‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 18 sur 155 · Append · texte numérisé non relu

Append

serait de rappeler Bothwell ; et ils avaient ratson de penser que les remords de sa conduite, et les ressentimens de tous leurs procédés à son égard, la porteraient aux plus violens efforts de la vengeance, Ces réflexions l'emportérent sur toute autre considération. L'attachement irremédiable de Marie pour othweil leur parut une excuse légitime pour manquer à tous les engagemens qu'ils avaient pris avec elle lorsqu'elle s’était elle-même remise entre leurs mains. Sans considérer ce qu'ils devaient à leur reine , Sans consulter les autres nobles, le lendemain au soir ils la conduisirent , avec une forte escorte, au château de Lochlevin, et ils signèrent un ordre à Guillaume Douglas, propriétaire de ce château, de l’y retenir comme prisonnière d'état. Lochlevin est situé dans une petite fle, au milieu d'un lac. Douglas , seigneur de ce lieu, était parent de Morton , et il a ait épousé la mére du comte de Murray. Marie, resserrée étroitement, avec une suite peu nombreuse , éprouva dans cette plate toutes les rigueurs de la plus dure captivité, et elle y était continuellement exposée aux insultes d’une femme altière, qui se vantait d'avoir été la femme légitime de Jacques V 1, Aussitôt après l'emprisonnement de la reine, les confédérés ne songèrent qu’à fortifier leur parti. Ils firent une nouvelle ligue d'association, ils prirent le titre de lords du conseil secret, et sous cette dénomination, sans avoir aucun autre droit, ils s'arrogèrent toute la puissance royale. Leur premier acte d'autorité fut de rechercher , dans la ville d'Édimbourg, ceux qui avaient trempé dans l'assassinat du roi, Cette preuve de zèle augmenta la réputation du parti, et condamnait indirectement la négligence de la reine, On arrêta quelques personnes soup- Çonnées. Le capitaine Blackadder et trois autres. furent condamnés et exécutés ; Mais on ne découvrit rien de fort important. Suivant le rapport de quelques historiens, on eut assez de preuves pour convaincre ces criminels. D’autres assurent qu’ils furent condamnés injustement , et qu'ils nièrent, jusqu’au dernier soupir, d’a- Voir eu aucune connaissance du crime pour lequel on les faisait mourir 2, Un événement imprévu mit entre les mains

? Keith, 403, note b, — Cald., vol. 11, 53. Grawf,, Mém., 35

des ennemis de Marie des papiers qu'ils regardèrent comme des preuves évidentes de son crime, Bothwell avait laissé dans le château d'Édimbourg une cassette qui renfermait quel ques lettres et sonnets écrits de la propre main de la reine. Il envoya une personne affidée pour lui rapporter ce précieux dépôt. Celui qu'il avait chargé de la commission fut arrêté comme il était en chemin pour s’en retourner, et la cassette fut interceptée par Morton 1, Ce qu'elle contenait fut aussitôt publié par les confédérés, comme une pleine justification de leur conduite et comme une preuve incontestable qu’ils n’avaient point chargé leur souveraine de fausses imputations ni de crimes imaginaires.

Cependant au milieu de ces succès extraordinaires, les confédérés ne jouissaient pas d’une entière satisfaction, Plusieurs nobles étaient offensés de voir que quelques membres de leur Corps, et qui en formaient la moindre partie, prétendaient disposer de la personne de la reine, et s'emparer, sans le concours du reste de la noblesse, de l’autoritéqui appartenait à sa majesté. Ils regardaient eette entreprise comme une présomption dont il n'y avait point d'exemple, Quelques-uns d’entre eux s'assemblèrent à Hamilton pour délibérer sur le parti qu'ils avaient à prendre dans une conjoncture aussi difficile, Les confédérés essayèrent de former une union avec eux , mais ils ne purent y réussir, Ils tentèrent avec aussi peu de succès de leur faire accepter, par l'entremise de l'assemblée du clergé , une entrevue à Édimbourg, Cependant ce parti, formidable pour le nombre, conduit par des chefs qui avaient beaucoup d'autorité, perdit bientôt toute sa réputation par le défaut de résolution et d’unanimité. Toutes ses délibérations se terminèrent à des murmures et à des plaintes , et ils ne concertèrent entre eux aucun projet pour arrêter les progrès des confédérés 2. Mais les nobles associés se virent bientôt menacés d’un autre danger. Cette grande révolution s'était faite en Écosse, sans qu’on eût demandé de secours à Élisabeth, et cette princesse n'en avait pas même eu connaissance 3. Elle voyait sans doute avec plaisir les troubles qui s'étaient élevés dans ce royaume , une rivale qu’elle haïs-

1 Anders., vol, 11 » 92. Good., vol. 11, 90.

* Keith, 407. — 5 big. , 415.

sait , réduite au comble du malheur. Mais elle aurait désiré qu'une faction ne prit point assez d'ascendant sur une autre pour la subjuguer entièrement ; et elle était en mème temps offensée des démarches hardies des confédérés. Élisabeth était affable et populaire, elle gouvernait ses sujets avec douceur ; mais elle était fortement entètée des prérogatives de l'autorité royale, et elle les portait au plus haut point. Elle pensait que les confédérés avaient expié! sur les droits du souverain; qu’il ne leur appartenait point de contrôler la conduite de la reine, et que la violence qu'ils lui faisaient était un attentat contre une personne qu'ils devaient regarder comme sacrée. Ils donnaient un exemple dangereux aux sujets des autres royaumes; la cause de Marie devenait celle de tous les souverains !. Elisabeth parut , dans cette occasion, oublier ses intérêts, et embrasser ceux de la reine d'Écosse avec une cordialité qui ne lui était point ordinaire. Elle dépècha aussitôt Throgmortm en Écosse, avec pouvoir de négocier tant avec la reine qu'avec les confédérés. On voit avec étonnement dans les instructions données à cet ambassadeur les inquiétudes d'Élisabeth, et ses soins empressés pour obtenir la liberté, et même pour conserver la réputation de la reine d'Écosse 2. Le choix d’un homme aussi dévoué que Throgmorton aux intérêts de Marie, prouve qu'Élisabeth agissait alors avec sincérité. Cependant ni les bons offices d'Élisabeth ni le zèle de Trogmorton ne furent d'aucune utilité à la reine d'Écosse. Les confédlérés apercevaient les suites de ces démarches de la reine d'Angleterre ; ils prévoyaient que Marie , encouragée par cette puissante protection , rejetterait avec hauteur les propositions qu'ils étaient sur le point de lui faire. Ils refusèrent ainsi affirmativement à Throgmorton tout accès auprès de la reine prisonnière ; ils ne voulurent écouter aucune des propositions que cet ambassadeur leur fit en faveur deMarie, ou bien ils vinrent à bout de les éluder 3,

Ils semirent ensuite à délibérer sur les moyens de se tirer d’un pas aussi difficile, sur les arrangemens qu'ils prendraient bar rapport à la nation , et sur ce qu'ils feraient de la personne de la reine. Cependant Élisabeth voyant que les

1Keitb, 412, 415, — ? Zbid., 411. — 5 Zbid., 417, 427,

négociations de son ambassadeur n'avaient point réussi, et que les confédérés ne voulaient écouter aucune des propositions qu'elle leur faisait en faveur de Marie, essaya si elle réussirait mieux auprès des nobles assemblés à Hamilton. Elle les sollicita de prendre les armes pour remettre leur reine en liberté , et elle leur promit de les aider de tout son pouvoir dans cette entreprise !. Mais il y avait toujours entre eux la même désunion; toujours également incapables de se porter à aucune action de vigueur , ils paraissaient insensibles aux malheurs de leur reine et à ceux de leur patrie. Ils voyaient tranquillement la partie la moins considérable du corps de la noblesse, soit pour le nombre, soit pour l'autorité , s'emparer du gouvernement du royaume, et ils lui permirent de disposer à son gré de la reine. Les confédérés tinrent plusieurs conseils pour délibérer sur ces deux objets. Les avis se trouvèrent partagés ; les uns voulaient qu’on suivit le plan sur lequel la confédération avait d’abord été formée; et après avoir puni les meurtriers du roi, fait casser le mariage de Bothwell, pourvu à la sûreté du jeune prince, mis à couvert la religion protestante, ils se proposaient de rendre à la reine l'autorité qui lui était accordée par les lois. D'autres, encouragés par les succès de leurs armes, concevaient des idées plus violentes et plus audacieuses. Rien ne pouvait les satisfaire que le procès , le jugement, la condamnation de la reine elle-même , comme étant à la tête de la conspiration formée contre la vie de son mari, et contre les jours de son fils 2. Maitland avait ouvert le premier avis; mais ce système de paix et de modération n’était point analogue au caractère et aux vœux du parti. Le second avis était appuyé par le clergé, et adopté avec chaleur par plusieurs laïques. Cependant les nobles n'osèrent ou ne voulurent point s'engager dans une entreprise aussi téméraire, et dont il n'y avait point d'exemple ©.

A la fin les deux partis convinrent d’un plan

1 Append. , n° XXII, p. 159 et suiv.

2 Keith, 420, 421, 422, 582.

5 On a lieu de croire que l'avis de mettre la reine mort fut ouvert par quelques-uns de ses sujets. On voit dans plusieurs écrits de ce temps-là, qu’Élisabeih se vantait que Marie devait la vie à ses bons oftices. Digges's

compl. Amb., 14, etc. 4ppend., n° XVIII, p. 115, 116, 117.

qui ten n'était si viole tâcher de la c de se le jeune et de d ment di titre et pour ce Il para de la te pour li partisan pouvoir extrémi!

Il étai vaient 56 jet. Eng pour le et au po sance , :

sujets, à remettre à des ho teurs de ses dépc lement « ambitieu:

mée à co prise des de moye avait sou les rigue captivité recouvyrel pris les & même fa curer qu Tous ceu étaient ba l'entrée € France et état de s combant toujours « plus gran

1 Keith,

eur n'avaient s ne voulaient s qu'elle leur si elle réussisemblés à Hare les armes é , et elle leur pouvoir dans toujours entre rs également » action de vibles aux malleur patrie. Ils la moins conse, Soit pour s'emparer du lui permirent Les confédérés libérer sur ces rent partagés ; lan sur lequel té formée; et s du roi, fait Jourvu à la sûert la religion de rendre à la cordée par les succès de leurs us violentes et it les satisfaire condamnation ant à la tête de la vie de son fils 2. Maitland ais ce système point analogue rti, Le second et adopté avec pendant les nooint s'engager aire, et dont il

rent d'un plan

mettre la reine

ses sujets. On voil 'Élisabeih se vanoftices. Digges's o XVII, p. 115,

qui tenait un milieu entre les avis proposés, qui n'était ni si modéré que celui de Maitland , ni si violent que celui des autres nobles. Ce fut de tâcher de persuader à la reine de se démettre de la couronne, et de l'y forcer si elle refusait de se rendre à leurs sollicitations , de mettre le jeune prince sur le trône, de le proclamer roi, et de donner pendant sa minorité le gouvernement du royaume au comte de Murray , avec le titre et l'autorité de régent. On ne décida rien Pour ce qui concernait la personne de la reine. Il paraît que l'intention des confédérés était de la tenir dans une prison perpétuelle ; mais pour l'intimider elle-même et en imposer à ses partisans, ils voulurent toujours se réserver le pouvoir de se porter contre elle aux dernières extrémités.

IL était aisé de prévoir les difficultés qui pouvaient se rencontrer dans l'exécution de ce projet. Engager Marie à reconnaître son incapacité pour le gouvernement , à renoncer à la dignité et au pouvoir dont elle jouissait depuis sa naissance , à se rendre dépendante de ses propres sujets, à consentir elle-même à son esclavage, à remettre tous ses honneurs et toute son autorité à des hommes qu’elle regardait comme les auteurs de ses désastres, et à les enrichir ainsi de ses dépouilles , étaient autant de points également difficiles à obtenir d'une reine jeune, ambitieuse, altière, née sur le trône, etaccoutumée à commander. Telle fut néanmoins l’entreprise des confédérés , et ils ne manquaient pas de moyens pour en assurer le succès. Marie avait souffert , depuis quelques semaines, toutes les rigueurs, toutes les horreurs de la plus dure captivité : elle ne voyait aucune apparence de recouvrer sa liberté; aucun de ses sujets n'avait pris les armes pour sa défense, on n'avait pas même fait la moindre démarche pour lui procurer quelque adoucissement à ses peines !, Tous ceux en qui elle aurait pu avoir confiance étaient bannis de sa présence ; on refusait même l'entrée de sa chambre aux ambassadeurs de France et d'Angleterre, Une femme, dans cet état de solitude , sans conseil sans amis ; SUCcombant sous le poids de se: malheurs , ayant toujours devant les yeux l'image effrayante des plus grands dangers, se trouvait forcée d'é- |

1 Keith, 425,

[ couter presque toutes les ouvertures d'accom- | modement qu'on pouvait lui faire. Les confédérés surent tirer avantage de sa position et de ses craintes. Ils chargérent le lord Lindsay, le plus féroce de tous les conjurés , de communiquer leur plan à la reine , et de lui faire signer tous les actes nécessaires pour en assurer l'exécution. Lindsay s'acquitta de cette commission brutalement et avec la plus grande rigueur ; et il fit sentir à la reine que sa mort était assurée sielle refusait d'exécuter ce qu'on lui demandait. D'un autre côté la reine fut dans le même temps avertie par le chevalier Robert Melvil , de la part d'Athol, de Maitland et Kirkaldy, ceux des confédérés qui marquaient le plus d'attention pour les intérêts de Marie , qu'une démission extorquée par La crainte , accordée pendant sa détention, était nulle par la loi, et qu'elle pourrait être révoquée lorsque sa majesté serait en liberté. Throgmorton lui insinua les mêmes choses par un billet qu’il trouva moyen de lui faire parvenir !. La reine, par déférence pour leurs avis, et pour prévenir le danger dont elle se croyait menacée , Céda sur tous les points , et signa tous les actes que Lindsay lui présenta. Par l'un de ces actes, elle abdiquait la couronne , elle renonçait à la portion qui lui appartenait dans le gouvernement de l'état, et elle consentait que le jeune prince fût couronné. Par un autre, elle nommait le comte de Murray régent du royaume , et elle lui donnait tous les pouvoirs et priviléges attribués à ce haut office. Par un troisième écrit, elle substituait un autre noble au comte de Murray, en cas que le comte refusât l’honneur qui lui était offert. La reine , après avoir signé ces actes, fondit en larmes. La douleur de voir arracher de ses mains ce sceptre qu'elle portait depuis si long-temps la jeta dans un accès de fureur et d'indignation le plus terrible que le cœur humain puisse peut-être jamais ressentir.

Les confédérés travaillèrent aussitôt de tout leur pouvoir à donner à cette abdication toute sa force et sa validité, en procédant sans délai au couronnement du jeune prince. La cérémonie se fit le 29 de juillet avec beaucoup de £olennité, en présence de tous les nobles du parti, d’un nombre considérable de petits barons et

Keith, 425, note b, Melv., 169

d'une grande affluence de peuple. L'administration et tous les actes qui y avaient rapport se firent tout de suite au nom de Jacques VI,

Jamais une révolution aussi considérable ne s'était faite avec autant de facilité, et par des voies aussi disproportionnées à leur objet. Dans un siècle de guerre, en moins de deux mois, une faction de nobles qui n'étaient ni des plus puissans ni des plus riches de la nation , et qui ñ'étaient point en état de mettre trois mille hommes en campagne , se saisissent de la personne de la reine, la tiennent prisonnière, la forcent d'abdiquer la couronne , et sans répandre une seule goutte de sang , placent sur le trône son fils , qui n'était encore âgé que d’un an.

Pendant ces progrès rapides des confédérés, toute la nation, frappée d’étonnement , portait sur eux ses regards; on raisonnait diversement sur les mesures extraordinaires qu'ils avaient prises, et les sentimens étaient partagés.

Les partisans de la reine prétendaient que, même dans un gouvernement aristocratique tel que celui qui prévalait en Écosse, malgré les priviléges exorbitans dont les nobles jouissaient dans ce royaume, on ne devait point empiéter sur les droits du prince, ni faire outrage à sa personne, si ce n'était dans des cas où la liberté et le bonheur de la nation ne pouvaient pas être assurés par d’autres moyens : que ces sortes de cas arrivaient rarement , et qu'alors il n'appartenait point à une seule partie de la noblesse, mais à tout le corps en général, ou du moins à la plus grande partie de la société, de juger si ces cas existaient réellement, Sur quelle action de Marie peut-on, disaient-ils, l'accuser d'avoir envahi les droits et les biens de ses sujets, quel projet a-t-elle formé contre la liberté et la constitution du royaume? Quelles craintes , quels soupçons, quelles raisons peuton alléguer pour justifier lemprisonnement et la déposition d’une reine qui tient sa couronne de ses ancêtres, et d’une aussi longue suite de monarques? Le principal auteur de tout ce qu'on pouvait regarder comme répréhensible dans la conduite de la reine n'était - il pas actuellement banni de la présence de sa majesté? Les meurtriers du roi pouvaient être punis comme ils le méritaient , les jours du prince auraient été mis

? Keith, 437

en sûreté; la religion protestante pouvait être affermie sans qu’il fût besoin d'arracher le sceptre des mains de la reine, ni de la condamner à une prison perpétuelle. Quelque droit qu'un parlement libre pôt avoir de prendre des résclutions aussi rigoureuses, quelque nom qu'il pût donner à ses déterminations, une sentence de cette nature rendue par quelques nobles, sans en avoir fait part au reste de la nation et sans l'avoir consultée, devait, suivant l'opinion des partisans de la reine , être regardée comme une rébellion contre le gouvernement, et comme une conspiration contre la personne du souyerain.

