LIVRE QUATRIÈME
l>es approches du jour marqué pour l'assemblée du parlement occasionèrent la tenue de pulsieurs conseils. Marie délibéra avec ses ministres sur les mesures qu’il convenait de prendre par rapport aux nobles exilés. La reine avait bien des motifs qui l’engageaient i ne point mettre de bornes à la rigueur de la justice. Les mécontens avaient voulu déconcerter scs mesures , et faire échouer un projet qui lui était devenu cher par le concours de scs passions; ils talent les chefs d’un parti dont elle avait été ffircéc de rechercher l’amitié, et dont elle avait les principes en horreur; ils avaient des liaisons intimes avec une rivale qu’elle avait de très bonnes raisons de craindre et de haïr.
Mais d’un autre côté, elle pouvait être arrêtée par plusieurs considérations importantes. Il s’agissait de prononcer sur la destinée des seigneurs les plus distingués, des sujets du royaume les plus puissans par leurs entours, et par le grand nombre de leurs adhérens. Ils étaient actuellement à sa merci , ils étaient devenus un objet de compassion, ils demandaient leur pardon dans les termes les plus humbles et les plus soumis.
Dans ces circonstances, un acte de clémence de la part de la reine aurait fait l'éloge de son caractère, aurait causé autant d'admiration aux étrangers que de satisfaction à ses propres sujets. Marie, quoique fortement offensée , n’était point par elle-même inexorable, mais la colère du roi était implacable, et rien ne pouvait calmer scs fureurs. Leurs majestés reçurent dedifférens endroits des recommandations très fortes en faveur des nobles fugitifs. Morton, Ruthven, Maitland , et tous ceux qui avaient été membres de la coagrégation , n’avaient point oublié leur ancienne union avec Murray et avec les compagnons de scs malheurs, et ils étaient occupés de leur conservation , qu’ils regardaient comme une chose très importante pour le bien du royaume. Ils étaient secondés par Melvil , qui possédait alors toute la confiance de la reine.
Murray s'était rabaissé jusqu’à faire sa cour à Rizio ; et ce favori, qui cherchait à s’assurer une protection contre le roi , dont il avait encouru depuis peu la disgrâce , appuya de tout son crédit les sollicitations des amis de Murray '. le chevalier Nicolas Throgmorton , qui avait été en dernier lieu ambassadeur d'Élisabeth en Écosse, employa ses bons offices en faveur des exilés ; sesdémarches furent d'un bien plus grand poids , et eurent bien plus de succès. Throgmorton était ennemi de Cecil , et il était entré fort avant dans toutes les intrigues qui s'étaient formées à la cour d’Angleterre pour détruire le pouvoir et le crédit de ce ministre. II avait en conséquence épousé le parti de la reine d’Écosse, pour contrecarrer Cecil, qu’on connaissait peu disposé à favoriser les titres et les prétentions de cette princesse à la couronne d’Angleterre. Dans ces conjoncture» critiques , Throgmorton se hasarda d’écrire une lettre à Marie , et de lui donner des avis très salutaires sur la conduite qu’elle devait tenir. Il l'exhortait à pardonner au comte de Murray et à ses associés , en lui représentant cette démarche comme également prudente et populaire. a Une action de cette espèce, lui disait-il , qui sera un pur effet de votre générosité , répandra partout le bruit de la douceur et de la modération de votre majesté, et portera les Anglais à voir son futur avènement à leur trône non-seulement sans préventions, mais même avec désir. Votre majesté verra par ce moyen une parfaite union rétablie entre ses sujets ; et en cas de rupture avec l’Angleterre , ils la serviront avec tout le zèle et la reconnaissance qu’un acte de clémence aussi remarquable ne pourra pas manquer de leur inspirer 2. »
Ces représentations judicieuses, auxquelles la grande réputation de Throgmorton et son attachement connu pour la reine donnèrent un grand poids, firent beaucoup d’impression fur l'esprit de Marie. Ses courtisans cultivèrent ces
' Melvil, 125. — 1 Ibid. , 1 10.
heureuses tlisposi t ions, et ils obt jurent, malgré le caractère inflexible du roi , quelle sacrifierait ses ressentimens particuliers aux instances de ses sujets , et aux vœux de scs amis 1 . A cet effet , le parlement, qui avait été convoqué pour le 4 de février, fut prorogé au 7 d’avril 2 , et cependant la reine fut occupée de la forme qu’on donnerait à l'amnistie, et à déterminer de quelle manière elle étendrait les effets de sa bienveillance aux lords qui étaient dans la disgrâce.
