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capitale. Ils donntrent à cette assemblée le nom de conseil permanent de l'église ; \s attribuërent à. ce corps Pautorité suprême, et, se servant de la formule usitée dans l'ancienne Rome, ils les chargèrent de pourvoir à ce que l’église ne reçüt aucun détriment.
Ces procédés sans exemple, et si contraires aux constitations, étaient des entreprises manifestes contre les prérogatives de la royauté, et
des pas hardis vers 1x rébellion. Cependant it |
paraît que la conduite du roi avait pa jusqu’à un certain point justifier cet excès. Ce prince traitait les papistes avec une-clémence qui répugnait aux principes adoptés dans ce siècle. Il pardondonnait aux conjurés malgré les assurances positives qu’il avait tant de fois données du contraire; il avait des égards particuliers pour lady Huntly, attachée aussi fortement que son mari à la religion romaine; if avait confié la princesse Élisabeth sa fille awx soins de lady Levingston, infectée des mêmes erreurs ; il parlait en toute occasion avec mépris du caractère des ministres et de leurs fonctions. Foutes ces choses auraient fait naître des soupçons à des esprits moins ombrageux, auraient précipité dans des entreprises téméraires les hommes les
moins capables de se livrer aux impulsions d’un |
zble indiscret; mais quels que fussent les motifs qui firent agir le clergé, quelque louable que pôt être le but qu’il se proposait, il est certain qu’il conduisit ses projets avec peu d’habileté et même avec imprudence, Jacques marqua beaucoùp de désir d'éviter une rupture avec le clergé, et quoiqu'il fût alors jaloux de ses droits, il était disposé à accorder beaucoup de choses pour le bien de la paix. Quelques personnes de son conseil privé eurent une conférence avec des membres du clergé, dans lesquels on espérait de trouver plus de modération; et ils leur demandèrent si Huntly et ses associés ne pouvaient pas , en faisant les soumissions requises, être reçus dans le sein de Péglise, et être affranchis de toute autre punition pour raison de leur apostasie et de leurs crimes précédens. Les députés du clergé répondirent que, quoique la voie de la miséricorde fât toujours ouverte à ceux qui se repentaient et qui venaient à résipiscence, ces seigneurs s'étant rendus coupables d’idolatrie , crime qui, suivant les lois divines.et humaines , méritait la mort, le magistrat sécu-
[1696] lier ne pouvait pas leur accorder le pardon; et que quand même l'église voudrait les absoudre à ÎT était du devoir de sa majesté de les punir. Le roi fut indigué de cette inflexibilité de la part de gens qui étaient regardés comme ceux de leur ordre qui avaient le plus de complaisance et d'humanité, D'un autre côté, l'imprudence et lopiniâtreté d'un ecclésiastique le mit en fureur,
David Black , ministre à Saint-André, discourant suivant l’usage ordinaire, dans un de ses,
| sermons sur l'état de la nation, avança que le | roi avait permis aux lords papistes de revenir :en Écosse, et que par cette action, il avait dé-
voilé la perfidie de son cœur ; que tous les rois étaient les enfans du diable ; que Satan donnait actuellement le ton à la cour ; que la reine était
| une athée; les juges, des mécréans et des sé-
ducteurs ; la noblesse, impie et corrompue; les conseillers privés, des cormorans et des gens sans religion; et dans sa prière pour la reine, il se servit de ces termes : «Nous prierons pour «elle, parce que c’est l'usage, mais nous n'avons «point de raisons pour cela, elle ne nous fera «jamais aucun bien. » Jacques ordonna que Black fût sommé de comparaître devant le conseil privé pour rendre raison de ses expressions séditieuses. Le clergé, au lieu d’abandouner Black à la punition qu'il méritait pour avoir attaqué ses supérieurs en termes si violens et avec une audace aussi criminelle, eut l'imprudence d’épouser sa querelle, comme si elle était celie de tout le corps. On fit revivre les contestations qui avaient été agitées en 1584, au sujet des immunités de la chaire et du droit que le clergé avait de déclamer contre les vices de toute espèce. On prétendit que les ministres, par rapport à l'exercice de leurs fonctions sacrées, n'étaient soumis qu'à la juridiction de l'église ; qu’il n'appartenait qu’à leurs supérieurs ecclésiastiques de juger de la vérité ou de la fausseté des préceptes qu'ils annançaient dans la chaire; que si le roi, sous quelque prétexte que ce fût, venait à empiéter sur cette juridiction, l'église tomberait à l'instant dans la servitude du magistrat séculier ; qu'au lieu de réprimer les vices avec cette honnête liberté qui avait tant de fois été avantageuse à l'état ct salutaire aux particuliers, le clergé serait obligé d'apprendre à flatter les passions du prince, €t
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ordres du et le consc clamation torité de était une sance mên malgré le le conseil une inforn teint et « tait, mais qu'il plaira le coupable On trav:
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1696] ler le pardon; et ait les absoudre, : de les punir. Le ibilité de la part
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it-André , discou- , dans un de ses; n, avança que le pistes de revenir tion, il avait déque tous les rois ue Satan donnait que la reine était créans et des séet corrompue; les rans et des gens re pour la reine, us prierons pour nais nous n'avons lle ne nous fera es ordonna que re devant le conle ses expressions eu d’abandosner ritait pour avoir mes si violens et elle, eut l'impruomme si elle était evivre les contes en 1584, au sujet t du droit que le ntre les vices de ue les ministres, urs fonctions sala juridiction de à leurs supérieurs a vérité ou de la annonçaient dans quelque prétexte sur cette juridicstant dans la serqu'au lieu de rénnête liberté qui geuse à l'état et ergé serait obligé ons du prince, €
probation.
Jacques défendit ses droits avec une vigueur égale à celle que le clergé lui opposait, 11 voyait son autorité tomber dans le mépris si le clergé pouvait impunément calomnier en public ses ministres, et si on lui permettait de censurer sa personne en chaire. L’exemple du passé lui annonçait les faibles réparations qu'il pouvait attendre des tribunaux ecclésiastiques pour de
telles offenses. 11 pressa les informations sur la conduite de Black, et il ordonna par une proclamation aux membres du conseil de l'église de sortir d'Édimbourg, et de s’en retourner dans leurs paroisses. Black, au lieu d’obéir aux ordres du roi, renouvela son acte déclamatoire, et le conseil ecclésiastique, au mépris de la proclamation, déclara qu'étant assemblé par l'autorité de l'église, l'obéissance qu'il lui devait était une chose sacrée, et préférable à l’obéissance même qu’ils devaient au roi. Cependant, malgré le refus que Black faisait de se défendre, le conseil privé procéda au jugement, et après une information solennelle, il déclara Black at: teint et convaincu des crimes qu'on lui imputait, mais il s'en rapporta au roi sur la punition qu'il plairait à sa majesté de prononcer contre le coupable.
On travailla néanmoins à chercher des voies de conciliation, Tous les jours on proposait quelque nouveau plan. Mais l’inconstance du roi ; l’opiniâtreté du clergé et les intrigues des cour-
à tolérer les défauts des citoyens; que l’ardeur du roi à punir l'indiscrétion d'un ministre protestant, pendant qu'il se prêtait avec tant de facilité à pardonner aux conjurés papistes, les avertissait de se tenir sur leurs gardes; que le temps était venu de soutenir leurs priviléges et d'empêcher lusurpation de ces droits dont l'église était en possession depuis la réformation. Le conseil de l'église, animé par ces observations, ordonna à Black de décliner la juridiction du conseil privé. Cet homme présomptueux, fier de trouver cette occasion de déployer son zèle, présenta à ce sujet un mémoire, et refusa avec hauteur de se défendre ou de répondre aux questions qui lui furent faites. Pour donner plus de poids à ce procédé, le conseil ecclésiastique envoya le mémoire de Black aux presbytériats dans toute l’étendue du royaume, et ordonna à tous les ministres de le signer par forme d'ap-
züd tisans, rendirent toutes ces démarches inutiles. Les deux partis en appelèrent au peuple, et s'ef: forcèrent de se rendre réciproquement odieux par des accusations exagérées. L’insolence, la rébellion, la trahison, étaient des crimes que Jacques imputait au clergé. Les ecclésiastiques faisaient de leur côté retentir les chaires de leurs plaintes. Is reprochaient au roi sa trop grande douceur pour les papistes , et la rigueur excessive avec laquelle il persécutait l'église établie. Jacques, irrité au dernier point de ces invectives audacieuses , prononea enfin la sentence contre Black. 1! lui ordonna de se retirer au-delà de la rivière de Spey, et d'y rester jusqu’à nouvel ordre. I ft un nouveau commandement au conseil permanent de sortir d'Édimbourg : il fit requérir tous les ministres du royaume de signer un écrit par lequel ils s'obligeaient de se Soumettre ainsi que les autres sujets à la juridiction civile, dans les matières civiles et du ressort de cette juridiction.
Ce coup d'autorité du rai alluma te feu de ces passions qui agitent l’Ame des rebelles lorsque leurs projets sont déconcertés , ctelles éclatèrent bientôt avec fureur. L'émeute fut en partie occasionée par les intrigues de quelques courti-' sans qui espéraient de retirer quelques avantages des malheurs de la patrie, ou qui voulaient diminuer la puissance des octavians en les engageant dans des querelles avec l'église. Is dirent au roi que les citoyens d'Édimbourg étaient sous les armes toutes les nuits, et qu'ils avaient posé des corps-de-garde très forts aux environs des maisons de leurs ministres: Jacques, pour punir cette insulte imaginaire faite à son gouvernement , ordonna, par une proclamation,
à vingt-quatre des principaux citoyens d'Édimbourg de sortir de la ville dans six heures. D'un autre côté, ces mêmes courtisans écrivirent aux ministres de veiller à leur sûreté ; que Huntly avait eu un entretien secret avec le roi, et que ce seigneur était l'auteur de cette proclamation sévère contre les citoyens d'Édimbourg t, Les
‘IL est certain que les faits furent chargés et aggravés par des personnes qui désiraient d'entraîner les deux partis dans des procédés violens: cependant ces deux rapports n'étaient pas sans fondement, Comme on supposait que les ministres étaient en danger , quelques citoyens des plus zélés se déterminèrent à les défendre par la force des armes. (Birch., Mém., 11, 250.) Huntly étai!
ministres ne doutérent point de la vérité de ces intelligences secrètes de Huntly avec le roi : Jacques ajouta foi aux avis qu'il avait reçus, et de part et d'autre ils donnèrent également dans le piége que les courtisans leur avaient tendu. Les ministres reçurent la lettre dans le moment même qu'un homme de leur corps allait monter en chaire. 11 décidèrent qu'il devait annoncer au peuple le danger dont on était menacé. Le ministre en fit un tableau chargé des plus vives couleurs, employa ces expressions de terreur que la nature inspire aux hommes aux approches de quelque grande calamité. Lorsque le sermon fut fini, il invita les nobles et autres personnes de distinction à s’assembler dans la petite église. Le peuple, effrayé de ce qu'il venait d'entendre, ycourut en foule; il promit avec serment de soutenir l'église; on dressa une requête au roi, dans laquelle on le suppliait de délivrer le clergé de ses craintes en éloignant ceux de ses conseillers qui étaient ennemis de la religion protestante. Deux pairs, deux nobles, deux bourgeois et deux ministres furent nommés pour aller présenter la requête.
Le roi étäit alors dans la grande salle de Tolbooth, où la cour de session était assemblée, Il fut offensé , et des choses que la requête contenait et de la manière dont elle lui était présentée. Il y répondit avec fierté. Les députés insistèrent avec chaleur, et comme une foule de monde entrait dans la salle, le roi se leva , passa précipitamment dans une chambre voisine et ordonna qu'on fermât les portes. Les députés retournèrent à la petite église, où le peuple était toujours assemblé, et ils y trouvèrent un ministre qui, pendant leur absence, lisait à ses auditeurs l’histoire d’Aman. Lorsque les députés eurent rendu compte de leur commission et du refus que le roi faisait d'écouter leurs demandes, l'église retentit en un moment de clameurs , de menaces, d’exécrations, et de ces bruits confus qui annoncent la fureur d’un soulèvement du peuple. Les uns demandaient leurs armes , d’autres l'épée du Seigneur et de Gédéon , quelquesuns criaient qu'on fit paraître le scélérat Aman. Pleins de rage et de fureur, ils sortent brusque-
réellement venu secrètement à Édimbourg, et il y avait eu une entrevue, sinon avec le roi, au moins avec quelques-uns de ses ministres. (Birch. , ibid., 230.)
ment et vont entourer Tolbooth, menaçant la personne même du roi, et demandant qu'on leur livrât certains conseillers, qu'ils nommaient, pour qu'ils les missent en pièces. Les magistrats employèrent la force et toute leur autorité pour apaiser le tumulte. Le roi essaya d’adoucir les mécontens en promettant de recevoir leurs demandes lorsqu'elles lui seraient présentées d’une manière convenable. Les ministres s'aperçurent enfin de leur imprudence , se repentirent d'avoir allumé cet incendie, et ils secondèrent les efforts du roi et des magistrats. La rage de la populace se calma aussi promptement qu'elle s'était élevée, le peuple se dispersa et le roi retourna au palais, heureux d’avoir échappé à ce tumulte, qui n'était à la vérité qu'un effet subit et momentané d'une fureur populaire, mais qui avait mis sa vie dans le plus grand danger. Jacques regarda aussi toujours cet événement comme un affront impardonnable fait à son autorité !.
