‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 9 sur 155 · SES · texte numérisé non relu

SES

tre rival les seuls argumens dont il puisse se servir pour vous contester vos droits ! Ces insinuations pénétrèrent l'âme timide du régent. A l'aspect de ce danger imaginaire, il laissa apercevoir toute la frayeur que le cardinal avait voulu lui inspirer. Le zèle du régent pour la religion protestante ne fut pas long-temips à l'épreuve de ses craintes. Il fit abjuration des sentimens des réformateurs dans l'église des Franciscains à Stirling, et il se dévoua tout entier à la politique et à la doctrine de ses nouveaux confidens.

La religion protestante ne perdit pas beaucoup à cette apostasie du régent ; les nouveaux dogmes répandus dans tout le royaume, y avaient jeté de si profondes racines, que ni le peu de faveur qu’ils y trouvaient, ni la sévérité ne purent les détruire. Le régent donna, à la vérité, son consentement à toutes les choses que le zélé cardinal jugea nécessaires pour la

Conservation d2 l'ancienne religion. Les réfor-

més furent persécutés avec toute la cruauté que la superstition peut inspirer à un' peuple barbare. Plusieurs furent condamnés à ce supplice terrible que l'Église a décerné pour la punition de ses ennemis: mais ces nouveau martyrs supportèrent les tourmens avec une patience et un courage si ressemblans à l'esprit qui animait les martyrs de la primitive église, que ces spectacles d'horreur firent plus de conversions qu'ils ne caustrent d'effroi.

Cependant le cardinal, après avoir obtenu tout ce qui pouvait satisfaire son ambition, exerçait l'autorité de régent sans être exposé à l'envie que ce titre pouvait inspirer. Il n'avait plus rien à craindre du comte d'Arran, qui ayant perdu l'estime publique par son inconstance , était l'objet du mépris d'une partie de la nation,

1 On connattra, par le détail suivant, le fondement des prétentions du comte de Lennox à la succession de la couronne,

Marie, fille de Jacques 11, avait été mariée au lord Jacques Hamilton, Élisabeth, venue de ce mariage, avait épousé Mathieu, comte de Lennox, père de celui dont il est ici question, qui était aussi pelit-fils de Marie. Le régent était aussi petit-fils de la princesse Marie; mais son père ayant épousé Jeannette Beatoun, mère du régent ; après avoir obtenu le divorce d’avec sa première femme Élisabeth Home, Lennox prétendait que la sentence de divorce était irrégulière, et que le régent étant né du vivant d’Elisabeth Home, il devait être réputé bâtard, Cranf. Peer. 192.

1643 (154 et de la défiance de l’autre. Les prétentions du Le ca: comte de Lennox étaient la seule chose qui pou- adroit

| vait encore embarrasser le cardinal. Celui-ci comte

| s'était servi avec succès des intrigues du comte de ses pour exciter les craintes et la jalousie du régent : tout g n'ayant plus besoin des bons offices de Lennox, pres d un négociateur de cette importance le génait, et au lie il aurait bien voulu l'éloigner avec bienséance. cevoir. Lennox, qui jusqu'alors n'avait reçu pour ré- tablir compense des services réels qu’il avait rendus, succès que des promesses , des flatteries et des soumis. : "# pièces sions, ne fut pas long-temps sans pénétrer les # milieu desseins du cardinal, qui ne pouvait plus, de son À obligé côté, cacher ses ruses et ses artifices. Le comte fuir ho voyait que bien loin d'obtenir pour lui le pou- anglais voir et les dignités qu'on lui avait fait espérer, Hen on ne s'était servi de lui que pour procurer à quillen d’autres ces mêmes avantages, Outré de voir ses 4 traité, projets d'ambition déconcertés , il ne songeg d'Écos: plus qu'aux moyens de se venger de la perfidie noncé d'un prélat qui l'avait sacrifié, et qui avait voulu leur ur par cette voie indigne se concilier la bienveil- 4

son av:

lance et l'amitié du comte d'Arran. Lennox quikté We donc la cour et se déclara hautement pq ennemis du cardinal. Ils le reçurent à

verts, et comme un prosélyte illustre à

de donner une grande considét pes d qu'il embrassait. à tendaie Les deux factions qui divisaient Te royaume compté

étaient toujours les mêmes, toujours attachées aux mêmes vues, aux mêmes principes, sans aucune altération : mais par une de ces étranges révolutions dont ce siècle nous fournit plusieurs cxemples, les deux partis, dans l'espace de quelques semaines, changèrent respectivement de chefs. Le régent se trouva à la tête des partisans de la France et du papisme , et Lennox devint le chef de ceux qui voulaient l'alliance avec l'Angleterre, et la réformation de la religion, L’un travaillait à détruire son propre ou-

ces de ] ble, ils royaur fit tant siècle,

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vrage, l’autre cherchait à le soutenir de la même feu à ce main qui jusqu'alors avait combattu pour sa corps d ruine. il charg

Lennox, impatient de se venger, trompa la amené, vigilance du cardinal, se mit à la tête d’une ar- troupes mée nombreuse, marcha droit à Édimbourg , et fut ains y surprit le cardinal et le régent. 11 pouvait ai- d'une ir sémeut les écraser avant qu’ils eussent le temps duite à | de se mettre en défense; mais il eut la faiblesse tage. Si

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Le cardinal entama une négociation qu'il fit adroitement traîner en longueur; cependant le comte fut abandonné par la plus grande partie de ses troupes qui, suivant l'usage établi dans tout gouvernement féodal, servaient à leurs propres dépens; et lors de la conclusion de la paix, au lieu de donner la loi, il fut obligé de la recevoir, Une seconde entreprise qu'il fit pour rétablir ses affaires eut encore un plus mauvais succès. Un corps de ses troupes fut taillé en pièces, le reste fut dispersé. Presque seul au milieu des débris d’un parti ruiné, il aurait été obligé de se soumettre au vainqueur, ou de s'enfuir hors du royaume, si l'approche d'une armée anglaise ne lui avait donné le temps de respirer. Henri n’était point d'humeur à souffrir tranquillement l'indignité avec laquelle il avait été traité, tant par le régent que par le parlement d'Écosse, qui dans le mème temps avaient renoncé à son alliance et renouvelé et resserré leur union avec la France. La rigueur de la saison avait retardé ia vengeance du roi d'Anglee. Mais au printemps un corps d'infanterie able qu'il avait destiné contre la France, de faire voile en Écosse, et on enun nombre proportionné de trouàrégent et le cardinal ne s’attendaient "PR cette invasion; ils avaient compté que la France occuperait toutes les forces de Henri, et dans cette sécurité inexcusable, ils n'avaient point pourvu à la défense du royaume. Le comte de Hartford , ce général qui fit tant de mal aux Écossais dans le cours de ce siècle, commandait l'armée anglaise, 11 débarqua, sans trouver aucune opposition, à quelques milles au-dessus de Leith, dort il s'empara sans coup férir, et marcha droit à Édimbourg , où il entra avec la même facilité. Après avoir fait le dégât dans tout le pays des environs, le plus découvert et le plus riche de l'Écosse, il mit le feu à ces deux villes. Ensuite aux approches du corps de troupes que le régent avait rassemblé ; il chargea tout son butin sur la flotte qui l'avait amené, et regagna tranquillement avec ses troupes les frontières de l'Angleterre. L'Écosse fut ainsi délivrée en peu de jours de la terreur d'une invasion, entreprise sans politique, conduite à grands frais , terminée sans aucun avantage. Si Henri visait à la conquête de l'Écosse , il ne gagna rien à cette expédition; s'il avait |

toujours en vue le mariage qu'il avait proposé, il perdit beaucoup par rappert à cet objet. Cette conduite du roi d'Angleterre, que le comte de Huntlÿ appelait une galanterie féroce, révolta toute la nation. L'éloignement qu'elle avait pour le mariage proposé se convertit en horreur, Les Écossais, aigris par tant de traitemens indignes, ne furent dans aucun temps ni plus attachés à la France ni plus animés contre l'Angleterre

Le seut comte de Lennox, en dépit du régent

et du roi de France, continuait ses correspondances avec l'Angleterre, et ruina ses propres affaires, sans avancer celles de Henri, La plupart des vassaux du comte sacrifièrent l'attachement qu'ils avaient pour lui à l'amour de la patrie, et refusèrent d'entrer dans aucun complot qui pût tourner à l'avantage de l'ennemi dé. claré de la nation. Après quelques efforts faibles et infructueux, Lennox, désespérant de iroubler l'administration du régent, prit le parti de se réfugier à la cour d'Angleterre. Henri récompensa le désir, quoique infructueux , que le comte avait eu de le servir, en lui faisant épouser lady Marguerite Douglas , nièce du roi. Cependant ce comte infortuné, exilé de sa patrie, était destiné par la Providence à être la souche d’une race de rois. Il vit le lord Darnly son fils monter sur le trône d'Écosse, et en exclure à perpétuité ce rival qui s'était élevé sur ses ruines, et qui alors triomphait de ses malheurs. Chassé d'un pays comme criminel, reçu dans l’autre comme fugitif, sa postérité devait un jour posséder ces deux royaumes témoins de ses humiliations.

Cependant les hostilités continuaient entre les deux nations, mais avec peu de vivacité de part et d'autre. Les historiens contemporains sont entrés dans les plus petits détails sur des escarmouches, des incursions qui dans leur temps firent peu d'effet, et qui méritent encore moins d'être aujourd'hui rapportées !, Cette gucrre fut

* Quoique cette guerre ne soit remarquable par aucune action importante et décisive, elle ne laissa pas d'être destructive et ruineuse. 11 nous reste deux papiers en original qui peuvent donner quelque idée des malheurs auxquels les plus fertiles comtés du royaume furent exposés par les incursions des habitans des frontières. Le premier parait être un rapport fait à Henri par les gardiens anglais des marches, pour l’année 1544. 11 contient le récit de leurs exploits depuis le 2 juillet jusqu'au 17 no.

à la fin terminée par un traité de paix, dans lequel l'Angleterre , ta France et l'Écosse furent comprises. Henri voulait en faire exclure les sais , et se réserver contre eux la vengeance

que ses affaires dans le continent lui avaïent jusqu'alors fait différer. La paix était de la dernière conséquence pour François I® qui voyait l'empereur sur le point de l’attaquer avec toutes ses forces. Cependant François eut la générosité de ne vouloir point abandonner des alliés qui l’avaient servi avec tant de fidélité, et il aima mieux traiter avec désavantage que de laisser les Écossais exposés au ressentiment du roi d'Angleterre, 11 se relâcha sur plusieurs points, il sacrifla une partie de ses intérêts , et il s'attacha surtout à flatter la vanité et la fierté de ce prince. L'adresse, les complaisances , les soumissions mêmes, tout fut employé par le monarque fran- Gais, qui à la fin vint à bout de faire comprendre les Écossais dans la paix qu’on venait de conclure. Un événement arrivé quelque temps avant la

vembre, On y rend compte des diverses incursions, appelées alors forrays dans la langue du pays. Le détail du tort qu’ils avaient fait à l'ennemi est très cireonstancié et conçu en ces termes :

Villes, tours, beurgades, églises paroissiales, magasins

rasés ou brûlés ,,,,,.,,.,,..,., 192 a A 403 Prisonniers ,.,,.,..,,.,,,... Vériétss 816 Nolt, c'est-à-dire, bêtes à cornes prises. . ... 10386 MOUTON 12192 Chevaux entiers et hongres, . ...,....... 1296 OR en nn nd du Less 200 Mesures de grains. . ..,.,,,,., ,,...., 850

conçu en termes plus généraux ; on y voit ce qui avait élé brûlé, rasé ou détruit dans les comtés de Berwick et Roxboury seulement,

Monasières et maisons religieuses ,.,,,.,, 7 Châteaux, tours et forts. , ...,...... Ev. 16 NO Oh É à nt su ee 5 1 Nr er ET NS ree 243 MODE FE ee ne 4 + 13 EUR a 3

Hayne, 52

Comme les Écossais n'étaient pas moins expérimentés pour la petite guerre que les Anglais, on peut en con- Clure que les dégâts que les premiers firent en Angleferre, ne furent pas moins considérables, et que leurs expéditions, qu'ils appelaient raids, n'étaient pas moins destructives que les incursions des Anglais, appelées forrars.

conclusion de la paix, la rendit bien plus agréable à toute la nation. Le cardinal Beatoun, élevé par sa dextérité au plus haut point de grandeur, n'avait pas su user de son Pouvoir avec prudence. Ses grandes qualités étaient ternies par les passions, les préjugés, l'emportement d'un chef de parti, défauts bien opposés à la douceur nécessaire pour gouverner un royaume divisé en factions. Ses ressentimens contre une partie des nobles, son insolence envers les autres, sa sévérité à l'égard des réformateurs, et surtout le jugement contraire aux lois, et le supplice barbare au fameux Georges Vishart, homme d'une naissance distinguée et d'une piété exemplaire, auraient lassé la patience d’esprits moins féroces que ceux de ce siècle. Il ne manquait qu'une main hardie pour sacrifier la victime dévouce à la haine publique. Une querelle particulière mit les armes à la main à un furieux animé d’un faux zèle de religion. Norman Lesly, fils aîné du comte de Rothes, avait essuyé de la part du cardinal des injustices et des mépris. La hautgur de’ Lesly, la barbarie du siècle, ne lui befig

taient pas de digérer un affront. So adyel était, par état , à couvert des procédés. en y dans ce qu'on appelle une affaire dtonr Lesly se détermina à se proCurét par lui-même la satisfaction qu'il n'osait lui demander, Ce projet exécrable fut exécuté avec une prudence et un courage qui tiennent du prodige. Le cardinal faisait alors sa résidence dans le château de Saint-André, qu'il avait fait fortifier à grands frais, et qui, suivant les connaissances de ce temps-là, passait pour être imprenable, Sa suite était nombreuse, la ville à sa dévotion, tout le pays des environs rempli de ses créatures. Dans cette position, seize personnes conçoivent le dessein d'aller le surprendre, et l'assassiner dans son château, et le succès répondit à la hardiesse de l’entreprise, Dès le grand malin, ils se saisissent d'une des portes du château, qu'on avait ouverte pour les ouvriers qui finissaient les fortifications. Ils placent des sentinelles à la porte de l'appartement du Cardinal, réveillent lun après l'autre tous ses domestiques, qui étaient en grand nombre, et les mettent à me-

| sure hors du château. Ils s’avancent ensuite , Sans

bruit, sans tumulte , sans faire d'autre violence, arrivent à la chambre de Beatoun, et le font tomber mort à leurs pieds. Rien ne peut excuser

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(1546) un pareil forfait, qui cependant délivra l'Écosse

d'un ambitieux, dont l'orgueil était insapportable à la noblesse, et qui par sa cruanté'et ses artifices était devenu le fléau de la réformation.

