‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 52 sur 155 · N° XIV · texte numérisé non relu

N° XIV

RANDOLPH à CECIL.

7 février 1565,

Après vous avoir humblement présenté mes obéissances, je vous dirai que je ne puis rier vous écrire de certain sur l’état présent de ce pays, où l’instabilité des esprits s’accroit de jour en jour ; et c'est par cette raison que je suis bien plus paresseux à vous écrire, que je ne le serais si les choses étaient autrement. On a eu dernièrement, pendant quelques jours, des espérances que la reine jetterait sur les lords un regard de bienveillance, et que Robert Melvin serait renvoyé vers eux avec des conditions honnètes et quelques paroles de consolation.

Mais de vés de celui-ci du card nir auc moindr tions, majesté d'Écosse gleterre dit par | qui se pe amener d’une li d'Espagr pour sou soupçont confédér:

de Franc d'Écosse que l'orif son, digr puis en à voie la pli let est arr reine et à eux. Le l avec eux d à la conn:

sonne qui ces conver avantages bonnes int son pouvo aux dépen dres par le messe ce jc ont porté c de Lennox été appelés Quelques-u Montgomm comme Fle Bothwell. ( est aussi ref le conseil si Gilles ; ce prits, que d cette église, dessein d’en pour négoci cette reine a cette prélen sa majesté le qu’une réalil périence en à temps tout tout événeme On croit q trées dans c parlé. Je sais Mais tout ce tgalement as

ce ; et que sur le t retirés à Dom occidentales, où in de se défendre n ceci les bonnes quel a envoyé un tres et traiter de s'abstenir de ces > sujets , à l’eftet e nous à dernièont on attend de cependant lesdits : faute de quelque jen, si vous voyez se, que vous leur puvement, et sans icune instruction soldats, lesquels de tous ceux qui > jugerez à prorieux déguiser la d'hommes à Carson pour la dédans le temps où

es endroits pour ‘

e, lorsque vous aire marcher ces , pourra joindre eu soin d’avertir Joyez ces troupes on pas pour les ni pour faire au:

nne ; et vous au- > avec eux et de rçoivent que n08 si ce secours pales amis que vous ers nous ni vous Uvons-nous vous (er ainsi avec ces ce, d'autre motif 2, Sans quoi nous un secours ni en nous ne voulons rs vient de notre regardée comme

l'effet de votre

1 février 1565,

té mes obéissanus écrire de cernstabilité des espar cette raison écrire, que je ne On a eu dernièspérances que la le bienveillance, rs eux avec des de consolation,

Mais depuis ce temps-là, Clernau et Thorneton sont arri- { des disputes et des contestations. On ne peut rien faire vés de France : le premier par terre , l’autre par mer; | de mieux que de chercher à entretenir ce désordre et ces celui-ci de la part de l’évêque de Glasgow, l’autre de celle | brouilleries. David occupe toujours la même place, ce du cardinal. Depuis leur arrivée les Lords n’ont pu obte- | qui fait mal au cœur à bien des gens, indignés de voir nir aucune bonne parole, et il n’y a pas mème eu la | leur \$ouveraine entièrement gouvernée par un drôle de moindre apparence qu'on eût pour eux de bonnes inten- | cette espèce. La reine a refusé absoinment de faire aucun tions, à moins qu'ils ne vinssent à bout d'engager sa bien à milord d’Argyll; et l'on dit que ce ne sera qu’au majesté la reine, notre souveraine, à déclarer la reine premier voyage qu’elle fera, lorsqu'elle sera sûre de d'Écosse son héritière présomptive à la couronne d’An- | n'être pas grosse. Le bruit général est qu'elle est grosse

gleterre. Je ne vous écris rien que je ne sache avoir été mais bien des gens ont de la peine à le croire. Ce qu'il y

dit par la reine d'Écosse ; et je sais qu’elle pense que ce in© ï is À a de certain, c’est qu'il a paru dernièr qui se passe actuellement est le moyen le plus assuré pour | qu contraire. à, R gi au

amener la reine à ce point. On parlait dernièrement d’une ligue‘formée entre le feu pape, l’empereur, le roi N° XV. d'Espagne, le duc de Savoie » et divers princes d'talie, Pour soutenir le papisme dans toute la vhrétienté, et l'on soupconnait la reine-mère d'être entrée dans cette même confédération. L’acte de cette association a été envoyée de France par Thorneton. 11 a été signé par la reine