Marie avait montré dans cette occasion toute la bonté de son naturel , une âme généreuse et capable d’oublier les injures; mais elle manqua de fermeté pour résister aux efforts qui furent malheureusement employés pour détruire les effets de ses bonnes dispositions. Vers ce même temps, deux envoyés de France arrivèrent en Ëcosse , et se suivirent â peu de distance. Le premier n’était chargé que de complimenter la reine sur son mariage, et il apportait au roi le cordon de l’ordre de Saint-Michel. Les instructions du second roulaient sur des matières plus importantes , et elles produisirent de bien plus grands effets 3.
On avait plusieurs fois proposé une entrevue entre Charles IX et la reine d’Espagne sa sœur. Un concoursd’intérèts politiquesyavait toujours apporté des obstacles. Elle fut â la fin indiquée à Bayonne. Catherine de Médicis y accompagna son fils ; le duc d’Albe y suivit sa maîtresse. La cour, dans un pompeux appareil , n'y paraissait occupée que de fêtes et de plaisirs : cependant , au milieu de ces réjouissances publiques , on y formait en secret le plan de la destruction des huguenots en France, des protestons dans les Pays-Bas, et de la suppression de la réforraation dans toute l'Europe; et on y concertait toutes les mesures pour l’exécuter *. Ci politique et les intrigues du pape Pie IV, et le zèle ardent du cardinal de Lorraine , fomentaient et encourageaient ces dispositions si conformes au génie de la religion romaine , et si avantageuses pour tout l’ordre du clergé papiste.
Le ministre de France était chargé de communiquer â la reine le projet de cette ligue sainte , et de la conjurer en même temps , au nom du roi de France et du cardinal de Lor-
' Met rit . 105. — * C.ood. , vol. 1 , 224. — * Keith , Appentt., I(«7 — 1 DeThou, tir. xiiru.
raine , de ne point relever le crédit et la puissance des protcslans dans son royaume , surtout dans un moment où les princes catholiques se réunissaient pour détruire cette secte dans tous les pays de l’Europe.
Le papisme est une espèce de religion remarquable (tour l'empirequ'elleprend sur les âmes. Forgée par des hommes qui avaient une parfaite connaissance du cœur humain, et améliorée par l'expérience et des observations continuées pendant plusieurs siècles , elle est à la fin parvenue â un degré de perfection qu’aucun des systèmes précédera de superstition n’avait jamais pu atteindre. Elle sait présenter avec art les objets les plus capables de remuer toutes les facultés de l’âme, d'intéresser toutes les passions du cœur. Ni l’amour du plaisir qui possédait alors la cour de France , ni l’ambition qui dévorait la cour d’Espagne , n’avaient pu soustraire ces puissances au joug de la superstition romaine. Les hommes de tous les états, laïques, courtisans, se livraient i ce zèle furieux et implacable qu’on regardait auparavant comme un apanage particulier aux ecclésiastiques; les rois et les ministres se croyaient obligés en conscience d’extirper la religion protestante. Marie elle-même était fortement imbue de ces préventions en faveur du papisme. Tout dans son caractère annonçait un attachement passionné à sa religion ; on en voyait des traces dans toutes les circonstances de sa vie. Accoutumée dès l’enfance â recevoir les avis des princes lorrains ses oncles avec un respect filial , elle leur avait voué une soumission sans bornes. La vue du rétablissement de l’exercice public de sa religion , le désir de plaire à les oncles,'
! l'espérance de se rendre agréable au monarque français , dont l'assistance lui était nécessaire dans la situation présente de ses affaires en Angleterre , l’emportèrent sur ces sages observations , qui avaient d’abord eu tant de pouvoir sur son esprit. Elle se joignit aussitôt à cette confédération formée pour la destruction des protestans , et elle changea tout le plan de sa conduite par rapport â Murray et scs adhérera 2.
* Qu’on se rappelle cc que voulaient et ce que firent en France les princes lorrains , et ta Saint-Barthélemy, qui eut lieu si peu d’années après l’époque mentionnée ici, et on concevra le rèle passionné montré par Marie.