Aussitôt que le roi fut sorti de Tolbooth, les chefs des mécontens s'assemblèrent pour rédiger leur requête. La punition des lords papistes, l'éloignement des conseillers qui favorisaient leurs personnes ou leurs opinions, la Ph deg de tous les actes du conseil destructifs de l'autorité de l'église, et un acte portant approbation des arrêts du conseil permanent , étaient les principaux chefs de leurs demandes. Mais l'indignation du roi était portée à un tel point que les députés qui.en furent chargés n'osèrent se risquer à présenter dans cette même journée une requête qui rallumerait infailliblement la fureur de Jacques, et dans la nuit le roi, avec toute sa suite, s'enfuit à Linlithgow. Il exhorta la session et les autres cours de justice à quitter une ville où ils ne pouvaient plus rester avec sûreté et avec bienséance, et il ordonna aux nobles et aux barons de s’en retourner chez eux, et de ne plus se rassembler sans un ordre du roi. La vigueur de ces démarches ralentit le courage des adversaires de sa majesté. Les citoyens d'Édimbourg, apercevant combien ils souffriraient de l'absence du roi et du déplacement des cours de justice, commençaient à se repentir de leurs procédés. Les ministres seuls se déterminèrent à tenir ferme et à soutenir la querelle. Ils tra-
1 Spotsw., 417, etc. Cald., 1V, 54, etc. Birch., Mér, 11, 235
vailléren ils cherc par des sayérent leur défe sion de blesse d d'autorit.
les minis seigneur Dieu etf l'église, « nobles ét.
protestan piété et à vaient bes de réunic que son :
haute nais à cet honr ne point ti et de ne, sistance q milton, au la lettre d irrité de ce magistrats le-champ | déclarés et
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Ce soulè torité du rc qu'à l'étab] Ceux qui a perdus et € soupçon de grâces du r le plus à sa On assembl.
noncèrent c crime de h chaque min soumettre à matières ci\ furent autor
“Spotsw., 4
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etc. Birch., Mén!,
milton, au lieu de répondre à leurs désirs , porta
la lettre directement au roi, qui fut tellement irrité de cette nouvelle insulte qu'il ordonna aux
magistrats d'Édimbourg de faire arrêter surle-champ leurs ministres, comme incendiaires déclarés et fauteurs de rébellion. Les magistrats, pour regagner la bienveillance du roi, se disposèrent à obéir, et les ministres, dépourvus de toute autre ressource , s’enfuirent en Angleterrei,
Ce soulèvement, qui tendait à renverser l'autorité du roi, ne servit, par son mauvais succès, qu'à l'établir sur des fondemens plus solides. Ceux qui avaient participé à la rébellion furent perdus et dispersés. Les autres, pour éviter le soupçon de complicité ou gagner les bonnes grâces du roi, se disputaient à qui contribuerait le plus à satisfaire la vengeance de sa majesté, On assembla une convention des états qui prononcèrent que le dernier soulèvement était un crime de haute trahison, Il fut ordonné que chaque ministre signerait une déclaration de se
vaillérent à empécner les nobles de se séparer; ils cherchèrent à soulever les esprits du peuple par des invectives atroces contre le roi ; ils essayérent de faire signer une association pour leur défense commune ; et, jugeant que l'accession de quelque membre de la plus haute noblesse donnerait à leur parti plus de poids et d'autorité, ils firent écrire au lord Hamilton par les ministres d'Édimbourg. Ils mandaient à ce seigneur que le peuple, touché de la parole de Dieu et provoqué par les injures qu'on faisait à l'église, avait pris les armes ; que la plupart des nobles étaient déterminés à protéger la religion Protestante, qui devait son établissement à la piété et à la valeur de leurs ancêtres; qu’ils n'avaient besoin que d’un chef pour former un point de réunion et pour leur donner de la vigueur ; que son zèle pour la bonne cause, ainsi que sa haute naissance , le mettaient en droit d’aspirer à cet honneur. Ils finissaient par le conjurer de ne point tromper leurs vœux et leurs espérances, et de ne point refuser à l'église opprimée l'assistance qui lui était si nécessaire. Le lord Ha-
prisons tout ministre qui oserait faire dans ses sermgns des réflexions indécentes sur la conduite du roi; on fit défense à tout tribunal ecclésiastique de s'assembler sans la permission du roi; on ordonna qu'à l'avenir personne ne pour rait être élu magistrat à Édimbourg qu'avec l'agrément de sa majesté ; et qu'en attendant, les magistrats actuels seraient tenus de découvrir les auteurs de cette dernière sédition, et de leur faire subir les peines qu'ils méritaient À faute de quoi la ville serait soumise elle-même à la punition due à cette trahison détestable !, Jacques, armé de l'autorité de ces décrets, entreprit de réprimer entièrement l'esprit mutin de ses sujets. Comme le clergé avait jusqu'alors tiré principalement sa force et son autorité du zèle et de l'appui des citoyens d'Édimbourg, le premier soin du roi fut de les humilier. Les magistrats se rabaissèrent aux plus viles soumissions ; il se justifiérent enx et leurs concitoyens d’avoir jamais eu la moindre intention d'attenter à la personne ou à l'autorité du roi : après les perquisitions les plus exactes, il ne se trouva contre eux aucun soupçon fondé, aucune preuve d'une rébellion préméditée; plusieurs nobles 4 et ceux qui parmi le clergé avaient conservé quelque crédit, intercédaient en leur faveur ; mais ces sollicitations leur furent inutiles, l’aveu même qu'ils faisaient de leurs fautes ne put fléchir la colère du roi *, La ville fut déclarée déchue de ses priviléges de ville muniripale, et assujettie à toutes les peines dues au crime de trahison. La capitale du royaume sans mayistras, sans ministres, sans cours de justice, et proscrite par le roi, était dans le désespoir et 1a désolation. Les courtisans menaçaient même de raser la ville jusqu'aux fondemens, et d'élever dans la même place une colonne Pour servir à la postérité de monument de la vengeance du roi et du crime des habitans. Jacques à la fin se rendit aux instances d’Élisabeth, qui intercédait pour la ville d'Édimbourg, et aux sollicita= tions continuelles dés nobles. Il remit aux habitans les peines portées par la loi, mais, en
même temps, il leur ôta leurs plus beaux privisoumettre à la juridiction du roi dans toutes les léges. Il ne leur fut plus permis d'élire leurs matières civiles et criminelles, les magistrats | magistrats ni leurs ministres. On leur imposa furent autorisés à envoyer sur-le-champ dans les | plusieurs taxes et charges nouvelles, et on exi
‘Spotsw., 451. Cald V 126 ! Cald., V,146. — 1 Jbid., 149.
gea d'eux une somme d'argent, comme le prix de la réconciliation {.
Jacques travailla avec autant d'activité et avec un égal succès à resserrer les bornes de la juridiction ecclésiastique. Mais comme il avait éprouvé que, pour une pareille entreprise, des actes du parlement et des sentences du conseil privé étaient des moyens odieux et insuffisans, il mit plus d'art dans sa conduite, et il eut recours à des expédiens mieux combinés pour parvenir à ses fins. Les juridictions ecclésiastiques étaient composées de plusieurs membres : la plus grande partie du clergé était dans une extrème indigence, et n'avait point d'honoraires fixés par la loi. Malgré l'égalité établie dans le gouvernement presbytérien, les ministres d'Édimbourg et des environs avaient pris sur l’église un ascendant qui excitait la jalousie de leurs frères. Tout corps nombreux est susceptible d'impressions fortes et subites, et sujet aux influences de la crainte et de la corruption. Jacques, persuadé de cette vérité, sut en tirer avantage. Il jugea qu'il était possible de gagner ce clergé qu’il avait inutilement entrepris de soumettre. Il envoya par tout le royaume des agens propres à manœuvrer avec succès. Les espérances, les caresses, les menaces furent employées. On exagéra les usurpations des ministres de ja capitale. On augmenta la jalousie qu’on avait conçue de leur autorité dans les provinces éloignées. On tint en différens temps deux assemblées générales. Quelques chefs du clergé y défendirent avec zèle et avec fermeté les privilèges de l’église : mais la pluralité l'emporta, et dans les deux assemblées on adopta toutes les mesures qui étaient agréables au roi. Plusieurs usages établis depuis la réformation furent condamnés; plusieurs points de discipline, qui jusqu'alors avaient été regardés comme sacrés et incontestables, furent abolis; on réprima la licence que les ministres se donnaient de discourir sur les matières politiques; on censura la liberté avec laquelle ils se répandaient en invectives contre les particuliers ; on déclara illégitimes les sentences d'excommunication rendues sommairement et sans les formalités requises; on défendit la convocation de toute assemblée générale du clergé sans la permission du roi; et le droit de nommer
1 Spotsw., 434, 444
les ministres dans les villes principales fut attri. bué à la couronne. Le clergé se démit ainsi de priviléges qu’il aurait été dangereux de vouloir lui enlever, il se mit de lui-même sous le joug, et Jacques n'aurait jamais osé entreprendre d'imposer à force ouverte à ce corps des conditions aussi dures que celles qu’il accep‘a volontairement. Les ecclésiastiques qui persistèrent à s'opposer aux vues de la cour, privés de ces lieux rommuns propres à émouvoir la populace, de ces exclamations contre les entreprises du roi sur une juridiction qui ne lui appartenait point, se trouvèrent dans la nécessité de déployer leur éloquence contre leur propre corps, et de tourner la véhémence de leurs déclamations contre
| les vices et la corruption du clergé !.
Dans ces deux assemblées on permit aux comtes papistes de rétracter publiquement leurs erreurs ; on leva la sentence d’excommunication prononcée contre eux, et ils furent reçus dans le sein de l'église. Mais au bout de quelques années ils retournèrent à leurs anciens préjugés, ils se réconcilièrent avec l'église de Rome, et leur apostasie justifia en quelque sorte les! \appréhensions du clergé et les difficultés qu'i avait faites de leur accorder l’absolution,
Les ministres d'Édimbourg obtinrent, par l’intercession de ces mêmes assemblées, la permission de venir reprendre l'exercice de leurs fonctions dans la capitale. Mais cétte grâce fut accompagnée de tant de restrictions, que leur autorité fut infiniment diminuée. La ville fut yartagée en plusieurs paroisses : on doubla le nombre des ministres; on eut soin de donner les paroisses nouvelles à des personnes sur la fidélité desquelles le roi pouvait compter, ét ces circonstances, jointes à l’autorité des derniers décrets de l’église, contribuèrent à confirmer cet empire absolu dans les affaires ecclésiastiques que ‘acques conserva pendant tout le cours de son règne.
Jacques était tellement occupé de ce nouveau plan établi dans le gouvernement de l’église, que les autres événemens de ce même temps méritent à peine d'être rapportés. Les ocfavians, toujours en butte à la jalousie des courtisans, divisés entre eux par des factions, donnèrent d'eux-mêmes la démission de leurs
1 Spotsw., 433. Cald., V, 189, 233.
emplois ancienn ainsi pr avantap avaient tration.
Cette du parle de rétal neurs el proscrip aussi l’a:
sement ( roi, suiv en fit fair L'acte gé bli le go dans l'in bre d’év prieurés” la plupar très peu « et peut-& voter au rablemen cette asse balance d
, propos de
mais lesf le caractè:
était oblig faire para IL s’adres, nommés p il les eng de ce que qui Fût p suprême , corps d’av fendre ses Vancien u nombre co séance. La passa un :
raient pou vacantes ét ment ; et al voulût em:
à l'assembl d'autorité
incipales fut attri.
se démit ainsi de gereux de vouloir ème sous le joug, osé entreprendre > corps des condid'il accepta volonqui persistèrent à ur, privés de ces uvoir la populace, entreprises du roi appartenait point, é de déployer leur corps, et de tourclamations contre lergé!.
s on permit aux ubliquement leurs l’excommunication furent reçus dans bout de quelques rs anciens préjul'église de Rome, elque sorte les\aps difficultés qu'il absolution.
g obtinrent, par ssemblées, la per- "exercice de leurs ais cétte grâce fut rictions, que leur quée. La ville fut ses : on doubla le ut soin de donner personnes sur là it compter, et ces orité des derniers rent à confirmer ffaires ecclésiastipendant tout le
1pé de ce nouveau ment de l'église, * ce même temps Jortés. Les oclajalousie des courles factions, donnission de leurs
emplois. La perception des revenus reprit son ancienne forme. Le roi et la nation furent ainsi privés du bénéfice de leur économie et des avantages quon retirait du bon ordre qu'ils avaient établi dans cette partie de l’administration.
