ou chef de sa propre tribu, mais dans son crédit étendu sur toutes les nations sauvages de la Virginie, qui a fait donner à l’un et à l’autre le nom d'empereur par quelques écrivains anglais. Selon la tradition des Indiens, il n’était pas natif de Virginie, mais de quelque pays éloigné vers le sud-ouest, et peut-être de quelque province de l'empire du Mexique ! ; mais il était remarquable par toutes les qualités que les sauvages estiment le plus. Un courage intrépide, une grande force et agilité de corps, et un esprit fin et rusé, le conduisirent bientôt au commandement et au pouvoir. Il paraît que c’est peu de

1 Beverley, pag. 51.

temps « que fut général tiers les facilité, ble, To anglais conspire de la b:

ce qui ] craignai voisins.

rôle, Le chacun lui avai étaient hospital chancan apporte mais, d vemens.

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temps après son élévation à la qualité de chef , pèrent, abimés dans la douleur et frappés d'é-

que fut résolu, entre les Indiens, un massacre

général des Anglais, et durant quatre ans en- |

tiers les moyens de l'exécuter sûrement et avec facilité, furent concertés avec un secret incroyable. Toutes les tribus voisines des établissemens

anglais furent successivement gagnées par les |

conspirateurs , excepté celles de la côte de l’est de la baie, à qui on cacha soigneusement tout ce qui pouvait trahir le complot, parce qu’on craignait leur attachement à leurs nouveaux voisins. Chaque tribu eut sa destination et son rôle. Le matin du jour consacré à la vengeance, chacun des guerriers se trouva à la place qui lui avait été assignée; tandis que les Anglais étaient si peu en défiance, qu'ils reçurent avec hospitalité plusieurs Indiens envoyés par Opechancanough, venus sous le prétexte de leur apporter des présens de fruits et de venaison, mais, dans la vérité, pour observer leurs mouvemens. La sécurité des Anglais étant ainsi parfaitement reconnue, à midi, moment fixé d’avance pour commencer cette scène d'horreur, les Indiens se précipitèrent au même moment sur leurs victimes , dans chaque établissement , massacrèrent hommes, femmes, enfans avec cette cruauté réfléchie que les sauvages exercent envers leurs ennemis. En une heure de temps, environ la quarantième partie de la colonie fut exterminée , sans presque savoir par quelle mains elle périssait. Rien n’eût échappé, si la compassion ou quelque autre bon sentiment n'avait pas porté un Indien converti, à qui le secret avait été communiqué pendant la nuit qui précéda le massacre, à en faire part à son maitre assez à temps pour sauver James-Town et quelques-unes des habitations qui en étaient voisines ; et si les Anglais, en d’autres districts, n'avaient pas couru aux armes, poussés par le désespoir , et ne s'étaient pas défendus assez vigoureusement pour repousser les assaillans qui, dans l'exécution de leur projet , ne montrèrent pas autant de courage qu'ils avaient mis de sagacité et d'artifice à le concerter,

Mais le coup, sans avoir tout l'effet que s'étaient proposé les sauvages, fut terrible pour une colonie naissante; il y eut des habitations dans lesquelles il n'échappa pas un seul Anglais, Beaucoup de personnes de marque et de membres du conseil périrent. Ceux qui échap-

tonnement et de terreur, abandonnèrent leurs établissemens éloignés, et se rassemblant à James-Town pour y trouver la sûreté, furent réduits à n'occuper que le même territoire sur lequel leurs compatriotes s'étaient établis en arrivant en Virginie. Confinés dans ces étroites limites , ils s'occupèrent moins de projets d'industrie que de plans de vengeance. Tous les hommes prirent les armes. Une guerre san- &lante commença avec les sauvages, et déterminés à en éteindre la race, ils jurèrent de n'épargner personne. La conduite des Espagnols dans le sud de l'Amérique fut ouvertement proposée comme le modèle qu'il fallait imiter t; et oubliant, comme eux, les principes de la bonne foi, de l'honneur et de l'humanité, qui adoucissent encore les horreurs de la guerre entre les nations civilisées, les Anglais regardérent comme légitime tout ce qui contribuait à assouvir leur vengeance. Ils se mirent à la poursuite des Indiens comme on chasse les animaux des forèts, et comme cette chasse était dangereuse et difficile dans les bois dont le pays était couvert et où se réfugiaient leurs ennemis, ils s'efforcèrent de les tirer de leurs forts par de feintes offres de paix et des assurances d'oubli et de pardon, faites avec une telle apparence de sincérité, qu’ils trompèrent jusqu’à leur chef, l’artificieux Opechancanough, et les engagèrent à revenir dans leurs premières habitations, et à reprendre leurs occupations accoutumées : les deux nations semblent avoi

changé alors de caractère et de rôle. Les Indiens, comme des hommes familiarisés avec les principes de droiture et de bonne foi , sur lesquels le commerce des nations est fondé , se fièrent à la réconciliation qu'on leur annonçait , et vivaient dans une entière sécurité, tandis que les Anglais, avec un artifice perfide, se préparaient à imiter les sauvages dans leur vengeance et dans leur cruauté. Aux approches de la moisson, temps où une attaque était plus à craindre et plus fatale aux sauvages, ils tombèrent tout à coup sur les villages indiens, massacrèrent tout ce qu’ils purent atteindre et poussérent le reste dans les bois où un si grand nombre périt de faim, que quelques-unes des tribus les plus voisines des Anglais furent en-

1 Stith, pag. 233.

tièrement extirpées, Cette vengeance atroce que les exéouteurs se sont efforcés de justifier, comme un acte nécessaire de représailles, fut suivie de quelques heureux succès. Elle délivra la colonie si entièrement de toute crainte d'attaque de la part des sauvages, que ses établissemens commencèrent à se relever, et son industrie À se ranimer.

Mais malheureusement , dans ces circon- |

stances, l'état où se trouvait la compagnie investie de la propriété et du gouvernement de Ja colonie ne lui permettait pas de seconder les efforts des planteurs, en leur envoyant u assez grand nombre d'hommes, et les secours nécessaires pour réparer leurs pertes, La compagnie avait été originairement, formée de beaucoup d'intéressés, et s'était accrue si rapidement par l'adjonction de beaucoup de membres, attirés par l'appât du profit ou par le désir de favoriser une entreprise tendant à l'utilité publique, que son assemblée générale était devenue extrémement nombreuse !. Les effets des nouveaux principes politiques qui se répandaient alors dans le royaume, et les passions qui s'animaient, se firent sentir dans ces assemblées populaires, et influèrent sur leurs décisions. Le peuple commençait à avoir des idées plus justes et plus grandes de sa liberté et de ses droits, et à les défendre avec plus de hardiesse. Une distinction, anciennement peu connue dans la politique anglaise entre le parti de la cour et celui des provinces, devenait familière, et les chefs de l’un et de l'autre se fortifiaient de tous les moyens qu'ils pouvaient se donner. Les uns et les autres se disputaient à l'envi la direction d'un corps aussi nombreux et aussi respectable que celui de la compagnie de Virginie, d'où il arrivait que depuis quelques années les affaires étaient conduites dans les assemblées générales, non avec la maturité et la :agesse convenables à des négocians délibérant sur leur intérêt commun, mais avec la violence et l'animosité qu'on doit toujours attendre d’une assemblée nombreuse, dans laquelle les factions rivales se disputent le pouvoir.

