Aist. génér
gradués, que cette navigation n'aurait été ni plus longue ni plus périlleuse que tant de voyages exécutés dans tous les temps par ce peuple robuste et entreprenant.
8° Quoiqu'il soit possible que l'Amérique ait reçu de notre hémisphère ses premiers habitans, soit par le nord-ouest de l'Europe, soit par le nord-est de l'Asie, il y a de bonnes raisons pour supposer que les ancêtres de toutes les nations américaines, depuis le cap Horn jusqu'aux extrémités méridionales de Labrador, sont venus d’Asie plutôt que d'Europe. Les Esquimaux sont les seuls peuples d'Amérique qui, par la figure et par le caractère , aient quelque ressemblance avec les Européens. C’est évidemment une espèce d'hommes particulière , distinguée de toutes les nations de ce continent par le langage, les mœurs et les habitudes. On peut donc être autorisé à faire remonter leur origine à la source que j'ai indiquée. Mais il y a parmi tous les autres peuples d'Amérique une ressemblance si frappante et dans leur constitution physique et dans leurs qualités morales, que, malgré les différences produites par l'influence
* du climat ou par l'inégalité de leurs progrès
dans la civilisation, nous devons les regarder comme descendus d’une même souche. 11 peut y avoir de la variété dans les teintes, mais on retrouve partout la même couleur primitive, Chaque tribu a quelque caractère particulier qui la distingue, mais dans toutes on reconnaît certains traits communs à la race entière. C’est une chose remarquable que, dans toutes les partieularités, soit physiques, soit morales , qui caractérisent les Américains, on leur trouve de la ressemblance avec les tribus barbares dispersées au nord-est de l'Asie, mais presque aucune avec les nations établies au nord de l'Europe. On peut donc remonter à leur première origine , et conclure que leurs ancêtres asiatiques , s'étant établis dans les parties de l'Amérique où les Russes ont découvert le voisinage des deux continens, se sont ensuite répandus par degrés dans ces différentes régions. Cette idée du progrès de la population en Amérique s'accorde avec les traditions que les Mexicains avaient sur leur propre origine, et qui, tout imparfaites qu'elles étaient , avaient été conservées avec plus | de soin et méritaient plus de confiance que | celles d'aucun peuple du Nouveau - Monde. Les |
Mexicaius prétendaient que leurs ancêtres étaient venus d'un pays éloigné situé au nord-est de leur empire. Hs indiquaient les différens endroits où ces étrangers s'étaient arrêtés en avanéant successivement dans les provinces intérieures, et c'est précisément la mème route qu'ils ont dà suivre en supposant qu'ils vinssent d'Asie. La description que les Mexicains faisaient de la figure, des mœurs, de la manière de vivre de leurs ancêtres à cette époque, est une peinture fidèle des tribus sauvages de Tartares dont je suppose qu’ils sont descendus.
Je terminerai ici cette discussion surun point auquel on a attaché tant d'importance qu'il aurait été peu convenable de l’omettre en écrivant l'histoire de l'Amérique. J'ai osé examiner la question, mais sans prétendre l'avoir décidée. Content d'offrir des conjectures, je ne veux établir aucun système. Lorsqu'une recherche est par sa nature trop obscure et trop compliquée pour qu’il soit ‘possible d'arriver à des conséquences certaines, il peut y avoir quelque mérite à indiquer du moins celles qui sont probables !, IL est plus intéressant d'examiner l'état et le caractère des peuples d'Amérique, à l’époque où ils ont été connus des Européens qu'à celle de leurorigine. A leurorigine, un pareilexemenn’est qu’un objet de curiosité; mais à l'autre époque il peut donner lieu aux recherches les plus importantes et les plus instructives qui soient dignes d'occuper le philosophe ou l'historien. Si l'ou veut compléter l’histoire de l'esprit humain et parvenir à une parfaite connaissance de sa nature et de ses procédés, il faut contempler l’homme dans toutes les situations diverses où la nature l’a placé; il faut suivre ses progrès dans les différens états de sociabilité par où il passé, en avançant par degrés de l'enfance de la vie civile vers la maturité et Je déclin de l'état social. Il faut examiner à chaque période comment les puissances de son entendement se développent, observer les efforts de ses facultés actives, épier les mouvemens de ses affections à mesures qu’elles naissent dans son âme, voir le but où elles tendent et la force avec laquelle elles s’exercent. Les anciens philosophes et his-
lAcosta, Aist. natur. et mor., lib. VA, Cap. ir, Garcia, Origen de los Indios, lib. v, cap. 1m. Torquemada, Monarq. Ind., lib. 1, cap. n1, etc. Boturini Benaduci, Jdea de ura Hist. de la Amer. sept. , Sxvur, p 127
toriens de la Grèce et de Rome, qui sont nos |
guides dans cette recherche comme dans toutes les autres, n'avaient que des vues très limitées sur ce sujet, parce qu'ils n'avaient eu presque aucun moyen d'observer l'homme dans l’état de vie sauvage. La société civile avait déjà fait de grands progrès dans toutes les régions de la terre qu’ils connaissaient , et les nations qui existaient avaient déjà achevé une grande partie de leur carrière avant qu'ils eussent commencé à les observer. Les Scythes et les Germains sont les peuples les moins avancés dans la civilisation, sur lesquels les anciens auteurs nous aient transmis quelques détails authentiques; mais ces mêmes peuples possédaient déjà des troupeaux et des bestiaux , ils connaissaient des propriétés de différentes espèces, et lorsqu'on les compare avec les hommes qui sont encore dans l'état sauvage, on peut les regarder comme déjà parvenus à un haut degré de civilisation.