Ceux qui suivaient le parti des confédérés parlaient bien différemment, Il était, selon eux, évident, ou que la reine avait précédemment donné son consentement au meurtre du roi, ou qu'elle avait dans la suite approuvé cette horrible action, Son attachement pour Bothwell, le pouvoir et les honneurs qu’elle lui avait prodigués, l'irrégularité du procès fait à Bothwell, avouée par la reine, la précipitation indécente avec laquelle elle avait épousé un homme souillé de tant de crimes, fortifiaient , disaient-ils, le premier soupçon, et ne laissaient aucun doute sur le second. Ils regardaient comme honteux pour la nation, comme déshonorant pour la reine et dangereux pour le prince, de laisser le pouvoir suprême entre les mains d'un homme ambitieux, capable des actions les plus atroces et les plus désespérées, et il n’y avait, selon eux, d'autre ressource que la voie des armes. On avait exhorté la reine à abandonner un mari si indigne d'elle, son affection pour Bothwell continuait toujours avec la même force : depuis la fuite de Bothwell , elle avait marqué son indignation contre ceux qui étaient les auteurs de cette séparation, et elle l'avait souvent exprimée dans les termes les plus forts. Si nous lui rendions , disaient-ils, son ancienne autorité, nous l'armerions d’un pouvoir dont elle se servirait pour nous détruire ; nous la mettrions en état de rappeler Bothwell ; nous lui donnerions la facilité de suivre avec plus de vivacité et plus de succès des projets funestes à la nation. Il ne nous reste donc d'autre parti à prendre que de nous délivrer, nous et notre patrie, par une action de vigueur et d'éclat, des maux que nous avons lieu de craindre pour l'avenir. L'expédient que

nous a\ pour le publique tête d'ur pable de qui est ir anciens !

Quelq porter, « les deux puissions mesures pas nier rélativem la vérité, avoir rect Marie ave tant d'in) voies plu conservat Une gi

la condui prudence du roi au se soumi tion. Ce] toujours :

quelque c ils furent de leur l'associati signée et personnes d'autorité Le retc nouvelles gouverner sistance, À ray s'était disent poi ce voyage royaume , dance fort et ce fut & Écosse. Il posé à acc qu'il ft à ni à des :

fiance de « avait tous |

pouvait être acher le scepcondamner à oit qu'un pare des résclunom qu'il pût e sentence de nobles, sans ation et sans l'opinion des e comme une t, et comme ne du souye-

»s confédérés it, selon eux, récédemment re du roi, ou ivé cette horr Bothwell, le ii avait prodit à Bothwell, ion indécente iomme souillé saient-ils, le aucun doute mme honteux rant pour la , de laisser le d'un homme s plus atroces ait, selon eux, ‘mes, On avait in mari si in- Bothwell con- € : depuis la qué son indiss auteurs de vent exprimée nous lui renutorité, nous e se servirait trions en état lonnerions la cité et plus de on. Il ne nous > que de nous ar une action 1e nous avons :xpédient que

nous avons choisi est également respectueux pour le sang royal et nécessaire pour la sûreté publique. Nous avons mis ia couronne sur la tête d'un prince qu'on négligeait comme incapable de gouverner encore par lui-même , mais qui est incontestablement le représentant de nos anciens rois.

Quelque jugement que la postérité puisse porter, çn comparant les raisons alléguées par les deux partis, quelque sentiment que nous puissions nous - mêmes avoir sur la justice des mesures prises par les confédérés , on ne peut pas nier qu'ils n'aient agi fort prudemment relativement à leurs intérêts. On pouvait, à la vérité, remettre le bon ordre dans l’état sans avoir recours à de pareils moyens, et sans traiter Marie avec tant de rigueur, Mais après avoir fait tant d’injures à la reine , ils n'avaient point de voies plus assurées pour veiller à leur propre conservation , et pour maintenir leur autorité.

Une grande partie de la nation approuvait la conduite des confédérés , et y trouvait de la prudence ,et même de la justice, L'avénement du roi an trône fut publié dans l'Écosse, et on se soumit à son autorité sans aucune opposition. Cependant quelques nobles se tenaient toujours à Hamilton, et ils paraissaient former quelque complot contre ce gouvernement : mais ils furent bientôt découragés, et ils se désistérent de leur entreprise lorsqu'ils aperçurent que l'association qui soutenait le parti du roi, était signée et composée d'un si grand nombre de personnes qui avaient beaucoup d'influence et d'autorité dans toute la nation.

Le retour du comte de Murray donna de nouvelles forces au parti du roi, et le nouveau gouvernement prit plus de régularité et de consistance, Aussitôt après l'assassinat du roi, Murray s'était retiré en France : les historiens ne disent point les raisons qui l'engagérent à faire ce voyage. Pendant le séjour qu'il fit dans ce royaume , il avait entretenu une correspondance fort étroite avec les chefs des confédérés, et ce fut sur leurs sollicitations qu'il revint en Écosse. Il parut d'abord qu’il n'était point disposé à accepter l'office de régent. Les difficultés qu'il At à ce sujet ne peuvent être attribuées ni à des scrupules de conscience ni à la méfiance de ses forces et de sa capacité. Murray avait tous les talens nécessaires pour s'acquitter |

. dignement de cette fonction importante, et

assez d'ambition pour aspirer à cet honneur.

Il avait d'abord marqué beaucoup de joie lorsqu'il reçut la nouvelle de sa nomination. Mais il At semblant d’hésiter pendant quelques jours, pour se donner le temps de réfléchir avec attention sut le plan de sa conduite ; de peser exactement les forces et les ressources des deux factions opposées , et de donner de la sûreté et de la solidité aux fondemens sur lesquels il pourrait établir ses succès et sa réputation.

Murray , avant que de déclarer sa dernière résolution, alla voir Marie à Lochlevin, Cette visite d'un frère à sa sœur, à sa reine, renfermée dans une prison, d'où il n'avait point intentionde la retirer, et sans être même en aucune manière dans la disposition d'adoucir les rigueurs de sa captivité, est un de ces événemens qui fait bien apercevoir la grossièreté de ce siècle. Murray, homme d'un caractère dur, et peu poli dans ses manières !, reprocha avec tant de véhémence à la reine sa conduite passée , et lui exagéra ses fautes avec si peu de ménagement , que Marie, qui s'attendait de la part d'un frère à un traitement plus doux, fondit en larmes et s'abandonna au désespoir 2, Cette entrevue, dont Murray ne pouvait, du côté politique, retirer aucun avantage, et dans laquelle il montra tant de rigueur et d’inflexibilité , peut être regardée comme une des circonstances les plus douloureuses de la vie de Marie, et est certainement de la part de Murray une démarche inexcusable,

Murray , aussitôt après son retour de Lochlevin, accepta l'office de régent , et commença à en exercer les fonctions sans aucune opposition.

Pendant le cours de ces événemens si importans et si extraordinaires, on a éte peu occupé du sort de Bothwell , qui en était cependant la principale cause. Depuis que les confédérés l’avaient forcé à prendre la fuite, il s'était, pendant quelque temps, réfugié chez ses VasSaux, aux environs de Dumbar. Voyant qu'il ne pouvait dans ce pays tenir tête à ses ennemis, ni se mettre à couvert de leurs poursuites , il alla chercher un asile chez l'évêque de Murray, son parent : et lorsque l’évèque, intimidé par les menaces des confédérés, fut obligé de l'abandonner, il se res

"Keith, 95. —3 /bid,, 545, 446.

tira aux îles Orcades. Chassé de place en place, | abandonné par tous ses amis, suivi d'un petit nombre de gens aussi désespérés que lui, il éprouvait toutes les horreurs de l’infamie et de l'indigence. La misère le porta enfin à une démarche qui mit le comble à son déshonneur. Il arma quelques petits bâtimens qui l'avaient suivi de Dumbar, et il se mit à attaquer tous les vaisseaux qu'il rencontrait, cherchant ainsi à pourvoir à sa subsistance et à celle de ses gens, par le métier honteux de pirate. Les confédérés envoyèrent contre lui Kirkaldy et Murray de Fullibardin. Ils le surprirent étant à l'ancre ; ils dispersèrent sa petite flotte, en prirent une partie, et l'obligèrent de s'enfuir vers la Norwége, avec un seul vaisseau. Lorsqu'il fut à la vue des côtes de Norwège, il rencontra un vaisseau richement chargé, et il l'attaqua sans hésiter, Les Norwégiens se mirent en mer sur des barques armées , pour aller au secours du vaissean, On se battit de part et d’autre en désespérés. À la fin, après un combat long et opiniâtre, Bothwell et sa troupe furent faits prisonniers. On ignorait le nom et la qualité de Bothwell, et il fut d'abord traité avec toute la rigueur et toute l'indignité que la haine qu'on porte au crime odieux de la piraterie peut inspirer. Cependant on découvrit bientôt ce qu'il était ; sa qualité lc préserva de la mort infâme qu'on fit souffrir à ses associés, mais elle ne lui procura ni la liberté ni aucun adoucissement dans sa captivité. IL languit pendant dix années dans cet état de misère. La mélancolie et le désespoir lui firent perdre l'esprit, et il termina à la fin ses jours, sans laisser aucun regret à ses concitoyens , et sans avoir pu obtenir aucun secours de la part des étrangers !. On voit peu d'hommes qui soient parvenus à l'exécution de leurs projets ambitieux par de plus indignes moyens, et qui en aient retiré moins d'avantages. Il passa les premières années de sa vie dans le trouble et l'agitation , continuellement occupé de quelque nouvelle entreprise, toujours au milieu des dangers et desalternatives de bons etde mauvais succès. La grandeur à laquelle il était parvenu au prix de tant de crimes fut d’une très courte durée, et le peu de temps qu'il passa dans cet état d'élévation ne fut qu’une suite d’amer-

1 Melv., 168.

tumes, de chagrins et d'inquiétudes. Dans ses dernières années , réduit au comble de la misère, il fut accablé de malheurs réservés aux criminels ordinaires, et que les personnes élevées à un aussi haut rang éprouvent rarement. Onressentit bientôt les avantages de l’avénement du comte de Murray à la régence. Le parti de la reine était faible; on n'y voyait qu'irrésolution et mésintelligence. Aussitôt que le gouvernement fut remis entre les mains d'un homme aussi distingué par ses talens que par l'affection que le peuple lui portait , les nobles qui composaient ce parti perdirent toute espérance et commencèrent à traiter chacun en particu'ier avec le régent. Il y en eut parmi euxun si grand nombre qui se laissèrent entrainer à reconnaître l'autorité du roi, qu'il ne resta plus dans le royaume aucune apparence d'opposition au gouvernement qu'on venait d'établir. S'ils étaient restés attachés à la reine, s'ils avaient montré quelque fermeté, il y a lieu de croire qu'Élisabeth , dans les dispositiuns où elle était alors , leur aurait donné des secours suffisans pour les mettre en étant de tenir la campagne devant leurs ennemis. Mais le peu de vigueur et d'union qu'on voyait dans leurs conseils découragèrent la reine d'Angleterre, et elle ne jugea point à propos d'épouser leur querelle. Le régent sut tirer avantage de leur situation, et il les obligea de se soumettre au nouveau gouvernement, sans leur accorder aucune condition ni pour eux-mêmes ni pour la reine f.

Le régent ne fut pas moins heureux dans l'entreprise qu'il forma de se saisir des places fortes du royaume. Balfour, lientenant de roi du château d'Édimbourg, remit cette place, et abandonna Bothwell , son chef et son protecteur. Balfour obtint de grands avantages pour récompense de sa perfidie. Le gouverneur de Dumbar , qui voulut se piquer de fidélité pour Bothwell, fut bientôt forcé de capituler. Quelques autres petits forts se rendirent sans faire aucune résistance.

Ces apparences du rétablissement de la tranquillité dans le royaume encouragèrent le régent à convoquer une assemblée du parlement, Ilne manquait plus que l'approbation de eette cour suprême , pour confirmer l'autorité du roi,

1 Keith, 447, 450, 463.

et lég comme .ronnée qu'ils c Le con avait F d'une !

avec le actes p.

part de le plus Mais ils gyll, E ment , envers | La cond prises p conditio trer en ; certée € la sincér dominar Le pa qu'ils lu leurs per de gouv et déclar mination reconnus Marie et furent dé que Mari fut en co tre du roi en faveur ratifiés pu pour le m rien de ce papisme, réformati Cepend pargne p:

dans celui les dégoût OCCasions, pauvreté,

1 Anders.

et suiv, — ?

udes. Dans ses nble de la mi- 's réservés aux personnes. élerent rarement.

iges de l’avénesgence. Le parti voyait qu'irréitôt que le gouins d’un homme e par l'affection bles qui compoe espérance et \ en particulier euxun si grand aincr à reconne resta plus ace d'opposition d'établir. S'ils ne, S'ils avaient a lieu de croire ons où elle était secours suffisans nir la campagne peu de vigueur s leurs conseils leterre , et elle ser leur querelle, e leur situation, tre au nouveau der aucune conour la reine f.

s heureux dans saisir des places ieptenant de roi it cette place, et fet son protecavantages pour gouverneur de de fidélité pour capituler. Queldirent sans faire

ment de la tranuragèrent le réfe du parlement, obation de eette l'autorité du roi,

et légitimer les procédés des confédérés ; et comme toutes leurs entreprises avaient été couronnées par des succès , il était à présumer qu’ils obtiendraient aisément cette approbation. Le concours fut grand dans cette assemblée, qui avait pour objet de délibérer sur des matières d’une telle importance. On ouvrit les séances avec les plus grandes solennités, et tous les actes passèrent à l'unanimité. Cependant la plupart des lords qui avaient montré l'attachement le plus fort pour la reine y étaient présens. Mais ils avaient fait leur paix avec le régent. Ar- 8yll, Huntly et Herreis reconnurent franchement, en pleine assemblée , que leur conduite envers le roi était un crime et une rébellion !. La condescendance de ces lords pour les mesures prises par le parti du régent était peut-être la condition qu'on leur avait imposée pour rentrer en grâce, ou peut-être aussi était-elle concertée entre eux pour donner une preuve de la sincérité de leur réconciliation avec le parti dominant.

Le parlement accorda aux confédérés tout ce qu'ils lui demandèrent, soit pour la sûreté de leurs personnes, soit Pour cimenter la forme de gouvernement qu’ils avaient établie dans je royaume. L'abdication de la reine fut acceptée et déclarée valable. L'autorité du roi et la nomination de Murray à l'office de régent furent reconnues et confirmées ; l'emprisonnement de Marie et tous les autres procédés des confédérés furent déclarés légitimes. On produisit les lettres que Marie avait écrites à Bothwell, et la reine fut en conséquence déclarée complice du meurtre du roi ?, Tousles actes du parlement de 1560, en faveur de la religion protestante, furent aussi ratifiés publiquement; on fit de nouveaux statuts pour le même sujet, et en général on n'oublia rien de ce qui pouvait déraciner les restes du |

papisme, ou encourager les accroissemens de la réformation,

fonctions religieuses dans le royaume. Les expédiens qu’on avait proposés pour subvenir à son entretien avaient jusqu'alors été sans effet, et peut-être avait-on eu dessein que cela fût ainsi. Cependant, malgré la connaissance qu'on avait de son état d’indigence et les vives remontrances de l'assemblée du clergé, qui se tint cette même année, le parlement ne fit rien de plus en sa faveur, que de rendre quel ques ordonnances au sujet du paiement du tiers des bénéfices qui lui était assigné, ce qui ne pouvait pas faire un Changement fort considérable dans la fortune du clergé protestant.

