SUR L’'HISTOIRE
rait croire que cette espèce d'abruissement naît de la | servile dépendance où ils vivent, l'exemple des Grecs | modernes prouvant assez combien l'esclavage est propre à dégrader les hommes ; mais les Indiens des missions et les sauvages qui jouissent de leur liberté étant pour le moins aussi bornés, pour ne pas dire aussi stupides que les autres, on ne peut voir sans humiliation combien l'homme abandonné à la simple nature, privé d'éducation et de société, diffère peu de la bête.» ( Relation abrégée d'un voyage, etc. p. 52 et 53.) M. de Chanvalon, observateur intelligent et philosophe, qui se rendit à la Martinique en 1751, et qui y résida pendant six ans, à fait des Caraïbes le portrait suivant : «Ce n'est pas la couleur rougeätre de leur teint, ce ne sont pas leurs traits différens des nôtres, qui mettent une si grande différence entre eux et nous; c’est leur excessive simplicité; ce sont les bornes de leur conception. Leur raison n’est pas plus éclairée ni plus prévoyante que l'instinct des bêtes. Celle des gens de la campagne les plus grossiers, celle même des nègres élevés dans les parties de l'Afrique les plus éloignées du commerce, laisse entrevoir quelquefois une intelligence encore enveloppée, mais capable d accroissement. Celle des Caraïbes ne parait presque pas en être susceptible. Si la saine philosophie et la religion ne nous prêtaient pas leurs lumières, si l’on se décidait par les premières impulsions de l'esprit, on se-
rait porté d’abord à cféire que ces peuples n’appartien-
nent pas à la méfne espèce humaine que nous. Leurs
yeux stupides sont le vrai miroir de leur âme ; elle paraît
sans fonctions ; leur indolence est extrême. Jamais de
soucis pour le moment qui doit succéder au moment
présent. » (Foyage à la Martinique , p. 44, 45 et 51.)
MM. de la Borde, Du Tertre et Rochefort, confirment cette
description. « Les marques caractéristiques des Califor-
niens , dit le père Venegas, de même que tous les autres
Indiens, sont la stupidité et l’insensibilité ; le défaut de
connaissance et de réffexion ; l'inconstance, l’impétuosité
et un appétit aveur;'e ; une paresse excessive qui leur Fait abhorrer la fatigue et le travail ; l'amour du plaisir et des amusemens, queélque insipides et grossiers qu'ils soient ; la pusillanimité et le découragement; en un mot, le défaut total et absolu de tout ce qui constitue l'homme, et le vend raisonnable, inventif, traitoble, utile à luiméme et à la société. Il n’est'pas aisé aux Européens qui ne sont pas sortis de leur pays de se former une juste idée des peuples dont je parle. On aurañ de la peine à trouver dans le récoin le moins fréquenté du’globe, une nation aussi stupide, aussi bornée, aussi faible d'esprit et de corps que les malheureux Californiers. Leur intelligence ne va pas’ au-delà de ce'qu’ils voient : les idées abstraites, les raisonnemenk: les moins compliqués sont hors de leur portée, de manière qu'ils ne perféctionnent presque jamais leurs premières idées: encore sont-elles fausses et imparfaites: On a beau leur faire sentir les avantages qu’ils peuvent se procurer en agissant de tellé ou telle façon, ou en:s'abstenant dé ce qui les flatte, on: ue gagne rien sur eux; ils ne peuvent comprendre lé rapport qu’il y a-entre les moyens et les fins; ils ne savent ce que c’est que de s'occuper à se procurer un bien ou à se garantir d'un mal dont ils sont menacés. Leur volonté est proportionnée à leurs facultés, et toutes leurs passions n'agissent que dans une 8phère très bornée, Ils n’ont absolument point d’ambition, et ils sont infiniment plus jaloux de passer pour robustes que pour vaillans.
Ils ne connaissent ni l'honneur, ni la réputation ni léé titres, ni les postes, ni les distinctions de supériorité; de manière que l'ambition, ce puissant resort des ac tions humaines, qui cause tant de biens appareus et tant de maux réels dans le monde, n’a aucun pouvoir sur eux. Cette disposition d'esprit les rend non-seulernent paresseux, indolens, inactifs et ennemis du travail. mais leur fait encore saisir avec émpressement le premier objet qui se présente devant eux pour peu qu'il leur plaise. Ils regardent avec indifférence 128 services qu'on leur vend, et n’en conservent aucune reconnaissance. En un mot, on peut les comparer à des enfans en qui la raison n’est pas encore développée. C’est proprement une nation chez qui aucun individu ne parvient à l'âge viril, » ( Hist. nat. et civ. de la Califor., t. 1, p. 39, 90.) M. Ellis parle de même de l'indolence et du caractère inconséquent du peuple qu’on trouve près de la baie d'Hüdson. ( Voy., p. 194, 195. )
Les Américains sont si stupidés que tous les nègres en fénéral ônt une aptitude beaucoup plus grande qu'eux à apprendre les différentes choses qu'on veut leur enseigner et dont il leur est impossible de saisir l’idée; c’est pourquoi les nègres, quoique esclaves, sé croient des êtres d’une nature supérieure aux Américains, qu'ils ne regardent qu'avec mépris, comme incapables de discernement et de raison. (Ulloa, Notic. americ., p. 322, 323.)
NOTE 53, p. 548.
Dobrizhoffer, le plus récent des voyageurs qui aient résidé parmi une tribu de sauvages de l’Amériqué , a expliqué d'une manière si claire les diversés raisons qui engageaient leurs femmes à allaiter long-temps leurs enfans, et à ne jamais persévérer à élever ceux qui étaient faibles et mal conformés, et même à détruire un nombre considérable de leurs enfans, que ce qu’il dit jette une vive lumière sur mes propres observations. (AHisë. de Abissonibus, v. Il, p. 107, 221). Ces idées sont si profondément imprimées dans l'esprit des Américains, que les Péruviens, qui sont tr#s civilisés si on les compare avec les peuples sauvages dont je dépeins les mœurs, les ont retenues malgré leur commerce journalier avec les Espagnols, Ce peuple regarde encore la naissance des jumeaux comme un événement de mauvais augure, et les parens 62. recours à des actes de la plus rigoureuse mortification pour écarter les malheurs dont ils sont menacés, Lorsqu'un enfant est né avec quelque difformité, ils cherchent à éviter de le faire baptiser, et ce n’est pas sans peine qu’on les engage à le nourrir, (Arriaga, Extirpac. de la idolat. del Peru, p. 32, 33.)
NOTE 54, p. 550.
La quantité de poisson qu’on trouve dans les rivières de l’Amérique méridionale est si considérable qu’elle mérite quelque attention: Le père Acugna dit, «qu’il y a une si graride quantité de poisson dans le Maragnon, qu'on peut le prendre avec la main sans employer aucun artifice (p. 138).» «L'Orénoque, dit le père Gumilla, produit une si grande quantité de tortues, que je ne saurais trouver des termes pour l’exprimer. Je ne doute même pas que ceux qui liront ce que je vais dire, ne m'accusent d’exagtérer la chose ; mais je puis les assurer qu’il est aussi difficile de les compter que de compter le
828 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
sable des rivages de l'Orénoque. On peut juger de leur quantité par la consommation extraordinaire qu'il s’en fait; car toutes les nations et tous les peuples voisins de ce fleuve, et même ceux qui en sont éloignés, s’y rendent avec leurs familles pour en faire la récolte : et non-seulement ils s’en nourrissent tout le temps qu’il dure, mais ils en font même sécher pour les emporter chez eux, y joignant une multitude de corbeilles pleines d'œufs qu'ils ont fait cuire au feu, etc.» (Hist. de l'Orénoque, tom.ll, ch. xxur, p. 59, 60.) M. de La Condamine confirme ces récits (p. 159).
NOTE 55, p. 550.
Piso a décrit deux de ces plantes, la cururuape et la £guajana-timbo. 1 est singulier que quoiqu’elles opèrent ce fatal effet sur les poissons, bien loin d’être nuisibles à l’homme, on s’en sert avec succès dans la médecine, (Piso, lib. av, c. zxxxvur.) Bancroft parle d’une autre plante, nommée hiarree, dont une petite quantité suffit pour enivrer les poissons à une distance considérable; de sorte qu’en peu de minutes ils flottent sans mouvement sur la surface de l’eau, où il est facile de les prendre. (Wat. Hist. of Guiana, p. 106.)
NOTE 56, p. 551.
Nous avons des exemples remarquables des malheurs auxquels des nations sauvages ont été exposées par la famine, Alvar Nugnès Cabeca de Vaca, l’un des plus vertueux aventuriers espagnols, a demeuré pendant neuf ans parmi les sauvages de la Floride qui ignoraient foute espèce d'agriculture, et dont la nourriture était aussi mauvaise que précaire. «ils vivent principalement, dit-il, des racines des plantes, qu’ils ne se procurent qu’avec beaucoup de peine, en errant de tous côtés pour les chercher. Ils tuent quelquefois un peu de gibier et prennent du poisson, mais en si petite quantité, que la faim les oblige à manger des araignées, des œufs de fourmis, des vers, des lézards, des serpens et une espèce de terre onctueuse ; je suis même persuadé que s’il se trouvait dans ce pa, < quelques pierres ils les avaleraient. Ils gardent les arêtes de poisson et de serpent, qu'ils réduisent en poudre pour les manger. La seule saison pendant laquelle ils ne souffrent point de la famine est celle où se mûrit un certain fruit, qu’ils nomment funas. » (Naufragios, e. xvin, p. 20, 21, 22, ) 11 remarque dans un autre endroit qu’ils sont souvent réduits à passer deux ou trois jours sans manger (c. xx1v, p. 27).
NOTE 57, p. 52.
M. Fermin a donné une description exacte des deux espèces de manioc, avec un détail sur la manière de les cultiver, à quoi il a joint quelques expériences qu'il a faites pour se convaincre des qualités vénéneuses du suc extrait de l’espèce qu’il appelle cassave amère, connue parmi les Espagnols sous le nom de yuca-brava. ( Descript. de Surinam, t. 1, p.66.)
NOTE 58, p. 552.