La découverte du Nouveau-Monde a agrandi la sphère des observations et a offert à notre vue des nations dans un état de société beaucoup moins avancé que celui où l’on a pu observer les différens peuples de notre continent. C'est en Amérique que l’homme se montre sous la forme la plus simple où nous concevons qu'il puisse subsister. Nous y voyons des sociétés qui commencent seulement à se former, et nous pouvons observer les sentimens et les actions des hommes dans l'enfance de la vie sociale, au moment où ils ne sentent encore qu’imparfaitement la force de ses liens et ont à peine abandonné une partie de leur liberté naturelle, Cet état de simplicité primitive, qui n'était connu sur notre continent que par les descriptions fantastiques des poètes, existait réellement dans cet autre hémisphère. La plus grande partie de
ses habitans, étrangers à l'industrie et au tra- |
vail, ignoraient les arts, avaient à peine quel-
que idée de propriété et jouissaient en commun |
des biens que produisait la fécondité spontanée de la nature. Il n’y avait sur ce vaste continent que deux nations qui fussent sorties de cet état grossier, et qui eussent commencé d'une manière sensible à acquérir les idées et à adopter les institutions qui appartiennent aux sociétés policées. Leur gouvernement et leurs mœurs deviendront naturellement l'objet de nos observations, lorsque nous rapporterons la décou-
verte et la conquête des empires du Mexique et du Pérou; cette époque nous offrira une occasion de considérer les Américains dans le plus haut degré de civilisation où ils soient jamais parvenus.
Nous bornerons pour le moment notre atten-:
tion et nos recherches à l'examen des petites tribus indépendantes qui occupaient les autres parties de l'Amérique. Quoiqu’on observât quelques diversités dans le caractère , les mœurs et les institutions de ces différentes tribus, elles se trouvaient à peu près dans un même état de société, tellement simple et grossier qu’on peut leur donner à toutes également la dénomination de sauvages. Dans une histoire générale de l'Amérique, il serait peu convenable de décrire l'état de chaque petite peuplade, et de rechercher toutes les circonstances qui contribuent à former le caractère des individus qui la composent ; un pareil examen entraînerait dans des détails fastidieux et interminables. Les qualités qui distinguent ces différens peuples ont entre ellesune sigrande ressemblance, qu'elles peuvent être présentées sous les mêmes traits. Si quelques circonstances paraissent établir dans le caractère et les mœurs de quelques-uns des parti cularités dignes d’être remarquées, il suffira de les indiquer et d'en rechercher les causes , à mesure que l'occasion de les observer se présentera.
ILest extrêmement difficile de se procurer des informations satisfaisantes et authentiques sur les mœurs des peuples lorsqu'ils ne sont pas encore civilisés. Pour découvrir sous cette forme grossière leur véritable caractère et pour recueillir les traiis qui les distinguent, il faut dans l'observateur autant d’impartialité que de sagacité; car, dans les différens degrés de sociabilité, les facultés, lessentimens etles désirs del'homme sont tellement appropriés à sa situation qu'ils deviennent pour lui la règle de tous ses jugemens. Il attache l’idée de perfection et de bonheur aux qualités semblables à celles qu'il possède , et partout où il ne trouve pas les objets de plaisir et de jouissance auxquels il est accoutumé, il prononce hardiment que le peuple qui en est privé doit être barbare et misérable.
De là le mépris mutuel que conçoivent les uns pour les autres les membres des petites sociétés où la civilisation n'a pas fait encore les mêmes
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par des personnes douées d’une force d'esprit supérieure aux préjugés vulgaires, et capables de juger l'homme, sous quelque aspect qu'il se présente, avec candeur et avec discernement,
Les Espagnols, qui pénétrèrent les premiers
en Amérique et eurent occasion de connaître les différentes peuplades avant qu'elles fussent subjuguées, dispersées ou détruites, étaient bien loin de posséder les qualités nécessaires pour bien observer le spectacle intéressant qui s'offrait à leurs yeux.
