‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 36 sur 155 · TES · texte numérisé non relu

TES

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DISS ERTATIQN

anciennement quAile, enécossais, signifiait jus- ! endroits il ne l'a rendu que très imparfaitement.

ques ou durant. Je n'ay pas lenu grand propos, n’est pas rendu exactement par zeque contulerim sermonem cum quoquam. La phrase française eat une façon de parler particulière à cette langue, et elle représente bien mieux que le latin cette eirconstance de la conduite de la reine. Jugeant bien qu'il n'y faisait bon , n’est point une traduction de, ut qui Jjudicarent id non.esse.ex usu. La phrase française au commencement de la seconde lettre finit par ce mot, apprendre, Il est évident que, dans les traductions latine et écossaise, on a entièrement omis ces mots ; Ef fautefois je ne puis apprendre, La phrase française qui est au commencement de la troisième lettre finit par le iyot présenter. J'aye veillé plus tard là haut, n’est certainement pas une traduction exacte de ces mots : Déutids illic morata sum. Le sens du français est mieux rendu dans l’écossais ; Z kqye walkit later thereup. De plus, pour excuser votre afjaire, est tout-à-fait différent de, ad excusandum nostra negotia. Les cinq autres lettres n'ont jamais été publiées en latin, et l'on n’a aucune preuve qu'eiles aient jamais été traduites dans cette langue. Cependant quatre de ces lettresont été publiées en français, ce qui détruit absolument le système de notre auteur au sujet de la nécessité d’une traduction en latin,

Dans l'édition écossaise de la Defectio de Buchanan, le sonnet tout entier est imprimé en français et en écossais. Il n’est pas possible de croire que l'écossais soit l'original et que le français en soit la traduction. Le sonnet français est en vers, qui ont la mesure et la rime, et qui en plusieurs endroits ont assez d'élégance. Le sonnet en écossais à le même nombre de lignes, mais sans mesure nirime, Or il n’est pas possible de concevoir une idée aussi absurde, aussi impraticable que celle de demander à un traducteur de rendre un certain nombre de lignes dunnées en prose en un nombre égal de vers où la mesure et la rime soient observées, L'écossais, au

contraire, parait manifestement être la traduc- |

tion du français. Le tour de phrage, Les façons de parler, .et la plupart des mots sont français et ne sont point écossais. De plus, le traducteur

écossais n'a point du tout rendu, en plusieurs | : pris lesens et l'esprit du français que du latin :

udroits, le sens du français, et en d'autres

Si,ce sonnet était une pièce forgée, cela ne serait point arrivé, Le faussaire aurait entendu son propre ouvrage, Je ne puis me refuser d'en donuer ici un exemple, qui fera la preuve de mes deux assertions, Je prends la stance VI, vers 9.

Pour luy j’attendz toute bonne fortune, Pour luy je veux garder santé et vie.

Pour luy toute vertu de suivre j'ar envie.

For him 1 attend ali gude fortune, For him 1 :will conserve helthe and lyfe, For him ;l desire (0 ,ensue courage,

Il est à remarquer que la première ligne n'est point une phrase écossaise, mais une phrase française ; que les deux autres lignes ne rendent point du tout le sens du français, et que la dernière est réellement un contre-sens.

La huitième lettre n’a jamais été traduite en français. Elle renferme des raffinemens de mysticité et d’emblèmes, ce qui était le goût dominant dans ce siècle, et dont Marie était rééllement passionnée, ainsi qu'on le voit par plusieurs autres circonstances, et particulièrement par une lettre de Drummond de Hawthornden, au sujet des émpresas. Si les lettres de Marie ont été forgées par ses adversaires, ils se sont assurément acquittés de leur tâche avec beaucoup de négligence.

De toutes ces observations, il résulte qu'il y avait une édition en français des lettres de Marie, et que sur cette première édition on avait fait les traductions en latin et en écossais. Il ne nous reste plus rien de cette première édition française, que ce petit nombre de phrases, ajoutées à la traduction écossaise. Celui qui a publié la nouvelle édition en français a fait usage de ces phrases, et il y a cousu celles de sa propre traduction; et ce qui est de lui n’est ainsi qu'une traduction servile et misérable du latin de Buchanan, dans laquelle ces phrases, qui servent d'introduction à chaque lettre, nous fournissent des présomptions très fortes de l'authenticité des letwes de Marie, et des preuves assurées qu'elles n'ont pas été traduites du latin,

On voit aussi, en comparant les traductions latine et écossaise avec les passages en question, que le traducteur écossais a bien mieux

