‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 82 sur 155 · VIS · texte numérisé non relu

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Colomb parut enfin jouir des honneurs et des |

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qu'ibre pouvait obtenir de'la faveur d’un prince

intérensé. #linterita une action contre Ferdinand ! devatit le conseïfl chargé d’administrer les af. | faires de lnde, et ce tribunal, avec une intégrité |

bien ‘honorable pour cenx qui le composaient,

rendit un jugement contre le roi, et confirma | les droîts de don Diégo ä M vice-royauté et aux | autres priviléges stipulés dans la capitulation. | Malgré ce décret, la répugnance que devait | avoir Ferdinand à mettre un sujet en possession |

d'une autorité si considérable aurait pu faire naître de nouveaux obstacles, si don Diégo | n'avait pas trouvé un moyen d'intéresser des per- | sommes très puissantes au succès de ses préten- | tions. La sentence du conseil des Indes lui don- | nait droit à un rang si élevé ét à unc.si haute | fortune, qu'il lui fut aisé de conclure un mariage avec dona Maria, fille de.don Ferdinand | de Tolède, grand commandeur de Léon et frève | du duc d'Albe, grand du royaume de la première classe et allié de près au roi. Le duc et sa | famille épousèrent avec tant de chaleur la cause | de leur nouvel allié que Ferdinand ne put pas résister à leurs sollicitations. 11 rappela Ovando | et nomma pour lui succéder don Diégo; mais même en lui accordant cette faveur ilne put pas cacher sa jalousie, cer il lui permit seulement de prendre le titre de gouverneur, non celui de vice-roi, quoique le conseil eût décidé que ce | dernier titre appartenait à don Diége 1.

Ïl partit bientôt pour Hispaniola, accompagné de son frère, de ses oncles, de sa femme qui, par la courtoisie des Espagnols, fut honorée du titre de vice-reine, et d’un cortége nombreux de personnes de-l’un et l’autre sexe, nées de familles distinguées. Don Diégo vécut avec | une magnificence «et un faste inconnu jusqu'alors dans le Nouveau -Monde, et la famille de

récompenses que son génie créateur avait :si bien mérités et dont il avait été si cruellement privé. La colonie elle-même acquit un nouvel éclat par J'arrivée de ces nouveaux habitans d’un caractère et d’un rang supérieurs à celui de presque tous ceux qui avaient passé jusqu’alors | en Amérique; plusieurs des familles les plusil- | lustres, établies dans les colonies espagnoles, | sont descendues des personnes qui avaient ac- |

* Herrera, Decad, 1, lib. VII, Cap. 1v.

| compagné don Diégo Colomb à cette époque 1.

Ce changement de gouverneur ne fut d'au.

cune utilité pour les malheureux habitans. Don Diégo fut non -seulement autorisé par un édit royal à continuer les reparfimientos ou distributions d’Indiens ; mais on spécifia même le nombre précis qu'il pouvait en accorder à chaque personne, selon le rang qu’elle avait dans la colonie. 1 se prévalut de cette permission, et bientôt après son débarquement à Saint-Domingue, il partagea entre ses parens et les Espagnols qui l'avaient suivi, ceux des Indiens qui n'avaient encore été destinés à personne 2,

Le nouveau gouverneur s'occupa ensuite .à suivre l'instruction qu'ilavait reçue du roi pour

| l'établissement d’une .colonie à Cubagna, petite

Île que Colomb avait découverte à son troisième voyage. Quoique ce fût un terrain stérile qui pouvait à peine fournir la subsistance de $es

! misérables habitans, on trouvait sur ses côtes | une si grande quantité de ces huîtres qui pro-

duisent les perles, que cette tlene putpas échap-

| per aux recherches des avides Espagnols qui-s'y

portérent en foiile. Il se fit des fortunes consi-

| dérables par la pêche des perles , Qui fut suivie

avec une ardeur extraordinaire. Les Indiens, surtout ceux des iles Lucayes, furent obligés de plonger au fond de la mer pour y prendre ces huîtres, et cette occupation, aussi dangereuse

| que malsaine, fut une nouvelle calamité qui.ne

contribua pas peu àla destruction de cette race dévouée 5.

Vers cette même époque, Juan Diaz de Solis et Pinson s’embarquèrent ensemble pour un second voyage..lls cinglèrent directement au sud, vers la ligne équinoxiale.que Pinson avait précédemment traversée, «et s’avancèrent jusqu’au quarantième degré de latitude méridionale. Ils furent étonnés. de trouver que le continent de

| l'Amérique s’étendait à leur droite, à travers | toute cette étendue de l'Océan. Is débarquèrent | en différens endroits, pour en prendre posses- | sion au nom de leur souverain ; mais, quoique le

pays leur parût très fertile et les. invitât às'y arrêter, comme leur armement avait été destiné

* Oviedo, dib. x, cap... Herrera, Decad. 1, lib. vx, cap. x. Æist., cap. Lxxvrr.

2 Recopilacion de beyes, lib.\vr, tit. 8 » Üb. 1, nr,

® Herrera, Decad. 1, lib. vu, Cap. 2x. Gomera, His4,, Cap. LEXVIIL

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