Ni le siècle où ils vivaient, ni la nation à laquelle ils appartenaient, n'avaient fait encore assez de progrès dans les connaissances solides pour qu'ils eussent des idées grandes et étendues. Les conquérans du Nouveau-Monde étaient pour la plupart des aventuriers ignorans ou dépoürvus de toutes les idées qui auraient pu les conduire à bien observer des objets si différens de ceux auxquels ils étaient accoutumés. Continuellement environnés de périls et luttant contre les difficultés, ils avaient peu de loisir et moins encore de capacité pour se livrer à des recherches de spéculation. Impatiens de s’em-
progrès. Les ns 0. policées, qui sentent tous les avantages que "> donnent les lumières et les arts, sont porttes £ regarder avec dédain les peuples sauvages et, dans l’orgueil de leur supériorité , à peine conviendront- elles que les occupations, les iñées et les plaisirs de ces peuples soient dignes dc l'homme. Ces nations grossières et sauvages ont rarement été observées
parer d’un pays si opulent et si vaste, et trop heureux de le trouver habité par des peuples si | peu en état de le défendre, ils se hatérent de les ! traiter comme une misérable espèce d'hommes, | propres uniquement à la servitude, et s'occupè- | rent plus de calculer les profits qu’ils pouvaient retirer du travail des Américains, que d'observer le caractère de leur esprit, ou de chercher les causes de leurs institutions et de leurs usages, Ceux des Espagnols qui pénétrérent ensuite dans les provinces intérieures, que les premiers Conquérans n'avaient pu encore ni connaître ni dévaster , y portèrent en général le même esprit : °tle même caractère : audacieux et braves au plus haut degré, ils étaient trop peu instruits | Pour être en état d'observer et de décrire ce qu'ils voyaient.
Ge n’est pas seulement l'incapacité des Espa-
gnols, ce sont encore leurs préjugés qui ont rendu si défectueuses les notions qu’ils nous ont laissées sur l’état des naturels de l'Amérique. Peu de temps après qu'ils eurent établi des colonies dans leur nouvelle conquête, il s’éleva parmi eux des disputes sur la manière dont on devait traiter les Indiens. Un des partis intéressés à rendre perpétuelle la servitude de ce peuple, le présentait comme une race stupide et obstinée, incapable d'acquérir des idées religieuses et d'être formée aux occupations de la vie sociale. L'autre parti, plein d'un zèle pieux pour la conversion des Indiens, affirmait que, malgré leur ignorance et leur simplicité, ils étaient doux, affectionnés, dociles , et que, par des instructions et des règlemens convenables ; il serait aisé d'en faire de bons chrétiens et des citoyens utiles, Cette controverse fut soutenue . comme je l'ai déjà dit, avec toute la chaleur qu'on doit naturellement attendre, lorsque des vues d'intérêt d'un côté, et le zèle religieux de l'autre, animent les disputans. La plupart des laïques embrassèrent la première opinion; tous les ecclésiastiques furent les défenseurs de l’autre; et nous voyons constamment que, selon qu’un auteur tenait à l’un de ces deux partis, il était porté à exagérer les vertus ou les défauts des Américains fort au-delà de la vérité, Ces récits opposés augmentent la difficulté de parve-
| nir à une connaissance parfaite du caractère de
ce peuple, et mettent dans la nécessi'é de lire avec défiance toutes les relations qu’en ont données les écrivains espagnols, et à n’adopter leurs témoignages qu'avec des modifications.
IL s'était écoulé près de deux siècles depuis la découverte de l'Amérique, avant que les mœurs de ses habitans eussent attiré sérieusement l'attention des philosophes. lis s’aperçurent enfin
! que la connaissance de l'état et du caractère de | ce peuple pouvait leur offrir un moyen de rem- : plir un vide considérable dans l'histoire de l’espèce humaine, et les conduire à des observations non moins curieuses qu'importantes. Ils entrèrent avec ardeur dans cette nouvelle carrière d'observation ; mais , au lieu de répandre la lumière sur ce sujet, ils ont contribué, à quelques égards, à l'envelopper d’une nouvelle obscurité. Trop impatiens dans leurs spéculations, ils se . Sont hâtés de décider, et ont commencé à bâtir des systèmes, lorsqu'ils auraient dû chercher
des raits sur lesquels ils pussent en poser les
fondemens. Frappés d’une apparence de dégra-
dation de l'espèce humaine dans l'étendue du
Nouveau-Monde, et étonnés de voir un vaste
continent occupé par une race d'hommes nus,
faibles et ignorans, quelques auteurs célèbres
ont soutenu que cette partie du globe était res-
tée plus long-temps couverte des eaux de la mer
que l’autre continent, et n'était devenue que
depuis peu propre à être habitée par l'homme ;
que tout y portait les marques d'une origine ré-
cente; que ses habitans, nouvellement appelés à l'existence et encore au commencement de
leur carrière, ne pouvaient être comparés aux habitans d’une terre plus ancienne et déjà perfectionnée !. D'autres ont imaginé que, dominés par l'influence d’un climat peu favorable qui arrête et énerve le principe de la vie, l'homme n'avait jamais pu atteindre en Amérique au degré de perfection dont sa nature est susceptible, et qu'il y était resté un animal d'une classe inféricure , dépourvu de force dans sa constitution physique, ainsi que de sensibilité et de vigueur dans ses facultés morales?. D'autres philosophes, opposés à ceux-là, ont prétendu que l'homme arrivait au plus haut degré de dignité et d’excellence dont il soit susceptible, long-temps avant que de parvenir à un état de civilisation, et que dans la simplicité grossière de la vie sauvage, il déployait une élévation d'âme, un sentiment d'indépendance et une chaleur d'affection, qu’on chercherait vainement parmi les membres des sociétés policées 3. Ils paraissent croire que l'état de l'homme est d'autant plus parfait, qu'il est moins civilisé. Ils décrivent les mœurs des sauvages de l'Amérique avec l'enthousiasme de l'admiration , comme s’ils voulaient les proposer pour modèles au reste de l'espèce humaine. Ces théories contradictoires ont été avancées avec une égale confiance, et l’on a vu le génie et l’éioquence déployer toutes leurs ressources pour les revêtir d’une apparence de vérité.