Cette année fut terminée par une assemblée du parlement. Le but de cette convocation était de rétablir Huntly et ses associés en leurs honneurs et biens, et de révoquer la sentence de proscription rendue contre eux. On employa aussi l'autorité de cette cour suprême à l'établissement d’une innovation dans l’église; mais le roi, suivant toujours le plan qu'il avait adopté, enfit faire les premières ouvertures par le clergé. L'acte général de réunion , et celui qui avait établi le gouvernement presbytérien, avaient réduit dans l'indigence et dans le mépris le petit nombre d’évèques qui restait. Les abbayes et les
prieurés"n'étaient possédés que par des laïques, |
la plupart pairs séculiers : il ne restait ainsi que très peu de personnes de l'ordre ecclésiastique, et peut-être aucune , qui fussent dans le cas de voter au parlement, ce qui diminuaït considérablement les influences de la courenne dans cette assemblée, où l'on ne trouvait plus cette balance de pouvoir et de nombre qu'il était à
. Propos de tenir entre la noblesse et Îe clergé:
mais les préjugés de la nation contre le nom et | le caractère d'évèque étaient violens , et Jacques était obligé d'éviter avec le plus grand soin de faire paraître aucun désir de rétablir cet ordre. Il s'adressa, en conséquence, aux commissaires nommés par la dernière assemblée du clergé, et il les engagea à faire des plaintes au parlement de ce que l'église était le seul corps du royaume qui Fût privé de représentans dans cette cour suprême , où il était si intéressant pour tous les !
corps d'avoir quelqu'un engagé par état à dé- | fendre ses droits ; et à requérir que, suivant V'ancien usage, des membres du clergé, en nombre compétent , y fussent admis pour y avoir séance. La requête fut reçue favorablement. On Passa un acte par lequel les ministres qui seraient pourvus par le roi des évéchés et abbayes | Vacantes étaient déclarés habiles à voter en parlement ; et afin d'ôter au clergé tout soupçon qu'on voulût empiéter sur ses priviléges, on renvoya à l'assemblée générale la décision de la portion d'autorité et de juridiction spirituelle que ces
personnes auraient dans le gouvernement de l'église 1,
Cependant le ro: trouva plus de difficulté à obtenir le concours des tribunaux du clergé sur un point de l'acte du parlement, qui rencontra de fortes oppositions. Le clergé apercevait tout l'éclat que ce nouveau privilége allait répandre Sur tout l'ordre ecclésiastique : il n’était Point insensible à cette augmentation considérable de diguité et de puissance que plusieurs particuliers de son corps pouvaient acquérir par cette admission dans le conseil suprème de la nation; mais d’un autre côté l'horreur pour l'épiscopat était portée à l'extrême, et les ecclésiastiques sacrifièrent à ce préjugé leurs propres intérêts et tous les avantages qui pouvaient flatter leur ambition ; malgré les protestations que le roi faisait d’observer et maintenir la constitution présente de l'église, ils se méfiaient toujours de la sincérité de Jacques ; et tous les expédiens que Sa majesté inventa pour restreindre et limiter la juridiction de ceux qui seraient promus à ce nouvel honneur ne purent calmer leurs Ja-
lousies et leurs craintes. Ils connaissaient , par leur propre expérience les progrès que la hiérarchie est capable de faire par ses insinuations ; ils apercevaient que, quoiqu’elle fût d'abord admise avec une autorité modérée et sous des prétextes spécieux, elle pouvait étendre rapidement sa domination. « Vernissez ce modèle, «disait un des chefs du clergé, donnez-lui telles «couleurs que vous voudrez, épuisez toutes les «ressources de l’art pour travestir cet intrus ; «sous quelque déguisement qu'il paraisse, je «Vois toujours des cornes sous sa mitre. »
Les mêmes sentimens prévalurent chez la
| plupart des autres chefs du clergé, et ils reje- | tèrent l'autorité et les honneurs qu'on leur pré-
sentait avec plus de zèle et d'empressement que ceux de leur ordre n'en avaient jamais montré pour les obtenir. Cependant quelques-uns se laissèrent à la fin gagrer par les espérances de leur agrandissement. Le roi et ses ministres em-
. ployèrent les mêmes artifices dont ils avaient
usé l’année précédente avec tant de succès; et après de longs débats et de fortes oppositions, l'assemblée générale déclara qu'il était permis aux ministres d'accepter la séance au parlement ;
! Spotsw., 460, Parl. 15e, dJacq. VL. 0.255,
quil serait très avantageux pour l'église d’avoir ses représentans dans cette cour suprême, et qu'on choisirait à cet effet dans le clergé cinquante et une personne, nombre à peu près égal à celui des ecclésiastiques qui avaient autrefois séance au parlement. On ne décida rien sur la forme de leur élection, ni sur le pouvoir qui leur serait attribué. Ces deux objets firent la matière d’une autre délibération !.
Cependant Jacques voyait approcher le moment où il devait succéder à la couronne d’Angleterre , et il multipliait ses soins et ses précautions pour rendre son accession plus tranquille et plus assurée. Comme il s'était allié, par son mariage, à plusieurs princes d'Allemagne, il envoya des ambassadeurs extraordinaires à quelques-unes de ces cours pour y exposer la légitimité de son droit au trône d'Angleterre, et pour leur demander leur assistance, si quelque prétendant voulait lui disputer un titre qui était incontestable. Ces princes reconnurent la justice de sa prétention; mais les secours qu’ils pouvaient lui donner étaient faibles et éloignés. Dans le même temps Édouard Bruce, ambassadeur de Jacques à la cour d'Angleterre, pressait vive- ” ment Élisabeth de reconnaitre le droit du roi d'Écosse par quelque acte public, et de délivrer les Anglais des calamités inséparables des disputes quis’élèvent pour une succession litigieuse; mais l’âge n'avait fait que fortifier dans Élisabeth ces passions qui jusqu'alors l'avaient engagée à laisser cette question dans l'obscurité et l'indécision. Jacques n'obtint qu'uné réponse vague et indéterminée. L'ambassadeur ayant échoué dans sa négociation auprès de la reine, reçut ordre de sonder les sujets, et d’essayer si ces menées auraient auprès d'eux plus de succès. Bruce joignait à un secret impénétrable, à un jugement exquis, toute l'adresse nécessaire pour conduire une négociation de cette délicatesse et de cette importance. Un ministre de ce caractère avait droit à la confiance des Ar jlais. Piusieurs personnes du plus haut rang s’ouvrirent à lui sans réserve, et lui donnèrent souvent des assurances positives de la résolution où ils étaient de soutenir. le droit de son maître contre tous ceux qui voudraient le lui disputer *.On répandit alors en Angleterre plusieurs écrits, dans les-
15;otsw., 450, Cald., V, 278. — ? Johnst., 242.
quels on faisait plusieurs objections contre le droit du roi d'Écosse, Jacques chargea quelques savans écossais de répondre à ces libelles, et d'exposer les avantages que les deux couronnes pouvaient retirer de la réunion des deux royaumes. Ces livres furent lus avec avidité, et ils contribuërent beaucoup à faire goûter cette idée aux Anglais, et à les préparer à cet événement; mais ce qui concilia le plus à Jacques l'affection des Anglais , ce fut un livre qu'il publia lui-même cette même année. Il était intitulé Basilicon Doron. Il renfermait des préceptes sur l'art de gouverner, et il était adressé au prince Herri son fils. Malgré les changemens qui sont arrivés depuis dans la littérature , quoique le goût de la nation ait acquis un degré de délicatesse qu’il n'avait point alors, on ñe doit point refuser à cet ouvrage les éloges qu'il mérite, et il est certain que pour la pureté du style et pour la jutesse des pensées, il n’est point inférieur à bien des ouvrages d'auteurs contemporains. On y trouve à la vérité un grand étalage d'érudition, qui nous paraîtrait aujourd’hui insipide, mais qui faisait l'admiration de ce siècle. Il est rempli de ces règles générales pour rendre une nation heureuse , de ces lieux communs de morale qu’on trouve dans de certains auteurs spéculatifs. Jacques était capable de traiter cette matière avec beaucoup de succès, mais il manquait souvent des qualités nécessaires pour faire l'application des principes. Cependant cet ouvrage donna aux Anglais la plus haute idée des talens de Jacques, et ils espérèrent que, sous un prince instruit à fond dans l'art de gouverner, et qui avait donné tant de preuves de sa sagesse et de son amour pour ses peuples, la gloire et la prospérité de la nation anglaise seraient portées au plus haut point !,
Élisabeth pensait bien différemment sur le compte du roi d'Écosse. Elle soupçonnait ce prince d’avoir de l'éloignement pour la religion protestante, et d'être même dans la disposition prochaine de l’abjurer ouvertement. Elle se fondait sur l’indulgence extrême de Jacques envers les lords papistes ; sur la facilité avec laquelle il leur avait pardonné des trahisons répétées ; sur le rétablissement de Beaton, archevêque papiste à Glasgow, qui s'était enfui d'Écosse lors de la
! Camd., Spotsw., 457,
avait ei d'Angl d'une ] Clémen termes pontife avait de résoluti( les cath:
correspo l'Écosse de prom sais, évè autre voi pondanc.
acquérir elle dépà faire des peu conv.
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cusation ç confiance conscience était une été forgée doutes sur Elphingstc de fermet d’Angleter fit voir au formations fondées, e que le roi dans la plu min, dans de controve majesté d'a rables qu’el
!Cald., 333, ll,
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[1599] LIVRE Vili. 289
réformation, et qu'on avait remis en possession
du temporel de son bénéfice ; sur la nomination d'un ambassadeur d'Écosse à la cour de France; sur les éloges que Jacques donnait dans le Basilicon Doron , à ceux qui avaient été attachés à la reine sa mère,
Les soupçons d'Élisabeth paraissaient pleinement confirmés par une découverte que fit Gray, qui se trouvait alors en Italie, Cet homme intrigant , plutôt que de mener une vie tranquille, avait eu la bassesse de se faire espion de la cour d'Angleterre. Il envoya à Élisabeth la copie d'une lettre écrite par le roi d'Écosse au pape Clément VIII. Jacques s’y exprimait dans les termes les plus respectueux pour le souverain pontife , il s'étendait sur la reconnaissance qu’il avait de ses bienfaits, il lui déclarait la ferme résolution où il était de traiter avec indulgence les catholiques romains ; et Pour établir une correspondance plus directe et plus suivie entre l'Écosse et la cour de Rome, il sollicitait le pape de promouvoir au cardinalat Drummont, iicossais, évêque Je Vaizon t, Élisabeth, qui par une autre voie avait eu quelque vent de cette corres-
pondance ?, fut remplie d'étonnement ; et pour acquérir une connaissance plus exacte du fait,
elle dépêcha Bowes en Écosse, avec ordre de
faire des reproches à Jacques d’une action si
peu convenable à un prince protestant. Le roi
ne fut pas moins surpris qu'’Elisabeth d’une ac-
cusation de cette espèce. Il y répondit avec cette confiance que le témoignage seul d'une bonne conscience peut inspirer. Il affirma que le tout était une pure calomnie, et que la lettre avait été forgée par ses ennemis ; Pour répandre des doutes sur son attachement sincère à la religion. Elphingston, secrétaire d'état, nia avec autant de fermeté tous les faits allégués par la reine d'Angleterre. Un événement fort extraordinaire fit voir au bout de quelques années que les informations qu'Élisabeth avaitreçues étaient bien
fondées, et qu'en même temps la déclaration
que le roi avait faite de son innocence était
dans la plus exacte vérité: Le cardinal Bellarmin, dans une réponse qu’il publia à un écrit de controverse composé par le roi, accusait sa majesté d’avoir renoncé à ces sentimens favorables qu’elle avait autrefois pour la religion
catholique romaine, et pour preuve de ce qu'il avançait, le cardinal citait la lettre de Jacques au pape Clément VIII. Il n’était plus possible alors de regarder cette lettre comme supposée, et l'affaire était trop délicate pour n'être pas examinée avec le plus grand soin. Jacques fit aussitôt interroger Elphingston, et l'aveu de ce secrétaire découvrit le mystère. Il avoua qu’il avait inséré cette lettre parmi d’autres papiers qu’il présentait au roi pour la signature, et que le roi, ne se doutant hoint de cette tromperie, l'avait signée, ainsi que les autres expéditions, sans savoir ce qu’elle contenait. Qu'en faisant cette supercherie à son maître il n'avait eu en vue que le bien du service de sa majesté, et qu'en flattant ainsi les catholiques romains d’être traités avec indulgence sous le gouvernement du roi, il avait imaginé qu'il frayait à son maître le chemin au trône d'Angleterre, et qu'il facilitait son accession à cette couronne. Le conseil privé d'Angleterre pensa bien différemment sur la conduite du secrétaire ; il prétendit que cette imposture hardie avait compromis la réputation du roi, et qu'elle avait mis sa vie en danger. Il imputait même la conjuration des poudres à la fureur des papistes, de se voir frustrés des espérances que cette lettre leur avait fait concevoir. Le secrétaire fut arrêté et envoyé en Écosse, Pour y être jugé du crime de trahison. Les pairs le déclarèrent coupable de ce crime, mais il obtint son pardon par l'intercession de la reine 1,
D'autres historiens prétendent que Jacques était instruit de cette correspondance avec le Pape, et si nous devons ajouter foi à ce qu'ils rapportent, Elphingston intimidé par les menaces du conseil d'Angleterre et trompé par les artifices du comte de Dumbar, déguisa quelques circonstances dans le récit de ce fait, en falsifia quelques autres, et aux dépens de sa propre réputation, aux risques de sa propre vie, il travailla à tirer un voile sur cette partie de la conduite de son maître 2.
