‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 84 sur 155 · partie septen avaient contin( fond d · texte numérisé non relu

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n'était plus guère possible d’en faire usage. La mort avait emporté plusieurs Espagnols; d’autres étaient malades ; le pays était rempli d'hab'tans qui paraissaient aussi industrieux que braves, et ils étaient sous la domination d’un monarque puissant qui pouvait les réunir et rassembler des forces puissantes pour repousser une invasion. Songer à établir une colonie dans des circonstances si désavantageuses, c'eût été s'exposer à une destruction inévitable. Quoique Grijalva eût de l'ambition et du courage, il n’avait pas les grands talens nécessaires pour former et exécuter une si grande entreprise. Il jugea plus prudent de retourner à Cuba, après avoir rempli l'objet de son voyage et exécuté tout ce que l’armement qu'il commandait l'avait mis en état de faire. Il revint à San-Jago de Cuba le vingt-six octobre, environ six mois après en être parti !, Ce fut là le voyage le plus long et en même

temps le plus heureux que les Espagnols eussent : encore fait dans le Nouveau-Monde. Ils avaient !

découvert que Yucatan n’était pas une Île, comme ils l'avaient imaginé, mais une partie du grand continent d'Amérique. De Potonchan, ils avaient suivi leur route pendant plusieurs centaines de

milles le long d’une côte qui n’avait pas encore |

été reconnue, et qui, s'étendant d'abord vers l'ouest, tournait ensuite vers le nord. Enfin tout

le pays qu'ils avaient découvert paraissait aussi | important par sa richesse que par son étendue.

Dès qu’Alvarado fut arrivé à Cuba, Vélasquès, enchanté d’un succès qui surpassait de si loin toutes ses espérances, dépêcha sur-le-champ une personne de confiance pour annoncer cette importante nouvelle en Espagne, y porter les riches productions des contrées qui avaient été découvertes, et solliciter une augmentation d'autorité qui pût le mettre en état d’en entreprendre la conquête. Il n’attendit pas mème le retour de son messager ui l'arrivée de Grijalva, qui commençait à lul inspirer beaucoup de défiance et de jalousie, et qu'il était résolu de ne plus employer : il commença donc à préparer un armement puissant, proportionné à l'importance et aux dangers de l’entreprise qu’il méditait.

Comme l'expédition dont Vélasquès était alors occupé s’est terminée à des conquêtes beaucoup

| plus importantes que tout ce que les Espagnols

avaient fait jusqu'alors, et les a conduits à la connaissance d’un peuple qui peut être regardé comme très civilisé si on le compare avec ceux des Américains aue l’on connaissait auparavant, il convient de suspendre quelque temps le récit de ces événemens si différens de ceux que nous avons déjà rapportés, afin de jeter un coup d'œil sur l’état du Nouveau-Monde quand il a été découvert, et d'examiner la police et les mœurs des tr'bus simples et grossières qui occupaient toutes les parties du continent où les Espagnols avaient pénétré. .

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