LIVRE &. 24 nard, serrurier ; Roger, musicien; et Torsifan
tion suffisante ; on fit un édit portant défense à toutes personnes armées, de paraître dans l’enceinte du palais !,, ce qui, dans un temps où tous les gens d’un certain rang ne sortaient jamais de chez eux sans une suite nombreuse de gens armés, était. priver effectivement les nobles de tout accès auprès du roi. Jacques, en même temps passionné plus que jamais pour la vie retirée, livré à l’indolence, àlasuperstition,àdesamusemensfrt voles, laissa tomber toute son autorité entre les mains de ses favoris. Tant d'outrages accumulés appellent aux armes les principaux des nobles. Ils persuadent , ils forcent même le duc de Rothsay, jeune prince âgé de quinze ans, fils aîné du : roi, de se mettre à leur tête; et ils déclarent ouvertement que leur intention est d'ôter à Jacques une couronne dont il s’est montré si indigne. Jacques, aux approches du danger, sort comme d’un profond sommeil, quitte sa retraite, se met ea campagne, et marche aux ennemis, qu’il rencontre prés de Bannockburn. Mais les braves habitans dès frontières, dont l’armée des mécontens était presque entièrement composée, mirent bientôt ses troupes en déroute, et, dans la poursuite des fuyards, le roi lui-même fut trouvé parmi les morts. La méfiance, l’insensibilité, un attachement sans bornes à ses favoris, tous les vices d’un esprit faible, caractérisèrent toujours là conduite de ce prince; mais il n’a point mérité le nom de tyran cruel et inexorable que nos historiens li ont donné très injustement. Le peu de cas qu'il fit des nobles lesirrita, mais ne put les affaiblir, Leur mécontentement, l'ambition: immodérée de ses deux frères, leurs alliances avec l'Angleterre, si contraires à leurs véritables intérêts, auraient été suffisans pour troubler une administration qui aurait eu plus de vigueur, et pour précipiter dans le malheur un prince doué de talens bien supérieurs.
L’indignation que quelques personnes du premier rang conçurent de ce forfait, la terreur d'une excommunieation lancée par le pape contre les conjurés, les obligea d’user de la victoire avec beaucoup de modération et d'humanité. Ils eurent horreur d’avoir trempé leurs mains dans le sang de leur souverain, ils essayèrent de regagner l'estime de leurs concitoyens et d'expier en quelque sorte ce crime et la barbarie exercée.
1 Ferrerius, 398.
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contre le père, par leur fidélité et leur soumission pour le fils. Ils le placèrent sur le trône, et tout le royaume réuni s'empressa de le reconnaître.
Jacques IV était né brave, généreux, agité fortement de toutes les passions qu’une âme noble peut ressentir dans le feu de la jeunesse ; ilaimait la magnificence, il se plaisait à la guerre, il était avide de se faire un nom, Sous son règne, cette ancienne inimitié, devenue comme héréditaire entre le roi et les nobles, parut entièrement cesséc. Il ne porta point envie à l'éclat de la noblesse, parce qu'elle contribuait à l’ornement de sa cour : il ne craignit point son pouvoir, qu’il regarda comme la sûreté de son royaume. Cette confiance de ia part du roi fut récompensée par un retour d'obéissance et d’affection de la part des nobies. Dansla guerre qu'il eut à soutenir contre l'Angleterre, il éprouva tout ce que peut un roi qui a su se concilier l'amour de sa nobiesse. L'ardeur de son courage, son goût pour l'ancienne chevalerie, furent plutôt le motif de cette expédition qu'aucune vue d'avantage réel pour la nation; cependant le zèle de la noblesse pour la gloire de son roi était porté à un tel point, que jamais aucun de ses ancêtres n'avait marché en Angleterre à la tête d’une armée aussi leste et aussi courageuse, Quoique Jacques n'eût jamais formé de plan dangereux pour l'aristocratie, elle reçut sous son règne un échec qui lui fut bien funeste. Un événement, qui n’était que l'effet du hasard, la rabaissa plus qu'aucune des attaques préméditées des rois précédens. Dans la bataille téméraire et infortunée de Flowden, la brave noblesse aima mieux mourir que d'abandonner son souverain. Douze comtes, treize lords, cinq aînés de familles nobles, et un nombre incroyable de barons, tombèrent morts aux pieds du roi expirant !, Tout le corps de la noblesse se ressentit vivement et pendant long-temps de ce désastre; et si un prince majeur fût monté sur le trône, la consternation et l’affaiblissement des nobles lui auraient procuré des avantages qu'aucun des monarques précédens n’avait jamais pu obtenir,
Jacques V, qui succéda à son père, était Agé d'un an. La régence fut donnée au duc d’Albanie, homme de génie et entreprenaut né en
Aber.u, 640.
France, et accoutumé à voir un gouvernement où le pouvoir du roi était dès-lors fort étendu. Le duc fit plusieurs démarches hardies pour accroître l'autorité royale. 11 fit mettre à mort le lord Home et bannir le comte d'Angus, les deux nobles qui avaient le plus d’entours et le plus d'influence dans le royaume; cependant l'aris
tocratie ne perdit pas beaucoup de terrain sous son administration. Étranger aux mœurs, aux lois, au langage du peuple dont on lui avait confié le gouvernement, on le vit agir en plusieurs occasions plutôt comme un vice-roi de France que comme un régent d'Écosse, Les nobles maintinrent leurs priviléges, et soutinrent les intérêts de leur pays avec tant de fermeté, que le régent fut forcé de reconnaître leur indépendance et la faiblesse de son autorité. Après bien des efforts qui ne furent suivis d'aucun succès , il se retira volontairement en France. Le roi étant alors dans sa treizième année, les nobles convinrent qu'il prendrait en main le gouvernement et qu'on lui donnerait huit personnes pour l’accompagner tour à tour, et pour l'aider de leurs conseils dans l'administration des affaires publiques. Le comte d'Angus, qui était de ce nombre, ne fut pas long-temps satisfait de ce partage de pouvoir. Il gagna quelques-uns de ses collègues, il écarta les autres, il intimida le reste, et lorsque le temps de son service fut expiré, il conserva toujours une autorité à laquelle tous les autres furent obligés de se soumettre ,
parce qu'aucun d’eux n'était en état de la lui disputer. L’affection du roi était la chose qui
manquait à d’Angus pour fixer et perpétuer son pouvoir. Mais un prince actif et plein ce sentiment souffrait impatiemment la contrainte dans laquelle on le retenait. Il convenait mal à
son âge et à son caractère d'être confiné dans
son propre palais comme ur prisonnier, d'être traité sans aucun respect, et d’être privé de toute autorité. Il laissait échapper en plusieurs occa-
sions des marques de son indignation et de son
ressentiment. D’Angus aperçut tout ce qu'il en
avait à craindre, et, ne pouvant gagner le cœur
du roi, il résolut de s'assurer de sa personne.
Jacques était continuellement environné des es-
pions et des confidens du comte, de surveillans
qui épiaient toutes ses démarches, qui le sui-
vaient pas à pas. Le roi, fortement occupé du dé-
sir de recouvrer sa liberté, vint à bout de trou-
per to et s'e réside forte | la pui les un d’autr dirent rempl comte cette 1 quelq!
rité et soit m cuta F qui se rens fl majes des d de s’a terre.
Jacc de la ment entière siècle solidit nonçai vraim( impres prince:
fance, cepteu l'instr le roy:
et le c tourne heure toute qu'iln qu'on esprit passior un dés empor qu'il v côté, ( punir | dans le le plus
na gouvernement ors fort étendu.
