‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 7 sur 155 · FRA · texte numérisé non relu

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irurent avant que ‘ut généralement , et on publia que des émissaires de iens de toutes les Lonnante pour les ' traits d'histoire ques hommes et veilleux, on voit nt été saisis avec \, et crus contre ndit en Écosse et ux Écossais, anis, de se prêter à leurs fortement es princes, qu'on sur la justice de sur le choix des observer, pour u'il ne serait pas iles aurait portés et qu'il est égaleles preuves. Mais nent prévenus de ux, qu'ils étaient froid les circonsn jugewnent équi-

Rothes , le comte de

table, Tous les partis s'accordèrent à croire les ! Français coupables de cette action détestable ; l'aversion qu'on avait pour eux augmenta à un point incroyable, et gagna toute la nation.

Les Français, malgré la réception froide que les députés d'Écosse leur avaient faite lorsqu'ils avaient demandé la couronne matrimoniale , hasardèrent de porter cette même affaire au parlement de la uation. Les partisans de la maison d'Hamilton, qui soupçonnaient la France d'avoir des vues sur la succession, s'y opposèrent avec beaucoup de zèle. Mais un parti que la faiblesse et l'inconstance de son chef avaient beaucoup décrédité était peu capable de résister au crédit de la France et à l’habileté de la reine régente, secondés dans cette occasion par les partisans nombreux de la réformation. La reine eut l'adresse de donner’ aux demandes de la France une tournure moins choquante, et elle y mit tant de restrictions, qu'elles paraissaient être de peu de conséquence. Les Écossais séduits par ces artifices, ou délivrés de leurs craintes, eurent la complaisance pour la reine, de passer un acte par lequel la couronne matrimoniale fut accordée au dauphin, et la faiblesse de se fier à de vaines assurances de mots et de statuts pour se garantir des accroissemens d'un pouvoir dangereux !.

Ce concours des protestans avec la reine régente pour favoriser les desseins de la France, pendant que le clergé papiste, animé par l'archevèque de Saint-André, s’y opposait de toutes ses forces ?, est une de ces circonstances remarquables dans la conduite des deux partis, une de ces singularités dont cette période est remplie. On peut jusqu’à un certain point les attribuer à la politique de la reine régente, mais encore plus à la modération de ceux qui favorisaient la réforme. Les protestans étaient alors

! L'acte du parlement fut dressé avec la plus grande attention, dans la vue de prévenir toute entreprise contre l’ordre de succession. Mais le duc de Chatellerault ne se contenta point de cette assurance , et fit une protestation solennelle pour la conservation de son droit. Keith, 76.

Il est certain que le duc soupconnait les Français de tramer contre lui, et de vouloir le priver de son droit de succession, En effet, si la France n'avait pas eu quelques vues de celte espèce, la vivacité qu’elle mettait dans la

demande de cette couronne matrimoniale était une puérilité,

? Melvil, 47.

presque égaux aux catholiques, tant pour le nombre que pour la puissance ; ils sentaient leur force , et souffraient impatiemment de voir les ecclésiastiques armés de l'autorité de la loi ancienne, exercer sur eux un pouvoir tyrannique, Ils désiraient avec passion de se soustraire à une juridiction qui les opprimait, de pouvoir enseigner publiquement leurs opinions, et exercer un culte qu'une grande partie de la nation regardait comme fondé sur le vrai, et comme agréable à Dieu. Ils n'avaient que deux moyens pour obtenir cette tolérance, à laquelle les prêtres opposaient tout le poids de leur autorité, ou de l'arracher par force des mains du souvérain, ou de se prêter prudemment aux vues du prince, et d'obtenir ainsi sa faveur, ou de le mettre au moins dans le cas de la reconnaissance. Le premier de ces expédiens n'était guère praticable. Une nation ne se porte point tout d'un coup à la violence pour obtenir le redressement de ses griefs, et des sujets se hasardent rarement à résister à leur souverain ; c'est le dernier remède; il ne s'emploie que dans des cas d'une extrème nécessité, Les réformateurs s’attachèrent donc à mériter la protection de la reine, en lui donnant des preuves de leur zèle pour l'avancement de ses desseins. La reine eut grand soin de les entretenir dans ces dispositions; elle sut les amuser avec tant d'art, par des promesses et par des grâces , qu'avec leur assistance elle vint à bout de surmonter dans le parlement la force de cette jalousie nationale et peut-être louable, qui sans cela y aurait prévalu à la pluralité des suffrages.