La mort du cardinal porta un coup fatal à la religion catholique et aux intérêts de la France èn Écosse. Cependant une grande partie de la nation conservait toujours le même zèle pour ce parti : mais Ha mort d'un chef iidustrieux, puissant, expérinénté, le rendit bientôt infructucux. [ serait difficile de se représenter la

tait une joie secrète'de se voir délivré d’un rival qui éclipsait sa grandeur, et qui anéantissait presque entiérement son autorité : mais la bienséance, l'honneur de l'Église, les importunités de la reine douairière et de sa faction, les enga-

rent de prendre les armes pour venger la mort d’un homme qu’il haïssait, Le régent y fut aussi principalement entrainé par le désir de délivrer sûn fils aîné, retenu depuis quelque temps à Saiit-André par le cardinal comme un gage ae la fidélité du comte, et qui lors de ia prise de ce Château était tombé entre les mains desconjurés.

Le régent fit de grandes menaces, mais elles restèrent sans aucun effer. Une partie principale de la science militaire, l'art d'assiéger des places, était alors inconnue en Écosse, Les armes, la discipline , l'impétuosité des Écossais, qui faisaient l'avantage de leurs armées en pleine campagne, les rendaient incapables de faire des siéges. Un corps de cent cinquante hommes, le plus fort que les conjurés avaient jamais pu rassembler, tint pendant cinq mois contre toutes les forces du régent ', dans une ‘place qu’on prendrait aujourd'hui en peu d'heures avec un seul bataillon et quelques pièces de canon. Ce siége emwyeux finit par une trève, Le régent se chargea d'obtenir pour les meurtriers du cardinal l'absolution du pape et le pardon du parlement, et à ces conditions les conjurés s'engagèrent de rendre le château de Saint-André, et de remettre en liberté le fils du régent.

IL y à lieu de croire qu'aucune des deux parties ne fut de bonne foi dans ce traité’, et que de pare et d'autre on ne songéa qu'à S'amuser et à

! Epist. Reg. Scot., 11, 379.

Gagner du temps. Le régent attendait le sécours de la France, et espérait de forcer bientôt les meurtriers du cardinal à lai demarrder grâce, D'un autre côté, si Henri n'avait pas d’abord encouragé Lesly et ses associés au crime qu'ils venaient de commettre, il est au moins certain qe dans la suite ils reçurent de ce prince de puissans secours. Malgré le silence que les historiens contemporains ont gardé sur ces faits, il ya de grandes présomptions du premier, et

| l'autre est de la dernière évidenee !. Pendant le

… consternation qui se répandit parmi les adhérens | du cardinal à ce coup imprévu. Le régent sen-

siége, les meurtriers du cardinal avaient reçu

| d'Angleterre de l'argent et des provisions ; et | comme Fenri se disposait à renouveler ses pro-

positions du mariage et de l’anion -qu'il avait projetés , ét à faire avancer ame armée formidable pour appuyer ces négociations, ils espé-

| raient qu’en se joignant à lui, ils seraient bientôt gemens qu'il avait pris avec la France, le forcè-

dans le cas de n'avoir plus besoin dé grâce, et même de demander une récompense.

La mort du roi d'Angleterre, arrivée le 28 janvier 1547, fit évanouir toutes leurs espérances. Le règne d'Henri VII fut plus brillant que

: glorieux , plus rempli de troubles que d'actions

de vigueur, tyrannique pour le gouvernement de l’intérieur , inconséquent ct irrégulier pour les affaires du dehors. Cependant les vices de ce prince furent plus avantageux à ses peuples que les vertus de ses prédécesseurs. Son avidité, 8a prodigalité, sa tyrannie même, le rabaissement de l’ancienne noblesse, l'élévation descommunes dont il accrut les possessions et l'autorité, jetérent les premiers fondemens de la liberté britannique, Ses autres passions ne contribuèrent pas moins à la ruine du papisme, ct à l'établissement de la liberté de la religion dans le royaume. Son ressentiment le porta à abolir l'autorité de l'Église, et sa cupidité à s'emparer des biens du clergé; en lui ôtant ces deux soutiens , il fut aisé, dans le règne suivant , de renverser tout l’édifice de la superstition.

François [°° ne survécut pas long-temps à ce prince, dont il avait été alternativement rival et ami. Henri Il 'successeur'de François, ne perdit point de vue les intérêts de la France en Écosse, 11 y envoya un corps considérable au secours du régent, sous lé ccmmandement de Léon Strozzi, Les Français, duns leurs guerres

en Allemagne et en Italie, avaient acquis par :

une longue expérience, autant d’habileté pour la conduite des siéges que les Écossais y étaient

+ ignorans. L'audace et le désespoir des conjurés

ne purent tenir contre la supériorité des troupes françaises. Lesly et ses adhérens, après une courte résistance, se rendirent à Strozzi, qui s'engagea, au nom du roi son maître, à leur procurer la vie sauve, et les fit transporter en France comme prisonniers. Le château de Saint- André, ce monument du pouvoir et de la vanité de Beatoun, fut démoli, suivant les règles du droit canonique, qui ordonne que les maisons où le sang sacré d'un cardinal a été répandu soient renversées de fond en comble.

Le régent donna l’archevèché de saint-André à Jean Hamilton, abbé de Paisley, son frère naturel !.

Un délai de quelques semaines aurait pu

« aîné du régent fut déclaré déchu de tout droit « de succession publique ou particulière , tant « qu'il serait détenu prisonnier ; on lui substi- « tuait ses autres frères, suivant le rang de leur « naissance, et à leur défaut on appelait les plus « proches héritiers du régent !. » La succession

du droit héréditaire est une idée si naturelle et

si généralement reçue, qu’une nation se hasarde rarement à l'interrempre hors des cas d'une extrême nécessité. Le parlement crut avoir aperçu cette nécessité pressante dans les occurrences actuelles. La haine contre l'Angleterre, fondée sur la mémoire des hostilités passées , réchauffée par la douleur vive d'injures encore

: toutes récentes, était alors le ton dominant de

sauver les meurtriers de Beatoun. Les ministres | d'Henri VIE, qui avaient la principale direction | des affaires pendant la minorité de son fils |

Édouard VI, suivirent le système politique de |

leur défunt maître par rapport à l'Écosse; et pour amener les Écossais au traité d'union projeté depuis si long-temps, ilsrésolurent de leur arracher par la terreur, le consentement qu'ils n'avaient pu obtenir par l'adresse et les négociations.

Mais avant que d'entrer dans le récit des événemens occasionés pr l'invasion des Anglais en Écosse, je crois uevoir m'arrèter à un fait dont nos historiens contemporains n’ont point fait mention, et qui est cependant très intéressant pour donner une idée du génie et de la façon de penser des Écossais dans ce siècle.

Ceux qui avaient conspiré contre la vie du cardinal Beatoun, trouvèrent dans le château de Saint-André le fils aîné du régent. Comme ils avaient besoin de la protection de l'Angleterre, il était à craindre qu'ils ne cherchassent à se concilier la bienveillance des Anglais, en leur remettant un prisonnier de cette importance.

L'héritier présomptif de la couronne entre les mains de l'ennemi juré de la nation , était une chose terrible à penser. Pourse tirer de ce danger, le parlement s'avisa d'un moyen tout-à-fait extraordinaire. Îl fit un acte par lequel « le fils

* Burnet, Aist. reform. , |, 338.

nn SE

la nation. Cette haine invétérée dicta ce statut singulier, qui dérangeait d’une manière si remarquable la succession linéale. Il paraît qu’on ne connaissait point du tout alors cette maxime de nos jours, qui nous représente le droit de succession comme sacré, inviolable , et auquel on ne peut déroger par aucune sorte de considération.

Dans les premiers jours de septembre, le comte de Hartford, nouvellement créé duc de Sommerset, et protecteur d'Angleterre , entra en Écosse à la tête d’un corps de dix-huit mille hommes, et dans le mème temps une flotte de soixante voiles parut sur les côtes pour soutenir les forces de terre. Les Écossais qui avaient vu depuis quelque temps l'orage se former, avaient pris toutes leurs mesures pour s’en garantir. Leur armée était presque le double de celle de l'ennemi et postée avec beaucoup d'avantage sur une côte qui s’élève au-dessus de Musselbourg , à quelque distance des bords de la rivière d’Es’ e. Le duc de Sommerset, instruit de toutes ces circonstances, apercevait le danger, et aurait bien voulu se tirer de ce mauvais pas, par quelque nouvelle ouverture de paix , à des conditions raisonnables. Mais sa modération fut imputée à timidité, et ses propositions furent re. :!es avec la hautcur qu'inspire l'assurance du succès. En effet, si la conduite du régent, qui commandait l'armée d'Écosse, avait égalé sa présomption, la perte de l'armée anglaise était inévitable, Les Ecossais se trouvaient dans une position entièrement semblabie à celle de

1 Epist. Reg. Svot., 11, 359.

leurs co Cromw:

bien ch les force les pro:

avaient glais ne cilemen ainsi in retraite et peut- En ra pédition dans les salut à | écossais.

mit son bravour!

patience craignit par la fi reté, po près de aussi le avait co avait ain fanterie d'Écosse marchai fort serr ei s’avar rivière, flotte ar de Muse du rivag un léger paravan taque av fanterie

% aisémen lamite

leur infa exposés flanc, a qui servi en mêm l'infante

‘Ou M

en Écosse.

d'Édimbor

déchu de tout droit \ particulière, tant lier ; on lui substivant le rang de leur on appelait les plus t !, » La succession idée si naturelle et 1e nation se hasarde 10rs des cas d’une lement crut avoir nte dans les occurntre l'Angleterre, hostilités passées , je d'injures encore le ton dominant de rée dicta ce statut une manière si reale. Il paraît qu'on alors cette maxime résente le droit de violable , et auquel une sorte de consi-

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leurs concitoyens, lors de l'expédition d'Olivier Cromwell dans le siècle <'vant. Ils avaient si bien choisi leur terrain, qu'il était impossible de les forcer à donner la bataille, Les fourrages et les provisions de tout le pays des environs avaient été consommés en peu de jours. L’Anglais ne pouvait en tirer que de sa flotte, difhcilement et en petite quantité. Sa retraite était ainsi indispensablement nécessaire : mais cette retraite pouvait ètre fatale à l’armée anglaise, et peut-être entraîner sa ruine totale.

En rapprochant les circonstances de cette expédition et de celle de Cromwell, on voit que

dans les deux occasions les Anglais durent leur salut à la chaleur et à l’impétuosité de la nation

écossaise qui, par des démarches inconsidérées, mit son pays dans le plus grand danger. La bravoure indisciplinée des soldats leur fit perdre patience à la vue de l'ennemi. Le général ne craignit rien que de voir les Anglais lui échapper par la fuite. Il quitte le camp où il était en sûreté, pour aller attaquer le duc de Sommerset près de Pinkey : action téméraire, et qui eut aussi le plus mauvais succès. Cependant le duc avait conduit son armée sur une éminence, et avait ainsi regagné l'avantage du terrain. L’'infanterie faisait la principale force de l’armée d'Écosse. Ce corps, armé de piques très longues, marchait sur plusieurs files de hauteur, les rangs fort serrés. Il se forma en trois gros bataillons, ei s’avança vers l'ennemi. Lorsqu'il eut passé la rivière, il se trouva exposé à tout le feu de la flotte anglaise, qui était mouillée dans la baie de Maselbourg !, et qu'on avait fait approcher du rivage. La cavalerie anglaise, enhardie par un léger avantage remporté quelques jouré auparavant dans une escarmouche , commença l’attaque avec plus d’ardeur que de conduite. L’infanterie écossaise, ferme et serrée, soutint

L aisément le choc de cette cavalerie, la rompit et

la mit en déroute. Les Anglais firent avancer leur infanterie, et les Écossais se trouvèrent alors exposés d’un côté à une nuée de flèches, sur le flanc, au feu roulant de quatre cents fusiliers qui servaient dans l'armée ennemie, et foudroyés en même temps par une batterie placée derrière l'infanterie anglaise sur l'endroit le plus élevé

* Ou Musselborow, petite ville ou bourg de la Lothiane en Écosse, Ce lieu est sur le golfe de Forth , à deux lieues d'Édimbourg, vers le levant,

de la colline. Alors cette épaisseur, cette profondeur des colonnes d'infanterie des Ecossais ñ tourna à leur désavantage, et les mit dans l'impossibilité de garder plus long-temps cette position. Lecomted'Angus, quicommandait l'avantgarde, voulut changer de terrain et se replier vers le gros de son armée. Malheureusement ses gens prirent ce mouvement pour une fuite , et la confusion se mit parmi eux. Alors la cavalerie anglaise se rallia et retourna à la charge; l’infanterie poursuivit son avantage; l'aspect de la victoire redoubla leur ardeur; en un instant la déroute de l'armée écossaise devint générale, sans qu'il fût possible de la rallier. Le combat ne fut ni long ni meurtrier; mais, dans la poursuite, l’Anglais montra toute la rage, tout l’acharnement que pouvaient inspirer l’antipathie, l'émulation, les querelles, les hostilités réciproques entre les deux nations. On suivit les fuyards pendant cinq heures, et jusqu’à une distance fort éloignée. Les trois chemins différens que les Écossais avaient pris étaient semés de piques, d'épées, de boucliers, et jonchés de corps morts. Dans cette fatale journée, la plus malheureuse qu'on eût jamais vue en Écosse, plus de dix mille hommes restèrent sur la place. On fit peu de prisonniers, et il ne se trouva parmi eux que quelques personnes de distinction. Le protecteur pouvait alors'se rendre maître d’un royaume dont il était sur le point, quelques heures auparavant , d'être chassé avec ignominie !,