1ardies pour acnettre à mort le Angus, les deux tours et le plus ependant l’aris de terrain sous ux mœurs, aux nt on lui avait vit agir en pluun vice-roi de ‘Écosse. Les nos, et soutinrent nt de fermeté, aître leur indéautorité. Après suivis d'aucun it en France. Le > année , les non main le gouhuit personnes et pour l'aider tration des afus, qui était de s satisfait de ce uelques-uns de , il intimida le 1 service fut exorité à laquelle se soumettre, état de la lui it la chose qui et perpétuer tif et plein ce it la contrainte nvenait mal à e confiné dans sonnier, d’être : privé de toute plusieurs occation et de son out ce qu'il en xagner le cœur > sa personne.
ironné des es- , de surveillans 8, qui le suioccupé du débout de trou-
per toute leur vigilance. 1] s’échappade Falkland, et s'enfuit dans le château de Stirling, lieu de résidence de la reine sa mère, et la seule place forte dans le royaume qui ne fût point alors en la puissance des Douglas. Une foule de nobles, les uns poussés par leur haine contre d’Angus, d'autres touchés de respect pour le roi, se rendirent bientôt à Stirling, et la cour se trouva remplie de gens de la première distinction. Le comte fut étourdi dans le premier instant de cette révolution imprévue; il voulut ensuite faire quelque coup hardi pour reprendre son autorité et marcher à la tête de ses vassaux; mais soit manque de forces ou de courage, il n’exécuta point cette résolution. Dans le parlement qui se tint aussitôt après, d’Angus et ses adhérens furent condamnés comme criminels de lèsemajesté. Le comte, après avoir échappé à bien des dangers, accablé de misère, fut obligé de s'enfuir et d'aller chercher un asile en Angleterre.
Jacques était encore dans les premiers temps de la jeunesse ; cependant il n'avait pas seulement le nom de roi, il en avait l'autorité tout entière. Il ne le cédait à aucun prince de son siècle pour les grâces de sa personne, et pour la solidité de son esprit. Un bon sens naturel annonçait en lui un jugement profond , et son âme vraiment royale était susceptible des meilleures impressions. Mais par une fatalité attachée aux princes qui sont appelés au trône dès leur enfance, son éducation fut très négligée. Ses précepteurs s'attachèrent plutôt à le flatter qu'à l'instruire. L'intérêt de ceux qui gouvernaient le royaume était de le retenir dans l'ignorance, et le comte d'Angus , dans le dessein de le détourner des affaires, lui avait inspiré de bonne heure un tel goût pour le plaisir, qu'il en fut toute sa vie occupé et dominé beaucoup plus qu’il ne convient à un roi. C’est par cette raison qu’on aperçoit dans ce prince les traces d’un esprit vaste, mais peu cultivé. D'un côté des passions violentes, un ressentiment implacable , un désir immodéré d'étendre son pouvoir, un emportement qui allait jusqu’à la fureur lorsqu'il voyait ses projets déconcertés : d’un autre côté, de l'amour pour son peuple, du zèle pour
punir les vexations et l'injustice, de la confiance |
dans le commerce de la vie privée, le caractère le plus ouvert et le plus affable.
Ce qu'il eut à souffrir du pouvoir exorbitant des nobles le porta de bonne heure à suivre l'exemple de ses prédécesseurs, et à prendre comme eux des mesures pour les humilier. Le plan qu’il forma pour l'exécution de ce projet fat plus profond, plus systématique , suivi avec plus d'égalité et de fermeté que ceux d'aucun de ses ancêtres. L'influence des événemens de son règne sur ceux de la période suivante me met dans la nécessité d'exposer fort au long toute sa conduite , et d'entrer dans les plus petits détails de toutes ses actions. Il eut assez de pénétration pour découvrir les défauts des systèmes adoptés par les rois précédens, et qui avaient été la cause de tous leurs malheurs. L'exemple de Jacques L°* lui apprit que les lois les plus sages agissent lentement sur un peuple grossier , et que seules elles n'étaient pas suffisantes pour dompter la férocité des nobles possesseurs de fiefs. Les suites des mesures violentes que prit Jacques Il persuadérent au roi que la destruction d’une seule famille des grands ne servirait qu'à provoquer la défiance et le ressentiment des autres nobles, ou bien à enrichir de ses dépouilles quelque famille nouvelle qui bientôt prendrait les mêmes sentimens, et qui ne serait pas moins formideble à la couronne. Il voyait dans la fin tragique de Jacques III, que le mépris de la part du monarque était plus insupportable à la noblesse que l'oppression même, et qu'un ministère d'hommes nouveaux et de favoris était également déshonorant et dangereux pour le prince. Il apercevait en même temps que l'autorité de la couronne n'était pas suffisante pour contre-balancer le pouvoir de l’aristocratie , et que sans quelque force accessoire: il ne pouvait pas s'attendre à de meilleurs succès que ses prédécesseurs. Jacques, pour sortir d'embarras, crut pouvoir s'adresser au clergé, qui ne manquerait pas de goûter son plan, et de l'aider de tout son crédit pour le mettre à exécution. Sous le gouvernement féodal, l'Église, qui était regardée comme un troisième état à part, avait ses représentans dans le parlement. Lenombrede ces représentans était considérable, et ils avaient beaucoup d'influence dans cette assemblée. La superstition et le zèle, dans le siècle d’ignorance, avaient répandu sur les ecclésiastiques une grande partie des richesses de la nation et l'autorité qu'ils avaient acquise par
le respect que le peuple leur portait, était.encore hien au-dessus de celle qu’ils tenaient de leur apulence. Cependant ce. corps puissant. dépendait: entièrement de la couronne, Les papes, toujours attentifs à étendre leurs usunpations, avaient négligé le royaume d'Écosse, le regardant comme peu riche et trop. éloigné ; il laissaient , en conséquence, les rois de ce pays exercer ces droits qu’ils disputaient à des princes. plus puissans. Le roi d'Écosse avait seul le droit de uommer aux évêchés et aux abbayes... Jacques pouvait naturellement penser que des hommes qui attendaient toute leur élévation de ses bonnes grâces, s'efforceraient de les mériter en favorisant l'exécution de ses desseins. Heureusement pour le roi, les uobles ne s'étaient point encore relevés du coup qui les avait terrassés à Flowden, et si l'on peut juger de leur conduite et de leur caractère par le tableau qu'en a fait le chevalier Ralph Sadler , envoyé d'Angleterre en Écosse, on ne voyait parmi eux. que des gens d'un petit génie, de nulle expérience dans les, affaires. incapables d'agir de concert et avec vigueur. D'un autre côté, plusieurs membres du clergé se distinguaient par l'étendue de leurs connaissances, et encore plus par leur ambition. Diverses querelles s'étaient élevées entre eux et les nobles, qui avaient peu de respect pour leur caractère, et qui portaient envie à leur crédit et à leurs richesses. Le clergé en agissant de concert avec le roi, lui rendait de bons offices, se vengeait des nobles, espérait de s’'agrandir, et d’abaisser le seul ordre dont ilcraignait la rivalité, Jacques, assuréd'être aussi puissamment secondé, poursuivit ses desseins avec bien plus d'audace. Dans la première chaleur de son ressentiment, il avait chassé le comte d’Angus hors du royaume, I sentait qu'un personnage aussi supérieur en talens aux autres nobles, pourrait lui susciter une infinité d'obstacles, retarder ou. détruire tous ses projets : il jura solennellement qu'il ne permettrait jamais le retour du comté en Écosse, et malgré les sollicitations réitérées du roi d'Angleterre, il tint ce vœu avec une fermeté inflexible. Il s’attacha alors à réparer les fortifications. d'Édimbourg de Stirling, et d’autres châteaux età remplir les
magasins d'armes et de munitions. Après avoir |
‘Ep. Reg. Scot. r, 197, etc. Act. cxxv, p. 1640.
