N° IX
Uaranguc faite par Gciixaiixk Maitlam» ne Lktmkctok , second secrétaire alors dan» le parlement tenu par la mère du rot , notre souverain , reine alors de ce royaume, dans le temps du rétablissement deMAmiisc . ci-dcvaut «mile de Lensox.
Milords et autres ici assemblés, bien qne par le* choses qu’il a plu à sa majesté de vous déclarer très gracieusement de sa propre bouche, vous soyez déjà suffisamment informés du sujet de cette assemblée , cependant ayant commandement exprès de sa majesté de suppléer la place de milord chancelier, qui , comme vous le savez, vient de mourir, je me propose de vous faire observer les mêmes choses, en y donnant un peu plus d'étendue.
On sait que pendant la minorité de son alresse, on a instruit le procès de milord de 1er inox , et prononcé contre lui une sentence de confiscation pour certaines offenses qu’on l’accusait d’avoir commises, et spécifiées dans l’acte de parlement rendu à ce sujet : pour raison de quoi il est en exil depuis si long temps, et absent du pays de sa naissance. On a vu comhieu il est louché de son sort par les requête* qu’il a fait parvenir par diverses
* Bothwell.
voir* à ta majeité. Elle* contiennent le* soumissions le* plu* humble* et le* plu* convenable*. Elle* rendent témoignage de ton parfait dévouement b sa majesté , *a princesse naturelle , et de tou plu* ferme at lâchement au Irè» humble service de son altesse, s’il plaisait b sa majesté d’user envers lui de clémence et de le faire jouir du bénéfice de sujet. Plusieurs considérations peuvent avoir IHirié sou ailette b écouler favorablement la requête de ce seigneur : l'ancienneté de sa maison , le nom qu'il porte , l’honneur qu'il a d’appartenir à sa majesté par les lien* du sann i cause de miladi Marguerite, tante de son altesse , ainsi que d’autres motifs déterminai!*, comme la demande effective de sa bonne sœur, sa majesté la reine d'Angleterre, dont la recommandation était d’un grand poids. De plus ta majesté est portée , par la bonté de ton naturel, à avoir compassion des maisons qui tombent en décadence ; et elle aime beaucoup mieux , ainsi que nous l’avons entendu de ta propre bouche , favoriser et l’élévation et le soutien de* ancienne* maisons , que d'être dans le cas de devenir l’instrument de la ruine et du renversement des bonnes races. Sa majesté a donc, en celte occasion , jeté un regard de bienveillance sur ta requête du lord de Lennox. Elle a eu égard b la gracieuse lettre que sa bonne sœur la reine d’Angleterre lui a écrite pour lui recommander la cause de ce seigneur ; et par ces considérations, non -seulement elle a accordé b Lennox de* lettre* de restitution par forme de grâce , mais elle lui a encore permis de te pourvoir en réhabilitation en employant le* voies accordée* par la loi à ceux qui se croient lésé* par un jugement quelconque irrégulièrement rendu, et de demander la révision de son procès. C’est pour travailler b celle affaire qu’il a plu b sa majesté d'assembler aujourd’hui, vous milords et messieurs les trois était de tou royaume , pour, par vos avis, délibérations et décisions , procéder, ainsi que de raison , suivant les intention* de sa majesté . b l’examen des plaintes du lord de Lennox , suivant le mérite de la cause , les lois de ce royaume et les pratiques db*crvées en de pareille* occasions. Toutes les choses qui tout aujourd’hui soumises b vos délibérations vous étant ainsi exposées par ce que vous venez d entendre , je pourrais terminer ici mon discours si l'affaire dont il s’agit ne me donnait occasion d'ajouter encore quelques mot* sur un point qui n’est point étranger au sujet, et sur lequel je désirerais d’entrer dans de bien plus longs détails. Mais je craindrais d'offenser son altesse : sa présence m’en impose. Elle n'aime point le* longs discours ; elle déteste la flatterie. Sans cela je serais disposé b vous entretenir de choses qui me paraissent tendre b toute sorte de bien et de perfection. Cependant je pourrais être taxé de négligence et d'oubli si je ne cherchais pa* b vous rappeler de quelle mauière nous devons considérer ceci, et ces preuves évidentes du bon naturel de sa majesté. Ha bienveillance envers tous ses sujet* eu général nous est un gage assure de cette félicité b laquelle nou* pouvons nous attendre sou* son heureux gouvernement, tant qu’il plaira au Seigneur de nous la conserver ; car pour entretenir une parfaite harmonie dans la république, il faut qtieCe* devoirs entre le prince et les sujets soient réciproques. Comme nous sommes redevables b la prudence de sa majesté de la paix entretenue avec toutes les nations étrangère*, de la tranquillité établie dan* l'intérieur de ce royaume et tellement affermie , que je crois pouvoir af-
