‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 41 sur 116 · N» XIII · texte numérisé non relu

N» XIII

EEiNF.au comte de Btnrow».

Sur les avis qu’on a dernièrement reçu* de vous, et sur d’autre* chose* qui ont aus*i été mandée* par le lord Scrope cl Thomas Randolph, le tout bien considéré, voici quelle est notre détermination. Nous voulons, le plus tôt qu’il nous sera possible, vous envoyer trois mille livres sterling pour être ainsi employées. Si vous savez certainement que le comte de Murray ail besoin d’argent , et qu’un prêt de mille livres sterling puisse lui tenir lieu de secours pour se défendre lut-méme , vous lui direz de* à présent , sous le secret, que vous voulez comme de vousméme lui procurer cette somme ; et nous voulons que vous ta lui fassiez remettre te plus secrètement qu’il vou* sera possible lorsque vous aurez reçu 1a somme susdite , ou , si vous le pouvez, par quelques moyens convenables, que vous lui eu avanciez toujours une partie.

Vous ferez garder en entier les deux raille livres restans sans les dépenser, à moins que vous ne trouviez qu’il soit nécessaire d’en prêter actuellement une partie pour l’entretien de six cents hommes de pied et de cent chevaux , ou bien pour payer le* gages d’ouvriers , qui , par maladie ou autrement , seraient dans le cas d’être renvoyés. Et ayant appris , par plusieurs de vos lettre* , que ledit comte de Murray et ses associés demandaient avec instance d'avoir au moins trois cents de nos soldats pour le* secourir, comme aussi sur ce que vous avez écrit , que bien que nous ne voulions point vous commander de leur donner ce secours, si néanmoins nous voulions seulement fermer les yeux sur ce que vous feriez à ce sujet , et faire semblant de vous blâmer d’avoir entrepris par de telles voies de» choses que vous auriez pu faire réussir par d’au • tre* moyens , vous ne doutiez point que cela ne tournât à bien , vous devez regarder comme une chose certaine que, par plusieurs considérations, nous u’avons point le dessein de soutenir le* sujets d’aucun autre prince, ni de les encourager à prendre les armes contre leur souverain , et que nous ne voulons point non plus donner, en aucune maniéré, occasion à de* guerre* entre nous et ce prince , ce qui nous a empéebée jusqu’ici de vous donner pouvoir de donner aucun secours d’hommes â ces gens-ci. Mais ayant prb aujourd’hui l'affaire en considération , nous apercevons que ces lords soûl poursuivb malgré leurs humbles soumissions, et l’offre qu’ita ont faite

d’être jugés par les lois et par la justice ; et que sur le refus qui leur en a été fait, ils se sont retirés à Dornfrèse , place voisine de no* frontière» occidentales , où ils sont vraisemblablement dans le dessein de se défendre eux -mêmes , et ayant de plus observé en ceri les bonnes intentions actuelles du roi de France, lequel a envoyé un de» sien* pour se joindre avec un de» nôtres et traiter de concert avec cette reine, et l’engager à s’abstenir de ces procédés violais et rigoureux envers scs sujets , A l'effet de quoi l’amliassadeur de France près de nous a dernièrement écrit à cette reine une lettre , dont on attend de jour en jour la réponse ; désirant que cependant lesdits lords ne soient point opprimés et détruits faute de quelque secours pour se défendre, nous voulons bien, si vous voyez que cela soit nécessaire pour leur défense, que vous leur fassiezdonner (comme de votre propre mouvement, et sans faire connaître que vous ayez sur cela aucune instruction de notre part ) le nombre de trob cents soldats, lesquels seront pris sur tous les corps ou tirés de tous ceux qui sont sous vos ordres, ainsi que vous le jugerez à propos ; et à ce vous autorisons. Et pour mirai déguiser la chose , vous enverrez ce même nombre d’homme* à Carliste comme pour les y mettre en garnison pour la défense de cette frontière , précisément dans le temps où ces troupe* devraieut être tirées d’autres endroits pour les amener ver* ces frontières ; ensuite , lorsque vous verrez qu’il y aura de* raisons pour faire marcher ce* troupes, le même nombre, ou une partie, pourra joindre •ecretement ce* lord* , que vou* aurez eu soin d’avertir trè* expressément, que vous ne leur envoyez ces troupe* que pour leur défense seulement , et non pas pour le» employer à faire la guerre à la reine , ni pour faire aucune chose qui puisse offenser sa personne ; et vous aurez soin de vous arranger de manière avec eux et de prendre si bien vos mesure*, qu'ils s’aperçoivent que uos intentions sont telles sur ce point ; que si ce secours paraissait donné dans d’autres yucs , tous les amis que vous avez ue pourraient pas vous justifier envers nous ni vous garantir de notre indignation. Aussi pouvons-nous vou* assurer qu’en vous ordonnant de procéder ainsi avec ces lords , nous n’avons , en notre conscience , d’autre motif que de les préserver de leur ruine totale, sans quoi nous ne consentirions point à leur donner aucun secours ni en hommes ni en argent; et cependant nous lie voulons point qu'aucun d’eux sache que ce secours vient de notre part, et voulons que cette démarche soit regardée comme une entreprise de votre part et comme l’effet de votre propre volonté. #-

N° XIV

Ramiolpi à Cecn..