On trouve le plantain en Asie ten Afrique aussi bien qu'en Amérique. Oviedo prétend que ce n’est point une
plante indigène du Nouveau-Monde, mais qu'elle a été portée à Hispaniola en 1516, par le P, Thomas de Berlanga, qui l'avait prise aux Îles Canaries, où les boutures originaires en avaient été apportées des Indes orientales. (Oviedo, lib. vur, c. 1.) Cependant l'opinion d'Acosta et d’autres naturalistes, qui le regardent comme une plante de l'Amérique, paraît mieux fondée. (Acosta, Æist. nat. ; lib. 1v, 21.) 11 était cultivé par des peuples sauvages de l'Amérique qui avaient peu de communication avec les Espagnols, et qui étaient privés de cette intelligence qui porte l’homme à imiter des nations étrangères ce qui peut lui étre utile, (Gumil., I, p. 186. Foy. de Wafer, p. 87.)
NOTE 59, p. 552.
Il est surprenant qu’Acosta, l’un des écrivains les plus exacts et les plus instruits sur les affaires d’Amérique , affirme que le maïs, quoique cultivé sur le continent, n’était pas connu dans les fles, où l’on ne mangeait que du pain de cassave (Æist. nat., lib. IV, c. xvr.) Mais Martyr, dans le premier livre de ses Dévades, qu’il écrivit en 1493, après le retour du premier voyage de Colomb, cite expressément le maïs comme une plante cultivée par les insulaires, et dont ils faisaient du pain ( p. 7). Gomara assure aussi qu'ils connaissaient la culture du maïs. (Æist, génér., c. xxvur.) Oviedo décrit le maïs sans dire que ce fût une plante qui n’était pas naturelle à Hispaniola (lib. vir, c. 1).
NOTE 60, p. 556.
La Nouvelle-Hollande, pays qu’on ne connaissait autrefois que de nom, mais qui depuis peu a été visitée par des observateurs intelligens, est située dans une région du globe où l'on doit jouir d’un climat très heureux, puisqu’elle s'étend depuis le dixième jusqu’au trente-huitième degré de latitude septentrionale. Sa surface carrée est plus grande que celle de toute l'Europe. Le peuple qui en habite les différentes parties paraît ne former qu'une seule race. Îl est évidemment moins civilisé que la plupart des Américains, et. a fait moins de progrès dans les arts de la vie, On n’aperçoit pas la moindre trace de culture dans toute cette vaste étendue de terre, Les habitans sont en si petit nombre que le pays paraît presque désert. Leurs tribus sont beaucoup moins considérables que celles de l'Amérique. Ils ne vivent pour ainsi dire que de poisson; ils n’ont point de demeure fixe, mais errent de côté et d’autre pour chercher leur nourriture. Les deux sexes vont entièrement nus. Leurs habitations, ieurs ustensiles, etc., sont plus simples et plus grossiers que ceux des Américains. (Voyages, elc., par Hawkesworth, t. I, p. 104, etc., in-4°.) La Nouvelle-Hollande est peutêtre le pays où l’on trouve l’homme dans l’état de la plus grande ignorance, et où il nous offre le plus triste exemple de sa condition et de ses moyens dans cet état de nature brute, Si dans la suite de nouvezux voyageurs y font des recherches plus exactes, la comparaison des mœurs de ses habitans avec celles des Américains ne pourra manquer de former un arti:le intéressant et instructif pour l’histoire de l'espèce humaine.
Le P obligèr nois à cents li suivant rencout dans de de riviè tantôt il rêts épa et d'épir pleins d ceinture fallait p quelque injures docteur Caroline quinze j( (Nat. 1 Ordas, « rique m pendant (Herrera
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NOTE 61, p. 555.
Le P. Gabriel Marest, que les affaires de sa mission obligèrent de se rendre de Cascaskias, village des Ilinois à Machillimakinac, c'est-à-dire à plus de trois cents lieues de là, nous donne de ce pays la description suivante, «Nous avons marché pendant douze jours sans rencontrer une seule âme. Tantôt nous nous trouvions dans des prairies à perte de vue, coupées de ruisseaux et de rivières, sans trouver aucun sentier qui nous guidât ; tantôt il fallait nous ouvrir un passage à travers des forêts épaisses, au inilieu de broussailles remplies de ronces et d'épines ; d’autres fois nous avions à passer des marais
pleins de fange, où nous enfoncions quelquefois jusqu’à la.
ceinture. Après avoir bien fatigué pendant le jour, il nous fallait prendre le repos de la nuit sur l'herbe ou sur quelques feuillages, exposés au vent, à la pluie et aux injures de l'air. { Lettres édifiantes, p. 360, 361.) Le docteur Brickell, dans une course qu'il fit en 1730, de la Caroline septentrionale vers les montagnes, marcha quinze jours sans rencontrer une seule créature humaine. (Nat. Hist. of North Carolina, p. 389.) Diego de Ordas, qui voulut former un établissement dans l’Amérique méridionale en 1532, parcourut de même ce pays pendant quinze jours sans y trouver un seul habitant. (Herrera, Decad, V, lib. 1, c. 11)
NOTE 62, p. 655.
Je suis fort porté à croire que la communauté de biens
et la jouissance commune des vivres ne sont connues | que des peuples chasseurs les plus sauvages, et que l'idée
du droit exclusif de propriété sur les fruits de la terre |
naît chez une nation au moment qu’elle connait quelque
espèce d'agriculture ou d'industrie réglée. Les détails | septentrionale. «{is n’ont ni lois ui souverains pour punir
que j'ai reçus sur l’étai de la propriété chez les Indiens !
de différentes parties de l'Amérique me confirment dans cette opinion, « L'idée des naturels du Brésil touchant la propriété est que , si quelqu'un a cultivé un champ, lui seul doit jouir de son produit, sans qu'aucun autre puisse y prétendre. Tout ce qu’un individu ou une famille prend à la chasse ou à la péche appartient de droit à cet indi-
vidu ou à cette famille, sans qu'on soit obligé d'en faire | part à qui que ce soit, excepté aux caciques ou à quelque |
parent malade. Si quelqu'un du village entre dans leurs cabanes, il peut s’y asseoir et manger sans en demander la permission ; mais ce n’est qu’une conséquence de leur principe général d’hospitalité ; car je ne me suis jamais aperçu qu'ils partageassent la récolte de leurs champs ou le produit de leur chasse, ce qu'on aurait pu regarder comme le résultat de quelque idée de communauté de biens. Ils sont au contraire si attachés à ce qu’ils regardent comme leur bien propre, qu'il serait très dangereux de vouloir les en priver. Je n'ai jamais vu ni entendu parler d'aucune nation indienne de l'Amérique méridiouüale, parmi laquelle cette communauté de biens qu'on vante tant soit connue. Ce qui coûta le plus aux jésuites à faire goûter aux Indiens du Paraguay fut la jouissance commune de biens, qu’ils introduisirent dans leurs missions , et qui était contraire aux idées antérieures de ces Indiens. ils connaissaient les droits d’une propriété privée et exclusive, et ne se soumirent qu'avec répugnance
chev de Pinto, entre les mains de l'auteur.) La possession actuelle, ditun missionnaire qui pendant plusieurs années a résidé parmi les Indiens des cinq nations, donne un droit sur un terrain ; mais lorsque le possesseur le quitte, un autre a le même droit de s’en. rendre maître qu'avait eu celui qui vient de le quitter. Cette loi ou cette coutume ne regarde pas seulement le terrain sur lèquel est bâtie une maison. mais encore un champ cultivé. Si quelqu'un a préparé une pièce de terre pour y bâtir ou planter, personne n'a le droit de l'en priver, et moins encore de lui enlever le fruit de ses travaux, à moins qu'il ne renonce lui-même à sa possession; mais je n’ai jamais entendu parler d’un acte formel de cession d’un Indien à un autre dans leur état naturel. Les limites de chaque canton sont marquées, c’est-à-dire qu'il leur est permis de chasser jusqu'à telle rivière d'un côté et de telle montagne de l’autre. Cet espace est occupé et cultivé par un-certain nombre de familles, qui jouissent en particulier du fruit de leur travail et du produit de leur chasse, sans qu'il soit permis à la communauté d’y prétendre. (Manuscrit de M. Hawley Gideon , entre les mains de l’auteur.)
NOTE 63, p. 556.
Cette différence entre le caractère des Américains et celui des nègres est si frappante, qu'il est passé en proverbe dans les îles françaises, « que regarder un sauvage de travers, c’est le battre; le battre, c'est le tuer ; battre un nègre, c’est le nourrir, » (Du Tertre, tom. 11, p. 489.)
NOTE 64, p. 558.
La description de l’état politique du peuple de Cinaloa ressemble parfaitement à celui des habitans de l'Amérique
leurs crimes, dit un missionnaire qui a vécu long-temps
| parmi eux. Ils n’ont aussi aucune espèce d'autorité on de | gouvernement politique qui les contienne dans de cer-
taines bornes. Ils ont, à la vérité, des caciques qui sont les chefs des familles ou des villages; mais leur autorité se borne à les commander pendant la guerre ou lorsqu'ils font quelques expéditions contre leurs ennemis. Cette autorité des caciques n’est pas héréditaire, et ils ne la doivent qu’à leur valeur pendant la guerre ou au pouvoir et au nombre de leurs parens et de leurs amis. Quelquefois même ils obtiennent cette prééminence par leur éloquence à faire valoir leurs propres exploits. » ( Ribas, Hist. de los triumph. etc., p. 11.) L'état des Chiquitos dans l'Amérique méridionale est à peu près le même. «ls n’ont aucune forme régulière de gouvernement ou de société civile; mais sur les objets d'intérêt public, ils écoutent les conseils de leurs vieillards, qu'ils suivent ordinairement. La dignité de cacique n’est pas héréditaire, et n'est accordée qu’au mérite ou à la valeur. Il ne règne parmi eux qu'une espèce d'union imparfaite. Leur société ressemble à une république sans chef, où chacun est ie maitre de sa personne et peut, sur le moindre dégoût , 8e séparer de ceux avec qui il paraissait le plus lié, » (Rela-, cion historical de lus missiones de los Chiquitos, por P. Juan Patr. Fernandez, p. 32,33.) Ainsi il paralt que les nations qui sont dans un même état de société
quoique habitant des climats fort différens, ont les mêmes
à des lois qui y étaient opposées. » (Manuscrit de M. le institutions civites et la même forme de gouvernement.