Comme le roi n’assemblait pas souvent le parlement, ce grand conseil de la nation, les assemblées générales de la compagnie devinrent l'arène où les orateurs populaires déploytrent

* Stith, pag. 272, 276.

leurs talens, Les proclamations de la couronne,

les actes du conseil privé relatifs au commerce | €t à la police des coipnies, y étaient discutés avec | liberté et censurés avec une sévérité qui s'accor. | dait mal avec les idées relevées qu'avait Jacques | de sa propre sagesse et de l'étendue de sa pré. | rogative. Dans la vue d'arrêter les progrès de cet | esprit de discussion, les ministres employèren toute leur adresse et tout leur crédit à gagner | dans la compagnie assez de partisans pour pou- | voir diriger désormais ses délibérations ; mais | ils furent si malheureux dans leurs tentatives, | Que toutes, les mesures qu'ils proposaient étaient | rejetées à une immense majorité, et quelquefois seulement parce qu'ils les proposaient. Jacques,

| peu favorable à toute assemblée populaire, et

las de combattre avec celle-là sur laquelle il avait tenté inutilement d'obtenir quelque ascendant, commença à s'occuper de la pensée de dissoudre la constitution actuelle de la compagnie, et de | lui en donner une nouvelle. Des prétextes assez | plausibles et d'assez bonnes raisons semblaient justifier cette mesure. La lenteur des progrès de la colonie; les sommes immenses dépensées pour son établissement; le grand nombre d'hommes perdus; le dernier massacre des habitans par les Indiens, et tous les malheurs qu’avaient éprouvés les Anglais depuis leur première émigration en Amérique, furent imputés unique-

ment à l'incapacité d’une compagnie nombreuse pour conduire une entreprise si compliquée et si difficile. La nation elle-même ressentait vivement la mauvaise réussite d’un projet dont elle s'était promis de grands avantages, et désirait qu'on examinât avec impartialité les mesures suivies jusque-là, afin d’être en état d’en concerter de meilleures pour la conduite des affaires de la colonie à l'avenir. Ainsi la situation de la compagnie et les vœux de la nation semblaient appeler l'intervention de la couronne; et Jacques, empressé de déployer la supériorité de sa sagesse royale, en corrigeant les fautes dans les. quelles la compagnie était tombée par son inexpérience dans l'art de gouverner, entreprit avec confiance l’œuvre de cette réformation.

Sans avoir égard aux droits donnés à la compagnie par sa charte, et sans suivre aucune forme de procédure judiciaire pour l'annuler, le roi, en vertu de sa prérogative, créa une commission qui autorisait quelques-uns des juges et

d'autres | les opéra mier étal yeux du « ches, et li et de fair par un ci saisir tol deux des Tout arb

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1Smith'e *Stith, |

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leur crédit à gagner partisans pour poudélibérations; mais ns leurs tentatives, proposaient étaient orité, et quelquefois roposaient. Jacques, ablée populaire, et à sur laquelle il avait quelque ascendant, pensée de dissoudre a compagnie, et de Des prétextes assez raisons semblaient enteur des progrès nmenses dépensées and nombre d'homssacre des habitans nalheurs qu'avaient leur première émit imputés uniquenpagnie nombreuse se si compliquée et me ressentait viveun projet dont elle wtages, et désirait lité les mesures suiétat d'en concerter e des affaires de la tuation de la comon semblaient apronne; et Jacques, ériorité de sa sae es fautes dans les.

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d'autres personnes de marque à examiner toutes :

les opérations de la compagnie depuis son premier établissement, pour mettre ensuite sous les yeux du conseil privé le résultat de leurs recherches, et leur opinion sur les moyens de rétablir et de faire fleurir la colonie, En même temps, par un coup d'autorité encore plus hardi, il fit saisir tous les papiers et registres, et arrèter deux des principaux officiers de la compagnie. Tout arbitraires et violens que ces actes d'auto-

rité puissent nous paraître aujourd'hui, les

commissaires conduisirent leur opération sans rencontrer aucun obstacle que de faibles et inefficaces remontrances de la compagnie, quoique suivant leurs recherches ayec beaucoup d'activité et de rigueur !, Ils ne communiquèrent aucun de leurs procédés à la compagnie; mais leur rapport semble lui avoir été très défavorable, car, d'après leur résultat, le roi fit signifier à la compagnie son intention de mettre l'autorité suprême entre les mains d’un gouverneur et de douze assesseurs qui résideraient en Angleterre, et le pouvoir exécutif dans un conseil de douze personnes résidantes en Virginie. Le gouverneur et ses assesseurs seraient d'abord nommés par le roi, et les places vacantes dans la suite seraient nommées par eux-mêmes ; mais leur choix aurait besoin d'étreratifié par le conseil privé, Les douze conseillers en Virginie seraient aussi choisis par legouverneur et ses assistans, sous la même condition. Pour tranquilliser les colons, il fut déclaré que la propriété particulière et individuelle serait regardée comme sacrée, et que toutes les concessions de terre faites par La première compagnie seraient confirmées par la nouvelle, Pour procéder à l'exécution de ce plan, le roi requit la compagnie deremettre en sesmains, sur-le-champ, la charte dont elle jouissait 2,

Mais là, Jacques et ses ministres rencontrèrent une résistance qu'ils n'avaient pas prévue, et un esprit d'opposition auquel ils ne s’attendaient pas. Ils trouvèrent les membres dela compagnie déterminés à ne pas abandonner timidement des droits ou priviléges qui leur avaient été accordés avec toutes les formes légales, et pour lesquelles ils avaient dépensé de grandes sommes, d’après la confiance mise en leur validitéS. La compagnie montra aussi une grande opposi-

Smith’ Travels, pag. 165, ete.

*Suith, pag. 239. — 5 Chalmer, pag. 61.

mm

tion à ce qu'on abolit la forme populaire de son gouvernement , dans lequel chaque actionnaire avait une voix, pour soumettre une colonie dont les intérêts étaient les leurs, au despotisme d'une petite junte absolument dépendante du roi. Ni les promesses ni les menaces ne purent les engager à se départir de leur refus; et, dans une assemblée générale, la demande du roi fut rejetée d’une voix unanime, et la résolution prise de défendre jusqu'à l'extrémité des droits appuyés sur une charte, si on pouvait les mettre en question devant une cour de justice. Jacques, blessé au vif de leur audace à s'opposer à sa volonté, fit expédier un ordre de quo warranto, en vertu duquel la validité de la charte de la compagnie devait être jugée dans la cour du banc du roi; et dans la vue de rassembler de nouvelles preuves de sa mauvaise administration, il envoya des personnes de confiauce en Virginie pour y examiner l’état de la colonie, et rechercher la conduite de la compagnie et celle de ses officiers dans ce pays.