Quelques jours après Ja séparation du parlement, quatre des partisans de Bothwell furent Convaincus d’avoir eu part à l'assassinat du roi, et subirent la peine due aux crimes de haute trahison. Leurs aveux donnèrent des éciaircissemens sur quelques circonstances de ce crime barbare, et sur la manière dont il avait été com-

| mis, Mais ces gens étaient de basse extraction, et il paraît qu'ils n'avaient point été dans le se-

cret de la conspiration,

Le régent était ainsi généralement reconnu, tout était soumis à son autorité. Cependant On Mmurmurait toujours dans le secret, {out le royaume était rempli de cabales. Les partisans de la maison d'Hamilton regardaient l'élévation de Murray comme une injure faite au duc de | Chatellerault, qui, par sa quali‘é de premier

prince du sang, avait, selon eux, un droit incontestable à l'office de régent. La longueur des souffrances de Marie et la rigueur dont on usait à son égard commençaient à exciter dans l'âme de bien des gens des mouvemens de commisération. Tous ceux qui étaient restés attachés aux anciennes opinions au sujet de la religion redoutaient le zèle du comte de Murray. Ce seigneur, quoique très habile, manquait des talens névessaires pour calmer la fureur des factions et dis- Siper leurs craintes. IL aurait pu, par adresse et par insinuation, apaiser et même gagner plusieurs de ceux qui lui étaient Opposés, mais ces voies de douceur lui étaient étrangères. Sa vertu était austère, sa conduite pleine de réserve et de hauteur envers ses égaux, particulièrement depuis qu'il était en possession de la régence,

Cependant il est à remarquer que l'esprit d'épargne prévalut dans ce parlement, ainsi que dans celui de * ° 50. Le clergé protestant, malgré les dégoûts qu on lui avait donnés en bien des OCCasions, et restant toujours dans une extrême | pauvreté, exerçait depuis sept ans toutes les

1 Anders., vol, IV, 133, Append., n° XXII, p.163

€L Suiv. — ? Good. , vol, 11, 66, Anders. , vol. 11, 206. ‘Anders, vol. 11, 165,

Ceite manière d'agir offensait quelques nobles et en alarmait plusieurs autres. La faction de la reine, qu'on avait dispersée avec tant de facilité, commença à se réunir, et elle fut secrètement soutenue par quelques-uns de ceux qui avaient jusqu'alors adopté toutes les mesures des confédérés {.

La nation était dans ces favorables dispositions pour la reine, lorsque sa majesté recouvra sa liberté par un événement extraordinaire qui surprit ses amis, et que ses ennemis n'avaient pas pu prévoir. On avait déjà plusieurs fois essayé de faire évader la reine. Un concours de circonstances imprévues, ou la vigilance de ceux qui la gardaient, avaient jusqu'alors déconcerté les mesures qu'on avait prises pour lui en faciliter les moyens. A la fin, Marie employa toute son adresse pour gagner Georges Douglas, jeune homme de dix-huit ans, frère de celui à qui sa garde était confiée. La reine était d'un naturel doux et insinuant. Elle traitait le jeune Douglas avec une distinction capable de le flatter; elle lui fitmême concevoir de grandes espérances, et donna carrière à son ambition en laissant échapper quelques mots qui lui faisaient entendre qu'elle pourrait le choisir pour mari 2, Un homme ce cet âge, attaqué avec autant d'art, pouvait-il résister à une tentation aussi forte? IE y succomba, il fit entrer quelques personues dass son complot , et le dimanche 2 mai, vendant que son frère était à souper, et que les domestiques qui ne le servaient point s'étaient retirés pour faire leurs prières, un des comp'icc: trouva le moyen de prendre les clefs dans la chambre du comte de Douglas, ouvrit les portes à la reine et à une de ses femmes, referma les portes, et jeta les clefs dans le lac. Marie courut avec précipitation gagner une barque préparée pour favoriser sa fuite. Elle trouva sur le rivage le jeune Douglas, le lord Leaton et le chevalier Jacques Hamilton, suivis d'un petit nombre de domestiques. Ils la reçurent avec les plus grands transports de joie. Elle monta aussitôt à cheval, et s'enfuit à toute Vride à Niddrie, lieu de la résidence du lord Seaton, dans la Lothiane occidentale. Elle y arriva dans la même nuit, sans être poursuivie, et sans avoir rencontré aucun obstacle, Après y

1 Melvil, 175,— 2 Keith, 469.

! avoir pris quelques heures de repos, elle partit

pour Hamilton, où elle arriva le lendemain matin, avec autant de vitesse.

Tous les partisans de la reine étaient dans de si favorables dispositions pour elle, que le moindre événement pouvait les encourager. À la première nouvelle de son évasion, ils coururent aux armes. En peu de jours, sa cour fut remplie d'une troupe de nobles bien équipés, et suivis d’un si grand nombre de vassaux , qu'ils composaient une armée de plus de six mille hommes,

| Elle déclara en leur présence que son abdication

| de la couronne et les autres actes qu'elle avait

signés pendant sa détention lui avaient été extorqués par la crainte. Le chevalier Robert Melvilconfirma cette déclaration ; et sur son rapport et celui de plusieurs autres, cette assemblée de nobles et les chefs de son parti prononcèrent que toutes ces transactions étaient nulles et illéritimes. On forma en même temps une association pour la défense de la personne et de l'autorité de Marie ; cet acte fut signé par neuf comtes,

| neufévèques, dix-huit lords, et plusieurs autres

personnes de distinction !. On trouve dans ces signatures les noms de plusieurs seigneurs qui avaient assisté au dernier parlement, et qui avaient souscrit l'association contraire pour la défense du gouvernement du roi. Mais ces sortes d’inconséquences et ces changemens subits

| étaient alors fort ordinaires, et ne donnaient

même aucune atteinte à la réputation.

Le régent . lors de l'évasion de la reine, était à Glasgow, où il tenait sa cour de justice. Ses

adhérens furent frappés d’un événement qui ren-

| versait toutes leurs espérances , et qui détruisait

tous leurs projets. Ils paraissaient presque tous chancelans , irrésolus ; les uns entamèrent secrètement des négociations avec la reine, d’autres se révoltèrent ouvertement. Le régent, dans une conjoncture aus*i difficile, où sa propre réputation et l'existence de son parti dépendaient de sa détermination, prit conseil de ses associés les plus affidés. Les sentimens se trouvèrent partagés. Quelques-uns furent d'avis de se retirer promptement à Stirling. L'armée de la reine était déjà trés nombreuse, et elle n'était qui huit milles de distance. Tout le pays des envi- ‘ons était rempli des amis et des vassaux de la

1 Keith, 476.

maison tion de sans a était p accoutu Toutes mais OT motifs ( de Glas régent.

Glencai pleins d breux. ( d'autres A la gue réputati tans. L’ cette ré marches aurait € fuite, ai rait insp position périorite détermir Il décida blit son il amusa sant sem d'accomn profiter & adhérens Il fut ain:

et quoiqu ennemi, de ses tr qu'il rom le parti d Cepenx avaient o marche. | iu châtea que le ré; cord Flem etaient di i l’ennen situation ( ia dernièr semblé qu inCessamn

epos, elle partit > lendemain ma-

étaient dans de le, que le moinarager. À la prels coururent aux our fut remplie uipés, et suivis Lux , qu'ils coniix mille hommes.

e son abdication tes qu'elle avait avaient été exlier Robert Mel- L sur son rapport tte assemblée de ti prononcèrent ent nulles et illémps une associanne et de l’autopar neuf comtes, plusieurs autres trouve dans ces rs seigneurs qui rlement, et qui ontraire pour la oi. Mais ces sorangemens subits et ne donnaient tation.

de la reine, était r de justice, Ses énement qui renet qui détruisait ent presque (ous ntamèrent secrèa reine, d’autres régent, dans une à propre réputa- | dépendaient de le ses associés les rouvérent partavis de se retirer mée de la reine elle nétait qui e pays des envies vassaux de la

maison d'Hamilton , et d’autres lords de la faction de la reine. Glasgow était une grande ville, sans aucune fortification. La suite du régent était peu considérable, et telle qu'on avait accoutumé de l'avoir dans des temps de paix.

Toutes ces raisons parlaient pour la retraite ; mais on s'appuyait, d'un autre côté, sur des motifs qui étaient d’un grand poids. Les citoyens de Glasgow étaient fort affectionnés au parti du régent. On avait sous sa main les vassaux de

Glencairn, de Lennox, de Semple, tous gens |

pleins de zèle et qui formaient un corps no0mbreux. On pouvait en peu de.temps rassembler d'autres secours des autres parties du royaume, À la guerre, les succès dépendent autant de la réputation que du grand nombre des combattans. L'affermissement ou la perte entière de cette réputation dépendait des premières démarches. La retraite, dans ces circonstances , aurait eu tout l'air et toute l'ignominie d'une fuite, aurait découragé les amis du régent, aurail inspiré de l'audace à ses ennemis. Dans une position aussi critique, on vit briller toute la supériorité de génie du comte de Murray. Il se D détermina avec sagesse, et il agit avec vigueur. 2 1! décida contre le parti de la retraite, et il établit son quartier général à Glasgow. Cependant il amusa la reine pendant quelques jours’, en faisant semblant de se prêter à quelques ouvertures d'accommodement qu'elle avait faites, et il sut

A profiter avec art de ce délai pour rassembler ses

adhérens des différentes parties du royaume.

Il fut ainsi bientôt en état de tenir la Campagne ; et quoique fort inférieur pour le nombre à son

de ses troupes et dans l'habileté de ses officiers, qu'il rompit brusquement la négociation et prit

MO le parti de risquer une bataille.

Cependant les généraux de l'armée de la reine avaient ordonné à leurs troupes de se mettre en marche. Leur dessein était de conduire la reine D :u château de Dumbarton, place très forte, et D quele régent n'avait pas pu tirer des mains du D ord Fleming, qui en était gouverneur; mais ils “taient déterminés à ne point refuser Le combat i l'ennemi se présentait pour l'arrêter, Dans la ituation où était Marie, cette résolution était de ‘a dernière imprudence, Elle n’avait encore r'asemblé qu'une partie de ses forces. On attendait ‘ncessamment Huntly, Ogilvie et les tribus du

ennemi, il pritune telle confiance dans la valeur

| leur tête; ce prélat espérait que la victoire le | mettrait en état d’écraser le parti de Murray,

| tait ensuite obliger sa majesté, ou à épouser un

nord. Les souffrances de Marie avaient diminué | Ou même effacé entièrement les préjugés désa- : Vantageux pour elle qui s'étaient répandus parmi | $e$ Sujets : l'adresse avec laquelle elle avait sur- | monté les dangers qui s’opposaient à son évasion éblouissait le peuple et l’intéressait; le | concours de tant de nobles donnait de l'éclat à : son parti; elle pouvait compter entièrement sur : l'amitié et l'appui de la France, elle devait s’attendre à la protection de l'Angleterre ; ses en- , Hemis ne pouvaient se flatter d'en tirer aucun | secours : si elle avait pris le parti de temporiser, si elle avait mis plus de prudence dans ses démarches, elle avait tout à espérer, ses ennemis avaient tout à craindre.

Mais Marie, naturellement présomptueuse dans des momens d'espérance, impétueuse dans ses passions, était si transportée hors d’ellemême de ce passage subit du comble du malheur à des apparences de prospérité, que rien ne put la faire douter un moment du succès. Son armée était presque le double de celle de l’ennemi; elle était principalement composée des Hamiltons et de ceux qui étaient dans leur dépendance; l'archevêque de Saint-André était à

l’ancien ennemi de sa maison , et qu'elle le rendrait maître de la personne de la reine; il comp-

des fils du due d'Hfamilton , Ou bien au moins à

lui donner la principale direction des affaires.

L'ambition du prélat fut fatale à Ja reine, à lui-

même et à toute la maison d'Hamiltont. :

La mauvaise conduite des généraux de Marie

mit le comble à l'imprudence que la reine avait

faite en se déterminant à donner la bataille. 1 y

avait entre les deux armées, sur le chemin qui

menait à Dumbarton, une éminence appelée ji

Langside-Hill, \a colline de Langside. Le ré- ï

gent avait eu la précaution de s'emparer de ce

poste avantageux , et il avait étendu ses troupes

dans des enclos et des jardins qui étaient aux

environs. Il attendait, dans cette position , les

approches de l'ennemi qui lui était bien supé- Î

rieur en cavalerie, et dont les efforts devenaient 1

inutiles à cause de l'inégalité du terrain. Les

Hamilton, qui faisaient l'avant-garde, commen-

!' Anders , vol. LV, 32. Melv., {81,

cèrent l'attaque avec précipitation; ils arrivèrent tout hors d’haleine et laissant bien loin derrière eux le gros de l’armée. Le choc des piquiers fut furieux, ils se battirent en désespérés; mais comme les troupes des Hamilton étaient d’un côté exposées à un feu roulant de mousqueterie, d'un autre côté, prises en flanc par l'élite de l’armée du régent, sans pouvoir être soutenues par le reste des troupes de la reine, elles furent obligées de licher pied, et la déroute devint bientôt générale. Au milieu des horreurs d’une guerre civile, chez un peuple barbare, jamais victoire ne coûta moins de sang, et ne fut remportée avec moins d'effort. Trois cents hommes restèrent sur le champ de bataille; il y en eut peu de tués dans la poursuite des fuyards. Le régent et ses principaux officiers couraient de tous côtés, conjurant les soldats d’épargner leurs compatriotes. Le nombre des prisonniers fut grand , et il se trouva parmi eux plusieurs personnes de distinction. Le régent retourna à Glasgow, et rendit publiquement des actions de grâces au Seigneur de cette victoire signalée , et qui, de son côté, avait été*si peu meurtrière 1.

Pendant le combat, Marie était sur une colline peu éloignée du champ de bataille, et d'où elle nouvait apercevoir tout ce qui se passait. On aurait peine à décrire le trouble de son âme lorsqu'elle vit cette armée, son unique ressource, mise en déroute et jetée dans un désordre et une confusion où il n’y avait plus de remède ; ce courage que toutes ses infortunes passées n’avaient pu abattre, l'abandonna en un instant. Consternée au dernier point de ce revers, elle prit la fuite, et la terreur s'était tellement emparée de ses sens, qu’elle courut , sans s'arrêter ni prendre aucun repos, jusqu'à ce qu'elle ei gagné l’abbaye de Dundrenan, dans la province de Galloway, à soixante milles de l'endroit où la bataille s'était donnée ®.

Ces révolutions dans is fortune de Marie avaient été également rapides et extraordinaires; dans l’espace d’onze jours elle avait été prisonnière et à la merci de ses plus cruels ennemis ; elle s'était vue à la tête d’une armée formidable, ayant à ses ordres une suite nombreuse de nobles, et elle était alors fugitive

1 Keith, 477. — ? Zbid. , 477,

dans le plus grand danger de sa vie, et obligée de se cacher à une desextrémités deson royaume, Elle ne se crut pas même encore en sûreté dans cette retraite. Ses craintes la portèrent à une action d'une imprudence extrême, et qui mit le comble à ses malheurs. Elle prit le parti de se retirer en Angleterre, démarche qu'elle aurait dû, par bien des raisons , regarder comme dangereuse et inconsidérée.

Avant l'arrivée de Marie en Écosse, la mé.

fiance et la jalousie étaient établies entre elleet la reine d'Angleterre. Tout ce qui s'était passé depuis , de la part des deux reines, n’avait servi qu’à irriter ces passions et à les enflammer de plus en plus. Marie, par des négociations et des intrigues secrètes, avait cherché à soutenir ses prétentions à la couronne d'Angleterre, et à jeter le trouble dansle gouvernement d’Élisabeth, La reine d'Angleterre , qui avait une puissance plus étendue, et qui agissait avec moins de ré. serve, avait protégé ouvertement les sujets rebelles de Marie, et avait fomenté les troubles et les dissensions qui déchiraient l'Écosse depuis que Marie était sur le trône. Élisabeth devait, selon toutes les règles de la politique, suivre le même plan, puisqu’en entretenant le trouble et la discorde en Écosse , elle assurait de plus en plus la paix et la tranquillité dans son propre royaume. Le régent, après sa victoire, avait marché à Édimbourg, et ne sachant quelle route la reine avait prise, il avait été pendant quelques jours sans songer à la poursuivre !, Elle aurait pu se retirer dans des endroits du royaume où elle avait des sujets entièrement dévoués à ses intérêts, et s'y tenir cachée jusqu’à ce que son parti, plutôt dispersé que détruit par sa dernière défaite, eût euie temps de rassembler ses forces. et qu’elle eût pu se mettre à leur tète sans exposer sa personne à aucun danger. Au reste, il n’y avait point de périls qu'elle ne dût braver plutôt que de se remettre elle-même entre les mains d'un ennemi qui lui avait déjà fait tant d’'injures, et qui, par inclination et par intérêt, était porté à les renouveler.

Cependant ces considérations pouvaient être balancées par plusieurs autres. Élisabeth s'était déclarée ouvertement contre les procédés des sujets de Marie, et elle avait sollicité la liberté

1 Grawf., Mém., 59,

ne.

de cett empres toutes invité À lui avai et de la Marie é ses ent:

brage à plus à « tôt un o la lâche!

tage du Toutes | gravées était tou entre les tendre d traiteme somptior projet de et même où elle él l'idée de | un royal tout l’écl:

dans l’esy comme sc opinion à tamment tances du sieurs aul tèrent à se fier aux p:

compter s

ol Herreis écr

lieutenant quelle mar à et l'impati d'attendre que de pè sonnes ; el Cumberlan avec de gr.

