‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 4 sur 155 · RE · texte numérisé non relu

RE

possessions à ra couronne, Le roi s'empara aussi | des comtés de Buchan et de Strathern sous différens prétextes, et le comté de Mar lui échut par droit de succession. Rien de plus étonnant que la patience et l’'inaction des nobles pendant que l'autorité royale marchait à si grands pas vers son agrandissement, Le seul obstacle qu'elle rencontra fut un soulèvement peu considérable, conduit par te plus jeune des fils du duc d’Albanie, et qui fut bientôt apaisé. L’éclat et la présence d'un roi tenait en respect les grands , qui depuis long-ter Ps y étaient peu accoutumés, Jacques était un prince très habile, et qui conduisait toutes ses opérations avec beaucoup de prudeuce. Il était en liaison d'amitié avec l'Angleterre, et étroitement uni avec le roi de France : il était adoré du peuple, qui, sous son règne, vivait dans un bonheur et dans une sécurité qui ne lui étaient point ordinaires. Comme toutes ses acquisitions, quoique fatales au Corps de la noblesse, n'avaient été faites que sur des particuliers, dans des circonstances pare

Par cette dernière, les ligues et associations dont | ticulières à ceux qui en avaient souffert, et tou-

nous avons déjà parlé, et qui rendaient les nobles si formidables à la comunne. farent déclarées illégitimes2,

Jacques, encouragé par ces premiers succès , fitun coup plus hardi et plus décisif. Pendant la séance du parlement, il fit arrêter, dans le même temps, son cousin Murdo, duc d’Albanie, et ses enfans; les comtes de Douglas, Lennox » Angus, March, et plus de vingt autres pairs et barons du premier rang. Cependant le roi se réconcilia presque aussitôt avec tous, à l'exception du duc d’Albanie, de ses enfans et du comte de Lennox, qui furent jugés par leurs pairs, et condamnés; l'histoire ne dit point pour quel crime.

La condamnation de ces seigneurs répandit la terreur dans tout l'ordre de la noblesse, et la confiscation de leurs biens donna Ge grandes

«homicidia, deprædationes, inc

r | endia, et cætera maleñ- |!

« cia relegata extra ter

minos regni exulavit. » Chartular. Morav. , apud Jun. Essay, vol. 1, p. 272. En ces jours-à il n’y avait point de loi en Ecosse, mais chacun des plus puissans opprimait le plus faible, et tout le | royaume n'était qu'un repaire de voleurs : les homicides, les déprédations, les incendies et les autres crimes de- ! meuraient impunis; et la justice, relégaée hors des confins du royaume , y restait en exil.

LAct. 1x, p. 1424, ? Act. xxx, p. 1424,

jours par des voies juridiques , elles pouvaient exciter quelques murmures , inspirer quelque crainte, mais elles ne pouvaient jamais fournir de prétexte apparent pour une révolte générale, L'entreprise que le roi forma immédiatement après , ne lui fut pas aussi favorable. Ébloui de ces premiers succès, et de la facilité qu'il avait jusqu'alors trouvée dans l'exécution de tous ses desseins, il hasarda une nouvelle démarche, qui irrita tout le corps de la noblesse, et dont l’événement fit voir, ou qu'elle avait été projetée avec {rop de précipitation, ou qu'elle avait été conduite avec trop de violence. Le ptre de Georges Dunbar, comte de March, avait pris les armes contre Robert III, père du roi; mais ce crime avait été pardonné , et ses terres avaient été rendues à Robert, duc d’Albanie. Jacques prétendit que le régent avait excédé son pouvoir, que le roi seul avait le droit de pardonner une trahison , ou d’aliéner des pays qui avaient été réunis à la couronne. Sous ces prétextes il obtint une sentence, qui déclarait le pardon

| nul, et qui ôtait le comté à Dunbar, La plupart | des grands n'avaient point d'autre droit à leurs