Le procès intenté par-devant le tribunal du banc du roi ne fut pas long. Il fut terminé, comme il était ordinaire sous ce règne, par une décision parfaitement conforme au désir du monarque. La charte fut annulée, la compagnie dissoute, et tous les droits et priviléges qu'elle conférait, remis à la couronne de qui ils émanaientt,

Quelques écrivains, et en particulier Stith, le

plus éclairé et le mieux instruit des historiens de la Virginie, parlent de la dissolution de la compagnie comme de l'événement le plus désastreux pour la colonie elle-même. Animés pour la liberté de cette passion commune dans un siècle où les principes en étaient mieux connus que sous le règne de Jacques, ces écrivains ont vu le procédé arbitraire de ce prince avec une si grande indignation, que leur horreur pour les moyens les a rendus incapables de juger le but avec discernement et avec candeur. Il n’y a peut-être aucun moyen de gouverner une colonie naissante plus ennemi de sa liberté, que la domination d'une compagnie privilégiée, revêtue de tous les pouvoirs que Jacques lui-même avait conférés à la compagnie des aventuriers de Virginie. Pendant longues années, les colons purent difficilement se regarder autrement que comme des

1 Rymer, vol. XVII, pag. 618, etc. Chalmer,, p. 62.

serviteurs de la compagnie, nourris de ses magasins, obligés d'obéir aveuglément .à tous ses ordres, et soumis au plus rigoureux de tous les despotismes, la loi martiale. Mème après que l'esprit de liberté des Anglais eut commencé à se relever de cette oppression, et eut extorqué de . leurs maîtres le droit de faire des lois pour le gouvernement de la société dont ils étaient membres, comme aucun acte, quoique appuyé du concours de toutes les parties de la législature dans la colonie, n'avait de force s’il n'était confirmé par l'assemblée générale en Angleterre, la compagnie retenait toujours dans ses mains la suprême antorité; et ce pouvoir n'était pas moins contraire à la prospérité de la colonie qu'à sa liberté. Un corps nombreux de marchands, s’occupant d'opérations purement commerciales, peut les conduire avec discernement et avec succès; mais l'esprit mercantile ne semble pas capable de suivre un plan vaste d'une politique libérale dans la formation d'une société nouvelle ; et rarement, en effet, sous l’administration étroite el intéressée des compagnies, des colonies se sont-elles élevées à quelque prospérité et quelque grandeur.

A ces vices inhérens à une pareille administration , s'étaient ajoutés ceux qu'apportaient les erreurs causées par l’inexpérience. Les négocians anglais de ce siècle n'avaient pas ces vues grandes qu’un commerce étendu donne à ceux qui le dirigent. Lorsqu'ils commencèrent à s'écarter de la route battue, ils se traînèrent dans la nouvelle avec incertitude et timidité. Ne connaissant point le climat et le sol de l’Amérique, et ignorant quelles productions pouvaient y être cultivées avec le plus d'avantage, ils semblent n'avoir eu aucun plan fixe d'amélioration, et leur système variait sans cesse. Leur gouvernement avait la même mobilité. Dans le cours de dix-huit années, la Virginie eut dix gouverneurs, [l ne faut pas s'étonner que, sous une telle administration , tous les efforts faits pour la colonie aient avorté, ou n’aient produit que de chétifs effets, quoiqu'on puisse dire que ces efforts, eu égard aux idées communes de ce siècle en commerce et en politique, furent considérables et soutenus avec une persévérance qui doit nous étonner.

On avait dépensé cent cinquante mille livres !

sterling dans les premières tentatives faites

pour fonder une colonie anglaise en Amérique ! et plus de neuf mille personnes avaient émigré de la métropole pour se porter à ce nouvel éta. blissement. A la dissolution de la compagnie, la nation, en dédommagement d'une si grande dissipation d'argent et d'une si grande perte d'hommes, ne recevait pas de la Virginie pour plus de vingt mille livres sterling par an en im. portations de ce pays ; et la colonie était si loin d'avoir accru les forces de l'état par une aug. mentation de population, qu'en 1624, il ge trouvait en Virginie à peine deux mille personnes, tristes restes du grandnombre d'Anglais qui sy étaient portés, attirés par l'espérance d’une plus heureuse destinée 2,

La compagnie , comme toutesles sociétés mal.

heureuses dans leurs entreprises, ne fut pas re. grettée. La violence avec laquelle ses priviléges lui avaient été enlevés fut oubliée, et de nouvelles espérances de succès s'élevèrent , lorsqu'on la vit soumise à une forme de gouvernement exempte des vices auxquels ses désastres étaient attribués. Le roi et la nation concoururent avec une ardeur égale au rétablissement de la colonie. Bientôt après le jugement sans appel de la cour du banc du roi contre la compagnie, Jacques créa un conseil de douze personnes chargé de la direction provisoire des affaires en Virginie, pour se donner le temps de projeter pour elle avec réflexion un plan de gouvernement durable3, Enchanté d’avoir une telle occasion d'exercer ses talens comme législateur, il commençait à tourner son attention vers cet objet, lorsque la mort vint l’interrompre dans ce travail.

Charles 1°", à son avénement au trône, adopta toutes les maximes de son père, relativement à la colonie de Virginie. Il la déclara partie de l'empire et annexée à la couronne, et immédiatement soumise à son autorité. Il confia le titre de gouverneur à sir Georges Yardely, et le désigna, conjointement avec un conseil de douze personnes, pour aller exercer là le pouvoir su-

| prême , lui enjoignant de se conformer dans

tous les cas aux instructions que lui-même lui enverrait de temps à autre #, Par la teneur de la commission du roi, aus

1 Smith’s Travels , p. 42, 167.

?Chalmer's 4nnals, pag. 69.

5 Rymer, XVII, 618, etc.

# Rymer, XVIII, 72, 311.

bien que d’ il était mar vêtir de tou législatif qu sans y app et qu'il ser le droit de imposer de semblent a:

à mettre à ment arbitr ainsi la let la plus favo une grande Virginie ni du souverai des taxes ll fois les repr par leur san étaient ains appartenan et à des cit étaient viol tion, énon et frivoles, leur tabac missionnair pour son co cruelle de sa proteetic dustrie, er quelque val réserver le plus précie:

valeur pout la propriété dans leurs rées que CI dans la Vi concessions rable aux p tention ou paysil en de titude, qu’ parties de | Les mur d'administi gueur avec d'Yardely, {Rywer, )

glaise en Amérique!

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, qu'en 1624, il çe deux mille personnes, bre d’Anglais qui s'y espérance d'une plus

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s que lui-même lui

ission du roi, aussi

bien que d'après l'esprit connu de sa politique, il était manifeste que son intention était de revêtir de tous les pouvoirs du gouvernement tant législatif qu'exécutif, le gouverneur et le conseil, sans y appeler aucuns représentans du peuple, et qu’il se regardait lui-même comme possédant le droit de donner des lois à la colonie, et de lui imposer des taxes. Yardely et son conseil, qui semblent avoir été des instrumens très propres à mettre à exécution ce système de gouvernement arbitraire, ne manquèrent pas d'expliquer ainsi la lettre de leur commission , explication la plus favorable à leur propre autorité. Durant une grande partie du règne de Charles 1°", la Virginie ne connut d'autres lois que la volonté du souverain. Des statuts furent promulgués, et des taxes levées, sans qu'on appelât une seule fois les représentans du peuple à les autoriser par leur sanction. En même temps que les colons étaient ainsi dépouillés de leurs droits politiques appartenant essentiellement à des hommeslibres et à des citoyens, leurs propriétés individuelles étaient violemment envahies. Par une proclamation, énonçant des motifs également absurdes et frivoles, on leur ôtait la faculté de vendre leur tabac à personne autre qu’à certains commissionnaires autorisés par le roi à l'acheter pour son compte !, et ils avaient la mortification cruelle de voir leur souverain, qui leur devait sa proteetion, s'emparer des profits de leur industrie, en saisissant la seule marchandise de quelque valeur qu’ils avaient à vendre, pour s’en réserver le monopole. Tandis que la denrée la plus précieuse pour la colonie perdait ainsi de sa valeur pour les colons, par l'effet du monopole, la propriété mème du sol devenait incertaine dans leurs mains, par les concessions inconsidérées que Charles faisait à ses favoris, de terres dans la Virginie. Non-seulement il faisait ces concessions d’une étendue immense et défavorable aux progrès de la culture; mais, par inattention ou par ignorance de la topographie du paysil en dé‘terminait les limitesavecsi peu d'exactitude, qu'il y comprenait souvent de grandes parties de terrains déjà occupés et cultivés.