! On trouve dans un journal rare et précieux de l’expédition du protecteur en Écosse, écrit par Guill. Patten, commissaire adjoint à Cecil, comme juge maréchal des armées , et imprimé en 1548, le passage suivant qui mérite d’être rapporté ici, parce qu’il donne une idée claire de la discipline militaire établie dans ces temps-là chez les Écossais. «Je crois qu'il est nécessaire de rendre «compte de ce que j'ai appris depuis, particulièrement «au sujet de leur discipline, de leur armure et de leur «manière de faire la guerre, tant offensive que défen- «sive. Ils se mettent en campagne, bien équippés de tout : «cotte de mailles, pot en tête, dague, bouclier, épées « fort larges et bien affilées, d’une trempe excellente, et «en général si tranchantes, que je n’en ai jamais vu « d’aussi bonnes, et que je crois qu'il serait difficile d'en « trouver de meilleures. Outre cela, chaque homme a sa «pique et un grand mouchoir entortillé deux ou trois «fois autour de son col, non pas pour le froid, mais « pour les blessures. Lorsqu'ils marchent pour aller à «l'ennemi, ils sont collés et serrés de si près dans le pre- «nier rang, épaule contre épaule, tenant à deux mains «leurs piques allongées devant eux, et ceux qui les sui- «vent daus le même ordre sont tellement pressés sur

Cependant il ne tira aucun avantage réel de

cette victoire signalée, soit manque de temps,

soit. faute d'habileté pour savoir la mettre à profit. Chaque nouvelle offense élaignait de plus en. plus les Écossais de l'union projetée avec

l'Angleterre, et le protecteur négligea le seul moyen qu'il avait de les forcer à y donner leur

consentement. Il s'amusa à faire le dégât dans

un pays tout ouvert, à prendre ou à construire | quelques petits. châteaux : au lieu qu’en fortifiant ! un petit nombre de places accessibles par mer, |

il aurait en peu de temps contraint les Écossais, ou d'accepter ses conditions, ou de se soumettre

à sa puissance. Telle fut laconduitede Cromwell, |

lorsque après la victoire remportée à Dunbar il

serendit maître de l'Écosse. La bataille de Pinkey. |

“eut d'autre effet que d'entraîner les Écossais dans de nouveaux engagemens avec la France.

Ce qui se passait alors à la cour d'Angleterre peut néanmoins excuser la conduite du duc de Sommerset. Il se formait contre lui une cabale, sa fin tragique était déjà préméditée. Pendant qu'il triomphait en Écosse, on travaillait sourdement à ruiner en Angleterre son pouvoir et sou crédit. Jnstruit de ces menées, il fut obligé de songer à sa conservation, de préférer sa sûreté au désir de la gloire, et de s’en retourner en Angleterre sans avoir recueilli les fruits de sa victoire, Cependant l'orage alors se dissipa, la conspiration qui fit tomber Sommerset n'avait point encore pris toute sa consistance , l’arrivée

«leur dos, passant leurs piques par-dessus les épaules de «ceux du premier rang, que lorsqu'on en est assailli à « l’improviste, il n'y a point de force qui puisse leur ré- «sister. Lorsqu'ils se tiennent sur la défensive, ils ont «pareillement les épaules serrécs les uns contre les au- «tres; le premier rang est courbé fort bas, comme des «gens à genoux ; leurs camarades tiennent derrière eux «leurs piques à deux mains, et de plus, dans la gauche, «leurs boucliers, ua bout de la pique appuyé contre leur «pied droit et l'autre présenté à la hauteur de la poitrine «de l’ennemi; ceux qui les suivent ont leurs piques en « avant, croisées avec les leurs, et ainsi de suite aussi «près les uns des autres que l’espace et le lieu peuvent «le permettre, eu si serrés dans tonte l'étendue du ba- «ctaillon, qu’il ne serait pas plus aisé de déranger le front «de leurs piques, que de percer avec le doigt nu la « peau d’un hérisson en colère. » On trouve dans ce jourul plusieurs autres détails forts curieux, dcat le chevalier Jean Hayward s’est servi pour composer son histoire de cette expédition. Pie d’Édouard V1, 279, etc.

La longueur des piques des Écossais fut fixée, par Act. 44, p. 1471, à six aunes, c’est-à-dire dix-huit pieds six, pouces.

du duc en suspendit pour quelque temps les ef fets. Il consenva toujours le pouvoir suprême, et il s'en servit pour tâcher de reprendre l'avantage qu’il avait perdu. Il envoya un corps de troupes pour s'emparer d'Haddingtoun, qu'il fit fortifier. Mais cette place, éloignée de la mer, et de toutes les garnisons anglaises, ne pouvait être défendue qu'à grands frais, et avec beaucoup de dangers, Cependant les, Français gagnèrent plus à, la défaite de leurs alliés que les Anglais ne tirèrent de fruit de leur victoire, Après la mort du cardinal Beautoun, Marie de Guise, reine douairière d'Écosse , eut beaucoup de part à la dirertion des affaires. Attachée par le sang et par inclination aux intérêts de la France, elle ne fut occupée que de les favoriser, et elle sut profiter avec adresse de toutes les circonstances qui se présentèrent., La déroute de Pinkey avait affaissé tout le génie, toute la vigueur de la nation écossaise, Dans une assemblée de nobles qui se tenait à Stirling pour délibérer sur la situation critique des affaires de l'Écosse, tous les regards se portèrent vers la France; on y vit le port de salut, on ne mit de confiance que dans ses secours. Mais comme Henri Il était alors en paix avec l'Angleterre, la reine leur représenta adroitement qu'ils ne pouvaient pas espérer que ce prince voulût prendre part à leur querelle, sans avoir quelque vue d'avantage personnel ; et que sans quelque concession extraordinaire en sa faveur, ils ne pouvaient point en attendre des secours proportionnés aux circonstances f4cheuses où ils se trouvaient. La prévention générale favorisa puissamment ces représentations de la reine. Ce qui, dans une assemblée, arrive assez sauvent à quelques particuliers, saisit alors tous les esprits. Guidés par leurs passions, uniquement occupés de les satisfaire , tous de concert abandonnèrent leurs anciens principes, perdirent de vue leurs véritables intérêts. Dans la violence de leur ressentiment, ils oublièrent cet ancien zèle des Écossais pour l'indépendance qui leur avait fait rejeter les propositions d'Henri VII, ils offrirent d'eux-mêmes leur jeune reine en mariage au daupbin, fils aîné d'Henri I; ils firent plus, ils proposèrent d'envoyer Marie à la cour de France pour y être élevée, et de la faire partir sur-le-champ. La soif de la vengeance tira d'eux un consentement que le salut mème de la patrie n'avait jamais pu leur arracher. Lo

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France aperçut tout l'avantage de l'acquisition d'un royaume tel que l'Écosse. Henri accepta sans hésiter les offre. L°s ambassadeurs écossais, et fit des propositis. de défendre avec vigueur cette espèce de conquête. On vit arriver à Leith un corps de si: mille hommes-de vieilles troupes, commandé far un Français nommé Dessé, qui avait sous s:2 ordres d’excellens officiers, exercés dans les loigues guerres de François 1°". Ce corps servit en Écosse pendant deux ans, avec une valeur et une distinction égales à sa renommée. Mais ses expéditions furent de peu d'importance: il fut mal soutenu par les Écossais, qui conçurent bientôt de la jalousie des desseins de la France. De plus, la précaution des Anglais, qui se tinrent toujours sur la défensive, empècha les Français de former aucune entreprise de conséquence, et les mit dans le cas d'épuiser leurs forces à des siéges très longs, et entrepris contre toute apparence de succès. Cependant les efforts de la France ne furent pas tout-à-fait infructueux à l'Écosse. Les Anglais

| furent obligés d'évacuer Haddingtoun, et de

“eqre quelques petits forts qu'ils tenaient dans férens endroits du royaume.

Mais les. opérations de ces troupes furent

d'uneuti itébien plus réelle pour le roi deFrance.

Elles firéht une diversion qui lui donna la faci- |

lité de chasser de Boulogne sur mer les Anglais qui s’en étaient emparés : de plus, la présence de l’armée française en Écosse fit consentir le parlement aux ouvertures qui lui avaient été faites par les nobles assembiés, à Stirling, au sujet de l'éducation de la reine à la cour de France, et de son mariage avec le dauphin. Quelques patriotes zélés s'élevèrent en vain contre ces démarches insensées, qui faisaient de l'Écosse une province de la France; qui du roi de France auparavant allié, en faisaient un maître; qui rendaient l'amitié de la France plus fatale à l'Écosse

que l'inimitié de l'Angleterre; et qui faisaient

prodiguer à l'une de ces puissances ce qu'on avait courageusement refusé à l’autre, Une affaire de cette importance fut décidée à la hâte dans un parlement assemblé dans le camp devant Haddingtoun. Les intrigues de la reine douairière, le zèle du clergé, le ressentiment cotre l'Angleterre, avaient déjà gagné une grande partie de la nation, la libéralité et les promesses du général ambassadeur de France

firent encore plus d'effet. Le régent lui-même eut la bassesse d'accepter une pension de la France, et le titre de duc de Chatellerault dans ce royaume. Presque toutes les voix furent pour la conclusion du traité, et les intérêts d'une troupe de factieux furent préférés à l'honneur de la nation. -

La France, après avoir entraîné les Écossais dans cette résolution fatale et inconsidérée , source de tant de malheurs pour eux et pour leur souveraine, ne leur laissa pas le temps de la réflexion ni du repentir. La flotte qui avait amené les troupes françaises en Écosse était restée dans le port de Leith,; elle transporta aussitôt la reine en France. Marie, qui n'avait alors que six ans, reçut à la cour de France, l’une des plus polies, mais des plus corrompues de l'Europe , une éducation qui augmenta les charmes de sa personne, qui perfectionna ses talens naturels, qui la rendit une femme accomplie; mais comme reine, elle y prit des préjugés qui dans la suite furent la cause de toutes ses infortunes.

L'arrivée de Marie en France changea le Système politique de cette cour. Henri, maître de la personne de la jeune reine , laissa languir la guerre en Écosse, et porta toutes ses attentions au recouvrement du Boulonnais. Pour exécuter ce projet , une légère diversion dans la Grande- Bretagne, qui obligerait l'Anglais à partager ses forces, était suffisante. L’Angleterre, énervée par des dissensions domestiques, avait beaucoup perdu de son ancienne vigueur, manquait de têtes dans l'intérieur, n'avait plus de bras à porter au dehors, et venait d'éprouver une révolution dans son gouvernement, Le duc de Sommerset avait envahi toute l'autorité, Un pouvoir acquis par la force, exercé avec peu de modération, ne devait pas être de longue durée. De grandes qualités, un grand amour pour la patrie, ne purent expier l'ambition démesurée du protecteur, quiavait pris la direction de toutes les affaires. Plusieurs seigneurs, desplus distingués de la cour, se liguèrent contre lui, Le

comte de Warwick, chef de ce complot, n'avait pas moins d'ambition que Sommerset, mais il possédait dans un degré bien supérieur l’art et le liant nécessaires pour parvenir à ses fins. Il conduisit son projet avec tant d'adresse, qu'il vint à bout de perdre son rival et de s'élever sur ses ruines. Il évita le nom odieux de protecteur :

mais il eut tout le pouvoir, il prit tout l'ascendant de Sommerset. Il aperçut bientôt que la paix était nécessaire pour l'affermissement de sa nouvelle autorité, et pour l'exécution de ses vastes desseins.

Henri était bien instruit de la situation où se trouvait le comte de Warwick. Il sut profiter des avis qu'il recevait d'Angleterre , pour amener les négociations à la conclusion d'une paix générale. Il prescrivit toutes les conditions qu'il voulut au ministre anglais, qui n’hésita sur aucune, quelque avantageuses qu'elles pussent être au monarque français et à ses alliés. L'Angleterre rendit à la France Boulogne avec toutes ses dépendances, et se désista de toutes ses prétentions, tant au mariage de la reine d'Écosse qu'à la conquête de ce royaume. Quelques petits forts, que les troupes anglaises occupaient encore en Écosse, furent rasés, et la paix entre les deux royaumes fut rétablie sur ses anciens fondemens.

Cependant ces malheureuses querelles entre les deux nations ‘britanniques leur firent perdre tout leur crédit et leur considération. La guerre entreprise de part et d'autre, sans aucun motif réel, uniquement fondée sur la jalousie et le ressentiment, fut conduite par les animosités nationales, toujours aveugles sur les véritables intérêts. La France, qui y avait pris part avec froideur, s’y conduisit avec beaucoup d'adresse : elle sut se prévaloir de toutes les circonstances qui se présentérent, elle rentra en possession d'un pays important qu'elle avait perdu, et elle

ajouta un nouveau royaume à sa monarchie, L'ambition , la trahison du ministre anglais lui procurèrent le premier de ces avantages, elle dut le second à la haine inconsidérée des Écossais Contre leurs anciens ennemis; elle mérita l'un et l'autre par son habileté et par sa bonne politique.