possessions que celui qu'ils tiraient des pratifcations des deux ducs d'Albanie, Cette décision, à laquelle on pouvait cependant s'attendre,

comme étant une suite des ordonnances que le roi avait déjà obtenues , causa une alarme générale. Dunbar était d’abord le seul qui en souffrait : mais un exemple de cette espèce pouvait tirer à conséquence. Les titres de possessions que les nobles regardaient comme le prix de leur valeur, pouvaient devenir sujets à la révision d'une cour de justice, dont la forme de procéder et la juridiction étaient extrèmement odieuses, et peu connues dans un siècle où tout ne respirait que la guerre. Aussitôt qu'on eut pénétré les intentions du roi, le mécontentement et la terreur s'emparèrent de tous les esprits, le danger commun porta tous les nobles à se réunir et à faire-la plus grande résistance pour ne pas se laisser dépouiller les uns après les autres de leurs possessions, et réduire à un état de pauvreté qui les priverait de toute considération. Le progrès de ces sentimens parmi les nobles anima quelques harmmes déterminés, amis ou vassaux de ceux qr avaient le plus souffert sous le gouvernemen: de Jacques, et lesentraina dans le projet forcené d’attenter à la vie du roi. Jacques en reçut quelques avis incertains dans son camp devant le château de Roxbourg. Il n'osa pas se fier à des nobles à qui il avait donné tant de sujets de mécontentement. Il les congédia à l'instant, eux et leurs vassaux , et il se retira dans un monastère auprès de Berth, où il fut bientôt après assassiné de la manière la plus cruelle. Tous nos historiens sont étonnés que Jacques eût ainsi licencié son armée dans le temps qu'il en avait le plus de besoin pour la conservation de sa personne. Un roi, disent-ils, environné de ses barons, ne craint point les trahisons cachées, et peut braver les rébellions. Mais ces barons étaient ceux mêmes qu’il avait principalement lieu d'appréhender; et en parcourant les circonstances de son administration, on aperçoit clairement qu'il devait plutôt craindre le ressentiment de ces nobles , qu'attendre d'eux quelque secours. Le malheur de Jacques fut que ses principes et ses mœurs n’étaient pas au ton du siècle où il vivait. Heureux s'il avait régné sur un pays plus civilisé ! Son amour pour la paix, pour la justice, pour la politesse et les choses degoût, aurait fait réussir toutes ses entreprises, et au lieu de périr pour avoir trop embrassé, la nation reconnaissante aurait applaudi à ses projets, aurait secondé

ses efforts , et lui aurait aidé à réformer ses vues et à les améliorer.

Crichton , 'e plus habile de ceux qui eurent l'administration des affaires pendant la minorité de JacquesIl, avait été ministre de Jacques I". Il était parfaitement instruit de la résolution que ce prince avait formée de rabaisser la noblesse. Il n’abandonna point ce projet, et il s’attacha à inspirer les mêmes sentimens à son pupille. Mais ce que Jacques [°" avait dessein d'exécuter peu à peu, et par des voies de justice, fut suivi par son fils et Crichton avec cette impétuosité naturelle aux Écossais , et la férocité particulière à ce siècle. Guillaume VI, comte de Douglas, fut la première victime de leur barbare politique. Ce jeune seigneur méprisait, comme nous l'avons déjà observé, l'autorité d’un prince enfant, refusait presque ouvertement de le reconnaitre, et aspirait à l'indépendance. Crichton , trop altier pour supporter une telle insulte , mais trop faible pour réprimer ou poursuivre , par les voies de la justice , un agresseur aussi puissant, lui proposa une entrevue, et l’attira par de belles promesses dans le château d'Édimbourg , où, malgré la foi donnée , il le fit massacrer, lui et son frère. Crichton tira peu de fruit de cette perfidie, qui le rendit généralement odieux. Guillaume VII, comte de Douglas , n’en fut ni moins puissant ni moins redoutable à la couronne. En formant la ligue dont nous avons parlé plus hant, avec le comte de Cranfurd et d’autres barons, il avait réuni presque la moitié du royaume contre son souvcrain. Mais sa crédulité le conduisit dans les mêmes embüûches qui avaient été si fatales au feu comte de Douglas. Il eut trop de confiamce aux promesses du roi, qui avait déjà atteint l’âge viril;et, sur un sauf-conduit scellé du grand sceau , il hasarda d'aller le trouver dans le château de Stirling. Jacques le presse de renoncer à cette dangereuse confédération dans, laquelle il est entré. Le comte refuse obstiné-! ment de se rendre : « Si vous ne le voulez pas,| « dit le monarque furieux en tirant son nil « gnard, celui-ci le voudra ; » et aussitôt il le Eu: plonge dans le cœur. À la nouvelle de ce procédé, si indigne d'un roi, toute la nation fut saisie d'étonnement et d'horreur ; les vassanx du malheureux comte entrent en fureur. courent aux armes, attachent et trainent ignomi-