d'Écosse à qui la copie en est restée ; et je suis instruit | riété que nous apercevons dans les choses qui nous sont que l'original doit être incessamment renvoyé à M. Wil- rapportées, font que nous avons bien de la peine à disson , digne ministre de cette invention diabolique, Si je | tinguer le vrai. C’est Par cette raison que none avons été ne des de copie, je Fi la si passer par la | plus tardifs et moins portés à vous écrire, parce que nous a sûre que je pourrai trouver. M. il- ’aprè fil pi ne L . die ts qe Rambouil | ne voulons point que vos grandeurs, etd après vous , sa è i € ; P ce soir à la | majesté la reine notre souveraine, ne soyez point instruits reine et à son mari, mais il a été fort peu de temps avec | de la plus exacte vérité, autant qu’il nous sera possible eux. Le lendemain il a eu des conférences fort longues | A cette fin nous avons jugé à propos d'envoyer le capiavec eux deux ; Mais Ce qui en a fait le sujet n’est parvenu | taine Carewve, qui était à Édimbourg lors de Ja dernière à la connaissance de qui que ce soit, Je n'ai parlé à per- | entreprise, lequel a parlé à diverses personnes, et ensuite sonne qui ait pu me donner quelque espérance que, dans | à la reine elle-même, et à son mari. En conformité de ce ces conversations, M. de Rambouillet ait obtenu quelques |} que nous avons appris par son rapport, et de ce qui nous avantages pour les lords. Cependant on dit qu'il a detrès } était déjà revenu par d’autres, nous vous envoyons le bonnes intentions , et qu’il s’emploiera pour eux de tout détail suivant, confirmé par les parties même présentes

son pouvoir. Il est logé près de la cour, €! il est nourri | ay i s i J À | à l'action, et qui ont assisté ceux qui Kéc aux dépens de la reine, Le dimanche on a donné desor- | plot, PE PRIE

dres par lesquels on a proposé à plusieurs d'entendre la Voici ce que nous savons avec certitude, Le mari de la messe ce jour-là. Le jour de la Chandeleur ces personnes | reine ayant conçu de violens soupçons contre David 1 et ont porté des cierges avec la reine, son mari, le comte | croyant que cet homme avait commis des choses tout-à- Fe Lennox et le comte d'Athol. Plusieurs autres lords ont | fait contraires à l'honneur de la reine, et qu'il ne pouvait QU No cru el point endurer, communiqua premièrement ses idées à Montgommerie, Seton, Cathnese Diuties. de Lis, dre SE si Mo ir le chagrin du roi

; pere LR) ait por excès, chercha tous les moyens qu'il put SE CR pe . st ; ir : inventer pour apporter quelque remède à la douleur de

est aussi regardé comme le pire de tous. 1 fut agité dans à Le is a L one AR OMS ApRR OUT le conseil sila messe serait célébrée dans l’église de Saint- d'aut RUE LS A cd HOURSREN pont Giles ; ce qui était plutôt, je crois, pour sonder les ce. | ! autre expédient que d éloigner David. Remplis de cette prits, que dans le dessein réel de faire dire la messe dans AT 18 s'en occupèrent sérieusement k ie RAA EAUE cette église. La reine d'Écosse était dernièrement dans le la Jen queniues pe Ur QUE But tes ne se donnèdessein d'envoyer encore Robert Melvin en Angleterre BA des es LEUR LU CCAUS pe pour négocier avec ceux des sujets de sa majesté en qui H id : er : PURE QUE ie loc MORE a ja, cette reine a le plus de confiance, Je crois néanmoins que ] “e = LED AIeAn pr évenus, ROUE que pUSsent ya cette prétendue bonne volonté en ce point des sujets de DA amis sous la main en cas qu'il en fût besoin, Ces sa majesté la reine notre souveraine est plutôt un bruit Pose PEIDEe PeermDIèrent plusieurs personnes qu’une réalité, Mais sa majesté a trop de sagesse et d'ex- en nombre sufisont, vers le ‘Ip où le complot qu me périence en ces sortes de choses pour ne pas prendre es Poue + HINYen” dBral RL TS De UNE à temps toutes les mesures Convenables, et se préparer à ut indiqué au neuf du HranE » 1rols Jours avant que le tout événement en mettant les choses au pis, parlement eût commencé ses séances : auquel temps les- On croit que quelques personnes en ce pays sont ren. dits lords furent assurés que les comtes d'Argyll, de trées dans ces ligues et confédérations dont je vous ai Re parlé. Je sais qu'il y a bien à cela quelque chose de vrai ju 10, 684 APnelé David dans cette pièce, parce qu'il s'apmais tout ce qu'on m'a dit sur cela n'est peut-être pas pelait David Rizio. Comme il est plus connu dans l’histoire

