‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 36 sur 116 · N» III · texte numérisé non relu

N» III

Fragment d'une lettre de Trimas Rvmwuii au chevalier G cillai ne CrcÎL.

D* camp devait t L«ith , avril ilSo.

Je ne veux aujourd'hui que m’acquitter de la promesse que j’ai faite au comte de iluntly , qui m’a demandé de vous le recommander comme un homme qui favorise cette cau*c de tout son cœur et de tout son pouvoir. La moitié des discours qu'il m’a tenus aurait suffi pour engager un homme sans expérience à parler en sa faveur plus fortement que je n’oserais le faire. Je laisse à votre grandeur à juger cet homme , qui ne vous est point in-

connu. Quant à moi, je mesurerai mes idées sur son compte suivant ce qu’il méritera qu’on dise de lui dans le public. Ce n’a été qu’avec beaucoup de peine et à force de raisons persuasives qu’il s’est déterminé à signer avec les autres lords pour se joindre à eux dans cette action. Il a promis par un serment solennel, et avec une abondance de paroles, de faire tout ce qu’il pourrait inventer pour ravanrcmenl de cette cause. Il prétend qu’il attirera beaucoup de gens dans cette affaire, et il assure que personne n’osera biaiser dans les choses dont il se mêlera. Il a signé aujourd’hui une alliance entre l’Angleterre et cette nation ; et il dit que jamais chose ne lui a fait plus de plaisir.

i\° IV.

Rasdolfr à Cjecil.

a D-Edimb<naf| . loMXÛl iMe.

Depuis le 23 de juillet, date de ma dernière lettre à votre grandeur , je n’ai rien appris qui méritât de vou* être mandé. J’ai l’honneur de vous écrire aujourd’hui pour vous dire que la plupart des nobles sout arrivés ici , ainsi que votre grandeur le verra par la liste de leurs noms. Le comte de Iluntly s'est excusé sur un mal de jambe. Son lieutenant actuel est le lord de Lidingtoo , qui a été choisi pour orateur du parlement, ou harangueur, comme on le nomme ici. Les lords doivent prendre leur* séance* au parlement jeudi prochain. Jusqu’à préseut , tous les lords qui sont ici ont concerté entre eux et arrangé quelque* point* qui doivent être proposés et envoyés , les uns en France, les autre* en Angleterre. Il leur est beaucoup plu* aisé de trouver ces derniers que les autres. Il parait presque déterminé que le maître1 de Maxwel et le seigneur de Lidington iront en Angleterre, et que Pitarrow et le clerc de justice iront en France. Il* ont aussi délibéré sur le choix des vingt-quatre, desquels les douze conseillers doivent être tirés. Ils ont intention d’envoyer incessamment en France le héraut Dingwall, avec le» nom* de ceux qui auraient été choisis, et de demander aussi le consentement du mi et de la reine pour la tenue de ce parlement. Ils ont délibéré sur le» moyens de faire confirmer par l'autorité du parlement le traité avec l’Angleterre, et d'y faire ratifier les articles de l’accord fait entre eux et leurs roi et reine. Cependant ce* choses n’ont encore été prises qu’en communication. Je ne doute point de la confirmation du traité avec l’Angleterre ; car j’entends dire qu'il est agréé de plusieurs, comme le comte d’Atliol, le comte de Sutherland, le lord Glainis, qui diua hier avec le lord Jacques. Le lord Jacques m'a demandé aujourd’hui de lui apporter le traité. Je compte aussi parler aujourd’hui au lord Gray de la part de notre lord Gray, parce que je lui ai entendu promettre qu'il le signerait ; et il l'aurait fait sur-lechamp si on avait pu avoir le traite. Pour prévenir tou* les ineonvéniens, et rendre la chose plus assurée, outre la ratification du parlement, dont je ne fais aucun doute, je voudrais que tous les nobles d'Ecosse y missent leur» signatures et leurs sceaux, ce qui en ferait toujours un monument recommandable, quand même l’acte du par*

• Note du Traducteur. On appelle maître » en Écosse , le fils alué d'uu lord barou.