HISTOIRE U’ECOSSE
Diqitized bv
Cette fatale résolution de la reine d' Écosse peut ttre regardée comme le présage de tous ses malheurs. La fortune avait plutôt été favorable que contraire à la reine depuis son retour en Écosse; et si elle ne s’était pas trouvée au comble de la prospérité , elle n’avait pas au moins essuyé des traverses bien considérables. Mais depuis ce moment un nuage sombre et épais se fixa sur sa tête, un torrent d'adversités inonda le reste de ses jours ; elle eut à la vérité dans quelques instans des lueurs d’espérance , mais jamais de satisfaction réelle.
On ne fut pas long-temps sans apercevoir les effets du nouveau système que Marie avait adopté. Le temps de la prorogation du parlement fut abrégé , et le jour de l’assemblée fut fixé au 12 de mars par une nouvelle proclamation Marie résolut de procéder, sans autre délai , à la proscription des lords rebelles , et elle se détermina â prendre des mesures pour le rétablissement de la religion romaine en Écosse 3. On procéda suivant l'usage, à l’élection des lords des articles, pour préparer les affaires qui devaient être portées au parlement. Tous ceux qui furent choisis étaient des personnes affidées à la reine, et quelle savait disposées h favoriser l’accomplissement de ses desseins. La perle de Murray et la ruine entière de son parti parurent alors inévitables , et l'église réformée se trouvait exposée au danger le plus pressant , lorsqu’un événement imprévu les rc-
1 Keilh , 326.
• Knox affirme que les autel» qui devaient être dressés dam l'église de Saint-Gilles étaient déjà préparés ( 30 f ). Mai» ce n’e»t pa» sur son autorité seule qu'on impute a ta reine le dessein de rétablir la religion catholique rontaine en Écosse. t° Marie elle-même . dan» une lettre S l'archevêque de Glasgow, son ambassadeur en France, avoue n que son intention est de faire dans ce parlement quel- « que bien par rapport au rétablissement de l’ancienne « religion. »[KeiUt331.}2°l.es lords spirituels, c’est -é-dirc les ecclésiastiques papistes reprirent . par l’autorité de la reine, leur ancienne place dans le parlement. [Ibid.) 3° La reine étaiteutréedans la confédération formée il Bayonne. { Keith, dppend., 107.) 4° Elle avait permis de célébrer la messe en divers endroits du royaume. ( Ibid .) Et elle avait déclaré qu’elle voulait que la messe fût libre pour tous ceux qui voudraient l’entendre. (Good., vol. I, 274.) 6° Biackwood . A qui l'archevêque de Glasgow avait fourni les matériaux pour écrire le martyre de Marte, assure que la reine avait intention de procurer , dans ce parlement, sinon l'entier rétablissement de la religion catholique. au moins quelque adoucissement pour les catho-
liques. Jeeb , vol. Il , 204.
tira tous de cet état violent. A ne considérer que la barbarie de ce siècle , où les actes de violence étaient ordinaires , ou bien la vile condition du personnage qui en fut alors la victime, le fait que nous allons rapporter paraîtrait en luimême peu intéressant : mais en faisant réflexion sur toutes le* circonstances , et sur les suites tic cette catastrophe , elle parait digne de la plus grande attention, et je crois qu’il est à propos d’entrer dans tout le détail de son origine et dises progrès.