Aussitôt { son premi lui faisait,

1 Camden, 369, — 2 Keit

sa vie, et obligée s desonroyaume, ‘een sûreté dans rièrent à une acne, et qui mit le rit le parti de se he qu'elle aurait rder comme dan-

| Écosse , la mé.

blies entre elleet qui s'était passé nes, n’avait servi es enflammer de sgociations et des hé à soutenir ses igleterre, et à jement d’Élisabeth.

ait une puissance vec moins de réent les sujets reté les troubles et t l'Écosse depuis Élisabeth devait, litique, suivre le nant le trouble et urait de plus en dans son propre ictoire, avait marnt quelle route la endant quelques vre !. Elle aurait du royaume où nt dévoués à ses squ’à ce que son lit par sa dernière embler ses forces, eur tête sans exger. Au reste, il le ne dût braver -même entre les ait déjà fait tant on et par intérêt,

s pouvaient être

Élisabeth s'était les procédés des sollicité la liberté

de cette reine infortunée avec une chaleur et un empressement qui donnaient à ses démarches toutes les apparences de la sincérité, Elle avait invité Marie à se réfugier en Angleterre, et elle lui avait promis d'aller la recevoir en personne, ‘et de la traiter en reine et en parente . Lorsque Marie était en possession de toute son autorité, ses entreprises pouvaient causer quelque ombrage à Élisabeth, Mais la reine d'Écosse n'était plus à craindre, ses infortunes la rendaient plutôt un objet de commisération : il y aurait eu de la lâcheté et de la barbarie à vouloir tirer avantage du malheureux état où elle était réduite. Toutes les horreurs de la prison étaient encore gravées dans l'âme de Marie, la mémoire en était toute récente. S'il lui arrivait de retomber entre les mains de ses sujets , €lle devait s’attendre de leur part à toutes sortes de mauvais traitemens, à toutes les entreprises que la présomption du succès pourrait leur inspirer, Le projet de se retirer en France était dangereux, et même presque impraticable dans la position où elle était. De plus, aurait - elle pu supporter l'idée de jouer le rôle d’exilée et de fugitive dans un royaume où elle avait paru autrefois avec tout l'éclat de la royauté? Cesraisons prévalurent dans l'esprit de Marie; elle regarda l'Angleterre comme son unique asile, et elle s’entèta de cette opinion à un tel point, qu’elle partit précipitamment pour aller s'y réfugier malgré les instances du lord Herreis, de Fleming , et de plusieurs autres personnes de sa suite, qui se jetèrent à ses genoux, la conjurant de ne point se fier aux promesses d'Élisabeth, et de ne point Compter sur la générosité de cette princesse, Herreis écrivit par l’ordre de la reine à Lowther, lieutenant de roi de Carlisle, pour savoir de quelle manière il ïa recevrait, Mais les craintes et l'impatience de Marie ne lui permirent pas d'attendre la réponse, elle se jeta dans une barque de pêcheur, suivie d’une vingtaine de personnes; elle prit terre à Wirkington, dans le Cumberland, et de là elle fut conduite à Carlisle avec de grandes marques de respect.

Aussitôt que Marie fut arrivée en Angleterre, son premier soin fut d'écrire à la reine, Elle lui faisait, dans les termes les plus touchans,

le tableau de ses malheurs , un long détail de tout ce qu’elle avait eu à souffrir de ses propres sujets, et elle réclamait.la commisération et l’as- Sistance qui lui étaient si nécessaires dans le triste état où elle était réduite 1. Un événement aussi extraordinaire et la conduite qu'on devait tenir dans cette occasion devinrent l’objet des attentions d'Élisabeth et de son conseil , et firent le sujet de leurs délibérations. S'ils ne s'étaient déterminés que par les règles de la justice et de la générosité, l'affaire n'aurait été ni difficile à réscudre ni d'une longue discussion. Une reine chassée Par ses propres sujets, menacée par eux de la perte de sa vie et de sa liberté , fugitive pour se soustraire à leurs violences , venait se jeter elle-même entre les bras d’une reine dont les états confinaient aux siens , qui était sa plus proche parente , et dont elle avait reçu tant d'assurances d'amitié et de protection. Toutes ces raisons étaient autant de titres qui devaient lui attirer le respect et la compassion, et qui mettaient dans l'obligation ou de la rétablir sur son trône, ou de lui laisser au moins la liberté d’aller chercher des secours dans un autre pays. Mais Élisabeth et ses conseillers ne s’attachèrent point à examiner ce qui était le plus juste et le plus généreux, mais ce qui était le plus avantageux pour la reine et pour la nation anglaise. Trois différens avis furent proposés dans le conseil d'Élisabeth au sujet de la reine d'Écosse : de la rétablir dans son royaume, de lui permettre de se retirer en France ou ailleurs , ou bien de la retenir en Angleterre. Les conséquences de ces différentes Opinions méritaient la plus grande attention. On voit aussi par les papiers qui nous sont restés? , qu’elles furent pesées avec le plus grand Soin et examinées avec cette exactitude scrupuleuse que les ministres d’Élisabeth apportaient dans toutes les affaires d'une grande importance, Ils observérent qu'en remettant Marie dans le plein exercice de l'autorité royale en Écosse, vn la rendrait plus puissante que jamais; que les nobles d'Écosse qui étaient le plus attachés aux intérêts de l'Angleterre éprouveraient bientôt tout l'effort du ressentiment de Marie. La re- Connaissance est, disaient-ils, une vertu qui prend peu de force et de consistance dans l'âme

? Camden, 489. Anders. , vol. IV, 09, 129. Murum, | 369, — ? Keith, Anders, vol. IV, …

1 Anders., vol. LV, 29, — * Ibid, , vol. IV, 34,99, 102,

des princes lorsqu'il s'agit de leurs intérêts : Marie perdra bientôt la mémoire des services qu'Élisabeth lui aura rendus ; elle renouvellera aussitôt l'ancienne alliance de la nation écossaise avec la France, et elle fera revivre ses prétentions à la couronne d'Angleterre. ls n'imaginaient point de conditions qu'on pût imposer à la reine d'Écosse, et qui fussent capables de l’enchainer et de la lier de manière à prévenir ces dangers. Le parti de Marie en Écosse était nombreux et puissant, Son retour même, sans aucun soutien de la part de l’Angleterre, aurait encouragé les amis de la reine, leur aurait inspiré un nouveau zèle; une seule victoire pouvait leur rendre cette supériorité, qu’une seule défaite leur avait enlevée. Elle pouvait rendre Marie une rivale plus formidable que jamais pour Élisabeth.

Lis apercevaient avec une égale évidence le danger qu'il y aurait à permettre à Marie de se retirer en France. Le roi de France ne pouvait pas refuser son secours pour remettre sur le trône une sœur et une alliée. Élisabeth verrait encore une armée étrangère aborder dans les îles britanniques, tenir en crainte les Écossais, et prête à entrer dans son royaume; et si les soulèvemens de France au sujet de la religion venaient à s'apaiser, les princes lorrains pouvaient reprendre leurs anciens projets; et les forces réunies de France et d'Écosse pouvaient envahir l'Angleterre par le côté le plus faible et le moins défendu.

Il ne restait donc plus d'autre parti à prendre que celui de retenir Marie en Angleterre, et de lui permettre d'y vivre en liberté, ou bien de la reléguer dans une prison. Le premier expédient était dangereux. La cour de Marie serait devenue un asile pour tous les catholiques romains, pour tous les méconteus, pour tous les gens avides de nouveautés. Élisabeth affectait de regarder les prétentions de Marie à la eouronne d’Angleterre comme extravagantes et mal fondées ; mais en même temps elle n'ignorait pas que ces prétentions de la reine d'Écosse n'étaient poënt re-

xardées du même œil par la nation, et que bien des gens donnaient même la préférence au droit de Marie sur celui d’Élisabeth. Si l'activité des émissaires de Marie lui avait acquis tant de partisans, que n’avsit-en point à craindre de sa présence L'admiration et la pitié que sa beauté,

son adresse et ses souffrances devaient naturellement exciter, ne pouvaient pas manquer d'en. trainer dans son parti une infinité de personnes {.

Cependant Élisabeth devait craindre d’exciter contre elle-même une indignation générale en traitant Marie comme prisonnière , et de perdre cette réputation de justice et d'humanité qu'elle avait acquise, en usant alors d'une sévérité inouie envers une reine qui avait imploré, et à qui elle avait promis sa protection; mais les monarques anglais avaient souvent été occupés de garantir leur royaume des entreprises des Écossais, et ils avaient rarement été scrupuleux sur les moyens qu'ils employaient pour y réussir, Henri IV avait fait arrêter le prince héréditaire du royaume d'Écosse, forcé par la tempète de relàcher dans un port d'Angleterre; et au mépris des droits de l'hospitalité, sans égard pour l'âge tendre du prince, pour les farmes et les supplications d'un père, il le retint prisonnier pendant plusieurs années. Ce procédé était en horreur à la posté. rité, cependant Élisabeth se détermina à le prendre pour modèle. Sa vertu ne fut pas plus à l'épreuve que celle de Henri IV contre la tentation de l'intérêt, et elle fut plus sensible à un avantage présent qu'au soin de sa réputation pour l'avenir. La satisfaction de mortifier une rivale dont la beauté et les talens étaient pour Élisabeth des objets perpétuels de jalousie, contribuèrent peut-être autant que les considérations politiques à déterminer la reine d’Angjle- | terre au parti qu’elle prit danscette conjoneture, Cependant pour éviter les justes reproches que

cette conduite devait lui attirer? et pour faire |

croire que c'était plutôt par nécessité que par choix qu’elle traitait ainsi fa reine d’ Écosse , elle voulut conserver quelques apparences d’attention pour les intérêts de Marie, et de commistsation pour les souffrances de cette princesse infortunée.

Dans cette vue, elle dépèêcha à l'instant je lord Scroope, gardien des marches occidentales et le chevalier François Knollys, son vice-chaur bellan , vers la reine d'Écosse, et elle les charger de lettres remplies de termes d'affection pour cetée reine , et d'expressions de regrets de ses infortunes. Mais , par des instructions particu-

! Anders, vol. IV, 56, 60.

lières déma qu'el royau les in mand avait | avec r présen d'un c mari, était a ne pou tation, promet lavée d tion cor portion Rien mais il ses min même s daient. I à la répc prise du demand, tations c ne pour.

rité de c chise aus sa cause:

qu’elle pi cence et avait im drait aisc satisfaire C'était pr lait amen au tribun Élisabeth reine d'Éc les inforn tant d’em ne bourra sabeth ne gner de s:

cuser de li

‘Anders. ,

devaient naturelas manquer d'en.

infinité de per-

raindre d’exciter tion générale en ère, et de perdre ‘humanité qu'elle ne sévérité inouïe loré, et à qui elle ais les monarques upés de garantir les Écossais, et ils x sur les moyens sir. Henri IV avait aire du royaume de relâcher dans mépris des droits ir l'âge tendre du upplications d’un vendant plusieurs prreur à la posté.

détermina à le une fut pas plus à / contre la tentalus sensible à un de sa réputation de mortifier une lens étaient pour s de jalousie, conue les considérala reine d’Angjlecette conjoneture,

Les reproches que |

‘er? et pour faire nécessité que par ine d’Écosse, elle parences d’atten e, et de commiséde cette princesse

cha à l'instant le rehes occidentales s, Son vice-chaur et elle les charger d'affection pour de regrets de ses tructions particu-

litres, elle les chargeait d'observer toutes les démarches de Marie, et de bien prendre garde qu'elle ne s'échappât pour retourner dans son royaume !, A leur arrivée, Marie demanda une entrevue avec la reine , pour lui exposer toutes les injures qu'elles avait souffertes , €t lui demander l'amitié et les bons offices qu’elle lui avait fait espérer. Ils lui répondirent que c'était avec regret qu'on lui refusait dans le moment présent cette entrevue; mais qu'étant chargée d'un crime aussi énorme que l'assassinat de son mari, la reine, leur maîtresse , à qui ce prince était aussi étroitement uni par les liens du sang, ne pouvait pas, sans faire tort à sa propre réputation, l'admettre en sa présence; cependant ils promettaient à Marie qu'aussitôt qu’elle se serait lavée de cette tache, elle obtiendrait une réception convenable à sa dignité, et des secours proportionnés à ses malheurs 2.

Rien de plus frivole que ce raisonnement , mais il était relatif aux vues d'Élisabeth ct de ses ministres. Ils voulaient que Marie vint d’ellemème s'embarrasser dans le piége qu'ils lui tendaient. La reine d'Écosse, qui ne s'attendait point à la réponse desministres anglais, parut fort sur-

prise du prétexte qu’ils prenaient pour éluder sa | rait sous son autorité. On pouvait craindre demande; mais elle avait reçu tant de protes- | néanmoins que Marie ne découvrit tr6) tôt les

tations d'amitié de la part d'Élisabeth , qu'elle | intentions d'Élisabeth, et qu'en retirant l'offre ne pouvait pas se résoudre à douter de la sincé- |

| qu'elle avait faite de s’en rapporter au jugement rité de cette princesse. Elle répondit avec fran- | de la reine d'Angleterre, elle n'arrétat le cours chise aux énvo és, qu'elle offrait de soumettre | des informations, Mais Élisabeth était détermisa cause au jugement d'Élisabeth, et elle leur dit | née à ne les point suspendre, et elle avait déjà qu'elle produirait tant de preuves de son inno- imaginé divers expédiens pour les continuer cence et de la fausseté des accusations qu’on quelque chose qui pût arriver. La comtesse de avait intentées contre elle, qu’elle Parvien- | Lennex était convaincue que Marie avait eu part drait aisément à détruire les préventions et à | au meurtre du roi d'Écosse; le désir de ia vensatisfaire la délicatesse de la reine d'Angleterre, geance, si naturel à une mère, avait porté lady C'était précisément là le Point où Élisabeth vou- Lennox à réclamer la justice d’Élisabeth. et à lait amener la reine d'Écosse, Cet appel de Marie la Supplier, les larmes aux yeux, tant du son au tribunal de la reine d'Angleterre rendait nom qu'en celui du comte de Lennox, de mettre Élisabeth juge des démélés survenus entre la | Ja reine d'Écosse en justice pour ce crime 1, Les reine d'Écosse et ses sujets. On pouvait trainer père et mère de l'infortuné Darnly étaient en les informations en longueur, et Y faire naître | droit de former cette accusation contre la reine tant d'embarras et de difficultés, que l'affaire d'Écosse, et Élisabeth, quiétait leur plus proche ne VOurrait jamais se terminer. Cependant 6ÿ- Parente, ne pouvait pas être blâmée d'écouter sabeth ne manquerait pas de prétextes pour éloi- une demande aussi juste. De plus, les nobles gner de sa Cour la reine d'Écosse , et Pour s'ex- | d'Écosse aceusaient ouvertement Marie de ce cuser de lui donner des secours Pour la remettre | mème crime , et ils prétendaient être en état de

(75 sur sOn trône. La conduite de Marie avait été très imprudente, les SOUpÇons qu'on avait de son crime étaient fondés sur des présomptions très fortes, ses sujets pouvaient parvenir à justifier les accusations qu’ils avaient formées contre elle; et si, par le résultat des perquisitions, son crime venait à être constaté, elle cessait d'être un objet d'égards et de compassion, et la froideur et l'indifférence qu'Élisabeth lui marquait ne méritait plus aucun reproche. Dans une affaire aussi obscure et aussi compliquée, il n'était Pas vraisemblable que Marie pût donner des preuves assez évidentes de son innocence, pour rendre la conduite de la reine d'Angleterre absolument répréhensible. Marie pouvait aussi y Souffrir impatiemment la contrainte dans laquelle on la retenait, concevoir des soupçons de la partialité d'Élisabeth » découvrir les artifices de cette princesse, se laisser entrainer | dans les cabales et des complots, et justifier ainsi la grande rigueur dont on voudrait user envers elle, Élisabeth avait aperçu de bonne heure tous les avantages qu'elle retirerait de cet examen de la conduite de la reine d'Écosse , qui se fe-

‘Anders, vol, IV. 36. 70, 92, — gi. voi, W,,8, 3 Camd , 412, Haynes, 469,

donner des preuves assurées de ce qu’ils avançaient. Il n'étaitpas difficile de les engager à demander à Élisabeth de prendre conhaissance de de la procédure qu'ils suivaient contre la reine, et l'avis du conseil d'Angleterre était qu'il serait à propos de recevoir cette requête et d’y faire droit !, On commençait aussi dans ce même semps à réveiller cette prétention surannée de la prééminence de l'Angleterre sur l'Écosse, et on croyait en conséquence que le jugement des contestations entre la reine d'Écosse et ses sujets appartenait de droit à Élisabeth. Cependant Élisabeth, sans perdre de vue tous ces expédiens, et bien déterminée à s’en servir dans l’occasion, aurait desiré que ces recherches sur la conduite de Marie parussent ne se faire que par complaisance pour cette princesse, à sa propre réquisition, et dans le dessein de faire éclater son innocence ; et tant qu'on pourrait conserver ces apparences, Élisabeth était déterminée à ne point employer d’autres moyens.