Une autre circonstance contribua encore à donner à la régente cette grande influence dans le parlement. En Écosse la nomination de tous les évèchés et de toutes les abbayes qui donnaient séance au parlement appartenait à la couronne !. La reine, depuis son avénement à la régence, avait gardé entre ses mains presque tous les bé néfices de cette espèce qui étaient venus à vaquer, à l’exception de ceux qui avaient été conférés à des étrangers au gravd déplaisir de la nation. Le cardinal de Lorraine, frère de la reine régente, avait obtenu les abbayes de Kelso et de Melrose, deux des plus riches bénéfices du royaume?. La reine, par cette conduite,

1 Voyez liv. 1 ? Lesiy, 202.

avait affaibli le banc des ecclésiastiques qni était entièrement à la dévotion de l'archevêque de Saint André, et qui, par le nombre et l'autorité, avait ordinairement beaucoup de poids dans les délibérations de la chambre : ce banc était alors si peu nombreux, que toutes ses oppositions ne pouvaient être que d'une très petite conséquence !.

Le comte d’Argyll et Jacques Stewart, prieur de Saint-André, deux des chefs des protestans, l'un le plus puissant , l’autre le plus agréable au peuple, furent nommés pour porter au dauphin la couronne et les autres marques de !1 royauté, Mais ils furent bientôt appelés sur un plus grand théâtre, et ils y jouèrent un rôle bien plus intéressant.

Avant que d'entrer dans le récit de ces événemens , il est à propos d'observer que le 17 de novembre, Marie, reine d'Angleterre, termina ses jours. Son règne fut court et peu glorieux, Sa sœur Élisabeth prit possession du trône sans aucune opposition, et la religion protestante fut alors établie en Angleterre, et autorisée par les lois. Toute l'Europe portait des regards at: tentifs sur l’avénement d’une reine qui par sa conduite dans des circonstances très difficiles avait annoncé ces grandes qualités qui se développèrent dans lasuite, et donnèrent à son règne tant de célébrité. Les deux partis en Écosse bservaient avec le plus grand intérêt ses premières démarches, et pensaient bien qu'ils ne seraient pas long-temps spectateurs indifférens de tout ce qui se passait en Anglete, :.

Cependant l'établissement de la réfonr:ation en Écosse avançait tous les jours, malgré les cf forts qu'on faisait pour la décourager et l'opprimer, Toutela Basse-Écosse, la partie du royaume la plus peuplée, et alors la plus belliqueuse , était fortement imbue des opinions protestantes : et si les mêmes impressions n'avaient Pas gagné les comtés plus éloignés, ce n'était pas que les dispositions des peuples ne fussent partout les mêmes, mais la rareté des prédicateurs qui, malgré leur zèle infatigable, ne pouvaient pas suffire à l'avidité de ceux qui désiraient leurs instructions. La conduite paisible et régulière d'un corps aussi nombreux que le parti protes-

? On voit par la liste des membres de ce parlement que

Lesly appelle l'un des plus complets, qu'il n’y avait de présens que sept évêques et seize abbés.

tant, est une chose bien surprenante chez un peuple tel que les Écossais, élevé dans les armes, prompt à se mutiner, et dans un siècle où le goût pour la controverse, devenu passion, s'était emparé de l'esprit humain, le remuait et l'agitait avec tant de violence. Depuis la mort de M. Patrick Hamilton, le premier qui souffrit en Écosse pour la religion protestante, trente années s’écoulérent sans qu'on vit pendant un si long espace de temps, l'ordre ou la tranquil: lité publiqne troublés eu aucune manière par les réformés !. En bute aux plus cruels excès de la tyrannie ecclésiastique, ils ne se laissèrent jamais transporter par la colère hors des bornes du devoir que la loi prescrit à des sujets. La prudence de leurs chefs, la protection que la

, reine régente leur accordait par des vues de po-

litique, jointes à la modération de l'archevèque de Saint-André, les entretenaient dans ces dispositions pacifiques. Ce prélat, que les historiens contemporains accusent de grands désordres dans sa vie privée *, gouverna l'église pendant quelques années avec une douceur et une

| Prudence dont on voyait peu d'exemples dans | ce siècle, Mais quelque temps avant la tenue du | dernier parlement, l'archevêque s'était départi de | Ces maximes d'humanité qui avaient jusque alors | fait la règle de sa conduite. Soit pour faire dépit | à la reine, qui étaît dans une union très étroite | avec les protestans, soit par complaisance pour | son clergé qui l'importunait de sollicitations, il

se livra à toute la rage de la persécution contre les réformés. Un prêtre fort âgé, accusé d'avoir embrasse les opinions des protestans, fut condamné au feu , et on somma plusieurs autres, accusés du mème crime, de comparaître devant une assemblée du clergé, qui devait être bientôt convoquée à Édimbourg,