Au reste, soit qu'on attribue cette lettre au zèle officieux du secrétaire , soit qu'elle eût été faite par le commandement du roi, il est certain que dans ce même temps Jacques faisait beaucoup de démarches Pour gagner l'amitié
1Spotsw., 456, 507. Johnst. , 448,
1 Cald., 333, — « Wiaw., Mém., vol. 1, 37, 62, * Cali, vol. V, 322; VI, 147. Il,
des princes catholiques romains, et qu'il jugeait ! ces précautions mécessaires pour faciliter son | avénement au trône d'Angleterre. Le-lord Home, |
qui était de la religion romaine, fut chargé d'une négociation secrète auprès du pape !; l'archevêque de Glasgow agissait de son côté avec beaucoup d'activité auprès de ceux de sa religion ?. Le pape s'exprima dans des termes
remplis d'affection pour la personne du roi, et |
il montra des dispositions si favorables par rapport aux droits de sa majesté à la couronne
d'Angleterre, que Jacques se crut obligé , quelques années après, de lui en marquer publique- |
ment sa reconnaissance #. Le chevalier Jacques
Lindsay fit de grands progrès en Angleterre, en |
engageant tous les papistes anglais à reconnaître le droit du roi d'Écosse. Élisabeth avait reçu indirectement de plusieurs endroits quelques avis de ces intrigues, mais l'incertitude de
ces rapports augmentait encore la violence des soupçons qu'elle avait conçus des desseins du | roi. La jalousie qui lui était naturelle, fortifiée | avec l’âge, la portait à observer avec plus d’at- |
tention que jamais les démarches duroi d'Écosse. Les questions au sujet de l'élection et du pouvoir des représentans de l'église au parle-
ment , furent décidées définitivement dans l'as- |
semblée générale du clergé qui se tint à Mont- |
rose. On avait choisi cet endroit comme le plus
commode pour les ministres de la partie septen- |
trionale, sur lesquels le roi avait le plus de crédit et d'autorité. Cependant quoique la plupart des membres de cette assemblée fussent sortis des provinces du nord, quoique le roi eût employé.tous les moyens possibles pour ga-
gner la pluralité des voix, et qu'il eût même | cherché à en imposer par sa présence, les règle- | mens suivans ne passèrent qu'avec de très gran- | des difficultés. On arrêta que l'assemblée géné- |
rale présenterait six personnes pour chaque
bénéfice vacant donnant séance au parlement, | et que le roi en choisirait et nommerait une des |
six ; que celui qui serait ainsi élu , après avoir |
pris sa seance au parlement, ne pourrait proposer aucune chose relative aux intérêts de l’église, ni y donner son consentement , sans être muni d'instructions particulières à cet effet ;
1 Winw., Mém., vol. 11, 57. — 2 Cald., vol. VI, 147. — 5 /bid., vol. V, 604.
qu'il serait responsable de sa conduite:à l’assemblée générale, et qu'il se.soumettrait sans appel à ses cençures, sous peine d’infamie et d'excommupication.; qu'ilserait tenu de remplir les devoirs de pasteur das les. congrégations. particulières; qu’il ne pourrait s'arroger aucune juridiction ecclésiastique supérieure à celle de ses frères; que si l’église rendait contre lui une sentence de privation, il serait déchu de: plein droit de sa séance au parlement ; qu'il remettrait tous les ans sa commission à l'assemblée géuérale et qu'elle luiserait rendue owretirée, suivant ce que l'assemblée , avec l'approbation du roi, jugerait Le plus convenable pourle bien de l'église !. Ces réglemens étaient bien opposés au génie du gouvernement épiscopal. Les ecclésiastiques ne prenaient point leur séanee au parlement en conséquence des droits de leurs
| offices, mais en vertu des pouvoirs qu'ils te-
naient de leur commission; ils étaient les représentans du clergé, mais ils n’en étaient point les supérieurs ; privés de l'autorité spirituelle, leur juridiction temporelle n'était mème que passagère. Cependant Jacques se flattait que ces ecclésiastiques viendraient bientôt à bout de rompre ces chaînes, et qu’ils recouvreraient par degrés tous les priviléges appartenant à l’ordre épiscopal. Ce qui faisait le fondement des espérances du roi était ainsi l’objet des craintes du clergé. Jacques. travaillait au rétablissement de l'ordre épiscopal, et le clergé y oppasait cette nomination précaire et subdéléguée, bien moins par rapport à la faible autorité que les évèques avaient alors, qu’en considération de celle qu'ils pourraient, à ce qu'on croyait, bientôt acquérir?.
Ces.contestations durèrent jusqu’à l'été, et le royaume jouissait alors d’une tranquillité qui ne lui était point ordinaire. Le clergé, après bien des efforts, était enfin soumis et considérablement déchu de son ancienne autorité. Les comtes papistes étaient rétablis dans leurs honneurs et dans leurs biens par un acte du parlement, & même avec le consentement de l'église. La paix était rétablie entre les familles des autres nobles, et tous reconnaissaient l'autorité du roi. Cepen-
| dant, au milieu de ce calme général, la vie du
roi fut exposée au plus grand des dangers par un complot inouï et presque inconcevable. Jean
1 Spotsw., 468, 454. Cald., vol. V,368. — 2/bid., ‘;i.
nés pa tion; « ont ét trans détest:
ait jam Le ë chasse jour 80 daim, vint lui la veille tier dét frère, à mine, ( trouvé :
naie d' rable; « de son rotté da qu'il ét:
chose re ment si cet hom tres com pays étr soulèver toriser le homme, les circon posa ..et | de raison
onduite à l'assemaettrait sans appel l'infamie et d'exau de remplir les ongrégations. par s'arroger aucune érieure à celle de lait contre lui une ait déchu de plein ent ; qu'il remetsion à l'assemblée rendue owretirée, vec l'approbation nable pour le bien aient bien opposés iscopal. Les ecclént leur séance au es droits de leurs pouvoirs qu'ils tes étaient les repréen étaient point iorité spirituelle, n'était même que es se flaitait que t bientôt à. bout de recouvreraient par partenant à l'ordre ndement des espéjet des craintes du | rétablissement de zé y opposait cette léguée, bien moins té que les évèques ation de celle qu'ils bientôt acquérir2.
jusqu’à l'été, et le tranquillité qui ne clergé, après bien is et considérable utorité. Les comtes leurs honneurs et > du parlement, € de l'église. La paix s des autres nobles, rité du roi. Cepengénéral, la vie du d des dangers par inconcevable. Jean
CV, 868. — /bid.,
ait jamais fait mention.
Le 5 août, le roi, qui: pendant la saison de la chasse habitait son palais de Falkland , étant un jour sorti de grand matin pour aller courre le daim, fut abordé par Alexandre Ruthven, qui vint lui dire. avec un grand air de mystère que, la veille au soir, il avait rencontré dans un sentier détourné, aux environs de la maison de son frère, à Perth, un:homme seul, de fort mauvaise
mine, et que, l'ayant fait fouiller, il lui avait
trouvé sous, son manteau un pot rempli de mon-
naie d'or étrangère pour une somme considérable; qu'il s'était aussitôt saisi de l'homme et de son trésor, qu'il le tenait renfermé et garrotté dans une maison écartée, et qu’il avait. cru qu'il était de son devoir de venir avant toute chose rendre compte à sa majesté de cet événement singulier. Jacques soupçonna aussitôt que cet homme inconnu était quelqu'un de ces prètres commerçans qui avait reçu de l'argent des pays étrangers pour exciter quelque nouveau soulèvement dans le royaume, et il résolut d’autoriser les magistrats de Perth à faire citer cet homme, et à procéder aux informations de toutes les circonstanses de ce fait, Mais Ruthven s’y opposa, et pressa fortement le roi Par une infinité
de raison: / ‘rarcher droit à Perth, et d'exami-
EIVRE VIIL. 291 Ruthven, comte de Gowry,.etson frère Alexandre, enfans du:comte: de Ruthven, décapité en 1584, étaientles auteurs de cette étrange:conspiration. Ces deux jeunes-signeurs, et particulièrement l'aîné, étaient doués des plus rares qualités. Une excellente éducation avait cultivé et perfectionné en eux ces:dons:de la nature, .et les avait rendus des personnages accomplis; Plus
de talens et de connaissances que:n’en avaient ordinairement leshommes de leur rang,un attachement pour la religion:bien rare dans le siècle où ils vivaient, de la générosité, de la bravoure, de l'affabilité, leur-avaient concilié l'affection de leurs concitoyens, qui, bien-loin:de lescroire:capables d'aucun crime atroce, avaient conçu:les plus grandes espérances de cet assemblage de vertus prématurées. Avec toutes ces: belles qualiés, ces jeunes seigneurs furent entratnés par des motifs inconnus dans.une conspiration; et si l'on doit. ajouter foi aux récits qui ont été faits de cet événement, il mérite d’être transmis à:Ja postérité comme:le complot le plus détestable et le plus mal concerté dont l'histoire
ner la chose par luitmême: Cependant en entra #n chasse, et Jacques, malgré la passion: qu'il avait pour cette sorte d'amusement, ne pouvait s'empêcher de réfléchir profondément surlasingularité de: cette histoireet.sur lesimportunités de Ruthven, A la fin ill’appela, et il lui premit d’aller à Perth aussitôt quella:ohasse serait finie. Cependant la chassese prolongeait,.et Ruthven, qui ne quittait pasle roi d'un moment, le pres- Sait.de la terminer. A la mort de la bête , il ne voulut pas donner:le tempsau roi d'attendre ses relais,.et, s'étant aperçu que le duc de Lennox:et le comte de Mar se préparaient à-suivre:le roi, il le pria-de leur ordonner de rester. Jacques le refusa, et l'air inquiet et ermpressé de Ruthven commençait à lui faire naître des soupçons; cependant la curiosité l'emporta, il céda à la fin aux importunités de Ruthven , et il prit le:chemin de Perth. Lorsqu'il fat à un mille-dè ln ville, Ruthven, qui avait déja envoyé deux exprès à son frère, prit lui-même les: devans pour lui donner avis de l'arrivée: du roi. À quelque distance de la: ville, le comte, accompagné de plusieurs habitans de Perth, vint au devant du roi, qui n'avait qu’une vingtaine de personnes à sa : suite, On n'avait fait aucun préparatif pour le diner dwroi. Le comte avait l'air tout pensif'et embarrassé , et il paraissait peu occupé de réparer par des civilités etdes:manières prévenantes la mauvaise chère qu'il faisait à sa majesté. Lorsque le repas du roi fut fini , On fit passer sa Suite dans une autre chambre où le dîner était servi; le roi étant alors presque seul, Ruthven lui dit à l'oreille qu'il était temps de venir dans la chambre où l'homme inconnu était gardé.
Jacques lui ordonne:de faire venir avec eux le chevalier Thomas Erskine ; maisRuthven défendit au contraire à Erskine de les suivre. Il fit monter le roi par un escalier, le fit passer par plusieurs chambres dont il fermait aussitôt les portes, et le fit à la fin entrer dans un petit cabinet où était un homme armé de toutes pièces, l'épée et le poignard au côté. Le roi, qui s’attendait à trouver un homme désarmé et garrotté, frémit à cet aspect, et demanda si c'était la l'homme en question. Ruthven, au lieu de répondre, saisit le poignard de l'homme armé, et, le tenant sur Ja poitrine du roi : «Rappelez-vous,
«lui dit-il, tout ce que mon père a souffert in: ® «justement par votre.ordre ; vous êtes mon pri-
«sonnier : rendez-vous à moi sans résistance et «sans bruit, ou ce poignard va à l'instant venger «le sang innocent.» Jacques eut recours aux reproches, aux prières, aux caresses, et cependant l'homme armé, tremblant, pâle et défait, n'avait pas le courage de secourir le roi, ni de seconder son agresseur. Ruthven protesta que si le roi ne faisait aucun bruit sa vie était en sûreté, et, sans qu'on puisse en concevoir la raison, il se retira pour aller appeler son frère, laissant à l’homme armé le soin de garder le roi, qui promit avec serment de ne faire aucun bruit pendant son absence.
Pendant que le roi était dans cette situation dangereuse, ceux qui l'avaient accompagné étaient dans la plus grande inquiétude de savoir ce qu’il était devenu. Un des domestiques de Gowry entra avec précipitation dans la chambre où ils étaient, et leur dit que le roi venait de monter à cheval, et qu’il avait pris le chemin de Falkland. Ils courent tous aussitôt dans la rue; le comte de Ruthven demande qu'on lui amène promptement ses chevaux. Cependant son frère était allé retrouver le roi, et, jurant qu'il n'y avait plus de ressource, il lui annonce la mort, et se prépare à lui lier les mains. Le roi, quoique sans défense, ne put soutenir cette indignité. Il se collette avec l'assassin, et il se fit alors entre eux un furieux combat. Le roi, qui pendant l’absence de Ruthven avait engagé cet homme qui le gardait à ouvrir une fenêtre, y traine l’assassin, et se met à crier avec une voix terrible : «Trahison! trahison! au secours! on m'assas- «sine !» Ses gens entendirent et reconnurent sa voix; ils virent à la fenêtre une main qui tenait le roi à la gorge, et qui la lui serrait avec violence. Ils volent à son secours. Lennox, Mar et plusieurs autres courent au grand escalier et
trouvent toutes les portes fermées ; ils les battent |
avec furie et essaient de les enfoncer. Cependant le chevalier Jean Ramsey gagne un escalier dérobé qui le conduit à la chambre où était le roi, et dont la porte se trouva ouverte. Il se jette sur Ruthven, qui se colletait toujours avec le roi, donne deux coups de poignard à l'assassin, et le pousse vers l'escalier, où il fut rencontré et tué par les chevaliers Thomas Erskine et Hugues Herreis. Ruthven, en rendant le dernier soupir, s'écria : «Hélas! je ne suis point à blâmer pour «cette action! » Cependant cet homme armé,
qu’on avait caché dans le cabinet, s'était évadé sans qu'on s’en fût aperçu. Un valet de pied, nommé Wilson, entra avec Ramsey, Erskine et Herreis dans la chambre où était le roi. Avant qu'ils eussent eu le temps d’en fermer la porte, Gowry s’y jeta, une épée dans chaque main, et suivi de ses gens bien armés, menaçant à haute voix de tuer à l'instant tous ceux qui feraient résistance. Ramsey et ses associés poussent le roi dans le petit cabinet, ferment la porte sur lui, et, malgré l'inégalité du nombre, ils s'avancent hardiment vers le comte. Ramsey lui porte un coup qui lui perce le cœur. Gowry tombe sans proférer un seul mot, et ses gens, après avoir reçu quelques blessures, prennent la fuite. Trois de ceux qui défendaient le roi furent aussi blessés dans ce combat. Cependant on entendit un bruit terrible à la porte opposée, qu’une troupe de gens essayait inutilement de forcer. Le roi étant assuré que ces gens étaient Lennox, Mar et ses autres amis, on leur ouvrit la porte en dedans. Ils coururent se jeter aux pieds du roi avec des transports de joie, et le félicitant de s'être tiré, contre toute espérance, d’un aussi grand péril. Le roi se mit à genou avec toute sa suite, et rendit à Dieu de solennelles actions de grâces de cette délivrance mIraculeuse. Cependant le danger n'était pas entièrement cessé. Gowry était prévôt de la ville, et fort chéri des habitans. Lorsqu'ils furent instruits du malheureux sort des deux frères, ils coururent aux armes, entourèrent la maison, se répandirent en invectives contre le roi, et mena cèrent dans les termes les plus insolens de venger leur mort. Jacques se mit à la fenêtre, park au peuple, et essaya d’apaiser la fureur de cette multitude. Il fit entrer les magistrats, il leur exposa toutes les circonstances du fait; leur fureur se calma peu à peu, et la populace se disperss. On fouilla dans les poches du comte de Ruthven pour y chercher quelques indices de sa conspiration et les noms de ses complices. On n’y trouva qu'un petit sac rempli de caractères magiques et de termes de sorcellerie; et, si l'on peut ajouter foi à la relation de ce complot que le roi fit publier, «lorsqu'on approchait ces ca- «ractères et termes de magie du corps du comte, «la blessure dont il mourut ne jetait point de «sang ; et lorsqu'on les éloignait, le sang cou: «lait avec abondance. » Le roi, après avoir couru
poussi mort « que le fans p« posé e jugem ordre?
malheu répand ché des reconn:
Trois d de ceux roi, fur aucune gagé le cette vi des gr:
plus exa été cach de lui bi intendar qu'on lu lui-mèm il ne par!
des dessi été placé mais il a raison il ment tra obscurité deux frè ni compli énorme c Cette « trouva né nées par t
net, s'était évadé n valet de pied, msey, Erskine et tait le roi. Avant | fermer la porte, s chaque main, nés, menaçant à tous ceux qui feassociés poussent ment la porte sur | nombre, ils s'amte. Ramsey lui le cœur. Gowry mot, et ses gens, ures, prennent la aient le roi furent ependant on enporte opposée, it inutilement de > ces gens étaient is, on leur ouvrit rent se jeter aux {s de joie, et le fétoute espérance, i se mit à genou à Dieu de solente délivrance mier n’était pas enrévôt de la ville, qu'ils furent inss deux frères, ils rent la maison, st ‘e le roi, et mena insolens de venà la fenètre, park la fureur de cette istrats, il leur ex- 1 fait; leur fureur ulace se dispersa.
| comte de Ruthes indices de sa es complices. On npli de caractères ellerie; et, si l'on le ce complot que pprochait ces cau corps du comte, 1e jetait point de ait, le sang cou:
après avoir COUru
les plus grands hasards dans ce jour malheureux, retourna le soir à Falkland, laissant les corps des deux frères À la garde des magistrats de Perth.