Aussitôt après la conclusion de la paix, les troupes françaises sortirent de l'Écosse , aussi contentes de s’en aller que la nation le fut de les voir partir. Les Écossais n'avaient pas lardé à s'apcrcevoir du danger auquel ils s'étaient exposés en appelant à leur secours une puissance qui avait sur eux tant desupériorité. Issupportaient impatiemment de voir ceux qui étaient venus pour protéger le royaume, s'y arroger toute l'autorité : ils se reprochaient leur imprudence de

| les y avoir attirés, et ils eurent en plusieurs occasions sujet de s’en repentir. Le génie particulier à la nation française augmentait encore le dégoût des Écossais, et les disposa à secouer le joug avant même que d'avoir commencé à le subir. Les Français étaient alors ce qu'ils sont en. core aujourd'hui, l’une des nations les plus polies de l'Europe. Mais on a remarqué que dans toutes leurs expéditions aux paysétrangers, soit vers le midi, soit vers le nord, leurs mœurs se

sont toujours trouvées singulièrement incompa.

tiblesavec celles des autres peuples. Les Barbares sont attachés fortement à leurs coutumes et à leurs usages, parce qu'ils manquent de goût et de discernement pour apercevoir ce qu'il y a de judicieux et de convenable dans ceux des autres nations. Les peuples qui tiennent le premier rang parmi les nations les plus civilisées sont très souvent , par orgueil, aussi entètés des usages qu'ils ont adoptés. Les Grecs étaient dans leur temps ce que les Français sont dans le nôtre : toujours contens d'eux-mêmes, jaloux d'être imi tés par leurs voisins, accoutumés à regarder lex modes comme l'enseigne du bon goût et légance , dédaignant de se contraindred'ets sant de se prêter à tous les usages dif leurs. Ces raisonsont, dans tous le$'@ pe les troupes françaises insupportables @K étrangers; elles se sont toujours attiré la haine en d'autres pays, elles y ont souvent trouvé leur destruction. Dans le cours de ce siècle, les Fran- Çais inondèrent quatre fois l'Italie; ils y firent des conquêtes par leur valeur, et ils les perdirent autant de fois par leur insolence. Les Écossais, peuple naturellement colère et altier, incapables, plus qu'aucune autre nation, de soutenir la moindre apparence de mépris, n'étaient pas d'humeur à reconnaitre les prétentions de ces hôtes présomptueux. Les deux peuples donnèrent bientôt des marques sensibles de leur antipathie : les Écossais secondèrent les opérations des troupes françaises avec une extrême froideur ; leur dégoût s'accrut insensiblement et fut porté par degrés jusqu'à l'indignation; pleins d'un ressentiment qu’ils avaient peine à contenir, ils.le firent éclater à l’occasion d’un événement de peu d’importance. Un soldat français avait pris querelle avec un bourgeois d'Édimbourg pour une cause très légère : aussitôt les deux nations courent aux armes avec une égale fureur pour la défense

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lusi 11569] LIVRE IL 65 LR ré rait à leurs sectateurs. On envoya à cet effet de | desseins de la reine, tandis qu'elle était en congmentait encore le la cour de France, des instructions à la reine | currence avec Je duc de Chatellerault pour la disposa à secoter le régente : cette princesse, qui avait de la douceur régence, Le premier pas qu’elle fit vers son nour commencé à lesuw dans le caractère et de la pénétration , condam- veau système fut de s'attacher à regagner la rs ce qu'ils sont en. nait un projet également violent et contraire bienveillance du clergé romain. Gette réconcinations les plus po- aux règles de la saine politique ; une longue | liation ne fut pas une chose bien difficile, les

remarqué que dans résidence en Écosse lui avait appris à connaitre paysétrangers, soit le caractère violent et impétueux de la nation ; vd, leurs mœurs se elle savait que les chefs des protestans étaient lièrement incompa- puissans, nombreux, et bien venus du peuple ; ‘uples. Les Barbares = etelle avait été témoin de l'intrépidité et du urs coutumes et à courage invincible que la ferveur de religion es le ions inquent de goûtet \ peut inspirer. En effet, qu'aurait-on gagné à | la dignité et à l'intérêt de leur ordre. L'espévoir ce qu'il ya de 4} soulever des esprits dangereux, qui jusqu’alors rance de triompher d un parti dont ils avaient ans ceux des autres n'avaient pas pu être réprimés par (ous les r'es- | tant redouté les accroissemens, ainsi que celle ent le premier rang sorts de la politique ? Si la rage et le désespoir de soutenir leur grandeur tombée en décadence, ivilisées sont très s'en emparaient, l'autorité d’une régente aurait | et de la rétablir sur une base plus assurée, les entêtés des usages été trop faible pour les subjuguer » Où même : encouragea, les séduisit au point d'effacer en un étaient dans leur « pour les modérer, Si on appelait des forces | instant de leur mémoire toutes les injures pasont dans le nôtre : étrangères pour étouffer la sédition, cette dé- ! sées, et les porta à seconder la reine dans tout s, jaloux d'être imi marche mettait l'alarme dans toute la nation, ce qu elle fit pour arrêter les progrès de la réiés à regarder leu déjà irritée contre le pouvoir excessif des Fran- formation. La rcine, assurée de leur assistance, Gais dans le royaume, et jalouse de tous leurs | approuva ouvertement les décrets de l'assemblée projets. Dans le tumulte qui ne pouvait man- ‘ du clergé, qui condamnaient les principes des quer de s'élever à cette occasion, bien loin de | réformés , et dans le même temps elle fit publier pouvoir se flatter d’exterminer les protestans et ! un édit par lequel il était enjoint aux personnes leur doctrine, il fallait s’estimer heureux si tout ! de tout état et condition de célébrer, suivant le l'édifice de l’ancienne église n’était pas ébranlé, ! rit romain, la fête de Pâques, qui approchait. et peut-être même renversé jusqu'aux fonde- Comme on ne pouvait plus douter des intenmens. Ces représentations dictées par la pru- ! tions de la reine, les protestans cherchèrent les denct . e firent aucune impression sur les frères | moyens d'éviter le danger qui les menaçait de de la reine régente. Ces princes avides des en- | si près, Îls chargèrent le comte de Glencairn et treprises les plus périlleuses, inflexibles dans | le chevalier Hugues Campbell de Loudon, d'atoutes leurs résolutions, insistèrent pour queleur | voir une explication avec la reine, et de lui porplan fût exécuté en entier et à toute rigueur, | ter leurs plaintes sur son changement et sur Marie passionnée pour les intérèts de la France, ! Cette sévérité dont leurs anciens services auet disposée à sacrifier toujours ses sentimens : r'aient dû les garantir, et à laquelle ils avaient si à particuliers aux inclinations de ses frères, se pré- ! Peu raison de s'attendre, après les promesses ara à exécuterleurs ordres avec une Soumission | Qu'elle leur avait tant de fois réité

ecclésiastiques papistes, séparés du reste du genre humain par cette politique hardie et heu reuse qui leur a prescrit le célibat, unis entre eux par les liens les plus intimes et les plus sacrés, étaient dans l'usage constant de sacrifier toutes leurs passions secrètes et particulières, à

aitiré la haine en uvent trouvé leur ce siècle, les Fran- Italie; ils y firent , etils les perdisolence. Les Écusère et altier, incaation, de soutenir ris, n'étaient pas prétentions de ces peuples donntrent le leur antipathie :

rées. La reine, A, : k = * CA ,

érations des trou- äveuple !; agissant contre ses propres lumières ! Sans user d'aucune dissimulation, sans chercher ne froideur ; leur et contre toutes les règles de la bonne politique, : à faire l'apologie de sa conduite, leur déclara la

tel fut porté par leins d'un ressenntenir, ils.le firent nent de peu d’imvait pris querelle £ pour une cause nations courent ir pour la défense

elle devint l'instrument des malheurs del'Écosse, ! résolution où elle | et de ces guerres civiles qui ne se terminèrent ! religion réformée; les députés insistèrent sur ses que par la ruine du pouvoir de la France et ! Premiers engagemens, et les lui représentèrent par la destruction du papisme en Écosse. Sans aucun détour, mais avec une hardiesse res- Le clergé papiste, sous la conduite de l'arche- : Pectueuse, Alors la reine, sortant des bornes de vêque de Saint-André, s'était opposé à tous les | Sa modération a #<outumée, s'oublia au point de | faire parade d'une maxime qui n'est que trop

? Meivil, 48. Mém, de Castelnau, dans Jebb, vol. n, ! Ordinaire aux princes, mais que la prudence de- 416. i vrait leur faire cacher avec le plus grand soin. b]

était d'extirper du royaume la

« Les promesses des princes ne sont point faites,

dit-elle, pour qu'on en conserve le souvenir avec |

tant de soin, et on ne doit point en exiger l'accomplissement, à moins qu’elles ne soient conformes à leurs intérêts. »

La colère, qui avait trahi les sentimens de la reine, et qui lui avait arraché des expressions si peu mesurées, n'était rien en comparaison de celle dont elle fut transportée lorsqu'elle apprit que l'exercice public de la religion réformée était établi dans la ville de Perth; elle leva aussitôt le masque, et ordonna que tous les prédicateurs protestans fussent sommés de comparaître devant une cour de justice indiquée à Stirling pour le 10 de mai, Les protestans, qui, depuis leur union, commençaient alors à être connus sous le nom de congrégation, furent alarmés du danger, mais ils n’en furent point intimidés. Ils se déterminèrent sur-lc-champ à ne point abandonner des hommes à qui ils étaient redevables de la connaissance de la vérité, le plus précieux de tous les biens. Il y avait alors une coutume établie en Ecosse, et qui se pratiquait dans toutes les affaires criminelles; elle venait originairement de l'institution du vasselage et des tribus, et elle avait dans la suite été tolérée par la faiblesse du fouvernement. Toute personne accusée d'un crime était accompagnée au lieu où le jugement devait se rendre, par tous ses amis et adhérens, qui se rassemblaient de tous les coins du royaume. Les réformés, autorisés par cet ancien usage, se ras semblèrent et se Mirent en marche vers Stirling pour y assister leurs pasteurs. La reine, intimidée aux approches d'un corps aussi nombreux, quoiqu'il fût sans armes, crut devoir prendre des mesures pour l'empécher d'avancer plus loin. Elle s'adressa à Jean Erskine de Dun, per-

sonnage qui avait dans le parti la plus grande |

autorité, et elle lui donna plein pouvoir de promettre, en son nom, que la procédure criminelle serait arrêtée, si les prédicateurs et leur suite voulaient suspendre leur marche, et ne | pas s'avancer plus près de Stirling. Erskine | persuadé de la sincérité de la reine, la servit | avec beaucoup de zèle, et les protestans, éloi- | gnés de tout acte de violence, écoutèrent avec plaisir des propositions aussi pacifiques. Les | prédicateurs restèrent à Perth avec quelques |! chefs du parti; la multitude rassemblée des dif- |

| férentes parties du royaume se dispersa, et chacun se retira dans le lieu de sa demeure or- | dinaire.

La reine, malgré cette promesse solennelle, fit appeler en justice, le 10 de mai, Ceux qui aväient été assignés, et faute par eux de comparaitre, ils éprouvérent toute la rigueur de la justice, et furent condamnés et proscrits. Marie, par ce bas artifice , indigne d'une reine , incompatible avec cette probité qui doit paraître dans tous les traités entre les souverains et leurs sujets, perdit entièrement l'estime et la confiance de toute la nation. Les protestans , animés également, el par l'indécence avec laquelle on avait violé la foi publique, et par le danger qui les menàçait, se préparérent à une vigoureuse défense. Eiskine, outré d’avoir été l'instrument dont on s'était servi Pour tromper ceux de son parti, sortit aussitôt de Stirling, regagna Perth, et alluma encore le zèle de ses associés en leur représentant l'iuflexibilité de la reine et la ferme résolution où elle était d’anéantir leur religion.

Ces représentations furent puissamment, fécondées par Knox, homme éloquent, ct qui possédait l'art d’entrainer le peuple. Fnox, conduit prisonnier en France, avec les autres personnes arrêtées dans le château de Saint-André, avait presque aussitôt trouvé Je moyen de s'évader. Ensuite résidant tantôt en Angleterre, tantôt en Écosse, il avait à la fin été chassé de ces deux royaumes par le clergé papiste, et forcé de se réfugier à Genève. U en fut rappelé par les chefs du parti protestant en Écosse. Il se rendit à leurs sollicitations, fit voile vers son pays natal, et y arriva peu de jours avant l'établissement de la cour de justice à Stirling. 11 Court aussitôt à Perth, dans le dessein de partage” les dangers avec ses frères, ou de les ai-

der de ses conseils pour le bien de la cause commune, Il saisit le moment de la fermentation des esprits révoltés de la perfidie de la reine : tout occupé du péril présent il monte en chaire, il s'emporte avec véhémence contre l’idolâtrie, il enflamme la multitude et la porte au dernir”

| degré de rage et de fureur. Immédiatement

après le sermon de Knox, un prêtre se mit à décorer un autel, et se préparait à y dire la messe ; cette indiscrétion précipita l'incendie. Le peuple en fureur, sans que rien pôt l’arrèter

cou ville enp suite renv fices.