Comme toutes ces circonstances concourent à embrouiller et obscurcir toutes les recherches sur l'état des nations sauvages de l'Amérique , ilest nécessaire d'y procéder avec beaucoup de leirconspection. ;
1 M. de Buffon, ist. nat., t. M. p. 494; 1X, 103, 114.
2 M. de Paw, Recherches philosophiques sur les américains , passim. — * M. Rousseau, passim.
Lorsque nous sommes guidés dans ce travail par les observations éclairées du petit nombre de philosophes qui ont parcouru cette partie du globe, nous pouvons hasarder de porter un jugement ; mais lorsque nous n'avons pour garans que les remarques superficielles de voyageurs vulgaires, de marins, de commerçans, de boucaniers et de missionnaires, il faut souvent hésiter, et en comparant des faits épars, tâcher de découvrir ce qu'ils n'ont pas eu la sagacité d'observer. Sans se livrer aux conjectures, sans montrer de penchant pour aucun système, il faut mettre une égale attention à éviter les excès ou d’une admiration extravagante ou d'un mépris dédaigneux pour les mœurs que nous allons décrire.
Afin de procéder dans cette recherche avec la plus grande exactitude, il faudrait la simpli fier autant qu'il est possible. L'homme existait comme individu avant de deverfir membre d’une communauté. 11 faut donc connaître les qualités qui lui appartiennent sous ce premier rapport avant que d'examiner celles qui résultent du second. Ce procédé est particulièrement indispensable pour étudier les mœurs des peuples sauvages. Leur union politique est si imparfaite, leurs institutions et leurs règlemens civils sont en si petit nombre, si simples, revètus d’une autorité si faible, qu'on doit plutôt regarder ces peuples comme des êtres indépendans que comme des membres d’une société régulière. Le caractère d'un sauvage résulte presque entièrement de ses idées et de ses sentimens comme individu ; ‘il n'est que faiblement modifié par l'autorité imparfaite de la police et de la force publique. Je suivrai cet ordre naturel dans mes recherches sur les mœurs des Américains, en procédant par degrés du plus simple au plus composé,
Jeconsidérerai, 1°la constitution physique des
| Américains dont il est question , 2° leurs facultés | intellectuelles, 3° leur état domestique, 4° leurs institutions et leur état politique , 5° leur sys- | tème de guerre et destreté publique, 6° les arts | qu'ils pratiquaient, 7° leurs idées et leurs insti- | tutions religieuses, 8° les coutumes particulières | et isolées qui ne peuvent se ranjyer SOUS aucun | de ces chapitres divers. Je terminerai le tout par | une appréciation et une balance générale deleurs | vertus et de leurs défauts.
1° Constitution physique des Américains.
Le co que c ques :
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éprou hors d grés d espèce créatu fois as, mettre biter tc tiplier à la loi est pi climat, chaleur de forc . La p Monde telle si d'homn cien hé geûtre | cuivre !
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les Américains.