lement sérail dans la suite aonulé. Si vous jugez donc à propos qu'on en écrive aux lords, pendant qu'ils sont ici préscusà cet effet, ou si votre grandeur me donne des ordres plus précis de travailler sérieusement à cet objet, je ne doute point de 1a réussite. Si l'on pouvait aussi connaître, par des paroles précises , par des ordres effectifs de votre part , à que) point vous désirez la confirmation du traité , je ne crois pas qu'il fût fort difficile d’y parvenir. Le comte Maréchal a souvent été sollicité de le signer, et il y apporte plus de délais qu’on ne l'aurait cru. Son fils me dit hier qu'il voulait me parler à télé reposée. Drumlanrtek m’en a dit autant; je ne sais point à quel dessein. J'ai si bien fait que, lorsqu’on délibérait dernièrement sur les moyens de cimenter et perpétuer l'amitié entre les deux royaumes, le lord Jacques sollicita fortement le lord Maréchal à cause du grand crédit de ce dernier : et que lorsqu'on vint à délibérer sur ce point, entre autres opinions qui fureut proposées, quelqu’un dit qu’il ne connaissaii point d’autre moyen que de réunir les deux royaumes, et des deux neo faire qu'un seul; et que si l'on en avait quelque espérance, on ferait bien des choses qui sans cela ne seraient jamais accordées. Le comte d’Àrgyll exhorta le lord Maréchal avec empressement de tenir ferme sur ce qu'il avait promis; et de pli» il a ajouté que tout le crédit de ce lord et celui des rusés fripons de son conseil ne suffiraient pas pour traverser l'exécution d'un projet aussi salutaire. (J'ose répéter à votre grandeur les propres termes du comte d’ArgylL) O propos fut au gré de tout les awùstans : je ne sais pas •'il eu fut de même decelui à qui il fut adressé. Les barous qui ont été autrefois du parlement tinrent hier entre eux une assemblée daus l’église. Tout s'y passa honnêtement et tranquillement. Ils convinrent de présenter une requête pour être rétablis dans leur ancien privilège d'avoir voix au parlement. Us ont présenté aujourd'hui aux lords leur bül àœt effet. Je vous eu enverrai la copie lorsque j'aurai pu me la procurer. Ou a pris leur démarche eu bonne part , et on leur a fait une réponse honnête. On s’en est rapporté aux lords des articles, lorsqu’ils seront nommés, pour décider sur ce point.

(/ri est un long article concernant les fortifications de Dumbar , etc.

Ce malin, 9 du courant, j’ai appris que les lords étaient dans l'intention d'aller au parlement, ce qui m’a fait retarder l’expédition de ma lettre, pourvoir si je ri 'apprendrais rien qui méritât d'être écrit à votre grandeur. I^s lords se sont assemblés à dix heures au palais oh le duc habile. De là ils se sont acheminés vers le Tolbooth en cérémonie, et chacun ayant pris séanre dan» le même ordre où votre grandeur les verra dans la liste ci -jointe, la couronne, les masses et l'épée furent déposées à la place de la reine. Après avoir faii faire silence, le lord Lidingion commença sa harangue. Il débuta par des excuses de son insuffisance pour la place qui lui avait été confiée. Il parla sommairement des choses passées, de l'obligation imposée à tous les homme» de défendre leur patrie , de demander à Dieu de leur envoyer les remède» et les secours nécessaire» dan» des temps de nécessité, et d'en conserver dan» le opur toute la reconnaissance. Il écarta l'idée que plusieurs personnes indéterminées avaient

1 A ota. Celle la. une est ainsi dans le texte,

conçue qu’il proposait une chose, et qu’il voulait en faire une autre. Il avertit tous les états de meure à pari tout ce qui regardait les particuliers , et de s’astreindre à se dévouer entièrement au service de Dieu et de leur patrie. Il les pria de se rappeler l’état ou leur pays étal* depuis si long-temps par le défaut de bon gouvernement et d’exercice de la justice. Enfin il les exhorta â l'union , à l’amitié cordiale entre eux, et â vivre les uns avec les autres comme les membres d’un «eul corps. Il pria le Seigneur de maintenir la paix et Tunton entre tous les princes, et particuliérement entre les royaumes d’Angleterre et d’fccosse , et d’y entretenir la crainte de Dieu ; et il finit. Le clerc des rôles se leva aussitôt après, et leur demanda à quelle affaire ils voulaient travailler. On jugea qu’il était nécessaire que les articles de la paix fussent confirmés d’un commun accord, parce qu'on pensa qu’il fallait les envoyer promptement en France pour en recevoir la ratification le plus tôt qu'il serait possible. Les articles ayaul été lu», il» furent aussitôt agréés. On indiqua le jour pour les faire signer par un certain nombre de nobles qui y mettraient leurs sceaux , et pour les euvoycr ensuite par un héraut , qui en rapporterait la ratification. Les Larons dont je vous ai parlé précédemment, demandèrent une réponse à leur requête, sur quoi on leur fil quelques objections. Les barons alléguèrent en leur faveur la coutume et des autorités. Il fut â la fin résolu qu’on choisirait six personnes qu'on joindrait aux lords des articles, et que si ce comité, après mûre délibération , trouvait cela juste et nécessaire pour le bien public . cela serait ratifié en parlement , et prendrait force de loi perpétuelle. Sur ce , les lords procédèrent aussitôt aux choix des lords des articles. L’ordre est que les lords ecclésiastiques choisissent les séculiers, les séculiers choisissent les ecclésiastiques , et la bourgeoisie choisit les siens. Le choix est tombé sur ceux que vous verrez dans cet autre papier ci-joint. Cria fait, les lords se séparèrent, et accompagnèrent le duc jusqu’au Bow (c’est le nom de la porte qui sort dans la grande rue). Plusieurs le suivirent jusqu'au palais où il demeure. La ville est toute en armes : les trompette* sonnent, et leur musique , telle qu'ils l’ont, se fait entendre. Je mande à votre grandeur tout ce que j'ai vu et entendu. Il n’y a d’ailleurs eu rien de remarquable dans les solennités, si ce n’est qu’anciennement les lordsavaient leurs robes de parlement, et qu’aujourd’bui ils ne s’en servent plus du tout. y oms des comtes et lords , ecclésiastiques et séculiers , assemblés en ce parlement.