La relation que le roi fit faire de cette conspiration formée contre sa vie renferme toutes
les autres circonstances de cette histoire. On découvrit que les deux frères n'avaient pas tramé seuls toute la conspiration, et qu'ils avaient quelques complices. Un notaire, nommé Sprot , ayant dit avec un air de mystère, à plu-
les circonstances du fait dans le plus grand détail. Cependant il est certain qu'on n'a aucune connaissance, ni des motifs qui engagèrent ces deux frères à former une entreprise aussi détestable, ni du but qu'ils s'étaient proposé, ni des complices sur le secours desquels ils avaient pu compter. Les peroles de Ruthven au roi donnent lieu de croire que le comte ne fut poussé à ce crime que par le désir de venger la mort de son pére. Mais le roi était enfant lorsque le comte de Ruthven fut décapité; ses en-
fans pouvaient-ils imputer à un roi mineur €Xposé et soumis à la violence des factions, un jugement qui n'avait point été rendu par son ordre? Jacques avait même tâché de réparer les malheurs du père par les bienfaits qu'il avait répandus sur les enfans : Gowry lui-même , touché des bontés du roi, avait souvent exprimé sa reconnaissance dans les termes les plus forts. Trois des gens du comte, convaincus d’avoir été de ceux qui avaient chargé les domestiques du roi, furent exécutés à Perth, mais on n’en tira aucune lumière sur les motifs qui avaient engagé leur maître à une âction aussi opposée à cette vive reconnaissance qu’il avait marquée des grâces du roi. On fit les recherches les plus exactes pour découvrir cet homme qui avait été caché dans le cabinet, et on espérait tirer de lui bien des connaissances. André Henderson, intendant du comte, avoua, sur la promesse qu’on lui fit de lui accorder sa grâce, qu'il était lui-même cet homme armé de pied en cap, mais il ne parut d'ailleurs en aucune manière instruit des desseins de son maître. Il convint qu'il avait été placé dans ce cabinet par ordre de Gowry; mais il ajouta qu’il n'avait jamais su pour quelle raison il avait été établi dans ce poste. Cet événement tragique et bizarre resta ainsi dans une obscurité impénétrable; et on jugea que les deux frères avaient tramé seuls, sans confidens ni complices et avec un secret inconcevable, cet énorme complot, Cette opinion , quoique vraisemblable, se trouva néanmoins détruite au bout de neuf années par un événement aussi extraordinaire que
sieurs personnes, qu'il avait connaissance de quelques secrets relatifs à la conspiration de Gowry, le conseil-privé crut que la chose méri tait attention et fit arrêter le notaire. Suivan | ses dépositions , en partie volontaires et en par | tie arrachées par les tourmens : « Logan de Res- «talrig, homme très avantagé des biens de la «fortune et de mœurs très débordées, était ins- «truit des desseins de Gowry et complice de son «crime ; Ruthven avait des entrevues fréquentes cavec Logan pour concerter le plan de leurs «Opérations; le comte de Gowry était aussi pour «le même objet en correspondance avec cet «homme, et on avait mis dans le secret un «nommé Bour, ami de Logan, et qui était «chargé de porter les lettres. » Logan et Bour étaient morts, mais Sprot avait affirmé qu'il avait lu des lettres de Gowry et de Logan écrites à ce sujet; et pour confirmer cette déposition, . on produisit quelques lettres de Logan, que Sprot, par une curiosité qui lui fut fatale, avait soustraites des papiers de Bour!. Ces lettres furent comparées par le conseil privé avec d'autres papiers écrits de la main de Logan, et la ressemblance des caractères était visible. Des personnes, autorisées pour ces sortes de comparaisons, les examinèrent et affirmèrent par ser-
1 Il y avait cinq lettres de Logan, l’une à Hour, l’autre à Gowry et les trois autres sans adresse. Sprot ne put pas dire les noms de celui à qui elles étaient écrites: Lo- &an le qualifie de right-honourable , très honorable : on voit par-là, et par d’autres choses contenues dans ces lettres (Crom. 95.), qu'il y avait plusieurs personnes au fait de la conspiration. La date de la première lettre est du 18 juillet. Ruthven n’avait communiqué l'affaire à Logan que cinq jours avant l'exécution. (/bid.) 1 paraît par l’original de la sommation de forfaiture signifiée aux héritiers de Logan, que Bour, qui recevait des lettres lui adressées, relatives à la conspiration, et également dangereuses et importantes, était néanmoins si ignorant qu'il ne savait pas lire : « Jacobus Bour, lilterarum pror. «sûs ignarus, dicti Georgii opera in legendis omnibus «scriptis ad eum missis, vel pertinentibus, utebatur. » Jacques Bour, ignorant et non lettré, se servait dudit George pour lire toutes les lettres qu'on lui adressait ou qu’on lui écrivait. Cette circonstance est tout-à-fait extraordinaire, et on ne peut attribuer qu’au caractère capricieux de Logan cette bizarrerie d’avoir choisi un tel confident
ment leur authenticité. La mort même n'exempta pas Logan des poursuites; on déterra ses os, on les jugea pour crime de haute trahison, et par une sentence également odieuse et illégitime !, ses terres furent confisquées et sa postérité déclarée infâme. Sprot fut condamné à être pendu pour n'avoir pasrévélé la trahison dont il avait eu connaissance. H soutint jusqu'à la mort ce qu'il avait avancé, et comme il avait promis, étant sur l'échafaud, qu'il donnerait aux spectateurs un signe en confirmation de ce qu'il avait déposé, il frappa trois fois des
1 Par les lois romaines, les personnes coupables du crime de haute trahison pouvaient être jugées même après leur mort. Cet usage fut d’abord adopté’ par les Écossais, et sansaucunerestriction.{Par£.,1540, c. LXIX.) Mais on aperçut bientôt le danger et les inconvéniens de cet usage illimité; et pour y remédier, on y mit les restrictions convenables par'un acte: de l’année 1542, qui n’a jamais été imprimé, et qui est.couçu en.0es termes. :«Et «attendu que lesdits lords (des articles) pensent que ledit «acte (de 1540) est trop général et préjudiciable aux «barons du royaume, partant ont statué et ordonné que «ledit acte n'aura pas lieu à l'avenir, si ce n’est contre «les hériliers:de ceux qui auraient commis, ou commet- «traient dans la suite, notoirement le crime de lèse- «majesté contre la personne du roi, ou contre le royaume, «pour le faire passer en d'autres mains; etcontre ceux à «qui il serait arrivé de trahir et livrer l’armée du roi, et «qui en auraient été manifestement convaincus dans le «temps; que les héritiers de ces personnes pourront être «cités et jugés dans les cinq années après le décès des- «dites personnes coupables desdits crimes, et qué, ledit «temps passé, lesdits héritiers ne pourront plus être «poursuivis pour les mêmes crimes. » La sentence rendue contre Logan contrevenait en deux points à ce statut. Logan n'avait point été manifestement convaincu, pendant sa vie, d'avoir été complice du crime pour lequel il fut jugé, et ses héritiers furent recherchés plus de cinq ans après sa mort : il est à remarquer qu’un ne fit, selon toutes les apparences, aucune attention à ce statut, dans le parlement qui prononca la sentence de proscription contre Logan. Une autre circonstance singulière, et qui mérite attention, c'est qu'en justice il est de règle qu'on ne peut pas juger une personne absente; et comme les légistes sont toujours strictement attachés à leurs formes, et souvent ridicules dans les moyens qu'ils emploieut pour Îles conserver, ils ont imaginé que dans tout procès contre une personne morte, son corps ou ses os seraient présentés à la barre de la cour, On en trouve plusieurs exemples dans l’histoire d'Écosse. Après la bataille de Corrichie, le corps du comte de Huntly fut présenté en parlement, avant que de prononcer contre lui la sentence de proscription. Ce fut par la. même raison que les corps de Gowry et de son frère furent gardés pour étre présentés au parlement. Les os de Logan furent déterrés en conséquence de cette même règle(Mackenz, Cim. Law, book, 1, tit. vi, 6 22.)
: HISTOIRE PÉCOSSE. L1600)
mains, après avoir été jeté de l'échelle par l'exé cuteur !.
Cependant, après être ainsi parvenu, contre toute espérance, à constater que Gowry n'avait pas agi'seul et sans associés, il restait à deviner quel pouvait être son but, quels étaient les motifs d’une conduite aussi extraordinaire; et les découvertes qu’on avait faites donnaient peu de lumières sur ces deux points. I paraît presque incroyable que deux jeunes gens d'un mérite aussi distingué se déterminent en un instant à renoncer à tous leurs devoirs et à se précipiter dans un crime aussi atroce que celui d’attenter à la vie de leur souverain. 41 paraît envore
1:11 parait que l'archevêque Spotswood était présent à Yexécution de Sprot.(Crom., 115),. et qu'il faisait peu de cas des dépositions de ce notaire. La manière dont l’archevêque en parle est remarquable : « Je ne sais si je dois «m’arréter au récit.du procès et de l'exécution de George «Sprot, qui fut\exécuté à Édimbourg. Ses dépositions, «quoique faites volontairement et constamment, n’a-
(aient aucune sorte de vraisemblance. 11 déposa que, etc,
«Ces choses portent !e caractère de la fiction, et ne pacraissent'être que les productions du cervau creux de cet «homme. H ne montra point la prétendue lettre de «Gowry à Logan, et tout homme sage ne pensera jamais «que Gowry, qui avait conduit sa trahison avec tant dé «secret, eût voulu communiquer son entreprise à un «homme aussi connu et aussi décriéque Logan» (p.508, Cependant Spotswood ne pouvait pas ignorer la solenuité avec laquelle Logan avait été jugé, et les preuves qu’on avait eues de l'authenticité des lettres. L’'archevêque était vraisemblablement Ini-même présent au parlement qui rendit le jugemen. Le comte de Dumbar, dont Spotswoud parle toujours avec le plus.-grand respect, présidait au procès de Logan. On est étonné, par ces considérations, de voir l'archevêque Spotswood nier affirmativement l'évidence des témoignages rendus par Sprot. Le chevalier Thomas Hamilton, alors avocat du roi, et ensuite comte d’Hadington, représente les preuves produites au jugement de Logan, comme amenées au dernier degré de conviction, On a encore la lettre en original qu'il écrivit au roi le 21 juin 1609, {In Bibl. Facul. Jurid.) Après avoir donné tout le détail de la procédure de ce jugement, il continue ainsi :
«Lorsque les charges furent présentées aux lords des «articles, et soumises à leur examen, ils décidèrent una- «nimement et tout d'une voix que lesdites charges «étaient clairement prouvées; ils parurent même se dis- «puter à qui marquerait avec plus de zèle la satisfaction «qu’ils en ressentaient. lis en parlaient dans les termes cles plus remplis d'affection; ils versaient des larmes de «joie. Plusieurs même des. plus distingués avouérent «qu’en entrant dans la chambre ils étaient en doute su «plusieurs points; mais que les choses étaient devenues «si claires, qu’ils pensaient qu’on devait regarder comme «traître quiconque persisterait à refuser de se rendre à «l'évidence de cette trahison. »
moin:
entre voyar leur ] conve avaier coup, peu « sassin sans :
connai action venét:
pourq:
mis la si ouve raisons impruc aussi ti Pourqu mains ; tuer à | dence mains avantaf roi? Qu ils jp Une ve famie p que les forfait.