pris ces. mesures pour la défense , il commença à traiter la noblesse avec beaucoup de froid: et de réserve. Les offices qu'une longue possession faisait regarder comme appartenant à. la noblesse , furent donnés à des ecclésiastiques, qui avaient toute la confiance du roi, et en même temps quelques gentilshommes d'une classe:
inférieure, à qui le roi avait communiqué ses projets, furent chargés du maniement des affaires publiques. Ces ministres furent choisis avec discernement, Le cardinal Beatoun,, qui bientôt prit l’ascendant sur tous les autres » était un homme d'un génie supérieur. Ils servirent tous le roi avec fidélité, et exécutèrent ce plan avec vigueur , avec applaudissement, et avec le plus grand succès. Jacques ne cacha plus alors le mépris qu’ilavait pour les nobles, et'il ne laissa échapper aucune occasion de les mortifier. De légères offenses furent exagérées comme: des crimes réels, et punies avec sévérité. Toute accusation contre des personnes d'un certain rang, était reçue avec plaisir; sur la plus légère apparence de délit on faisait un examen rigoureux, et tout procès devenait fatal à ceux qui étaient accusés, Le bannissement de Hepburn, comte de Bothwell, pour des raisonstrès frivoles ; lemeurtre de Forbes,décapité sans preuve évidente de son crime; la condamnation de lady Glamis, sœur du comte d’Angus, brûlée pour crime de sorcellerie , et regardée comme innocente dans ce siècle mème de crédulité, sont des monumens de la haine du roi pour les nobles , de la sévérité de son gouvernement, et des efforts qu'il faisait pour arriver au pouvoir absolu, Il voulait, par ces actes d'autorité, éprouver les nobles et. voir jusqu’à quel point ils pourraient les supporter. Leur patience augmenta le mépris qu'il avait conçu pour eux, et redoubla l'ardeur et le courage avec lesquels il poursuivait son plan. Cependant la noblesse observait avec chagrin et ressentiment le but secret de toutes les démarches du roi : mais la sagacité de Jacques , Ja vigilance de ses ministres, le défaut d’un chef expérimenté, rendaient dangereuse aux
toute mesure prise de concert pour leur défense, et leur faisait une impossibilité d'agir avec toute la vigueur nécessaire, Une imprudence de Jag» ques et de ses conseillers présenta enfin à la poblesse un avantage dont elle ne-manqua pes de profiter.
àses parer ses su for:
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n'ava imp baien sur ce prate aux d tente ennel royau reche:
sollici contr( effets union effet i propo ua int L’assis honne qu'il E levé « grand favori.
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se , il commença coup de froid et ngue possession enant à. la noclésiastiques, qui oi, et en même s. d'une classe.
ommuniqué ses iiement. des af- | furent choisis | Beatoun,, qui les autres, était ir. Ils servirent utèrent. ce plan nent, et avec le acha plus alors es, et'il ne laissa s mortifier. De ées comme. des érité. Toute acun certain rang, plus légère apnen rigoureux, eux qui étaient burn, comte de voles ; le meurve évidente: de : lady Glamis, pour crime de innocente dans des monumens , de la sévérité ris qu'il faisait Il voulait, par nobles et. voir les supporter. ris qu'il avait deur et le couson plan. Cevec chagrin et tes les démaracques , la vi-.
d'un chef exe aux ‘leur défense, gir avec toute dence de Jag»
enfin à la poanqua pes de
On connaît les motifs qui portèrent Henri VIII à se soustraire à l'autorité du pape, et à s'emparer des revenus du clergé régulier, Aucun de ses sujets ne fut content de son système de réforsuation. Les uns le taxaient d'avoir passé toutes les bornes , d’autres murmuraient de ce qu'il n'avait pas été encore plus loin; son humeur impérieuse, une suite de persécutions qui tom-
baient alternativement sur les papistes zélés, et |
sur ceux qui avaient embrassé les opinions des protestans , le rendaient également redoutable aux deux partis. Henri craignit que ce mécontentement général de ses peuples n’invitât les ennemis du continent à une invasion dans son royaume. Il savait que le pape et l’empereur
recherchaient l'amitié du roi d'Écosse, qu'ils le :
sollicitaient d'entrer dans une alliance avec eux contre l'Angleterre. Il résolut de détourner les effets de ces négociations, en établissant une union très étroite entre lui et son neveu. A cet
effet il lui envoya des ambassadeurs pour lui |
proposer une entrevue à Yorck. Jacques avait ua intérêt sensible à accepter cette invitation. L'assistance d’un allié aussi puissant , les grands honneurs qu'on lui promettait, les forts subsides qu’il pouvait en obtenir, auraient beaucoup relevé son autorité, et lui auraient procuré de grandes facilités pour l'exécution de son plan favori. D'un autre côté une guerre avec l'Angleterre, qu'il avait raison d'appréhender s’il refusait les offres d'Henri, était incompatible avec toutes ses vues. Elle le mettait nécessairement dans la dépendance de ses barons. On ne pouvait pas lever une armée sans leur assistance ;
appeler en campagne des nobles irrités contre ! leur prince, c'était réunir ses ennemis, leur faire !
| le roi de se rendre à ces invitations, Henri espé- | rait tout d'une conver‘ation amiable avec son
neveu, et les ecclésiastiques craignaient, de leur | côté, que Jacques ne cédât aux instances du roi . d'Angleterre, ou qu’il ne fût convaincu par ses argumens. Ils savaient que les bieus du clerge , étaient un objet de convoitise pour un prince qui aimait l'argent et qui en manquait ; que l'orgueil et l'ambition des gens d'église excitaient l'indignation des nobles ; que leur vie indécente . scandalisait le peuple; que les opinions des pro- testans étaient presque généralement répandues danstoute la nation ; et que le moindre encouragement qu'on donnerait à ces principes, serait nécessairement suivi d'une défection générale à l'église anciennement établie. Ils employèrent en conséquence tout leur crédit auprès du roi,
. et ils eurent recours à toutes sortes de ruses et
d’insinuations pour le détourner de cette entrevue qai ponvait devenir si fatale à leurs intérêts; ils essayèrent de lui inspirer de la crainte en
exaltant le danger auquel il exposerait sa per-
sonne s’il s'engageait si avant dans le pays Anglais, sans aucune sûreté que la parole d’un prince auquel on ne pouvait plus se fier, depuis qu'il avait méprisé ce qu’il y avait de plus respectable et de plus sacré dans la religion. En-
| Suite, en compensation des sommes que Henri | aurait pu donner au roi, ils lui offrirent un don , annuel de cinquante mille écus, ils promirent
sentir toue leur force, et leur procurer l’occasion. !