Le corps humain est moins affecté par le climat que celui d'aucune autre espèce animale, Quelques animaux sont bornés à une région particu+ lière du globe et ne peuvent exister au-delà ;
d’autres peuvent bien supporter les intempéries
d’un climat qui leur est étranger, mais ils cessent de multiplier dès qu'ils sont transportés hors de la partie du globe que la nature leur avait assignée pour demeure, Ceux même qui peuvent se naturalises dans des climats différens éprouvent les effets de toute transplantation hors de leur pays natal, et dégénèrent par degrés de la vigueur ét de la perfection dont leur espèce est susceptible, L'homme est la seule créature vivante dont l'organisation soit à la fois assez robuste et assez flexible pour lui permettre de se répandre sur toute la terre, d'habiter toutes les régions, de propager et de multiplier sous tous les climats. Soumis néanmoins
à la loi générale de la nature, le corps humain u'est pas absolument insensible à l'influence du climat, et lorsqu'il est exposé aux excès de la chaleur et du froid, il diminue de grandeur et de force,
. La première vue des habitans du Nouveau- Monde inspira à ceux qui les découvrirent une telle surprise, qu'ils crurent voir une race d'hommes différente de celle qui peuplait l’ancien hémisphère. Leur teint est d'un brun rousedtre ressemilant à neu près à la couleur du cuivre {, Leurs cheveux sont noirs , longs , grossiers et faibles. Ils n’ont point de barbe, et toutes les parties de leurs corps sont parfaitement unies. Ils ont la taille haute, très droite et bien proportionnée (44). Leurs traits sont réguliers, quoique souvent déformés par les efforts absurdes qu'ils font pour augmenter la beauté de leur forme naturelle ou pour rendre leur aspect plus redoutable à leurs enuemis, Dans les îles 6ù les quadrupèdes étaient petits et peu nombreux, et où la terre produisait presque d’elleinême, la constitution physique des naturels n’étant fortifiée ni par l'exercice actif de la chasse, ni par le travail de la culture, était extrémement faible et délicate ; sur le continent, où les forêts | abondent en gibier de toute espèce et où la prin- | tipale occupation de plusieurs peuplades était de le poursuivre à la chasse, lé corps des natu-
1 Oviedo, Sommario , pag. 46, D. Vic le Colomb, Cap. XxIV.
| rels avait acquis plus de vigueur. Cepexidant les . Américains étaient toujours plus distingués par l'agilité et par la force; ils ressemblaient plus aux animaux de proie qu'à des animaux destinés au travail (45). Non-seulement ils avaient de l’aversion pour la fatigue, ils étaient même in. capables de la supporter; et lorsqu'on les arracha par la violence à leur indolence naturelle et qu’on les força à travailler, ils succombèrent à la fatigue de travaux que les habitans de l'ancien continent auraient exécutés avec facilité 1, Cette faiblesse de constitution, qui était universelle parmi les peuples qui occupaient les régions de l'Amérique dont nous parlons, peut être regardée comme une marque caractériatique de cette espèce d'hommes 2.
Le défaut de barbe et la peau unie de l'Américain semblent indiquer un genre de faiblesse, Occasioné par quelques vices dans sa constitution. IL est dépourvu d'un des signes de la virilité et de la force. Cette particularité qui distingue les habitans du Nouveau-Monde de toutes les autres nations, ne peut être attribuée, comme l'ont cru quelques voyageurs, à leur manière de se nourrir3, Quoique les alimens de la plupart des Américains soient extrèmement insi pides, parce qu'ils ne connaissent point l'usage du sel, on voit en d’autres parties de la terre des peuplades sauvages qui vivent d’alimeus également simples, sans avoir cette marque de dégradation ni aucun symptôme apparent d’une diminution de force.
Comme la forme extérieure des Américains nous porte à croire qu'il y a dans la constitution de leur corps quelques principes naturels de faiblesse, la petite quantité de nourriture qu'ils prennent a été citée par plusieurs auteurs comme une confirmation de cette idée. La quantité d’alimens que les peuples consomment varie selon la température du climat où ils vivent, le | degré d'activité qu'ils exercent et la vigueur naturelle de leur constitution physique. Sous la
Chaleur accablante de la zone torride, où les
hommes passent leurs jours dans l'indolence et
1Oviede Sommario, pag, 51, Cap, vr. Poy. de Cor-
| real, I, 1:8. Wafer’s, Descriptior , p. 131.
? B. Las Casas, Prev. relac., pag. 4. Torquemada , Monar. ; 1, 580, Oviedo, Sommario , pag. 41. Hits, lib. 11, Cap. vi. Herrera, Decad. ] » Hib. 1x, cap. v. Simon, pag. 41,
* Charlevoix , Æist. de la Nouv.-France, lil, 310.
le repos, il leur faut moins de nourriture qu'aux :
habitans actifs des pays froids ou tempérés.
Mais le défaut d'appétit, si remarquable chez les | Américains, ne peut s'expliquer ni par la cha-
leur de leur climat ni par leur extrême indolence. Les Espagnols témoignèrent leur étonnement en observant cette particularité non-seulement dans les îles, mais même en différentes parties du continent. La tempérance naturelle de'ces peuples leur parut surpasser de beaucoup l'abstinence des ermites les plus austères !, tandis que d’un autre côté l'appétit des Espagnols pa-
rut aux Américains d'une voracité insatiable : |
ceux-ci disaient qu'un Espagnol dévorait en un
jour plus d’alimens qu'il n’en aurait fallu pour |
dix Américains ?, Une preuve encore plus frappante de la faiblesse naturelle des Américains
est le peu de sensibilité qu'ils montrent pour les | | tioulières d'hommes, il n’y a point d'erreur plus
charmes de la beauté et les plaisirs de l'amour. Cette passion destinée à perpétuer la vie, à être le lien de l'union sociale et une source de tendresse et de bonheur, est la plus ardente de toutes celles qui enflamment le cœur humain.