Ï! serait impossible d'exprimer l'horreur dont les protestans furent saisis à cette.exécution barbare et imprévue : on ne peut la comparer qu'au zèle avec lequel ils embrassèrent la défense d'une cause qui paraissait alors dévouée à la destruction. Îls eurent aussitôt recours à la reine régente; el comme son crédit dans le parlement ,

! Le meurtre du cardinal Beatoun fut la suite d'une vengeance particulière, Comme ce crime ne fut commis que par seize personnes, on ne peut pas avec justice l’imputer à tout le parti protestant,

2 Knox, Buchanan, Keith, 208.

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qui était sur le point de s'assembler, dépendait de leur concours et de leur assistance, non-seulement elle les mit à couvert de l'orage qui les menaçait, mais même elle leur permit l'exercice de leur religion avec plus de liberté qu'ils n'en avaient eu jusqu'alors. Les protestans ne voulurent point s’en tenir à cette liberté précaire, et ils travaillèrent à en rendre la possession plus assurée et plus indépendante. Dans cette vue ils résolurent de présenter une requête au parlement pour réclamer la protection des lois contre le pouvoir exorbitant, la juridiction tyrannique des tribunaux ecclésiastiques, qui , suivant une forme de procédure arbitraire fondée sur leur droit canon, prononçaient des sentences contraires à toute justice, répugnantes à l'humanité. Muis la reine, qui craignait les suites des débats qui pourraient s'élever sur une affaire aussi délicate, et qui prévoyait un soulèvement de passions fortes et dangereuses, vint à bout de persuader aux chefs du parti de se désister de la requête projetée, en leur renouvelant les promesses de protection ies plus solennelles , et en leur représentant, qu'attendu leur nombre et leur pouvoir dans le parlement , ils obtiendraient, selon toutes les apparences, tout ce qu'ils demandaient, ou bien au moins quelque adoucissement à leurs maux.

Les protestans prirent une autre voie, et s'adressérent à l'assemblée da clergé papiste, Mais leur démarche eut le mauvais succès qu'on avait toujours éprouvé lorsqu'on avait parlé de réformation aux ecclésiastiques romains, Abandonner un pouvoir usurpé, renoncer à une erreur lucrative, sont des sacrifices que des particuliers ont offerts à l'amour du vrai dans quelques occasions , mais on ne peut jamais attendre un pareil effort d’une société d'hommes réunis. La corruption d'une telle société favorisée par les avantages que la communauté en retire, justifiée par une pratique générale, est aperçue par tous ses membres sans honte ct sans horreur. Jamais la réforme ne peut venir de leur propre mouvement, il faut qu’ils y soient toujours forcés par quelque main étrangère, L'assemblée du clergé romain se gouverna dans ces circonstances suivant ces mêmes principes d’insensibilité et d'inflexibilité, Toutes les demandes des protestans furent rejetées avec mépris: le clergé papiste, au lieu de se relâcher prudem-

| ment sur quelques points, et d'essayer de rame-

ner par la doticeur un corps aussi nombreux, soutint les maximes de son église, sur quelques articles des plus indifférens, avec une rigueur mal entendue , et qui fournit encore de nouveaux griefs ! aux protestans. Ë

Pendant que l'assemblée du clergé se tenait, les protestans commencèrent à soupçonner quelque changement dans les dispositions de la régente à leur égard. Son union avec eux depuis quelques années était dictée par l'intérêt : ils croyaient qu'elle leur était attachée par les liens les plus forts d'affection et de reconnaissance ; mais ils découvrirent, dans cette occasion , des marques évidentes, non-seulement de froideur, mais même d'un commencement de dégoût et d’aversion. Nos historiens , en rapportant ce fait, ne se sont presque attachés qu'à des lieux communs de morale. Ils s'étendent beaucoup sur les influences de la prospérité sur l'esprit humain ; ils dépeignent le changement qu'elle fait dans le caractère, la corruption qu'elle met dans le cœur. La reine, disent-ils, parvenue au dernier terme de son ambition, ne se tint pas longtemps dans les bornes de sa modération accoutumée ; l'arrogance ordinaire aux gens fortunés lui fit bientôt regarder avec dédain ceux dont l'assistance lui avait servi à s'élever à un si haut point d'autcrité. Cependant il est certain que la conduite de la reine, dans ces circonstances, ne doit être Attribuée ni à la dépravation du cœur humain ni à l'ingratitude de cette princesse ; son changement venait d’une source bien différente et bien plus éloignée. C'est ce que nous allons tâcher de développer avec exactitude, pour répandre la lumière sur toute la suite des événemens.