•, lévrier i >61.

Apre* vous avotr humblement présenté me* obéissances , je vous dirai que je ne puis rieu vou* écrire de certain sur l’état présent de ce pays , où l'iustabilité de* esprits s’accroît de jour en jour ; et c’est par cette raison que je suis bien plus paresseux A vous écrire, que je ne le serai* si les choses étaient autrement! On a eu dernièrement. pendant quelques jours . des espérance» que la reine jetterait sur les lords un regard de bienveillance , et que Robert Melvin serait renvoyé vers eux avec de* conditions honnêtes et quelques paroles de consolation.

Mai» depuis ce lemp» 15, Clernau et Tborneton sont arrivé* il»* France : le premier par terre, l’autre par mer ; celui-ci de la part de l'évêque de Glasgow, l’autre de celle du cardinal. Ilepui» leur arrivée le* lords n’ont pu obteuir aucune bonne parole, et il n’y a pas même eu la moindre apparence qu'on eût pour eux de bonnes intentions, 5 moins qu’ils ne vinssent 5 bout d'engager sa majesté la reine, notre souveraine , 5 déclarer la reine d'Écosse son héritière présomptive 5 la couronne d'Angleterre. Je ne vous écris rien que Je ne sache avoir été dit par la reine d’Écosse ; et je sais qu’elle pense que ce qui se passe actuellement est le moyen le plus assuré pour amener la reine 5 ce point. On parlait dernièrement d’une ligue formée entre le feu pape , l’empereur, le roi d’Espagne , le duc de Savoie , et divers princes d’Italie, pour soutenir le papisme dans toute la chrétienté, et l’on soupçonnait la reine-mère d’être entrée dans celte même confédération. L’acte de cette association a été envoyée de France par Tborneton. Il a été signé par la reine d'Écosse à qui la copie en est restée ; et je suis instruit que l'original doit être incessamment renvoyé 5 51. Wilson, digne ministre de celte invention diabolique. Si je puis ci) avoir une copie, je vous la ferai passer par la voie la plus sûre que je pourrai trouver. M. de Rambouillet est arrivé lundi en cette ville ; il a parlé ce soir à la reine et à son mari , mais il a été fort peu de temps avec etix. Le lendemain il a en des conférences fort longue* avec eux deux ; mais ce qui en a fait le sujet n’est parvenu 5 la connaissance de qui que ce soit. Je n’al parlé à personne qui ait pu me donner quelque espérance que, dans cvs conversations, M. de Rambouillet ait obtenu quelques avantages pour les lords. Cependant on dit qu’il a de très bonnet intentions , et qu’il s’emploiera pour eux de tout son pouvoir. Il est logé près de la cour, et il est nourri aux dépens de la reine. Le dimanche on a donné des ordre* par lesquels on a proposé 5 plusieurs d’entendre la messe ce jour-li. Le jour de la Chandeleur ces personnes ont porté des cierges avec la reine, son mari , le comte de Uunox et le comte d’Athol, Plusieurs autres lords ont été appelés et requis d’aller 5 la messe ce même jour-15. Quelques-uns ont promis de s’y trouver , comme Cassils , Moutgommerie, Seton, Cathness. D’autres ont refusé, comme Flemmiog, Lewington, Lindsay, llunlley et Bothwell. Ce dernier est le plus ferme de tous; mais il est aussi regardé comme le pire de tous. Il fut agité dans le conseil si la messe serait célébrée dans l’église de Saint- Gilles ; ce qui était plutôt , je crois, pour sonder les esprits, que dans le dessein réel de faire dire la messe dan* cette église. La reine d’Écosse était dernièrement dans le dessein d’envoyer encore Robert Melvin en Angleterre pour négocier avec ceux des sujets de sa majesté en qui relie reine a le plus de confiance. Je crois néanmoins que cette prétendue bonne volonté en ce point des sujets de sa majesté la reine notre souveraine est plutôt un bruit qu’une réalité. Mais sa majesté a trop de sagesse et d’expérience en ces sortes de choses pour ne pas prendre 5 temps toutes les mesures convenables, et se préparer 5 tout événement en mettant les choses au pis.

On croit que quelques personnes en ce pays sont ren trées dans ces ligues et confédérations dont je vous ai parlé. Je sais qu’il y a bien 5 cela quelque chose de vrai ; mais tout ce qu'on m’a dit sur cela n’est peut-être pas également assuré. U y a en celte cour bien des querelles, U.

des disputes et des contestations. On ne peut rien faire de mieux que de chercher à entretenir ce désordre et ces brouilleries. David occupe toujours la même place, ce qui fait mal au cœur à bien des fie»»*, indignés de voir leur souveraine entièrement gouvernée par un drôle de cette espèce. La reine a refusé absolument de faire aucun bien 5 milord d’Argyll; et l’on dit que ce ne sera qu’au premier voyage qu'elle fera, lorsqu’elle sera sûre de n’être pas grosse. Le bruit général est qu'elle est grosse, mais bien des gens ont de la peine à le croire. Ce qu’il y a de certain , c’est qu'il a paru dernièrement des marques du contraire.

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