NOTE 65, p. 561.
«J'arconnu des Indiens, dit un auteur fort instruit de leurs mœurs, qui pour se venger ont fait mille lieues à travers des forêts, des montagnes et des marais de roseaux, exposés à toutes les intempéries de l'air, à la faim et à la soif. Leur désir de vengeance est si violent, qu’il leurfait mépriser tous ces dangers, pourvu qu’ils aient le bonheur d’enlever la chevelure du meurtrier ou d’un ennemi, afin d’apaiser les ombres irritées de leurs parens massacrés. » ( Adair, Æist. of Amer. Indians, p. 150.)
NOTE 66, p. 561.
Les exploits que Piskaret , chef des Algonquins et Iroquois, a exécutés pour la plupart seul ou avec un où deux de ses compagnons, tiennent une place distinguée dans l'histoire de la fameuse guerre entre les Algonquins et les Iroquois. ( De la Potherie, tom. 1, p. 297, etc. Colden, Aist. des cinq Nations, p. 125.) -
NOTE 67, p. 562
La vie d’un chef qui échoue dans une expédition est souvent en danger, et il est toujours dégradé du rang qu'il avait obtenu par ses exploits antérieurs. ( Adair, p. 388. )
NOTE 68, p. 562
Comme la manière de faire la guerre chez les peuples de l’Amérique septentrionale est généralement connue, j'ai fondé principalement mes observations sur les témoignages des auteurs qui en ont parlé, Mais on retrouve les mêmes maximes chez d’autres nations. Un missionnaire judicieux nous a donné une description des opérations guerrières du peuple du Grand-Chaco, dans l’Amérique méridionale, et ces opérations ressemblent parfaitement à celles des Iroquois. « Presque tous ces Indiens sont anthropophages, et n'ont d'autre occupation que la guerre et le pillage. fls se sont rendus formidables aux Espagnols par leur acharnement dans le combat, et plus encore par les stratagèmes qu'ils emploient pour les surprendre. S'ils ont entrepris de piller une habitation, il n’y a rien qu’ils ne tentent pour tenir dans une fausse sécurité ou pour écarter ceux qui peuvent la défendre. Ils cherchent pendant une année entière le moment de fondre sur eux sans s’exposer ; ils ont sans cesse des espions en campagne, qui ne marchent que la nuit, se traînant, s’il le faut, sur les coudes, qu’ils ont toujours couverts de calus. Cest ce qui a fait croire à quelques Espagnols que par des secrets magiques ils prenaient la forme de quelque animal , pour observer ce qui se pasau chez leurs ennemis. Lorsque eux-mêmes sont surpris, le désespoir les rend si furieux, qu’il n’y a point d’Espagnol qui voulôt les combattre avec égalité d'armes. On a vu des femmes vendre leur vie bien cher aux soldats les mieux armés.» (Relacion chorographica del Gran haco,de P. Lozano, p.78, Hist. génér. des voyages, tom. XIV, p. 75.)
Lery, qui a été le témoin oculaire d’une bataille entre les Topinambous et une autre nation puissante du Brésil,
NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
nous à donné un tableau frappant du courage et de la férocité de ces peuples : « Ego cum Gallo altero, dit-il, paulo «curiosius, magno nostro periculo (sienim ab hostibus « capti aut læsi fuissemus devoraiioni fuissemus devoti), « barbaros nostros in militiam euntes comitari volui, Hi, «numero 4000 capita, cum hostibus ad littus decertarunt, «tanta ferocitate, ut vel rabidos et furiosos quosque su- «perarent. Cum primum hostes conspexere, in magnos «atqueeditos ululatus perruperunt. Hæc gens adeo fera est «cettruculenta ; ut tantisper dum virium vel tantillum res «tet, continuo dimicent, fugamque numquam capessant «Quod a natura illis inditum esse reor. Testor interez «me, qui non semel, tum peditum tum equitum copias «ingentes in aciem instructas hic conspexi, tanta nun- « quam voluptate videndis peditum legionibus armis ful- «gentibus, quanta tum pugnantibus istis perculsum « fuisse.»(Lery, Æist. navigat. in Brasil, ap. de Bry, tom. 111, p. 207, 208, 208.)
NOTE 70, p. 263.
Les Américains, ainsi que les autres peuples sauvages, coupaient autrefois la tête aux ennemis qu’ils tuaient à Ja guerre, pour la rapporter en trophée; mais comme ces têtes les incommodaient beaucoup dans leur retraite, qu'ils font toujours avec précipitation, et quelquefois jusqu’à une grande distance, ils se sont contentés ensuite d'enlever la chevelure avec la peau du crâne. Quoique cette coutume soit plus en usage dans l'Amérique £eptentrionale, elle ne laisse pas d'être connue des peuples méridionaux. (P. Lozano, p. 79.)
Les paroles de la chanson de guerre semblent dictées par ce même esprit féroce de vengeance. « Je vais en guerre venger la mort de mes frères : je tuerai, j’exterminerai, je saccagerai, je brûlerai mes ennemis; j'amènerai des esclaves, je mangerai leur cœur, je ferai sécher leur chair, je boiraï leur sang, j'apporterai leur chevelure, et je me servirai de leurs crânes pour en faire des tasses, » ( Nouv. Foy. aux Indes occid., par M. Bossu, in-12, t. 1, p. 115, note.)
Des personnes instruites m'ont assuré que depuis que le nombre des Indiens a considérablement diminué, ils ne mettent presque plus aucun de leurs prisonniers à mort, parce qu'ils regardent comme une politique plus sage de leur accorder la vie et de les adopter. Ces scènes terribles dont j'ai parlé arrivent aujourd’hui si rarement, que des missionnaires et des négocians qui ont demeuré long-temps parmi les Indiens n’en ont jamais vu.
NOTE 72, p. 665.
Tous les voyageurs qui ont visité les peuples les moins civilisés de l'Amérique s'accordent sur ce fait, qui se trouve confiriné par deux exemples remarquables, Lors de l'expédition de Narvaës dans la Floride, en 1428 , les Espagnols furent réduits, pour conserver leur propre vie, à manger ceux de leurs compagnons qui mouraient; ce qui parut si révoltant aux Indiens, accoutumés à manger leurs prisonniers, qu’ils ne regardèrent plus les Espagnols qu'avec horreur et indignation. ( Torquemada, Monarcq. ind., 1. W, p. 84. Naufragios de AÀlv. Nugnés Cabeca de Vaca, c. xiv, p. 15.) Quoique les
Mexicains Mexico le:
sonniers , manger le Diaz del p. 156. )
On trot dont les F une relat des Portu; les Topina tivité. Il qu'il décr cruel des des efforts Bry, t. Il legagnon qui demeu cord avec souvent le du Brésil p.210.) Ur cularités r' sous silenc
Quoique cains l'opi qui se trou respectabl reconnu q ce sujet, L depuis pet conslitutio sensibles à trouve plu:
ils souffren ( Noticias ont fait les disent-ils, l'amputatic moindre s.
Cette id les premie parmi les « videtur c ©. XVI.) D rendus plu d'employer la propriét tourner ch par le Jus Pand., t, les nègres.
nier. Dés « comme un conne per chee, des
courage et de la féro- ) altero, dit-il, paulo (sienim ab hostibus ni fuissemus devoti), s comitari volui, Hi, ad littus decertarunt, furiosos quosque suspexere, in magnos læc gens adeo fera est um veltantillum res numquam capessant reor. Testor interes tum equitum copias onspexi, tanta nunlegionibus armis fulbus istis perculsum Brasil, ap. de Bry,
res peuples sauvages, mis qu’ils tuaient à la ée; mais comme ces dans leur retraite, tion, et quelquefois ontcontentés ensuite
du crâne. Quoique 8 l'Amérique septenconnue des peuples
rre semblent dictées igeance. « Je vais en 8 : je tuerai, j’exteri mes ennemis; j'ai leur cœur, je ferai 1g, j'apporterai leur crânes pour en faire Indes occid., par
suré que depuis que lement diminué, ils
leurs prisonniers à 1e une politique plus s adopter. Ces scènes urd’hui si rarement, ans qui ont demeuré pnt jamais vu.
les peuples les moins sur ce fait, qui se remarquables. ‘Lors "loride, en 1528 , les rver leur propre vie.
8 qui mourajent; ce ccoutumés à manger dèrent plus les Estion. ( Torquemada, ragios de Ale. Nup. 15.) Quoique les
Mexicains dévorassent avec avidité pendant le siége de !| Mexico les Espagnols et les Tlascalans qu'ils faisaient prisonniers, la famine la plus cruelle ne put les engager à manger les corps morts de leurs compatriotes. (Bern. pi Castillo, Conquist. de la nuev. Espagna , p. 156.)
NOTE 73, p. 565.
On trouye plusieurs exemples singuliers de la manière dont les peuples du Brésil traitent les prisonniers, dans une relation de Stadius, officier allemand au service des Portugais, publiée en 1556. {1 fut fait prisonnier par les Topinambous qui Je tinrent pendant neuf ans en captivité. 11 fut souvent le témoin de ces fêtes horribles qu'il décrit, et il était luj-même destiné à subir le surt cruel des autres prisonniers; mais il sauva sa vie par des efforts extraordinaires de courage et d'adresse. (De Bry, t. I, p. 34, etc.) Lery, qui accompagna M. de Villegagnon dans son expédition au Brésil, en 1556, et qui demeura long-temps dans ce pays, se trouve d'accord avec Stadius dans toutes les circonstances. 11 fut souvent le témoin oculaire de la manière dont les peuples du Brésil traitent leurs prisonniers. (De Bry, t. ll, p.210.) Un auteur portugais en rapporte plusieurs particularités remarquables, que Stadius et Lery ont passées sous silence. (Purch., Pilgr., t. IV, p. 129-4, etc.)
NOTE 74, p. 567.