Quoique les peines et les dangers qui tiennent | à l'état sauvage, quoiqu’en quelques occasions, |
l'excessive fatigue, et dans tous les temps la difficulté de se procurer la subsistance, puissent paraître contraires à cette passion et concourir à en diminuer l'énergie, cependant les nations les plus sauvages des autres parties du globe semblent éprouver son influence d’une manière plus puissante que les habitans du Nouveau- Monde. Le nègre brûle de toute l'ardeur des désirs qui est naturelle au climat où il vit, et les peuples les plus grossiers de l'Asie montrent également un degré de sensibilité proportion-
né à leur position sur le glube. Mais les Amé- |
ricains sont à un degré étonnant insensibles à la puissance de ce premier instinct de la nature. Dans toutes les parties du Nouveau-Monde, les femmes sont traitées par les naturels avec froideur et indifférence : elles ne sont pas l’objet de cette affection tendre qui se forme dans les sociétés civilisées , et n’inspirent point ces désirs ardens, naturels aux nations encore grossières. Mème dans les climats où cette passion acquiert d'ordinaire sa plus grande énergie, le sauvage
1 Ramusio, 111, 304, F. 306. A. Simon, Conquista, etc., p. 39. Hakluyt , 111, 468, 508.
2 Herrera, Decad, 1, lib. 11, Cap. XVI.
de l'Amérique regarde sa compagne avec dédain, comme un animal d’une espèce inférieure à lui. Ïl ne s'occupe point à gagner son affection par des soins assidus , et s'embarrasse encore moins de la conserver par la complaisance et la douceur !. Les missionnaires eux-mêmes, malgré l'austérité des idées monastiques, n'ont pu s'empêcher de témoigner leur étonnement de la froide indifférence que les jeunes Américains montrent dans leur commerce avec l’autre sexe?; et il ne faut attribuer cette réserve à aucune opinion particulière, qui leur fasse attacher quelque mérite à la chasteté des femmes; c’est une idée trop raffinée pour un sauvage, et qui tient à une délicatesse de sentiment et d’affection qui lui est étrangère. ;
Dans les recherches qu'on fait sur les facultés physiques ou intellectuelles des races par-
commune et plus séduisante que celle d'attribuer à un seul principe des singularités caractéristiques qui sont l'effet de l'action combinée de plusieurs causes. Le climat et le sol d'Amérique différent à tant d'égards de ceux de l’autre hémisphère , et cette différence est si sensible et si frappante que des philosophes distingués ont trouvé cette circonstance suffisante pour expliquer ce qu'il y a de particulier dans la constitution des Américains. Ils attribuent tout aux causes physiques , et regardent la faiblesse de corps et la froideur d'âme des Américains comme des conséquences de la température de cette portion du globe qu'ils habitent. Cependant l'influence des causes morales et politiques méritait quelque attention, car elles opèrent avec autant de force que celles par lesquelles on a cru pouvoir expliquer “ntièrement les phénomènes singuliers dont on a parlé. Partout où l'état de société est tel qu'il en résulte des besoins et des désirs qui
| ne peuvent être satisfaits que par des efforts ré-
guliers de l’industrie , le corps accoutumé au travail devient robuste et s'endurcit à la fatigue.
1 Hennepin, Mœurs des sauvages, 32, etc. Rochefort, Hist. des îles Antilles, pag. 461. Voyage de Correal, M, 141. Ramusio, 111, 309, F.Fozano, Descripcion del Gran Chaco , 71. Falkner’s, Description of Patagonea, p. 125. Lettere di P. Cataneo, ap. Muratori, ll Christian. Felice , 1, 305.
2 Chanvalon, p. 51. Lettr. édif. com. , 24, 318. Du
Tertre, 11, 337. Venegas, 1, 81. Ribss, Aist. de los
triunf , pag. 2.
Dans homr qu'or vail, € les fa cice r susce péréc que peuv mes habit un lé sistat cepet que « la ter lisée leur € autre du N ment degr état :
. périe
cout sont d'exé men!
aussi lière qu'oi ou di Le qui :
dont être vent aucu phy:
les oblig d’acl el pi nible des.
ont vora Chur.
e avec dédain, férieure à lui.
affection par encore moins ce et la dou- ‘mes, malgré s, n'ont pu nnement de la es Américains l’autre sexe?; 2rve à aucune fasse attacher femmes; c'est auvage, et qui ent et d’affec-
ait sur les fades races part d'erreur plus elle d'attribuer ités caractéris- 1 combinée de sol d'Amérique de l’autre hési sensible et si distingués ont te pour explians la constitutout aux causes sse de corps et ns comme des le cette portion lant l'influence méritait quelavec autant de à à cru pouvoir ènes singuliers t de société est t des désirs qui r des efforts ré-
accoutumé au rcit à la fatigue.