nieu ront cher men moiI conc duré ress( bien en c renc com!

fron!

tant sold:

cider mais inpa lrsq traite chev:

ous vaine des c pour hi mt sutre donn foyat chere cette Engaxes , kitior dant et de:

plus ( dacqu fit Etmer gative privil atcor qui lu Par posse:

àlc domai nulles bon p

[1460] dé à réformer ses

e ceux qui eurent pendant la minoministre de Jacinstruit de la résormée de rabaisser oint ce projet, et es sentimens à son ; Ie" avait dessein es voies de justice, on avec cette imais , et la férocité laume VI, comte e victime de leur igneur méprisait, rvé, l'autorité d'un 1e ouvertement de à l'indépendance. 1pporter une telle réprimer ou pourlice , un agresseur une entrevue , et es dans le château | foi donnée , il le Crichton tira peu le rendit généra- |, comte de Dousant ni moins reformant la ligne int, avec le comte ns, il avait réuni contre son souv£onduisit dans fes tété si fatales au trop de confiante avait déjà atteint conduit scellé du r le trouver dans s le presse de renfédération dans , te refuse obstiné-' ne le voulez pas,

n tirant son pi et aussitôt il le lui.

uvelle de ce pro- >ute la nation fut eur ; les vassaux ten fureur, coutraînent ignomi-

nieusement à la queue d’un cheval le saufronduit que le roi avait donné ct violé, marchent à Stirling, mettent la ville en cendres, et menacent d'assiéger le château. On fit néanmoins un accommodement ; on ignore à quelles conditions : mais la paix ne fut pas de longue durée. La jalousie du roi, la puissance et le ressentiment du nouveau comte rallumèrent bientôt un feu mal éteint. Tous deux se mirent en campagne , à la tête de leurs armées; ils se rencontrèrent auprès d’Abercorn. L'armée du comte, presque toute composée d’habitans des frontières, était bien supérieure à celle du roi, tant pour le nombre que pour la valeur de ses soldats. Une seule bataille paraissait devoir décider la possession du trône d'Écosse entre les maisons de Stuart et de Douglas. Les troupes, impatientes, attendaient le signal du combat, krsque tout à coup le comte fait battre la retraite et ramène ses soldats dans le camp. Le chevalier Jacques Hamilton de Cadyow , à qui Louglas avait donné toute sa confiance, convaincu de son peu d'habileté à savoir profiter des circonstances, et de son manque de courage pour s'emparer d’une couronne, l’abandonna dès li même nuit. Cet exemple fut suivi de plusieurs sutres. Le comte , tombé dans le mépris , abandonné de tous les siens, fut bientôt chassé du foyaume, et obligé , pour sa subsistance , de rechercher l'amitié duroi d'Angleterre. La ruine de éette grande famille, rivale du trône pendant si Bng-temps, et qui lui avait causé tant d’alarmes , l’effroi que le mauvais succès de son ambition répandit parmi les nobles, mirent pendant quelque temps le roi à couvert des révoltes et des contrariétés. L'autorité royale ne trouva plus d'oppositions, et devint presque absolue. dacques sut profiter de cet intervalle favorable, «& fit promulguer, avec le consentement du par- Btment , des lois plus avantageuses aux préro- £atives de la couronne, et plus destructives des priviléges de l'aristocratie, qu'aucune de celles accordées aux princes qui l'avaient précédé, et qui lui succédèrent au royaume d'Écosse.

