‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 37 sur 155 · EL PS · texte numérisé non relu

EL PS

tour à Édimbourg avant la fin du mois. Mais, suivant notre auteur, la reine ne partit d'Édimbourg que le vendredi 24 janvier. Comme elle s'arrêta une nuit à Callendar, elle ne put pas arriver à Glasgow avant lesamedi 25 au soir, et elleretourna le mardi 28 à Linlithgow. Par conséquent, la première lettre, qui suppose que la yeine avait été au moins quatre jours à Glasgow, aussi bien que la seconde lettre datée de Glasgow, le samedi matin, pendant qu’elle n'y était arhivée que le soir, sont nécessairement des lettres falsifiées. Que la reine ne partit d'Édimbourg

que le 24 janvier, on le voit évidemment, dit |

notre auteur, par les registres publics, où l’on trouve un nandement de confirmation d'une pension de Jacques Boyd, à Marguerite Chalmers, accordé par la reine, et daté d'Édimbourg, le 24 janvier, comme aussi une lettre de lareine, datée du même jour à Édimbourg, dans laquelle elle nomme Jacques Inglis pour être tailleur du roi son fils. Que le roi et la reine étaient de retour de Linlithgow le 28, on le voit par un acte dans lequel ils nomment André Ferrier gardien de leur palais dans cette ville, en date de Linlithgow, le 28 janvier !.

On propose toutes ces choses non-seulement conime des preuves convaincantes, mais même comme des preuves légales de la falsification des prétendues lettres écrites par Marie. Cependant on verra, par les considérations suivantes, combien ces preuves sont défectueuses.

1° On voit, par un aveu ou déclaration de l’évêque de Ross, qu'avant la tenue des conférences d'Yorck, qui s'ouvrirent au commencement du mois d'octobre 1568, Marie, par une ruse de Maitland , était venue à bout de se procurer une de ces lettres que ses sujets l’accusaient d’avoir écrites à Bothwell 2. ILest très vraisemblable que l’évêque de Ross avait vu ces lettres avant que d'écrire la Défense de l'honneur de Marie en l'année 1570; ces lettres furent publiées partout, en même temps que parut en 1571 la Defectio de Buchanan. S'il s'était trouvé dans ces lettres une erreur aussi grossière que celle de supposer que la reine avait passé quelques jours à GlasgUw, pendant que, de fait, elle était à Édimbourg, erreur si aisée à reconnaître dans le temps ; si

1 Good., 1, 118, — 3 Brown's triat of the duke of |

Norfolk, 31, 36.

LISSERTATION

parmi ces lettres, il s'en était tréuvé une datée du samedi matin de Glasgow, pendant que la reine n'y était arrivée que le soir, serait-il possible que la reine elle-même, qui devait être mieux que personne au fait de sa marche , ou bien que ces défenseurs de Marie, si pleins de zèle et si expérimentés, qui entrèrent en lice pour soutenir sa cause, n’eussent pas exposé et publié cette contradiction, pour décréditer et renverser d’un seul coup toute l'imposture? Dans des recherches qui sont par elles-mêmes embarrassées et de diffcile discussion , l'industrie d’un auteur nouveau peut lui faire découvrir bien des choses qui avaient échappé aux soins et trompé la sagacité de ceu, ‘jui avaient avant lui travaillé sur le même sujet; mais lorsqu'il s’agit d’un fait aussi évident, cette circonstance, que la reine ellemême, ni aucun de ceux qui lui étaient attachés, n'y ont fait aucune attention, est une sorte de démonstration qu’il y a ici de l'erreur et de la supercherie dans les raisonnemens de notre aus teur, On voit aussi que, tant nos histori les défenseurs de Marie, bien loin de en doute l'époque généralement reçue part de la reine et de son retour de Glasgow, n’ont eu sur ce point entre eux aucune contestation, ni la moindre diversité d'opinions. Mais de plus :

2° Ces papiers, tirés des archives publiques, et sur lesquels notre auteur appuie ses assertions, ne sont point des papiers originaux, munis de la signature de la reine ; ce ne sont que des copies ou des traductions de copies des pièces originales. Il n’est pas fort nécessaire , et il serait mème assez difficile de faire comprendre ce qui suit à ceux qui ne sont point au fait des formalités établies par les lois de l'Écosse ; mais tout Écossais versé dans le maniement des affaires m'entendra lorsque je dirai que le mandement de confirmation de la pension viagère à Boyd n'est que la copie-ou expédition en latin d'un mandement scellé du sceau privé, sur un brevet émané de l'office du sceau, et provenant d’une signature faite à Édimbourg le 24 janvier ; et que l'acte en faveur de Jacques Inglis est la copie d’une lettre scellée du sceau privé, et signée à Édimbourg le 24 janvier. De tout cela nous pouvons conclure, avec quelque sorte de vraisemblance , qu’une preuve qu'on veut tirer

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certaine et très défectueuse.