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et comme il paraît que.ces lettres furent de très bonne heure traduites en (écossais, il y a lieu de croire que Buchanan n’a point fait sa traduction ,sur le français, mais sur l'édition écossaise, S'il.était question d'entrer en critique dans la discussion de.ce sentiment, on en pourrait donner de très bonnes preuves. Un passage, que j'ai déjà rapporté. ci-dessus, me paraît absolument décisif. Diutiÿsillic morata sum, ne ressemble point du tout à j'ai veillé plus tard là-haut : mais on.apercevra la cause de l'erreur

de Buchanan , si l’on suppose qu’au lieu de lire: :

T walkit laiter thereup, j'ai veillé plus tard là-haut, il a lu : 7 waitit, etc. j'ai tarde, etc. Cette erreur, dans laguelle;il,a, pu tomber si aisément, fait apercevoir la raison de cette faute dans sa traduction.

Cette critique, quelque minutieuse qu’elle soit, paraitra, je crois, très.bien fondée, Mais quelque jugement qu'on en puisse porter, les #jyumens qui prouvent intrinsèquement l’au- Buiicité des lettres de Marie à Bothwell restoujours dans toute leur force.

Ge preuves extérieures que notre ;auteur produit pou: établir que les lettres de Marie à Bothwell ont été fabriquées sont tout- à- fait spécieuses, mais elles ne sont pas plus solides que celles que nous venons d'examiner.

Ces preuves sont divisés. en deux classes: ‘

1° Les explications erronées et contradictoires qu'on dit avoiriété :données concernant les lettres, lorsqu'elles furent produites pour:la première fois juridiquement. Dans le conseil privé tenu le décembre 1567, elles sont représentées comme: des lettres secrètes écritesiet signées de la propre main de Marie 1. L'acte du parlement, passé le 15 du même mois, les désigne comme deslettres secrètes:dont les originaux sont écrits de la propre main de Marie 2. Cette différence dans la manière de les qualifier a été regardée comme une forte présomption de la fausseté de ces pièces. Ce que dit M. Herries pour l'expliquer est à la fois naturel et plausible3, et l'on trouve plusieurs remarques ingénieuses à l'appui de ces observations dans un écrit récent inlitulé: Remarquesdiverses sur L ‘enquéle relalive à Marie, reined' Écosse. Aux observations

!'Hignes, 451, Good. , 11, 64. — ? Good., ibid. , 67. — ‘Hume, vol, V de son Hist., p. 496.

judicieuses de ces deux écrivains, nous 1jouierons, que l'acte original du conseil secret n'existe plus; il n’en existe qu'une copie trouvée parmi les papiers de Cecil; l'ignorance, ou du Moins la négligence du copiste y manifeste si sensiblement, que la différence qui se trouve entre les deux actes peut très bien lui être imputée, Or , la preuve alléguée perd heaucoup de sa force, du moment qu'il s'élève des doutes sur l'exactitude de Ja copie. Nous pouvons citer plusieurs des erreurs où le Capiste est tombé , en comparant cette copie, de l'acte, du conseil secret avec l'acte du parlement, Le Premier de ces actes contient une pétition au parlement ; dans le second, cette pétition se trauve littéralement rapportée et convertie.en loi, Le mariage de la reine:avec Bothwell est qualifié, dans la copie , de mariage secret : expression bien évidemment fausse, puisqu'il est constant que. le mariage fut célébré avec beaucoup de solennité, après que les bancs eurent été publiés dans l'église, de Saint-Gilles, pendant:trois jours successifs. D'un autre côté, l'acte.du parlement le qualifie de

juste suivant les idées. du parti opposé à la reine. Dans la copie, les mots suivans sont appliqués à la;reine: « So thrall and viuvy afieclionat lo the privat appetite ofthat éyrant.» Le mot BLUPY, sanglant, n'a point de sens. Au lieu de ce mof, on trouve dans l'acte blind}, aveuglement, qui a un sens déterminé. On lit dans:la copie : « All nobill and virtuous men. abhorring their TRAINE and company.» L'acte dit :

«Their syRANNIE and company.» Ce qui est évidemment la véritable expression ,au lieu que le motéraine n’a point de signification.

2° L'autre preuve de la fausseté des lettres est fondée sur l'impossibilité de concilier ce qui est:affirmé sur le temps et les lieux où les letires de la reine avaient .été écrites , avec ce qu'on sait de certain touchant les voyages de la reine.

Suivant le document publié par Anderson 1, Connu sous le nom de journal de Murray et rédigé sur l'autorité des lettres, Marie partit d'Édimbourp, pour se rendre à Glasgow, le 24 janvier 1667 : elle y arriva le 25; elle en repartit le 27. Elle alla le 28 avec le roi à Linlithgow, où elle ne resta qu'une nuit, et elle était de re-

! Anders. , II, 269.

prétendu mariage, et cette dénomination est .

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