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le prieur «

ume se dispersa, et eu de sa demeure or-

Court tumultuairement à toutes les églises de la personnes considérables de leur parti, toujours ville, s’y jette en foule, renverse les autels, met attachés à Ja reine. Privés de leurs secours et de en pièces les statues et les images, marche en- leurs conseils, ils craignaient le mauvais succès suite aux monastères, et dans peu d'heures d'un combat qui pouvai entraîner la ruine de renverse de fond en comble ces somptueux édi- | leur faction. Ces considérations rendirent l'idée fices. Ce soulèvement et cesexcès ne furent l'ef- | d'un accommodement très agréable aux deux fet d'aucun dessein prémédité, d'aucunés déli- partis; et il y a lieu de croire qu'Argyll et le bérations précédentes ; ils furent blimés par les | prieur, nommés par la reine pour conduire la prédicateurs de la réforme , et condamnés Pu- | négociation, désiraient sincèrement la réconci- L bliquement Pa” ceux qui avaient le plus de cré- | liation. L'arrivée du comte de Glencairn, qui … dit et d'autorité dans le parti : il est certain amena à la congrégation un renfort considéà qu'ils ne pouvaient être regardés que comme | rable qu’elle n’attendait point, augmenta encore ( l'effet subit et imprévu d'une rage populaire. | le désir que la reine avait de la paix. Le traité © Mais la reine aperçut cet événement sous un | fut conclu à ces conditions : qu'on licencierait « point de vue bien différent. Son autorité avait | les deux armées, et que les portes de la ville de … été ouvertement méprisée, les protestans avaient Perth seraient ouvertes à la reine; qu’on indem- . insulté à ce qu'il y avait, suivant ses idées, de | niserait les habitans de la ville st les autres des | plus respectable et de plus sacré dans la religion. dommages qu'ils avaient soufferts dans le der- Ces raisons la déterminérent à s'en prendre à | nier soulèvement ; qu'on ne laisserait point de tout le parti, et à en tirer une Vengeance écla- | garnison française dans Perth ; que les soldats lante. Elle avait déja fait venir à Stirling les français ne pourraient Pas approcher d: cette ” troupes soudoyées par la France; elle y joignit | place de plus de trois milles; et qu'on tiendrait …ce qu'elle put faire lever à la hâte en Écosse » €t | au plus tôt un parlement Pour y terminer tous les … marcha droit à Perth, dans l'espérance d'y sur- | différends qui pouvaient encore subsister 1, … prendre les chefs des Protestans ave ’ils Les chefs de la Congrégation, qui se défiaient eussent pu rassembler tous leurs gens, qu'ils | de la sincérité de lareine, etquiapercevaient qrr« «avaient congédiés imprudemment Par trop de | des concessions extorquées par la nécessité des L onfiance en ses promesses trompeuses. On eut | conjonctures, et si contraires à ses inclinations, à Perth des préparatifs et des | ne conserveraient pas long-temps leur validité, enaces de la reine. Les Protestans auraient bien |

promesse solennelle, 10 de mai, ceux qui iute par eux de comute la rigueur de la s et proscrits. Marie, d’une reine, incomui doit paraître dans uverains et leurs sustime et la confiance Stans , animés égalevec laquelle on avait r le danger qui les une vigoureuse déir été l'instrument romper ceux de son Stirling , regagna zèle de ses associés xibilité de la reine lle était d’anéantir

it puissamment, fé- > éloquent, ct qui peuple. Enox, conavec les autres perau de Saint-André, é le moyen de s'é- Ôt en Angleterre, a fin été chassé de clergé papiste, et > H en fut rappelé ant en Écosse. Il se

fit voile vers son e jours avant l’éta - IStice à Stirling, Il le dessein de par-

firent entre eux une nouvelle association, par la- Moulu essayer de l'adoucir, soit en s'adressant à quelle ils convinrent qu'à la première infracelle-même directement, ou par le moyen des | tion du traité, ou sur la moindre apparence de Personnes qui avaient le plus de crédit à sa Cour; | danger pour leur religion, ils rassembleraient ais la trouvant inexorable, ils prirent avec vi- | toutes leurs forces, et qu'ils prendraient les arpueur toutes les mesures nécessaires pour leur : mes pour la défense de ce qu'ils regardaient propre défense, Leurs adhérens, animés du zèle : comme la cause de Dieu et de la patrie. de religion, €mpressés de prodiguer leur vie ! La reine fit voir Par Sa conduite que les crainpour une si bonne Cause , se rendirent en foule tes des chefs des réformés étaient bien fondées res, ou de les ai- Perth, mirent bientôt la ville hors de tout et leurs précautions fort sages. Aussitôt que les bien de la cause nger, et furent même, en peu de jours, en Protestans eurent congédié leurs troupes, elle de la fermentation élat de se mettre en CaMpagne, et de tenir tête viola tous les articles du traité; elle introduisit fidie de la reine : : à la reine, qui S'avançait avec un Corps de sept des troupes françaises dans Ja ville de Perth,

| monte en chaire, mille hommes. elle mit à l'amende quelques habitans, elle en

contre l’idoltrie, Cependant aucun des condamna d'autres au bannissement ; elle priva 1 porte au dernir" Pressail d'en venir aux mains. La reine Craignait les Magistrats de leurs offices, et, en s'en retour . Immédiatement l'événement q une bataille avec des üens exaltés nant à Strline

2 { , elle laissa une garnison de six n prètre se mit à Mpar la ferveur de religion , et qui ne connais- cents hommes, avec ordre dene Permettre l’exerarait à y dire la Sent plus ni la crainte ni le danger, Les Pro- cice d'aucune autre religion que de la caiholique écipita l'incendie. (estans voyaient avec regret le comte d'Argyll,

rien pôt l'arrêter le prieur de Saint-André, et Plusieurs autres

deux partis ne s'em-

. romaine. Il paraît que la situation de Perth, place assez forte pour ce temps-là, et la plus commode qu'il y eût dans le royaume pour y tenir une garnison, avait séduit la reine au point de l'entratner à ce manquement de foi inexcusable, et d'ailleurs mal concerté. Elle tâcha de se justifier, en disant que le corps qu’elle laissait dans Perth était à la vérité soudoyé par le roi de France mais qu'il était entièrement composé d'Écossais.

Les vues de la reine commencèrent à se dé-

velopper par degrés ; on vit alors clairement que non-seulement la religion était menacée , mäis qu'on en voulait encore aux libertés du royaume, et que les troupes françaises étaient les instrumens dont on devait se servir pour imposer le joug de la servitude et le cimenter. Le génie des Écossais les portait à la guerre, mais la pauvreté de leur pays les mettait dans l’impossibilité de tenir long-temps des armées sur pied. Un corps peu considérable de troupes réglées devenait ainsi formidable à la nation : quoique tout homme‘ fût soldat. Cependant il serait difficile de déterminer avec certitude le nombre des troupes françaises qui étaient alors en Écosse, et de découvrir dans quel temr;s et et sous quel prétexte elles revinrent dans le royaume, dont on les avait fait sortir en l'année 1550. Les historiens contemporains ont souvent êté peu judicieux dans le choix des circonstances qu'ils ont transmises à la postérité, pendant qu'ils laissent les siècles suivans dans une entière obscurité sur des faits les plus intéressans et de la plus grande importance. Cependant on peut conjecturer par quelques passages de Buchanan, que les Français et les Écossais soudoyés par la France montaient au moins à trois mille hommes, sous le commandement de d'Oysel, créature de la maison de Guise, et que ce corps de troupes fut bientôt augmenté et porté à un nombre formidable,

La reine, enhardie par ces troupes nombreuses et bien disciplinées qui étaient à ses ordres, et encouragée par les conseils violens de d'Oysel, avait hasardé , comme nous venons de le dire, de violer le traité de Perth; et par cette conduite inconsidérée , elle avait jeté plus que jamais la nation dans les convulsions les plus dangereuses. Le comte d'Argyll et le prieur de Saint-André quittèrent aussitôt la cour, d'où la bonne foi et

l'honneur paraissaient bannies pour jamais. Les barons des comtés voisins se rendirent auprès d'eux, les prédicateurs appelèrent le peuple aux armes, et partout où ils se montrèrent , les mémes violences, qui n'avaient été à Perth qu'un effet du hasard, furent d'abord excitées par des raisons de politique. On déchaîna la rage de la multitude; on sacrifia à son zèle les églises et les monastères, monumens pompeux du luxe et de l'orgueil des ecclésiastiques.

La reine, sans perdre un instant, mit aussitôt

ses troupes en campagne pour arrèter ce torrent. Mais le zèle de la congrégation rendit encore sa vigilance et son activité inutiles. Dans ce siècle guerrier, où tous les hommes étaient accoutumés aux armes et toujours prêts à ÿ courir à la moindre apparence de danger, les chefs des protestans n'eurent point de peine à lever une armée. Ils étaient partis de Saint-André avec une faible suite de cent chevaux seulement : pendant leur marche, on courut en foule de tous les côtés se ranger sous leurs étendards. et avant que d'arriver à Falkland, village qui n'était éloigné de Saint-André que de dix milles, ils étaient déjà en état d'aller à la rencontre de la reine avec des forces supérieures aux siennes !.

La reine, étonnée aux approches d’un corps aussi formidable, et que les chefs avaient rangé de manière à le faire paraître plus nombreux. eut encore recours aux négociations. Mais elle s'aperçut bientôt que le zèle pour la conservation de la religion protestante, qui avait d'abord fait prendre les armes aux chefs de la congrégation, n'était pas alors le seul motif de leurs griefs. Un objet plus intéressant les animait; c'était l'amour de la liberté qu'ils croyaient dans le plus grand danger, par les entreprises des troupes de France. Le concours de ces passions réunies se prêtaient mutuellement de nouvelle: forces. La réformation , qui avait donné du ressort à l'esprit humain, qui avait éclairci ses idées

Sur la religion, avait aussi inspiré aux hommes M

des sentimens plus nobles et plus généreux par rapport au gouvernement civil. Le génie du papisme est très favorable au pouvoir des princes: cette soumission aveugle que la cour de Rome

exige pour tous ses décrels, terrasse les âmes el és

1? Knox, 141.

renve

homn rejete même et l’ar nouve fortifi. comm grecs ) de va et bien ranniq faient ( du bie:

circons!

Plusieu eux-mê anciens maxime dans lei accomp; ses pros

de la ré /sentimen barons d

1 Cet ent Occasion au

ment des } + anciens lég:

* femmes à la - du bon gou:

* nos jours on les autorités rés des ancil dans le dialog tos. Les pri point fondés :

mais sur celle

les prépare au joug politique de la pendant que les dogmes des réform

la tyrannie par ses principaux fon renversant le

hommes, ame rejeter des err même esprit d’

servitude, és sapaient demens, en Système établi de superstition. Les nés par des recherches hardies à physiques, portaient ce examen dans les autre et l'amour de la vérité se fortifiait nouveau genre

nies pour jamais, Les se rendirent auprès elèrent le peuple aux montrèrent, les mént été à Perth qu’un bord excitées par des échaîna la rage de la on zèle les églises et s pompeux du luxe et

8 sciences, partout, Un d'études qui s'introduisit alors ; ait considérablement l'esprit de liperté, On commençait à s'attacher à Ja lecture des auteurs on trouvait dans ces sources les d’un gouvernement libre, au système mal

instant, mit aussitôt pour arrèter ce torgrégation rendit envité inutiles. Dans ce hommes étaient ac- 1jours prêts à y coude danger, les chefs int de peine à lever tis de Saint-André chevaux seulement :

courut en foule de us leurs étendards.

alkland , village qui \ndré que de dix tat d’aller à la rens forces supérieures

grecs et romains :

: ce narfaits modè et bien supéricur rannique des lois féodales taient de grands exemples d du bien public, sing circonstances présent Plusieurs protest eux-mêmes tr anciens, et tous ado | maximes et l'esprit d dans leurs écrits t accompagnait la relig ses progrès. L'esprit d'indépe de tous ceux qui embrassaie nions ; comme sujets, ils d leurs priviléges et j S souverains, Knox et les autr de la réforme sentimens géné barons d'Écoss étaient encouragés ! d'audace et de lib :d'obéir à la re Jde mettre ba

digéré et tyces auteurs présene vertu et d'amour ulièrement analogues aux es et au génie du siècle, ans des plus distingués étaient $ la connaissance des Ptaient avec chaleur les € gouvernement répandus « L'amour ardent

ès versés dan

de la liberté ion protestante adance s'emparait nt les nouvelles opievenaient attentifs à aloux dre uSurpations de es prédicateurs inspiraient à leurs auditeurs des reux sur le gouvernement; et les ellement francs et ha à soutenir leurs dr

proches d’un corps chefs avaient rangé tre plus nombreux.

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u'ils croyaient dans les entreprises des urs de ces passions ement de nouvelles avait donné du resait éclairéi ses idées spiré aux homme plus généreux pa il. Le génie du pa uvoir des princes:

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-seulement ils reaintes et leurs demandes au pour apaiser la nation ils exigèrent que les troupes

a religion, mais let assurer sa liberté,

de France; elle d

elle consentit à u

La reine, par rées , avait perdu mis ne voyant plu à leur sûreté, cou

troupes françaises tout le pays situé

Perth. Après avoir

Complissement de c deux fois avec des forces in

huit jours, et elle promi mistice fût expiré elle ferait Passer les françaises au côté méridional du Forth, e enverrait des commissaires à Saint travailleraient à terminer les démél Commodement, Comme Ja reine esp les troupes de F rance elle pourrai aux protestans dans les comtés mé premier article du t exécuté; mais le dernier qui n’av Pour amuser la Congrégation, fut

doubiement de fureur , et des proj hardis et bien plus étendus.

habitans de Perth restant seuls ex lence et aux exactions de la garnis Y avait laissée, réclamérent les se de la Congrégation, qui marché

d'évacuer la ville aux t ils se préparèrent à en faire le siége en forme. La reine voulut, par l'entremise Huntly et du lord Erskine, les déto entreprise. Mais les artifices hon princesse ne pouvaient plus lui s {rop souvent répétés leur valeur, Les protestans, offres de la reine, continuère

de France fussent aussitôt renvoy<es d'Éc

La reine ne pouvait pas accorder une dem de cette importance sans la

ne sus i

toute la confiance, Ses enne- S d'autre moyen de Pourvoir rurent aux armes avec un reets bien plus L'éloignement des laissait ouvert aux protestans entre le Forth et le Tay. Les

on que la reine cours des chefs rent aussitôt à inutilement sommé la reine ermes du premier traité ;

du comte de urner decette teux de cette ervir de rien:

» ils avaient perdu toute Sans écouter les nt le siège, et for-

cèrent bientôt la garnison à capituler,

La reine, après a Perth, essaya de s’

assez forte, et par ses ordres on dre maître du seul pont

Voir ainsi perdu la ville de emparer de Stirling, place voulut se renqui fût sur le Forth, et

qui était un poste de la dernière importance.

Mais les chefs de la Congrégation

ses desseins, en pré

» instruits de vinrent l'exécution en se

Participation du roi emanda du temps pour l'obtenir,

pendant cet intervalle elle renfort suffisant pour l’ac- € projet qu'elle avait tenté

tqu’elle -André, qui és par un acérait qu'avec t en imposer ridionaux, le raité fut ponctuellement ait été mis que bientôt oublié.

ces perfidies indécentes et réité-

posés à l’inso-

portant à Stirling avec une partie de leurs Forces par une marche précipitée. Les habitans de Stirling, partisans zélés de la réforme, leur ouvrirent les portes de la ville, De là ils s'avancèrent avec la même rapidité vers Édimbourg. La reine, à leur approche, en sortit avec précipitation , et se retira à Dumbar.