de se venger des injustices qu'ils avaient es-
d'abord les propositions d'Henri » €t consentit à l'entrevue d’Yorck. Mais le clergé craignit une union qui pourrait être fondée sur les ruines de l'Église. Henri avait donné tous ses soins pour inspirerses sentimens sur la religion à son neveu, et l'avait fréquemment sollicité, par des ambassades , d'abjurer la domivation au pape , qu'il regardait comme aussi déshonorante pour les princes qu’accablante pour leurs sujets. Le
de contribuer libéralement aux frais de la guerre contre l'Angleterre , et ils cherchèrent à l'éblouir par le coup d'œil des richesses ‘immenses qu'il retirerait des confiscations de ceux qui seraient jugés et condamnés pour crime d'hérésie. Jacques, séduit par ces représentations , rompit l'accord fait avec Henri qui s'était déjà rendu
| à Yorck, dans l'espérance d'y trouver le roi
suyées. Jacques, touché de ces considérations, et | d'Écosse. L'humeur altière et emportée du mo-
prévoyant une rupture avecl’Angleterre, écouta
narque anglais, lui fit sentir vivement cet affront. Il déclara la guerre à l'Écosse, et y fit
| aussitôt entrer son armée, qui fut en peu de
temps prête à marcher pour cet'e expédition. ; Jacques fut obligé d’avoir recours aux nobles ! pour la défense de ses états. A ses ordres , la noblesse assembla ses vassaux, mais dans les
. mêmes dispositions qui avaient animé leurs ancêtres sous le règne de Jacques III, et avec unie
| ferme résolution de suivre leur exemple en puclergé avait jusqu'alors eu l'adresse de détourner !
naissant Ceux qu'ils regardaient comme les au-
teurs des vexations dont ils avaient sujet de se plaindre : mais les ministres du roi avaient plus de mérite et de capacité que ceux de Jacques II; ils avaient su se conserver chez leurs ennemis mêmes tant de crédit et tant de considération, que les nobles ne purent jamais s’accorder sur le choix des victimes qu’ils voulaient sacrifier, c’est ce qui empêcha le camp de Fala d’être, comme
celui de Lawder, le théâtre des entreprises les |
plus hardies contre le souverain. Mais quoique les ministres de Jacques eussent trouvé les moyens de se tirer de ce mauvais pas, les nobles eurent bientôt une occasion de donner au roi des marques du mécontentement qu'ils avaient de son gouvernement , et du mépris qu'ils faisoient de son autorité. La disette des vivres, la rigueur de la saison, obligèrent l’armée anglaise de sortir de l'Écosse. Jacques imagina qu'il pourrait l'attaquer avec beaucoup d'avantage dans sa retraite. Mais les principaux d’entre les barons, avec un entêtement et un dédain qui aggravaient encore leur désobéissance , refusèrent d'avancer un pas hors des limites de leur pays. Le roi, outré de cette insulte faite à sa personne, et craignant quelque nouvelle conspiration contre ses ministres, congédia sur-le-champ une armée qui respectait si peu ses ordres, e! rentra promptement dans le cœur du royaume.
Un prince altier, ambitieux, ne put digérer un affront de cette espèce. Ses espérances avaient été conçues avec trop de précipitation, le chagrin de les voir, déconcertées fut porté jusqu'au désespoir. Il se voyait, sans aucune nécessité , engagé avec l'Anglais dans une guerre qui, au lieu de la gloire et des avantages qu'il en attendait, avait débuté par des événemens capables d'augmenter l'insolence de ses sujets, et de lui attirer le mépris de ses ennemis. Il apercevait la vanité et l’inefficacité des projets qu'il avait formés pour humilier les nobles, et il était forcé de reconnaître que quoiqu’un prince pût, dans un temps de paix, prendre quelques mesures pour les rabaisser, ils se relevaient toujours pendant la guerre, et regagnaient toute leur considération et leur importance. L’impatience, le ressentiment , l’indignation, s'emparaient tour à tour de son âme : la violence de ces passions altéra son tempérament, et peut - être affaiblirent sa raison. Il devint morne, pensif, aimant la retraite et la solitude. Le jour il paraissait
: absorbé dans une profonde méditation, pen- : dant la nuit il était troublé de ces terreurs pa- | niques qui agitent les esprits faibles et les imaginations déréglées. Pour tirer le roi de cette espèce de léthargie, les ministres imaginèrent | de concerter une invasion vers les frontières occidentales du royaume , et ils vinrent à bout | d'engager les barons des provinces voisines à mettre sur pied les troupes nécessaires pour entrer dans le pays ennemi. Mais rien ne put faire revenir le roi de son aversion pour les nobles, ni de la jalousie qu'il avait conçue de leur pouvoir. Il ne voulut pas même leur confier le commandement des forces qu'ils avaient rassemblées : il fut donné à Olivier de Sinclair, son favori. Aussitôt que ce général parut pour prendre possession de sa nouvelle dignité, la rage et l'indignation s'emparèrent de tous les esprits, l'armée entière se mutina. Cinq cents Anglais, Es par hasard s'en aperçurent, attaquérent les
cossais dans un moment de désordre. La haine
pour le roi, le mépris pour le général, produisirent un effet dont on ne voit point d'exemple dans l’histoire. Ni la crainte de la mort, ni l’amour de la liberté, ne purent contenir les Écossais, Dix mille hommes se rendirent à un corps bien inftrieur, et mirent bas les armes sans tirer un seul coup. Aucun ne voulait une victoire qui aurait procuré la satisfaction du roi et de son favori. Un petit nombre chercha son salut | dans la fuite, les Anglais eurent le choix des prisonniers qu'ils voulurent faire, et presque toutes les personnes de distinction qui avaient marché à cette expédition restèrent entre leurs mains. Cet événement surprenant donna au roi de nouvelles preuves de l’indisposition générale de la noblesse, lui fit apercevoir plus que ja- | mais toute sa faiblesse, et la perte entière de son autorité. Incapable de supporter ces insultes ré- | pétées, il se trouvait en même temps hors d'état d'en tirer vengeance. Une profonde mélancolie et un désespoir sombre succédèrent aux trans- | ports de rage qu'il avait fait éclater, lorsqu'il reçut la première nouvelle de la déroute de son armée. L'âme en proie à toutes les passions violentes ennemies de la vie, sa constitution jeune et vigoureuse fut bientôt entièrement détruite. Quelques auteurs de ce siècle ont attribué au poison la mort prématurée de ce prince, Mais les maladies de l'esprit deviennent souvent mor-
telles effets ressel ment naître a dit u vée « rir; « hor fortui ou la à att:
trouy teur ] raien beth suiva dang trouv se ré aurai suiva
sassil dése:
tie, ( ces à At que une et qt ces a:
| posé ‘qu'il néan touj( danc bis
ditation, penes terreurs pables et les imale roi de cette es imaginèrent s les frontières vinrent à bout nces voisines à ssaires pour enien ne put faire our les nobles, 1e de leur pouconfier le comvaient rasseme Sinclair, son arut pour prenignité, la rage tous les esprits, cents Anglais, attaquèrent les ordre. La haine inéral, produi- Joint d'exemple 1 mort, ni l’antenir les Écos- ‘ent à un corps rmes sans tirer ne victoire qui | roi et de son cha son salut t le choix des e, et presque on qui avaient ent entre leurs t donna au roi sition générale r plus que jaentière de son ces insultes rémps hors d'état nde mélancolie rent aux translater, lorsqu'il déroute de son »s passions viostitution jeune ment détruite.
nt attribué au > prince, Mais t souvent mor-
Er
telles lorsqu'elles sont portées à l'excès, et les effets connus que les traverses, la colère et le ressentiment peuvent produire sur un tempérament sanguin et emporté, font suffisamment connaître les causes de sa fatale destinée. «Sa mort, a dit Drummond, prouve que son âmeétait éle- « vée et au-dessus de la médiocrité : il sut mou- « rir; mais il ne put pas supporter un désastre « honteux. » Si Jacques avait survécu à son infortune, il serait arrivé l'une de ces deux choses : ou la violence de son tempérament l'aurait porté à attaquer ouvertement les nobles, qui auraient trouvé dans la personne du roi Henri un protecteur puissant, plein de volonté , et dont ils auraient tiré les mêmes secours que la reine Élisabeth sa fille accorda aux mécontens dans le règne suivant, En ce cas là, une guerre civile et très dangereuse était inévitable. Si Jacques s'était trouvé forcé d'accepter les offres d'Henri, et de se réconcilier avec la noblesse d'Écosse, l'Église aurait été sacrifiée à cette union, la réformation, suivant le plan d'Henri, aurait pris force de loi, on se serait emparé de la plus grande partie des biens de l'Église, et l'amitié du roi avec les barons aurait été cimentée par le partage de ces dépouilles.