D'un quler de ces « couru |
10na Gowry a comme fil de Margu avec le co noces, (BL est sans { Methven 1 et qui moi n’était poi nette Stua Jean, cor cendait ef le roi av Arabelle S un titre à de Gowry
L1600) ichelle par l'exé
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moins vraisemblable qu'ils eussent concerté leur entreprise avec aussi peu de prudence et de prévoyance. S'ils voulaient que le fait restât caché, leur propre maison était le théâtre le moins convenable pour cette horrible tragédie. S'ils avaient imaginé que Henderson frapperait le Coup, pourquoi choisir un tel homme, et aussi peu courageux, pour lui faire jouer le rôle d’assassin? Pouvaient-ils penser que cet homme, sans aucun intérêt, sans avoir même aucune Connaissance de leur dessein, se porterait à une
action aussi désespérée? Si le projet de Ruth-*
ven était de poignarder le roi de sa propre main, pourquoi retirer le poignard après lui en avoir mis la pointe sur la gorge? Après avoir déclaré si ouvertement au roi ses intentions, quelles raisons pouvait-il avoir pour le quitter? Quelle imprudence de le laisser à la garde d’un associé aussi timide et aussi peu sûr que Henderson?
Pourquoi perdre tant de temps à vouloir lier les mains à un homme désarmé, et qu'il pouvait tuer à l'instant avec son épée? Quand la Providence aurait permis qu'ils trempassent leurs mains dans le sang de leur souverain, quel avantage pouvaient-ils retirer de la mort du roi? Quels titres, quelles prétentions pouvaientils opposer aux droits des enfans de Jacques ! ? Une vengeance prompte et inévitable, une infamie perpétuelle, étaient donc les seuls fruits que les deux frères pouvaient retirer de leur forfait.
D'un autre côté, il est impossible de penser que le roi eût formé aucun dessein contre la vie de ces deux frères; ils n'avaient jusqu'alors encouru l'indignation du roi par aucun crime, et
1 On a assuré qu'après la mort du roi, le comte de Gowry aurait pu prétendre à la Couronne d'Angleterre comme fils de Dorothée Stuart, fille de lord Methven et de Marguerite d'Angleterre, laquelle, après son divorce avec le comte d’Angus, épousa ce seigneur en troisièmes noces, (Burnet, Hist. de son temps.) Mais ceite anecdote est sans fondement. On sait avec certitude que le lord Methven n'eut de {a reine Marguerite qu'un seu] enfant, et qui mourut en bas âge : et que lady Dorothée Ruthven n’était point fille de la reine Marguerite, mais de Jeannette Stuart, seconde femme de lord Methven et fille de Jean, comte d’Athol. (Crawf. Peer., 329.) Gowry des: cendait effectivement du sang royal d'Angleterre, mais le roi avait alors un fils et une fille : de plus, lady Arabelle Stuart, fille de Charles, comte de Lennox, avait
un titre à la couronne d’Angleterre préférable à celui de Gowry.
ils n'étaient en aucune manière les objets de sa haine’et ‘de sa jalomsiet. Le roi, d’ailleurs, n'aimait point à répandre le sang. On sait qaït n'était point assez brave ni assez déterminé pour aller seul, avec une suite peu nombreuse et: désarmée, attaquer des gens dans leur propre maison, et entreprendre de les tuer au mnitiea de tous leurs domestiques, dans une ville où tous les habitans, dévoués à leur famille ; pouvaient en un moment se rassembler, pendant qu'il était lui-même si éloigné de tout secours, Enfin le roiauraitl choisi pour ses associés dans ce. coup de maïn le comte de Mar et le duc de Lennox, le premier, lié de l'amitié la plus étroite, et le second , marié avec une de leurs sœurs? Dans cette diversité d'opinions si opposées les unes aux autres, soit qu'on veuille charger Gowry du projet de l'assassinat, soit qu'onattribue au roi le dessein de se défaire de Gowry, on ne trouve qu'obscurités, que mystère ; que contradictions; on rencontre à chaque pas des dif-
1 Le'chevalier Henri Néville , dans une lettre au chevalier de Ralph Winwood, attribue la mort des deux frères à une cause dont il n’est fait mention dans aucun de nos historiens. «Nous apprenons d'Écosse que le roi et sa «femme ne vivent point ensemble, ‘et qu'il y a méme «entre eux une mésintelligence déclarée : et plusieurs «croient que la découverte ‘de quelque galanterie entre «la reine et le frère du comte de Gowry (supplicié avec «ui), est la véritable cause et le motif réel de cette «scène tragique. » (Winw. Mém., vol. 1, 274.)
On trouve dans une lettre de Nicholson les passages suivans : « Nous laissons au lecteur à juger si on peut les regarder comme une confirmation de ce soupçon. » Dans une lettre du 22 septembre 1602, il parle du retour des deux jeunes frères Gowry en Écosse, et il ajoute : «L’arcrivée de ces deux jeunes gens, les intelligences que la «reine d'Écosse entretient avec eux, l'envoi de mademoi. «selle Béatrix leur sœur, munie des instructions que lé «chevalier Thomas Erskine à données, ont fait soupçon- «ner fortement au roi d'Écosse, que ces deux frères ne «sont venus que pour quelque complot dangereux. » Dans une autre lettre du premier janvier 1603 : «Le «même jour que je vous ai écrit ma dernière lettre, «mademoiselle Béatrix a été conduite sur le soir à la «cour par lady Passy et mademoiselle d’Angus, comme «étant une de leurs demoiselles, et elle a été conduite «dans une chambre qui avait été préparée pour elle par «ordre de la reine, et en cet endroit la reine a été long: (temps en conférence avec elle. Le roi en a-eu:connais: «sance; ilen marqua son mécontentement à la reiné ; lui «faisant sur cela des reproches honnètes, et examinant «tranquillement les domestiques de la reine sur le même «sujet, et sur d’autres matières y appartenantes, avec «tout le secret et la discrétion requise en de pareilles
affaires. »
ficultés insurmontables, Peut-être qu'en creusant plus avant on trouverait la source de toute cette conspiration, et que ce complot paraîtrait moins criminel en l'attribuant à des causes plus éloignées.
Un des principaux objets de la politique d'Élisabeth était de tenir le roi d'Écosse dans une continuelle dépendance. Pour y réussir, elle cherchait quelquefois à le flatter, d'autres fois elle s'attachait à gagner et à corrompre les ministres et les favoris de Jacques ; et lorsque ces moyens ne lui avaient point réussi, elle encourageait le clergé à décrier parmi le peuple les opérations du gouvernement d'Écosse, qu’elle jugeait contraires à ses vues, ou bien elle soulevait quelque faction de nobles , pour s'y opposer et en empêcher l'effet. Ces nobles, peu au fait des brigues et des intrigues de cour, ignorant l'art de perdre des ministres par des voies indirectes et par des cabales, avaient recours à cette coutume féroce de se rendre maîtres de la personne du roi, pour acquérir par ce moyen la principale direction de ses conseils. Dans le complot, connu sous le nom de raid of Ruthven , les nobles qui se saisirent de la personne du roi étaient animés et soutenus par Élisabeth.
Elle protégea Bothwell dans toutes ses entreprises, et elle lui donna retraite dans ses domaines. Les liaisons que Jacques venait de former avec les princes catholiques romains, ses négociations secrètes avec les catholiques en Angleterre, les maximes qu’il avait adoptées pour le gouvernement de son royaume, étaient autant de motifs de crainte et de jalousie pour Élisabeth. Elle croyait voir approcher le moment de quelque grande révolution en Écosse, et il était de son intérêt de la prévenir. Le comte de Gowry était un des plus puissans seigneurs de l'Écosse, et il descendait d’ancètres fortement attachés aux intérêts de l'Angleterre. Le comte avait adopté le système anglais, et il pensait que le bonheur de sa patrie était attaché uniquement au maintien de l’alliance entre les deux royaumes.
Gowry , pendant son séjour à Paris, avait lié une amitié fort étroite avec le chevalier Henri Neville, alors ambassadeur d'Angleterre à la cour de France. Ce ministre l'avait recommandé
à la reine sa maîtresse, comme un homme dont
elle pouvait tirer de très bons services !. Lorsque Gowry passa en Angleterre, Élisabeth le reçut avec distinction, et avec les plus grandes marques de bienveillance. Toutes ces circonstances réunies ont fait soupçonner que le plan de la conspiration de Gowry avait alors été concerté avec la reine d'Angleterre. Cette opinion prévalut dans le temps, et il paraît qu'elle n'était pas tout-à-fait sans fondement, On avait aperçu un vaisseau anglais qui avait louvoyé pendant quelque temps à l'entrée du golfe de Forth. Les deux jeunes frères du comte de Ruthven se réfugitrent en Angleterre après le mauvais succès de la conspiration du comte, et Élisabeth leur accorda sa protection. Jacques prit beaucoup d'ombrage de la conduite d'Élisabeth, mais il eut soin de le cacher avec prudence. Au reste, les intrigues d'Élisabeth n'eurent jamais pour but d’attenter à la vie du roi, mais seulement de mettre des entraves à son autorité, et de renverser ses projets. Elle regardait la vie de Jacques comme une espèce de sauvegarde. Elle croyait que la sûreté de sa propre vie y était attachée : que les droits du roi d'Écosse arrêtaient les prétendans papistes à la couronne et leurs adhérens , et les empêchaient de se por: ter à des coups de désespoir , où l’impatience et le zèle de leur religion auraient pu les précipiter, Elle aurait fait une action de la dernière imprudence si elle avait encouragé Gowry à assassiner son souverain; et il ne paraît pas non plus que les deux frères en aient jamais eu le dessein. Ruthven commença par essayer d'attirer le roi seul à Perth et sans aucune suite. Lorsqu'on vit que le roi était plus accompagné qu’on ne l'avait cru, le comte usa d’un stratagème pour écarter ceux qui avaient suivi sa majesté, en leur disant que le roi avait pris le chemin de Falkland, et en demandant avec empressement leurs chevaux pour qu'ils pussent le suivre. Lorsqu'ils renfermèrent ensuite le roi dans un endroit écarté de la maison , lorsqu'ils entreprirent de lui lier les mains, il paraît que leur but n'était point d’assassiner le roi, mais seulement de se saisir de sa personne. Il est vrai que Gowry n'avait point rassemblé ses vassaux , et qu’il ne pouvait pas espérer de garder long-temps, à force ouverte, le roi prisonnier dans cette partie
1 Winw., 1, 166.
du ro; un va pour Castle même ses ob conjur même violen( penser à sas cette id mérite donc p nité de:
cette o:
la crédi qu'ils r événem véritabl.
ce fait s surdité ( ont infir tances di douter d Onre la nouve conseil p d’assemb des cire contre la des actior visibleme majesté, | piration q été écrit ; fait étaien les avaien comme les exagérés, nistres se doute. Ils des action vrance du aucun déta par le récit douteuses ( Quelques bourg, Gal roi, harang
ervices !. Lorsrre, Élisabeth les plus gran- Toutes ces cirpçonner que le vry avait alors gleterre. Cette s, et il parait ans fondement, glais qui avait s à l'entrée du frères du comte ngleterre après tion du comte, ection. Jacques conduite d'Éliicher avec pru- Élisabeth n'euà la vie du roi, itraves à Son au- , Elle regardait spèce de sauveé de sa propre s du roi d'Écosse es à la couronne aient de se por:
l'impatience et u les précipiter, dernière impruwry à assassiner s non plus que eu le dessein.
d'attirer le roi e. Lorsqu'on vit 1é qu'on ne l'atratagème pour sa majesté, en is le chemin de : empressement Je suivre. Lorsdans un endroit entreprirent de leur but n'était seulement de se rai que Gowry aux, et qu’il ne long-temps, à lans cette partie
les avaient dictées se faisaient sentir fortement ; comme les détails de ce complot étaient confus, exagérés , et remplis de contradictions, les ministres se crurent autorisés à les révoquer en doute. Ils offrirent de rendre au Tout-Puissant des actions de grâces solennelles pour la délivrance du roi, mais ils refusèrent d'entrer dans aucun détail , et de profaner la chaire de vérité par le récit des particularités, qui Paraissaient si douteuses et si incertaines.
