‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 53 sur 155 · N° XVI · texte numérisé non relu

N° XVI

Fragment d’une kître de RANDOLPH à CECIL.

16 janvier 1566,

“. ÎL y à eu depuis peu de grands démélés entre ja reiue d'Écosse et son mari, et tels que je ne puis vous dire sur quoi ils sont fondés. Le roi demande avec empressement la couronne matrimoniale, et la reine a beau coup de répugunance à l’accorder. Elle veut le tenir en respect peudaut quelque temps, et attendre qu’elle sache bien jusqu'a quel poiut il peut étre digne des honneurs de la souveraineté. On croit que le parlement sera prorogé à cet effet; mais je ne puis vous rien dire sur cela de bien assuré.

Extrait d’une lettre de Ranpotpn au secrétaire CEGIL.

On parle mal du cléré de justice, plutôt à cause de son frère que par aucune prévarication de ce clerc. et j'entends dire qu'on parlé encore plus mal du roi que d'aucun autre, La reine n’a pas bonne opinion de lui, voyant qu'il entrepreud toutes les choses auxquelles elle est 9pposée : et le peuple n’en a pas meilleure opinion, enile voyant nier une chose qui est aussi claire, puisqu'il est prouvé que le tout a élé fait par son ordre, et se porter lui-même pour accusateur et persécuteur de ceux qui n’ont rien fait que ce qu’il a exigé d'eux. Ce Scott, qui a été exécuté, et Murray, qui a été assigné hier, sont l’un et l’autre aecusés par le roi. Une personne qui a parlé, lundi dernier, à la reine, m'a mandé comme une chose assurée, que la reine avait résolu de rendre la maison de Lennox en Écosse aussi pauvre qu’elle l’a jamais été. Le comte est toujours malade et à l'âme agitée: il se tient à l'abbaye. Son fils a été le voir une fois, et lui, it a été une fois chez la reine depuis qu’elle est arrivée au château. La reine a vu les actes de toutes les ligues et associations formées entre le roi et les lords, et elle voit à présent la fausseté des dé- €larations que le roi a faites devant elle et le conseil, en assurant qu'il était innocent de la mort de David ; et elle est fortement offensée de ce que le roi cherche, par le moyen de ces lords,, à obtenir la couronne matrimoniale,

Fragment une lettre de RanDoLPn à CEcir, De Berwick, 23 avril 1566,

.. On ne parle ici que de la mésintelligence entre la “eine et son inari; elle fait le sujet de tous les entretiens;

elle est portée, de Ja part du mari, à un tel point, qu’on dit et qu’on croit généralement que M. Jacques Thornton est allé à Rome pour solliciter um divo:ce entre eux, || est très certain que Mauvissière n’a point parlé au roi ces trois derniers jours. Le roi n'est ni accompagné ni con: sidéré par aucun des nobles. Tout son train consiste er: un certain nombre de ses propres domestiques, et six ou sept hommes de sa garde, 11 a Ja liberté de faire ce qui lui plak, d'aller où il veut, mais il n’y a aucune espérance de voir le calme rétabli entre eux.

.… Le frère de David, nommé Joseph, qui est venu ici avec Mauvissière, et qui n'y est connu de personce, est devenu secrétaire en la place de son frère.

N° XVIL Le comte de Bepronb à Cor.

8 août 1566.

La reine d'Éconse et son mari sont ensemble comme ci-devaut, et même encore pis; elle mange rarement avec lui; elle n’y counhe jamais ; elle ne ge tient point en sa Compagnie, et elle n’aime point ceux qui ont de l’amitié pour lui. Elle la tellernent ravé de dessus ses papiers, que lorsqu'elle est sortie du château d'Édimbourg pour aller au dehors, il n’en savait rien. La modestie ne permet pas de répéter ce qu’elle a dit de lui, et cela ne serait Pas à l'honneur de la reine. Un nommé Hickman, marchand anglais, qui avait un épagneul très bon, et allant à l’eau, le donna à M. Jacques Melvil; celui-ci voyant que le roi se faisait un grand plaisir d’avoir de ces sortes de chiens, le donna au roi. La reine, à cette occasion. monta une garde terrible à Melvil, l’appela fourbe et flatteur, et lui déclara qu'elle ne pouvait point avoir de confiance en celui qui ferait aucun présent à un homimne qu’elle n’aimait point.