Les murmures excités par un tel système d'administration furent augmentés par la vigueur avec laquelle sir John Harvey, successeur d'Yardely, dans le gouvernement de la colonie,

tRywer, XVII, 19.

| nals ,1, 118, etc.

exerça tous les actes de son pouvoir; avide, in. sensible, hautain, il ajouta l'insolence à l'oppression, n'eut jamais aucun égard aux sentimens du peuple qu'il gouvernait, et n'écouta jamais aucune de ses remontrances. Les colons, éloignés du siége du gouvernement , et s'en laissant imposer par l'autorité d’une commission royale, souffrirent long-temps avec patience ; mais à la fin cette patience s'épuisa , et, dans un mouvement d’indignation et de fureur populaire , ils saisirent le gouverneur et l’envoyèrent prisonnier en Angleterre, accompagné de deux d’entre eux, députés pour porter au roi leurs accusations contre lui. Mais cette manière de demander justice par un procédé si violent, outre qu'elle ne pouvait se concilier avec aucune forme de gouvernement régulier, et qu’elle ne pouvait être excusée que par une nécessité urgente qui a rarement lieu dans la société civile, était absolument contraire à toutes les idées dont Charles était imbu , sur l'obéissance due par des sujets à leur souverain. La conduite descolons lui parut non-seulement une usurpation de son droit de juger et de punir ses propres officiers, mais un acte de révolte ouverte contre son autorité. Sans daigner même admettre en sa présence les deux députés, ni entendre rien de leur accusation contre Harvey, le roi renvoya le gouverneur à son poste, en renouvelant tous ses pouvoirs.

Mais quoique Charles eût pris cette mesure vigoureuse, comme nécessaire au maintien de son autorité, et pour manifester son mécontentement à des sujets qui l'avaient insulté, il semble avoir été si convaincu de la légitimité des plaintes des colons , et des torts de celui qui en était l'objet, que peu de temps après il destitua le gouverneur qui leur était devenu si justement odieux, et lui donna pour successeur sir William Berkeley, bien supérieur à Harvey par son rang et par ses talens, et distingué surtout par toutes les vertus qui pouvaient lerendre agréable au peuple, et auxquelles son prédécesseur était totalement étranger 2.

La colonie demeura près de quarante ans, sauf quelques courts intervalles, sous sa douce et prudente administration, à laquelle il faut attribuer en grande partie sa prospérité et ses

1 Rymer, XVIII, 980.

2 Beverley’s ÆHist. of Virg., p. 50. Chalmer's Æ#n-

progrès. IL faut pourtant convenir qu'elle dut ! ces avantages au roi lui-même pour la réforme que ce prince avait faite dans sa constitution et ia police, qui lui donna bientôt un nouvel as- | pect, et anima ses opérations d'un nouvel esprit. Quoique la teneur de la commission de sr William Berkeley fût la mème que celle de son prédécesseur , il avait reçu en mème temps des instructions, munies du grand sceau, par lesquelles il était autorisé à déclarer que dans toutes leurs affaires, tant civiles qu'ecclésiastiques, les colons seraient gouvernés selon les lois d'Angleterre , et à émettre des ordres pour la convocation d'assemblées du peuple qui se choisirait des représentans , lésquels, conjointement avec le gouverneur et le conseil, formeraient une assemblée générale, revêtue de la suprême autorité dans la colonie, 1} fut chargé aussi par le roi d'établir des cours de justice, dans lesquelles toutes les questions, soit civiles, soit criminelles, seraient décidées selon les formes de la procédure judiciaire établies dans la métropole,

I n'est pas aisé de découvrir quels motifs portèrent un monarque d’ailleurs obstinément attaché aux opinions et aux systèmes qu'il avait une fois adoptés, jaloux de ses droits à l'excès, et qui s'était montré contraire, en toute occasion, à toute extension de droits réclamés par son peuple, à s'écarter de son premier plan d'administration des colonies, et à accorder de tels avantages à la partie de ses sujets qui allaient s’y établir, On ne trouve rien dans les historiens dela Virginie, la plupart aussi superficiels que mal instruits, qui puisse nous instruire sur ce point. Ce qu'il y a de plus vraisemblable est que la crainte de l'esprit d'indépendance et de liberté qui se montrait déjà dans la Grande-Bretagne, extorqua de Charles des concessions favorables à la Virginie. Après s'être dispensé pendant près de douze ans de convoquer le parlement , l'état des affaires le forcait d’avoir recours à ce moyen. Ses sujets allaient trouver dans ce grand conseil de la nation un tribunal indépendant de la couronne et en état de les défendre contre elle. Ils pouvaient désormais espérer le redresssement légal de leurs griefs. Comme les colons s'étaient déjà adressés au dernier parlement, le roi ne pouvait douter qu'ils ne renouvelassent cette démarche auprès d’une assemblée nouvelle, où ils étaient bien sûrs d'être

écoutés favorablement , et il savait bier: que si son administration en Virginie était jugée d'a. près les maximes de la constitution anglaise, elle ne pouvait manquer d'être blamée. 11 u'i. gnorait pas que beaucoup d'actes plus impor.

tans de son gouvernement allaient être rigoureusement examinés dans le parlement qu'il convoquait, et ne voulant pas donner sur Ini aux mécontens l'avantage de pouvoir ajouter à la liste des griefs de l'Angleterre, celui d'une oppression exercée sur ses sujets dans des pays éloignés, il chercha adroitement à se donner le mérite d’avoir accordé volontairement aux colons des priviléges qu'il prévoyait bien qu'ils extorqueraient bientôt de lui,

Mais Charles, en établissant le gouvernement intérieur de la Virginie sur lé modéle de celui d'Angleterre, et en donnant aux colons tous les droits d'hommes libres et de citoyens, fut extrèmement soigneux de conserver la liaison de la colonie avec la métropole. Dans cette vue, il chargea Berkeley d'empêcher tout commerce direct de la colonie avec les nations étrangères; et pour assurer à l'Angleterre exclusivement les avantages que donnerait la vente des productions américaines, il fut ordonné au gouverneur d'exiger de chaque maître de vaisseau faisant voile de Virginie, l'engagement par écrit de ne débarquer sa cargaison que dans l'étendue des domaines de la Grande-Bretagne en Europe !, Mais même sous la contrainte imposée par cette loi; telle est l'influence bienfaisante d’un gouvernement libre sur la prospérité sociale, que la colonie augmenta d'industrie et de population, au point qu'au commencement de la guerre civile, elle n'avait pas moins de vingt mille habitans 2,