Tels furent les efforts de nos rois pour rabaisser le pouvoir exorbitant des nobles. Si le succès n'y répondit point, nous ne devons pas en conclure que leurs projets n’eussent pas été conduits avec prudence. Toutes les circonstances paraissaient combinées contre la couronne. Des événemens qui n'étaient que l’effet du hasard concouraient avec les causes politiques pour faire échouer les mesures les mieux concertées. L’assassinat d’un roi, la mort subite d’un autre , le désespoir d’un troisième, soutinrent l’aristocratie, et contribuèrent autant que ses propres forces à la préserver de sa ruine.
Au milieu de toutes ces agitations, l'influence que nos rois avaient dans leurs parlemens est une circonstance qui paraît d’abord inexplicable, et qui mérite une attention particulière. Comme cesassemblées étaient presque entièrement com-
\ posées de nobles, il serait naturel de penser ‘qu'ils en dictaient toutes les décisions. On veit néanmoins , au contraire, que chaque roi trouva toujours, dans les parlemens, de la condescendance à ses volontés, et qu'il en obtenait les bis qu’il jugeait nécessaires pour l’agrandisse-
ment de l'autorité royale. Toutes les affaires y étaient expédiées promptement et avec unanimité; et il n'est fait mention, dans aucun de nos historiens , d'oppositions formées dans les parlemens contre les volontés de la cour, ni de difficultés suscitées pour traverser les mesures qui pouvaient être agréables au roi. Pour expliquer cette singularité, il est à propos de remonter à l’origine du parlemént, et d'en examiner la constitution.
Le génie du gouvernement féodal , uniforme dans toutes ses opérations, produisait dans les petites communautés les mêmes effets que dans les grandes. Le territoire d'un baron était en petit la représentation d'un royaume. Le baron avait le droit de juridiction , mais ceux qui relevaient de lui, étant hommes libres et non ser/s, ne pouvaient être jugés que par leurs pairs. En conséquence ces mêmes vassaux formaient les tribunaux des barons et les aidaient dans l’administration de la justice, tant pour rendre les jugemens, que pour les exécuter. Lorsqu'ils étaient assemblés à cet effet, ils faisaient, d’un consentement mutuel, les règlemens qui pouvaient tendre au bien général de leur petite société. Ils accordaient aussi assez souvent. de leur plein gré, des secours proportionnés aux besoins de leur suzerain. Ne faisons que changer le nom; au lieu de celui de baron, mettons celui de roi, et nous verrons le parlement dans ses premiers commencemens : nous apercevrons les premières traces du pouvoir dont ses membres sont aujourd’hui revêtus, comme juges, comme législateurs, comme dispensateurs des revenus publics. Nous trouverons ensuite une analogie sensible entre nos parlemens actuels, et les anciens parlemens distingués par les dénominations de cour du roi, de grand conseil du roi, et nous verrons beaucoup de rapport entre les membres de nos parlemens d'aujourd'hui et ceux qui constituaient ces anciens tribunaus Dans tout royaume féodal, ceux qui relevaient directement du roi, étaient obligés par leur condition de tenanciers, d'accompagner le roi, et de l’assister dans ses cours de justice. Cela n’était point regardé comme un privilége ; mais comme un service de fief. On exigeait la mème chose des évèques, des abbés et des ecclésiastiques du premier ordre, qui, tenant de grandes possessions de la couronne, étaient regardés
LT trame
comme sujetsaux mêmes charges. Les parlemens ue restèrent pas long-temps dans cet état, Les Villes qui s'enrichissaient de joureen jour, vinrent au point de supporter une grande partie des taxes publiques; quelques habitans venant à Gagner de l'estime et de la considération, et étant affranchis par le souverain, obtinrent une place dans le parlement, Mais comme il aurait eté déraisonnable de donner mel privilège, ou d'imposer une telle charge à toute une commumauté, Chaque bourg eut la permission de choisir un où deux de ses citoyens pour comparaître au non de tous les habitans, et ce fut ainsi que la représentation fat d'abord établie, Une autre innovation bien plus importante, fut la suite naturelle de celle qu'on vient de rapporter. Les vassaux de la couronne étaient originairement en petit nombre et très puissans. Maïs comme il est impossible de rendre les propriêtés fixes et Pefmanentes, une grande partie de leurs possessions fut démembrée, et passa en d'autres Mains, par différentes sortes d'aliénations. De à vint la distinction des grands et des petits barons. Les premiers étaient ceux qui avaient conservé leurs fiefs patrimoniaux dans tout leur ‘entier : les autres étaient les vassaux de la couronne, les plus nouveaux et les moins puissans, Mais les uns et les autres étaient également obligés à tous les services féodaux, et ‘tenus en conséquence d'assister au parlement. Les petits barons, qui formaient un corps assez considéreble, trouvaient cette obligation très onéreuse. fs désavouaient des priviléges qui leur étaïent à Charge ; ils obtenaient des chartres d’exemption pour se dispenser d'assister aux partemens, et les bourgs renonçaient au droit d'élire leurs re- Présentans. Enfin les efforts que faisaient nos ancêtres pour se délivrer de Tobligation de prendre leur séance au parlement paraîtraïent incroyables, si l'on ne voyait aujourd’hui leur postérité en faire de bien plas grands pour l'obtenir, On trouva aisément le moyen de satisfaire les petits barons et les bourgs, et d'assurer en même temps le roi d'un nombre suffisant de membres pour son grand conseil, en délivrant | ses Vassaux d’une charge inutile, Les grands barons ne farent point dépagés de l'obligation | d'assister en personne ; les petits barons en fn- | rentexemptés, à condition qu'ils éliraient dans | Chaque comté un certain nombre de représcntans |
(1513) pour comparaître en leur nom. Le parlement se trouva ainsi complet et garni de tous ses membres. Il était composé de lords spirituels et tem-
| porels, des députés des provinces et des députés
de la bourgeoisie, Un pareil concours de cir- Constances contribua à perfectionner le gouvernement d'Angleterre bien plus tôt que celui d'Écosse, La rigueur des statuts Féodaux fut radoucie de meilleure heure chez les Anglais; on remédia bien plus facilement à leurs défauts dans un royaume que dans l'autre, Les Anglais tracèrent la voie à tous ces changemens. Les députés de la bourgeoisie, et les députés des provinces Comparurent dans le parlement de cette nation, avant qu'il en Mt question dans le nôtre. Les députés de la bourgeoisie ne furent admis pour la première fois dans le parlement d'Écosse, que sous Robert Bruce !, et dans le préambule des lois de Robert 111, on les trouve raugés parmi les membres constituans de cette assemblée, Les petits barons furent redevables à Jacques d'un statut qui les exemptait d'assister en personne, et qui lenr permettait d’élire leurs représentans. On saisit avec avidité l'exemption , mais on fit si peu de cas de ce privilége d'élection de représentans, qu’excepté en une ou deux occasions , À fut négligé pendant cent soixante ans. Jacques VI fut le premier qui obligea les petits barons d'envoyer régulièrement leurs représentans au parlement 2.