LR DUC DE CRATCLLE1AULT.

Comlti.

Lanti.

Lordj witjiulifiu.

Arran.

Ertklne.

Saint-André.

Argyll.

Ruibvcn.

Lhinkell.

Aihol.

Lindsay.

Athènes.

Crawford.

Sumnei vill.

1,’évéque d» tries.

rassit*.

Cathcart.

Abbés et prieurs dont

Maréchal.

Hume.

je ne sais point k

Morton.

(.Irniairn Sutherland, i Unîmes*, bol lies.

Monfeill]

Livingston.

Inermrlb.

Boyd.

ORilvy-

Ftcniming

G tamis.

Gray.

OrchiHree.

Gordon.

nombre.

fl 560 J APPENDICE DE L’HISTOIRE D’ÉCOSSE. .J4!)

lords des articles.

BitUiiattH/nn .

Burooi éhti pour rtr* dti ariUUi

Athènes.

Le Duc.

laïcs.

Argyll.

Le lord Jacques.

Maréchal.

Arliroalh.

Atbqf.

Newbottle.

Morton.

Lindorts.

Llencairn.

Cowpar.

Ruthvcn.

K tarots.

Bnktae.

Kilwinuing.

Boyd.

Lindsay-

Maxwell.

Tillibardiue.

Cutininghamhcad.

Locbcnvar.

pttarrow.

Lundy.

Dix prevAU (Ira villra principale» qui hmiI aiusi des article1*.

En sorte qu’avec le «mis- prieur de Saint* André, il» sont en (oui trente-six.

Je ne finirais point si je voulais entrer dans le détail particulier des dispositions , et surtout des affect ions de ces seigneurs qui viennent d’étre nommés lords de* article». Votre qrandeur voudra bien se contenter de savoir en Général que, suivant l'opinion commune, on n’a jamais en Écosse fait choix parmi les hommes de tous états, de gens plus essentiels et plus capables, ni desquels on puisse concevoir de plu* Grandes espérances. Ce matin , 10 du courant, le lord Lidington m'a communiqué une lettre qu’il a reçue de vous. Il me parait dans l'intention de suivre vos avis. Il se trouve de la difficulté en quelques points. Il est déterminé, de lui-méme, à ne point aller en France. Il en donne plusieurs raisons. I.a dernière chose qu’il a dite, et ce qui l'a le plus affecté, c’est l’exemple de son dernier voyage qu’il fit étant chargé d’un message plus agréable que celui qu’il ferait aujourd’hui, et étant en de meilleurs termes avec son prince; et cependant votre grandeur sait ce que tout le monde en a pensé.

Pétition des petits barons au parlement , tenu au mois d'août 1500.

h Milords , nous , les barons et francs-tenanciers de ce royaume, vos frères en Jésus -Christ , représentons humblement à vos seigneuries, qu’attendu que les choses qui concernent la vraie religion et le bien commun de ce royaume doivent être en ce parlement traitées, ordonnées et établies pour la plus grande gloire de Dieu et le maintien de la république ; qu’étant en proportion le plus grand nombre que lesdites choses intéressent ; qu’ayant été , et étant encore prêts à en supporter la plus grande parue des charges , tant en paix qu'en guerre , tant de nos corps que de uos biens, et voyant qu’il n’y en a point où nous puissions rendre de meilleurs services actuellement, que dans les conseils généraux et parlemens, en donnant uos meilleurs avis et raisons, voix et conseils pour (‘avancement d'iceux , pour le maintien de la vertu , pour la punition du vice , ainsi qu’il a été usité et accoutumé d’ancienneté, en vertu d'anciens actes de parlement observés en ce royaume : en conséquence , nous entendons que nous devons être admis à délibérer et voter sur toutes les choses qui concernent la république, tant dans les conseils que dans les parleineus : autrement nous pensons que quelque* ordonnances et statuts qui puissent être faits par rapport à nous et à notre état , sans que nous ayons été admis et requis â délibérer et voter sur la confection d’iceux, nous n’y sommes point obligé» ni tenus d’y adhérer. Fartant , nous prient