La reconnaissance des colons envers un monarque à qui ils devaient des avantages qu'ils avaient désirés long-temps, sans beaucoup d’espoir de les obtenir, et le crédit et l'exemple d'un gouvernement populaire à la fois et passionnément dévoué aux intérêts de son souverain, concoururent à les maintenir dansune inviolable fidélité pour Charles 1°° , même après l'abolition de la monarchie; ce monarque ayant été décapité et son fils banni, l'autorité de la couronne continua d’être reconnue et respectée en Virgi

* Chaliner’s drinats , p. 219, 232, ? Chalmer’s Annals, p. 125.

nie. Irrité lement po que la col le peuple :

donnée et et tenue d mens faits lieu de ce soustraits taient mis conséquen belles noto lement aux seaux étra désormais vaient de gouvernem rent prom avec un co furent env Après avoil et quelque:

baie de Ch rage que d la colonie p ne put soul Sa courage conditions gouvernem dée pour tc nurent la re cipation de ferme dans:

dédaigna d:

lation, et pays où sié tait, il cor homme pri:

lesquels il a Non cont république les plus eff dance de la bénéfices d’ jours de l’ac lement fit di tout comme étrangers, (

1 Thurlow's kg. 112 Beve

savait bier: que si lie était jugée d'a.

titution anglaise, tre blâamée, I u'i.

‘actes plus impor.

laient être rigoue parlement qu'il as donner sur lui | pouvoir ajouter à terre, celui d'une jets dans des pays ent à se donner le tairement aux covoyait bien qu'ils

t le gouvernement lé modéle de celui t aux colons tous de citoyens, fut mserver la liaison e. Dans cette vne, er tout commerce tions étrangères; exclusivement les ente des producné au gouverneur > vaisseau faisant nt par écrit de ne ans l'étendue des gne en Europe 1, imposée par cette aisante d’un gouité sociale, que la et de population, t de la guerre civingt mille habi-

ns envers Un moavantages qu'ils 18 beaucoup d’eset l'exemple d'un ois et passionné- | Son souverain, nsune inviolable aprés l'abolition ayant été décaé de la couronne pectée en Virgi-

nie. Irrité de cette insulte à son pouvoir, le parlement porta un acte par lequel il fut déclaré | que la colonie de Virginie ayant été établie par | le peuple anglais et à ses frais, elle était subordonnée et soumise à la république d'Angleterre, et tenue d'obéir à toutes ses lois et aux règlemens faits ou à faire par le parlement; qu'au lieu de cette soumission , les colons s'étaient soustraits à l'autorité de la république et s'éaient mis contre elle en révolte ouverte; qu'en conséquence ils étaient déclarés traltres et rebelles notoires, et leurs ports interdits non-seulement aux vaisseaux anglais, mais à tous vaisseaux étrangers, et tout commerce dvec eux désormais défendu, Les effets, en ce siècle > Süivaient de prés les menaces. Les efforts d'un gouvernement ardent à soutenir sa dignité, fu- | rent prompts et vigoureux; une forte escadre avec un Corps considérable de troupes de terre furent envoyés pour réduire les Virginiens.

Après avoir soumis à la république les Barbades | et quelques autres Îles. l'escadre entra dans la baie de Chesapeak. Berkeley, avec plus de courage que de prudence, fit prendre les armes à | la colonie pour s'opposer à cette attaque; mais il ne put soutenir long-temps un combat inégal. | Sa courageuse résistance obtint cependant des conditions favorables au peuple soumis à son | gouvernement ; une ammistie entière fut accordée pour tous les faits passés, Les colons recon- | nurent la république et furent admis à la participation de tous les droits de citoyens, Berkeley, | ferme dans ses principes de fidélité et de loyauté, dédaigna de faire pour lui-même aucune stipulation, et déterminé à finir ses jours loin du pays où siégeait un gouvernement qu'il détestait, il continua de résider en Virginie, en homme privé, aimé et respecté de tous ceux sur | lesquels il avait exercé son autorité,

Non contente d’avoir soumis les colonies, la république porta son attention vers les moyens les plus efficaces de les retenir dans la dépendance de la métropole, et d'assurer à celle-ci les bénéfices d’un commerce qui prenait tous les jours de l'accroissement. Dans cette vue, le parlement fit deux lois; l’une par laquelle ilinterdit tout commerce entre les colonies et les pays étrangers, et l'autre par laquelle il fut ordonné

!Thurlow's State papers , 1, 197. Chalmer’s Annals, leg. 112 Beverley's Æist., p. 53,

qu'aucune production de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique ne serait importée dans les domaines de ia république que sur des vaisseaux appartenant à des Anglais ou à des sujets de l'Angleterre établis dans les colonies, et dont le Capitaine serait Anglais, ainsi que la plus grande partie de l'équipage !. Mais en même temps que la république prescrivait dans sa sagesse au commerce des colonies la route dans laquelle elle lui permettait de marcher, elle s'occupait aussi d'encourager la culture de la denrée principale provenant du sol de la Virginie, par un acte du parlement qui donna force de loi à toutes les défenses portées par Jacques Ie" et Charles ler, de planter du tabac en Angleterre 2,

Sous les gouverneurs nommés par la république, ou par Cromwell, lorsqu'il eut usurpé le pouvoir suprême, la Virginie passa neuf ans

| dans une parfaite tranquillité; mais, durant | Cette période, plusieurs partisans du roi et quel-

ques chefs de bonnes familles, pour se soustraire aux dangers et à l'oppression auxquels ils étaient exposés en Angleterre, ou dans l’espérancè de réparer leur fortune ruinée, s'éta-

| blirent dans ce pays. Attachés fortement à la

cause pour laquelle ils avaient souffert et combattu, et animés de la passion naturelle à des hommes qui venaient de se trouver engagés

| dans une guerre civile, longue et cruelle, ils

confirmèrent les colons dans leurs principes de fidélité envers leurs anciens souverains, et les animèrent davantage contre les gènes imposées à leur commerce par leurs nouveaux maîtres.

À la mort de Mathews, le dernier gouverneur | nommé par Cromwell, le peuple, cessant d'être

contenu par l'autorité d’un chef, fit éclater avec violence tout son mécontentement, O:

força William Berkeley à quitter sa retraite.

| et il fut fait gouverneur de la colonie d'une voix

unanime; mais comme il refusait d'occuper cette place et d'en remplir les fonctions sous une autorité usurpée, les colons levèrent hardiment l'étendard royal, et proclamèrent Charles avec tous ses titres comme leur légitime souverain. Les Virginiens se sont long -temps vantés qu'après avoir été les derniers des sujets de leur roi à se soustraire à son empire, ils avaient été les premiers à rentrer dans leur devoir #.