Quelques jours après, le roi revint à Édimbourg, Galloway, ministre de la chapelle du roi, harangua le peuple à la croix publique, et
du royaume ; mais on aurait pu l’embarquer sur un vaisseau anglais, qui était peut-être posté pour l'attendre, et qui l'aurait conduit à Fast- Castle, maison appartenant à Logan. On trouve même dans les lettres de Logan quelques phrases obscures qui donnent lieu de croire que les conjurés avaient pris des rendez-vous dans ce même endroit. Le roi, surpris et effrayé de la violence qu'on lui faisait , devait naturellement penser qu'on en voulait à sa vie, Ceux qui étaient
à sa suite avaient intérêt à l'entretenir dans cette idée, et à exalter le danger pour relever le* mérite et l'importance de leurs services. On peut donc penser que les craintes du roi, que la vanité de ceux qui se trouvaient auprès de lui dans cette occasion, que le penchant des hommes à la crédulité, leur goût pour le merveilleux lorsqu'ils recherchent les causes de quelque grand événement , de quelque scène tragique, sont les véritables raisons qui ont relevé l'importance de ce fait singulier, De plus l'extravagance et l'absurdité des faits dont on a voulu orner ce récit, ont infiniment décrédité les véritabks circonstances du complot, et ils Pourraient même faire douter de la réalité de toute cette conspiration, On reçut le lendemain matin à Édimbourg
la nouvelle de ce qui s'était passé à Perth, Le conseil privé ordonna aux ministres de la ville d'assembler à l'instant le peuple, de l'instruire des circonstances de la conspiration formée contre la vie du roi, et de rendre publiquement des actions de grâces à Dieu , qui avait veillé si visiblement à la conservation des jours de sa majesté. Mais comme le premier récit de la conspiration qui était parvenu à Édimbourg, avait été écrit à la hâte ; comme les circonstances du fait étaient peu connues, et que les passions qui
entra dans le détail de toutes 1es circonstances de la conspiration, Jacques, présent à cette prédication, affirma tout ce que le ministre venait d'avancer, Le roi ordonna que le rècit de tout cet événement fût rendu public. Cependant les ministres d'Édimbourg, et plusieurs de leurs frères, persistèrent dans leur incrédulité, et ne furent jamais convaincus de la vérité de ces faits. Ils avaient une haute estime pour Gowry; ils désapprouvaient la conduite du roi dans tous les points; quelques circonstances du récit de la conspiration étaient manifestement fausses, et la plupart n'étaient appuyées sur aucunes preuves. Ces raisons portaient les ministres à douter de la vérité de tout ce complot, et donnaient même à leurs soupçons un air de vraisemblance, Mais à la fin, le roi, soit par menaces, soit par la force de ses raisonnemens, vint à bout de les amener tous à avouer qu'ils étaient convaincus de la vérité de Ja conspiration. Robert Bruce fut le seul qui tint ferme et qu'on ne put jamais convaincre. Il déclara qu'il recevait avec respect le récit que le roi faisait de cet événement, mais qu'il ne pourrait jamais se déterminer à dire qu'il fût persuadé de Ja vérité de cette conspiration. Les scrupules et l'entêtement d’un seul homme n'auraient pas mérité beaucoup d'attention. Cependant , comme ce même esprit d'incrédulité commençait à gagner parmi le peuple, l'exemple d'un homme si renommé pour son savoir et Pour sa probité, pouvait avoir des conséquences dangereuse : le roi fit tous ses efforts pour gagner Bruce et pour le convaincre, et lorsqu'il vit qu'il n’y avait plus d'espérance de vaincre l'incrédulité de ce ministre et d'écarter ses doutes, il le priva de son bénéfice ; ensuite , après avoir encore temporisé et fait quelques démarches Pour en venir à une réconciliation , il le bannit hors du royaumet,
Le parlement ne fut point retenu par de pareils scrupules. Les corps morts des deux frères furent présentés conformément à la loi; on procéda contre eux Pour crime de haute trahison, on fit l'accusation en forme, les témoins furent entendus, et ils furent condamnés tout d'une voix à perdre leurs honneurs et leurs biens. On fit subir à ces Corps sans vie le supplice destiné aux traîtres, et comme si cette punition, jusqu’alors usitée, n'avait Pas encore été suffisante
! Spotsw., 461, etc. Cald, V, 389, etc,
pour marquer toute l'horreur qu'on avait de
La conspiration de Gow: y, qui avait causé de
leurs crimes, le parlement ordonna que le sur- | si vives alarmes, n'eut pas des suites fort consinom de Ruthven serait aboli; en outre, pour | dérables. Le complot ayant été formé entre les
perpétuer la mémoire de la délivrance miracu-
deux frères, sans aucun associé, ou bien avec
leuse du roi, et faire connaître aux siècles futurs | des gens inconnus et choisis exprès pour être
à quel point la nation avait été, dans cette occa- |
sion, touchée des bienfaits de la divine Providence , il fut dit que le 5 août serait tous les ans un jour d'actions de grâces solennelles !.
1 Quelques semaines après la mort des deux frères, le roi publia un discours sur leur conspiration indigne et dénaturée contre sa vie. En l'année 1713, George , comte de Cromertie, donna au public un « récit histo- «rique de la conspiration formée contre le roi « Jacques V1 , par le comte de Gowrr et Robert: « Logan de Restalrig. » W paraît que le comte de Cromertie ne s'est point attaché à la relation que le roi luimême avait donnée de cet événement, et qu'il a pris toute la partie historique dans Spotswood et d’autres auteurs, Mais il a tiré des registres publics les dépositions des témoins entendus dans le conseil du roi contre les deux frères et Logan leur associé. Ge n’est que dans ces deux ouvrages qu'on peut puiser la connaissance des principales circonstances de cette conspiration. Quant aux preuves qu’ils contiennent, il nous resterait à désirer qu'elles fussent plus authentiques et plus décisives, Le récit d'un fait encore tont récent, publié par l'autorité du roi, les dépositions en original des personnes examinées par le premier tribunal de la nation, devraient porter un caractère d'évidence qui peut rarement se r'encontrer dans des relations historiques, devraient ne laisser aucun doute, aucune incertitude. Cependant tous les faits relatifs à cet événement sont obscurs et problématiques. Le roi se contredit dans ses récits, les témoins varient danse leurs dépositions; et ils se trouvent Sur plusieurs points tellement opposés les uns aux autres, qu'ils laissent toujours un vaste champ à la diseussion et au scepticisme historique. La déposition de Henderson est une des plus complètes et des plus importantes, et elle se trouve néanmoins dans plusieurs circonstances en contradiction avec la relation du roi. 1° Suivant la relation du roi, pendant que Ruthven tenait le poignard sur sa poitrine, l'homme qui s'était trouvé dans le cabinet resta interdit et tremblant. ( Disc. , 17.) Henderson, qui était ce même homme, dit dans sa déposition, qu'il arra-
cha le poignard des mains de Ruthven. (Disc. , 53. Crom., 50.) Henderson se vantait aussi à-sa femme, que ce jour-là il avait empêché deux fois le roi d’être poignardé. ( Disc., 54. Crom. 53. ) 2° Le roi assure qu'Henderson ouvrit la fenêtre pendant l'absence de Ruthven
(Disc., 51.) Henderson dépose qu'il ne se mit en ei
de l'ouvrir qu'après que Ruthven fut revenu, et œu'il
l’ouvrit pendant que le roi se débattait avec Ruiut
(Disc., 53. Crom., 51,52.) 3° Si nous en croyons ie roi
l’homme qui était dans le cabinet se tint toujours immo-
bile et tremblant derrière le roi, pendant tout le débat.
(Disc., 27.) Mais Henderson assure qu’il arracha à Ruth-
ven une jarretière avec laquelle il voulait lier les mains
du roi, qu'il détourna la main de Ruthven qui voulait
ignorés, le danger fut passé aussitôt qu'il fut | aperçu. Mais bientôt après on découvrit en An- | .gleterre une conspiration contre Élisabeth. Elle | fut, à la vérité, dissipée presque à sa naissance,
fermer la bouche à Jacques, et qu'il ouvrit la fenêtre, (Dise.; 54, Crom, 52.) 4 Dans la relation du roi, il est dit que Ruthven le quittaset sortit du cabinet pour aller parler à son frère, et que le comte montait l'escalier dans le même dessein, (Disc. , 23.) Henderson dépose que Ruthven , en quittant le roi, « ne passa point le pas « de la porte, »{Crom., 51.) A en juger par la distribu. tion de la maison et par d’autres circonstances, il Y à lieu de croire qu'il n'était guère possible que les deux frères eussent eu alors une entrevue. (Disc. , 23.) Henderson fut entendu deux fois : la première à Falkland, au mois d'août, devant le conseil privé; ensuite, au mois de novembre, à Édimbourg, devant le parlement. Sans m’arréter aux variations moins importantes qui se trouvent entre ces deux dépositions, je me contenterai d'en râpporter deux qui sont remarquables. Henderson, dans sa première déposition, raconte les circonstances de tout le fait en ces termes : « Que Ruthven « arracha le poignard de lui déposant. qu’il tint le poi- « gnard sur la poitrine de sa majesté, disant : Souvenez- «vous de la mort de mon pére, vous devez actuel- « lemènt mourir pour lui; et comme il visait au cœur «de sa hautesse avec ledit poignard, lui, déposant, fit «tomber ledit poignard des mains de Ruthven; et que «lui, déposant, affirme, comme il est vrai que Dieu doit «um jour juger son âme, que si Ruthven avait encore «tenu le poignard en sa main, l’espace de temps qu'il « faut à un homme pour faire six pas , il aurait pu l’en- « foncer jusqu'à lagarde dans le corps du roi.» (Disc., 52) Mais Henderson, dans son second interrogatoire , varié sur deux points. Premièrement, les termes qu'il met dans la bouche de Ruthven, pendant que ledit Ruthven tenait le poignard sur la poitrine du roi, sont : «Sire, « vous êtes mon prisonnier, souvenez-vous de la mort de « mon père. » Secondement, il dit que, lorsque Ruthven menaçait ainsi le roi de la mort, ce n'était que pour empécher sa majesté de faire du bruit : « Tenez votre lan- « gue, ou par le Christ vous allez mourir, » Troisièmement, dans sa première déposition les mots proférés par Ruthven, lorsqu'il revint dans la chambre où il avait laissé le roi, sont: «il n'y a plus de remède, parbleu | «vous allez mourir: »au lieu que dans la seconde dé- Hition ily a: «Parbleu, il n’y a plus de remède, » et i mit en devoir de lier les mains de sa majesté” | (Crom., 51.) Et ces mots, vous allez mourir, S0nt omis. La première déposition paraît déclarer nettement que l'intention de Ruthven était de tuer leroi. La seconde porterait à croire qu’il n’avait d'autre dessein que de tenir le roi prisonnier.
ll y a pareillernent des contradictions remarquables
valier R
leigh, 6 seigneu populair d'un car tiers les :
vert, mai et const:
sentimen ceux des qu'à la ç capabled nistratiot faisait dé de son m attention:
qui lui ét et le port:
des honn, dre de l'a rare bonh
dans les au même affair torité du go lèvement de et qu'il fall Le duc de L tion. ( Cron par lequel 1e dre raison d de la ville, « le peuple, e pour secouri qu'il rendit !
lui demanda parce que le qu'aucun ho kland, (Disc la méme ch depuis lord ] Hay, déposen à Henderson roi?» ( Cr qu'il ne com}
j avait causé de ites fort consiformé entre les , ou bien avec près pour être ssitôt qu'il fut fcouvrit en An- Élisabeth. Elle à sa naissance,
ouvrit la fenêtre, ation du roi, il est “cabinet pour aller montait l'escalier Henderson dépose > passa point le pas er par la distribu.
ronstances, il Y 4 ssible que les deux (Disc. , 23.) là première à Falseil privé; ensuite, , devant le parlemoins importantes itions, je me conemarquables. Hen- 1, raconte les cires : « Que Ruthven t, qu'il tint le poidisant : Souvenezpus devez actuelne ii visait au cœur , lui, déposant, fit e Ruthven; et que t vrai que Dieu doit thven avait encore ace de temps qu'il il aurait pu l'enjuroi.» (Disc. 52.) terrogatoire , varie s termes qu'il met que ledit Ruthven | roi, sont : «Sire, -vous de la mort de Le, lorsque Ruthven ‘était que pour em- «Tenez votre lanourir, » Troisième» 8 mots proférés par hambre où il avait e remède, parbleu lans la seconde déplus de remède, »
ains de sa majesté” illez mourir, Sont déclarer nettement erleroi. La seconde dessein que de tenir
tions remarquables
[1660] LIVRE VIIL 299
maiselle eut des suites fnestes, elle fut la source | son souverain et l'idole du peuple. Cecil, élevé à d'événemens tragiques, elle répandit surles der | la cour et sous les yeux d'un père qui possédait nières années du règne d'Élisabeth une suite d'in. | à fond l'art de s'y conduire avec succès, était fin, fortunes et de désastres, Comme le roi d'Écosse adroit, insinuant , indastrieux. Né avec des tay prit un intérêt partioulier, il est à propos que | lens qui le rendaient capable de remplir les prenous entrions dans le détail de cet événement. | mières places , il avait lamodestie de croire qu'i La cour d'Angleterre était alors partagée en | ne pouvait point y parvenir par son propre médeux factions puissantes, qui se disputaient la | rite. Mais, habite à saisir toutes les circonssuprême direction des affaires. L'une avait pour tances, il savait faire sa cour aux dépens des chef Robert d'Évreux, comte d'Essex. Le che- autres, et tirer avantage de leurs fausses démarvalier Robert Cecil, fils du grand trésorier Bar- ches. De tels personnages étaient faits pour être leigh, était à la tête de l'autre. Le comte était le | ennemis et rivaux. Le comte méprisait les artiseigneur d'Angleterre le plus accompli et le plus | fices de Cecil, qu’il regardait comme bas et pupopulaire. Brave, généreux, affable, cependant | sillemimes. Cecil traitait de folie et de présompd'un caractère impétueux, mais écoutant volon: tion la magnanimité du comte d'Essex, Tout le tiers les avis de eeux qu'il aimait; ennemi à décou- militaire, à l'exception de Raleigh, était pour le vert, mais facile àramener ; ami également chaud | comte. La conformité d'humeur et de caractère et constant, incapable de déguiser ses propres | conciliait à Cecil l'affection de la plupart des sentimens et de donner une mauvaise toarnure à courtisans. ceux des autres; plus propre à être dans un camp La mésintelligence entre ces deux factions qu'à la cour; l'élévation de son génie le rendait | prenait des forces à mesure qu'Élisabeth avan capable de remplir la première place dans l'admi- çait en âge. Essex, pour fortifier son parti, s'énistration du gouvernement; un esprit altier lui | tait attaché de bonne heure à gagner la bienfaisait dédaigner la seconde comme au-dessous veillance du roi d'Écosse. Il affectait d'être le de son mérite. Il attira bientôt les regards et les | défenseur zélé du droit de Jacques à la couronne attentions de la reine, qui, par une générosité | d'Angleterre, et il entretenait une étroite corqui lui était peu ordinaire, le combla de biens respondance avecce prince et avec ses principaux et le porta, dès sa plus tendre jeunesse , au faite | ministres. Cecil, tout dévoué à la reine, parvedes honneurs. Son élévation ne lui fit rien Per- | nait de jour en jour à de nouveaux honneurs, dre de l'affection de ses concitoyens, et il eut le Par son assiduité à faire sa cour , par la contirare bonheur d'être en même temps le favori de | nuité des services qu’ilrendait , et par la patience
avec laquelle il attendait la récompense. L'esprit altier du comte d’Essex et son impétuosité naturelle lui attiraient souvent des réprimandes très sévères de la part de sa maîtresse. Élisabeth avait pour le comte une affection particulière, mais elle supportait impatiemment les contradictions de son favori. Rarement disposée à accorder des grâces , elle était toujours lente à s'y déterminer. Cependant Essex fatiguait continuellementlareine par des demandes importunes, Les ennemis du comte flattaient adroitement son ambition démesurée, secondaient ses efforts.