1STOIRE D ÉCOSSE. 353
Armer que tous ceux qui vivent aujourd’hui n’ont jamais vu l’Ëcosxe dans un plus grand calme ; il est de notre devoir, à nous tous sujets affectionnés, de marquer notre reconnaissance de tant de bienfaits résultant de la bonne administration de sa majesté en lui offrant no* actions de grâces, et lui rendant l’obéissance qu’un prince juste peut attendre de la part de sujets fidèle* et soumis. Je ne parle point d’une obéissance forcée et involontaire , je sais qu’elle déplairait b sa majesté ; je parle de celte condescendance qui , résultant de la sagesse que nous apercevons dans son administration, doit rapporter des fruits d'amour et de soumission. Mous avons tous en général ressenti le* effet* de la bienveillance de sa majesté pendant les trois ans qu’elle nous a gouvernés, et plusieurs de vous ont éprouvé les effet* de sa libéralité et de sa franchise. D’un autre crtté, son altesse a eu de* preuves multipliée* de l’obéissance que nous lui devons. Ainsi il nous convient de continuer comme nous avons commencé en ^modération des exemple* notable* de sa clémence, qui excelle sur toutes se* autre* belles qualités, et d’abhorrer et détester les faux bruits et mauvais discours , et ceux qui les inventent : contagion la plus dangereuse qui puisse affliger une république. Alors nous serons assuré* d'avoir en la personne de la reine une très gracieuse princesse , et sa majesté d’avoir les sujets les plus fideleset le* plus affectionnés ; et le chef et les membres étant ainsi encouragés b maintenir l'harmonie et l’accord entre le* corps politiques dont j’ai fait mention ci-dessus , une partie de la gloire en appartiendra b sa majesté ; cela fera en même temps l’éloge de* sujets, et il eu résultera pour nous tous qui sommes compris dans cetle classe des avantages inexprimables.
Périls ri troubles qui sont à craindre art nettement et b l’avenir pour sa majesté la reine d’ Angleterre , et l’état de oc royaume, à rocranion du mariage de b reine d' Écosse avec le lord UsHNLV.
Premièrement, les esprits de ceux qui sont attachés b la reine d’Écosne , soit pour clle-métne . soit par rapport b l’idée qu'il* ont de ses prétentions â cette couronne , soit par le désir qu’il* oot de voir changer la Tonne de la religion en ce royaume; soit pour raison de mécontentement de sa majesté la reine , d’inquiétude par rapport b sa succession , d’appréhension de voir tomber cette succession en toutes autres mains qu'en celles de la reine d’ÉCTKse , seront par ce mariage , exaltés , encouragé*, et portés à délibérer sur les moyens de parvenir à leurs fins et b travailler b la réussite de leurs projets , ainsi qu’à faire une sorte d’estimation de la qualité et quantité des personne* intéressées en cette affaire , afin de calculer l'importance du danger, estimation qui peut ainsi se faire tant au dedans qu’au dehors du royaume.
\x% premiers sont ceux qui sont particulièrement attachés à la reine d’Ecosse ou au lord Darnly par les liens du sang et par de* alliances : premièrement , tous ceux des maisons de Lorraine et de Guise, partisans de la reine d’Écossc, le comte de Lennox et sa femme , et tous ceux qui en Écosse sont de leur sang et qui ont reçu quel que* déplaisirs de la part du duc de Chatellerault et des llamilton. Le* autres sont cette espece de gens, tant dans ce royaume qu'en d'autres pays, totalement dé-
voûte à la cour de Rome, et qui désa prouvent b religion nouvellement adoptée. O# deux classes renferment tous ceux qui peuvent avoir de la satisfaction de ce mariage.