1 Scobel's 4cts, p. 132, 176. — 27d., ibid, , pag. 18 * Beverley, pag. 55. Chalmer, pag. 124.

Heureusement pour les Virginiens, une révolution en Angleterre, aussi prompte qu’inattendue, ayant rétabli Charles II sur le trône de ses pères, les sauva du châtiment sévère auquel leur déclaration prématurée les avait exposés. . A la première nouvelle de cet événement, la joie et les transports furent extrèmes dans la colonie; mais äs n’y furent pas de longue durée. Charles, pour tout retour de leur loyauté et de leurs bons services, leur donna des assurances stériles de son estime et de sa bienveillance, récompense d’un si haut prix dans leur opinion qu'ils s'en fussent contentés si la négligence et l’ingratitude du roi n'avaient pas trompé dans la suite les flatteuses espérances qu'ils avaient fondées sur leur conduite passée envers lui ; mais l'esprit qui dirigeait le parlement dans ses lois relatives au commerce les alarma bientôt pour l’avenir. En faisant des règlemens pour l'encouragement du commerce

qui avait souffert dans toutes ses parties des |

convulsions de la guerre civile et des fluctuations continuelles de l'autorité, la chambre des communes, au lieu d'accorder aux colonies le secours qu’elles attendaient de quelque adoucissement aux gènes imposées à leur commerce par la république et par Cromwell, non-seulement adopta toutes les idées de ce gouvernement sur cet objet, mais les poussa beaucoup plus loin, Cette politique produisit l'acte de naviga-

des actes du parlement relativement à cette branche de l'administration. Par cet acte, outre diverses autres clauses étrangères à l’objet de cet ouvrage, il est réglé qu'aucune marchandise ne sera importée dans aucun établissement an- £lais en Asie, en Afrique ou en Amérique, ou n'en sera exportée que dans des navirés construits en Angleterre ou dans ses colonies, dont le capitaine et les trois quarts de l'équipage seront sujets de l'Angleterre, sous peine de confiscation du navire et des marchandises ; qu'aucune personne non née sujette du gouvernement anglais, ou non naturalisée comme telle, n’exercera la fonction de marchand ou facteur dans aucun établissement anglais, sous peine de confiscation de ses marchandises et autres biens mobiliers; que le sucre, le tabac, l'indigo, la laine le coton, le gingembre et les bois de

teinture du cru ou fabrique des colonies ne pourront y être embarqués pour être exportés à aucun autre pays que l'Angleterre même; et que, pour la sûreté de l’exécution de cette loi, le propriétaire du navire sera tenu de donner, avant de mettre à la voile, son engagement par écrit et avec caution pour la somme à laquelle le vaisseau et son chargement auront été préa: lablement estimés. Les productions soumises à cette législation sont distinguées dans la langue du commerce et des finances par le nom d’enumerated commodities (marchandises dénombrées); et comme l’industrie dans ses progrès en a fourni ensuite d’autres de quelque valeur, celles-ci ont été depuis ajoutées à la liste et soumises aux mêmes restrictions.

Peu de temps après cette époque, l'acte de navigation fut encore étendu, et de nouvelles restrictions furent imposées, par !esquelles il fut défendu d'importer dans les colonies aucune marchandise d'Europe, autrement qu'en des navires de l'espèce et avec les conditions prescrites par l'acte de navigation. Cette loi établit aussi de plus grandes précautions pour la sûreté de l’exaction des amendes et des peines prononcées contre les délinquans. Le gouvernement professa ouvertement dans une

| déclaration les principes sur lesquels il avait | fondé ces deux lois; savoir, qu'attendu que les | colonies d’au-delà des mers avaient été peuplées tion, la plus mémorable et la plus importante | des lois de commerce que renferme la collection |

et étaient habitées par des sujets de l'Angleterre, et pour suivre l'exemple des autres nations qu

| se réservaient à elles-mêmes le commerce de | leurs colonies 1, il fallait les tenir dans la plus | étroite dépendance de la métropole, et les ren- | dre avantageuses pour celle-ci par l'occupation

qu'elles donneraient à la navigation nationale,

| et l'accroissement du nombre de vaisseaux et

d'hommes de mer qui en serait le résultat, ainsi

| que par la vente des étoffes de laine et autres

ouvrages de l’industrie anglaise, et en rendant l'Angleterre une vaste étape. non - seulement des productions de ses colonies, mais de toutes les marchandises des autres pays dont les colonies elles-mêmes avaient besoin 2. Enfin, la législature anglaise poussa ces maximes encore

| plus loin; car, comme l'acte de navigation avait

laissé aux colons la liberté d'exporter les mar-

1 Douzième année du règne de Charles ÎLE, cap. xvur. 3 Quinzième année du règne de Charles IL cap. vr

chandises colonie à furent en une taxe taient en .

Par l’er d'assurer merce ave autres can ner, se tr corps de s:

règlemens vre de la comme gr tion à qui son pouyo eus en ho:

suggéré p:

‘les vues d’ long dans quelle de fondée; m semeus an; ces lois g dans les € sans cesse pour les ét des coloni.

pour les él L'acte d Virginie, sentir, qu colonie; m nistres avai coïncidaien qu’au lieu sentations relâche de on envoya fit élever d et on établ toute la côt du gouverr d'éluder l':

gilance ave les empèch:

considérabl ment avec d'fiudson.

avaient ser!

des colonies ne our être exportés leterre même; et tion de cette loi, a tenu de donner, à engagement par somme à laquelle t auront été préactions soumises à ées dans la langue ar le nom d’'enuchandises dénom-

dans ses progrès e quelque valeur, es à la liste et sou-

époque, l'acte de , et de nouvelles par ‘esquelles il les colonies auautrement qu’en ec les conditions igation. Cette loi précautions pour endes et des peiinquans. Le goument dans une lesquels il avait u'attendu que les aient été peuplées ts de l’Angleterre, autres nations qu

le commerce de enir dans la plus ropole, et les reni par l'occupation gation nationale, e de vaisseaux et t le résultat, ainsi le laine et autres se, et en rendant non - seulement 's, mais de toutes iys dont les colosoin 2, Enfin, la maximes encore navigation avait xporter les mar:

arles IE, cap. xvair.

harles IL cap. vi

chandises comprises dans l'énumération d'une colonie à l'autre sans payer aucun droit, elles furent encore soumises dans cette destination à une taxe équivalente à celle qu'elles supportaient en Angleterre à leur consommation.

Par l’ensemble de ces règlemens, le projet d'assurer à l'Angleterre le monopole du commerce avec ses colonies et de fermer tous les autres canaux dans lesquels il eût pu se détourner, se trouva perfectionné et réduit en un corps de système. D'un côté de l'Atlantique, ces règlemens ont été vantés comme le chef-d’œuvre de la sagesse humaine en politique, et comme grande charte du commerce de la nation à qui elle doit toute son opulence et tout son pouvoir. De l’autre côté des mers, on les a eus en horreur comme un code d'oppression suggéré par l’avidité mercantile plutôt que par

les vues d’une sage législation. J'examinerai au

long dans une autre partie de cet ouvrage, laquelle de ces opinions opposées est la mieux fondée; mais, en écrivant l’histoire des établissemens anglais en Amérique, j'ai dû rapporter ces lois gênantes avec exactitude, parce que, dans les événemens postérieurs, on retrouve sans cesse des efforts continuels de la métropole pour les étendre et les faire exécuter, et du côté des colonies, des efforts non moins soutenus pour les éluder et èn empêcher les effets.