Les grâces extérieures de Darnly avaient allumé cette passion subite et violente qui l'avait porté sur le trône. Mais il s’en fallait bien que les qualités de son âme répondissent à la beauté de sa personne. La petitesse de son génie cl son peu d’expérience étaient accompagnées d’une présomption ordinaire aux gens bornés , d’une confiance entière dans sa propre eapacilé , et d’une persuasion intime qu’il ne devait une fortune si extraordinaire qu'au mérite le plus distingué. Toutes les faveurs de la reine ne pouvaient faire aucune impression sur un caractère de cette trempe; elle n'avait pu , avec toute sa douceur, dompter cet esprit impérieux et intraitable. Elle avait eu l'attention de placer auprès de lui des personnes capables de le conduire : mais cette précaution devint inutile, et ne l'empêcha pas de tomber dans une infinité de fautes d'imprudence et de témérité 1 * . Darnly, passionné pour tous les amusemens de la jeunesse, cl même enclin â tous les vices de cet âge, s'éloignait de la personne de la reine , cl lui marquait beaucoup d'indifférence. Marie , comme femme et comme reine , fut indignée de ces procédés. Plus elle s'élait rabaissée pour élever Darnly, plus elle fut touchée de ce manque de générosité et de cette ingratitude criminelle. Elle ressentit toutes les fureurs d’une passion méprisée; elles agirent sur clic avec une violence proportionnée à la force de scs premières affections. Quelques mois après le mariage, on avait déjà aperçu entre le roi et la reine des semences de querelles domestiques. L'ambition et l'extravagance de Darnly y avaient donné lieu. Marie partageait avec lut son autorité; elle avait excédé les bornes de son pouvoir en lui donnant , de sa propre autorité, le litre de rot. Cependant Darnly n'é-
1 Good , vol. 1, 122.
tait point encore satisfait ; il voulait la couronne matrimoniale, et il la demandait avec insolence et importunité '. Marie lui représenta inutilement qu’elle ne pouvait lui donner cette couronne sans le concours de l’autorité du parlement ; elle ne put jamais lui faire agréer une excuse aussi légitime, soit qu'il manquât d’intelligence pour la comprendre, soit que son mauvais naturel ne lui permit pas d’entendre raison. Dandy renouvela ses instances, et ne voulut jamais se départir de cette singulière prétention.
Rizio, qui avait d’abord eu beaucoup de part â la confiance du roi, ne se trouva point d’humeur â se prêter à scs extravagances, et encourut sa disgrâce. Il était impossible que la reine eût conservé pour son mari cette même affection qui avait répandu tant de sérénité sur les premiers et les plus heureux jours de leur union. Henri * , touché de ce changement , mais trop présomptueux pour l’attribuer à l'irrégularité de scs procédés, se prit à Rizio de cette froideur de la reine; et il est certain que Marie donnait lieu â ces soupçons , et qu'elle les justifiait par la manière dont elle traitait cet indigne favori. Il était reçu chez elle dans la plus grande familiarité, et elle lui accordait une confiance qui n’était due ni à son premier état, ni à la place qu’il occupait alors. Il ne quittait pas la reine un seul moment, et il s'entremettait dans toutes les affaires. Admis dans la plus grande intimité , il partageait avec un petit nombre de favoris tous les amusemens de la reine. Le roi ne pouvait soutenir la vue de cet intrus, de ce gueux revêtu. Entraîné par sa férocité naturelle, sans vouloir souffrir aucun délai , il se livre à tout son ressentiment, il étouffe tous les remords, et il prend sur-le-champ la résolution de se défaire de Rizio.
Il se tramait dans le même temps un autre complot contre la vie de Rizio, et qui était fondé sur des motifs bien différons. Morton , Ruthven, Lindsay et Maitland en étaient les auteurs. Ces seigneurs avaient été étroitement unis avec Murray dans le commencement des troubles; mais lors du dernier soulèvement, ils avaient jugé è propos, par diverses considéra-
1 Ktilh, 329. Koox, 404.
* Célait le nom que Darnly avait pria sur le trône.
tions, de l’abandonner. Morton était proche parent de la famille d’Angus, et pendant la minorité du comte d’Angus actuel, il avait agi comme chef du nom de Douglas. Ruthven avait épousé la tante du roi. La femme de Lindsay était aussi Douglas en son nom. Ils s'étaient tous portés avec chaleur à favoriser les desseins de la reine pour un mariage qui répandait un si grand lustre sur la maison de Douglas, et ils se flattaient que sous un roi de leur sang, la principale direction des affaires leur serait confiée. Maitland, avec sa sagacité ordinaire, avait prévu que l’opposition de Murray au mariage serait dangereuse et inutile; mais il avait en même temps espéré que qui que ce fût qui dominât â la cour, il pourrait y jouer un rôle et se rendre nécessaire par son adresse et par ses tairas. Ils furent tous trompés dans leur attente. L’opiniâtreté du roi le rendait incapable de recevoir des avis. 11 était impossible â la reine de ne pas se méfier de gens qui avaient été si longtemps et si intimement liés avec Murray, et elle se livra entièrement aux conseillers qui se prêtaient â toutes ses volontés. Le retour de Murray et de ses adhérens était ainsi le seul événemeut qui pôt réhabiliter Morton, Maitland et leurs associés auprès de la reine, et leur rendre leur ancien ascendant dans ses conseils. Rien n’était plus affligeant pour eux que la résolution que la reine avait prise de traiter les exilés avec la plus grande rigueur. Ils imputaient les malheurs de Murray à Rizio, qui après s’être engagé â favoriser ce seigneur de tout son crédit , était devenu l’instrument le plus actif de toutes les mesures qu’on prenait pour le perdre. Ce zèle ardent de Rizio mit le comble à la haine que Maitland et ses amis avaient conçue contre cet aventurier, et leur inspira des projets de vengeance éloignés de toute justice , de toute humanité , et bien indignes de seigneurs de cette qualité.
