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continuer les ouvrages qu’ils avaient commen- | cés. Pour apporter un prompt remède à un Etat si, tarmant , Ovando proposa de transporter à | Hispaniola les habitans des les Lucayes, sous prétexte qu'il serait plas aisé de tes civiliser et de les instrüire dans la religion chrétienne lorsqu'ils seraïent anis à la colonie espagnole, sous l'inspection immédiate des missionnaires qui y | étaient établis. Ferdinand, trompé par cet artifice , où disposé peut-être à se préter à un acte de violence que la politique lui représentait comme nécessaire, conseutit à la proposition. On équipa plusieurs vaisseuux pour les Lucayes ; les commandans, qui savaïent la langue du pays, dirent aux habitans qu'ils venaient d’une contrée déficieuse où résidæient leurs ancêtres défunts, et que ceux-ci les invitaient à s’y rendre afin de partager le bonheur dont fs jouissaient. Ces hommes simples et crédules écoutaient avec admiration ces récits merveilleux :empressés d'aller voir leurs parens et leurs amis dans l'heureuse région dont on leur parlait, ils suivirent avec plaisir les Espagnols. Cet artifice en fit passer quarante mille à Hispaniola, où ils allèrent partager les souffrances des habitans de l'île, et mêler leurs pleurs et leurs gémissemens avec ceux de cette race infortunée 1.
Les Espagnols avaient pendant quelque temps poussé leurs travaux dans les mines d'Hispaniola avec tant d’ardeur et de succès que cet objet paraissait avoir absorbé toute leur attention. L'esprit de découverte languissait, et depuis le dernier voyage de Colomb, aucune entreprise de quelque importance n'avait été formée. Mais la diminution des Indiens faisant sentir l'impossibilité de s'enrichir dans cette île avec autant de rapidité qu'auparavant, cette considération détermina les Espagnols à chercher des contrées nouvelles où leur avidité pôt | trouver à se satisfaire avec plus de facilité. Juan | Ponce de Léon, qui commandait sous Ovando, dans la partie orientale d'Hispaniola, passa dans | l'Île de Saint-Jean-de-Porto-Rico que Colomb ! avait découverte à son second voyage, et pé- | nétra dans l'intérieur du pays. Comme il trouva | un sol fertile, et.que, d’après quelques indications et le témoignage des habitans , il eut lieu d'espérer qu'on pourrait découvrir des mines
! Herrera, Decad. 1, lib. vw, cap. ui. Oviedo, Lib. sur, cap. vi. Gomera, Hist., cap. xur.
d'or dans tes montagnes, Ovando lui permit d'essayer un établissement dans l'ile , Ce qui fut exécuté sans peine par Plonce de Léon, dont la prudence égalait le courage. En peu d’années Porto-Rico fut soumis au gouvernement espagnol ; les naturels, réduits en servitude , furent traités avec la ième rigueur imprudente que ceux d'ispaniola, et la race des premiers ha. bitans, épuisée par les fatigues etles souffrances, fut entiérement exterminée ?,
Vers le même temps, Juan Diaz de Solis, de concert avec Vincent Janez Pinson, un des premiers compagnons de Colomb, fit un voyage au continent. Ils suivirent jusqu’à l'ile de Guanaïcs la même route que Colomb avait prise ; mais , toarnant de là à l'ouest, ils découvrirent une nouvelle et vaste province, connue depuis sous le nom de Jucaïan, et longèrent une grande partie de la côte de ce pays 2. Quoique cette expédition n’ait été marquée par aucun événement mémorable , elle mérite qu’on en fasse mention, parce qu’elle conduisit à des découvertes de plus grande importance. C’est pour la méme-raïson qu'on doit rappeler le voyage de Sébastien de Ocampo. 11 fut chargé par Ovando de tourner Cuba, et il reconnut lle premier avec certitude que ce pays, regardé autrefois par Colomb comme une partie du continent, n’était qu’une grande île 8,
Cette expédition autour de Cuba fut un des derniers incidens du gouvernement d'Ovando.
| Depuis la mort de Colomb, don Diégo, son fils,
ne cessait de solliciter Ferdinand de lui accorder les charges de vice-roi et d’amiral dans le Nouveau-Monde, avec tous les priviléges et bénéfices dont il devait hériter en conséquence de la capitulation primitive fâîte avec son pére. Mais,
| si ces dignités et les revenus qui y étaïent joints
avaïent paru si considérables à Ferdinand qu'il n'avait pas craint de passer pour injuste et ingrat en les ôtant à Colomb, à n’est pas surprenant qu’il fût alors peu disposé à les accorder au fils. Aussi don Diégo consuma deux années entières en de vaines et continuelles sollicitations. Fatigué de l’inutilité de ses démarches, il tenta enfin de se procurer par une sentence légale ce ! Herrera, Decad. ], ib. vu, cap. 4, av.:Gomera, Hist. , cap. xuiv. Relacion de B. .de Las Casas, pag. 10.
2 Herrera, Decad. À, lib. vx, cap. xvis 5 Herrera, Decad. 1, lib. var, cap. &.
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. 4, av. Gomera, Casas,, pag. 10.