Lorsque Marie avait consenti à se soumettre au jugement d'Élisabeth, elle était bien éloignée d'en apercevoir les conséquences dangereuses, et de croire que ceite démarche pôt servir de fondement à des prétentions qui fussent à sa charge. Elle comptait exposer les raisons qu'elle avait à alléguer pour sa défense , et qu'Élisabeth les écouterait et les examinerait; mais elle regardait la reine d'Angleterre comme son égale; elle voulait bien lui faire le détail de sa conduite et la soumettre à sa censure, mais non pas la reconnaître comme un supérieur devant qui elle était obligée de plaider sa cause. Élisabeth donnait un sens tout-à-fait différent aux offres de Marie. Elle se considérait comme ayant été choisie pour juge entre la reine d'Écosse et ses sujets, et elle commença à agir en conséquence. Elle proposa de nommer des gommissaires pour entendre les plaidoyers des deux parties, et elle écrivit au régent d'Écosse de nommer et d'autoriser des personnes pour comparaître en son nom devant ces commissaires, et y produire les raisons qu'il aurait à alléguer pour justifier ses procédés envers sa s@uveraine.

Marie avait eu jusqu'alors une entière confiance dansles assurances d'affection qu’elle avaitreçues d'Élisabeth, et elle espérait toujours que ces assu-

» Anders, vol. IV, 37.

ee

rances d'amitié tant defois répétées seraient à la fin réalisées par quelques bons offices ; mais elle fut bientôt détrompée lorsqu'on lui proposa de plaider sa causecontradictoirement avec sessujets devant les commissaires nommés. Elle aperçut alors clairement tous les artifices d’Élisabeth ; elle sentit vivement tout le déshonneur de se mettre de niveau avec ses sujets rebelles, et de comparaître avec eux devant le tribunal d'un supérieur et d'un juge. Elle rétracta l'offre qu’elle avait faite, et dont on avait si indignement abusé en lui donnant un sens contraire à ses intentions ; elle insista plus que jamais sur la demande qu'elle avait faite d’être admise en la présence d'Élisabeth; elle changea de ton avec cette princesse, elle lui écrivit d’un style bien différent de celui dont elle avait usé jusqu'alors, elle lui ouvrit son cœur et elle exposa vivement les chagrins et le dépit dont il était dévoré. «Dans la position où je me trouve, je ane veux ni ne puis, disait-elle, répondre aux «accusations que mes sujets ont osé former con- «tre moi. Je vous ai offert de mettre sous vos «yeux la justification de ma conduite et de lever «tous vos scrupules, je suis prête encore à le «faire par amitié pour vous. Mes sujets ne sont «pas mes égaux : je ne veux point les recon- «naître pour tels, en paraissant avec eux en jus- «tice réglée. Je me suis jetée entre vos bras, «j'ai eu recours à ma parente la plus proche: «j'ai espéré que je trouverais en vous une véri- «table amie. J'ai cru vous faire honneur, en «vous choisissant par préférence à tout autre «prince, pour venger une injure faite à une «reine, A-t-on jamais vu un prince blâmé pour «avoir entendu en personne les plaintes de ceux «qui en appellent à sa justice, et ceux qui la «réclament contre les fausses accusations de «leurs ennemis? Vous admettez mon frère eu

: «votre présence , un bâtard, un homme coupable

«du crime de rébellion, et vous me refusez cet «honneur! A Dieu ne plaise que je donne jamais «iieu à rien qui puisse noircir votre réputation! «j'ai voulu au contraire vous procurer uñe occi- «sion d’en relever l'éclat par la manière dont evous vous comporteriez à mon égard. Souffrez «que je réclame l’assistance d’autres princes «moins délicats sur ce point d'honneur, et plus «compatissans pour mes malheurs , ou laissez- «moi recevoir de vous des secours qu'il vous

on

a convi « corde « à vou . sance | Cette mesure:

projets affaire et il fut représel derait à d'abord tendent sa répu gouvern qu'elle 1 du roya trouvât nuait sa on juge dans que Pend:

pée à ce: tirer tou side. Cet importar royaume persés, parut d'a gueur co sonniers bataille f1 mort, Co) Ils furent Knox int:

leur faire wWellhaug dans la s de cet act Aussitc frontières de quatre fanterie. | étaient af n'étaient régent, il tre au roi

* Anders.

vol. 11, 99.

[1568] ces seraient à la ffices ; mais elle | lui proposa de ntavec sessujets ss. Elle aperçut es d'Élisabeth ; shonneur de se rebelles, et de le tribunal d'un rétracta l'offre vait si indignesens contraire à que jamais sur l'être admise en hangea de ton crivit d’un style e avait usé jusur et elle exposa pit dont il était e me trouve, je >, répondre aux

osé former conmettre scus vos duite et de lever rête encore à le »s sujets ne sont point les reconavec eux en jusentre vos bras, la plus proche:

à vous une vérire honneur, en ice à tout autre ure faite à une ince blâämé pour plaintes de ceux , et ceux qui à

accusations de z mon frère eu homme coupable s me refusez cet je donne jamais otre réputation!

ocurer uie OCCAla manière dont égard. Souttrez d'autres princes onneur, et plus urs , OU laissezcours qu'il vous

« convient mieux qu’à tout autre prince de m'ac- « corder, et mettez-moi dans le cas de m'attacher « à vous par les liens d'une éternelle reconnais- « sance !.

.* Cette lettre ne laissa pas de déconcerter les mesures d'Élisabeth, mais elle n’en suivit pas ses projets avec moins de chaleur. Elle rit cette affaire en délibération dans son conseil privé, et il fut décidé que, malgré les instances et les représentations de la reine d'Écosse , on procèderait à l'examen de sa conduite ; qu'il fallait d'abord terminer ces informations, et qu’en attendent, Élisabeth ne pouvait , sans faire tort à sa réputation et sans risquer la sûreté de son gouvernement, ni donner à Marie l'assistance qu'elle lui demandait, ni lui permettre de sortir du royaume; et dans la crainte que Marie ne trouvât l'occasion de s'échapper, si elle continuait sa résidence dans le voisinage de l'Écosse, On jugea qu’il était à propos de la transférer dans quelque place très éloignée des frontières 2, Pendant que la cour d'Angleterre était occupée à ces délibérations, le régent songeait à retirer tous les avantages de sa victoire de Langside. Cet événement était pour lui de la dernière importance. La reine, chassée de son propre royaume, laissait tous ceux de son parti dispersés, sans chef, et à la merci du régent. Il parut d’abord déterminé à procéder en toute rigueur contre les partisans de la reine, Six prisonniers de quelque distinction faits dans la bataille furent mis en justice et condamnés à mort, comme rebelles au gouvernement du roi.

Ils furent conduits au Keu de l'exécution, mais Knox intercéda pour eux, et il eut le crédit de leur faire obtenir leur grâce. Hamilton de Both- Wellhaugh était de ce nombre, et il donna lieu dans la suite au régent et à Knox de se repentir de cet acte de clémence 3,

Aussitôt après , le régent marcha vers les frontières occidentales avec une armée composée de quatre mille chevaux et de mille hommes d’infanterie. Les nobles de cette partie du royaume étaient affectionnés à la reine; mais comme ils n'étaient point assez en force pour tenir tête au régent, ils se voyaient obligés ou de se soumettre au roi, ou de laisser porter le fer et le feu

* Anders. vol. 1V, 94, — 1 Jbid., 102, — 5 Caid., vol. 11, 99,

dans leur pays. Mais Élisabeth, qui avait intérêt à entretenir les troubles en Écosse, en tenant la balance égale entre les deux partis, et qui cher chait à calmer Marie par quelques marques de condescendance, céda en cette occasion aux instances de la reine d'Écosse, et lui accorda son entremise. Le régent , après avoir tenu la campagne pendant quinze jours, licencia son armée, et une expédition qui devait être fatale à tout le parti opposé au régent se borna à quelques coups de main f,

Cependant la résolution prise par le conseil privé d'Angleterre, par rapport à la personne de Marie, fut aussitôt mise à exécution; et sans égards pour les représentations et les plaintes de cette reine infortunée, on la conduisit à Bolton, château appartenant au lord Scroope, sur les frontières de la province d'Yorck 2, La situation de cette place rendait la correspondance de Marie avec les amis qu’elle avait en Écosse bien plus difficile, et elle lui ôtait toute espérance de pouvoir s'échapper. Elle vit bien alors qu'elle était en la puissance d'Élisabeth ; et quoiqu'en affectât encore de rendre à Marie tous les respects dus à une reine, elle était réellement dans la captivité. Elle ressentait vivement la perte de sa liberté, et elle regardait cette privation comme le plus grand de tous les malheurs : elle avait ia mémoire encore toute récente des horreurs de la prison dont elle venait de sortir, et elle se voyait sur le point de rentrer dans une autre. Élisabeth sut profiter de ce moment d’agitation et de terreur, et elle Jugea cette conjoncture favorabie pour lui renouveler ses premières propositions. Elle fit demander à Marie de permettre que le régent et ses adhérens fussent appelés en Angleterre, et de consentir qu’ils fussent entendus dans les défenses qu'ils avaient à proposer pour la justification de leur conduite. Élisabeth promettait en mème temps que, quel que fût le résultat de ces informations, elle emploierait tout son pouvoir pour rétablir Marie sur son trône, en y mettant seulement quelques conditions et restrictions, mais

que personne ne pourrait regarder comme déraisonnables. La crainte , l'impatience, le désespoir balancés par ces espérances flatteuses dont Élisabeth accompagnait sa proposition , arra-

1 Cald., vol. Il, 99, — » Anders, , vol. 1V, 14.

chèrent enfin le consentement de Marie, et elle accorda à la reine d'Angleterre tout ce qu'elle lui demandait !,

La reine d'Écosse avait toujours été inflexible sur le point de la religion. Constamment attachée pendant tout le cours de ses malheurs à la religion romaine, elle fut également inébranlable dans les mêmes sentimens jusqu’à la fin de ses jours et de ses infortunes, Cependant pour persuader qu'elle désirait sincèrement de se lier aussi étroitement qu'il lui serait possible avec Élisabeth, elle chercha à se concilier la

bienveillance de cette princesse, en faisant pa- |

raître quelque disposition à se relâcher sur cet

article. Elle marqua beaucoup de vénération |

pour la liturgie de l’église anglicane : elle assistait souvent au service divin suivant les rits de l'église réformée : elle fit le choix d’un ecclésiastique protestant pour desservir sa chapelle ; elle l'écoutait avec attention prècher contre les erreurs du papisme, et elle paraissait l'entendre avec plaisir : elle donrma même toutes les marques d'une conversion prochaine ?. Mais la superstition de la reine d'Écosse et son attachemeni au papisme étaient trop connus pour qu’on ajoutât aucune foi à la sincérité de ses démar- Ches. Rien au contraire ne donnait des marques plus assurées de l’état misérable où elle était réduite et de la terreur qui s'était emparée de son âme , que de se prêter ainsi à une basse dissimulation, et de trahir sa propre conscience, après avoir montré dans tous les temps sur le fait de la religion une délicatesse aussi scrupuleuse.

Dans ce même temps, le régent convoqua un parlement pour procéder au jugement et à la condamnation de ceux qui refusaient de reconnaître l'autorité du roi. La faction de la reine en fut alarmée. Argyll et Huntly, que Marie avait nommés ses lieutenans , l’un dans le midi, l’autre dans le nord de l'Écosse, commencèrent à ra5sembler leurs forces pour empêcher cette asseinblée, On était touché de compassion pour les maux de la reine, on portait envie à ceux qui gouvernaient au nom du roi, et le parti de Marie s'était fortifié à un tel point que le régent aurait eu bien de la peine à lui résister, Mais

1 Anders. , vol. IV, 109. Haynes, 466. — 3 /bid,, vol, IV, 13. Haynes, 500.

Élisabeth pria Marie d’ordonner à ses amis de mettre bas les armes, et d'attendre tranquillement la décision qui serait prononcée en Angie. terre; et la reine d'Écosse, qui avait soumis sa cause au jugement d'Élisabeth, ne put le lui refuser. Élisabeth, en procurant ainsi cette cessation d'armes, suivait ainsi toujours son plan d'équilibre entre les deux partis, et elle donna ainsi fort à propos à la faction du régent le même secours qu'elle avait précédemment 6.

cordé au parti de la reine !.

Cependant le régent , malgré les sollicitations d'Élisabeth, ne voulut jamais se désister de l'assemblée du parlement qu'il avait convoquée, Mais on y donna des marques de modération qui ne peuvent être attribuées qu'aux influences de la reine d'Angleterre et à l’éloquence de Maitland, qui travailla avec zèle à empêcher ses concitoyens de s’armer les uns contre les autres, Ceux qui s’opposaient avec le plus de chaleur au gouvernement du roi, furent condamnés; on laissa toujours aux autres quelque espérance d'obtenir leur grâce ?.

Aussitôt que la reine d'Écosse eut soumis sa cause au jugement de sa rivale, Élisabeth avait sommé lerégent d'envoyer des députés àYorck, munis des instructions nécessaires pour justifier sa conduite devant les commissaires anglais. Ce ne fut pas sans hésiter, ni sans de grandes inquiétudes, que le régent se détermina à faire cette démarche. Son autorité était établie en Écosse , et confirmée dans le parlement. Il était bien humiliant de souffrir qu'elle fût révoquée en doute, et soumise à l'examen d’une juridiction étrangère. Il était odieux d’intenter une accusation contre sa souveraine devant des étrangers, qui étaient les plus anciens ennemis du nom écossais. Il était dangereux de succomber dans cette démarche, et désagréable d’y réussir. Mais lerégent voyait de jour en jour les accroissemens de la faction qui lui était opposée, | craignait qu’elle ne parvint à obtenir l'entremise et les secours du roi de France. Dans cette position , il était difficile de désobéir à Élisabeth, et de contester avec elle sur un point qu'elle suivait avec tant de vivacité 5.

L'obligation de comparaître en personne à

ä Anders, vol. IV, 102. —? Buchan., 371.— 5 Ander°, 872. Aopend., n° XXV, p. 167, 168.

Yorck march ses as voulur haine ( en s'a moins avec eu d'Orkn ling, et en qual lor et B en dro beauté « cle; Ma més pot saires. f il le fit :

tion pa élevé ha rait qu’c gleterre se mît c aurait vc d’autorit celle que pas avec dans le étaient s talens su crédit qu neté et à Marie « Livingsto Gavin Ha le cheval chevalier tomparaît Élisabet les deux P folk , Tho chevalier ] Le 4 oc de la conf de part et lesquels il prême des

* Buch., 3 * Anders.,

er à ses amis de ndre tranquilleioncée en Angle- | avait soumis $a ne put le lui reainsi cette cessaujours son plan is, et elle donna n du régent le écédemment 46

les sollicitations : désister de l'as vait convoquée, ; de modération qu'aux influences à l’éloquence de le à empêcher s uns contre les ec le plus de cha- , furent condames quelque espé-

se eut soumis $a , Élisabeth avait députés àYorck, res pour justifier aires anglais. Ce s de grandes inétermina à faire était établie en arlement, Il était Ile fût révoquée en d'une juridicd'intenter une devant des étraniens ennemis du x de succomber éable d’y réussir.

1 jour les accroisétait opposée. Îl tenir l'entremise Dans cette pobéir à Élisabeth, un point qu'elle

en personne à

n., 371.— 8 Ander*,

Yorck , ajoutait encore à l'ignominie de la dé-

marche où le régent se trouvait engagé. Tous

ses associés cherchaient ‘à s'en excuser, Ils ne voulnrent point apparemment s’exposer à la haine et aux dangers qu'il était aisé de prévoir

en s'acquittant d'une pareille commission , à

moins que le régent ne consentit à les partager

avec eux. Le comte de Morton, Bothwell, évêque d'Orkney ; Pitcairn , commandeur de Dunfermling, et le lord Lindsay, furent associés au régent en qualité de commissaires, Macgill de Rankeilor et Balnaves de Halhil, deux fameux docteurs en droit civil; George Buchanan , qui par la beauté de son génie faisait l'honneur de son siécle; Maitland, et quelques autres, furent nommés pour assister et compagner les commissaires. Le régent n’aimait point Maitland , Mais il le fit nommer, et il Ini procura cette distinetion parce qu’il le craignait. Maitland s'était élevé hautement contre cette démarche. [1 désirait qu’on restât en bonne intelligence avec l’Angleterre, mais il ne voulait point que l'Écosse se mit dans la dépendance des Anglais; et il aurait voulu qu'on rendit à la reine une portion d'autorité qui ne fût point incompatible avec celle que le roi possédait. Le régent ne pouvait pas avec sûreté laisser, pendant son absence, dans le royaume, un homme dont les vues étaient si opposées aux siennes » €t qui par des talens supérieurs avait acquis dans la nation un crédit que d'autres ne devaient qu'à l'ancienneté et à la puissance de leurs familles 1,

Marie choisit Lesly, évêque de Ross: le lord Livingston , le lord Boyd ; le lord Herreis, Gavin Hamilton, commandeur de Kilvinning , le chevalier Jean Gordon de Lochinvar et le chevalier Jacques Cockburn de Stirling , pour tomparaître en son nom 2,

Élisabeth nomma commissaires pour entendre les deux parties, Thomas Howard, duc de Norfolk , Thomas Rateliss , Comte de Sussex , et le chevalier Ralph Sadler.