L'acte de navigation était à peine connu en Virginie, et ses effets commençant à se faire sentir, qu'il fut l’objet des réclamations de la colonie; mais les idées que Charles et ses ministres avaient sur l'administration du commerce coïncidaient tellement avec celles du parlement, qu’au lieu d'écouter favorablement leurs représentations et leurs pétitions, on s'occupa sans relâche de mettre l'acte à exécutian. Pour cela, on envoya des instructions au gouverneur , on fit élever des forts sur les principales rivières, et on établit de petits bâtimens en croisière sur toute la côte. Les colons, ne pouvant rien obtenir du gouvernement, cherchèrent tous les moyens d'éluder l'acte, et en trouvèrent, malgré la vigilance avec laquelle ils étaient suivis, et qui ne les empêcha pas de lier un commerce clandestin considérable avec les étrangers, et particulièrement avec les Hollandais établis sur la rivière d'fiudson. Quelques militaires vétérans qui avaient servi sous Cromwell, et qui avaient été IL :

bannis en Virginie, encouragés par le mécontentement qu'ils voyaient répandu dans la colonie, formèrent le projet de s'emparer du pays et de le rendre indépendant de l'Angleterre. Ce complot hardi fut découvert par un des associés, et déconcerté d’abord par la vigueur des mesures prises par sir William Berkeley. Mais l'esprit de mécontentement, alors réprimé, ne s'éteignit pas, et chaque jour quelque nouvel événement le ranimait et le nourrissait. Ce n’est qu’avec une extrème difficulté qu'on peut détourner le commerce dans de nouveanx canaux. Le tabac, cette production principale de la colonie , bornée à n'être vendue qu’à un seul marché , baissa prodigieusement de prix. Il s’écoula un peu de temps avant que l’Angleterre pôt fournir aux colons tous les objets nécessaires à une colonie , sans lesquels elle ne peut faire de progrès et assurer. sa prospérité. Les Indiens établis vers la tête des rivières, observant les symptômes généraux d’affaiblissement et de iangueur de la colonie, se hasardèrent d'abord à attaquer les établissemens les plus voisins d’eux et à faire des incursions dans l'intérieur du pays. Ces hostilités, tout inattendues qu'elles étaient de la part d’un peuple avec qui les Anglais vivaient depuis longtemps en bonne intelligence, inspirèrent moins de terreur aux plus riches colons qu'une mesure prise par le roi dans le même temps. Charles imita imprudemment l'exemple de son père, en accordant en Virginie, à plusieurs de ses courtisans des concessions de terres si vastes qu'elles troublaient absolument la distribution antérieure des propriétés dans le pays, et rendaient précaires et disputables les titres de possession des plus riches planteurs sur les terres qu’ils avaient défrichées. Par ces diverses causes, affectant plus ou moins vivement tous les habitans de la colonie, l’indignation devint générale, et s’alluma à un tel point que rien ne leur manquait plus, pour les porter à une révolte déclarée, qu'un chef capable de les réunir et de diriger leurs mouvemens f,

Ce chef se trouva dans Nathaniel Bacon, colonel de milice, qui, quoique établi en Virginie depuis trois ans seulement, par ses manières populaires, son adresse insinuante, et la considération qu'il tirait d’avoir été élevé dans la

! Chalmer's Annals, cap. x, x111, x1V, passim. Bo» verley, p. 68.

profession d'homme de loi, avait obtenu une estime si générale qu'il avait été admis au çonseil, et était regardé comme un des plus respectables habitans de la colonie. Bacon était ambitieux, éloquent, entreprenant et animé, ou du zèle du bién public, ou par l'espoir de. s'élever lui-même aux places et au pouvoir. Il se méla aux mécontens, et par ses discours hardis , et ses promesses de leur faire obtenir justice, il les enflamma jusqu’à la frénésie. Les dévastations commises par les Indiens étant la calamité la plus vivement sentie par le plus grand nombre, il accusa le gouverneur d'avoir négligé les mesures propres à contenir et à repousser les sauvages, etexhorta les habitans à prendre les armes pour leur propre défense, et à exterminer cette race odieuse, Ils s’assemblèrent en grand nombre, et choisirent Bacon pour leur général, Celui-ci s'adressa au gouverneur pour en obtenir une commission qui confirmât le, choix du peuple , offrant de marcher sur-le-champ contre l'ennemi commun. Berkeley, à qui l'habitude du commandement donnait des idées très hautes du respect dû à sa place, considéra cet armement tumulluaire comme une insulte auverte À son autorité, et soupçonna que, sous des apparences spécieuses, Bacon cachait des desseins dangereux. Ne voulant pas cependant enflammer encore cette multitude par un refus direct et hautain, il crut plus sage de négocier pour gagner qu temps, etce ne fut qu'après avoir fait inutilement différens efforts pour les calmer qu'ilémit une proclamation, leur ordonnant au nom du roi de se disperser sous peine d'être déclarés rebelles.

Mais Bacon, convaincu qu'il s'était trop avancé pour reculer sans mettre en danger sa réputation et sa personne, prit sur-le-champ la seule résolution qui convînt à sa situation. A la tête d’une troupe choisie, il marcha rapidement sur James-Town; et, environnant la maison où Je gouverneur et le conseil étaient réunis, il redemanda la commission qu'il avait déjà voulu avoir. in. avec.la hauteuret l'indignation d'un brave homme, recevant avec dédain les deman-

| des d’un rebelle, s'y refusa avec fermeté et le front calme, présenta sa poitrine découverte | aux épées tirées contre lui; mais les conseillers, craignant qu'en poussant à bout la multitude enragée, au pouvoir de laquelle ils étaient, on

n'amenât sur la colonie de plus grands maux eucore, consentirent à donner à Bacon une com mission qui l'établissait général.en chef de: toute la force armée en Virginie ; et, à force d'instan. ces, obtiurent de Berkeley sa signature. Bacon et sa troupe se retirèrent triomphans; mais à peine leur retraite eut-elle éloigné la crainte du danger présent, que, par une transition ordinaire aux âmes faibles, une hardiesse présomptueuse succéda chez.eux à une crainte excessive, La commission donnée à Bacon fut déclarée nulle, comme ayant.été extorquée à main armée. Il fut déclaré rebelle; ses adhérens furent sommés d'abandonner ses drapeaux , et Ja milice convoquée pour se rendre aux ordres du gouverneur.

Bacon, indigné d'une conduite qu'il appelait bassesse et trahison ; au lieu de continuer sa marche contreles. Indiens ; revint à l'instant sur ses pas, et se porta avec tout ce qu'il avait de forces sur James-Town. Le gouverneur, hors d'état de résister à un corps sinombreux, prit la fuile et traversa la baie pour gagner Aconiak, sur Je,rivage de l'est, Quelques-uns des conseillers l'y accompagnèrent ; d’autres se retirèrent sur leurs plantations. Par:la fuite du gouverneur et la dispersion du conseil , le gouvernement de la colonie semblait dissous ,.et Bacon en possession du pouvoir suprême ; mais, convaincu:que ses compatriotes ne demeuréraient pas Jlongtemps soumis à une autorité acquise par la force des armes, il s’efforça de fonder la sienne sur une base plus constitutionnelle, en.obtenant la sanction de l'approbation du peuple. Dans ce dessein, il convoqua les habitans les plus considérables de la colonie, et les détermina à se lier eux-mêmes par serment, à le maintenir.en place et à résister à toute tentative faite pour l'en chasser ;:et dès ce moment il regarda son autorité comme légalement établie.