, sous le nom de Rizio, je m'en suis quelquefoi id tgalement assuré. 11 y a en cette cour bien des querelles, | traduction, À Eu eee aa

Fragment d’une lettre du comte de BEDFORD et de M. TuomAs RANDOLPH aux lords du conseil d'Angleterre,

De Berwick, 27 mars 1565,

La quantité des choses que nous entendons, et la va-

Murray, de Rothes et leurs complices auraient été condamnés si le roi, par ce moyen, n'avait été convaincu qu'ils étaient de leurs amis; et le roi désirait tant que ce projet füt exécuté tout d’un coup, qu'il ne fit point de difficulté de se livrer à ces seigneurs, à cette condition, qu'ils consentiraient qu'il eût la couronne matrimoniale, Le rci était si impatient de voir exécuter les choses dont il entendait parler tous les jours, qu’il pressait continuel- Jement ledit lord Ruthven de ne plus différer : et pour faire connaître à tout le monde qu’il approuvait l’action, il consentit à se trouver en personne à l'exécution.

Un samedi, sur les huit heures du soir, le roi se rendit, lui, Ruthven, George Douglas, et deux autres, dans sa propre chambre; laquelle ayant traversée, il monta par un escalier dérobé dans la chambre de la reine, joignant laquelle est un cabinet d'environ douze pieds en carré. Dans ce cabinet était un petit lit de repos et une table, à laquelle étaient assis à souper, la reine, lady Argyll, et David qui avait son bonnet sur la tête. Le roi et le lord Ruthveu entrèrent dans ce cabinet, et dirent à David de sortir d’un endroit qui n’était point sa place, La reine dit que c'était sa volonté qu’il y fût. Son mari lui répondit que cela était déshonorant pour elle. Le lord Ruthven dit à David qu'il devait mieux connaitre son devoir, et voulant le saisir par le bras, David prit la robe de la reine, et alla se mettre derrière elle, qui avait grande envie de £e sauver. Mais le roi ayant dégagé la main de Rizio, et pris la reine entre ses bras, Rizio fut poussé hors du cabinet et trainé par la chambre à coucher dans la chambre de parade, où étaient le lord Morton et le lord Lindsay, qui comptaient le garder ce soir-là et le faire pendre le lendemain. Mais il y avait tant de gens qui lui voulaient du mal, que l’un d'eux lui ayant donné un coup de poignard, celui-ci fut suivi de plusieurs autres, en sorte qu’il fut en un moment couvert de....." blessures. On a dit pour certain, que le poignard du roi même s'était trouvé enfoncé dans le corps de ce malheureux. Savoir si c'était le roi lui-même qui l'avait frappé ou non, c’est ce qu’on ne sait pas avec certitude. Il n’a pas été tué en présence de la reine, comme on l’a dit, mais en descendani l'escalier de la chambre de parade.

Alors le roi et le lord Ruthven restèrent long-temps avec la reine. Elle fit, pendant qu'ils étaient là, plusieurs instances pour que Rizio m'eût aucun mal, et elle bläma fortement son mari d’avoir été l’un des acteurs de cet infâme complot. On prétend que le roi lui répondit, que depuis deux mois David Rizioavaiteucompagniedu corps de la reine bien plus que lui méme son mari, et que par conséquent pour son honneur à elle, et pour son propre contentement à lui, il avait donné sou consentement à l'éloignement de Rizio. « Ce n’est point, dit la « reine, le rôle d’une femme d'aller chercher un mari, « et par comséquent la faute en retombe entierement sur « vous. » Le roi lui répondit : « Que lorsqu'il venait la « trouver, ou elle le refusait, ou elle faisait la malade. « — Fort bien , dit-elle :#ous nem’approcherez plus, etje « vous dis adieu pour tomjours. — Quelle pitié, madame, « dit le lord Ruthveu; il est le mari de votre majesté : « vous êles tenus de vous rendre le devoir l’un à l’autre,

1 Cette lacune est ainsi dans le texte,

[1566] « —Eh pourquoi ne pourraïis-je pas, dit fa reine, quitter « le roi comme votre femme a quitté son premier mari? « bien d’autres en ont fait autant. »Ruthven. répondit que sa femme avait été légitimement séparée de son mari, et que ce n’était pas pour la méme cause qui faisait le mécontentement du roi. De plus, que cet homme était de basse extraction, ennemi de la noblesse, qu’il lui faisait honte, et qu'il paraissait né pour sa destruction À elle-même et pour celle de son pays. « Fort bien, dit la « reine : mais si ce sang est répandu, il coûtera cher à « quelques-uns d’entre vous. — À Dieu ne plaise, dit « Ruthven, car plus votre majesté fera paraître son mé- « contentement, plus le public sera disposé à mal juger « d'elle.»