Il faut encore considérer quelle* espèce* de troubles et de dangers ce* sortes de gens peuvent susciter dans le royaume.
Premièrement , leur but en général et l’annonre de tous leur* désirs est , et a toujours été, de procurer à la reine de* Écossais la couronne royale en ce royaume : et , en conséquence, bien que leurs délibérations pour arriver â ce but puisseut varier entre eux . relativement aux circonstances des temps, et 1 l'occasion de divers empêcbemens qu'ils peuvent rencontrer dans la bonne cou* duite et le bon gouvernement de sa majesté la reine , il est certain néanmoins que tous leurs discours, menées, délibérations et actions, tendent uniquement et entièrement à faire la reine d'Écosse reine de ce royaume, et â etr déposséder la dame notre souveraine. Omni à leur* procédés, il y a deux façons de le* apercevoir, et l'une est bien plus dangereuse que l'autre. La première est l'opinion de ceux qui, par un fanatisme de religion . ou par une affection naturelle pour la reine des Écossais et pour le lord Darnly, sc persuadent que ladite reine des Écossais a dès il présent plus de droit à la couronne que ta reine notre daine souveraine- Dans celte classe sont tous les parens de la reine d'Écosse et du lord Darnly, et tous les gens dévoué* au papisme, soit en Angleterre, en Écosse, en Irlande ou ailleurs. L’autre est suivie par ceux qui, avec moins de méchanceté, sont néanmoins persuadés que la reine d'Écosse est la seule qui, comme présomptive héritière de ce royaume, ait le droit d’y succéder à sa majesté la reine et à sa postérité. Il y en a peu de cette classe hors de ce royaume, ils sont au dedans; et s'il y en a au dehors, il est au moins certain * que le nombre de ceux qui suivent l’autre opinion y est bien plu* considérable : et c’est de ce* deux sortes de gens que vieunent toutes le* menées et pratique* dangereuses. Voici les périls qu'on peut envisager de la part de ceux qui peusenl que la reine d'Écosse a dès à préseut un droit réel au troue d'Angleterre. Premièrement , il n'est pas douteux qu'il n'y en ait parmi eux plusieurs possédés du démon au point d’oser attenter à la Vie de la dame notre chère souveraine , par tels moyens que le diable pourrait leur suggérer. Cependant il y a certainement lieu d'espérer que le Tout-Puissant, qui a veillé jusqu’à présent â la couscrvation de scs jours , la préservera de pareils dangers. Secondement, ils chercheront par des insiuualious , des rumeurs, des faux bruits , et autres pareilles menées, à aliéner h* esprits des bons sujets de sa majesté la reine, et à les disposer en faveur de la reine d'Écosse ; et par ce moyen tes frontières et la partie septentrionale de ce royaume seront inquiétées et troublées. Troisièmement, on suscitera des causes de tumultes et de rébellions, particulièrement dans la partie septentrionale, vers l’Écosse, en sorte qu’il pourra en résulter des voies de fait entreprises à force ouverte. Quatrièmement, le conseil et les amis de la reine d’Écosse pourront faire avec la Krauce et l'Espagne quelque ligue nouvelle offensive contre ce royaume et favorable au titre de la reine d’Écosse : cl ainsi il est vraisemblable qu'ils entretiendront autant de pratiques qu'il sera possible, tant sur les frontières qu'eu Irlande, pour conti-
nuer fl multiplier les affaires et dépeinte* de sa majesté la reine dans ce pays, pour y diminuer sa force et sa puissance : ils feront jouer tous les ressorts imaginables pour soutenir de telles entreprises, et on ne le* verra jamais se relâcher sur ce point.
Quant à la seconde classe de ces gens , qui ne favorisent la reine d’Écosse que par rapport à son titre de présomptive héritière de sa majesté la reine, fl n’y a pas beaucoup de choses à craindre de leur pari. Ils scmul contents de voir que sa majesté la reine vivra dans le célibat, Ils chercheront à mettre de* empéchemcii* à sou mariage; ils fonderont des espérances sur la postérité de la reine d’Écosse : ils regarderont cet événement comme une chose avantageuse à tous, parce qu'il opérerait la réunion des royaumes d'Angleterre et d'Écosse, et que les occasions de guerre cesseraient entre ce* deux royaumes. Ce* raisounemeus séduiront une infinité de gens . et le* entraîneront dans le parti de la reine d’Êcosse.