vos seigneuries de prendre ceci en considération, ainsi que des charges par nous portées , et que nous devons supporter; et attendu que nous sommes dans la volonté de servir fidèlement au bien commun de ce royaume suivant notre état , nous les prions de vouloir bien , en ce présent parlement , et en tou» les conseils ou l’on devra traiter du bien commun du royaume, prendre nos avis, conseils et voix, sans lesquels vos seigneuries ne doivent permettre que rien soit passé et conclu ès parlement et conseils susdits; et que tous les actes de parlement précédemment faits à notre sujet, par rapport A nos place et état, et en notre faveur, soient en ce présent parlement , confirmés , approuvés et ratifiés, et que sur ce, soit fait un acte de parlement. Nous demandons très humblement réponse A vos seigneuries. »

Hantlolph rend le compte suivant du succès de cette pétition dans sa lettre à Cecil, du 19 août 1560.

Les choses arrêtées et passée* samedi dernier, d’un consentement général , avec les mêmes solennités que le premier jour de l'assemblée, sont, premièrement, qu'en conséquence d’un ancien acte de parlement, fait du temps de Jacques 1er, eu l’année du Seigneur 1427, les barons auront voix libre au parlement. Cet acte a passé sans aucune contradiction.

Lettre de Twnns Bxmotra, résident d’Angleterre , au très honorable le chevalier (.uii.iaiuk Cecil. chevalier, principal secrétaire de sa majesté la reine.

J’ai reçu les lettres dont vous m’avez honoré le premier de ce mois, écrites d’Osyes en Fjisex , ainsi que la lettre écrite de France au lord Jacques par son parent Saint- Cûme. Elles s'accordent toutes sur ce point : Que la reine d'Écosse n’a point changé de résolution par rapport à son retour en ce pays. Je puis assurer votre grâce que ce projet est bien hasardeux pour une femme accablée d'infirmités, saus compter les dangers de la mer. Un peut douter, en quelque temps qu’elle vienne , qu'elle soit bien accueillie dans un pays où la plupart des gens sont persuadés qu’elle médite leurvruiue totale. • Qu’elle vienne quand elle voudra , oo fait de minces préparatifs pour le temps de son arrivée, et il n'y a presque personne qui croie qu'elle ail celte idée. J’ai montré la lettre de votre grandeur an lord Jacques , au lord Morton et au lord Lidington. Ils désirent , ainsi que votre grandeur,que la reine d’Écosse soit retardée quelque temps: et si ce n’était l'obéissance qu’il lui doivent, il* s'embarrasseraient fort peu de ne la jamais voir, ils travaillent de tout leur pouvoir à préveuir les menées et les desseins pernicieux des ministres. Mais, comme filii hujus sœculi , je crains qu’ils ne fassent ce qu’ils pourront pour le maintien de la religion, et pour entretenir l’union avec leurs voisins. Aussi ont-ils besoin de prendre garde à eux, car il n’y a point d’autre remède ni de sûreté pour eux que de s’appuyer sur la bienveillance et protection de na majesté la reine notre souveraine, lis n’ont point d’amis au dehors, et ils ont chez eux fort peu de gens en qui il* puissent prendre confiance. Leur intention est de faire au plus tùt l’essai de ce qu’ils peuvent attendre de sa ma jesté la reine, et de ce qu’ils peuvent offrir de leur côté pour assurer revécut ion de leurs dessrius. L’est ce que la