Cependant le roi parlait peu, et la reine ne cessait de répandre des larmes. Le lord Ruthven se trouva mal, et près de tomber en faiblesse, il demanda à boire. « Vos «majestés, dit-il, voudront bien m'excuser si j'en agis «ainsi. » Et il continua à exhorter de son mieux la reine à s’apaiser, sans que tout ce qu'il put lui dire fût au gré de sa majesté.

Cependant plusieurs gens formèrent une émeute danf la cour. Le lord Ruthven descendit pour les apaiser, et il alla droit aux comtes de Huntly, Bothwell et Athol, pour les tranquilliser en les assurant, de la part du roi, qu'on n'avait aucune mauvaise intention contre eux : malgré cela la peur les prit lorsqu'ils apprirent que le lendemain Murray serait dans ce lieu, et qu’Argill irait les joindre. Huntly et Bothwell sautèrent par une fenétre et se sauvèrent. Athol, avec Flish, et Glandorés, cidevant appelé Deysley, ministre d'Owne, eurent la permission du roi d'aller où ils voudraient, Is sortirent ensemble de la cour, joignirent le lord Lidington, et cette même nuit ils arrivèrent dans les places où ils se crurent en sûreté.

Avant que le roi eût cessé de parler À la reine , elle dit en présence du lord Ruthven, qu’elle consentait que le roi passdt cette nuit-là avec elle. Nous ne savons point ce que le roi devint, mais il n’y alla point, et dit à ses amis, pour son excuse, qu'il était si accablé de sommeil qu'il n'avait pas pu se réveiller.

Îl y avait là, dans cette compagnie, deux hommes qui y étaient venus avec le roi. L'un était André Kar de Fawdenside, que la reine aceusait d’avoir voulu la frapper avec un poignard, et um nommé Patrick Balentine, frère du clerc de justice, que sa majesté accusait aussi de lui avoir présenté le poignard sur le ventre, avec un pistolet bandé, Nous avons beaucoup questionné le lord Ruthven pour savoir la vérité de ces faits, mais il nous a assuré le contraire, ]1 y avait dans la chambre de la reine, le lord Robert, Arthur Arskin, et un ou deux autres. Ces hommes ayant fait mine de se mettre en dé-

euse , le lord Ruthven tira son poignard , et leurs armes

ne furent ni tirées ni montrées en présence de la reine, ainsi que ce lord nous l’a assuré.

Le surplus de la lettre rend compte de la fuite au château de Dunbar, où se rendirent les lords Huutley et Bothwell : comme quoi le comte de Morton et le lord Ruthven furent abandonnés par le roi, qui ne tint aucune de ses belles promesses, et qui manqua à tous ses engagemens et signatures, comine quoi le roi protesta, même devant le conseil, qu'il n’avait jamais consenti à la mort

de David Rizio, et que cela s'était fait contre sa volonté.

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« Comme quoi on avait beaucoup parlé des grands biens ade David, que quelques-uns évaluaient, en or, à la «somane de onze mille livres sterling ; que sa garderobe « était considérable, et qu'il avait vingt-huit paires de « culottes en velours; que sa chambre était bien meu- « blée, qu'il y avait beaucoup d'armes, des poignards, « des pistolets, des arquebuses, et vingt-deux épées, que « rien de toat cela ne fut pillé et ne se trouva de manque, #« à l'exception de deux ou trois poignards : qu'il avait en la garde toutes les lettres de la reine, qui furent toutes

« remises sans qu'on les examinât, Nous avons entendu !

« parler d'un joyau de prix qu'il avait pendu à son cou, « mais on ne sait ce qu'il est devenu, Il avait sur soi: « Corps, lorsqu'il a été fué, une robe de chambre de « damas fourrée, une veste de satin et une culotte de ve- « Tours rongeûtre, »

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