Quoique j'aie suivi touchant cette apathie des Américains l'opinion qui paraît être la plus raisonnable, et qui se trouve appuyée par l'autorité des auteurs les plus respectables , il y a cependant des écrivains d’un mérite reconnu qui ont donné des théories fort différentes sur ce sujet, D. Antonio Ulloa, dans un ouvrage qui a paru depuis peu, prétend que la contexture de la peau et la constitution physique des Américains les rend moins sensibles à la douleur que le reste des hommes. Il en trouve plusieurs preuves dans la tranquillité avec laquelle ils souffrent les plus cruelles opérations de chirurgie, etc. ( Noticias americanas, p.313, 314.) Des chirurgiens ont fait les mêmes observations dans le Brésil. «Un Indien, disent-ils, ne se plaint jamais de la douleur, et souffre l’amputation d'un bras ou d’une jambe sans pousser le moindre soupir.» (Ms. entre les mains de l'auteur.)
NOTE 75, p. 687.
Cette idée est naturelle à tout peuple grossier. Dans les premiers temps de la république , c'était une maxime parmi les Romains qu'un prisonnier, « tum decessisse « videtur cum captus est ». (Digest., lib. xuix, tit, xv, ©. xvin.) Dans la suite, lorsque le progrès du luxe les eut rendus plus indulgens sur cet article, ils furent obligés d'employer deux fictions de jurisprudence pour assurer la propriété, et pour permettre à un prisonnier de retourner chez lui, l’une par la loi Cornelia, et l’autre par le Jus postliminii. Heinecii, juris civ sec. ord. | Pand., t, 1, p. 294.) Les mêmes idées se trouvent chez | les nègres, Jamais on n’y a reçu la rançon d’un prisonnier. Dès qu'on en prend un à la guerre, il est regardé comme un homme mort, et on peut en effet le regarder Corine perdu pour sa patrie et pour sa famille. (Foy. du ches, des Marchaïs, 1 À, p. 369.)
NOTE 76, p. 568.
Les naturels du Chili, les plus braves et les plus fiers de tous les peuples américains, sont les seuls excepltés de cette observation. ls combattent leurs ennemis en pleine campagne ; leurs troupes s’avancent et altaqueut non-seulement avec courage, mais avec ordre, Quoique les peuples de l'Amérique septentrionale puissent pour la plupart changer leurs arcs et leurs flèches pour des armes à feu d'Europe, ils suivent toujours leur ancienne manière de faire la guerre et ne s’écartent point de leur système particulier ; mais les opérations militaires des peuples du Chili ressemblent beaucoup à celles des nations de l’Europe-el de l'Asie, (Ovalle, Relation of Chili. Churchill's Coll, t. I, p. 71. Lozano, Aist. del Parag., 1.1, p.144, 145.)
Herrera nous en à donné un exemple singulier. A Yucatan les hommes sont si soigneux de leur parure. qu'ils portent partout avec eux des miroirs, qui sans doute sont faits de pierre, comme ceux des Mexicains (Decad. IV, lib. mx, c. vux), et dans lesquels ils aiment beaucoup à se regarder; mais les femmes n’en font jamais usage. ( Decad. AV, lib. x, c. nr. ) 11 remarque que parmi les Panches, peuple féroce de la Nouvelle- Grenade, il n’y a que les guerriers distingués à qui il soit permis de percer leurslèvres et d’y porter des pierres ou d’orner leurs têtes de plumes. ( Decad. VII, lib. 1x, C. 1V). Quoique le royaume du Pérou fût très civilisé, il y avait cependant des provinces où Ja condition des femmes était déplorable. Elles étaient chargées du soin
| de la culture et des travaux domestiques. 11 ne leur était
pas permis de porter des bracelets ou d’autres ornemens dont les hommes se paraient avec complaisance. (Zarate, Aist.del Peru, 1.1, p.15, 16.)
NOTE 78, p. 569.
J’ai hasardé d'appeler cette méthode d’oindre et -de peindre leurs corps, l'habillement des Américains ; ce qui s'accorde même avec leur propre idiome. Ils ne sortent jamais de leurs maisons s’ils ne sont oints depuis les pieds jusqu’à la tête, et ils s’excusent de sortir en disant qu'ils ne peuvent point paraître parce qu'ils sont nus. (Gumilla, AÆist. de l'Orénoque, t. 1, p. 191.)
NOTE , 79, p. 569.
On trouve dans la province de Cinaloa, dans le golfe de Caïifornie , des peuples qui paraissent vivre dans un état de société, quoiqu'on puisse les compter parmi les nations les plus grossières de l'Amérique. Ils ne cultivent ni ne sèment jamais; ils n’ont même aucune habitation. Ceux de l’intérieur du pays ne vivent que de la chasse, et ceux des côtes que de la pêche; les uns et les autres suppléent au reste par les différentes productions spontanées de la terre. Comme ils n’ont aucun abri pendant les temps pluvieux, ils rassemblent des roseaux ou des herbes fortes, qu’ils lient par un bout ei qu’ils ouvrent de l’autre pour leur servir d'espèce de capuchon, qui, sémblable à un auvent, reçoit la pluie et les en garantit pendant plusieurs heures. Dans les temps chauds ils se forment avec des branches d’arbres un abri contre
832 NOTES ET ECLAIRCISSEMENS
les rayons brülans du soleil. Pour se préserver du froid, ils font de grands feux autour desquels ils dorment en plein air. ( Historia de los triunfos de nuestra santafé, entre gentes las mas barbaras, etc., por P. And Perez de Ribas, p. 7, elc.)
NOTE 80, p. 570.
Ces maisons ressemblent à des granges. Nous en avons mesuré qui avaient cent cinquante pas de long sur vingt pas de large. Il y en a où plus de cent personnes habitent ensemble (Wilson's Account of Guiana. Purch, Pilg., vol. LV, p. 12, 63; ibid., 1291. Les maisons des Indiens, dit M. Barrère, ont l'air d’une extrême pauvreté, et sont une image parfaite des premiers temps. Toutes ces cases ou huttes, qui sont ordinairement bâties ou sur une hauteur, ou au bord de quelque rivière, pêle-mêle et sans aucun ordre, forment un aspect des plus tristes et des plus désagréables. On n'y voit rien que de hideux et de sauvage. Le paysage n'a rien de riant. Le silence même qui règne dans tous ces endroits, et qui n’est interrompu quelquefois que par le bruit désagréable des oiseaux ou des bêtes fauves, n’est capable d'inspirer que de la frayeur. ( Nouvelle relat. de la France équin., p. 146, 147.)
On trouve dans l'Amérique méridionale des peuples qui ont l’art de lancer des flèches à une grande distance et avec une force extraordinaire sans se servir d’arcs. « Îls font usage d’une sarbacane par le moyen de laquelle ils soufflent une flèche à plus de cent vingt pas. Cet instru ment est fait d'un roseau naturel et creux, long de neuf à dix pieds, de la grosseur d'un bon pouce; et pour que la flèche puisse atteindre à un si grand éloignement, à cause de sa grande légèreté , ils en enveloppent le gros bout de coton non filé, qui la fait entrer avec un peu de difficulté dans la sarbacane; ce qui, comprimant l'air, la fait sortir avec une rapidité surprenante, sans quoi il ne serait pas possible de lui faire traverser un si grand espace. Ces petites flèches sont toujours empoisonnées. » (Fermin, Descrip. de Surinain, t. 4, p.55. Bancroft’s Hist. of Guiana, p. 281, etc.) Les peuples des indes orientales font un grand usage de cette-sarbacane.
NOTE 82, p.571.
Jde pourrais en rapporter plusieurs exemples, mais je |
me bornerai à en citer un seul, pris chez les Esquiiaux. « Leurs ares sont d’une constrwetion fort ingénieuse, dit M. Ellis, lis sont ordinairement composés &e trois mor-
ceaux de bois , qu’ils savent joindre très proprement et | avecun art admirable. C'est du sapin ou du mélèze que |
les Anglais nomment en ce pays genévrier, qu’ils em-
ploient communément pour cet usage, et comme ces bois | ne sont ni forts mi élastiques, ils suppléent à l’un et à l'autre en renforcant leur arc par derrière, avec une es- | pèce de bande faite de nerfs ou tendons de leurs bêtes
fauves. lis ont soin de mettre sauvent leurs arcs dans | l'eau, ce qui, faisant rétrécir lescordes, :eur donne par-là | plus d'élasticité et les fait porter plus loin qu'ils ne fe- | raient autrement. Îls sont habitués à cet exercice depuis | leur jeunesse , et ils tirent avec une dextérité inconce- | vable, foyage à la baie d'Hudson, t. W, p. 27, 28.) |
NOTE 83, p. 571,
Le besoin est le grand mobile qui excite et guide l'homme dans les inventions nouvelles. 11 y a cependant une inégalité si grande dans les progrès des découvertes, et quelques nations ont si fort devancé les autres, quoique dans des circonstances presque semblables, qu'il faut attribuer cette différence à quelque événement de leur his: toire ou à quelque cause particulière de leur situation physique que nous ignorons. Les habitans de l'Île d'Otahiti, découverte depuis peu dans la mer du Sud, surpas sent de beaucoup la plupart des Américains dans la connaissance des arts d'industrie; cependant ils ignoraient la méthode de faire bouillir l’eau, et n'avaient aucun vase dans lequel ils pussent la contenir et la soumettre à l'action du feu : ils ne concevaient pas plus qu'on pût l'é: chauffer que la rendre solide. ( J’oyages autour du monde, rédigés par Hawkesworth,t. 1, p. 132,155, in-4o.)
| NOTE 84, p. 571.
Une de ces chaloupes, qui pouvait contenir neuf hommes, ne pesait que soixante livres, (Gosnal, Re/at, des voy. à la Virgin. Rec. de voy. au nord, 1. V, p. 403)
- NOTE 85, p. #72.