Les princes lorrains avaient eu jusqu'alors autant de bonheur que d’audace ; mais leur ambition était sans bornes, et était principalement caractérisée par l'étendue immense de leurs projets. Étrangers à la cour de France, leurs grandes qualités les avaient élevés, en fort peu de temps, au plus haut degré de puissance, les avaient placés au-dessus de tous lesautres sujets, les avaient mis sur la même ligne que les princes du sang. L'église, les armées, les finances, étaient sous leur direction. [ ne leur manquait

PA IRREE Se Mer rem m2 — ÿ

que la dignité royale, et ils s’en étaient fort ap- . prochés par le mariaÿe de la reine d'Écosse avec !

le dauphin. Pour flatter leur vanité, et pour rendre leur nièce plus digne de l'héritier présomptif du royaume de France , ils formèrent une prétention à la couronne d'Angleterre, et elle n’était pas tout-à-fait destituée de fondement.

Tout le monde connaît les funestes amours, et les mariages tragiques d'Henri VIIL. Ce monarque impatient et despotique, entrainé par le caprice de ses passions et de ses ressentimens , avait répudié ou fait décapiter quatre des six reines qu’il avait épousées. Le parlement , pour lui complaire, avait déclaré par un acte ses deux filles illégitimes. Cependant, par une suite de ces boutades et de ces irrésolutions qui faisaient le propre de son caractère, en faisant son testament, dans lequel on l'avait autorisé à régler l’ordre de la succession , il appela ses deux filles au trône, après la mort de leur frère Édouard. Par ce mème acte, il donna l'exclusion à la postérité de sa sœur aînée Marguerite, reine d'Écosse, et il fit passer le droit de succéder aux descendans de sa sœur cadette, la duchesse de Suffolck.

En conséquence de ces dispositions , dont la validité fut reconnue en Angleterre, mais qui ne furent jamais adoptées par les étrangers, Marie avait régné en Angleterre sans aucune plainte de la part des princes voisins. Mais les mêmes raisons qui avaient favorisé son avénement au trône furent des obstacles à l'élévation de sa sœur Élisabeth ,*et rendirent la possession de celle-ci précaire et mal assurée. Rome tremblait pour la foi catholique, sous le gouvernement d'une reine protestante, qui possédait de si grandes qualités. La cour d'Espagne était agitée des mèmes craintes. La France voyait avec indignation un trône auquel la reine d'Écosse avait tant de prétentions, occupé par une rivale, que l'illégitimité de sa naissance aurait dà , suivant l'opinion des bons cathoïiques, priver de tout droit à ia succession. La haine impuissante du pontife romain, le faible gouvernement de Philippe 11, ne pouvaient produire aucun effet subit ou dangereux. L’ardeur, l'impétuosité , l'ambition démesurée des princes lorrains , qui gouvernaient alors la cour de France, annonçaient des événemens bien plus décisifs, et bien

plus à craindre. Aussitôt après la mort de Marie, ;

Hk60) force, 1 Henri II, encouragé par ieurs conseils, per- monarc suada à son fils et à sa belle-fille de prendre le leur po titre de roi et reine d'Angleterre , et ils affectè- méditèr rent de publier cette résolution dans toute l'Eu- rent la rope. Ils se servaient de ce style et de ces déno- des arn minations dans tous les papiers publics, dont très for quelques-uns sont encore existans !. Les armes gros co d’Angleterge étaient gravées sur leur vaisselle, genre d sur leurs monnaies, et ils les portaient dans rie, qui toutes les occasions. Cependant on n'avait fait des arr aucun préparatif pour soutenir une entreprise propre aussi imprudente et aussi prématurée. Élisabeth de ces k était déjà assise sur le trône; une fermeté d’âme pens, f à toute épreuve, secondée par tout l’art de la quêtes i politique, lui fournissait les moyens nécessaires Ce fu pour s'y maintenir. Les forces navales de l’An- de Fran gleterre avaient acquis une grande réputation. trèrent | La marine de France était absolument négligée, velles fo et l'Écosse était le seul chemin ouvert à cette petits ét puissance pour arriver aux pays où régnait ples, le Élisabeth. Ce fut aussi de ce côté que les prin- appeler ces lorrains dirigèrent leurs attaques, espérant quête as qu'à l'appui du nom et des prétentions de la que des reine d'Écosse ils viendraient à bout de faire h décider]

soulever les catholiques anglais, alors formidables par leur zèle et par leur nombre, et aigris au dernier point contre Élisabeth, à cause des changemens qu’elle avait faits dans la religion du pays.