, 32, etc. Roche- Voyage de Corano, Descripcion ription of Patao, ap. Muratori, ÎL
m., 24, 318 Du
bs8, AHist. de los
Dans un état plus simple, où les désirs des hommes sont si modérés et en si petit nombre
qu'on peut les satisfaire, presque sans nul tra-
vail,avecles productions spontanées de la nature, | les facultés du corps n'étant pas mises en exer- | cice ne peuvent acquérir la force dont elles sont |
susceptibles. Les habitans des deux régions tempérées du Nouveau-Monde, le Chili et l’'Amérique septentrionale, vivent de la chasse, et peuvent être regardés comme une race d'hommes actifs et vigoureux, si on les compare aux habitans des îles ou des parties du continent où un léger travail suffit pour se procurer sa subsistance. Les occupations du chasseur ne sont cependant ni aussi régulières ni aussi continues que celles des hommes employés à la culture de la terre ou aux différens arts de la société civilisée; il peut les surpasser en agilité, mais il leur est inférieur en force(45). Sil’on donnait une autre direction aux facultés actives de l’homme du Nouveau-Monde, et que sa vigueur fût augmentée par l'exercice, il pourrait acquérir un degré de force qu’il ne possède point dans son état actuel. C’est une vérité confirmée par l’ex-
. périence. Partout où les Américains se sont accoutumés par degrés à un travail pénible, ils,
sont devenus robustes de corps et capables d'exécuter des choses qui paraissent non-seulement surpasser les forces d’une constitution aussi faible que celle qu’on supposait particulière à leur climat, mais même égaler tout ce qu'on pourrait attendre des naturels de l'Afrique ou de l'Europe (46).
Le même raisonnement peut s'appliquer à ce qui a déjà été observé sur le peu de nourriture dont ils ont besoin. Pour prouver que cela doit être attribué à leur extrême indolence, et souvent même à une inaction totale, autant qu'à aucune circonstance relative à la constitution physique de leur corps, on a remarqué que dans les cantons où les naturels d'Amérique sont obligés de faire quelques efforts extraordinaires d'activité afin de se procurer leur subsistance, et partout où ils sont occupés à des travaux pénibles, leur appétit n'est pas inférieur à celui des autres hommes; et en quelques endroits ils ont même paru à quelques observateurs d’une voracité remarquable {.
? Gumilla, 11, 12-70-237. Lafitau, 1, 615. Ovalle Churcn., Il, 81. Muratori, 1, 295,
in LH
L'action des causes politiques et morales s'exerce d’une manière encore plus frappante en modifiant le degré d'affection qui unit les deux sexes. Dans un état de civilisation très avancé, cette passion, enflammée par la contrainte, raffinée par la délicatesse des sentimens, encouragée par la mode, occupe et embrase le cœur tout entier. Ce n’est plus un simple instinct de la nature le sentiment ajoute à l'ardeur des désirs , et l'âme se sent agitée et pénétrée des plus tendres émotions dont elle soit susceptible.
Cette peinture ne peut cependant convenir qu'aux hommes qui, par leur situation, sont exempts des soins et des travaux de la vie. Parmi ceux des classes inférieures , condamnés par leur état à un travait continuel, l'empire de cette passion a moins de violence : occupés sans relâche à se procurer leur subsistance et à pourvoir au pre mier besoin de la nature, ils ont peu de loisir pour se livrer aux impressions d’un besoin secondaire. Mais si la nature des rapports établis entre les deux sexes varie si fort dans les rangs différens dessociétés policées, l'état de l'homme. lorsqu'il n’est pas encore civilisé, doit produire des variations encore plus sensibles. Au milieu des fatigues , des dangers et de la simplicité de la vie sauvage, où la subsistance est toujours précaire et souvent insuffisante , où les hommes sont presque continuellement occupés à poursuivre leurs ennemis ou à se garantir contre leurs attaques, où enfin les femmes ne connaissent encore ni l'art de la parure m les séductions de la réserve même, il est aisé de concevoir que les Américains ont pu n'être que faiblement attirés vers l’autre sexe, sans être obligé d’imputer cette indifférence uniquement à une imperfection ou à une dégradation physique dans leur organisation.