Le 4 octobre fut le jour fixé pour l'ouverture de la conférence. Les grands talens des députés de part et d'autre , la dignité.des juges devant lesquels ils devaient comparaître, le rang suprême des personnes dont la cause devait être

* Buch., 372, Anders., vol. IV, 35. Melv., 186, 198. * Anders. , vol. IV, 53.

, entendue, et l'importance des points qui étaient | en Contestation, rendaient cette assemblée éga- | lement illustre et singulière, Rien n'est plus frappant que cette époque de la vie d'Élisabeth, et l'appareil de grandeur et de magnificence avec lequel elle parut dans cette occasion, Une rivale, une reine indépendante, l'héritière d'une | ancienne race de rois , est Prisonnière entre les mains d'Élisabeth, et Comparaît par des ambassadeurs devant son tribunal. Le régent d'É- COsse , qui représentait la majesté du roi. et qui | en possédait l'autorité, vient en personne se soumettre à ce même tribunal ; et Élisabeth se trouve maîtresse absolue de disposer du sort de ce royaume dont ses êtres avaient tant de fois redouté la puissance , et qu'ils n'avaient jamais pu subjuguer par la force des armes.

Au reste les parties jui donnèrent leur consentement à cette conférence avaient des vues bien opposées et des espérances bien différentes.

Le principal objet de Marie était de recouvrer son ancienne autorité, et elle se prêtait par cette raison à des mesures auxquelles elle avait résisté pendant si long-temps. Les promesses d'Élisabeth avaient fait concevoir à Marie l'espérance d'être rétablie dans son royaume; et elle aurai pour cela fait bien d’autres sacrifices an par du roi; de plus l'ennui de l'état où 0 trouvait, l'impatience de s’en retirer, et le pouvoir d'Élisabeth étaient capables de déterminer Marie à des démarches encore bien plus extraordinairest. Le régent n'avait point d’antre but

que d'assurer à son parti la protection d'Élisabeth, et il ne paraît pas qu’il eût eu la moindre idée de se prêter à aucun accommodement avec Marie. Les vues d'Élisabeth étaient plus vastes, ses projets plus compliqués, et le plan qu’elle suivait était plus étendu. Elle paraissait uniquement occupée de l'honneur de Marie, empressée de voir effacer les taches qui avaient flétri la réputation de la reine d'Écosse, et elle prétendait que cette conférence n’avait point d'autre objet, Elle amusait ainsi Marie, et elle éludait les sollicitations de la France et de l'Espagne, en ne cessant de leur répéter qu’elle ne ferait aucun déplaisir à la reine d'Écosse, et que même elle l'assisterait lorsqu'elle pourrait le faire sans attirer sur elle tout le déshonneur. Mais sous ces

* Anders., vol. [V, 33, Gooë., vol. 11 , 337.

‘A Ÿ , NE Vo SG é LES LO WF > Y / & 7” NA Ke Le Y 7 K EL" à D © Ÿ G, € )\ IMAGE EVALUATION D]

| RE‘ TE . 125 = 8 he pu Em 2 12 ML ULS.

men > f », "NS NC s? LA PR È AN NS > D À «2 | DS D? ‘ À AN %. o A NN Se. | 5 K | < He 4 PRODETEDOIC pur “4

Corporation

apparences d'affection et de générosité, Élisabeth cachait des sentimens d’une espèce bien différente. Elle comptait que le régent accuserait Marie d’avoir trempé dans l'assassinat de son mari, et elle l’encourageait, autant que la bienséance pouvait le permettre, à cette démarche hardie et dangereuse !. Cette accusation pouvait se terminer en deux manières, et dans l’un et l'autre cas Élisabeth avait formé le plan de la conduite qu’elle devait tenir. Si les imputations contre Marie paraissaient bien fondées, Élisabeth était déterminée à prononcer que la reine d'Écosse était indigne de porter la couronne, et à déclarer qu’elle ne chargerait jamais sa conscience d’une action aussi détestable que celle de rétablir Marie dans son royaume?. Si les allégations des accusateurs de la reine d’Écosse ne fournissaient aucune preuve de crime, mais seulement de mauvaise administration, Élisabeth comptait faire alors un traité pour la rétablir, mais à de telles conditions, qu’elle rendrait Marie pour toujours dépendante de l’Angleterre, et esclave de ses propres sujets3.

Comme Élisabeth disposait également des progrès et du résultat de la conférence, elle avait toujours la liberté de choisir celui des deux partis qu'elle voudrait prendre; et si elle trouvait quelque danger ou quelque inconvénient à suivre l’un ou l’autre, elle pouvait trainer l'affaire en longueur , y faire naître des difficultés sans fin, et susciter des embarras dont on ne pourrait jamais sortir.

Cependant la conférence s’ouvrit avec de grandes solennités. On aperçut dès le commencement que le dessein d'Élisabeth était de fomenter en Écosse le feu de la discorde, et d’entretenir les dissensions et jes animosités qui s'étaient élevées dans ce royaume ; on ne chercha point à réconcilier les parties, ni à calmer la vio-

,lence de leur haine, en engageant la reine à offrir de pardonner tout le passé, ou bien en portant ses sujets à lui promettre de lui rendre à l'avenir l’obéissance qu'ils lui devaient, On permit au contraire aux commissaires de Marie de présenter une plainte contre le régent et ses adhérens, On y faisait une longue énumération de toutes leurs trahisons, de l'audace qu'ils avaient eue de prendre les armes contre leur

TAnders., v. IV, 11. %/bid., v, LV, u1.— € Haynes, 487.

reine , de se saisir par force de sa personne, de la jeter dens une prison, de la forcer d’abdiquer la couronne, de s'emparer de l'autorité royale, et d’abuser du nom de son fils pour colorer leur usurpation. Ils demandaient une réparation prompte et effective de tous ces crimes énormes, et telie que les injures faites à une reine l'exigeaient de la justice d’une autre souveraine {,

On s'attendait alors que le régent allait révéler toutes les circonstances de ce crime barbare auquel il prétendait que la reine avait participé, et qu'il les mettrait dans l'évidence nécessaire pour constater l'accusation qu'il avait formée. Mais le régent, bien loin d’accuser Marie, ne daigna pas seulement répondre aux imputations dont il était lui-même chargé. Il montra de la répugnance à faire le personnage d’accusateur ; il proposa à ce sujet plusieurs doutes et scrupules, sur lesquels il consulta Élisabeth elle-même?. La plus grande partie des commissaires anglais, et les associés même du régent, furent également surpris de cette réserve et de cette irrésolution du comte de Murray. Ils savaient qu'il ne pouvait justifier sa propre conduite sans charger la reine du meurtre du roi, et que jusqu'alors il n'avait pas montré beaucoup de délicatesse sur ce point. Une intrigue qui avait été conduite dans le plus grand secret depuis l’arrivée du régeut à Yorck dévoila tout ce mystère.

Le duc de Norfolk était alors un des plus puissans seigneurs de l'Angleterre et des plus agréables au peuple. Il venait de perdre sa femme, et il avait aussitôt formé le projet, qu'il suivit dans la suite plus ouvertement , de se placer sur le trône d'Écosse en épousant la reine. Il voyait l’infamie qui résulterait d'une accusation formée publiquement contre Marie, et le tort que cela ferait à cette princesse pour les prétentions qu'elle avait à la succession d'Angleterre. Norfolk entreprit de garantir la reine d'Écosse de cette ignominie. Il s'adressa d’abord à Maitland. «Je suis étonné, lui dit-il, qu’un homme «comme vous, jouissant d’une aussi grande ré- «putation de sagesse et de prudence, se soit en- «gagé avec le régent dans des mesures aussi «déshonorantes' pour vous-même, pour votre

* Anders, vol. IV, 62. — * Haynes, 478

«re «mi «ju, «les «pe «voi «CAC qui se jL qu'il der ; jours entre cette lui cc ce qu nouv( il s’ex raire raine, «puis:

«dont «un j «son ; «serez «SON ] «mérit «tectio «public «ques «crime «jamais «tence «cause ; «été pr (COnvai «ses dé «séquen «de vor Veraine de ses r tations, de forte les. jours rances d

lier avec

el ne la elle lui a

Melv.,

de sa personne, de e la forcer d’abdiparer de l'autorité de son fils pour comandaient une ré- » de tous ces crimes njures faites à une € d’une autre sou-

e régent allait rés de ce crime barue la reine avait ait dans l'évidence cusation qu'il avait ien loin d’accuser nent répondre aux i-mème chargé. Il aire le personnage ce sujet plusieurs els il consulta Eligrande partie des

associés même du ris de cette réserve mte de Murray. Ils fier sa propre con:

u meurtre du roi, s montré beaucoup Une intrigue qui s grand secret derck dévoila tout ce

alors un des plus eterre et des plus ait de perdre sa mé le projet, qu'il tement, de se plapousant la reine. Il it d’une accusation

Marie, et le tort se pour les prétension d'Angleterre.

* la reine d'Écosse sa d'abord à Mait- -il, qu'un homme e aussi grande réidence, se soit endes mesures aussi ième, pour votre

es, 478

lier avec lui s'il voulait

«reine et pour votre patrie; que vous ayez sou- | prenait un parti contraire !, Toutes ces considé- «mis les affaires publiques de votre nation au rations et ces circonstances déterminérent Je «jugement des étrangers ; que vous ayez publié | régent à changer le plan de sa conduite, et à «les fautes et l'ignominie de votre souveraine, | profiter des ouvertures et des avis du duc de «pendant que, suivant toutes les règles du de- | Norfolk. : «voir et de la saine politique, vous auriez dû les Le régent déclara ; «cacher et les ensevelir dans l'oubli.» Maitland, que d’aller plus avant qui était dans les mêmes sentimens que le duc, | commissaires anglais se justifia aisément de ces reproches. Il l'assura | pouvoirs suffisans po qu'il avait employé tout son crédit pour dissua- | ment sur le crime imputé à la reine, et pour la der ses concitoyens, et qu'il contribuerait tou. déclarer coupable; s'ils voulaient promettre de jours de tout son pouvoir à les détourner de cette donner leur sentence sans aucun délai; si Ja entreprise. Norfolk , encouragé par le succès de | reine serait gardée assez étroitement pour lui celle première démarche, va trouver le régent, | ôter tous les moyens de troubler le gouvernelui communique ces 116mes idées, lui répète tout ment qu'on venait d'établir en Écosse; et si Élice qu'il avait dit à Maitland, ajoute encore de sabeth, en cas qu’elle approuvât les démarches nouvelles raisons, lui représenteie danger auquel | du parti du roi, s'engagerait à lui accorder sa il s'expose par une action de violence aussi témé- protection pour l'avenir 2, Ces demandes du réraire que celle d’accuser publiquement sa souve- gent furent rédigées par écrit, signées de lui raine, «Croyez-vous, lui disait-il, que Marie seul, et sans qu'il les eût même communiquées «puisse jamais vous pardonner la note d’infamie à aucun de ceux qui l'avaient accompagné, ex- «dont vous avez voaiu la noircir? Si elle parvient cepté à Maitland et à Melvil3, On ne pouvait pas «un jour à recouvrer la moindre portion de blâmer le régent de ses inquiétudes, il était na- “son autorité, votre perte est inévitable, vous | turel qu’il voulût savoir à quoi s’en tenir. I] aurait «serez la première victime qu'elle immolera à agi avec une imprudence impardonnable s’il “son ressentiment, et vous l'aurez justement | s'était engagé dans une entreprise aussi extraor- «mérité. Vous ne devez point compter sur la pro- | dinaire et aussi dangereuse que celle d’accuser «tection d'Élisabeth : voudrait-elle approuver | sa souveraine, sans savoir auparavant s’il pou- “publiquement votre conduite? De plus, quel- | vait agir avec sûreté. Cependant Élisabeth, qui “ques preuves que vous puissiez donner du ne s'attendait Pas, de la part du régent , à des «crime de Marie, Élisabeth ne se déterminera difficultés de cette espèce, n'avait pas donné aux «jamais à prononcer dans cette affaire une sen- commissaires anglais des Pouvoirs assez étendus «tence définitive. Faites-lui demander que Ja Pour qu'ils fussent en état de Je satisfaire sur «cause soit jugée aussitôt que les preuves auront de pareilles demandes. On fut donc obligé de

«été produites, et vous serez alors pleinement les faire passer à la reine d'Angleterre ; les ar- (Convaincu que ses intentions sont fausses, que

«ses démarches sont insidieuses, et que par con- «“Séquent il ne vous convient en aucune manière «de vous porter Pour accusateur de votre sou- Veraine 1,» La candeur de Norfolk, la justesse de ses raisonnemens, la vérité de ses représentations, touchérent le régent, et firent sur lui de fortes impressions. De plus, il recevait tous les jours de Ja part de Marie de nouvelles assuzances de l'intention où elle était de se réconcise désister de l'accusation

et ne la point Charger de ce crime odieux; mais

elle lui annonçait une haine irréconciliable s’il

en conséquence, qu'avant il désirait de savoir si les étaient munis de pleins ur prononcer judiciaiæ-

“Nous voudrions que la nôtre fût considérée en «pareil cas. Ils courent «risquent leurs biens, 1

1 Anders. , vol. IV, 77. Good., vol. 11, 157. Append., D°XXVI p.168, 169, — s Anders., vol. IV, 56,

! Melv., 187. Haynes, 573, 5 Zbid,, 56, Melv., 190.

«Ils peuvent dans le moment présent, ou se ré- «concilier avec leur reine, ou l'offenser irrémisu«siblement !. Dans une affaire de cette impor- «tance, les précautions portées'au dernier point. ane peuvent jamais être regardées comme ex- «cessives. »

Pendant que les commissaires anglais attendaient de plus amples instructions relativement aux demandes du régent , celui-ci travaillait de son côté à répondre aux plaintes qu'on avait formées contre lui au nom de la reine d'Écosse. L'écrit du régent était conçu dans des termes entièrement conformes au système qu'il avait alors adopté; il n'y était fait aucune mention que la reine eût eu part au meurtre de son mari; le style d’aigreur, particulier à ce siècle, y était considérablement adouci; il soutenait que l’infamie du mariage de Bothwell avait mis dans la nécessité de prendre les armes pour le faire casser; que l'attachement de Marie pour cet homme odieux justifiait la prison dans laquelle cette princesse avait été retenue pendant quelque temps ; au reste il ne disait rien par rapport à ces deux objets que ce qui était indispensablement nécessaire pour sa propre défense.

Les commissaires ne manquërent pas de répliquer à l'écrit du régent 2. Mais tant qu'il ne fut point question du meurtre du roi, ces débats n'étaient que des espèces d’escarmouches ; on se battait de loin, sans que cela fût d'aucune utilité pour terminer la querelle; Élisabeth et ses commissaires y faisaient aussi furt peu d'attention.

Cependant ces opérations de la conférence avaient jusqu'alors été dirigées de manière qu'Élisabeth voyait ses projets déconcertés, sans avoir pu en retirer aucun des éclaircissemens qu’elle en avait espérés. La distance d’Yorck à Londres, et la nécessité de consulter la reine sur chaque difficulté qui se présentait, faisaient perdre beaucoup de temps. De plus , les intrigues de Norfolk avec le régent d'Écosse, quoique tramées dans le plus grand secret , n'étaient pas Vraisemblablement inconnues à une princesse qui avait autant de sagacité qu'Élisabeth, autant d'adresse à découvrir les desseins de ses ennemis, et à pénétrer leurs projets les plus cachés 5. Ce fut sans doute ce qui la détermina à ne faire

* Anders, vol. IV, 77. — ?*/bid., 64, 80. — 5 Good., vol. 11, 160. Anders. , vel. ill, 24.

aucune réponse aux demandes du régent; à transférer la conférence d'Yorck à Westminster. et à nommer de nouveaux commissaires, en qui elle pût avoir une entière confiance. Elle n’eut pas de peine à faire approuver ces nouveaux arrangemens par la reine d'Écosse et par le ré. gent {.

On voit qu’alors Marie se vantait souvent de la supériorité de ses commissaires dans la conférence d’Yorck, et qu’elle se glorifiait de ce qu'ils étaient venus à bout par la force de leurs raisons de confondre leurs adversaires et d’éluder toutes leurs chicanes 2. En effet , les débats entre son parti et celui de ses adversaires étaient établis sur un pied qui rendait sa victoire très facile. L’accusation d’avoir participé au meurtre du roi était la seule chose qui pouvait justifier les procédés violens de ses sujets. Or, comme ils évitaient avec soin de faire mention de ce point, leur cause perdait beaucoup par la suppression de ce moyen essentiel, et celle de la reine gagnait à proportion.