On ne pouvait espérer aucun secours des

protestans d'Écosse pour détrôner unereine que initièren

toute l'Europe regardait comme le soutien et le cret der plus ferme appui de la réformation; la destruc- gnèrent tion du pouvoir et de la réputation de ce parti en metta en Écosse était mème le premier pas qu'il fal- lie fut pe lait faire pour se disposer à l'invasion de l’An- berté à « gleterre. Les princes lorrains se déterminèrent tenue pa par ces considérations à entamer par-là leurs … tivement projets; et comme la persécution était le seul … mit à auc moyen connu dans ce siècle pour détruire les | qui aura opinions nouvelles sur la religion, moyen dicté reuse. par l'esprit despotique et sanguinaire de céux Û Ce sy. de la communion romaine , ils résolurent de s’en succès en servir, et de se portersur ce point aux dernières dans ce J extrémités. Le comte d'Argylle, prieur de Saint- André, et les autres chefs du parti, furent les «artifices, premières victimes dévouées à la mort ? , dans es ul l'espérance que cet exemple terrible en impose- lement tro ples pour j:

! Anderson, Diplom. Scot., n°, 68 et 164.

? Forbes, 1, 152. [|

s conseils, perlle de prendre le re, et ils affectèa dans toute l'Eue et de ces dénors publics, dont ans !. Les armes ur leur vaisselle, s portaient dans nt on n'avait fait ir une entreprise aturée. Élisabeth ne fermeté d'âme * tout l’art de la pyens nécessaires navales de l’Anande réputation.

lument négligée, 1 ouvert à celle pays où régnait dté que les printaques , espérant prétentions de la à bout de faire s, alors formidaombre, et aigris eth, à cause des

dans la religion

un secours des ner une reine que e le soutien et le tion; la destruction de ce parti er pas qu'il falnvasion de l’Ane déterminèrent ner par-là leurs ion était le seul our détruire les on, moyen dicté guinaire de céux ésolurent de s’en int aux dernières prieur de Saintparti, furent les \ la mort ? , dans rible en impose-

38 et 164.

force, lorsque réunis ils prirent la forme d’une monarchie régulière. Les rois connurent tout leur pouvoir, sentirent toutes leurs forces. Ils méditèrent des projets de conquêtes, ils portèrent la guerre dans des pays éloignés. On leva des armées nombreuses, on imposa des taxes très fortes pour leur subsistance : on soudoya de gros corps d'infanterie toujours sur pied; ce genre de service devint honorable, et la cavalerie, qui avait fait jusqu'alors la principale force des armées de l'Europe, parce qu'elle était plus propre aux expéditions promptes et volontaires de ces barons qui servaient à leurs propres dépens, fut jugée insuffisante pour faire des conquêtes importantes et pour les conserver.

Ce fut en Italie que les monarques puissans de France, d'Espagne et de Germanie, se montrèsent d’abord pour y faire l'essai de leurs nouvelles forces. La division de ce pays en plusieurs petits états, la mollesse efféminée de ces peuples, leur aversion pour les armes, paraissäient appeler leurs voisins plus guerriers, à une conquête assurée. Les Italiens qui ne connaissaient que des simulacres de combats, accoutumés à

à, décider leurs querelles sans effusion de sang, fu- …. xent frappés d'étonnement à la vue d'une guerre

ctive : ils firent place au torrent qu'ils ne

{ épuiser sa fureur, L’intrigue et la poli- Suppléèrent au défaut de leurs forces. La nécessité, le désir de leur propre conservation, initièrent ce peuple ingénieux dans le grand secret de notre politique moderne : ils lui enseignèrent l'art de balancer le pouvoir d’un prince en mettant celui d'un autre en opposition, L'Italie fut pendant long-temps redevable de sa liberté à cet heureux Stratagème, La balance fut tenue par des mains habiles ; on observa attentivement les plus petites variations : on ne permit à aucun prince de conserver une supériorité qui aurait pu faire ombrage et devenir dangereuse,