Le parlement d'Écosse était donc anciennement composé des grands barons , des ecclésiastiques, et d’un petit nombre de représentans des bourgs. Il n'était point partagé comme en Angleterre, en deux chambres, mais il ne composait qu'une même assemblée, à laquelle présidait le lord chancelier 3,
! Abercromby, |, 835.
+ Essays on Brit, Antiq. Ess. M. Dalrymp. ist. of feud. prop. chap. va.
5 Il parait qu’en Angleterre les pairs et les communes ont formé de bonne heure deux chambres séparées, Jacques 1", imitateur passionné de toutes les coutumes des Anglais, eut probablement l'intention d'introduire en Écosse une différence remarquable entre les grands et les petits barons. Au moins est-il vrai qu'il décida que leurs consntations ne seraient pas dirigées par le même président. Mais par une loi de l'année 1327, il ordonna que ‘« parmi.les commissaires de toutes les Provinces on « choisirait un homme sage et expérimenté, qui serait «appelé l’orateur général du parlement , et qui propo- «serait tous tes besoins et affaires en général, et chacun :
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Dans ces siècles grossiers, les parlemens n'avaient point acquis le degré de considération qu'ils ont aujourd'hui. La science du gouvernement était très imparfaite chez ce peuple guerrier, TN était peu instruit des arts de la paix, il ne possédait point les talens qui font briller dans les débats d'une assemblée, et même il.les méprisait. Des barons fiers et hautains n'aimaient point ces cours de justice, où Îls ne pouvaient paraître qu'avec des marques évidentes de leur infériorité. Les parlemens étaient souvent assemblés à la hâte, et suivant les ordonnances qui émanaient du roi à cet effet : il y a lieu de croire qu'il pouvait en exclure ceux qui étaient opposés à ses desseins. Dans un temps où les actions de violence étaient communes, la décence peu observée, l'autorité des lois peu respectée, on n'aurait pas pu, sans courir bien des risques, s'opposer aux volontés du roi, au milieu de sa cour, Les grands ‘barons ou lords du parlement étaient en fort petit nombre. Ils n’étaient encore que cinauante-troïs au commencement du règne de Jacques VI !. Les ecclésiastiques qui étaient en pareil nombre, et tous dévoués à la couronne , pour les raisons que nous avons déjà rapportées, ne laissaient aucune es . pérance aux barons de remporter la victoire dans les débats. D'un autre côté, les nobles eux-
mêmes n'étaient pas aussi empressés qu'on au- |
rait pu le croire, à s'opposer aux ‘actes de parlement, favorables aux prérogatives ‘du roi.
Sûrs de leur propre force et de l'impossibilité où leroi aurait été de mettre de pareïls actes à exécution sans leur assistance , ils comptaient qu'ils pourraient toujours ou les éluder ou les mépriser. Les statuts qui avaient été faits pour retraire les domaines du roi, et pour réunir à la couronne les juridictions aliénées, statuts répétés sous ‘Chaque règne , et autant de fois violés et dédai-
gnés, étaient une preuve toujours existante de |
l'impuissance des lois lorsqu'on y opposait ‘la force. Tout ce détail d'événemens ‘combinés pourrait être suffisant pour rendre raison de l'ascendant que nosrois avaient pris dans le par-
« en particulier, appartenant aux communes-dans le par- « lement’ou conseil général,» Cependant an me voit point
‘que cet orateur ait jamaisété nommé; et par une doi :eub - | tend ta reine Marie elle:méme parler dans ‘une lettre à
| archevêque de Glasgow. Nous, accompagnés de notre
ééquente, le chancelier fut déclaré président perpétuel du parlement,
! And. Coll, v. 1, pref, 40.
lement. Mais sans y avoir recours, une seule civconstance, particulière au parlement d'É- <osse, et dont nous n'avons point Jusqu'ici fait mention, répandra une grande lumière sur un fait qui est, en apparence , absolument opposé à tout ce que nous avons dit de la faiblesse du roi et de la puissance des nobles.
En consultant les plus anciens monumens, où il est parlé de l'origine et de la constitution de nos parlemens, nous y trouvons un comité, distingué par la dénomination de Lord des articles. La Fonction de ces lords était de préparer et rédiger toutes les affaires qui devaient être portées au parlement. Chaque proposition pour quelque loi nouvelle était portée dans ce comité, et les lords pouvaient, suivant leur bon plaisir, l'approuver ou la rejeter, S'ils l'approuvaient, on en formait un bill qu'on présentait au parlement : s'ils la rejetaient, on ne pouvait plus en faire mention dans cette assemblée, Ce comité devait ce pouvoir extraordinaire, dont il était revêtu, à l'esprit militaire des nobles. Trop impatiens pour s’assujéttir au détail des affaires civiles, trop violens pour observer les formalités, pour se prêter à toutes les opérations nécessaires à la conduite de ces affaires, ils furent bien aises de se ‘décharger de ces soins sur un petit nombre, et de n'avoir plus qu'à donner ou refuser leur consentement aux bills qui leur seraient présentés. Les lords des articles avaient ainsi
| la direction de toute la procédure dans le parle- | ment, et ils avaient encore le droït de rejeter les
affaires proposées avant qu'elles fussent mises
| en délibération. Ce comité était nommé et cons-
titué de manière que ce rprivilége remarquable se trouvait entièrement entre les mains du roi :
| qui, suivant toutes les apparences , avait seul , | autrefois, le droit de nommer les /ords des ar-
ticles 1.Als farent ensuite élus par le parlement,
l'On'voit dans des registres authentiques, qu'un parlement fut ajourné au 12 mars 1566, et que les Zords des articles'farent nommés et s’assemblèrent le 7 de ce mois, cinq jours avant la tenue du parlement. Si ces lors pouväient régulièrement être ainsi élus plusieurs jours avant l'assemblée du parlement, il est naturel d'en ‘conclure que le prince seul'était en droit de les élire. On trouve, dans le même temps, deux relations différentes ‘de laforme de ces sortes d'élections, Dans Tune ‘on en-
«moblesse actuellement avee nous , passüns au Tofbuith « d'Fdimbourg, pour tenir notre parlement le septième
etils étaient composés d'un nombre égal de chaque état : le plus ordinairement de huit lords séculiers , de huit lords ecclésiastiques, de huit représentans des bourgs, et de huit grands officiers de la couronne.
Dans cette assemblée , les huit ecclésiastiques et les officiers de la couronne étaient entièrement dévoués au roi. Quant aux lords séculiers et aux députés des bourgs, il eût été presque impossible que le choix fût tombé sur un nombre de personnes toutes également disposées à se réunir, pour s'opposer aux desseins du roi. L'influence que le prince avait dans l'élection de ces lords, la facilité qu'il trouvait à les gagner lorsqu'ils étaient élus, lui faisaient trouver en eux la même condescendance à ses volontés que dans ceux de son conseil privé. Au moyen de l’autorité qu'il avait sur ces lords, il pouvait s'opposer à une décision dans le parlement, tant avant qu'après les débats : et ce qui paraît tout-à-fait incroyabie, c'est que le souverain le plus limité qu'il y eût alors en Europe, avait sur ce point des prérogatives auxquelles les plus absolus n’ont jamais pu atteindre !,
« jour du courant et élire les lords des articles. » En expliquant ces mots suivant les règles exactes de la grammaire, on en devrait conclure que la reine elle - même élisait ces lords. Cependant, il est pius vraisemblable que Marie a voulu dire que les nobles présens auprès d'elle, savoir, ses conseillers privés et autres, ont élu ies lords des articles. Keith. Æist. of Scotland, page 331. L’autre exemple est le rapport du lord Rutwen, qui dit expressément que la reine elle-même élut les lords. Keith°s append., page 126. Le choix de ces deux opinions est indifférent. Si les conseillers privés et les nobles actuellement à la cour avaient le droit d’élire les lords des articles, cela était aussi avantageux pour la couronne que si le prince en avait eu seul la nomination.