Rem Mes contre ces dangers.
Ddplicata.
Sommaire des délibérai ions et avis dônnr's par tes
lords et autres du conseil privé , recueilli des divers
ducours et propos desdits conseillers.
Le lord garde du grand sceau. M. te contrôleur.
Le lord grand trésorier. M. te vire riuml*l-
i Derby. lan.
Les comtes de j Bedford. M. le secrétaire.
I Leiirster. Cave.
Le lord grand-amiral. Peter.
Le lord grand-chambellan. Matou.
Deux questions proposées.
Premièrement, les danger* qui pourraient résulte? pour sa majesté la reine et pour son royaume, du ma- * liage de la reine. Secondement, ce qu'il convicidraU de faire pour prévenir ce* danger* ou pour y remédier.
Quant au premier point.
!x* dangers qui sont en grand nombre et de différente* especes furent réduits à une seule espère par quelques-uns des conseillers.
Premièrement , que ce mariage de la reine d’Écosse , qui n'est pas encore fait , peut séduire un grand nombre de gens et des meilleurs sujets dans ce royaume ; qu'il peut aliéner à sa majesté notre sou verai ne le cœur de ses sujets , et les détourner de leur» obligations envers sa majesté, et de leur* devoir* fondés sur le* loi* de (a nature; que ces bons sujet* , séduits, fonderont des espérances sur ce mariage d'Écosse , qu’ils regarderont comme un moyen d’établir la succession de* deux couronnes dans la postérité de ce même mariage, et qu'il* favoriseront en conséquence toutes inventions, menées et pratiques qui pourront leudre â l'avancement de la reine d'Écosse.
SccAidrmeui , qu'en considérant que ceux qui favorisent le mariage du lord Darnly sr fondent principalement sur la confiance qu’ils mènent dans les papistes, lesquel» regardent ce mariage comme le seul moyen qui leur reste de rétablir la religion de Rome, il est aisé d’aperccvuir que, tant dans ce royaume que dans celui
d'Écosse, les papistes favoriseront , avanceront, soutiendront de tout leur pouvoir ce mariage du lord Darnly ; et que pour l'avancement de leur faction en fait de religion, il» inventeront toute* sorte* de moyen», il* feront jouer tou* le* ressort» possibles dan* l'intérieur de ce royaume pour troubler les états de sa majesté la reine, et la paix de son royaume, et pour arriver par la force à l'accomplissement de leurs desseins, plutôt que de les voir échouer.
Cependant, comme les dangers résultant du mariage en question de la reine d’Écosse ont en effet plusieurs branches , quelque* autre* conseiller* le* présentent , mais sou» un autre point de vue, comme étant de deux sorte*, qui, néanmoins, sont de nature à ne pouvoir être aisément divisées, et quiont.au contraire, entre elle* une telle connexité, qu'elle* viennent nécessairement b l’appui l’une de l’autre-
La première était que, dan* ce mariage avec le lord Dandy, on apercevait clairement l’intention de favoriser le prétendu litre de la reine d’Écosse , nou -seulement relui de succéder b sa majesté la reine , que la reine d‘Écosse avouait sans manquer aux devoirs de l'amitié, mais même celui de s’emparer des états de la reine , ce qu'elle avait déclaré ouvertement lorsqu’elle était en pouvoir de le faire.
La seconde était que , par cc mariage , la religion reniai ne serait favorisée en ce royaume et y ferait tous les jour* de nouveaux progrès. Or ce* deux point* sont tellement unis, que le soutien du titre est fondé sur leprogrè* de la religion romaine en cc royaume ; et réciproquement, le progrès de celte même religion est fondé sur le titre de la reine d'Écosse en Angleterre : sans quoi ce titre ne serait fondé sur rien.
Preuves de la première sorte de dangers.