Par l’une de ces lois, non-seulement les vastes possessions du comte de Douglas étaient réunies à la couronne; mais toutes les aliénations de domaines, passées et à venir, étaient déclarées gulles, et le roi autorisé à rentrer, suivant son bon plaisir, et sans forme de procès, dans les

possessions aliénées et à forcer mêmeles possesseurs à la restitution de tous les fruits qu'ils en auraient perçus. Instrument terrible d'oppression entre les mains d’un roi !.

Une autre loi défendait de donner héréditairement la garde des marches, bornäit, dans de certains cas, la juridiction de cet office, et étendait l'autorité des tribunaux du roi 2.

Par la troisième, il était ordonné que ni les régalités , ni le droit d'administrer la justice dans les pays d'un particulier, ne pourraient être accordés à l'avenir sans le consentement du parlement 3, condition oui paraissait renfermer une prohibition expresse. Les nobles, qui étaient déjà en possession de ce privilége, devaient naturellement être fort empressés d'empêcher qu’il ne devint trop commun ; ceux quine l'avaient point encore obtenu, pouvaient envier aux autres une marque de distinction aussi flatteuse; tous devaient ainsi concourir à faire rejeter les prétentions nouvelles.

Par le quatrième acte, toutes nouvelles concessions d'offices héréditaires étaient prohibées, et celles obtenues depuis la mort du feu roi, étaient révoquées 4,

Chacun de ces statuts attaquait quelques-uns des principaux fondemens de l'édifice de l'aristocratie. Pendant tout le cours de ce règne,

Jacques suivit avec vigueur le plan qu'il s'était tracé; et si une mort imprévue, occasionée par l'éclat d’un canon qui creva près de Ini au siége de Roxbourg, n’avait arrêté ses progrès, il ne manquait ni de génie ni de courage pour en achever l'exécution. L'Écosse aurait alors été, selontoutes les apparences, le premier royaume en Europe qui aurait vu le renversement du système féodal.

Jacques III ne montra pas moins d’empressement que son père et son aïeul, à travailler au rabaissement de la noblesse; mais, bien inférieur à l’un et à l’autre pour le génie et la capa-

cité , il adopta un mauvais plan; son règne fut malheureux , et sa fin tragique. Sous le gouvernement féodal, les nobles seuls parvenaient au ministère : possesseurs de toutes les grandes charges, de toutes les places de confiance et d'autorité, ils formaient en même temps la s0-

1 Act. xur, p. 1455.

8 Act. XL 11.

5 Act. XL.

4 Act. XLIV.

2 Finite son enn à

ciété du roi ; ils devenaient ses favoris. Presque seuls aux environs du trône, peu de gens pauvaient d'ailleurs attirer les regards et l'attention du monarque. Mais Jacques, qui craignait et haïssait les nobles, les tint à une distance à laquelle ils n'étaient point accoutumés, et il donnait toutes sortes de marques de confiance et d'affection à des personnes de bas état , et de professions si peu honnêtes, que cela seul aurait dû les écarter de sa présence. Renfermé avec ces sortes de gens dans son château de Stirling, il paraissait rarement en public, et s'amusait à l'architecture, à la musique, et à d'autres arts qui étaient alors peu estimés, Les nobles regardaient avec indignation le crédit et la faveur : de ces espèces de mignons ; tout le sang que Jacques IL avait répandu, les irritait moins que le mépris de son fils. Le premier n'avait fait vessentir les effets de son pouvoir qu'à quelques particuliers; chacun se croyait insulté par celui-