Ce système de conduite, suivi avec tant de succès en Italie, ne fut pas long-temps confiné dans ce pays, séjour principal de la politique la

(artifices, trahi les constituans et la nation,» Essays on Bril. Antiq., 55, Cependant il est probable, par une lettre de Randolph à Cecil, du 10 août 1560, que ce parlement U'ouva dans des formes anciennes quelques exemples pour justifier son indigne conduite.

ient arrêter, ils lui laissèrent suivre son !

plus raffinée. La maxime de conserver une balance de pouvoir est fondée sur tant de raisons plausibles, et la situation de l'Europe la rendait si nécessaire, qu'elle devint bientôt l'objet principal des attentions de tous les sages politiques. Chaque pas qu'un prince faisait, était observé par tous ses “isins. Des ambassadeurs , espèce d’espions honorables, autorisés par la jalousie

réciproque des rois, résidaient presque toujours:

dans toutes les cours différentes, et étaient chargés de remarquer tout ce qui s’y passait. On pouvait ainsi prévoir et prévenir les dangers avec plus de facilité, dans une distance même fort éloignée. On forma des confédérations pour abaisser tout pouvoir qui s'éléverait au-dessus de la proportion convenable. Le désir de se venger ou de veiller à sa propre défense ne fut pas long-temps la seule cause des hostilités. 11 était ordinaire de voir prendre les armes par politique, et la guerre, tant dans ses commencemens que dans ses opérations, était plutôt une affaire de raisonnement qu'un effet du mouvement des passions. Presque toutes les guerres en Europe devinrent générales, et les plus petits états acquirent un degré de considération ,

; Parce qu'ils pouvaient mettre un grain dansk,

balance,

François [*°, qui monta sur le trône de France en l'année 1515, et Charles-Quint, qui parvint à la couronne impériale en 1519, partagérent entre eux les forces et les affections de toute l'Europe. Cette fameuse inimitié perpétuée entre eux n'était point l'effet d’une jalousie personnelle, ni du caprice d’une passion particulière ; elle était fondée sur une politique si naturelle et si judicieuse, qu’elle subsista entre leur postérité pendant plusieurs siècles, et qu'elle pourra mème revivre encore, malgré l'union singulière que nous voyons aujourd'hui entre ces deux maisons rivales.

Charles était héritier de tous les états de la maison d'Autriche, Jamais famille n'avait tant fait d’acquisitions par des mariages contractés avec prudence et toujours heureux. De vastes possessions ainsi accumulées élevèrent en peu

de temps les princes autrichiens de l'état obscur

de comtes de Hapsbourg à ceux d'archiducs d'Autriche, de rois de Bohème, et à la dignité impériale qu'ils ont presque toujours conservée par une sorte de droit héréditaire, Charles jot

gnait à tous ses pays d'Allemagne.le droit de succéder à ‘la couronne d'Espagne:et à tous les domaines appartenant à la maison de Bourgogne. Les provinces de Bourgogne, qui absorbaient | alors les richesses. et le commerce d'une moitié de l'Europe, lui fournirent en plusieurs occasions. des sommes immenses, et il tira de ces pays des contributions si fortes, qu'aucun peuple n'aurait pu les-supporter sans le commerce et la liberté. Il trouva en Espagne une infanterie leste et aguerrie, et il fut redevable de toutes ses conquêtes à la bravoure et à la.discipline de.ce corps. Dans le même temps la découverte du Nouveau-Mondeluiouvrit une source derichesses que l'ambition la plus démesurée n'aurait pas pu tarir. Tant d'avantages réunis rendaient Charles le premier prince de l'Europe, mais cette prééminence ne remplissait point encore tous ses désirs, ilaspirait ouvertement à la monarchie universelle. Il avait un de ces génies tardifs et ! qui restent long-temps cachés; mais ce génie:se développa imperceptiblement, et se porta à un degré de force et d'élévation. auquel on.ne s’attendait point. Il possédait dans le plus haut degré toutes les qualités qui caractérisaient les princes des races différentes dont il était sorti. S'il formait un plan, on apercevait en lui la. finesse et la pénétration de Ferdinand son grandpère : il suivait unprojet avec la ténacité, l'inflexibiiité et la persévérance particuliéresau sang d'Autriche; dans l'exécution il montrait toute la grandeur d'âme et l'audace deses ancêtres de la maison de Bourgogne, Doué d’une égale étendue de connaissances et de pouvoir, il.se serait toujours trouvé supérieur à ses eutreprises, si la Providence n'eùt pris pitié du genre humain | en le préservant de la monarchie universelle, le | plus grand de tous les fléaux, et n'eût suscité François I‘ pour être le défenseur de la liberté de l'Europe. Les états de ce prince étaient moins | bendus, mais plus rassemblés que ceux de l'empereur : il avait un peuple nombreux, des sujets actifs, belliqueux, avides de gloire, remplis d'amour pour lenr roi. Charles, tout occupé de son agrandissement, se fixait vers cet: unique objet de ses désirs, et le suivait avec une morne industrie et un zèle infatigable, François savait alker son ambition avec le goût du plaisir et des | arts. Al négligea, à la vérité, plusieurs avans | tages qu'un prince plus flegmatique et plus mo- ;