Élisabeth prit le parti d'empêcher Marie de jouir de ce même avantage dans la conférence qui se tiendrait à Westminster. Elle délibéra avecla plus grande attention sur les mesures qu’elle prendrait pour lever les scrupules du régent et pour l'engager à accuser la reine, et sur les moyens les plus propres à persuader aux commissaires de la reine de répondre à ce chef d’accusation. Elle aperçut que les promesses qu'elle serait obligée de faire au régent pour le gagner ne pourraient point être iynorées par la reine d'Écosse, et qu'elle en serait aigrie au dernier point. Élisabeth se détermina en conséquence à resserrer Marie plus étroitement ; et quoique le lord Scroope n’eût donné aucun lieu de douter de sa vigilance et de sa fidélité, cependant comme il était beau-frère du duc de Norfolk, Élisabeth crut qu’il était à propos de transférer Marie le plus tôt qu’il serait possible à Tuthbury, dans la proviuce de Stafford, et de la confier à la garde du comte de Shrewsbury, à qui le château de Tuthbury appartenait 8.

Marie commença à pénétrer le but où tendait cette seconde conférence, et quoiqu'elle eût d’abord marqué beaucoup de satisfaction de voir

1 Haynes, 484. Anders., vol. IV, 94. — 3 Good., vol. I, .

186, 284 350, — 5 Haynes, 487.

LA

fià

sa ci yeux truct préca dre à forme d'Éco une ci Le ré, la con de la tingu d'affec ses ad donnai La reir son re Elle lei des no des pri jusqu'a lieu d'a qu'elle:

et que les laiss:

laisait le encoura pendant qu'avec velait er déjà fait le cas d étaient qu'elle r donné à protestai cette ass sent reg:

Marie beaucoup se servait férence « moment | reine n’el missaires par les } des sentir

1Good., etsuiv — 5

es du régent; à k à Westminster, missaires, en qui

sa cause portée plus immédiatement sous les donnérent leur consentement à |’ yeux de la reine !, elle donna de nouvelles ins- la conférence 1,

Ouverture de

Elle n° tructions à ses commissaires, et elle prit des Élisabeth augmenta le nombre de ses comfiance. $ vue précautions pour éviter d’être obligée de répon- missaires; le chevalier Nicolas Bacon, garde du ces na : dre à ses sujets, s'ils poussaient l'audace jusqu'à … grand sceau; les comtes d’Arundel et de Leices- SSe 5

former une accusation contre elle 2. La reine ter, le lord Clinton et le chevalier Guillaume d'Écosse vit bientôt ses soupçons confirmés par , Cecil, furent associés à ceux qui avaient déjà une circonstance dont elle fut vivement touchée. | comparu en son nom à la conférence d'Yorck 2, Le régent, arrivé à Londres Pour se trouver à | Les difficultés survenues à Yorck dans le cours la conférence, fut aussitôt admis en la présence des délibérations furent bientôt €

antait souvent de ires dans la conglorifiait de ce

cartées; on la force de leurs de la reine, qui le reçut d’une manière très dis- . donna au régent des réponses satisfaisantes sur ersaires et d'élu- tinguée et même avec de grands témoignages | ses demandes, et d’ailleurs il n'était plus dans les effet, les débats d'affection. Marie vit avec douleur le crédit que | mêmes dispositions d'hésiter dans ses démardversaires étaient ses adversaires avaient auprès d'Élisabeth, qui | ches ou de former de nouvelles objections, Ses t sa victoire très |

donnait des preuves aussi claires de sa partialité, | intrigues avec Norfolk avaient été découvertes La reine d'Écosse , dans la premitre chaleur de ! Par quelques personnes de la suite de Marie, qui son ressentiment, écrivit à ses commissaires, | en avaient fait part à Morton, et celui-ci les avait Elle leur ordonnait de se plaindre en présence | communiquées à Cecil 3, La conservation de la des nobles d'Angleterre et des ambassadeurs | personne du régent, ainsi que la continuation de des princes étrangers du traitement qu'elle avait | Son autorité, dépendaient d’Élisabeth. Elle poujusqu'alors éprouvé et des injures qu’elle avait | vait, en favorisant Marie, perdre le régent ; elle lieu d'appréhender pour l'avenir ; de représenter | avait d’ailleurs eu l'adresse d'élever une quesqu’elle était bannie de la présence de la reine, tion, savoir : A qui, suivant les loi

ticipé au meurtre | pouvait justifier jets. Or, comme e mention de ce

coup par la supel, et celle de la

pêcher Marie de

s de l'Écosse, la conférence qui » et que dessujets rebelles y étaient admis; qu’on | la régence devait appartenir pendant une minoe délibéra avec la | leslaissait jouir d'une liberté entière ; et qû'on la | rité; et elle laissait ainsi apercevoir que, sans mesures qu'elle DS jisait languir dans une longue prison; qu'on les | rétablir la reine , lle pouvait déposséder le ré-

iles du régent et @ ENCOurageait à former contre elleune accusation, | gent de la direction suprême des affaires 4, Ces reine, et sur les £ pendant qu’on ne lui permettait de se défendre

considérations, qui furent puissamment secon-

‘suader aux com- qu'avec beaucoup de désavantage. Elle renou- | dées par les avis de plusieurs associés du régent, re à ce chef d’ac- velait en conséquence la demande qu'elle avait | le déterminèrent à la fin à intenter son accusaromesses qu'elle déjà faite d’une entrevue avec la reine; et, dans | tion contre la reine 5, it pour le gagner le cas d’un refus, les commissaires de Marie Cependant il sentit combien cette démarche rées par la reine étaient autorisés pour déclarer €N son nom | était déshonorante pôur lui, et il chercha à en igrie au dernier qu'elle révoquait le consentement qu'elle avait | diminuer l'opprobre en protestant que ce n’était n conséquence à donné à la conférence de Westminster; qu'elle qu'avec une extrême répugnance qu’il entreprent ; et quoique le protestait contre tout ce qui serait fait dans | nait une affaire aussi désagréable ; que ceux de lieu de douter de cette assemblée, et qui devait être dès à pré- | son parti avaient souffert pendant long-temps ependant comme sent regardé comme nul et de nulle valeur 8, les reproches les plus vifs, les sinistres inte 'préorfolk, Élisabeth Marie se conduisit dans cette occasion avec | talions qu'on donnait à leur conduite, plutôt insférer Marie le Bi beaucoup de prudence, Les prétextes dont elle | que d'exposer les crimes de leur souveraine aux ‘uthbury, dans la se servait pour décliner la juridiction de la con- | regards des étrangers; mais que l’insolence et onfier à la garde férence étaient plausibles : elle avait saisi un | les persécutions du parti contraire étaient porui le château de moment favorable. Mais soit que la lettre de la | tées à un tel point, qu'ils étaient maintenant

D reine n’eût point été rendue assez tôt à ses com- | forcés de publier ce qu'ils avaient jusqu'alors e but où tendait missaires, soit qu'ils se fussent laissé gagner | essayé de tenir caché, même à leur grand préoiqu'elle eût d'a ES par les protestations d'Élisabeth, qui affectait | judice. Ces prétextes étaient honnêtes, et si le sfaction de voir des sentimens d'amitié pour leur maîtresse, ils parti dans tout le reste de sa conduite avait

1 * Jbi

1, — Good. vol. ll, . * Good., vol, 11, 849. — sppend,, n° XXVI, p, 169 M Lt, go 10 IV- 00

# Melv., 191. — “Haynes, 484, — 5 4 *s DOXXVI, et suiv — 5 Good., vol, Il, 184. Dim ” 4 LA £

montré quelque délicatesse ou quelque réserve par rapport aux actions de la reine, on aurait pu croire qu'il agissait réellement sur ces principes; mais la manière dont il avait précédemment traité la reine empêchait qu’on ne pût ajouter foi à ces protestations. Quant au régent, il est certain qu'il fut entrainé par la nécessité de ses affaires et par les artifices d'Élisabeth, et qu'il se trouvait dans une situation où il n’avait plus la liberté du choix. Il était obligé ou de s'avouer coupable du crime de rébellion, ou d'accuser Marie d’avoir commis l'assassinat de son mari.

L’accusation était d’ailleurs conçue dans les termes les plus forts. Marie était chargée nonseulement d’avoir consenti au meurtre du roi, mais même d’avoir trempé dans le complot formé pour l'exécution du crime. On avançait que Bothwell n'avait échappé aux poursuites de la justice que par la protection de la reine; qu'elle avait formé des projets également dangereux pour la vie du jeune prince, et capables de renverser les priviléges et les constitutions du royaume. Que si on voulait nier quelqu'un de ces crimes, on était prêt à en produire des preuves invincibles, bien circonstanciées, et qui mettraient ces forfaits dans la plus grande évidence !.

Le comte de Lennox se présenta dans la première assemblée que tinrent les commissaires à Westminster, et, après avoir déploré le malheureux sort, la mort tragique et violente de son fils, il implora la justice d'Élisabeth contre la reine d'Écosse, qu'il accusait avec serment d'être l'auteur de ce crime, et il produisait des écrits qui prouvaient, à ce qu’il prétendait, tout ce qu’il avait avancé. Le début de ce nouvel acteur, introduit si à propos sur la scène dans une conjoncture aussi critique, ne pouvait point être regardé comme l'effet du hasard. On vit bien que c'était une suite des intrigues d'Élisabeth, qui, par cette accusation subsidiaire, voulait décrier de plus en plus la reine d'Écosse 2,

Les commissaires de la reine marquèrent la plus grande surprise, et témoignèrent leur indignation du procédé du régent , qui osait charger la reine de calomnies qu’elle avait, disaientils, si peu méritées. Mais au lieu de chercher à venger son honneur et de répondre à l'accusa-

1 Andere, vol. 1V, 119, —*/bid.

tion, ils s’attachèrent à un point de leurs instructions , qu'ils avaient négligé de suivre dans un moment plus convenable. Ils demandèrent une audience à Élisabeth, et, après avoir renou: velé au nom de leur maîtresse la proposition d'une entrevue entre les deux reines, ils déclarèrent qu’en cas de refus de la part d’Élisabeth ils protestaient contre tout ce qui serait fait à l'avenir par les commissaires !. Une protestation de cette espèce, faite dans un moment aussi critique, lorsqu'on venait d’intenter contre Marie une accusation aussi grave, lorsqu'on était sur le point de procéder à l'examen des preuves alléguées pour la soutenir, donnait lieu de croire que la reine d'Écosse craignait le résultat de cet examen. Ce soupçon fut encore accrédité par une autre circonstance; Ross et Herreis, avant que d’être admis à l'audience d’Élisabeth pour y faire leur protestation ; insinuèrent en particulier à Leicester et à Cecil que leur maîtresse avait, dès le commencement , marqué le désir qu’elle avait de voir terminer à l'amiable les dé. mêlés qui s'étaient élevés entre elle et ses sujets, et que, malgré l'accusation audacieuse du régent, elle était toujours dans les mêmes dispositions 2.

Une telle modération est rarement compatible avec la force du ressentiment qui doit naturellement remuer l'âme d’un innocent calomnié:

elle n’était pas moins extraordinaire de la part de la reine d'Écosse, qui avait toujours montré tant d’ardeur à se venger. Dans la situation où Marie se trouvait , une proposition faite ainsi à coutre-temps ne pouvait être considérée que comme un aveu de la faiblesse de sa cause. On connaissait le caractère et les talens de ses commissaires, on ne pouvait ni les taxer d’imprudence ni les soupçonner de trahison. Il était plus naturel de penser qu'ils étaient intérieurement convaincus que la conduite de leur maîtresse ne pourrait point soutenir la rigueur des recherches, et qu’ils s'étaient par cette raison engagés dans cette démarche inconsidérée pour éviter l'examen.

Aucune de ces observations n’échappa aux regards attentifs d'Élisabeth, et elles lui servirent de prétexte pour rejeter les voies de con-

1 Anders., vol. IV, 133, 158.— 2 /bid., 131, Cab: 1 bala, 157.

cette duir blait de p avait point n'ave eutr empl lors ordo était réget point aussi diter aussi prouy n'étai mauv:

parler de la :

déposi pour 1 qui re ventio!

avons missai Élis:

change aupara d'expre écrivit « Élisak a très f « dela « vous j

« ne pu

Joint de leurs insgé de suivre dans , Ils demandèrent après avoir renou:

sse la proposition reines, ils déclaa part d'Élisabeth e qui serait fait à 1, Une protestaun moment aussi tenter contre Mae, lorsqu'on était amen des preuves inait lieu de croire le résultat de cet re accrédité par et Herreis, avant l'Élisabeth pour y ièrent en particuue leur maîtresse , marqué le désir à l'amiable les dé.

elle et ses sujets, udacieuse du rés les mêmes dis

ement compatible qui doit naturelnocent calomnié:

linaire de la part toujours montré ns la situation où ition faite ainsi à e considérée que de sa cause. On alens de ses coms taxer d’impruhison. Il était plus it intérieurement leur maîtresse ne eur des rechere raison engagés érée pour éviter

n'échappa aux et elles lui serviles voies de con-

2 Jbid. , 1314, Cab:

ciliation, « Dans les conjonctures présentes ,

« disait- elle aux commissaires de Marie , un

« accommodement serait pour votre maîtresse

« le comble du déshonneur. 1 parattrait qu'on

« n'aurait eu en vue que d'embrouiller ainsi la

« matière pour supprimer les preuves, et cacher

« la honte de la reine d'Écosse ; quant à moi,

« je ne puis avec bienséance, accorder à Marie « l'entrevue qu’elle me demande, tant qu'elle « sera chargée de l’infamie d'une accusation « publique. »

Les commissaires de Marie se retirérent avec cette réponse, et comme, ils évitaient de produire leurs défenses contre l'accusation , il semblait que le régent n'était plus dans l'obligation de produire ses preuves pour soutenir ce qu'il avait avancé. Mais les vues d'Élisabeth n'auraient point été entièrement remplies si ces preuves n'avaient pas été remises entre ses mains. Elle eut recours à ses artifices ordinaires , et elle les employa avec le mème succès qui avait jusqu'alors accompagné toutes ses entreprises. Elle ordonna à ses commissaires de déclarer qu’elle était irritée et indignée de la présomption du régent, qui oubliait les devoirs d'un sujet au point d’oser accuser sa souveraine de crimes aussi atroces. Le régent , craignant de se décréditer dans l'esprit d'Élisabeth et de perdre une aussi puissante protection, offrit aussitôt de prouver que les accusations qu’il avait formées n'étaient ni mal fondées ni l'effet d'aucune mauvaise volonté, Il produisit alors les actes du parlement d'Écosse, qui confirmaient l'autorité de la régence , la résignation de la reine, les dépositions de ceux qui avaient été exécutés pour le meurtre du roi , et cette fatale cassette qui renfermait les iettres, les sonnets, les conventions entre la reine et Bothwell, dont nous avons déjà parlé, et il remit le tout aux commissaires anglais.

Élisabeth, munie de cesarmes contre sa rivale, changea de ton, et ne se servit plus, comme auparavant, dans ses lettres à la reine d'Écosse, d'expressions de respect et d'affection. Elle écrivit à la reine d'Écosse : « J'ai, lui disait « Élisabeth, entre les mains, des présomptions « très fortes de votre crime et qui approchent « de la certitude; vous avez tort de refuser de < vous justifier d’une accusation à laquelie vous “ne puuvez pas vous dispenser de répondre

«sans compromettre ouvertement la dignité de « votre caractère et votre réputation ; je vous « déclare que, si vous ne prenez le parti de « vous défendre, vous ne devez espérer aucun « changement dans votre situation !. » Le dessein d'Élisabeth, en faisant une déclaration aussi précise de ses sentimens, était d’intimider Marie, sans lui donner le temps de se reconnaître et de se remettre du Coup porté à sa réputation par le régent. Elle voulait forcer Marie à confirmer la résignation qu’elle avait faite de Ja couronne ; à ratifier l'autorité de régent au comte de Murray; et à consentir à venir elle - même et son fils résider en Angleterre , sous la protection de la reine. Élisabeth suivait ce plan avec ardeur, elle faisait ces Propositions tantôt à Marie, tantôt aux commissaires de la reine d'Écosse; elle les soutenait par les raisons les plus fortes, elle employait tout son art pour les faire accepter. Marie, de son côté, apercevait qu’en cédant ce qu'on lui demandait , elle portait un coup fatal à sa réputation, qu'elle ruinait ses prétentions, et qu'elle risquait même la sûreté de sa personne. Elle rejeta, sans hésiter, les propositions d’Élisabeth. « La mort, disait-elle, «est moins à craindre pour moi qu’une démar- « che aussi honteuse; je risquerais mille fois ma € vie plutôt que de laisser tomber de mes mains « la couronne que je tiens de mes ancêtres; les « derniers mots que je proférerai sortiront de « la bouche de la reine d'Écosse 2, »

Cependant Marie parut sensible au tort qu'elle ferait à sa réputation sielle restait sans réponse sur une accusation aussi publique. Quoique la conférence Éût alors séparée, elle donna pouvoir à ses commissaires de présenter un mémoire pour réfuter les allégations de ses ennemis. Elle y niait absolument les crimes qu'on lui imputait ; elle chargeait en récrimination le régent et ses adhérens d'avoir concerté et exécuté le meurtre du roi 3; mais le régent et ses associés soutinrent leur innocence avec beaucoup de chaleur. Cependant Marie insistait toujours sur une entrevue personnelle avec Élisabeth , quoiqu'elle sût que cet article ne serait jamais ac: cordé 4, Élisabeth, deson côté, pressait Marie à

1 Anders. , vol. IV, 179, 183. Good., vol. Il, 266,

* Haynes, 497. Good., vol. 11, 274, 301, Appendi, ; n° XXVII, p. 172 et suiv. — 5 Good. , 11, 285, — “bidi., Il, 283. -

se justifier et de venger son honneur, Mais les défaites, les subterfuges, les délais que les deux reines employèrent tour à tour, prouvaient évidemment que Marie évitait la continuation des recherches , et qu'Élisabeth ne désirait point de les suivre.