Pour prouver que de l'assertion du titre de la reine d’Écosse au trône d’Angleterre il doit nécessairement en résulter de* trouble* à sa majesté la reine notre souveraine , il est à propos de considérer que le* intentions et la volonté de quelque personne quece soit se manifestent bien davantage lorsque son pouvoir est plus grand ; et qu’au contraire, lorsque ce pouvoir est resserré dans des bornes plus étroites , les intentions et la volonté de cette même personne sont cachées, elle craint qu’on ne le» aperçoive. C’e*t ainsi qu’on a vu la reine d’Écosse, devenue plus puissante par son mariage avec le dauphin de France, manifester ce qu’elle avait dans l’âme; elle et tous ses amis employer ouvertement tous les moyens qu’elle pouvait inventer pour inquiéter et déposséder sa majesté la reiue : d'abord, en prenaut publiquement dans les écrits le litre de reine d’Angleterre; ensuite, en accordant des charte», patente* et commissions conçue* dans le même style, munie* du sceau d’Angleterre uui à ceux de France et d’Écosse , chartes qui sont encore existante*. Et pour parvenir à l'exécution de ses desseins, on sait le* préparatif* de guerre qui ont été fait*, les troupes qui ont été envoyée* en Écosse, et celles qui ont été rassemblées dans le* pays étrangers. On sait la paix houleuse que fil la France avec le roi d’Espagne , Philippe , pour pouvoir employer toutes les forces de la France, et exécuter à force ouverte de» projet» que la divine Providence et la puissance de sa majesté la reine ont fait échouer. El lorsque ensuite la fortune et le pouvoir d* ta
reine d’Écosse furent changés par la mort de son mari , elle commença h jeter plus d’obscurité dan* ses démarche*. (.es commissaires de la reine d’Écosse avaient signé mi traité à Édimliourg pour restreindre tous ces titres, prétentions et réclamations. Cependant la ratification de ce traité a été jusqu’ici éludée par des ruses et des délais affectés. Aujourd'hui, aussitôt qu’elle rommencera à sentir sou pouvoir, elle recommencera à agir à découvert , et ses amis et alliés, considérant les fautes qui ont été précédemment commises, se corrigeront par l’exemple du passé, et procéderont essentiellement b l'accomplissement de se» desseins. Quelques-uns des conseillers pensaient et déclarèrent qu'on avait plus à craindre du mariage avec le lord Darnly, sujet de cc royaume , que d’un mariage avec le prince le plus puissant au dehors; que , par ce mariage, Darnly, lié sujet d’Angleterre, et qui pour raison de sa religion, ou par d’autres considérations, s’y est fait un parfi, augmenterait, la force en main et aux dépens de la puissance de cc royaume , tout le crédit et l'autorité qu'il pourrait acquérir, soit par 1a faction des papistes, soit par la menée de* Anglais mécoutens, et qu’il viendrait peut-être b bout de se soustraire b la puissance de cc royaume; mais que, par un mariage avec un étranger, la reine d'Écosse ne pourrait point être assurée d’avoir aucun parti dans ce royaume. Si bien que, par ce mariage du lord Darnly, la reine d'Écosse réunirait, pour l'exécution de ses projets, son propre pouvoir et les effort» des ennemis que nous nourrissons dans le sein même de la patrie, et qui , quoiqu’en petit nombre, sont plus à craindre que trois fois autant d’ennemis au-debor* ; car, disaient ce* conseillers, l’histoire nous apprend par une infinité d'exemple* que les puissance* étrangères n'onl jamais prévalu en ce royaume sans avoir eu de* intelligence* au dedans. On observa encore que, même avant qu’il filt question de ce mariage, ou s’était aperçu que la faction qui favorisait le plus le litre d'Écosse avait levé la tête , avait manifesté son audace dans tous les coins du royaume , avait parlé hautement en cette cour, dans le palais et jusque dans les antichambres, et qu'aiusi il n’étaü pas possible, à moins qu’on ne prit sur ce de* précaution» promptes et assurées, que par ce mariage et par les pratiques de ceux qui le favorisaient , cette même fanion ne fit en peu de temps de grand* progrès , et qu’elle ne devint si puissante et si dangereuse qu’il ne resterait presque plus aucune espérance de la réprimer. On sc rappela b celle occasion que dernièrement, en parcourant les juges de paix dans toute l’étendue du royaume , ou en avait à peine trouvé un tiers sur lesquels on prit compter en matière de religion : traîne sur laquelle s’ourdissent tous les fils qui souiienueut le titre de la reine d'Écosse b la couronne d’Angleterre ; et l’on p»ul bien penser que le comte de Lennox et ses amis sont plus au fait qu’on ne le croit de cette circonstance , qu’ils savent s'en prévaloir actuellement eu Écosse , et que leur parti est devenu si considérable en Angleterre que sa majesté n'oserait entreprendre de s’opposer à ce mariage. Telle fut, en gras, l’exposition de* dangers du mariage de la reine d'Écosse avec Darnly. Mais on s’étendit encore heauroup plus sur cette matière. On la mil dans le plus grand jour, et on la rendit si claire par une infinité de démonstrations, que personie, dans le conseil, ne put nier que cette affaire ne fût cnto‘','ce',’*cueils c»i grand nombre cl très dangereux.