3° Tous les actes publics étaient alors publiés au nom du roi et de la reine. Aux termes de la loi, la signature du roi n’était pas moins nécessaire pour toutes sortes de papiers que celle de la reine; par conséquent, à moins que

les signatures originales ne soient produites, Pour constater précisément le jour où chacun d'eux a signé ces papiers, ou bien pour prouver qu’ils n'ont été signés que de l’un des deux, la preuve légale qu'on tirera de ces papiers ne sera autre chose, si ce n’est que le roi et la reine les ont signés à Édimbourg le 24 janvier.

4° IL paraît que dans ce siècle les dates des ordonnancés ou mandemens émanés du souverain étaient le plus souvent arbitraires et mises au gré du copiste; par conséquent ces dates sont rarement exactes, souvent fausses, et l'on ne peut jamais y faire aucun fond. Cet abus devint même si fréquent, et on en sentit si bien les conséquences dangereuses, que, par un acte du parlement, en l'année 1592, on déclara que mettre de fausses dates à une signature serait

désormais regardé comme un crime de haute trahison.

originaux ne peut pas manquer d'être très in-

: toute diligence 3,

de Ross que, le 25 octobre 1566, Marie était malade à la mort 1, Cependant on trouve dans les registres publics un acte où il est dit qu'il à été signé ce même jour-là par la reine 2,

Bothwell se saisit de la reine lorsqu'elle revenait de Stirling, le 24 avril 1567 , ainsi qu’elle le dit elle-même, et il Ja conduisit à Dumbar en Mais notre auteur, se fondant sur les dates de certains Papiers qu'il a trouvés dans les archives, suppose que Bothwell permit à la reine de s'arrêter à Édimbourg, pour ÿ terminer quelques affaires. Rien n’est moins vraisemblable que cette Supposition. Nous placerons donc la date de l'acte 4 duquel notre auteur fait mention, vol. I, 124, au rang des fausses dates des papiers produits dans le courant des affaires de ce siècle. Notre auteur s’est trompé sur la date d’un autre Papier, donné à Forbes ; ibid. Ce papier fut signé le 14 avril, et non pas le 24 de ce mois.

Si, dans toute l'histoire de Marie, il y a un

fait constaté, c'est qu'elle resta à Dumbar , depuis que Bothwell l'y eut amenée, jusqu’au temps où elle retourna avec lui à Édimbourg, au commencement de mai. Notre auteur convient lui-même qu'elle resta douze jours à Dum-

6° On voit encore aujourd’hui dans les archives un grand nombre de papiers qui prouvent la nécessité de cette loi, et qui découvrent en

même temps combien les raisonnemens de notre signés par sa majesté à Édimbourg. Par exemauteur sont faibles et captieux. Quoiqu'il ne soit

ple, il y en a un daté d'Édimbourg , le 27 avril pas facile, à une distance de deux siècles, de | sous le sceau privé 5. D'autres sont datés et préprouver en particulier la fausseté d’une date » | tendus signés du même jour à Dumbar 6, Quelquelle qu’elle soit, cependant nous avons des ques-uns sont signés à Dumbar , le 28 avril ; exemples singuliers de pareilles falsifications. d'autres à Édimbourg, le 30 avril7; d’autres à Un des faits les mieux constatés dans l'histoire, Dumbar, le 19 mai 8, Ces chartres si variées c'est que le roi était à Glasgow le 24 janvier | pour les dates , supposeraient que la reine aurait 1567. Cependant on trouve dans les registres fait incognito des voyages si fréquens et si des expéditions des années 1565 et 1582, fol. 16, incroyables, qu'il est par-là démontré qu'on ne la copie d’un acte donné à Archibald Edmonston,

dans laquelle il est dit que cet acte a été signé 1 Keïtl, dppend. , 134. Par nos souverains, c'est-à-dire par le roi et la * Privy-seal, lib, xxxv, fol. 89. Ouchterlony. Dans les Jeine, à Édimbourg , le 24 janvier 1567 ; en Sue re in un autre ne de même : : nature que les précédens et les suivans. Mais comme on some que si nous voulons donner vne entière s’est ou de celui qu'on avait chargé de faire les reconfiance aux archives de ce siècle, ou bien cherches dans les registres s'était trompé, on a retranché adopter les argumens de notre auteur, il se | ce passage dans cette édition : ce qui néanmoins ne dimi- (rouvera prouvé que non-seulement la reine Dé peR la nee PNR de celte Fi his PAT RER + : rs. .— right. Privy-seal, lib. xxxv était à Édimbourg le 24 Janvier, mais que le roi fol. ÿ. sx 5 Lib. xxxvi, fol. Ÿ7. = 6 Lib, xxxr chart. ÿ était aussi. N° 524, 526. Jbid., liv, xxm, n° 154, 157. — Lib, On voit par une lettre originale de l'évêque | xxx, chart. n° 492 —$ Jd., ibid. , n° 158. [TR

bar (vol. I, 367 ). Or on trouve dans les archives de ce même temps, des actes qui sont signés par la reine à Dumbar,, et d'autres actes qui sont

SET EDS

peut point du tout compter sur les dates de ces

archives.

C'est ce qui se voit encore plus clairement par

la charte qui paraît signée le 27 avril, jour qui dans l’année de cette date était un dimanche, et auquel on ne faisait alors en Écosse aucune affaire, ainsi qu'on le voit par les livres de Sederunt, qui étaient à la garde des lords de session.