Le régent était impatient de retourner eu Écosse, où ses adversaires cherchaient à excher des soulèvemens pendant son absence. Avant son départ, il fut appelé au conseil privé pour y recevoir la dernière déclaration des sentimens d'Élisabeth, Cecil déclara, au nom de la reine , que d’une part on n'avait rien allégué à la charge du régent qui pôt blesser son honneur, ni qui fût incompatible avecses devoirs; mais que, d'un autre côté, ce que le régent avait produit contre sa souveraine n'était pas suffisant pour asseoir des opinions désavantageuses surla conduite de la reine d'Écosse; que par cette raison Élisabeth était déterminée à laisser les affaires d'Écosse absolument dans la même situation où elle les avait trouvées au commencement de la conférence. Les commissaires de Marie furent tous congédiés avec une pareille réponse t,

Le résultat de cette conférence, qui depuis plus de quatre mois fixait l'attention et les regards des deux nations, paraît au premier coup d'œil une chose triviale et ridicule. Cependant, en examinant les vues d'Élisabeth dans leur source, on aperçoit que rien n'était plus conforme à ses idées, ni plus avantageux pour assurer à l'avenir l’exécution du plan qu'elle avait formé. Elle affectait d'être impartiale, mais son dessein n'était pas de rester neutre dans cette affaire, et elle ne balançait point sur le parti auquel elle voulait accorder sa protection. Avant que le régent partit de Londres, Élisabeth lui avait fait remettre une somme d'argent considérable, et elle l'avait engagé à soutenir de tout son pouvoir l'autorité du roi d'Écosse 2. Marie, par sa conduite, fortifia Élisabeth dans ces résolutions. La reine d'Écosse avait découvert, pendant la tenue de la conférence, les artifices et la fourberie d'Élisabeth, Furieuse de se voir ainsi jouer indignement et sans relâche, hors de toute espérance de recevoir d'Élisabeth aucun secour , elle entreprit de soulever ses adhérens en Écosse et de leur faire prendre les armes, en

“Good. ,3, 315, 333, — 3 Jhid. , 213. Carte, III, 478

HISTOIRE D'ÉCOSSE. r1568]

imputant à la reine d'Angleterre et à Murray des projets qui ne pouvaient pas manquer de porter l'indignation dans le cœur des Écossais. Elle publia que le prince son fils allait être conduit en Angleterre, et que Murray y avait donné son consentement; que le régent était convenu de remettre à Élisabeth les places les plus fortes du royaume, et de reconnaître la nation écossaise dépendante de la nation anglaisc ; que Murray, pour récompense de sa trahison, devait être déclaré héritier légitime de la couronne d'Écosse; que, dans le même temps, la question au sujet de la succession d'Angleterre devait être décidée en faveur du comte de Hartford, qui avait promis d'épouser la fille de Cecil. Le bruit de ces projets chimériques et extravagans fut semé adroitement parmi les Écossais. Élisabeth vit bien qu'on avait le dessein de décrier son gouvernement; elle travailla à en prévenir les effets par une déclaration qui détruisait tout ce qu'on avait avancé; et sa haine pour la reine d'Écosse devint plus forte que jamais t,

Le régent, à son retour en Écosse, trouva le royaume dans la plus parfaite tranquillité. Mais la fureur des adhérens de la reine n'était que suspendue, Ils s'étaient flattés que la conférence d'Angleterre se terminerait à leur avantage.

Trompés dans leur attente, leur rage était prête à éclater, tout menaçait des horreurs d’une guerre civile. Ils étaient d’ailleurs encouragés par la présence d’un chef à qui l'éclat de la naissance et de hautes prétentions donnaient beaucoup d'autorité dans la nation. Le duc de Chatellerault, qui avait résidé en France pendant quelques années, venait d’être envoyé par cette cour en Écosse, dans l'espérance que le premier noble du royaume pourrait par sa présence fortifier considérablement le parti de la reine. Élisabeth avait retenu le duc en Angleterre, pendant quelques mois, sous divers prétextes, mais elle avait à la fin été obligée de lui laisser continuer son voyage. Avant son départ d'Angleterre, Marie lui avait donné l'office de son lieutenant général en Écosse, et elle y avait ajouté le titre imaginaire de père adoptif de la reine,

Le régent ne voulut point donner le temps

‘Haynes, 600 , 603. Append., no XXVIL, p, 176

\l'espr ‘abatt pour vassal L'’acco tions :

r'econr et de 1 quenc:

que la geait à fait pa de rét ceux q ment d laquell seraien Le duc fidélité preuve en acco deux s roi. Le:

à Langs Argy dans le gleterre tant de:

prendre dans sor Le roi d avantage de ce pa délivrée rien qui avait dar couragir si vives i tellerault

? Cabbal

rre et à Murray pas manquer de ur des Écossais, fils allait être Murray y avait le régent était h les places les e reconnaître la le la nation ancompense de sa iéritier légitime , dans le même le la succession se en faveur du romis d’épouser projets chiméné adroitement bien qu'on avait vernement; elle S par une déclan avait avancé; se devint plus

cosse, trouva le anquillité. Mais ine n’était que 1e la conférence leur avantage.

leur rage était t des horreurs ailleurs encouà qui l'éclat de ions donnaient ion. Le duc de en France pen- {re envoyé par pérance que le rait par sa pré-

le parti de la duc en Anglepus divers pré- ; obligée de lui ant son départ nné l’office de et elle y avait e adoptif de la

nner le temps

VI, p, 176

si vives impressions sur l'esprit du duc de Chatellerault, qu'il commença à paraître chancelant,

au duc de Chatellerault de rassembler ses. adhé-

reus, et d'en former une troupe régulière. L

assembla son armée, et avec son activité ordi-

naire, il marcha à Glasgow. Les vassaux d’Argyll et de Huntly, qui Composaient la partie principale de la faction de la reine, étant dispersés en différens coins du royaume, et la plupart de ceux du duc de Chatellerault ayant été tués ou pris daus la bataille de Langside, | l'esprit et la force de ce parti furent totalement abattus, et la seule chose que le duc put faire Pour empêcher la perte de ses biens et de ses Vassaux fut de s’accommoder avec le régent.

L'accord se fit sans difficulté x et à des conditions assez raisonnables. Le duc promettait de reconnaître l'autorité du roi et celle du régent, et de ne réclamer aucune juridiction en conséquence de la commission de lieutenant général que la reine lui avait donnée. Le régent s'engageait à révoquer l'acte de proscription qu'il avait fait passer contre quelques adhérens de la reine, de rétablir dans leurs honneurs et'biens tous ceux qui voudraient se soumettre au gouvernement du roi, et de tenir une assemblée, dans laquelle tous les différends entre les deux partis seraient terminés d’un commun consentement, Le duc livra des otages pour assurance de sa fidélité à accomplir le traité ; il donna aussi des preuves de sa sincérité ainsi que le lord Herreis, en accompagnant le régent à Stirling, où ces deux seigneurs présentèrent leurs respects au roi. Le régent mit en liberté les prisonniers faits à Langside 1,

Argyll et Huntly refusèrent d'être compris dans le traité, On négociait secrèlement en Angleterre en faveur de la reine captive, et avec tant de succès que ses affaires commençaient à prendre une meilleure face, et que son retour dans son royaume ne paraissait pas fort éloigné. Le roi de France venait de remporter de grands avantages sur les huguenots: la ruine entière de ce parti paraissait inévitable, et la France, délivrée de ses troubles domestiques, n'avait plus rien qui l'empécliât de protéger les amis qu’elle avait dans la Bretagne. Ces circonstances en- Couragèrent Argyll et Huntly, et elles firent de

irrésolu, et qu'il marquait même le désir qu'il avait d’éluder l'accomplissement du traité qu'il avait signé, Le régent aperçut le danger de laisser le duc manquer à ses engagemens, et il prit aussitôt un parti violent, mais justifié par la politique, Le duc était dans sa maison d'Édimbourg, et il y était venu Pour attendre l’assemblée à laquelle il avait donné son consentement. Le régent ordonna à ses gardes d’aller l'arrêter dans sa propre maison » €t sans égard pour la dignité du duc, le premier seigneur du royaume : l'héritier présomptif de la Couronne, malgré les assurances qu'il lui avait données de sûreté personneile , et sur lesquelles le duc se reposait, il l'envoya, lui et le lord Herreis Prisonniers dans le château d'Édimbourg 1, Ce coup fatal et imprévu découragea le parti, Argyll se soumit à l'autorité du roi, et fit sa paix avec le régent sans se rendre difficile sur les conditions.

Huatly, resté seul, fut obligé de mettre bas les armes, à Aussitôt après, le lord Boyd revint en Écosse avec des lettres des deux reines, d'Angleterre et d'Écosse, adressées au régent. On tint une assemblée extraordinaire à Perth pour les examiner. La lettre d'Élisabeth contenait trois propositions différentes par rapport à Marie :

qu'elle fût remise en Pleine possession de son ancienne autorité; ou qu’elle fût admise à régner conjointement avec le roi son fils; ou bien enfin qu'on lui permit de résider en Écosse dans une retraite avec un état honnète, et sans avoir au- Ccune part à l'administration du gouvernement, Ges ouvertures de la part d'Élisabeth lui avaient été extorquées par Fénelon, ambassadeur de France, Elles avaient un air de bienveillance pour la reine d'Écosse, mais dans le fond elles étaient parfaitement analogues au plan qu'Éli- Sabeth s'était formé par rapport aux affaires de l'Écosse, Elle jugeait bien du parti qu'on prendrait sur des propositions si différentes et si disproportionnées. Les deux premières furent rejetées et la dernière demandait nécessairement de longs délais, entraînait une foule de difficultés avant qu’on pût combiner tous les arrangemens relatifs à son exécution 2, Marie demandait dans sa lettre, que son ma. riage avec Bothwell fût examiné de nouveau

? Cabbala, 161, Grawf,, Mém., 106. ? Grawf,, Mém., II], Melv. » 202, — * Spots. , 230.

par des juges compétens ; et s'il était déclaré nul, qu'il fût cassé légalement par une sentence de

divorce, Ce mariage fatal était la source princi- |

pale de tous les malheurs dont elle était accablée depuis deux ans. Un divorce était la seule chose qui pôt rétablir sa réputation, et remédier au tort que cette action infâme lui avait fait dans le public. Il aurait été de son intérêt d'en faire plus tôt la proposition, et il ne lui était pas facile de justifier le long silence qu'elle avait gardé sur cet article, On devina alors aisément le motif particulier qui la faisait agir, et sa demande fut rejetée par l'assemblée des états. On l'attribuait bien moins à l'horreur qu'elle pouvait concevoir de son mariage avec Bothwell qu'à l'empressement qu’elle avait de contracter de nouveaux engagemens avec le duc de Norfolk.

Ce projet de mariage avec ce seigneur, était l’objet d’une négociation qui se tramait secrètement en Angleterre, comme nous l'avons déjà dit : mais elle se termina tragiquement , ainsi que toutes les mesures qu'on avait concertées jusqu'alors pour la délivrance de la reine d'Écosse. Maitland fut le premier qui en eut l’idée : son génie fertile et entreprenant enfanta ce projet. Il le communiqua à l'évêque de Ross et au duc lui-même pendant la conférence qui se tenait à Yorck. Le duc adopta aisément un plan qui flattait à un tel point son ambition, et Maitland le regardait comme un expédient qui devait, selon toutes les apparences, mettre sa maîtresse en liberté et la rétablir sur son trône. Marie, qui entretenait une correspondance avec le duc de Norfolk par l'entremise de lady Scroop, sœur du duc, n’était pas non plus éloignée d’un arrangement qui pouvait la rétablir dans son royaume avec tant d'éclat !. Lorsque la conférence d’Yorck fut transférée subitement à Westminster, l'intrigue fut suspendue, mais elle ne fut jamais entièrement rompue. Maitland et l'évêque de Ross encourageaient toujours le duc, et ils étaient ses agens pour faire aller et venir, entre la reine et lui, les lettres et les billets d'amour.

Cependant comme Norfolk ne pouvait pas se Hatter de tromper la vigilance d’Élisabeth, ni de lui dérober long-temps la connaissance de cette intrigue, il entreprit de la surprendre par des

! Camd., 419. Haynes, 573. State Trials, 1, 73

apparences de candeur , et par des artifices qui manquent rarement de réussir, Il lui parla des bruits qui se répandaient de son mariage avec la reine d'Écosse; il s'en plaignit comme d’une calomnie qui n'avait aucun fondement ; il désavoua toute idée de cette espèce, et il s’exprima même avec beaucoup de mépris sur le caractère de Marie et sur ses états. Élisabeth, toujours en réserve sur les choses qui avaient rapport à la reine d'Écosse, fit semblant d'ajouter foi à ces protestations !. Mais au lieu de rompre l'intrigue, elle la laissa se renouer plus étroitement, elle y introduisit de nouveaux acteurs. Le régent d'Écosse fut de ce nombre. Il avait offensé griévement Norfolk en accusant publiquement la reine , après avoir pris à Yorck avec le duc des arrangemens tout-à-fait opposés. Il était alors sur le point de retourner en Écosse : le duc avait un grand crédit dans le nord de l'Angleterre, Les comtes de Northumberland et de Westmoreland , les deux seigneurs les plus puissans dans cette partie du royaume, menaçaient de tirer vengeance de l'injure que le régent avait faite à sa souveraine. Le régent, Pour assurer sa retraite, s’adressa au duc de Norfolk. Après lui avoir fait l'apologie de sa conduite passée : «J'approuve infiniment , lui ditail, le dessein que vous avez d'épouser la reine «ma sœur ; cette affaire est également avanta- «geuse pour les deux royaumes : je me porterai «avec ardeur à concourir à l'exécution d'une «chose dont la réussite et si intéressante 2. » Norfolk écouta le régent avec plaisir , et ajouta foi à ses promesses avec cette confiance si naturelle à ceux qui, passionnés pour une entreprise, sont toujours portés à croire ce qui peut les flatter du succès. Il écrivit aux deux comtes de ne commettre aucune hostilité contre Murray, et il se chargea de lui procurer le passage libre, sans trouble ni empèchement, par les comtés du nord.

Norfolk se croyant assuré du régent, et fier de cette victoire, entreprit de faire entrer dans ses vues les nobles d'Angleterre. La nation an. glaise commençait à désespérer qu’Élisabeth voulût se marier. On voyait que cette princesse affectait de laisser toujours en suspens la question au sujet du droit de succession. On avait la

! Haynes, 574. State Trials, 1, 79, 80. — SAnders., 34.

mén relle tre, l'An, nobl ces n tière Le d:

glete pendi concu un pr en da préve un An le plus religio royaur secret ( comme d’Arun Lumle; cosse, Leicest daient ment, Marie q quence gleterre Élisabet senteme royaume établie e à ceux d contre el voulait s gneurs || d’Angleti incessamr pour lui :

d’Anglete ces propo sur lequel sulter le r On ava tion à É tontre la qu'elle vor

! Anders.,

r des artifices qui r. Il lui parla des son mariage avec nit comme d’une ndement ; il désae, et il s’exprima is sur le caractère abeth, toujours en aient rapport à la l'ajouter foi à ces de rompre l'intriplus étroitement, acteurs. Le régent avait offensé griépubliquement la k avec le duc des és. Il était alors 08$e : le duc avait | de l'Angleterre, ind et de Westrs les plus puisroyaume, menal'injure que le raine, Le régent, lressa au duc de pologie de sa coniniment , lui ditl'épouser la reine zalement avanta- $ : je me portera exécution d'une sressante 2. » Norsir, et ajouta foi iance si naturelle entreprise, sont peut les flatter du ites de ne com-

Murray, et il se Sage libre, sans r les comtés du

u régent , et fier faire entrer dans >» La nation an.

er qu’Élisabeth e cette princesse suspens la quession. On avait la

Page 1