Ulloa nous en donne une preuve remarquable, « Dans leurs fabriques de tapis, de rideaux et de couvertures de lit, et autres semblables étoffes, toute leur industrie con siste à prendre chaque fil l’un après l'autre ; à les compter chaque fois, et à y faire ensuite monter la trame; de sorte que pour fabriquer une pièce de quelqu'une de ces étoffes, ils emploient jusqu'à deux ans ou même davantage. (Voyage au Pérou, t. |, p. 336.) Bancroft donne la même description des naturels de la Guyane (p. 255). Suivant Adair les Indiens de l'Amérique septentrionale n’ont pas plus d'esprit ni de dextérité (p. 422).
| Les planches qu’en trouve dans Purchas (t. HI, p. 1106), | des peintures des Mexicains, me font croire que ce peuple | ne possédait pas une méthode plus parfaite ni plus | prompte de tisser. L'invention d'un métier était au-des-
sus de la portée de l’esprit des Américains les plus civilisés. Ils sont si lents dans tous leurs ouvrages, qu'un de leurs ouvriers demeure plus de deux mois à faire avec son couteau une pipe à fumer. (Adair, p. 423.)
NOTE 86, p. 572.
ie P, Lafitau, dans ses Hœurs des sauvages, emploie 347 pages fastidieuses in-4o pour le seul article de la religion.
NOTE 87, p. 573.
J'ai renvoyé le lecteur aux différens auteurs qui ont
| parlé des peuples les moins civilisés de l'Amérique. Leur
témoignage est uniforme. Celui du P. Ribas touchant le peuple de Cinaloa s'accorde avec tous les autres, « Pendant plusieurs années, dit-il, que je résidai parmi ces peuples, je fus très attentif à observer si l'on devait les regarder comme idolâtres, el je puis assurer avec vérité,
| que quoiqu'on trouve chez quelques-uns des traces d’ido-
lAtrie , les autres n’ont point la moindre connaissance de Dieu, ni ae fausse divinité, et qu'ils ne rendent aucun
hommage
aucun aol
\ Le peu fréquent barties di eux un o cxpretsif celui de le tonne Church.
Suivan funéraill sentimen étaient f honneur sort, el vant dan qu'on do queur «1 reux s0r d'avaler semblab
ils son dans les santé d'u t. 1, p.4 p 319.
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Les O que, en grains d çons ca violens plutôt 1:
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e qui excite et guide elles. 11 y a cependant ogrès des découvertes, rancé les autres, quoi- > semblables, qu'il faut événement de leur hislière de leur situation rabitans de l'Île d'Otaa mer du Sud, surpas méricains dans la conpendant ils ignoraient et n'avaient aucun vase et la soumettre à l’acas plus qu'on pôt l'é:
Voyages autour du rth,t. 1, p. 132,155,
ait contenir neuf hom- 8, (Gosnal, Re/at, des au nord, t. V,p. 403.)
e remarquable, « Dans 1x et de couvertures de oute leur industrie con \ après l'autre ; à les isuite monter la trame; pièce de quelqu'une de deux ans ou même da- . 1, p. 336.) Bancroft naturels de la Guyane s de l'Amérique septenni de dextérité (p. 422).
urchas (t. M, p. 1106), nt croire que ce peuple
plus parfaite ni plus un métier était au-desiméricains les plus civiursouvrages, qu'un de deux mois à faire avec dair, p. 423.)
des sauvages, emploie le seul article de la re-
fférens auteurs qui ont és de l'Amérique. Leur du P. Ribas touchant le c tous les autres, « Penque je résidai parmi ces server si l'on devait les puis assurer avec vérité, es-uns des traces d'ido- 1oindre connaissance de \'ils ne rendent aucun
hommage formel A l'Étre suprême qui gouverne le monde. Île ne peuvent se former aucune idée de la providence d'un créateur de qui ils doivent attendre dans la vie futare la récompense de leurs vertus et la punition de leurs crimes. Ils ae s’assemblent jamais on public pour exercer aucun acte de religion. (Ribas, Zriunfos, ete. p. 16.)
Le peuple du Bréal était si étonné du tonnerre, qui est fréquent et terrible dans ce paye, ainsi que dans d'autres barties de la zone tosride, que c'était non-seulement pour eux un objet de culte religieux, mais que le mot le plus oxpressif de leur langue pour désigner la Divinité était celui de foupan, dont ils se servent aussi pour désigner le tonnerre (Piso, de Medec. Brasil., p.8. Nieuhoff, Church. Joll., 1. 1H, p. 132)
NOTE 89, p. 676.
Suivant le rapport de M. Dumont, témoin oculaire des funérailles du grand chef des Natchez, il paraît que les sentimens de ceux qui se sacriflaient à cette occasion étaient fort différens. 11 y en avait qui briguaient cet honneur avec ardeur; d'autres cherchaient à éviter leur sort, et plusieurs même conservèrent la vie en se sauvant dans les bois Les bramines donnent aux femmes qu'on doit brûler avec les corps de leurs maris une liqueur vaivrante, qui les rend insensibies à leur malheureux sort ; les Natchez obligent de même leurs victimes d'avaler plusieurs morceaux de tabac, ce qui produit un semblable effet. (Mém. de la Louisiane, t. 1, p. 227.)
NOTE 90 , p. 679.
ils sont très licencieux en plusieurs Occasions, surtout dans les danses instituées pour le rétablissement de la santé d’une personne malade, (De la Potherie, Æist., ete, t. 1, p.42. Charlevoix. Zist. de la Nouv.-France, 1, W, p 819.) Mais leurs danses sont ordinairement telles que je les ai décrites,
NOTE 91 , p. 580.
Les Othomaques, qui habitent les bords de l'Orénoque, emploient pour ce même effetune poudre faite de grains d'yuapa et de coquilles de eertains gros colimacons calcinés au feu et pulvérisés. Les effets en sont si violens quand on la prend par le nez, qu'elle inspire plutôt la fureur que l'ivresse, (Æist. de l'Orénoque, par Gumilla, t, 1, p. 286.)
NOTE 92, p. 581,
Quoique cette observation soit vraie à l'égard de la plupart des nations méridionales, il y en a cependant quelques-unes où l’intempérance des femmes n'est pas moins excessive que celle des hommes. (Bancroft's Val. Hist, of Guiana, p. 275.)
NOTE 93, p 582.
On trouve de ces circonstances contradictoires et inexpliquables dans les auteurs tes plus judicieux qui ont paclé des mœurs des Américains, Le P. Charlevoix, que la dispute de son ordre avec celui des Franciscains sur
lu.
l'esprit et les connaissances des peuples de l'Amérique septentrionale intéressait à exposer leurs qualités mo- : rales et intellectuelles dans le jour le plus favorable, nssure qu'ils sont continuellement occupés à négocier avec leurs voisine, et qu'iis font paraître dans leura négroclations autant d'habileté que de noblesse de sentimena, N ajoute cependant « qu'il y va de tout pour un plénipoten- , tiaire d'employer tout ce qu'il a d'esprit et d'éloquence; cer al len propositions ne sont pas agréées, il faut qu'il se tienne bien sur ses gardes, I n'éat pas rare qu'un coup de hache soit l'unique répanse qu'on lui fasse, 1 n'eat pas même hors de danger quand il a évité la première surprise; il doit s'attendre à être pourauivi, et À être brûlé s'il est pris. (Æist, de la Nouv.-Fr., tom, M, p, 867.) De
| hommes capables de se porter À de pareils actes de vlo:
lence paraissent ignorer les principes sur lesquels es
fondé le commerce réciproque entre les nations, et au lieu des négociations perpétuelles dont parle Charlevoix, il paraît impossible qu'il y ait même la moindre communtcation entre ces peuples.
NOTE 94, p. 683,
Tacite dit des Germains: « Gaudens munevibus, sed nec data imputant, nee acceplis obligantur,» (De mor, Germ,, €, Xx1,) Un auteur qui s'est trouvé à portée d'observer le principe qui porte les sauvages à ne montrer aucune reconnaissance des dons qu'ils ont reçus , et à n'attendre aucun retour de ceux qu'ils ont faits, explique ainsi leur idée à ce sujet : «Si vous m'avez donné ceci,
| dikent-ils, c'est que vous n'en aviez pas besoin vous-
mème ; quant à moi, je ne donne jamais ce que je crols pouvoir m'être nécessaire, »(Mém. sur les Galibls, Hist des plantes de la Guiane française, par M, Aubelet, tom, 1, p. 110.)
NOTE 95, p. 588.
And. Bernaldès, contemporain et ami de Colomb, a
| cité quelques exemples du courage des Caraïbes, dont
Ferdinand Colomb et les autres historiens de ce temps n'ont pas parlé. Un canot caraïbe où il y avait quatre hommes, deux femmes et un enfant, se trouva un jour,
| sans le savoir, au milieu de la flotte de Colomb, loraqu' | son second voyage il passait entre leurs fles, ls restèrent
d'abord dans un étonnement stupide à la vue d'un pareil spectacle, et ne sortirent presque pas de la même place pendant plus d'une heure, Une barque espagnole, armée de vingt-cinq hommes, s'avanca vers eux et la flotte même les entoura peu à peu jusqu'à leur couper toute communication avec la côte, « Lorsqu'ils s'apercurent, dit l'historien, qu'il leur était impossible de s'échapper, ils saisirent leurs armes avec un courage intrépide, et commencèrent l'attaque, Je dis avec un courage intrépide, parce qu'ils n'étaient qu'en petit nombre, et qu'ils voyaient une grande multitude prête À les assaillir, Ma blessèrent plusieurs Espagnols, quoique ceux-el cussent des boucliers et d'autres armes défensives, Lors même que le canot eut chaviré, ce ne fut qu'avec beaucoup de peine et de danger qu'on en prit quelques-uns, parce qu'ils ne cessaient de se défendre et de faire usage dé leurs ares avec beaucoup d'adresse, quoique najjeant en piéine mer, (Æist. de D. Fern. y D. Vsab., manus., €. ExWx)
NOTES ET ÉCLAIRCISSÈMENS
NOTE 96, p. 588. |
On peut former une conjeclure fort: protialife' sûr Id: ! cause qui distingue le! caractère dèb Caraïbes! d'irvee celuit des habitans des plus grandes îles. 1l'paratt clatiement' | que les premiers sont d’hhe:race parieuliète: beur lmgue est'totalément différente de celle de lenrs:voisine, halte | tans des grandes flesi M!y'a même parmi eux une-tradt | tion: qui porte que leurs: ancêtres sont' origtiairentents | venus de quelque partie du grarid'continent,. et qu'après: | avoir conquis et exterminé les anciens habitaris-des/ iles; ils ont pris possession de leurs terrestetidelletrre formesi: (Rochefort, p. 384: Du Tertre, p. 368:) C’est pouti celhr} qu'iliont pris lénom de Bunaréé, qui sigriGb\ur:hortmer > venu‘d'äu: delà de la:mer. (abat, tomb Vi, 'p: 481:)1ies Caraïbes ont même-encore deux lauguesidifférentes, dont: : l'une est particulière aux hommres'et l’autre auxferhrhbs: (Du Tertre, p: 361.) Là langue‘des hermites” n'a rierl de! commun avec! celle: qu'on’ parte” däns lésigrandès'tiesy mais l’idiome des femmes y ressemble beaucoup (babat;, p. 129); ce qui confirme encore la tradition dont j'ai parlé. Les Caraïbes eux-mêmes pensent qu'ils sont une colonie de Galibis, nation puissante de la Guiane, dans l'Amérique méridionale. ( Du. Tertre, p.861. Rochefort, p:348.) Mars comme leurs mœurs féroces- ont plus de rapport avec celles des nations-quit habitent le nord du. continentqu'avec:celles des peuples de l'Amérique méridionale, que d'ailleurs: leur langue à quelque. analogie. avee.celle qu’on: parle dans:la-Floride,.il est-à croire qu'ils descendent. plutôt des-premiers: que des autres. (.Labat,
p. 128, eto, Herrera, Decad. À, lib. 1x,.0. 1v.) Dans leurs: guerres-ils conservent encore. l’ancien: usage de. détruire toules. mâles\et de-ne laisser la vie qu'aux personnes de l’autresexe, pour leur servir d'esclaves ou: de femmes.