Srcontle question.
Il s'agissait dans celle consultation de savoir ce qu’il convenait de faire pour éviicr res dangers , ou du moins pour détourner le dommage qui pourrait en résulter pour le royaume. On entra 4 ce sujet dans de grands détails. On proposa une foule d'avis différens, lesquels néanmoins furent réduits à trois chefs par quelque* uns des conseillers.
Le premier, qui tout d’une voix fut jugé nécessaire, qui fut regardé comme la chose la plus importante et la seule qui pût efficacement remédier 4 tous ces dangers et à plusieurs autres , comme une chose enfin sans laquelle il n’était p3S possible de trouver aucun autre remède efficace et suffisant , ce fut d’obtenir de sa majesté la reine de consentir 4 se marier, et de n’y point apporter de longs délais.
Le second fut de favoriser efficacement les progrès de la religion, d'en établir et cimenter lé culte tant en Écosse qu’en Angleterre ; et de diminuer , affaiblir et anéantir le culte de la religion contraire.
I* troisième était de prendre diverses mesures , soit pour rompre et déconcerter le mariage projeté , ou bien au moins pour faire en sorte que ce mariage ne fût point aussi préjudiciable à ce royaume qu’il pourrait l'étre si l’on ne prenait pas ces précautions
Le premier n’était susceptible d’aucun détail. Il se réduisait à montrer à la reine un désir sincère et très empressé, 4 lui faire de très humbles supplications, 4 adresser des prières au Tout-Puissant, des avis et des conseils 4 sa majesté la reine pour l’eugager 4 ne pas différer plus long-temps un mariage qui relèverait les espérance* des bons sujets de ce royaume, lesquelles seraieot alors fondées sur sa majesté et sur des c u fans procréés de sou corps; seul moyen pour assurer, 4 quelque personne que ce soit, la continuation de sa famille et postérité, et la jouissance de ce qui, sans cela, ne pourrait point lui advenir.
Le second , concernant la religion , et dans lequel la politique et fa vérité se trouvaient réunies, donna lieu 4 quelques détails.
Premièrement , attendu qu’en dernier lieu les adversaires de la religion en ce royaume ont pris occa»iou détendre et de fortifier leur faction, tant en Angleterre qu’en Écosse, et au dehors en publiant et faisant espérer que la religion serait bientôt changée en ce royaume, attendu que les évêques, par le commandement de sa majesté la reine, avaient depuis peu traité réellement avec quelques persounes de la bonne religion, à l’occasion de la défense par eux faile de porter certains habits, et autres choses pareilles qui ne sont que de simples accidens, et qui tiennent plus à la forme qu’au fonds de la religion : d’autaul qu’il est notoire que sa majesté n’est point dans le dessein d’encourager ses adversaires, mais seulement d’entretenir une uniformité tant dans les chose* extérieures que dans la substance de la religion , et qu’elle n’a même aucune intention de faire aucun changement en la religion, ainsi qu elle est établie par les lois; on jugea tout d’une voix qu’il était très nécessaire , pour réprimer l’orgueil et l'arrogance de* adversaires, de leur faire notifier indirectement, par des Ictires particulières de sa majesté, adressées aux deux archevêques, que ce commandement ci-dessus de
sa majesté n’avait pour objet que d’entretenir une uniformité et non pas de donner lieu 4 qui que ce soit de mal interpréter ses intentions, étant fortement déterminée 4 maintenir la forme de sa religion telle qu'elle est établie, et 4 punir ceux qui oseraient en violer les lois. El par rapport 4 res points, quelques-uns demandèrent qu’il plût 4 sa majesté d’ordonner aux archevêque* , que s’ils voyaient que les adversaires cherchassent les occasions de fortifier leur faction, ils prissent en recas-14 le parti de la modération . jusqu'à la prochaine assemblée du parlement, aoquel temps on aviserait aux moyens d'établir le bon ordre, l'uniformité et La décence dans toutes les cérémonies dont la gravité et l'uniformité doivent être entretenues parmi le clergé.