Le comte de Beprorp à CEcix,, 8 août 1566.

La mésintelligence continue entre la reine et son mari, ou plutôt elle augmente, Robert Melvil, en s’en retournant chez lui, à douze milles d'Édimbourg, ne pouvait pas dire où était la reine, parce que, dans ce méme temps, elle était venue à Édimbourg, n'ayant pas douze chevaux à sa suite, Elle n’avait pas dans cette ville dix Personnes pour lui faire compagnie; et j'ai ouï dire de- Puis, qu'il n’y avait aucun lord baron ni autre noble, Le roi son inari est alié à Dumferling, et il y passe le temps le mieux qu’il peut. 11 avait, en lui faisant ses adieux, la Contenance d’un mari qui avait quelque gros chagrin dans le cœur

Le chevalier JEAN FORsTER à CECIL.

De Derwick , 8 septembre,

La reine fait peu de cas de son mari , €t le comte de Lennox w’a point paru devant la reine depuis la mort de David.

Le chevalier JEAN FORSTER à CECIL.

11 décembre 1966.

Le comte de Bothwell est nommé pour recevoir les ambassadeurs, et ce iord a commission de disposer tout pour la cérémonie du baptême. On dit que ce seigneur

est peu agréable à la noblesse. Le roi et la reine sont actuellement à Craigmillar; mais ils ne vivent guère plus familièrement ensemble que par le passé,

Avis de ce qui se passait en Écosse, donnés par le comte de BEDFORD.

Le roi et la reine, depuis leur arrivée de …. ont été bien ensemble pendant, deux À : mais depuis que le lord de Murray est arrivé d'Édimbourg, il y a eu quelque nouvelle brouillerie. La reine a dit à milord de Mur-' ray que le roi lui voulait du mal, à lui Murray, et que le roi lui avait dit, à elle , qu’il était déterminé à le tuer, parce qu'elle admettait lui Murray si souvent en sa compagnie, ce que le roi trouvait mauvais. Elle a ainsi voulu que milord de Murray en fit des reproches au roi, ce qui est arrivé depuis quelques nuits en présence de la reine, et cela a été entendu de plusieurs personnes. Le roi a avoué qu'il lui était revenu que milord n'était point de ses amis, ce qui lui avait fait dire ce dont il se repentait. La reine a affirmé que le roi lui avait tenu ces propos, et a déclaré devant tout le: monde qu’elle ne pouvait pas être contente que ni lui ni aucun autre fût ennemi de milord de Murray. Milord de Murray demanda avec fermeté si cela était vrai, et se servit d'expressions fort modestes, et le roi sortit tout affligé. 11 ne peut pas souffrir que la reine vive familièrement avec aucun homme ou femme, et particulièrement avec les ladys d’Argill, de Murray et de Mar, qui sont sa compagnie la plus ordinaire. Milord de Murray et Bothwell ont eu des paroles très vives au sujet du lord Lidington, en présence de la reine. Murray et le chevalier Jacques Balfour étaient arrivés depuis peu de chez Lidington, avec la réponse de ce lord sur les chefs et articles qui seraient accordés entre luiet Bothwell: ce qui ayant été rapporté audit comte de Bothwell, en la présence de la reine, il répondit, qu'il perdrait plutôt la vie que de se départir des terres qu’on lui demandait. Milord de Murray lui répondit vertement, que vingt honnêtes gens comme lui, Murray, perdraient la vie plutôt que de souffrir qu'il fit aucun tort à Lidington. La reine les écoutait sans rien dire, lis se séparèrent ainsi brouillés, et je n’ai pas oui dire que depuis ils se soient rencontrés. La reine, après la chasse, vint à Édimbourg, et de là emmena le prince avec elle à Stirling. Samedi dernier un domestique du lord Ruthven a été exécuté, et il a avoué qu'il était dans le cabinet, mais il a dit qu’il n’était point complice du fait. La reine s’est expliquée au comte de Murray sur l’argent qui avait été envoyé par le pape, sur le montant de la somme, par qui elle a été apportée, et à quel dessein,

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