déré aurait su mettre:à profit, mais son activité, un courage intrépide, suppléèrent à tous ses

| défauts : il-réprima ct déconcerta plusieurs fois

les desseins de l'empereur.

Tout lè reste, de l’Europe observait les démarcheside ces deux puissans rivaux avec une attention mêlée de jalousie. Les Italiens apercevaient le danger qui menaçait toute la chrétienté. Pour le détourner, ils eurent recours à cet expédient qu'ils avaient tant de fois employé avec succès. Ils essayèrent de partager également

| le pouvoir des deux monarques. Ils entreprirent

de former une union -de plusieurs petits états, pour modérer celui des deux princes qui voudroit s'élever à un trop haut degré de puissance. Mais ces mesures, concertées avec sagesse, sc trouvérént pour eux trop difficiles dans l’exé: cution ; l'intrigue et la finesse étaient de faibles ressources contre des entreprises soutenues par la force des armes.

D'un autre côté Henri VHIL, roi d'Angleterre, tenait la balance avec moins de délicatesse, mais d'une main plus ferme et plus assurée. Il était le troisième prince de son siècle, en puissance et en dignité. La situation avantageuse de ses domaines, la tranquillité établie dans l'intérieur

de son royaume, ses richesses immenses, une’ /

autorité absolue dans ses états, le rendafént! comme le gardien naturel de la liberté de! l'Et£: rope. François et Charles recherchaient son al-

liance avec un empressement égal. 11 savait que sou intérêt était de tenir la balance égale entre

ces fameux rivaux. et de les réprimer l'un et

l'autre en ne s'alliant avec aucun des deux trop

étroitement. Il était capaole de former ces idées,

mais il sut rarement les mettre en pratique.

Guidé par ses caprices, incapable d'agir consé-

quemment à ses principes, les passions de

l'homme étouffaient en lui le germe des maximes

du roi. La vanité et le rrssentiment étaient les

grands mobiles de toutes ses actions, et ses

voisins qui connaissaient ses faiblesses, trou-

vaient aisément le moyen de l'engager dans

plusieurs entreprisestéméraires et inconsidérées.

Son règne n'est qu’un tissu de fautes politiques,

et pendant qu'ii se croyait le prince de l’Europe

le plus sage, il fut toujours la dupe de ceux qui

se crurent intéressés à le tromper, et qui vou-

lurent bien se rabaisser au point de flatter ses : passions.

Telle lorsque forces la Fran rité, pr comme des nat intéress lance se due, qu penche:

fut don Henri d prince , gat, ten par une ces, et ( reuse €) même v dances secours.

d’Argus glaise. I de ven; ger dar terre. P de Frar face des de teni procura les essa] dans lei Écossais pressem jeune m sa vanit d'Or, et mille im pour pri à son a la guert cevant € gagner les refus ses ancie d'agir di