La connaissance de tout ce qui s’est passé à la conquête de la: Nouvelle-Espagné nous viental sources plus authentiques et plus originales que celles'qui nous: ont: transthis les autres événemiens de l'histoire dél'Améri-: que; et parmi ces monumens; il n'y en a! pas: de plus précieux et'de plus anciens que'les lettrés-adressées par Cortès à l’empereur Chiarles-Quint! Comme: Cortès: se rendit bientôt indépendant de Velasquez, il était obligé d'envoyer à la’ cour de Madrid un détail! de ses opérations qui pôt lui mériter l'approbation de sou souverain,
Sa première dépéche n'a jamais été rendue! publique. Elle fut écrité à la Vera-Cruz le 16 juillet 1649;.et dait avolr été remise à l’empereut pendant son séjour en Allemage, puisqu'il quitta l'Espagne le 22 mai de cette an-
née, pour aller recevoir la couronne impériale. J'ai fait | | de Cortès, dans un traité de Znsulis nuper inventis,
en Espagne et en Allemagne toutes les recherches pos-
sibles pour trouver une copie de cette lettre, mais inuti- | lement. Cette perte ne peut pas être d’une grande consé- | | ment après son premier débarquement. Cet ouvrage, qui | est court et superficiel, paraît contenir les relations don-
quence, parce que la lettre écrite immédiatement après Varrivée de Cortès dans la Nouvelle-Espagne ne devait
contenir rien d’essentiel. La seconde dépéche, datée du |
30 octobre 1520, fut publiée à Madrid en 1522; latroi- | | par les officiers chargés‘dës dépéthes de Cortès,
sième’et la quatrième parurent peu de temps après qu’on les eut reçues. En 1532 on en imprima en Allemagne une traduction latine. Rarusio leur donna une plus grande publicité en les insérant dans son précieux r'ecueil, Ces lettres contiennent une histoire exacte et pré-
cise de l'expédition de Cortés, avet’ plisieurd partfétitau rités intéressantes touchant lès mœuts et les:couthmnes’ des Mexicains. Cet onvräge fait honneur à Cortès: Le: stylé en est simple ét claif; mais comme l'avait 1e pli gratrd intéréti à préheniter" sésopératlont sbus le jou" 1b plug ‘favorable, d'est a’crofre qu'il dt exägété eds viv:: toires, diminué ses pertes et pallié les actes de rigueur et de violence auxquels‘il'a pu:# pottet*
Bouvragequisuituelui:deGortès est la Ghronica de le NueïtarEspagndæ per Francisco Lopez. de Gomära, publiéeten 166h:Le-mérite-historique.de Gomara est.très. distingué sa manière de nawrer-est-claire, facile, toujourstagréablé et souvent même élégante; mais» il. est. quelquefdis- inexaet.et: crédule, Sa:qualité.de chapelain. pattielliert d8 Cortès: après somretuur de: la Nouvelle- Espagne, et par l'ordre de quiitcomposa sans-douie.cet ouvrage, le fait soupçonner d’avoir cherché à augmenter le mérite de son héros, et à cachet'owidu moins à voiler les actions qui. auraient pu nuire à sa gloire. Herrera l’accuse de ce défaut dans une occasion. (Dècæd. M, lb. nt, c. n), et'ce n'ést pas IX seule où sa prévention parait nttas nifestement. Cependant il'a écrit avec tant de liberté 'sut" plusieurs mesures prises par la cour d'Eèpagne, que lbs! copiés de son Histoire des lidés’et de s4 Chroniqiie Aitent retirées pat’uri décret dù conistil dés Ihdles; on‘lesrefarda même’lohg:temps en Espigtie contimédes livres probbés, et ce n’ést qué dépuis peu' qu'on’ a accordé la perttlssion de‘les publiér (Pineto, Biblioth., p. 589:)
La Ctirontue de Gomara’ engagea' Bernat Diaë der Cslillb a compôset sûn' Æistorté verdlailéra derlæconquista de la: Nieva Æipagña. Compagnon: de Cortès dans toutes ses batailles , il l'avait été de toutes les expéditions de la NouvellééEspagiie, éd s'était trouvé dans toutes les occasions périlleuses. Lorsqu'il vit que ni luiméme ni la plüpart dé'ses comipagnonn'avalent éL6cités par Gomarä, maif que l'Honheur'de' lëurs exploits! était auribaé à Cortès'seul, ce‘bravevélérati prit aveu indi guätion là’ plumie’ eV coMipüsa son Æistoire véridique. Elie contient uti rétit nilhutieux et'prolite de toutés'les opérations de Cortès, dans un style aussi duf'et'aussi bas qu'on peut l’attendre d’un soldat non lettré. Mais comme il parle des faits' dont il'a été 1e témoin et souvent un. des’ principaux acteurs; sa narration porte Lous les caractères de: la vérité ;: elle est d’ailleurs écrite avec tant de naïveté, aveo des-détails si intéressans, avec une vanité: si amusante, mais- si pardonnable dans un vieux soldat, qui, comme il s'en vante lui-même, s'est trouvé à cent. dix-neuf batailles;:que son livre est un des plus
| curieux qu'on puisse lire dans quelque langue que @
soit.
Pet. Martyr ab Angleria afait le récit de l'expédition
qu'il a joint à sés Détadés de Rebus oceanicis ét novo orbe ; mais il n'y parle due de ce qui'arriva iminédiatenées par Cortès même dans ses prethiéres lettres, embel:
lies de plusieurs particularités communiquées à l'auteur
Mais le livre ‘où les-historiens- modernes ont puisé le plus de faits touchant la conquête de la Nouvelle-Espagne.
| cest l’Aistoria de la conquistæ de: Mexico, .por don.
Antonio: de Solis, publié pour la première. fois en-1684.:
Je ne co!
plus élev parsosicx dans laili de hasar gnols se préteudr sa dictio:
soignées flures le impropr cependatr il ne lui:
saires à!
trieuse q partialité n’a cher Cortès u:
de: toute.
découvri contribu critiques vés. Quo paraît ni souvent ( la plus st contemp Mais d qui nous tanciéde d’Améric sulté non et les ac sur lubje candeur cades for placer p l'ordre c server d rend son cerést d les diver les: sour {Decad:
Cortès pour son ur accid obscure :
d'une da sur'leque ment: ble (Gornara
Certès buero et mes réu:
quante | Amériqu Decad.
dsteura partiéulau de et les:coutühmes" eur à Cortts Le:
mcilavatt 1e pli ont sbué: le jout' Ie etägété sde vivo actes de rigueur et
tla Ghronica de Lopez. de Gomära, le: Gomara est.très.
Maire, facile, toujante; mais» il eat.
ualité.de chapelain.
r de: la Nouvellejosa sans-douie.cetr erché à augmenter du moins à voiler sa gloire. Herrera Decad. MA, 1. ut, vehtion parät0nia tant de hibetté sut d'Espagne, que les!
à Chroniiqiie Airent def; on‘légrefarda les livres prombés:
ordé la’ perfiission 5891)" à Bernal Diay del lhiér'a’de!léconipagnon’ dé Cortès de toutes les expés'était trouvé dans qu'il vit que ni luin'avalent ét6’cités lébré exploits! était ati prit aveu indis istoire véridique.
rolike de toutés'les aussi duf'et'aussi jat non lettré, Mais * témoin et souvent tion porte tous les urs écrite avec tant sans, avec.une vaable dans un vieux même, s’est trouvé vre est. un des plus que langue que @
écit de l'expédition is nuper invenlis, oceanicis et nova arriva imrnédiatet. Cet ouvrage, qui r les relations donéres lettres, embel:
iniquées à l'auteur de Cortès,
dernes ont. puisé le Nouvelle-Espagne.
e: Mexico, .per d0D:
mière. fois en1684.