Le second moyen fut, que les ci-devant évêques qui refusent de reconnaître l’autoriiéque sa majesté la reine a sur eux conformément aux lois, et qui ont été dernièrement dispersés, dans un temps de peste, en divers endroits hors du royaume, où l’on sait qu’ils ne cessent de grossir leur faction , seraient de nouveau renfermés en la Tour, ou dans qurlqu’autre prison, où ils ne seraient point dans l’occasion de séduire et de soulever les sujels de sa majesté la reine, ainsi qu'ils le font journellemeut.
Le troisième moyen fut, que dans le cas où les évêques porteraient des plaintes, et diraient qu'ils n'osent point exécuter les lois ecclésiastiques pour l’avancement de la religion, dans la crainte de l'emprisonnement dont les juges et les anciens de ce royaume, malintentionnés pour la religion , ne cessaient de le* menacer , et ne manquaient aucune occasion de le* pincer et détériorer; en ce cas-là on donnerait, de la part de sa majesté, aux* dits évêques, une aulorité convenable, et qu’ils 1a conserveraient autant qu’il plairait 4 sa majesté.
Le quatrième fut, qu’attendu qu’on voyait tous tes jours paraître en Angleterre des livres obscènes , extra* vagans, et contraires aux lois, apportés d’au-delà des mers, reçus, lu* et conservé* hardiment, surtout dans la partie septentrionale du royaume, séduisant un grand nombre de lions sujets, licence et témérité qui n'avaient jamais été tolérée* sous le règne d’aucune autre souveraine, il était 4 propos de donner des ordres sévère* pour éviter de pareilles choses , et de charger les juge* d'examiner en quelle classe on placerait ce crime; de fa voriser le débit des livres directement opposés 4 l’autorité de sa majesté, tendans 4 soutenir un pouvoir étranger, et manifestement contraires aux lois du royaume.
Le cinquième était, qu’un grand nombre de moines, de religieux et autres fainéans de celte sorte, étant sorti* de l’église, et étant employé* en Angleterre, particulièrement dans la partie septentrionale, à desservir les églises en qualité de curés; toutes ces espèces de gens, dont la conduite ne serait pas trouvée honnête et conforme aux lois, seraient bannis hors du royaume , d’autant qu’il parait qu’ils ne sont propre* qu’4 exciter des séditions dans le royaume en divers endroits, et qu’il* cherchent actuellement à faire rehausser leurs actions.
I«e sixième était , que plusieurs personnes qui avaient des bien* ecclésiastique*, résidaient de l’autre côté de la mer, et de 14 cherchaient 4 entretenir la sédition dans le royaume; que, pour l’avantage du royaume , ccs biens seraient mieux entre le* mains des bon* sujets.
Le septième était , que les jug»*s du royaume avant
beaucoup d'autorité en ce royaume pour l'administration des biens du royaume, il» seraient tenu» de prêter serment à sa majesté la reine conformément aux loi» du royaume . et qu'ainsi ils seraient obligés en conscience de soutenir l'autorité de sa majesté la reine.
Les détails dans lesquels on entra sur le quatrième cbef tendant à rompre ou à éluder ce mariage, ou bieu 5 éviter le» dangers qui pouvaient en résulter, furent premièrement par rapport à la rupture du mariage. On observa que vraisemblablement on n’y parviendrait jamais que par la force, ou par la crainte qu'on aurait de la voir employer, et quelques-uns pensèrent en conséquruce que les moyens suivans pourraient occasioner la rupture.
|. Que le comte de Bedford se rende à son gouvernement.