Partout où l’armée protestante dirigeait sa

marche, elle allumait et étendait le zèle de la |

réformation. On se porta aux dernier:

commit toutes sortes de violences dans les €!

sés et dans les monastères. Les églises f furent dépouillées de leurs ornemens , qu'on regardait | ilors comme sacrés, et les monastères furent entièrement rasés. En parcourant les événemens de ces temps reculés, nous sommes disposés à condamner ce zèle furieux des réformés, Nous ne pouvons nous empêcher de déplorer la destruction de tant de superbes édifices, monumens de la magnificence de nos ancètres, objets de décoration dans le royaume; cependant en observant qu'une réformation ne peut s'établir que par des coups deforceetens'armant contre l'autorité des lois, il paraît que quelques irrégularités étaient inévitables,‘ et peut-être ne pouvait-on point en permettre de plus propres à gagner et à intéesser la multitude, et de plus fatales à la grandeur de l'église romaine Quelque mal fondées que fussent les erreurs du papisme, il fallait de l'attention et des recherches pour les découvrir, Ses abus et la corruption qui s'étaient glissés dans le culte de cette église furent mis à découvert; et plus ils frappèrent les sens, plus ils excitèrent un dégoût général. Il parait que sousle règnetrop long du paganisme, la superstition avait tellement épuisé toutes les ressources de l'invention, que lorsque la superstition s'introduisit dans l’église chrétienne, on

fut obligé d'imiter les païens dans la pompe et |

la magnificence de leurs cérémonies, et d’emprunter d'eux les ornemens et la décoration de leurs temples. On substitua au culte pur et simple des premiers chrétiens tout l'appareil de leur idolàtrie. Ces usages empruntés des païens, si conformes à leurs modèles, et si contraires à l'esprit du christianisme, furent, dans le système

‘ Les excès auxquels se &urtent les peuples agités par des passions violentes, religieuses ou politiques, ont toujours été à peu près les mêmes. Les formes changent, l'homme reste.

| de l'église romaine, une des premières choses | qui excita l'indignation des réformés. Ils leur | appliquèrent ce qui est prononcé dans l'ancien | testament contre l’idolâtrié, et ils imaginèrent qu'ils ne pouvaient pas se porter avec trop de zèle à les abolir. On ne pouvait pas donner à | la multitude une commission qui lui fût plus | nan que celle de renverser ces trônes de la superstition. Elle y courait avec émulation. Un homme s'éstimait heureux lorsque sa main pouvait contribuer à l'exécution d’une entre- | priseque l'imagination avait sanctifiée. Les chefs du parti ne travaillaient point à refréner l'esprit | impétueux de la réformation : plus ‘ses saillies étaient déréglées et violentes, plus elles tendaient directement au but qu'ils s'étaient proposé ; car en détrnisant les monastères par tout le royaume, en mettant en libérté ces créatures malheureuses qui les habitaient, ils espéraient qu'on serait dans l'impossibilité de relever ces édifices et de les repeupler.

Cependant, au milieu de tous ces désordres, il est à propos d'observer une circonstance qui fait l'éloge de la conduite et de l'humanité des chefs de la congrégation, Ils s'attachèrent à contenir l’emportement de leurs troupes, à tempérer leur chaleur et leur zèle, et ils y réussirent de manière qu'il n’y eut qu’un très petit nombre de catholiques qui essuyèrent des insultes personnelles , et qu'aucun d'eux ne périt f.

La facilité avec laquelle ces grandes révolutions se développèrent, nous fait encore apercevoir la passion subite et effrénée de la nation

| pour la réforme. Il n'était sorti de Perth que | trois cents hommes, sous la conduite du comte d’Argyll et du prieur de Saint-André, C:s deux | chefs s'étaient mis en campagne avec cette fai. ble escorte. Mais partout où ils passèrent, le peuple venait par troupes se joindre à eux, et | bientôt leur armée se monta presque à cinq | mille hommes. On leur ouvrait les portes de | toutesles villes, on les recevait, et sans tirer un seul coup ils se rendirent maîtres de la capitale du royaume.

Ces succès rapides et surprenans relevèrent le courage des réformés. Is portèrent bien plu loin leurs vues et leurs prétentions. Ils ne vouin rent plus, comme autrefois, s'en tenir à deman-

j * Lesly, 231.

der | vert.

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fixer . quen autre res q donn et d qu'ils sélyte Ce; vait p de lui avec !

calme sous | les dé delà d militai avait p pas ab miers cun s'6 à Édim tit nor riches.

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1 les dépenses d'une campagne prolongée bien auà

der la tolérance de leur religion, ils visbrent ouvertement à établir la doctrine protestante sur | les ruines du papisme. Ils se déterminèrent à fixer leur résidence à Édimbourg; et en conséquence de leurs arrangemens, Knox et quelques autres prédicateurs prirent possession des chaires que les ecclésiastiques effrayés avaient abandonnées, et ils y déclainèrent avec tant de zèle et d: véhémence contre les erreurs du papisme, qu'ils se firent bientôt un grand nombre de prosélytes.

Cependant la reine apercevant qu’elle ne pouvait pas arrêter ce torrent , avait eu la prudence de lui laisser un libre cours, et elle remarquait avec satisfaction que l'orage commençait à se calmer, Les chefs de lacongrégation avaient été sous les armes pendant plus de deux mois, et

du temps, et tâcher de rassembler leurs adhérens. Mais la reine, malgré cette résistance ; se serait facilement ouvert le chemin de la ville, si une trève conclue fors à propos ne lui en avait procuré l'entrée sans aucune effusion de sang. Dans l'état dangereux où se trouvait la congrégation, elle écouta volontiers quelques ou. vertures de paix, et la reine, qui attendait de jour en jour de France un renfort considérable, et qui espérait retirer de grands avantages d’une suspension d'armes, se prêta à des conditions assez égales pour l'un et l'autre parti. On Convint d'une cessation de toutes hostilités, depuis le vingt-quatre de juillet jusqu'au dix de janvier ; que, d'une part, les protestans ouvriraient le lendemain au matin les portes d'Édimbourg à la reine régente : qu'ils se soumettraient, ainsi qu'il convenait à son gouvernement ; qu'ils s'abstiendraient à l'avenir de toutes violences contre les maisons religieuses, et qu'ils ne traverseraient point le clergé établi, soit dans l'exercice de ses fonctions, soit dans la jouissance de ses bénéfices. De l'autre part, la reine promit de ne point molester les prédicateurs ou sectateurs de la religion protestante, de ne point souffrir dans Édimbourg d'autre culte que celui des réformés, et d'en Permettre l'exercice libre et public dans tont le royaume. La reine en accordant si généreusement aux protestansles articles qui concernaient leur religion espérait de les amadouer, et crut qu'en flattant leur passion favorite elle les rendrait plus traitables sur les aulr£s points, particulièrement sur le renvoi des troupes françaises hors de l'Écosse. L'empressement de la reine à gagner ce corps de troupes, les inquiétudes qu'elle faisait apercevoir à ce sujet, exposérent plus que jamais les Français à la haine et à la jalousie de la nation : on demandaencore leur expulsion, avec la plus grande chaleur. Mais la reine sentant ses avantages et la détresse du parti protestant, éluda la requête, et accorda seulement qu’on ne ferait point entrer de garnison française dans Édimbourg.

L'état désespéré des affaires de la congrégation la mit dans la nécessité de se contenter de cet article , qui cependant ne suffisait pas pour la satisfaire, Les craintes queles Écossais avaient conçues du séjour des troupes françaises dans le royaume étaient pleinem: justifiées par tout ce qui s'était passé dans les dernières ré-

delà du terme usité dansce siècle pour le service :. militaire avaient épuisé tout l'argent qu'on avait pu tirer d'un pays où les richesses n'étaient pas abondantes, La multitude,éblouie des premiers succès, croyait que tout était fini, et chacun s'était retiré dans ses habitations. ll n'y avait à Édimbourg, avec les prédicateurs, qu'un petit nombre de barons des plus zélés et des plus riches. Comme il est fort aisé, pendant les guerres civiles, d'entretenir des correspondances secrètes, on était averti sur-le-champ à Dumbar de tout ce qui se passait à Édimbourg. La reine réglait sa conduite sur la situation de ses adversaires, el les amusait avec art par les espé- ‘ances prochaines d'un accommodement. Elle trainait en même temps les négociations en longueur, et par ces délais étudiés elle vint à bout de miner le parti, qui se trouva réduit Presque à rien, et qui négligeait même enticrement la discipline militaire, comme si on ent déjà été en pleine paix. La reine, qui épiait ce

à moment, s'avança de nuit avec toutes ses forces, et par une marche forcée parut inopinément devant Édimbourg, et mit toute la ville dans la plus grande consternation, Les protestans, affaiblis par le départ imprudent de leurs troupes , n'osaient tenir la campagne devant celles de | France, et étaient même | d'état de soutenir les assauts dans une ville mal fortifiée. Cependant, comme ils ne pouvaient se résoudre | À abandonner les habitans à la merci de la reine

ils firent face à l'armée ennemie pour gagner |

volutiuns. Un faible corps de ces troupes toujours en paye, et redoutable par une discipline régulière, arrèta les progrès d'un peuple guerrier, animé du zèle de la religion et de la tiberté, Pour peu que ce corps s'augmentât, c'en était fait de la liberté de la nation, et la reine attendait de jour en jour un renfort considérable, Le royaume d'Écosse était ainsi menacé de perdre son indépendance, et de se voir réduit à la vile condition d'une province ajoutée à l'empire d'un allié trop puissant.

Ce péril éminent échauffa le zèle du duc de Chatellerault et du comte de Huntly; ils résolurent de le prévenir. Aussitôt après la conclusion de la trève, ils demandèrent une entrevue aux chefs de lacongrégation. Ces deux seigneurs, chefs du parti attaché à l'ancienne église, étaient alors les plus puissans de l'Écoss. Ils avaient suivi la reine pendant les derniers soulèvemens. L'accès qu'ils avaient auprès de sa personne les avait mis à portée d'observer plus exactement les vues dangereuses de ses ministres. L'horreur des fers qu'on préparait à leur patrie prévalut en eux sur toute autre considération. Ils aimèrent mieux mettre en danger la religion qu'ils professaient, que de se prêter à l'exécution des pernicieux desseins de la reine. Is firent plus : ils promirent au comte d’Argyll, à Glencairn , et au prieur de Saint-André, qui avaient été nommés pui" conférer avec eux, que si la reine, avec son infidélité accoutumée, violait en quelque point le dernier traité, ou refusait aux désirs de toute la nation le renvoi des troupes françaises, ils se joindraient aussitôt à leurs concitoyens pour la forcer à prendre des mesures que la sûreté publique et la conservation de la liberté rendaient indispensables !,

Dans le même temps mourut Henri II, roi de

: France, lorsqu'il était sur le point d'adopter, par

rapport aux affaires d'Écosse, un système qui aurait, selon toutes les apparences, rétabli l'upion et la tranquillité dans ce royaume?, Vers la fin de ce règne, le crédit des princes lorrains commençait à diminuer sensiblement en France. Le connétable de Montmorency, soutenu par la duchesse de Valentinois, reprenait beaucoup d’ascendant sur l'esprit de son maître. Il parais-

* Knox, 151.

4 Melvil, 4.

(1559) sait digne de cette faveur par sa grande expérience, par sa fidélité, et par de longs services, quoique souvent malheureux. Le connétable attribuait uniquement tous les soulèvemens d'Écosse au duc de Guise et au cardinal de Lorraine. Les conseils violens et pernicieux de ces princes ne pouvaient manquer, disait-il, de faire franchir toutes les bornes de la modération à des esprits animés par les passions inséparables de l'amour de la liberté, et embrasés du zèle de la religion. Pour montrer au roi qu'il ne cherchait point, par une basse jalousie, à calomnier ses rivaux, le connétable obtint qu'un de ses gentilshommes, nommé Melvil, Écossais de nation, serait envoyé dans son pays natal, et qu'il y serait chargé d'observer les intrigues de la reine régente et les mouvemens du parti opposé. Le roi était en mème temps convenu qu'il règlerait à l'avenir toutes ses démarches en Écosse sur ies rapports de Melvil,

Si l'histoire permettait de se livrer aux spéculations, il serait amusant d'examiner l'effet de cette détermination du roi de France sur le génie des Écossais, l'influence de sa majesté dans les affaires publiques de l'Écosse, et de quelle manière elle aurait dirigé la catastrophe des révolutions de ce royaume sur le rapport de Melvil, qui aurait sans doute présenté dans le jour le plus favorable la conduite des mécontens, Peut-être qu'un traitement plus doux, une politique plus adroite aurait arrêté les progrès de la réformation , et aurait mis l'Écosse dans la dépendance de la France. Les Français, possesseurs d’un pays qui leur frayait un chemin pour passer en Angleterre, se couvrant du prétexte de soutenir les droits de Marie à cette couronne, auraient pu rétablir dans ce royaume la religion catholique romaine, et y détruire la liberté. Mais un historien ne doit point se livrer à de pareilles excursions dans le vaste champ de l'imagination et des conjectures : son devoir est de rapporter les événemens constatés, et d'en exposer au vrai les causes et les effets.