On observe en conséquence que dans les parties de 1 Amérique où la fertilité du sol, la douceur du climat, les progrès que les naturels ont faits dans la civilisation , ont rendu les moyens de subsistance plus abondans , et ont adouci les peines attachées à une vie sauvage, l'instinct animal des deux sexes est devenu plus ardent. On en trouve des exemples frappans dans quelques tribus établies sur les bords des grandes rivières, où abondent les subsistances , et parmi d’autres peuplades qui possèdent des terrains où l’affluence du gibierleur fournit sans beau-
Coup de peine un moyen constant et assuré de se nourrir, Ce surcrolt de sécurité et d’abondance produit son effet naturel. Par-là, les sentimens que la main de la nature a gravés au cœur de l’homme acquièrent une nouvelle force; il se forme de nouveaux goûts et de nouveaux désirs; les femmes, plus aimées et plus recherchées, apportent plus d'attention à leur maintien et à leur parure, et les hommes , commen- + Gant à sentir combien elles peuvent ajouter à leur bonheur, ne dédaignent plus les moyens de gagner leur affection et de mériter leurs préférences. Le commerce des deux sexes prend dès lors une forme différente de celle qu'il a chez les peuplades les plus grossières ; et comme ni la religion , ni les lois, ni la décence, ne les gênent sur les moyens de satisfaire leurs désirs, la licence de leurs mœurs doit être excessive {,
Quoique la constitution physique des Américains soit très faible, on n’en voit aucun parmi eux qui soit difforme, mutilé ou privé d'aucun de leurs sens. Tous les voyageurs ont été frappés de cette particularité, et ont vanté la régularité et la perfection de leurs figures et de leurs traits. Quelques auteurs ont cherché la cause de ce phénomène dans l'état physique de ces péuples. Ils supposent que les enfans naissent sains et vigoureux, parce que les pères ne sout ni épuisés ni excédés par le travail, Ils imaginent que, dans la liberté de l’état sauvage, le corps humain, toujours nu et sans entraves depuis la première enfance, en conserve mieux sa forme naturelle; que tous les membres acquièrent une proportion plus juste que lorsqu'ils sont garrottés par ces liens artificiels qui en arrêtent les développemens et en corrompent les formes 2, On ne peut pas sans doute refuser de reconnaître à quelques égards l'influence de ces causes ; mais l'avantage apparent dont nous parlons , et qui est commun à toutes les nations sauvages , tient à un principe plus profond, plus intimement lié avec la nature et le génie de cet état de société. L'enfance de l'homme est si longue, elle à besoin de tant de secours, qu'il est très diffcile d'élever les enfans chez les nations sauvages. Les moyens de subsistance y Sont non-seulement
* Biet, 38), Charlevoix, III, 413, Damont, Mém. sur la Louisiane , 1, 155.
* Paso, pag. 6, lib. 1x, cap. 1v
peu abondans, mais incertams et précaires.
Ceux qui vivent de la chasse sont obligés de parcourir de vastes étendues de terrain et de changer souvent d'habitation, L'éducation des enfans, comme tous les autres travaux pénibles, est abandonnée aux femmes. Les peines, les privations et les fatigues inséparables de l'état sauvage, qui sont telles qu'il est souvent difficile de les soutenir dans la vigueur de l’âge, doivent être , fatales à l'enfance. Les femmes, craignant dans quelque partie de l'Amérique d'entreprendre une tâche si laborieuse, étouffent elles-mêmes | les premières étincelles de cette vie qu'elles se trouvent incapables d'entretenir; et, par l'usage de certaines herbes, se procurent de fréquens avortemens !, D’autres nations, persuadées qu'il | n’y a que les enfans forts et bien conformés qui | Soient en état de supporter les peines du premier âge, abandonnent ou font périr ceux qui | leur paraissent faibles et mal constitués, comme peu dignes d'être conservés 2. Chez ceux même qui entreprennent d'élever indistinctement tous leurs enfans, il en périt un si grand nombre par le traitement rigoureux auquel ils sont condamnés dans la vie sauvage, que très peu de ceux qui naissent avec quelque imperfection physique parviennent à l'âge de maturité 8, Ainsi dans les sociétés policées, où les moyens de subsistance sont constans, assurés, obtenus avec facilité, et où les talens de l'esprit sont souvent plus utiles que les facultés du corps, les enfans peuvent se conserver malgré la difformité et les vices physiques, et deviennent des citoyens utiles; au lieu que, chez les peuples sauvages, ces mêmes enfans périssant au mo- | ment de leur naissance, ou devenant bientot à | charge à.la communauté et à eux-mêines, ne peuvent trainer long-temps leur misérable vie. Mais dans les provinces du Nouveau-Monde, où | l'établissement des Européens a procuré des moyens plus assurés de pourvoir à la subsistance des habitans, et où il ne leur est pas permis d'attenter à la vie de leurs enfans, les Américains sont si loin d’être distingués par la
| régularité et la beauté de leurs formes, qu’on
‘Ellis, Voyage à la baie d'Hudson ; 198. Herrera Detad. Vil.
* Gumilla, 2-234 Techo, Aist. du Paraguay, etc.
|! Churchill’s Collect. , 6-108.
SCreuxi Æist. Canad., pag. 57
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