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Telle était la situation des affaires en Europe, lorsque l'Écosse, qui avait jusqu'alors épuisé ses forces dans toutes les querelles survenues entre la France et l'Angleterre, sortit de son obscurité, prit sa place dans le système politique, et commença à avoir quelque influence sur le sort des nations éloignées. Elle joua souvent un rôle intéressant dans les grands démélés, et la balance se trouva quelquefois si également suspendue, qu'elle pouvait par son assistance la faire pencher d’un côté ou de l’autre. Le rôle qui lui fut donné dans ces conjonctures fut d'empêcher Henri de porter ses armes dans le continent. Ce prince , après avoir défait les Français à Guinegat, tenait Terouane investie. La France voulut, par une diversion, l’obliger à partager ses forces, et entraîna Jacques IV dans cette malheureuse expédition qui termina sa vie. Dans cette même vue, François entretenait des correspondances avec le duc d’Albanie, lui donnait des secours, et l’encourageait à perdre les familles d’Angus et de Home, dévouées à la faction anglaise. ILaurait aussi voulu persuader aux Écossais de venger la mort de leur roi, et de s'engager dans une nouvelle guerre contre l’Angleterre. Peu de temps après, l'union d'Henri et de François contre l’empereur, fit changer la face des affaires. L'intérêt des deux rois fut alors de tenir les Écossais dans l'inaction. Ce traité pracura à l'Écosse une longue tranquillité. Charles essaya de l'interrompre, et de jeter Henri dans l'embarras, par une nouvelle incursion des Écossais en Angleterre. Il rechercha avec empressement l'amitié de Jacques V. Il fit à ce jeune monarque des offres qui pouvaient flatter sa vanité. Il le nomma chevalier de la Toison d'Or, et il lui proposa un mariage dans la famille impériale; il lui demandait en même temps, pour prix de ces vains honneurs, de renoncer à son alliance avec la France, et de déclarer la guerre à l'Angleterre. Mais Jacques apercevant qu’il avait beaucoup à perdre et peu à gagner S'il acceptait les offres de l’empereur, les refusa honnêtement, resta toujaursattaché à ses anciensalliés, et laissa Henri en pleine liberté d'agir dans le continent avec toutes ses forces,

Henri, dans les commencemens de son règne, avait imité l'exemple.de ses ancêtres, par rapport à l’Ecosse, L’indifférence qu'il avait pour cette puissance était portée jusqu'au mépris, et

il se mit peu en peine de rechercher son amitié. Il parut au contraire qu’ilavait entrepris d'irriter toute la nation, en faisant revivre ces prétentions surannées de l'Angleterre sur la souveraineté de l'Écosse. Cependant sa propre expérience et les menées de ses ennemis.en Écosse lui firent bientôt concevoir une plus haute idée des forces de cette couronne. Henri ne pouvait pas défendre une frontière très étendue, et tout ouverte contre les incursions d’un peuple guerrier et toujours en action. Pendant qu'il faisait la guerre dans le continent, il était obligé de partager ses forces, et d'avoir toujours une espèce d'armée d'observation au nord de l’Angleterre. Malgré ces précautions, les habitans des frontières de l'Écosse, supérieurs, pour la petite guerre, à tout autre peuple, faisaient des courses fréquentes avec succès, et portaient la terreur et la désolation dans plusieurs comtés. Henri découvrit à la fin le véritable plan de conduite politique qu'il devait suivre à l'égard de l'Écosse, système ignoré de ses prédécesseurs, faute de pénétration, ou dédaigné par un excès de fierté. La situation du pays, et la valeur de la nation , rendaient la conquête de l'Écosse impossible; mais la misère de ces peuples, et la vio. lence des factions intestines, donnaient beaucoup de facilité pour y semer la division et y dominer, Il abandonna en conséquence les idées de conquête, il préféra la voie des intrigues, et il résolut de tout mettre en usage pour venir à bout de son dessein. On ne regardait point alors comme une chose honorable pour un prince de recevoir la solde d’un autre prince sous le nom plus honnête de subsides; mais dans tous les temps les mêmes argumens ont prévalu dans les cours, ont eu du poids chez les ministres, on entraîné les chefs de factions et les favoris. Les ordres existans i encore en original, pour des remises de sommes considérables en Écoge, font connaître les moyens dont Henri se servit pour mettre dans ses intérêts un si grand nombre de

personnes, pendant la minorité de Jacques Y.

Cet argent distribué à propos, entraîna dans son parti des gens de la première distinction , et nous vîmes alors paraître dans nos débats domestiques, la faction qui entretenait une cor: respondance secrète avec l'Angleterre, et qui

1 Burnet, Æist. réfurm. ,v. 1, p.27.

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ne se conduisait que par ses impulsions. Dans la

suite de cetie histoire nous verrons Henri travailler à étendre son crédit en Écosse; ses successeurs adoptèrent le mème plan et s'attachèrent encore à le perfectionner. Les affaires des deux royaumes se trouvèrent liées, et ils eurent

souvent des intérêts communs. Élisabeth partagea également ses attentions entre l'Angleterre et l'Écosse, et l'autorité qu’elle possédait par droit de succession ne fur pas plus grande que celle qu’elle se procura chez les Ecossais par ses intrigues.

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