Berkeleycependant , a:'antrassemblé quelques forces, fit diverses incursions dans les pays où l'autorité de Bacon. était reconnue. .Il y eut plusieurs combats.très âpres avec différens succès. James-Town fut réduite en cendres ,et:les:cantons les mieux cultivés de la province furent dévastés, tantôt par.un parti, tantôt par l'autre; mais ce n'était pas à l'aide de ses faibles moyens que le gouverneur espérait réduire les rebelles. Il avait de bonne heure fait parvenir au roi les

nouvelles c un corps d insurgens, comme si commerce , joug de la mouvemen voulant m:

qui devera dont on co:

fit partir p lenombre d Bacon et se:

mement et lurent d'op dirent que traiter.en e à Berkeley, mis leurs su souyerain lui devaient Mais, tar avec une 6 guerre civil tion presqu excitée. Ba tomba mala ses adhéren:

ft assez bie aspirer au c conduire et, sèrent. Une eux. Tous après une c Berkeley , ils à son gouve don général.

Ainsi fut | les annales , nom de Ba fut pendant dis que le £ canton éloif nombre de événement, vrais motifs.

jusqu'où il p vernement €

! Beverley

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:Siguature. Bacon iomphans; mais à igné la crainte du e transition ordiardiesse présompcrainte excessive, acon fut déclarée uée à main armée.

érens furent somaux,et Ja milice x ordres du gou-

uite qu'il appelait \ de continuer sa int à l'instant sur ce: qu'il avait de gouverneur , hors si nombreux , prit r gagner Acomak, s-uns des conseil.

itres.se retirèrent ite du gouverneur gouvernement. de : Bacon en possesjs, Canvaincu: que araient pas longquise par la force der la sienne:sur e, en:obtenant la peuple. Dans ce ns les plus consiétermina à se lier naintenir en place e faite pour l'en regarda son auie.

ssemblé quelques dans les pays où nue. Il y eut pludifférens succès.

ndres ,.et.les can- \ province furent antôt par l’autre; es faibles moyens luire les rebelles.

rvenir au roi les

nouvelles de ce qui se passait, et avait demandé ua corps de troupes suffisant pour soumettre les insurgens, qu'il avait représentés en même temps comme si aigris par les gènes imposées à leur commerce, qu'ils étaient disposés à secouer le joug de la métropole. Charles, alarmé de ce mouvement aussi dangereux qu'inattendu, et voulant maintenir son autorité sur une colonie qui devesait plus précieuse tous les jours, et dont on commençait à connaître mieux le prix, fit partir promptement une petite escadre avec lenombre de troupes qu'avait demandé Berkeley, Bacon et ses partisans furent instruits de cet armement et n'en furent pas intimidés; ils résolurent d'opposer la force à la force, et prétendirent que cette résistance, et la résolution de traiter,en ennemis tous ceux qui se réuniraient à Berkeley, tant que les colons n'auraient pas mis leurs sujets de plainte sous.les yeux de leur souverain , se conciliait avecla soumission qu'ils lui devaient 1.

Mais, tandis que les deux partis préparaient avec une égale animosité les horreurs d'une guerre civile, un événement calma cette agitation presque aussi subitement qu'elle avait été excitée. Bacon, prêt à entrer en campagne, tomba malade et mourut. Il ne setrouva parmi ses adhérens personne qui eût ses talens , Ou qui

fût assez bien dans la confiance du peuple pour |

aspirer au commandement. Sans chef pour les conduire et les animer, leurs espérances s’affaissrent. Une défiance mutuelle se glissa parmi eux. Tous désirérent un accommodement ; et après une courte négociation avec sir William Berkeley , ils posèrent les.armes et:se soumirent à son gouvernement , sur la promesse d’un pardon général. £

Ainsi fut terminée uneinsurrection qui, dans ls annales de la Virginie, est connue sous le nom de Bacon's rebellion. Ce chef audacieux ft pendant sept mois maître de la colonie, tandis que le gouverneur était confiné dans un canton éloigné et mal peuplé. Dans le petit nombre de monumens qui nous restent de cet événement, il n’est pas aisé de reconnaître les vrais motifs. qui lui firent prendre les armes, ni jusqu'où il prétendait porter ses plans de gouvernement et ses vues de commerce pour la

‘Beverly Aist., p.75, 76.

colonie. Il est probable que sa conduite, comme celle de tous les chefs de parti, eût été réglée d'après les événemens, et que, selon qu'ils lui eussent été favorables. ou contraires, ses demandes et ses yues eussent été plus bornées ou plus étendues. .

Aussitôt que sir William Berkeley eut recouvré son pouvoir, il en usa pour convoquer une assemblée de représentans du peuple, en qui il trouverait des conseils et une autorité capables de rétablir l'ordre et la tranquillité. Quoique cette assemblée fût formée peu de semaines seulement après la mort de Bacon, lorsque le souvenir des injures réciproques était encore récent, et que les passions excitées par de si vives contestations avaient eu bien peu de temps pour se calmer, les représentans se conduisirent avec une modération rarement exercée par le parti vainqueur dans une guerre civile. Personne ne fut puni de mort : quelques-uns furent condamnés à des amendes; d'autres furent dé.

clarés incapables de remplir des fonctions pu: bliques, et avec .ce petit nombre d’exceptions l'amnistie générale fut confirmée par l'assemblée, Peu de temps après, Berkeley fut rappelé, et le colonel Jefferys nommé son successeur.

De cette époque à la révolution d'Angleterre en 1688, l'histoire de la Virginie n'offre presque aucun événement bien remarquable. La paix fut faite avec les Indiens. Sous différens gouverneurs , la colonie fut administrée d’après les maximes d’autoritéarbitraire qui caractérisèrent les dernières années de Charles II , et:les conseils imprudens qui égarèrent Jacques II. Les Virginiens, avec une constitution ressemblante à celle d'Angleterre, jouirent à peine d'aucune partiou de la liberté que cet admirable système de gouvernement est destiné à assurer, Ils furent privés même de la dernière consolation, des Opprimés, le pouvoir de se plaindre. Une loi fut promulguée dans la colonie, par laquelle il fut défendu, sous des peines très sévères, de parler irrespectueusement du gouverneur, et

| d'avilir, soit par paroles, soit par écrit, le

gouvernement .de la colonie {. Cependant les lois génantes et appressives du commerce

| étaient un grief intolérable, et entretenaient

dans les esprits un mécontentement qui prenait

* Beverley, p.81. Chalmer, p. 341.

pius d'aigreur de la nécessité même de le cacher; mais, malgré cette circonstance défavorable, la colonie prenait de l'accroissement. L'usage du tabac en Europe était devenu général; et quoiqu'il fût tombé beaucoup de prix, l'étendue de la demande compensait cette diminution, et

eurichissait les planteurs en donnant à leur in dustrie un objet constant d'occupation. A la révolution, le nombre des habitans de la colonie passait soixante mille ! ; et dans l’espace de vingt-huit ans, sa population se trouvait plus que doublée 2.

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