Pendant qu’ils étaient occupés â former le plan de cct horrible complot, le roi communiqua au lord Ruthven la résolution qu’il avait prise de se venger de Rizio , et il lui demanda son assistance et celle de scs amis pour l’exécution de ce dessein. Le roi, en faisant cette ouverture à Ruthven, combla de joie les lords, ennemis de Rizio. Ils sentirent tout l’avantage d'un associé de cette importance. Leur vengeance particulière pouvait alors être regardée
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comme un acte de soumission et d'obéissance envers le roi; et pour prix de leur complaisance, Us ne désespéraient pas d’obtenir le rappel de leurs amis exilés, et l'affermissement de la religion protestante.
Mais comme Henri n'avait pas moins d’inconstance que de témérité, ils hésitèrent pendant quelque temps, et ils se déterminèrent à ne pas aller plus loin sans avoir auparavant pris toutes les précautions possibles pour leur propre sûreté. Cependant ils ne voulurent point laisser refroidir la colère du roi. Morton, qui dans ce siècle d’intrigues était l'homme de son temps le plus adroit et le plus insinuant , se chargea de manœuvrer auprès de ce jeune prince. 11 le prit d'abord par sa passion dominante, parce désir immodéré qu’il avoit d’obtenir la couronne matrimoniale. Il lui représenta que le crédit de Rizio auprès de la reine était le principal et même le seul obstacle au succès de sa demande; que ce favori possédait seul toute la confiance de la reine, qui, par complaisance pour lui, avait exclu de son oonscil secret ses sujets , sa noblesse, et même sou mari. Il lui donnait à entendre , avec un air de confidence et de mystère, et peut-être le roi n’en était-il que trop persuadé, que cette intimité de Rizio avec la reine pouvait servir de voile à des familiarités d'une espèce fort différente et bien plus criminelles '.
De tous les historiens, Buchanan est le seul qui accuse ouverleraent Marie d’un commerce criminel avec Rizio (MO, 341). Knoz insinue légèrement que le bruit s'en répandait ( 301 ). Melvil , dans une conversation avec la reine, lui avoue qu'il est X craindre qu'elles ne soient mal interprétées (1 10). Il parait aussi, suivant le rapport de Melvil , et par les reproches qu'il ht X la reine, que le roi lui- même avait accrédité ces soupçons. (Melvil, 127. Keith, Jppend., 123 , 124.) On voit encore, par le papier inséré dans V Jppend. n° XV, p. 100 et suiv., que les soupçons du roi étaient très forts. Mais , d’un autre cAlé, pour répondre X ces soupçons , qui n'étaient fondés que sur des bruits, il est X propos d'observer que Kautet , secrétaire français de la reiue , avait été renvoyé , et que Rizio avait été pourvu de cct office au mois de décembre ISO! ( Keith , 268 ) ; et que ce fut celle place qui donna beaucoup de crédit à Rizio auprès de la reine. (Melv,, 107.) Daruly arrira eu Écosse environ deux mois après. (Keilb, 26U.) La reine conçut aussitôt pour lui une passion qui portail le caractère d'un amour véritable et siocère. Rizio encouragea celte passion, et employa tout sou crédit pour faire réussir le mariage. (Melv., 111.) La passion de la reine se soutiut quelques mois après le mariage. Sa grossesse en donna bientôt des preuves. Par le detail de ces circonsiauces, il parait presque impossible que la reine pût eu même temps eulrctcnir uu