et ne songeaient qu'à l'éloigner de la cour. Dans cette vue ils lui procurèrent le commandement de l’armée qu'on envoyait en Irlande contre depuis lord Kinnoul et chancelier d'Écosse, et Pierre Tyronne, l'office de lord-lieutenant dans ce Hay, déposent que le comte, en leur présence, demanda royaume , et des pouvoirs presque illimités. Le à Henderson : « Qui il avait trouvé à Falkland avec le A ue (roi? » (Crom., 70, 71.) Question qui parait prouver comte se tira mal de cette expédition, trompa qu'il ne comptait pas faire mystère de-ce voyage | les espérances de la reine , et ne tint rien de ce
dans les autres preuves qui furent produites dans cette même affaire : 1° Dans le discours qui fut publié par l’autorité du gouvernement, on donne à entendre que le soulèvement des habitans de Perth fut excité contre le roi, et qu'il fallut user d'adresse pour l'apaiser. (Dis., 32.) Le duc de Lennox confirme ce même fait dans sa déposition. ( Crom. , 44.) On a encore l'acte du conseil privé, par lequel les magistrats de Perth sont sommés de rendre raison decette émeute, ét André Roy, l’un des baillis de la ville, dépose que ce fut lui-même qui fit soulever le peuple, et que les habitans ne prirent les armes. que pour secourir le roi. (Crom., G6.) 2 Henderson dépose qu'il rendit une réponse vague à M. Jean Moncrief, qui lui demandait où il avait été ce jour-1à dans la matinée, parce que le comte lui avait ordonné de faire en sorte qu'aucun homme ne fût informé qu'il avait élé à Falkland. (Dise., 51.) La déposition de Moncrief contient la même chose. ( Crom., 64.) Cependant George Hay,
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qu’il avait promis. Élisabeth, piquée de ce contre-temps , et animée pa: les ennemis du comte, lui écrivit une lettre très vive , et remplie d’accusations et de reproches. Ce ton d’aigreur déplut au comte d'Essex. Son esprit impérieux ne put soutenir cette réprimande, et dans les premiers transports de son ressentiment , il se disposait à faire passer en Angleterre une partie de son armée , à chasser de la cour tous ses ennemis , à rentrer par force en faveur auprès de le reine, et à reprendre lui-même son ancienne autorité. Mais après avoir fait de plus sérieuses réflexions, il abandonna ce projet téméraire, il prit avec lui quelques officiers qui lui étaient dévoués, passa en Angleterre, et aussitôt qu’il y fut abordé, prit la poste et alla droit à la cour. Elisabeth le reçut avec freideur, mais sans aucune marque de disgrâce. Quelques complaisances, un simple aveu de ses fautes auraient pu lui rendre tout son ascendant sur l'esprit de la reine ; maïs il se croyait outragé, et il ne put se résoudre à ces démarches humiliantes. Élisabeth était de son côté déterminée à rabattre la fierté de cet homme présomptueux. Après avoir tiré de lui, par un traitement sévère, des lettres conçues dans les termes les plus soumis et les plus respectueux, elle le mit aux arrêts dans la maison du garde du grand steau, et elle nomma des commissaires pour lui faire son procès, tant sur sa conduite comme gouverneur d'Irlande, que pour avoir quitté ce royaume sans la permission de sa majesté. La sentence le suspendit de tous ses offices, à l'exception de celui de général de la cavalerie , et ordonna qu'il garderait prison au . tant de temps qu’il plairait à la reine. Élisabeth, contente d’avoir amené le comte à ce point d’humiliation , défendit que la sentence fût enregistrée, et lui permit bientôt après de s'en retourner dans sa maison. Dans le cours de cette affaire, qui se prolongea pendant quelques mois, Essex balançait entre la fidélité qu'il de-
! vait au souverain, et le désir de se venger. Flot-
tant dans cette incertitude , dans un moment où ie sentiment de la vengeance prévalut, il dépè-
. Cha un exprès en Écosse pour encourager le roi
à assurer son droit de succession par la force des armes , et pour lui offrir son assistance, celle de tous ses amis en Angleterre, et un corps de cinq mille hommes que le lord Mountjoy , alors lieutenant en Irlande, devait amener de ce
royaume. Mais Jacques ne voulut point se mettre au hasard de perdre, par une entreprise prématurée, une couronne qu'il voyait presque entre ses mains. Mountjoy, ayant aussi refusé d'entrer dans ce complot, Essex prit des sentimens plus conformes à ses devoirs, et son âme parut entiérement dégagée de tous projets d’ambition. Mais cette modération apparente n'était que l'effet du dépit d’un projet déconcerté, et elle ne fut pas de longue durée. Il demanda le renouvellement d'un don de finance qui lui avait été précédemment accordé. La reine le refusa, et ne voulut pas même l’admettre en sa présence. Le comte, naturellement emporté, sentit vivement cette nouvelle injure, et se livra à son désespoir. Ses amis, au lieu de chercher à calmer sa fureur, à réprimer la fougue de cet esprit impétueux, fomentèrent par leur imprudence le tumulte de ses passions, et ne songèrent qu'à entirer avantage pour leurs intérêts particuliers. Après de longues délibérations, Essex, incertain
pendant quelque temps du parti qu’il prendrait, Ji
se détermina à la fin à recourir à la force ouverte, Persuadé qu'une telle entreprise le perdrait auprès du peuple, s’il paraissait n’agir que pour ses intérêts particuliers et par des motifs de vengeance, il chercha à donner à ses démarches une apparence de zèle pour le bien public, enessayant de faire intervenir dans sa cause les intérêts du roi d'Écosse. Il écrivit à Jacques que la faction qui dominait alors à la cour d'Angleterre avait ré. solu de soutenir les droits de l’infante d'Espagne à la couronne d'Angleterre; que les places du royaume les plus importantes étaient entre les mains des ennemis déclarés du roi d'Écosse ; et que s’il n'envoyait incessamment des ambassadeurs pour demander que son droit à la couronne fût constaté publiquement et sans délai, les mesures de la faction opposée étaient si bien concertées, qu'il verrait bientôt évanouir toutes ses espérances. Jacques, qui savait combien une pareille proposition serait désagréable à la reine d’Angleterre, ne voulut point s’exposer imprudemment à encourir sa disgrâce. Mais Essex, aveuglé par ses ressentimens , possédé du désir de la vengeance , se laissa entraîner par ses passions, et agit en homme frénétique et désespéré. Avec trois cents hommes mal armés, il entreprit d'ébranler le trône de l’Europe le mieux affermi, il sort de sa maison à la tête de eette poignée de
mond dres, font q affran ils doi vance Cecil sence déclar Essex pas un second ragé p:
par un quelqu la ville maison payer c cessaire valeur ( même € Jacq d'Essex
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abbé de de la co tretenai miratior terminé Bruce,
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1 Birch., 2 Johnet,
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monde, il appelle aux armes les citoyens de Lon- | aux ambassadeurs écossais hâta peut-être le modres, il leurcrieque sa vieesten danger; que s'ils | ment de sa mort. Élisabeth avait été pendant font quelque cas de sa conservation, s'ils veulent long-temps dans l'incertitude avant que de proaffranchir le royaume du joug des Espagnols, | noncer sur la destinée du comte. Elle ne pouils doivent se ranger sous ses étendards. Il s’a- | vai se déterminer à mettre entre les mains vance vers le palais , dans le dessein de chasser | du bourreau un homme qu’elle avait honoré Cecil et sa faction, de les éloigner de la pré- | d’une bienveillance aussi particulière. Son âme, sence de la reine, et de faire proclamer par une | agitée entre le ressentiment qu’elle avait de sa déclaration le droit du roi d'Écosse au trône 1. | dernière faute et l’ancienne affection qu’elle Essex était adoré de ses concitoyens ; cependant | avait eue pour lui, était en proie à de cruelles pas un seul homme ne se mit en devoir de le | incertitudes. L'état malheureux où le comte était seconder dans cette bizarre entreprise. Ducou- | réduit était bien capable d’apaiser la colère de ragé par ces marques d’indifférence , abandonné | la reine, et de réveiller toute sa tendresse. Les par une partie de ses gens, presque entouré par | sollicitations d’un ami fidèle qui aurait eu du quelques corps de troupes qui s’avançaient dans crédit auprès de la reine auraient pu sauver la la ville sous différens chefs, il se retira dans sa vie au comte d'Essex, et obtenir une grâce que maison , et sans faire de nouveaux efforts , Sans | la reine avait honte d'accorder; mais ce seigneur payer de cette audace qui alors lui était si né- &éuéreux n'avait point alors un seul ami de cette cessaire, et qui aurait soutenu la réputation de | espèce. Elisabeth, obsédée continuellement par
valeur qu'il s'était acquise, il se remit de lui-
même entre les mains de ses ennemis.
Jacques, instruit du mauvais succès du comte
d'Essex , envoya aussitôt des ambassadeurs à la
. cour d'Angleterre, le comte de Mar, et Bruce,
abbé de Kinloss. Le premier était le médiateur de la correspondance que le comte d’Essex entretenait avec le roi d'Écosse. Mar, épris d’admiration pour le caractère du comte, était déterminé à tout entreprendre pour le sauver; et Bruce, lié étroitement avec le comte de Mar, était disposé à seconder son ami avec le même zèle. Le sujet de cette ambassade et le choix des ambassadeurs étaient des preuves également assurées de l'affection du roi pour le comte d'Essex. Les ambassadeurs avaient ordre de faire les plus vives instances pour conserver la vie au comte, d'examiner même si le roi, en accordant aux amis d’Essex "ne protection déclarée, pourrait faire réussir leurs desseins, auquel cas les ambassadeurs étaient autorisés à se montrer à
découvert, et à déclarer hautement que sa ma-
jesté visndrait elle-même se mettre à ja tête des adhérens dn comte, et réclamer par la force des armes le droit de succession qui lui appartenait ?, Mais avant que les ambassadeurs arrivassent à Londres, Essex avait souffert la punition due à sa trahison. La commission donnée
? Birch., Mém., 11, 477.
* Johnst, 289. Birch. Mém., 11, 510.
ses ministres, offensée de la hauteur du comte d'Essex, persuadée qu'il dédaignait de se rabaisser à lui demander grâce, ordonna à la fin que la sentence fût exécutée. Le mot fut à peine prononcé qu’elle se repentit de sa précipitation, et qu'elle se sentit pénétrée de douleur de la mort de son favori. Jacques considéra toujours le comte d’Essex comme un homme qui s'était sacrifié pour le bien de son service; et lorsque ce prince fut parvenu au trône d'Angleterre, il rétablit le fils du comte dans les honneurs du père, il réhabilita tous ceux qui avaient trempé dans sa conspiration, et il leur donna des marques distinguées de sa bienveillance 1,
Les ambassadeurs d'Écosse voyant qu'ils étaient arrivés trop tard pour exécuter le principal objet de leur commission, cachèrent avec le plus grand soin cette partie de leurs instructions, ct allérent même complimenter la reine, au nom de leur maitre, sur l'heureuse découverte de ce complot audacieux. Élisabeth n'ignorait point la correspondance que le roi d'Écosse avait entretenue avec le comte d'Essex ; elle savait aussi que l’intention du comte était d'assurer le droit de Jacques à la couronne. Mais comme elle voulait dérober au peuple la connaissance de ces intrigues , elle reçut avec un air de persuasion et de reconnaissance les félicitations des ambassa-
deurs. Ensuite, pour calmer Jacques, et conser-
! Camd. , Spotsw., 464,
ver les apparences: de.la banne.amitié:entre les deux cours, elle augmcata le subside qu'elle payait annuellement au rai d'Écosse. Lesiambassadeurs restèrent pendant quelque temps ‘en Angleterre, et.ils y fuvent employés avec suceès à renouveler et.fortifier les intrigues.que Bruce avait formées de longue main parmi les nobles d'Angleterre. À mesure qu'Élisabeth avançait en âge, les Anglais portaient de plus en plus leurs regards vers l'Écosse, et se disputaient l'avantage de se concilier la bienveillance d’un prince qui devait bientôt être leur souverain. Jacques recevait de tous les coins du royaume, des assurances d’attachement, des protestations du plus parfait dévouement, des promesses de soutenir ses droits. Cecil, lui-même, considérant que les espérances du comte d’Essex étaient principalement fondées sur l'amitié du roi d'Écosse, et apercevant tous les avantages que le comte aurait pu en retirer,.crut qu'il était de la prudence de ne pas se tenir plus long-temps sur la réserve avec un prince qui allait incessamment devenir son maître. Ïl sentait la nécessité d’entrer en correspondance avec le roi d'Écosse, mais il en connaissait tout le danger sous une maîtresse portée naturellement à concevoir des soupçons, et dont les jalousies se fortifiaient avec l'âge. Il chercha à se rapprocher du voi d'Écosse; mais ce commerce fut conduit avec tout le secret et toute la précaution convenables aux circonstances, et si analogues au caractère de ce ministre. Jacques, se voyant assuré d’un homme dont il avait jusqu'alors infiniment redouté l'opposition et les influences, attendait avec une entière sécurité l'événement qui devait le porter sur le trône d’Angleterre ; mais il avait bien de la peine à contenir dans les bornes de la circonspection les partisans qu’il avait dans ce royaume. Ils voyaient que Jacques n'avait plus qu'un pas à faire pour arriver au trône, ils cherchaient à faire parade d’un zèle officieux, ils le pressaient de permettre qu’on présentt requête au parlement pour faire constater légalement le droit de Jacques à la couronne. Le roi les détourna prudemment de ce projet; et quoiqu'il ne dût cet empressement qu'aux avantages de sa position, il voyait avec la plus.grande satisfaction l’ascendant qu'il avait pris dans une cour qui lui avait dicté des lois, et qui l'avait
tenu dans une sorte de dépendance qui, pendant !