ci, parce qu'il leur donnait à tous des marques

de dédain. Le mécontentement fut bien plus grand lorsque le roi fit revivre tous ses droits aux domaines de la couronne, révoqua tous les offices héréditaires, régalités etautres con-

cessions préjudiciables à ses prérogatives, et qui avaient été extorquées pendant sa minorité, Des complots entre les nobles, des intrigues secrètes avec l'Angleterre, toutes les annonces d’une guerre civile furent les effets de leur ressentiment, Alexandre, duc d’Albanie, et Jean, comte de Mar, frères du roi, tous deux jeunes, ardens, ambitieux, et irrités contre le roi qui les traitait avec la même froideur que les autres grands, s'engagèrent forf avant dans toutes les cabales. Jacques découvrit leurs desseins avant qu’ils eussent acquis le degré de maturité pour éclore, fit arrêter ses deux frères, et envoya le duc d’Albanie dans le château d'Édimbourg. Le comte de Mar, pour avoir blâmé avec trop de hardiesse la conduite du roi, fut assassiné par son ordre, si l'on peut ajouter foi au rapport de nos historiens. Le duc d’Albanie, craignant le même sort, se sauva du château d'Édimbourg et se réfugia en France. Le zèle pour l'honneur du roi, ou le chagrin de voir sa mauvaise administration, furent peut-être les seuls motifs qui portèrent d'abord le duc d'Albanie à se joindre aux mécontens. Mais l'attachement de Jacques pour ses favoris, qui le rendait de jour en jour

plus odieux à la noblesse, la considération des avantages qu'on pouvait retirer de cette indisposition générale, la douleur de la mort d'u frère, le ressentiment d'injures personnelles,

plus ambitieuses et plus criminelles. Il fit avec Édouard IV, roi d'Angleterre, un traité dans lequel il prit le nom d'Alexandre, roi d'Écosse ; et en reconnaissance du secours qu'Édouard lui promettait pour détrôner son frère, il s'engagea, aussitôt qu’il serait en possession du royaume, à prêter serment de fidélité et à rendre hommage au monarque anglais, à renoncer à l’ancienne alliance de l'Écosse avec la France, à en contracter une nouvelle avec l'Angleterre, et à livrer à Édouard les places les plus fortes et les plus riches comtés de l'Écosse !. Ces secours que: le duc d’Albanie avait mendiés avec tant de bassesse, au prix de son honneur et de la liberté de sa patrie, lui furent donnés ponctuellement. Le duc de Gloucester, à la tête d’une forte armée, le conduisit en Écosse. Jacques, menacé d'une invasion étrangère, fut alors obligé d'implorer l'assistance de ces nobles qu'il avait pendant si long-temps traitésavec tant de mépris. Quelquesuns, étroitement liés avec le duc d’Alhæie, favorisaient toutes ses prétentions. D'autres, impatiens de saisir (ous les événemens qui pou vaient rétablir l'ordre de la noblesse dans son ancienne prééminence, se mirent en campagne à la tête d’une armée nombreuse de leurs vassaux, mais bien moins dans le dessein de repousser l'ennemi que pour obtenir le redressement de leurs griefs, pour satisfaire leur haine contre les favoris de Jacques, et pour punir des hommes dont ils ne pouvaient plus long-temps supporter l’insolence. Le projet fut exécuté dans le camp près de Lawder, avec toute la rigueur et toute la vivacité d’une expédition militaire. Après avoir tracé leur plan, les comtes d’Angus, d'Huntly et de Lennox, suivis des principaux barons de l'armée, forcèrent l'appartement du roi, se saisirent de tous ses favoris, à l'exception d’un nommé Ramsay,que le roi tenait serré entre ses bras, et qu'ils ne purent jamais en arracher ; et, sans autre forme de procès, ils les pendirent sur le pont. Les plus remarquables de ces favoris étaient Cochran, maçon; Hommil, tailleur; Léo-