! Après avoir traité à fond l’histoire du comité des lords des articles autant que le sujet de ce livre préliminaire pouvait l'exiger, je crois que la connaissance des variations postérieures de cet établissement singulier, et l'usage que nos rois surent en faire pour leurs vues po'itiques, pourront satisfaire la curiosité de quelques-uns de mes lecteurs. Lorsque les parlemens devinrent plus nombreux ct plus considérables par l'admission des représentans des petits barons, la conservation de leur crédit sur les lords des articles devint dans la même proportion un objet de plus en plus intéressant pour nos rois. Jacques V1, sous prétexte que les lords des articles ne pouvaient point avoir le loisir d'examiner la multitude d'affaires qui leur était présentée, obtint un acte quicommettait quatre personnes tirées de chaque État, qui s'assembieraient vingt jours avant l'ouverture du parle-
ent, pour recevoir toutes les requêtes, etc., etc.; qui,
Après avoir exposé la constitution intérieure de l'Écosse , je crois qu'il est à propos d'y ajouter le coup d'œil de l'état politique de l'Europe dans le siècle où je commence mon histoire. Une connaissance parfaite dece systèine général, dont chaque royaume en Europe forme une partie, n'est pas moins nécessaire pour l'intelligence de l'histoire d’une nation, que la recherche de ses lois et de son gouvernement particulier. Ce dernier objet nous fait apercevoir les causes des événemens et des révolutions domestiques; mais sans le premier, les traités avec l'étranger deviendraient pour nous des mystères incompréhensibles. Ce coup d'œil politique répand la lumière sur plusieurs passages obscurs de notre histoire , et nous fait connaître les causes , dans des circonstances où la foule des historiens n'a vu que des effets.
La destruction du gouvernement féodal en France, sa décadence dans les royaumes voisins, firent dans l’état politique de l'Europe un changement remarquable : des royaumes qui morcelés, et répartis entre les nobles, étaient peu con-
sidérables, gagnèrent de la consistance et de la
rejetant ce qu'ils jugeraient inutile ou de peu d’importance, feraient enregistrer dans un livre ce qu'ils crorraient digne de l'attention des lords des articles. 11 n'y eut rien de réglé dans l'acte au sujet du choix des personnes qui devaient composer ce corps d'élite, et le roi se serait tout naturellement attribué ce privilége. Lorsqu’en 1633, Charles l‘", entreprenant d'introduire ces innovations qui.furent si désagréables à la nation, craigait l'opposition de son parlement , dans le dessein da la prévenir, il employa la ruse pour s'assurer des lords des articles. On donna commission aux pairs laïques de choisir huit évêques, aux évêques d’élire huit pairs : ces seize personnes s’assemblèrent et élurent huä chevaliers de comtés, et huit députés de bourgs, et on y ajouta les officiers de la couronne suivant l’usage ordinaire, En supposant seulement huit pairs attachés à la cour, dans uu corps aussi nombreux que celui des pairs d'Écosse l'était alors, il est évident que le choix des évêques ne pouvait pas manquer de tomber sur ces huit pairs, et en conséquence tous les lords des articles devenaient les instrumens et les créatures du roi. Cet usage si incompatible avec la liberté, fut aboli pendant la guerre civile, etle statut de Jacques VI fut révoqué. Les parlemens, après le rétablissement, tombèrent plus que jamais dans sa servitude. Ce qui n’avait d’abord été qu’une subtilité passa gère, fut établi, sous le règne de Charles 1e", en loi stable et permanente. « Quant à moi, dit l’auteur duquel j'ai «tiré la plupart de ces particularités, je trouve notre «parlement auteur de la restauration moins criminel «d’avoir accordé ouvertement au roi le droit de refus « avant les débats, que d’avoir, par des souterrains et des
de leu fils, et furent furent traire cienne gré ce entre rent à qui je!
suivie Nou en Éca Penda le cler; proles en for rance ( encore de trar pas fer ment c rent el ques-u ques \ piété e naissai faitem main.
été éle prunté Dans l naissar saient mais mateui et dans on for naissar apprit inasqu dificæ , mains mença truire « treprer le fam naissan de ses] lait auü
titution intérieure à propos d'y ajouitique de l'Europe mon histoire. Une tèine général, dont orme une partie, ar l'intelligence de à: recherche de ses articulier. Ce deroir les causes des domestiques; mais vec l'étranger demystères incomjolitique répand la s obscurs de notre e les causes, dans des historiens n’a
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de leur concitoyen. Le prevôt d'Édimbourg, son fils, et plusieurs autres personnes de distinction furent tués dans cette émeute, et les Français furent obligés de sortir de la ville pour se soustraire à la furie des habitans. Malgré cette ancienne alliance entre la France et l'Écosse, malgré cette longue suite de bons offices mutuels entre les deux nations, les Écossais commencèrent à prendre pour les Français une aversion qui jeta bientôt de profondes racines, et qui fut suivie des plus tristes effets.
Nous n'avons rien dit de l’état de la religion en Écosse depuis la mort du cardinal Beatoun. Pendant le cours de la guerre avec l'Angleterre, le clergé n'avait pas eu le temps d’inquiéter les protestans, et ces derniers n'étaient pas assez en force pour espérer autre chose que la tolérance et l'impunité. La nouvelle doctrine était encore dans son enfance : dans un court espace de tranquillité elle prit des forces, et s'avança à pas fermes et rapides vers son entier établissement dans le royaume. Les premiers qu’ prèchèrent en Écosse contre le papisme, et dont quelques-uns avaient déjà paru sous le règne de Jacques V, étaient plus recommandables par leur piété et leur zèle que par leur savoir. Ils ne connaissaient les principes de la réforme qu'imparfaitement, et ne les tenaient que de la seconde main. Quelques-uns de ces prédicateurs avaient été élevés en Angleterre, et tous avaient emprunté leurs idées des livres publiés dansce pays. Dans les faibles commencemens de cette aurore naissante, ce n'était qu'en tremblant qu'ils faisaient quelques pas de plus que leurs maîtres ; inais bientôt la doctrine et les écrits des réformateurs étrangers furent généralement connus, et dans ce siècle où l'on voulait tout approfondir, on força tous les obstacles pour arriver à la connaissance du vrai; la découverte d’une erreur apprit à en dévoiler d’autres; une imposture démasquée en laissa voir une multitude; tout l'édifiæ, élevé dans des temps de ténèbres par les mains de l'ignorance et de la superstition, commença à chanceler : il ne fallait plus pour le détruire entièrement, qu’un chef audacieux et entreprenant , capable de diriger l'attaque. Tel fut le fameux Jean Knox, qui joignait à des connaissances et à des vues plus étendues que celles de ses prédécesseurs, une intrépidité qui le met-
lait au-dessus de toutes craintes. li *ommença à &
prècher publiquement à Saint-André, en l'année 1547 , avec tout le succès qui accompagne ordinairement une éloquence hardie et populaire. Au lieu de s'amuser à élaguer les branches du papisme, il en frappa directement les racines, el il attaqua en même temps la doctrine et la discipline de l’ancienne église, avec une véhémence qui lui était particulière, et tout-à-fait analogue aux mœurs et au goût de ce siècle.