SUR L'HISTOIRE D'AMÉRIQUE. 83b
Je ue connais point d'auteur que sa gloire littéraire ait NOTE 100, p, 591.
plus élevé au-dessus de son mérile réel. Solis est regardé | Les noms de ces braves officiers, dont il sera sou M utbe , k , ] von REP EUTREER lutes ner desderivainslempiuspurs | parlé dans cette histoire, sont Juan Velasquez de Lie. dans lallangue:castillane ; et: s'il estiperthisuniétranger | Alonso Hérnandèe Pbriobarréro Francisco de Montei 4 dehasaoden son: opinian suv.une matière dent les Bepa | Christoval de Olid, Juan d'Éscalante Francisco de Morla gnols seuls doivent: être juges, j'ose dire qu'il a droit.de | Pédro de Âtvarady Francisco de Saléeda Jüan de Fsco. prétendre àce titre. Maisquoiqueson langage sehoonreet, | bar, Ginès de Nortez; Cürtès commandait en personne le pra ms con bre à ir vaisseau amiral, Francisco déOrozco, officièr formé dans duseu Loës figures: donts:ibres»: sent. nt Giants: où | les guerres d'Italie, avait le commañdèment de l'artillepara é : | rie, le premier pilote était d’une habileté éprouvée et se propres et ses: réflexions, superficielles, On pourrait nommait Alaminos cependant lui pardonner aisément ces défauts; si d'ailleurs : il ne luismanquait pas toutes les grandes qualités néces: saires à un historien, Dépourvu de cette. patience. indus- NOTE 101, p. 592: trieuse qui conduit à la connaissance du. vrai et. de l'impartialité qui, perce tout. avec une attention réfléchie ,. il n’a cherché qu'à établir son système favori en- faisant: de Gortès un héros: parfait, exempt de tout. défaut: et doué de: toutes les vertus, ce qui l'a rendu moins attentif à découvrin la vérité. qu'à rapporter tout ce: qui pouvait contribuer à embellir son: sujet. Toutes: ses discussions critiques sont captieuses et fondées sur des faits controuvés. Quoiqu'il cite quelquefois les dépêches de Cortès, il parait ne les avoir pas consultées, et quoiqu'il critique souvent Gomara, il n'en préfère pas moins son autorité, la plus suspecte de toutes, à celle des autres historiens contemporains.
Mais de tous les auteurs espagnols, Herrera est celui qui nous à donné le récit le plus exact et le plus circonstanciéde la conquête du Mexiqueet des autres événemens d'Amérique. Le soin et l'attention avec lesquels. il a consulté non-seulement les livres, mais les papiers originaux et les actes publics qui pouvaient jeter quelque lumière sur l’objet de ses recherches, surtout l'impartialité et la candeur qu'il a mis dans ses jugemens,, rendent,ses. Décades fort précieuses, On pourfait même. à juste titre le placer parini les meilleurs historiens de sa nation sans l'ordre chronologique trop scrupuleux qu'il à voulu observer dans les évétiémenstdu Nouveau - Monde, ce qui rend son ouvrage si diffus, si obscur et si décousu , que cerrést qu'au moyen d’un: travail pénible qu'ôn'rassemible les diverses circonstances d’uh fait: Au‘réste, il indique les sources où il à puisé pot composer son récueil. {Decad. Vi, lib. ur, c. xix.)
Les Espagnols ne perdirent dans ces différens combats que deux hommes; mais il y en eut un grand nombre de blessés. Quoiqu'il ne fût pas nécessaire de recourir à une cause surnaturelle pour rendre compte de leurs victoires éclatantes et des pertes peu considérables qu'ils faisaient, les Espagnols n’ont pas manqué d'attribuer ces succès à saint Jacques, leur patron, qui combattait, disent-ils, à la tête de leurs troupes, et dont le courage décidait du destin des batailles. Gomara est le premier qui ait. parlé de cette apparition. On ne peut-que s'amuser de l'embarras de B; Diaz del.Gostillo, flottant entre. la crédulité qui’ lui fait ajouter foi à cette histoire, et. sa véracité naturelle qui ne lui permet pas de l’affirmer, J'avoue, dit-il ,que nous devons tous nos exploits.et.toutes nos victoires à notre Seigneur Jésus-Christ, et qu’à cette bataille lenombre des Indiens était.si supérieur à celui des Espagnolwque , sichacun d'eux eûtseulement jeté une poignée de terre, ils nous auraient tous enterrés, si la miséricorde de Dieu ne nous eût pas protégés: 11 se peut que la personne que Gomara dit être apparue sur un cheval gris pommelé ait été monseigneur l'apôtre saint Jacques ou monseigneur saint Pierre, et-qu'il,ne m'ait pasété permis de le voir, parce que j'étais un trop grand pécheur. Je me souviens d'avoir vu François de Morla monté sur un pareil cheval; mais.un misérable mortel comme moi ne méritait pas sans doute de. voir un de ces saints apôtres. li se peut que Dieu.ait voulu que les choses se soient passées comme Gomara le dit; mais avant d’avoir lu sa Chronique je n'avais jamais entendu dire par les conqué-
| rans de l'Inde que rien de pareil fût arrivé (c. xxx1v).
NOTE 98, p. 589. NOTE 102, p. 594.
Cortès se proposait: de: suivre Ovando lorsqu'il partit Plusieurs historiens espagnols rapportent ce fait pour s0n gouvernement ent 1602! mais il fut retenu: par | comme s'ils voulaient faire croire que les Indiens chargés un accident, Comme'il cherchait pendant:une- nuit.fort | de ces présensles avaient appoïtés de la capitale dans un obscure à'entrer par la fenétre dans la'chambreià coucher | aussi court espace de temps que’les courriers en avaient d’une dame avec qui il'avaitune’intrigue, univieux mur | mis à faire leur voyage: Cela n’est pas croyable, et Gosur lequel l'était monté s'écroula:, et Cortès:fut si griève- | mara rapporte uni circonstance qui prouve qu'il ne's’eët ment blessé, qu'il lui! fut’ impossible: de fairé le voyage. | rien passé d’extraordinaire dans cette occasion, Ce riche
(Gomara, Chronica de: la Nueva-Espagna, c. x.) présent , qui avait été préparé pour Grijalva, lorsqu'il débarqua au même endroit quelques mois auparavant , L | à \ dès NOTE . 590. se trouvait tout prêt, lorsque Montézüma envoya ! ni ordres pour le doriner, (Gomara, Chron.,c.xxvni, p.28.) … Certès avait deux mille: pesos entre les-mains d'André Suivant B. Diaz del Castillo , le’ plat d'argent qui repré-
buero et:éniavaitemprunté quatre mille: Gewdeux som- | sentait la lune valait seul plus de vingt mille pesos:, ce mes:réunies font environ vingt-trois-mille sept-cent cin - qui fait environ cinq mille livres sterling'ou cent vingtquante livres tournois; mais là cherté: des denrées: en cinq mille francs.
Amérique y rendait cette somme fort modique (Herrera,
Decad. M, lib. ur, c. 11. B. Diaz, c. xx.)
NOTE 103, p. 506,
Ce commerce particulier était directement contraire aux instructions de Velasquez, qui portaient que tout le produit d'un commerce quelconque serait versé dans la caisse commune. Mais il paraît que les soldats avaient cha cun une péetille de bagatelles propres à un petit trafic avec les Indiens, et que Cortès pour gagner leur amitié encourageait cet échange clandestin. (B. Diaz, c. xLs.)
NOTE 104, p. 600.
Gomara a publié un catalogue des différens articles qui composaient ce présent.(Chron., e. xxx.) P. Martyr ab Angleria, qui les vit après qu'ils furent arrivés en Espagne, et qui parait les avoir examinés avec une grande attention, en donne une description détaillée qui est très curieuse, parce qu’elle donne quelques idées des progrès que les Mexicains avaient faits dans les différens arts de luxe, (De Insulis nuper inventis, p.354, etc. )
NOTE 105, p. 603.
Il n'y a rien de plus douteux dans l’histoire de la conquête de l'Amérique que le détail de ces armées innombrables que les Espagnols ont eues à combattre. Comme la guerre qu'ils soutinrent contre les Tiascalans fut une des plus difficiles, quoique de peu de durée, le récit des forces de ce peuple mérite de fixer notre attention. Nous devons à trois auteurs les seules observations autheniques que nous en ayons : Cortès, dans sa seconde letWre à l'empereur, datée de Segura de la Frontera, le 30 octobre 1520, dit que les troupes tlascalanes se montaient dans la première bataille à six mille hommes, dans la seconde à cent mille, et dans la troisième à cent cinquante mille, {Relat. ap. Ramus., tom. I, p. 228.) Bernal Diaz del Castillo, qui fut témoin oculaire et qui se trouva engagé dans toutes les actions de cette guerre, assure que leur nombre se montait, à la première bataille, à trois mille (p. 43); à la seconde à six mille ( ibid.) ; à la troisième à cinquante mille (p. 45). Gomara, qui fut le chapelain de Cortès après son retour en Espagne, et qui publia sa Chronique en 1552, suit le calcul de Cortès, excepté pour la seconde bataille, où il prétend qu'il y avait quatre-vingt mille Tlascalans (p.49). C'était sans doute l'intérêt de Cortès de présenter sous un jour favorable et ses dangers et ses exploits, car il n'y avait qu des services extraordinaires qui pussent faire oublier l'irrégularité de sa conduite en s’arrogeant un pouvoir indépendant. Bernal Diaz, quoique fort porté à faire valoir ses proucsses et celles de ses compagnons, n’avait pas le même intérêt à les exagérer, et il est probable que le récit qu'il fait du nombre des Indiens approche plus de la vérité. On ne peut assembler une armée de cent cinquante mille hommes sans de grands préparatifs et sans des provisions pour leur subsistance, dont les soins auraient exigé plus de prévoyance qu’on n’en peut supposer aux Américains. La culture ne semble pas avoir été assez considérable à Tlascala pour fournir des vivres à une si grande armée. Quoique cette province fût beaucoup mieux cultivée que les autres parties de la Nouvelle-Espagne, car on l'appelait Le pays au pain, les Espagnols furent obligés, pendant leur marche, à ne subsister que de tunas , espèce de fruit qui croît sans culture dans les champs. (Herrera, Decad. H, lib. va, c. v, p. 182.
NOTE 106, p. 604.