La mort tragique et prématurée du monarque

français fit disparaître de sa cour tous les projets À

de modération qu'on y avait formés pour la pacification de l'Écosse. Aussitôt après l'avénement de François If, prince d'un faible génie et qui n'avait aucune expérience , le duc de Guise et le cardinal de Lorraine, son frère, s'emparèrerit

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(15591 sa grande expéde lungs services, Le connétable atsoulèvemens d'É- ‘dinal de Lorraine, eux de ces princes l, de faire franchir ation à des esprits rrables de l'amour ile de la religion.

e cherchait point, muier ses rivaux, es gentilshommes, tion, serait envoyé il y serait chargé reine régente et sé. Le roi était en églerait à l'avenir e sur jes rapports

e livrer aux spécuxaminer l'effet de France sur le géle sa majesté dans sse, et de quelle atastrophe des r'éle rapport de Melsenté dans le jour e des mécontens, us doux, une poêté les progrès de s l'Écosse dans la Français, possesit un chemin pour rant du prétexte à cette couronne, yaume la religion ire la liberté, Mais vrer à de pareilles p de l'imagination “est de rapporter el EXpOsEr au vrai

urée du monarque ÿ

ur tous les projets formés pour la paaprès l'avénement aible génie et qui duc de Guise et le ère, s'emparèrenit

de la principale direction des affaires de la France. Le mariage de la reine d'Écosse, leur

! haler ses fureurs contre tous ceux qui étaient soupçonnés d'hérésie. On avait érigé dans toutes les provinces de France des tribunaux auxquels | On attribuait la connaissance de ce crime, et | par leurs jugemens plusieurs personnes de la torité, et elle ne resta pas long-temps sans ac- | première distinction furent condamnées aux tivité dans leurs mains, Ils reprirent ces mêmes | flammes, projets vastes et ambitieux qu'ils avaient formés : Les princes lorrains voulurent encore résous le règne précédent. Un pouvoir sans bornes . pandre la terreur par quelque coup d'éclat, Ils les mettait plus que jamais en état de les suivre | conçurent le projet de sacrifier une personne de avec vigueur, et avec les plus grandes appa- marque, dont la chute pût convaincre les hommes rences de succès, Les progrès de la religion pro- de tous les états, que ni l'éclat de la naissance, lestante en Ecosse leur faisaient ombrage : ils | ni l'élévation du rang, ne pourraient jamais apercevaient qu'elle formait un obstacle insur- soustraire à la punition ceux qui seraient conmontable à l'exécution de leurs desseins : ils mi- vaincus de ce crime irrémissible. Le comte d’Arrent {out en usage pour l'empêcher de s'étendre an fut la malheureuse victime destinée à cet avant qu'elle eût pris de nouvelles forces. Ïs | horrible sacrifice !, Ce jeune seigneur, voisin firent à cet effet leurs préparatifs avec toute la : d'un trône par une alliance, était héritier prédiligence possible, ils encouragèrent la reine | scmptif d'un autre; il était dans son pays au régente, leur sœur, en lui annonçant incessam- | premier rang, en France dans un poste honoment l'arrivée d'une armée s rormidable, que | able; sa condamnation ne pouvait manquer de » (out le zèle, le désespoir même deses adversaires | faire dans tout le royaume cette sensation vive - ne pourrait pas leur inspirer l'audace de lui ré- | qu'on désirait, Mais le cardinal de Lorraine laissa … sister. | échapper quelques propos qui donnèrent des SOUPÇONs au comte d'Arran, Le comte se douta | qu'on en voulait à sa vie, et il s'évada fort à | Propos pour éviter le coup qui le menaçait. L'in- | dignation, le zèle, le ressentiment ; tout le portait à la vengeance contre les persécuteurs de sa personne et de sa religion. Il traversa l'Angleterre pour retourner au pays de sa naissance. Il vit en passant la reine Élisabeth. Elle enflamma | les passions qui fermentaient dans l'âme du Comte, et elle le renvoya en Écosse tout rempli de cette haine implacable contre la France, dont la plupart de ses concitoyens étaient animés. 1] s'empressa de Communiquer ses sentimens à son père le duc de Chatellerault, qui était déjà extrèmement dégoûté de tout ce qui se faisait en Écosse. Comme la destinée de ce seigneur était d'être toujours gouverné par ceux qui l'environnaient , il se laissa encore entrainer dans cette occasion. Il abandonna Ja reine rêégente, il se joignit à la congrégation, et il fut depuis ce temps-là regardé comme le chef du parti.

Cependant cette dénomination n'était qu'un vain titre d'honneur accordé à la personne du duc de Chatellerault. Jacques Stuart, prieur de

nièce, avec le jeune roi, les avait placés si près du trône, qu'il ne leur manquait plus alors que le titre de roi; ils en avaient d’ailleurs toute l'au-

Les lords de la congrégation n'ignoraient pas les conseils violens qui avaient prévalu à la cour : de France depuis la mort d'Henri II. Ils ne manquérent pas non plus de prévoyance pour se garantir du danger qui les menaçait. Les succès . de leur parti, ainsi que leur propre sûreté, dé- . pendaient entièrement de l'unanimité et de la vigueur de leurs résolutions, Ils s'attachtrent à » prévenir la division et à cimenter plus que Ja-

mais leur union, en formant une confédération plus étroite pour leur défense commune, Le duc de Chatellerault, et son fils ainé le comte d'Arran, qui entrérent dans cette nouvelle association, augmentérent beaucoup le crédit et la Lconsidération du parti, Le comte d’Arran avait résidé en France pendant quelques années; il y “ommandait la garde écossaise; il y avait été instruit de la doctrine des protestans, et il en

avait adopté les opinions. Emporté par la fougue de la jeunesse , et par le zèle d'un nouveau pro- » sélyte, il déclara ses sentimens sur les points en > controverse avec une liberté peu convenable au ton d'une cour vouée an papisme, tout occupée alors de l'anéantissement de la religion protestante, et qui se portait aux plus grands excès POUF ÿ parvenir, On permettait à l'église d'ex..

1 De Thou, 1. xxiv.

Saint-André, était le premier mobile de toutes les démarches des protestans. Lui seul mettait en action tout le corps des réformés, qui avaient en lui une confiance sans bornes. Le prieur la méritait par son attachement courageux à leurs intérêts et par sa grande habileté. Il était fils naturel de Jacques V, qui l'avait eu de la fille du lord Erskine. Ce monarque, trop ïivré à la passion de l'amour, avait laissé plusieurs autres hatards, qui étaient à charge à la couronne. On les destina tous à l'église, pour leur procurer à moins de frais des places et une subsistance honorables. Le prieuré de Saint-André avait été donné à Jacques en conséquence de cette détermination. Mais Jacques, né dans un siècle de révolutions, prit bientôt du dégoût pour la retraite et pour l'indolence de la vie monastique. Son génie, fait pour les grandes entreprises, l'entraîna hors du cloître et le porta sur un théâtre bien plus distingué. Il y joua toujours les rôles principaux, et la scène où il débuta demandait un assemblage de talens de toutes espèces. Les vertus militaires, l'esprit de politique et de discernement lui étaient également nécessaires pour se faire un nom, Il possédait les uns et les autres dans le plus haut degré. Une bravotre universellement reconnue était accompagnée d’une grande capacité dans l'art de la guerre, et toutes ses expéditions furent couronnées par des succès. Sa sagacité et sa pénétration dans les affaires le soutenaient dans les conjonctures difficiles , et lui faisaient toujours tenir la route la * plus assurée dans les temps de troubles et de factions. Il savait allier les bienséances de son état avec un courage intrépide, lorsqu'il s'agissait de la défense de la réformation; il y joigrait une pureté de mœurs qu'il portait même jusqu'à l'austérité, et il se fit ainsi la réputation d'être sincèrement attaché à sa religion, vertu indisensablement nécessaire alors pour s'accréditer armi les hommes et prendre de l’ascendant ureux.

La reine redoutait avec raison un adversaire ‘un mérite si rare, et plus en état qu'aucun utre de traverser tous ses projets. Elle n'aurait

pas pu, avec toute son adresse, répandre le moindre nuage sur la fidélité du prieur ; elle essaya de le rendre suspect à ses associés, de jeter contre lui des semences de jalousie, et de le perdre en insinuant qu'il supportait impa-

tiemment la condition de sujet, et qu'il n'aspi. rait à rien moins qu’à se mettre la couronne sur la tête.

Une accusation si peu vraisemblable ne prit point faveur dans le public. Si des succès inespérés, si l'élévation au rang le plus éminent dans le royaume, purent, dans des temps postérieurs, faire soupçonner le prieur de Saint-André de con: cevoir des pensées de cette espèce, et de se porter à ce point de présomption; il est au moins cer. tain qu’alors il n'avait point formé de si vastes desseins. Détrôner une reine, héritière naturell: de tant de rois, qui n'avait pas encore perdu l'estime et l'affection de ses sujets, qui pouvait employer, pour la défense de ses droits, les forces d'un royaume bien plus puissant que le sien; vouloir mettre en sa place une personne, qui par illégitimité de sa naissance et suivant l'usage établi chez toutes les nations civilisées, était mhabile à recueillir aucune succession publique ou particulière; c'était un projet chimérique et tel que l'ambition la plus extravagante n'aurait pu ni l'enfanter, ni le regarder comme possible dans l'exécution. De plus, la promesse que le prieur fit à Melvil! de le laisser toujours résider en France, pourvu qu'on fit cesser les sujets de plainte de la nation; les marques de confiance que le duc de Chatellerault et son fils, héritiers présomptifs de la couronne, donnèrent au prieur; l'empressement de presque tous les nobles d'Écosse à concourir au succès des mesures qu'il prenait pour déconcerter celles de la cour de France, sont autant de preuves qui le justifient pleinement des imputations dont la reine avait voulu le charger.

L'arrivée d'un corps de mille Français dédommagea en quelque façon la reine de la perte qu'elle avait faite par la défection du duc de Cbatellerault. Ces troupes furent aussitôt commandées pour renforcer la garnison de Leith, place que la rei..e avait choisie pour le quartier principal des troupes étrangères, à cause de la commodité de son port, et de la fertilité du pays où ele était située, dans le voisinage d'Édimbourg. Cet arrangement désagréable au peuple, le devint encore davantage par la manière dont il fut exécuté, Les Français qui eurent cette ville à leur disposition en firent sor

Melvil, 54.

la plu forcèr se mit aux É d’excit côté u chassé sans a une Co] et leur vant t présen royaur moins promp Les | leur ce ils se d leurs fc berté d mendcé duite e adversa l'extéri leurs su que dan avérée.

une adr les term ressenta la supp quiétud résolu ic reine, qu tion pr nouveau point éc desseins portunit « princes.

IL est entourai ment po princess une défé Ses frère:

secret les la porter, d'elle des insinuatic

(1659) [1559] LIVRE II . #5 jet, et qu'il n'aspi. la plus grande partie des anciens habitans, les que la justesse de son esprit lui aurait fait désare la couronne sur forcèrent d'abandonner leurs maisons, dont ils | voter hautement. Comme dans ces circonstances

se mirent en possession, et présentèrent ainsi | où tout menaçÇait d'une prochaine révolution, le

iisemblable ne prit aux Ecossais deux objets également capables | succès des entreprises des princes lorrains dé- Si des succès ines- À d’exciter leur colère et leur Indignation : d'un | péndait de la fermeté de la reine, ils ne voue plus éminent dans côté un grand nombre de leurs concitoyens | lurent pas s’en reposer entièrement sur leurs temps postérieurs, chassés de leurs habitations, errant dans le Pays, | agéns ordinaires. Pour donner plus de poids à Saint-André de con: sans aucune demeure assurée ; d’un autre côté, | leurs conseils, il les firent seconder par des pèce, et de se porter une colonie d'étrangers établisavec leurs femmes | ministres de la religion, dans l'espérance que

Il est au moins cerformé de si vastes , héritière naturell:

pas encore perdu sujets, qui pouvais de ses droits, les lus puissant que le | ace une personne, aissance et Suivant nations civilisées, une succession pu-

et leurs enfans dans le cœur de l'Écosse, réce- | l'autorité de leur caractère sacré agirait plus efvant tous les jours de nouveaux renforts, et | ficacement sur l'esprit de la reine leur sœur, et présentant l'aspect d'un joug auquel tout le | l'entratnerait plus sûrement dans ce système de royaume devait nécessairement se soumettre, à | rigueur qw'ils avaient adopté !. Ils firént venir moins que l'esprit national ne ft quelque effort | à cet effet des théologiens de France, qu'on prompt et puissant , capable de sauver l’état. Paya pour résider en Écosse, et ils couvrirent Les lords de la congrégation virent avec dou- cette démarche du prétexte de confondre les leur ce pas hardi et décisif de la reine régente; protestans par les argumensdeces habiles mattres ils se déterminèrent aussitôt à employer toutes | en controverse. A la tête de ces docteurs, étui leurs forces pour sauver leur religion et la li- Pellevé, évêque d'Amiens, muni du titre de légat berté de la ruine prochaine dont elles étaient du pape, et qui fut depuis archevêque de Sens : un projet chimé- menacées, Cependant, pour justifier leur con- | et cardinal. Ce dévot fanatique ?, servilement plus extravagante duite et rejeter entièrement le blâme sur leurs | dévoué à la maison «le Guise , était l'instrument € regarder comme À adversaires , ils se proposèrent de conserver | le plus propre à encourager à l'exécution des plus, la promesse l'extérieur de bienséance et de respect envers | mesures les plus outrées.

le laisser toujours leurs supérieurs, et de n'avoir recours aux armes Au milieu des dangers ct du fracas des guerres qu'on fit cesser les que dans le cas d'une nécessité pressante et bien civiles, les docteurs français eurent peu d'occa- 1; les marques de avérée. Îls se réunirent à cet effet Pour présenter | sions de déployer leur adresse à manier leurs Ilerault et son fils, une adresse à la régente. Hs y exposèrent dans | armes scolastiques, mais ils offensèrent grièveronne, donnèrent les termes les plus fortsle mécontentement qu'ils | ment la nation par un autre procédé, Ils persuae presque tous les ressentaient des mesures qu elle prenait, et ils | dèrent à la reine de s'emparer de l'église de au succès des me- la supplièrent de calmer les craintes et les in- | Saint-Gilles à Edimbourg, qui, depuis la trave acerter celles de la quiétudes de la nation, en se désistant de la | dernière, était restée entre les mains des pr'ode preuves qui le résolution où elle était de fortifier Leith. La | testans. Ils la consacrèrent de nouveau avec de putations dont la reine, qui sentait tous les avantages de sa posi- | grandes solennités, pour la purifier des souillure: tion présente, encouragée par l'espérance des qu'ils prétendaient qu'elle avait contractées par

nouveaux secours qu'elle attendait, ne voulut | le culte profane des protestans: et contre la point écouter des demandes si contraires à ses | disposition expresse d’un des articles du dernier desseins, et qui lui étaient faites avec cette im- | traité, ils y rétablirent les rits de l'église roà portunité audacieuse, toujours désagréable aux | maine, Ces entreprises, jointes à l'indifférence,

ee,

tille Français déa reine de la perte vction du duc de rent aussitôt com-

arnison de Leith, | princes. et même au mépris avec leque! la reine avait ie pour le quartier 2 Il est certain que les conseillers français qui | reçu les remoutrances des lords de la congrégares, à cause de la | entouraient la reine, lui suggéraient cet éloigne- | tion, firent connaitre avec certitude aux réformés

de la fertilité du ment pour toutes les voies de conciliation, Cette qu'ils n'avaient rien à attendre de la régeute, et le voisinage d'É- Mu princess 1vait montré, dans toutes les occasions,

qu'ils ne pouvaicnt même se dispenser de prendre les armes pour leur propre défense.