Un adversaire tel que Knox ne pouvait pas aisément échapper à la fureur du clergé, qui apercevait avec douleur le but et les progrès de ses opinions. Knox se réfugia d'abord dans le château de Saint-André, et tant que les conjurés s’y maintinrent, il y prècha publiquement sous leur protection. La grande révolution arrivée en Angleterre après la mort de Henri VIII ne contribua pas moins que le zèle de Knox au renver-
sement de l’église romaine en Écosse. Henri avait
relâché les chaines du papisme, il en avait rendu le joug plus léger. Les ministres de son fils Edouard VI les brisèrent entièrement, et établirent la religion protestante à peu près sur !e mème pied où elle est aujourd'hui dans ce royaume. Cet exemple influa sur l'Écosse, et les heureux effets de la liberté religieuse recouvréechez une nation inspirèrent à l'autre un désir égal de la recouvrer. Les réformateurs avaient jusque alors été obligés d'user de beaucoup de précautions; ils se hasardaient rarement à prêcher en public; ils se tenaient toujours dans quelques maisons particulières, et à une certaine distance
| de la cour. Ils s'accréditèrent peu à peu, princi-
palement parti le peuple et les personnes d’un moyen état, ainsi qu’il arrive toujours à la naissance d’une religion nouvelle. Mais quelques nobles de la première distinction ayant alors adopté publiq'ement leurs principes, ils ne furent plus dans la nécessité de se conduire avec la même circonspection; la sécurité et l'encouragement donnèrent du ressort à leurs prédications, et en étendirent les succès. Les moyens d'acquérir des idées nouvelles et de les répandre furent plus communs, et le goût d'innover, qu dominait alors, devint de jour en jour plus général et plus entreprenant.
Ce zèle pour la nouveauté fut néanmoins un peu modéré , au grand avantage de la réformation, qui n'avait pas encore pris assez de vigueur et de consistance pour renverser un un
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fondé sur la politique la plus raffinée, ét soutenu par un pouvoir formidable. Dans ces circonstances , toute entreprise de la part des protestans aurait été fatale à léur doctrine, et ce fut une preuve bien sensible, tant de l'autorité que Jde la pénétration des chefs de ce parti, d'avoir su modérer le zèle d’un peuple violent et impétueux, et d'avoir attendu des conjonctures plus favorables, qui rendirent chaque pas décisif, et qui assurèrent toutes leurs démarches.
Cependant leur cause reçut de nouveaux secours de deux endroits différens, d’où elle semblait ne devoir pas les attendre. L'ambition de la maison de Guise, et le zèle aveugle de Marie, reine d'Angleterre, hâtérent le renversement du trône pontifical en Écosse , et par une combinaison singulière d’événemens , les personnes qui s’'opposaient avec le plus de chaleur à la réformation dans les autres parties de l'Europe devinrent les instrumens des progrès du protestantisme en Écosse.
Marie de Guise avait toute l'audace, toute l'ambition qui faisaient le caractère distinctif des princes de sa maison. Mais en elle ces passions étaient tempérées par l'aménité particulière à son sexe, par une modération et une dextérité singulière ; ses frères suivaient avec témérité les plus grands objets, prenaient des mesures hardies pour arriver à leurs fins, et les soutenaient par un grand courage. La reine avait soin de cacher ses desseins avec tout l'art dont une femme est capable; la politique la plus fine et la plus prudente la portait par degré au pouvoir suprême. L'heureuse application de ses talens lui donna une grande influence dans les conseils d'une nation qui jusque-là n'avait point connu le gouvernement d'une femme ; et sans avoir aucun droit de prendre part à l'administration des affaires , elle vint à bout d’en envahir la principale direction. Mais elle se lassa bientôt de ce pouvoir précaire, de cette autorité partagée, que l'inconstance du régent ou l'ambition de ceux qui le gouvernaient, pouvait aisément dé- Aruire, Elle commença à tramer de nouvelles intrigues, elle travailla sourdement à perdre le régent, et à se frayer le chkmin au poste émiwent qu'il occupait. Ses frères entrèrent dans son projet avec chaleur, et l'appuyèrent de tout leur crédit à la cour de France, Henri H adopta avec plaisir des mesures qui lui donnaient l’espé-
rance de diriger à son gré les mouvemens de l'Écosse, et de pouvoir à la première rupture avec l'Angleterre, tourner toutes ses forces contre ce royaume.
La reine douairière avait deux moyens à choisir pour arriver au point d'élévation qu'elle ambitionnait, ou d'enlever à force ouverte le pouvoir au régent , où de l'obtenir de son propre consentement. La circonstance d'une minorité, le génie remuant d’un peuple porté à la guerre et aux factions , rendaient le premier de ces expédiens incertain et très dangereux ; l'autre paraissait absolument impraticable. Persuader à un homme de se démettre volontairement du pouvoir suprême, de descendre au niveau de ceux qu'il avait vus à ses pieds, et de se contenter de la seconde place après avoir occupé la première, était un projet qu'on pouvait regarder comme chimérique et extravagant. Ce fut néanmoins celui à qui la reine donna la préférence, et celte entreprise singulière fut amplement justifiée par le succès.
L'humeur vague et les irrésolutions du régent, le royaume tombé dans d'affreuses calamités sous son administration, avaient porté contre lui, au plus haut point, les préventions des no-
bles et du peuple : la reine sut adroitement et
avec le plus grand secret, fomenter ces dispositions. Tous ceux qui aspiraient au changement étaient assurés de trouver à sa cour un accueil favorable : on entretenait leur mécontentement par des promesses et des espérances, qui dans tous les temps ont séduit la crédulité des esprits séditieux. Les partisans de la réformation étant le corps le pius nombreux parmi les ennemis du régent, et qui faisait le plus de progrès, la reine s’attacha à les gagner, et suivit ce plan avec une attention particulière, Ses mœurs douces et engageantes, une indifférence apparente pour les points de religion contestés, donnaient un air de vérité aux assurances de protection et de tolérance qu'elle prodiguait. Certaine de voir entrer dans ses vues une partie aussi considérable de la nation, elle partit pour s’en aller en France, sous prétexte d'y voir sa fille. Elle eut soin de se faire accompagner par ceux de la noblesse qui avaient le plus de crédit et d'autorité parmi leurs concitoyens. Ces nobles, amollis par les délices d’une cour élégante, flattés des prévenances du roi de France, séduits par les
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deux moyens à élévation qu'elle force ouverte le tenir de son pronce d'une minoeuple porté à la nt le premier de dangereux ; l'auaticable. Persuae volontairement dre au niveau de s, et de se cons avoir occupé la A pouvait regaravagant. Ce fut donna Ja préféuière fut ample-
itions du régent, reuses calamités ni porté contre ventions des noadroitement et nter ces disposiau changement cour un accueil mécontentement ances, qui dans lulité des esprits formation étant i les ennemis du progrès, la reine it ce plan avec mœurs douces et apparente pour , donnaient un protection et de ertaine de voir » aussi considéur s’en aller en sa fille. Elle eut r ceux de la nodit et d'autorité nobles, amollis nte, flattés des séduits par les