reine d’Êcosse craint plus que tout , et elle cherche par toutes sortes de moyens à l'empêcher ; et elle a fait écrire en sou nom très fortement Saint-Corne pour empêcher que cela s’entreprenne avant qu’elle soit arrivée ici. Car on dit que ceux qui sont déjà arrivé* ici d’Angleierrc à cet effet , quelque semblant que cette noblesse fasse, sont fâchés du refus de leur reine, ce qui e*t néanmoins bien éloigné de leur* désirs. Ils sont dans l'intention de me porter leurs plaiuies. Ma réponse est toute prête. Si la reine d'Écossc veut éloigner de ce pays tous les Anglais, je suis persuadé qu'il *'v trouvera toujours quelqu'un des siens qui sera porté pour nous. Quant à moi , elle en sera bientôt débarrassée, des qu’il plaira à sa majesté la reine ma souveraine de ne plus se servir de moi dans re paysci. Par une conversation que j'ai eue dernièrement avec le lord Jacques et le lord Lidiugton . j'aperçois que leur iutenlion est que, immédiatement après la prochaine convention, je retourne vers vous avec leurs déterminations et résolution* sur tous le* points , sur lesquel* l'avis de votre grandeur doit être demandé avec soin et promptement suivi. Quel que puisse être l’objet de mes désirs, je sais que je dois, comme sujet , me conformer aux volonté* de la reine ma souveraine; mais, pour mon propre contentement . je demande à Dieu le bonheur de servir sa majesté dans un état au.v»i médiocre qu’aucun gentilhomme des plus pauvres de son royaume, et d’élre quitte de cetteplace-ci ; ce n'est pas que je soi* las de rendre mes services à sa majesté ; mais je deviens vieux , et il serait bien plus convenable à mon dge d’avoir quelque place où j’eusse plu* de repos et de tranquillité que je ne puis en espérer en ce pays. Je craindrais aussi mon insuffisance s’il survenait ici de nouveaux troubles , ou bien si l’on demandait de moi, pour le service de sa majesté, ce que je ne pourra1* pa* par moi - même exécuter, cl que je n’aurai* point le crédit d’amener au point auquel on s’attendrait peut-être que je pourrais le conduire. Comme c’est votre grandeur qui m'a fait continuer dans la place où je *uis, j'espère qu’elle m’accordera la continuation Je sa bienveillance, pour qu'aussilôl que ce sera le bon plaisir de *a majesté la reine , je puisse remettre ma place à quelqu'un de plus digne que moi. Cependant je dirigerai ma marche stftaut vos bon* avis, qui me guideront pour imaginer quelque chose, et rendre quelque service qui puisse être agréable à sa majesté , et conforme à ses volonté et plaisir.

J'ai pris la liberté d’écrire de moi -même re peu de mots. Au surplus, si l’on désire que le* lord* continuent encore courageusement pendant un mois, je puis assurer votre grandeur qu’il n’y a rien eu ici d’omis de leur ancienne et accoutumée manière d'agir, et qu’ayant amené le* choses 5 ce point , il* seraient indigne* de vivre s'ils ne l’emportaient pas.

Je ne vois pas qu’ils soient disposés à abandonner la chose dans l'état mi elle est. Je crains plutôt I argent de la reine que *e* bel les paroles. Cependant je ne vois pas quelles grande* choses ou peut faire avec quarante mille écus; et quant au trésor même de la reine, je sais qu’il n’y a point de moyen sùr et prompt pour l'obtenir Le lord Lidiugton ne néglige point actuellement d'écrire tout ce qu’il croit capable de satisfaire vos désirs , et vou* procurer la connaissance de* chose* qui se passent actuellement ici. Quelque chose qui puisse arriver, il pense qu’il est plus a propos que la reine uc \iciiue point ; et li elle vient , de

lui déclarer tout d'abord ce à quoi elle doit s'attendre , c’est-à-dire à l’obéissance convenable et volonté de la servir, si elle embrasse la religion chrétienne, et si elle veut vivre en paix avec ses voisins. Par les lettres que vous avez reçues dernièrement votre grandeur aura appris par M. Knox lui- même, et par d'autres, ce qui a été décidé entre eux : lui de soutenir les dernières extrémités, les autres de ne le point abandonner tant que le Seigneur lui conservera des jour* , et de se tenir ainsi réunis au moypn toutefois de la consolation qu’il vous plaira de leur donner par vos lettres, en leur disant que sa majesté lp reine ne condamne pas entièrement Knox , si ce n’est sur ce point où il est tellement accusé par sa propre reine, que sa majesté la reine, notre souveraine, ne peut pas approuver sa conduite. Je ne doute point que cela ne procure une grande consolation à cet homme, et beaucoup de cou lentement à plusieurs autres. Sa prière de tous les jours est pour le maintien de l’union avec l'Angleterre, et pour que le Seigneur ne permette jamais que des hommes poussent l’ingratitude au point de travailler à la deMruction de ceux qui leur ont sauvé la vie, et qui ont rendu la liberté à leur patrie. Je n'importunerai iws plus long-temps votre grandeur. Je prie le Seigneur de former une telle union entre les deux royaumes , que Dieu en soit glorifié à la face de tout l’unive ■**

A Edimbourg , ce 9 août 1561.

Page 1