On dit que ces malheureuses victimes étaient des personnes de considération. Il n'est pas probable qu'on ait employé cinquante personnes pour servir d'espions, On avait pris et renvoyé tant de prisonniers, et les Tlasca-
| Jans avaient fait passer tant de messagers dans les quar-
tiers des Espagnols, qu'il n’y avait aucune raison de basarder la vie d’un si grand nombre de personnes considérables pour prendre des informations sur la situation et l'état de leur camp. La manière barbare avec laquelle Cortès a traité un peuple qui ignorait les lois de la guerre établies parmi les nations policées, a paru si révoltante aux historiens espagnols postérieurs, qu'ils ont diminué le nombre de ceux qu'il a si cruellement punis. Herrera dit qu'il fit couper les mains à sept et les pouces à quelques autres. ( Decad. 1], lib, 11, ©. vin.) Solis prétend qu’on coupa les mains à quatorze ou quinze et les pouces au reste (lib. nn, ce. xx). Mais Cortès lui-même (Relac., p. 228, B.) et Gomara, d'après lui ( c. 48), affirment que les cinquante eurent les mains coupées.
NOTE 107, p. 605,
Les chevaux étaient ee qui causait le plus grand étonnement à tous les peuples de la Nouvelle-Espagne, ls crurent d’abord que le cheval et le cavalier ne faisaient qu'un seul monstre d’une forme horrible semblable aux centaures; et comme ils croyaient que les chevaux pre. naïient la même nourriture que les hommes, ils leur portaient à manger de la viande et du pain. Lorsqu'ils s'aperçurent de leur erreur, ils s'imaginèrent que ces animaux dévoraient les hommes pendant la bataille, et que quand ils hennissaient, c'était pour demander leur proie. L'intérêt des Espagnols n’était pas de les détromper sur ce sujet, (Herrera, Decad. 11, lib. vi, c. x.)
NOTE 108, p. 607.
Suivant Barth. de Las Casas, il n’y avait aucune raison de faire ce massacre, et ce ne fut qu'un acte de pure cruauté, commis principalement pour frapper de terreur les peuples de la Nouvelle-Espagne ( Relac. de la Destrucc., p.17 etc). Mais le zèle de Las Casas le porte souvent à exagérer. D'un autre côté Bern. Diaz., c. Lxxxun, dit que les premiers missionnaires envoyés par l'empereur dans la Nouvelle-Espagne firent une recherche exacte de ce fait, et qu'après avoir interrogé les prètres et les chefs de Cholula, ils trouvèrent qu'il y avait réellement eu une conspiration contre les Espagnols, et que le récit envoyé par Cortès était exactement vrai. Cortès était sans doute intéressé alors à gagner l'esprit de Montézuma: il n’est donc pas croyable qu'il'eût voulu faire uñe démarche si propre à l'aliéner des Espagnols s'il ne l'avait pas jugé nécessaire à sa propre conservation. Mais il est vrai aussi que les Espagnols qui servaient en Amérique avaient un tel mépris pour les naturels du pays, et les croyaient si peu dignes du droit commun à tous les hommes, que Cortès a pu regarder les Cholulans comme coupables sur la preuve la moins certaine. La sévérité du châtiment était d’ailleurs excessive et atroce.
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y avait aucune raison t qu'un acte de pure our frapper de teragne ( Relac, de la de Las Casas le porte ôté Bern. Diaz., c.
nnaires envoyés par firent une recherche interrogé les prètres nt qu'il y avait réelles Espagnols, et que ctement vrai. Cortès gner l'esprit de Mon- > qu'ileût voulu faire des Espagnols s’il ne re conservation. Mais ui servaient en Aménaturels du pays, et t commun à tous les les Cholulans comme certaine, La sévérité ive et atroce.
NOTE 109, p. 607.
| Cette description est prise littéralement de Bernal
Diaz del Castillo, trop peu instruit dans l’art d'écrire pour avoir pu embellir son récit. Il rapporte dans un style simple et grossier ce que lui-même et ses compagnons pensèrent à cette occasion : « Qu'on ne s'étonne pas, dit-il, si j'écris de cette manière ce qui s’est passé alors, car il faut penser que c’est une chose que de rapporter, et une autre d'avoir vu des choses qui n’ont jamais été vues ni entendues, ni dites par les hoinmes (ce. cxxxvi, p. 64, B.) »
NOTE 110, p. 611.
B. Diaz del Castillo nous donne une idée des fatigues et des souffrances qu'ils éprouvérent à celte occasion et dans plusieurs autres. Pendant neuf mois qu'ils restèrent à Mexico, tous, sans aucune distinction entre les officiers et les soldats, dormirent tout armés avec leurs cottes de mailles et ieurs gorgerettes. ls étaient couchés par terre sur des nattes ou de la paille, et tous étaient obligés « se tenir prêts comme s'ils avaient été de garde. « Ce qui me devint si familier, ajoute-t-il, qu'aujourd'hui même quoique fort avancé en âge, Je dors toujours avec me habits et jamais dans un lit. Lorsque je visite mon encomienda, je fais porter, par égard pour mon rang, un lit avec mes bagages, mais je n'en fais jamais usage, parce que je dors tout habillé, et que je me promène souvent la nuit en plein air pour voir les étoiles, suivant mon ancienne habitude (ce. cvin ). »
NOTE 111, p. 612.
Cortès lui-même, dans sa seconde lettre à l'empereur, n’explique point les motifs qui le portérent à condamner Qualpopoca aux flammes, et à faire mettre Montézuma aux fers. (Ramus. , t. III, p. 236.) B. Diaz passe sous silence les raisons de ce premier fait, et la seule cause qu'il donne du dernier, c’est qu’on voulait prévenir tout obstacle à la sentence prononcée contre Qualpopoca (c.xcv, p.75). Mais puisque Montézuma était le prisonnier de Cortès, et entièrement en son pouvoir, l'insulte faite à ce monarque ne pouvait servir qu'à l'irriter sans nécessité. Gomara suppose que Cortès n'avait point d’autre objet que d'occuper Montézuma de ses propres malheurs, afin qu'il donnât moins d'attention à ce qui arrivait à Qualpopoca.(Chr., €. Lxxx1x.) Herrera est du même sentiment. ( Decad. M, lib. vus, c. 1x.) Maïs ce moyen de faire supporter une offense à un homme en lui faisant de nouveaux outrages semble fort étrange. Solis croit que Cortès ne voulait qu'intimider Montézuma, afin qu'il ne fit aucun effort pour faire délivrer les victimes; mais ce monarqne était si soumis, et il avait si lâchement remis les prisonniers à Cortès, qu'il n’y avait rien à craindre de sa part. Si l’on n’adopte pas la manière dont j'ai cherché à expliquer la conduite de Cortès à cette occasion, je crois qu'on doit la regarder comme un de ces actes de pure barbarie et d'oppression qu’on ne trouve que trop fréquens dans l’histoire de la conquête de l’Am‘rique
NOTE 112, p. 614.
Solis (lib. uv, c. 1x) prétend que ce fut Montézuma lui-même qui ft la proposition de rendre hommage au
| n'avait p | est fondée
roi d'Espagne, afin d'engager les Espagnols à quitter ses états, Il dépeint sa conduite en cette occasion comme fondée sur la plus profonde politique, et suivie avec tant d'adresse, que Cortès lui-même y fut trompé; mais on ne trouve rien dans les historiens contemporains, tels que Cortès, Diaz et Gomara, qui puisse justifier cette assertion. Jamais Montézuma n’a montré en d'autres occasions cet art et cette politique. La douleur dont il fut pénétré en se soumettant à cet acte d'humiliation était naturelle si l'on suppose qu'il a été involontaire, Mais, suivant Solis, elle aurait été contradictoire et incompatible avec son projet de tromper les Espagnols.
NOTE 113, p. 615.
Les Espagnols, malgré leur industrie et leur pouvoir, ne purent point trouver d'or dans plusieurs provinces. Dans d'autres ils ne se procurèrent que quelques baratelles de peu de valeur, Montézuma assura Cortès que le
ent qu'il offrait au roi de Castille, après lui avoir
ù hommage, comprenait toutes les richesses amas-
es par son père, et qu'il avait déjà donné aux Espagnols
> reste de son or et de ses bijoux. (B. Diaz, c. iv. Gomara dit que tout l'argent qu'on recueillit montait à cinq eents mares ( Chron., c. xcur ); ce qui s'accorde avec le it de Cortès, que le quint de l'argent pour le roi fut de cent marcs, ( Relac , p. 239, B.) De sorte que la somme totale de l'argent ne mouta qu’à quatre mille
| onces, à raison de huit onces par marc; ce qui fait voir
que la proportion de l'argent avec l'or a été fort petite.
NOTE 114, p. 615.
Solis (lib, 2v, c. x) met en question la verité de ce fait, par la seule raison qu'il était incompatible avec la prudence qui distinguait Le caractère de Cortès, Mais il aurait dû se rappeler l’impétuosté de son zèle à Tlascala, qui été moins mnprudente. 11 dit que la preuve
moignage de B. Diaz del Castillo, de Gomara et de Herrera. Tous s'accordent en effet à rapporter cette démarche inconsidérée de Cortès, et ils ont eu raison de le faire, puisque Cortès lui-même parle de cette action dans sa seconde lettre à l’empereur, et paraît méme s’en glorifier (Corcès, Relac. Ramus., I, p. 140.) Ce qui est une des preuves sans nombre que Solis a consulté avec peu de soin les lettres de Cortès à Charles Quint, qui cependant sont les sources les plus authentiques où l'on doive puiser des lumières sur ses opéra tions.
NOTE 115, p. 616.
Herrera et Solis croient que Velasquez fut encourage à former cet armement contre Cortès, par les rapports qu’il reçut d'Espagne touchant la réception des agens envoyés par la colonie de la Vera-Cruz, et par la chaleur avec laquelle Fonseca, évêque de Burgos, avait épousé ses intérêts el condamné les procédés de Cortès, ( Herrera, Dec. Il, lib, 1x, c.xvau; Solis, lib. 1v, c. v. Mais l'ordre chronologique des événemens réfute celte
supposition. Portocarrero et Montejo mirent à la voile de ;
la Vera-Cruz le 26 juillet 1519.(Herrera, Decad. 1, lib. v, c.1v). Îls débarquèrent à San-Lucar en octobre, suivant Herrera, ibid. Mais P. Martyr, qui se trouvait à la cour dans ce temps-là, et qui communiquait tous les événemens de quelque importance à ses correspondans jour par jour,
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