‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 29 sur 116 · UM’J · texte numérisé non relu

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facultés diminuèrent et devinrent inégales. Les anciens barons conservèrent & la vérité leur puissance et leurs biens sans aucune altération; mais il s’éleva un autre ordre de barons , égaux pour les droits, mais bien inférieurs pour les richesses et pour le pouvoir. Dans ces siècles grossiers où l’art de gouverner était encore très imparfait, où les parlera ens s'assemblaient rarement , et ordinairement pour délibérer sur des affaires peu intéressantes pour un peuple guerrier, les petits barons allaient rarement y prendre leurs séances, et la juridiction parlementaire était entièrement exercée par les grands barons, conjointement avec l’ordre ecclésiastique. Jacques Ier, passionné d'imiter les méthodes du gouvernement anglais, auquel il avait été pendant longtemps accoutumé , et occupé à contrc-balancer le pouvoir de la haute noblesse, avait fait passer, en l’année 1427, un acte qui dispensait les petits barons de l'assistance personnelle au parlement , et qui les autorisait dans chaque comté i choisir deux commissaires pour les y représenter. Celte loi, ainsi que plusieurs autres réglemens de ce sage prince, ne produisit pas un grand effet. Tous les vassaux du roi continuèrent comme auparavant i jouir du droit d’ètre présens en personne au parlement; et excepté dans quelques conjonctures extraordinaires, il n’était fréquenté qne par les grands barons. lai réformation apporta un changement considérable dans la constitution de l’état. Le pouvoir aristocratique des nobles reçut un grand accroissement . et on vit diminuer à proportion le pouvoir de l’ordre ecclésiastique que la couronne avait employé jusqu’alors pour réprimer les usurpations des nobles et pourcontre-balancer leur autorité. La plupart des abbayes et des prieurés étaient devenus des pairies séculières ; et les évêques protestans , tombés dans l’indigence cl devenus odieux à la nation, étaient bien éloignés d'avoir le crédit que leurs prédécesseurs tiraient de leurs richesses immenses et de la superstitieuse vénération des peuples. Dans ces conjonctures le roi eut recours 4 ce même expédient qui avait été employé par Jacques 1er, et il obtint une loi qni faisait revivre le statut de 1427. les communes d’Écossc ont toujours depuis envoyé leurs représentais au parlement. Plusieurs nobles crurcut devoir s’opposer à un acte qui tendait si visiblement à diminuer leur autorité. Mais

comme le roi avait le droit de sommer les petits barons d'assister en personne, d'autres nobles craignant de voir la chambre remplie d'une multitude de personnes dépendantes du roi , donnèrent plus volontiers leur consentement à une loi qui réduisait les petits barons à ne comparaître que par leurs représentaus.

la situation des affaires de l'Europe au commencement de l’année 1588 annonçait les plus grands événemens, les révolutions les plus surprenantes. Les historiens contemporains prétendent même qu’ils avaient été prédits par quelques astrologues. Mais sans donner dans le merveilleux , un coup d’œil sur l’état actuel des deux principaux royaumes de l’Europe pouvait faire apercevoir à tout observateur pénétrant qu’on touchait au moment de quelque crise violente. En France tout menaçait d’une révolution prochaine. Les progrès étonnans de la ligue, conduite par un chef ambitieux qui n’était arrêté par aucun scrupule, et qui, par la supériorité de son génie , avait jusqu'alors surmonté tous les obstacles ; d’un autre côté un roi timide, inconstant, peu versé dans l’art de la politique, faisaient juger qu’il fallait ou qu'Henri 111 descendit du trône et se démit d’une couronne dont il était indigne, ou qu'il tranchât les jours d’un rival dangereux par quelque coup hardi et imprévu. En effet , au commencement de cette année, le duc de Guise chassa son maitre de la capitale , le força à faire la paix et à signer un traité qui ne laissait à Henri que l'ombre de la royauté ; mais avant que l’année fût expirée, le duc fut immolé aux justes craintes et à la sûreté du roi. Le théâtre de l’Espagne annonçait des scènes encore plus extraordinaires. Philippe depuis trois ans employait toute la puissance de ses domaines en Europe, épuisait tous les trésors de ses pays dans le Nouveau-Monde , pour faire les plus grands préparatifs de guerre. One flotte, telle qu’on n’en avait jamais vu de pareille sur l’Océan, était prête â sortir du port de Lisbonne, et une armée nombreuse était rassemblée pour s’y embarquer. La destination de cet armement formidable était tenue dans le plus profond secret, mais le concours d’une infinité de circonstances donnait lieu de croire que le premier coup serait porté contre l’Angleterre. Élisabeth donnait depuis long-temps en secret des secours aux provinces rebelles des Pays-Bas , et elle leur

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