‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 16 sur 155 · AIR · texte numérisé non relu

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} ceux qui ont leedésavantage du terrain, Les

à le plus attachés, montraient de l’ardeur pour le » combat, les autres étaient chancelans, irrésolus, » et quelques-uns même commençaient à se dis-

semblée à la hâte, n'ayant ni courage ni expérience dans l’art de la guerre. Les troupes des confédérés étaient formées de la réunion des nobles du premier ordre et de la plus grande réputation , et ils étaient suivis de leurs Vassaux les plus affidés, qui n'étaient ni moins braves que leurs chefs, ni moins zélés pour la cause qu'ils défendaient t, Du Croc, ambassadeur de France , travaillait par ses négociations, tant auprès de la reine qu'auprès des nobles, à terminer la querelle sans effusion de sang. 11 représentait aux confédérés que la reine ne désirait que la paix, et qu'elle était disposée à pardonner toutes les offenses qu’elle avait reçues de leur part. Morton répliqua avec chaleur qu'ils n'avaient point pris les armes contre la reine, mais contre le meurtrier de son mari ; Que si sa majesté voulait livrer le coupable entre les mains de la justice ou le bannir de sa présence, ils étaient prêts à lui rendre l'obéissance que des sujets doivent à leur souverain. Glencairn ajouta qu’ils n'étaient pas venus pour demander pardon d'aucune offense, mais pour punir ceux qui avaient offensé. L'audace et la fierté de ces réponses firent juger à l'ambassadeur que sa médiation serait inutile, et que les esprits étaient trop échauffés pour entendre à aucune proposition de paix, ou pour consentir à se retirer après avoir été si loin 2, L'armée de la reine était postée avantageusement sur une éminence. Les confédérés s'avançaient fièrement pour l’attaquer, mais en bon ordre, et avec les précautions nécessaires à

: 161 la Grange, Murray de Tullibardin et le lord Lindsay se disputérent l'honneur d'entrer en lice contre Bothwell. Mais on vit bientôt que ce défi n’était qu'une bravade. Bothwell, qui se sentait coupable , refusa le cartel qu'oi. lui envoya, soit que son âme, énervée par les remords , eût perdu toute sa fermeté, soit que la reine eût employé son autorité pour empêcher qu'un homme qui lui était si cher risquât sa vie dans un combat singulier t,

Marie , qui voyait la terreur répandue dans son armée, aurait fait une faute inexcusable si elle avait hasardé la bataille; le parti de la retraite était une chose impraticable en présence de l’ennemi qui avait déjà investi avec une partie de sa cavalerie la colline sur laquelle était assis le camp de la reine, Dans cette position, elle se trouvait réduite à la cruelle nécessité de se re-

mettre elle-même entre les mains de ses sujets qui avaient pris les armes contre elle. Elle dedemanda une entrevue à Kirkaldy, homme brave et généreux, qui commandait un corps avancé des ennemis. Kirkaldy, après avoir pris le consentement des autres chefs du parti, vint la trouver et lui promit en leur nom, que si elle voulait bannir Bothwell de sa présence el gouverner le royaume par les avis des nobles, elle recevrait de leur part toutes les preuves du respect et de l'obéissance qu'ils devaient à leur souveraine 2, :

Pendant cette conférence, Bothwell fit ses derniers adieux à la reine et prit la fuite accompagné de quelques-uns de ses Vassaux, mais en petit nombre, 11 éprouva ce fatal revers de fortune précisément un mois après avoir accompli ce mariage qui lui avait coûté tant de crimes, et qui a laissé sur la mémoire de Marie une tache ineffaçable.

Aussitôt aprè: la retrait de Bothwell, la reine se rendit à Kirkaldy qui la conduisit à l'armée des confédérés. Les chefs la reçurent avec

troupes de la reine prirent l'alarme à leur approche et ne marquaient aucun désir de combattre. Marie essaya en vain de les encourager : ses larmes, ses menaces, des reproches de leur lâcheté, tout fut inutile. Un petit nombre de gens de la suite de Bothwell , €t qui lui étaient

! Cald. , vol, Il, 50.

La Grange lui envoya donc ( à Bothwell) un Cartel, à quoi l’autre lui répondit qu’il n’était ni comte ni lord , mais baron seulement, et qu’ainsi il y avait trop d'inégalité entre leurs personnes. 11 fit la méme réponse à Tu]. libardin; et quand à la fin milord Lindsay le défa, ce qui ôla tout prétexte de refuser le combat, le cœur lui Manqua, et l’on connut que son bras n'était pas si vail. lant que sa langue. Melvil » trad., p. 262, La Haye, 1694, 2 vol. in-12, — *Good., vol. Il, 164, Mel., 165.

perser dans la campagne et à déserter, Bothwell entreprit de les ranimer, en offrant de décider lui seul la querelle, et de justifier son innocence Par Un combat singulier contre celui de ses adversaires qui voudrait se présenter. Kirkaldy de

* Gaid, Voi, 11, 48, 49, —.s Keith, 401, [TA

tout le respect qui lui était dû, et Morton lui fit en leur nom les plus fortes protestations de fidélité et d'obéissance pour l'avenir !. Mais les soldats la traitèrent avec insolence et avec la dernière indignité. Lorsqu'elle passa le long des rangs, ils la chargèrent d'opprobre, ils lui donnèrent les noms les plus odieux , et qu'on n’emploie ordinairement que pour les criminels les plus infâmes et de la plus vile condition. Partout où elle portait ses regards on lui présentait une espèce d'étendard sur lequel était peint le corps du feu roi étendu sur la terre, le jeune prince à genoux devant le cadavre, et proférant ces mots : Juge el venge ma cause, à Seigneur !

Marie détournait ses yeux de ce spectacle hor- *

rible et si insultant pour elle. Elle commença dès lors à ressentir la triste condition d’un prince réduit à la captivité. Elle déplorait amèrement son malheureux sort , elle versait un torrent de larmes : on pouvait à peine la soutenir sur son cheval et l'empêcher de succomber entièrement à sa douleur. Les confédérés lui firent prendre la route d'Édimbourg, où ils arrivèrent après une marche prolongée par les délais affectés de la reine. Cette princesse infortunée se nourrissait de ces vaines espérances si ordinaires au comble du malheur, et elle se flattait toujours

de recevoir quelque secours extraordinaire et :

inopiné, Lorsqu'elle entra dans Édimbourg, le peuple accourait en foule dans les rues par où elle passait. Un coup de théâtre aussi nouveau y avait rassemblé une infinité de gens, les uns conduits par leur zèle, les autres attirés par la curiosité, La reine, excédée de fatigue , couverte de poussière, baignée dans ses larmes, fut ainsi donnée en spectacle à ses propres sujets et conduite dans la maison du prévôt. Malgré toutes ses instances et ses supplications, on porta toujours devant elle ce tableau affreux; on ne cessa point de l'insulter et de l’accabler des mêmes reproches. Une femme jeune, belle, et dans l'adversité, doit naturellement exciter la compassion. On est ordinairement touché des malheurs des personnages illustres ; nous nous sentons attendris lorsque nous comparons leur misère présente avec leur ancienne splendeur. Mais, dans cette occasion, le peuple regardait d'un œil tranquille l'état déplorable où la reine était réduite, et ne donna aucune marque de sensibilité. Les Écossais étaient si fortement persuadés que la reine était coupable; leur indignation contre elle était portée à un tel point que | toutes les souffrances de Marie ne pouvaient | calmer leur ressentiment, ni exciter en eux cette

commnisération qu’on refuse rarement aux princes infortunés !.

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