Cet examen abrégé des raisonnemens par lesquels notre auteur entreprend de prouver que les lettres sont forgées et supposées prouve évidemment qu'on ne peut tirer aucune démonstration des argumens de cet auteur. :

M. Davison, qui, lorsque je composai cette dissertation , il y a environ trente ans, me communiqua des renseignemens très précieux , à découve"t dernièrement dansses savantesrecherches sur les antiquités de ce pays une pièce originale qui peut jeter beaucoup de jour sur cette question, en ce qui concerne le roi. Buchanan assure , qu'à cause des absences fréquentes du roi, oœasionées par sa dissipation , on fit faire

une empreinte en métal, au moyen de laquelle |

on apposait sa signature aux actes publics, comme s’il eût été présent (Hist. liv.,xvir, p. 343). Knox rapporte la même chose (Hist., p. 303). La signature du roi se trouvant ainsi à la disposition de celui qui gardait cette empreinte, on ne peut tirer aucune conséquence , pour ce qui concerne ce prince, de la réunion de sa signature à celle de la reine, Knox êt Buchanan attestent l’un et l’autre que l'empreinte était confiée à Rizio. Un des derniers défenseurs de la reine Marie révoque en doute leur témoignage à cet égard , et le traite de purecalomnie (Goodall , vol. I, p. 228). Cependant la vérité de cette assertion est pleinement confirmée par la pièce originale dont je viens de parler. Je l'ai vue et examinée avec

beaucoup d’attention : M. Davison l'a déposée à |

la chancellerie, et la signature du roi, qui s’y

trouve, est évidemment apposéeau moyen d’une |

empreinte avec de l'encre d'imprimerie.

On attaque encore l'authenticité de ces lettres |

de Marie à Bothwell, à cause du style et de la composition , qui sont, dit-on, tout-à-fait indignes d’une reine telle que Marie, et bien différentes des autres productions avérées de cette

célèbre princesse. Les soins que Marie se don- |

DISSERTATION

nait dans la composition de ses lettres, tant |

pour la pureté du style que pour la beauté de l'écriture , font voir que cette princesse se prquait de ces talens, et qu'elle ambitionnait la réputation d'écrire avec élégance. Mais lorsqu'elle écrivait à la hâte, et dans des momens d'embarras, on apercevait ces marques de précipitation !, Les lettres de Marie à Bothwell ont été certainement écrites dans des momens de trouble et de la plus grande précipitation. Cependant , malgré les désavantages d’une traduction, elles ne manquent ni de feu ni d'énergie, On est choqué de la manière dont elle exprime son amour por Bothwell, et qui va même jusqu'à l’indécence, Mais lé caractère habituel de la reine lui inspirait ces expressions en fait de galanterie. Ce raffinement de délicatesse, dont on se pique aujourd'hui dans le commerce entre les deux sexes, était alors peu connu, par les personnes même du plus haut rang ?.

Quelques-unes des lettres de Marie à Both.

well ont été écrites avant le meurtre de son mari, d'autres après cet événement, et avant son mariage avec Bothwell. Celles qui sont antérieures à la mort de son mari ne respirent que l'amour qu'elle avait pour Bothwell, sont remplies des expressions les plus tendres, et prouvent clairement que leur familiarité était des plus criminelles. On y trouve aussi des termes ambigus , dont ses ennemis ont su tirer avantage pour prouver que la reine n’ignorait pas ce qui se tramait contre la vie de son mari. Tels sont les passages suivans .: «Hélas, je ‘n'ai ja- «mais trompé personne, mais je. m'en remets «entièrement à votre volonté. Envoyez-moi avis «de ce que vous voulez que je fasse ; et quoi qu'il «en arrive, je vous obéirai, Consultez-vous vous ‘ «même, si vous pouvez trouver un moyen plus «secrel par la voie de la médecine, car il faut «qu’il prenne médecine et les bains à Craig- «millar 8,».…, « Considérez que ses larmes feintes «ne doivent pas être louées et estimées autant «que les vrais et fidèles travaux , que j'ai souf-

| ! On en voit un exemple remarquable dans un papier | publié par Good , 11, 301.

| 4 On voit dans les papiers du comte Hardwick, une | suite de lettres de Marie au duc de Norfolk, tirées de la | Bibliothèque Harléienne, p. 37, b. 9, fol. 88, dans les- | quelles Marie exprime son amour pour ce seigneur en | des termes dans lesquels on trouverait aujourd’hui biei | peu de délicatesse. (Hard.-state papers, 1, 189.

5 Good. 11, 22,

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Extrait des !

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Bien qu’on n sant que le coff reine d'Écosse « eu mains, qu’on sait ce qu’il est titude, par la vo el les écrits ont I du comte de Go

* Good , IL, 235

‘Ja beauté de rincesse se pimbitionnait la e, Mais lorss des momens ques de précithwell ont été mens de troutation. Cepenne traduction, nergie, On est exprime son même jusqu'à uel de la reine ait de galanse, dont on se 1érce entre les a, par les per-

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