1 Abercr. Mart, Atch., v {l, p. 443.

iuspirèrent bientôt au duc d’Albanie des idées.

reuse texte son,

châte gran n’en temp:

d’An; verte étaier d'Édo recev.

terre, de ce patrie conçu la mc rester

onsidération des r de cette indisde la mort d'un es personnelles,

\Ibanie des idées.

nelles. Il fit avec un traité dans leroi d'Écosse; et qu'Édouard lui re, il s'engagea, n du royaume, à ‘endre hommage cer à l’ancienne ce, à en contracrre, et à livrer à rites et les plus S secours que: le ec tant de bast de la liberté de actuellement. Le e forte armée, le xenacé d’une inligé d’implorer avait pendant si épris. Quelquesduc d’Albanie, tions. D’autres, emens qui pou blesse dans son 1t en campagne e de leurs vas- dessein de renir le redressefaire leur haine pour punir des lus long-temps ut exécuté dans oute la rigueur ition militaire.

amtes d’Angus, principaux bartement du roi, exception d'un serré entre ses n arracher ; et, pendirent sur de ces favoris

, tailleur ; Léo-

maitre en, fait d'armes. Le bizarre. assemblage de. cette indigne cour. fait le. tableau des.caprices. de: Jacques, et justifie l'indignation. des nobles, de voir prostituer la faveur: et. les grâces qui leur appartenaient, à des hommes si méprisables.

Jacques ne pouvait. pas mettre. sa confiance dans une armée si peu soumise à ses ordres. Il la congédia, et il alla se renfermer dans le château d'Édimbourg. Après bien des pourparlers et des intrigues, on rendit. à la fin.au,duc. d’Albanie ses, honneurs et ses: biens; il. paraît. qu’il avait regagné l'amitié de sor frère par quelque service important, mais leur union ne fut; pas de longue durée. Jacques.se livra entièrement à de nouveaux fayoris. La fatale destinée de ceux qui avaient: été suppliciés. à Lawder ne put arrêter d’autres prétendans qui briguaient cette dangereuse prééminence. Le duc d’Albanie,, sous prétexte qu'on avait voulu le faire périr par le poison, s'enfuit de la cour, et se retira dans son château de Dunbar, où il fut suivi d’un. plus grand nombre de barons que le. roi lui-même n’en pouvait rassembler. Il renouvela en même temps son ancienne alliance avec Édouard, roi d'Angleterre : le comte d’Angus négociait ouvertement ce traité odieux; d’autres barons étaient. sur le point d'y entrer; et si la mort d'Édouard n'avait empêché le duc d’Albanie de recevoir les secours qu'il attendait de l’Angleterre, la couronne aurait sans doute été le prix de cet infâme compiot avec les ennemis de là patriè. Le duc, au lieu des espérances qu’il avait conçues de régner en Écosse, aperçut qu'après la mort d'Édouard il ne pouvait même plüs y rester en sûreté. Il se réfugia d'abord en Angleterre, ensuite en France, et il paraît que depuis il ne prit aucune part aux affaires de son pays. Le roi et ses ministres, rassurés par sa retraite, prodiguèrent les insultes à la nolbiesse. Une garde toujours sur pied, chose inconnue dans un gouvernement féodal, et peu compatible avec l’ancienne confiance et la familiarité de nos rois avec les nobles, fut levée pour la défense de la personne du prince. Le commandement en fut donné à ce même Ramsay, depuis peu créé comte de Bothwell, et qui avait échappé si singulièrement au massacre de ses compagnons à Lawder, On ne crut point encore cette précau-

Page 1