Ces réflexions dictées par une sage politique, animées par l'esprit ardent et iupétueux de la

une déférence extraordinaire pour leurs avis, Ses frères apercevant que la reine désavouait en secret les mesures violentes auxquelles on voulait la porter, prirent la précaution de mettre auprès

d'elle des personnes qui la séduisirent par leurs : Lesly, 215. Castelnau, dans Jebb, vol. 11, 446, 473. InSinualions, et qui la portèrent à des démarches * Davila, Brantôme.

. désagréable au intage par la ma- Français qui euon en firent sor

nation, les portèrent à une entreprise bien hardie, Les troupes auxiliaires arrivées de France étaient encore en petit nombre; les fortifications de Leith, quoique poussées vivement, étaient bien loin d’être achevées. Les protestans crurent qu'il ne serait pas impossible de surprendre le parti de la reine, de faire un coup de main hardi et décisif, et de prévenir ainsi de plus longues querelles et une plus grande effusion de sang, Pleins de ces espérances, ils s’avancèrent à la hâte vers Édimbourg, avec une armée nombreuse. Mais il n’était pas aisé de tromper un adversaire aussi vigilant et aussi attentif que la reine régente. Elle avait prévu le danger avec sa sagacité ordinaire, et elle avait pris le seul parti convenable pour s’en garantir. Au lieu de tenir la campagne devant un ennemi plein d'ardeur et de courage, et surtout formidable en un jour de bataille, elle se renferma dans Leith, déterminée à y attendre, sans faire aucun mouvement, un nouveau renfort. Les fortifications de Leith, quoique encore imparfaites, ne craignaient pas les efforts d’une armée qui n'avait ni gros canons ni munitions de guerre, et qui n'avait d'autre méthode d'attaquer une place que celle qu'on employait anciennement contre ces tours autrefois élevées, dans tout le royaume, pour défendre les biens des particuliers contre les incursions «les bandits.

Cependant la reine ne négligea point ses ressources orcinaires, ces artifices qui lui avaient tani de fois réussi. Elle s’attacha à semer la division parmi les adversaires et à les affaiblir. Elle employa eu secret la voie des sollicitations et des prouesses; elle ébranla ainsi la fidélité ou ralentit l'ardeur de quelques-uns; elle noircit la réputation où diminua l'autorité de quelques autres par des reproches et des accusations qu’elle faisait répandre dans le public, Ses émissaires étaient pariout en action, et il paraît que, malgré le zèle du parti pour la religion et la liberté, leurs manœuvres ne furent pas tout-à-fait inutiles. On voit dans ces conjonctures Knox exhaler sa douleur avec son éloquence ordinaire, et déplorer dans ses prédications la tiédeur, l'indifférence , la langueur , qui commençaient à gagner le parti protestant, et qui avaient saisi tous les esprits !, Mais si le zèle des protestans

Knox, {80.

se ralenlit pour quelques momens ; s'il souffrit quelque interruption passagère, il se manifesta bientôt avec une vigueur nouvelle, et il se porta à un point auquel il n'était jamais parvenu.

La reine elle-même y donna occasion par la réponse qu'elle fit aux nouvelles remontrance: des lords de la congrégation, enarrivant à Édimbourg ; ils représentèrent encore plus fortement à la reine les dangers qui résulteraient de l’augmentation des troupes francaises, des fortifications de Leith et de ses autres dispositions , qu'ils regardaient comme destructives de la paix et de la liberté du royaume. Ils prirent, dans cette adresse, le ton le plus ferme, et ils déclarèrent plus ouvertement que jamais la résolution où ils étaient de se porter aux dernières extrémités pour mettre des bornes à des entreprises si dangereuses. Une harangue de cette espèce, des instances faites avec tant d'audace offensèrent la reine, qui y répondit avec la même vigueur et dans des termes aussi clairs. Elle déclara qu'elle ne se croyait, sur aucun point, respon- Sable de sa conduite aux lords de la congrégation : que, malgré leurs représentations, elle n'abandonnerait point les mesures qu'elle jugerait nécessaires, qu'elle ne congédierait point les troupes dont elle croyait avoir besoin, et qu’elle ne ferait point démolir les fortifications dont elle connaissait tous les avantages. Elle leur ordonna en même temps, sous peine d’être déclarés criminels de haute trahison, de licencier l’armée qu'ils avaient rassemblée.

Ce ton de hauteur et d'empire parut bien dur aux nobles écossais, qui, suivant le génie de la nation, étaient incapables de supporter la moinbre apparence d'injure et de mépris, Hs étaient accoutumés à être traités, même par leurs monarques, avec la plus grande considération. La forme du gouvernement aristocratique leur donnait une autorité toujours égale . et souvent même en opposition à celle du sou verain. Il furent touchés de l'indignité avec laquelle on les traitait, et en même temps alarmés de la déclaration précise que la reine faisait de ses intentions. Î ne restait plus qu'un pas à faire; pleins de courage , pénétrés d'amour pour le Lien public, ils n'hésitèrent pas à le franchir.

Cpendant, afin de ne point paraître s'écarter des formes établies par les lois fondamentales de l'état, pour lesquelles les hommes conser-

vent mêm rent bour une nom} parle sent décla leurs les p:

tend:

était men l'obéi injust pressi intére flexio:

Las sa dé peupl qui n( poury débat:

march ses dél Ce pre tenir de 501 seul jo procéd les pro xrande clergé giens F se prés et pron ceptes était pe à def der d'u un inst Tout-I protég nages 1 Ce donné, €

lement, à l’autor

mens ; s’il souffrit re, il se manifesta elle, et il se porta mais parvenu.

na occasion par la elles remontrance:

narrivant à Édimpre plus fortement ilteraient de l’augises, des fortificalispositions , qu'ils es de la paix et de rirent, dans cette et ils déclarèrent s la résolution où rnières extrémités ntreprises si dancette espèce, des udace offensérent la même vigueur irs. Elle déclara un point, respons de la congrégarésentations, elle ures qu'elle jugemmgédierait point avoir besoin, et " les fortifications avantages. Elle sous peine d'être ahison, de licenemblée.

re parut bien dur aut le génie de la de supporter la et de mépris, Ils aités, même par s grande considéiement aristocraé toujours égale . n à celle du sou l'indignité avec nême temps alarue la reine faisait plus qu'un pas à rés d'amour pour pas à le franchir, paraître s'écarter s fondamentales hommes conser-

vent toujours une grande vénération , au milieu | sacré » €t estimés par leur zèle et leur piété, fut même des plus fortes révolutions, ils assemblè- | d'un grand poids dans toute l'assemblée, On ne rent tous les pairs, barons, et représentans des | se contenta point d’un concours de suffrages bourgs attachés à leur parti. Ils formèrent ainsi | donnés indistinctement. Tous les assistans fuune convention !, aussi auguste et bien plus | rent appelés séparément pour dire leur avis; nombreuse que les assemblées ordinaires du | chacun se leva à son rang, donna sa voix, et parlement. Les chefs de la congrégation pré- | tous se réunirent à destituer la reine de l'office sentérent à cette assemblée extraordinaire la | de régente qu'elle remplissait d’une manière si déclaration que la reine avait faite en réponse à | pernicieuse pour le royaume !, leurs remontrances. Ils observèrent que suivant Cette sentence extraordinaire fut autant dicles projets que la reine avouait et qu'elle pré- | tée par l'amour de la liberté que par le zèle de tendait justifier, la perte entière du royaume | religion. On ne parla que très légèrement de ce était inévitable : et ils demandèrent à tous les | dernier article dans l'acte de déposition de la membres de la convention de les diriger sur | reine, Les lords de la congrégation, pour jus: l'obéissance qu'on devait à une administration si | tifier leur procédé et en prouver même la nécesinjuste, et qui tendait si manifestement à l'op- | sité, insistérent principalement sur les atteintes pression; question la plus délicate et la plus | que la régente avait données aux lois civiles du intéressante qu'on puisse soumettre aux ré- royaume. L'introduction des troupes étrangères flexions et aux délibérations des sujets, , en Écosse pendant qu'on était en paix avec toutes L'assemblée ne laissa pas attendre long temps | les puissances ; des villes occupées et fortifiées sa décision : elle fut prompte et unanime, Un | en différens endroits du pays; la promotion peuple guerrier ne connait point ces formalités d'étrangers aux offices les plus importans pour qui ne servent qu'à prolonger les affaires; dé- | le crédit et la dignité: le rabais du titre de la pourvu de ces talens qui font briller dans les | monnaie ?; la subversion des anciennes lois : débats, plus propre à agir qu'à discourir, il ! l'imposition de taxes nouvelles et très onéreuses ; marche rapidement à la conclusion, et conduit Je projet de subjuguer le royaume, et de ruiner ses délibérations par les voies les plus abrégées. | ses priviléges par des actes de violence publics Ce problème délicat , sur la conduite que doivent : et répétés, furent représentés fort au long , et tenir des sujets vis-à-vis d'un prince qui abuse ! mis dans le plus grand jour. Sur cet exposé , la de son pouvoir, fur examiné et décidé en un congrégation prétendit que les nobles étaient en seul jour. Cependant la fougue apparente de ce | droit d'intervenir comme conseillers-nés de procédé fut accompagnée de quelques solennités; | leurs monarques, et comme gardiens et protecles protestans comprirent que la décision de cette | teurs des lois fondamentales: et en conséquence grande question n'appartenait pas moins au | de ce droit, ils prononcèrent au nom du roi et clergé qu'aux laiques, et ils appelèrent desthéolo- | de la reine, mais dans des termes pleins de resgiens pour les aider de leurs avis. Knox et Willox pect et de soumission pour leurs majestés, qu'ils seprésentèrent comme députés de tout leur ordre, dépossédaient la reine régente de son office, et et prononcèrent sans hésiter que, tant par les pré- | ceptes que par les exemples tirés de l'écriture, il 1 Knox , 184 était permis aux sujets non-seulement de résister ? Le titre de la monnaie variait continuellement en à des pririces tyrans , mais même de les dépossé- | Écosse. Dans la seizième année du règne de Jacques V, der d'une autorité qui devenait dans leurs mains | l'an 1529, une livre d’or pesant , étant monnayé, produiun instrument de destruction, pendant que le | Ait 105 livres de monnels courantes et eus us Tout-Puissant ne la leur avait confiée que pour pie ne RFene ce ce Le a FN Re ant, quoiqu'on y eût mis beaucoup d'alliage, produisait protéger les peuples. La décision de ces PErSON- | 144 livres de monnaie ayant cours. En 1529, une livre nages infiniment respectés par leur caractère | pesant d'argent produisait, étant monnayé, Ylivres 2 sols;

et en 1556, le même poids produisait 13 livres de monnaie courante. Ruddim, Præfat. ad. Anders. Diplo

1Ce nom est celui que les Anglais ont

donné, en 1689, à une assemblée extraordinaire du par- | mat, Scotiæ , p.80, 81. On voit, par ce détail, que ces lement, sans lettres patentes du roi et qui se substitue

plaintes souvent rénétées par les mérontens, n'étaient à l'autorité souveraine, : | as tout-à-fait sans fondement.

rt

qu'ils ordonnaient qu’à l'avenir on ne rendit :

plus aucune obéissance à ses commandemens !.

On est frappé de ce procédé des lords de la congrégation , et l'on ne peut s’empêcher de le regarder comne un acte de violence. Cependant on trouve des principes dans la constitution de l'état, on voit des exemples dans l’histoire d'Écosse qui paraîtraient l’autoriser, et même en quelque sorte le justifier. Suivant la forme du gouvernement aristocratique , établi en Écosse, le pouvoir du princeétait extrêmement limité, Les nobles du premier ordre étaient eux-mêmes de petits princes. Ils avaient une juridiction fort étendue et presque indépendante de la couronne ; ils étaient suivis par un grand nombre de vassaux , qui dans tous les débats épousaient la querelle de leur chef, et tenaient tête au roi. Et de là cette quantité de traits de notre histoire où l'impuissance de l’autorité royale paraît sensiblement. Dans tous les temps, les nobles

d'Écosse ont prétendu avoir le droit de contrôler les actions du roi, et ils ont même usé réellement de cette prérogative, Jaloux de ce privilége, toujours prêts à se mettre °n campagne pour le soutenir, ils épiaient toutes les fautes du gouvernement , et chaque entreprise sur les droits de l'aristocratie allumait leur indignatiop. Jamais un prince ne s’exposait à passer les borne: que la loi avait mises à son pouvoir , sans éprouver une forte résistance qui ébranlait son trône, et qui même le renversait, Les lords de la congrégation, encouragés par l'esprit des lois fon damentales de l'Écosse, et autorisés par l'exemple de leurs ancêtres, pensèrent que dans les conjonctures il leur appartenait d'examiner la mauvaise administration de la reine régente, de mettre des obstacles à ses pernicieux desseins, d'empêcher que la patrie ne devint sa conquête, et de préserver la nation de l'esclavage qui la menaçait !,

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