N° XVIII
Fragment d'une mire d'Éuunn à Mark.
au lihrrirr iVGS*
... Actuellement (c'est-à-dire depuis l’arrivée de Marie en Écosse) comment pourrais-je soutenir patiemment les vains délais que vous apportez à la ratification du traité convenu par vos propres commissaires , sur quoi j’ai éprouvé des procédés très désobligeant», sans compter bien des sujets de méfiance, qui font que je ne puis désormais prendre confiance en aucun écrit. Un a, depuis, agi avec moi de la maniéré la plus dure , eu débauchant
ISTOHtE D' ÉCOSSE. [1567}
mon sujet et proche parent , le lord Darnlv, sous prétexte d’une requête particulière pour des terre*, et en l’attirant dans le royaume pour négocier, à mon insu , un traité de mariage avec lui, et même pour le conclure sans mon consentement et bon plaisir. Et de combien de chose* désobligeantes ce fait n’a-t-il pas été accompagné! en donnant asHeâ quelques-uns de mes sujet*, regardés chez eux comme d'indignes renégats et malfaiteurs, et leur confiant , sans mon consentement , de* places importantes, sans compter beaucoup d'autre* chose* pareilles que je passe sous silence , parce que le souvenir de ce* choses ne pourrait que vous être désagréable. J’ar bien voulu passer par-dessus tout cela, et, pour ainsi dire, le supprimer, y étant entraînée par l'inclination naturelle que j’ai à vous aimer. J’ai ensuite accepté avec plaisir d’être la marraine de votre fils ; du fils de mou susdit parent, qui m’avait auparavant offensée si déloyalement, tant par son mariage avec vous que par sa conduite irrégulière eo d’autres points envers moi , sa souveraine. Je me suis employée amicalement par des messages pour le réconcilier avec vous lorsqu'il a été votre mari, pendant que d'autres nourrissaient la discorde entre vous, et qui avaient, comme il a bien paru , plus de pouvoir pour exécuter leurs desseins, ayant de mauvaises intentions à votre égard, que je n’en ai eu pour vous faire du bien , eu égard au tnal que j’ai reçu de vous. Je veux bien oublier les malheurs qui vous sont arrivés, faute d’avoir suivi mes conseils. Mais lorsque vous avez été réduite à la dernière extrémité, lorsque vous étiez réellement prisonnière et en danger de perdre la vie par les mantpuvres de ceux qui sont vo* ennemis déclarés, j’ai été bien éloignée de conserver aucun souvenir de vo* mauvais procédés à mon égard. JTai même été tellement désintéressée par rapport aux desseins que tout le monde tait que vous aviez formés sur ma couronne , et par rapport à la sûreté de mon état , résultant de votre mort , que vou* voyant au comble du malheur, sur le bord de votre fosse, et sur le point de perdre misérablement la vie, j’ai non-seulement intercédé pour vou* sauver la vie. mais j’ai même fait de telle* menaces à quelques on* de ceux qui étaient irrité* contre vous , que je puis bien dire que j'ai été la seule, ou du moins la principale cause de la conservation de vos jours.
Lettre »lc la reine Élisabeth à la reine d’Écosse , avec cette
noie au dos , de la main de Cecil. Copia liUerarum Re-
giœ majestatis ad Reginatn Scotonun.
VIIIe aprlllt I.
Madame ,
Vous ayant trop molesté par M. de Crocq , je n’eusse eu si peu <le considération de vous fàcber de cette lettre, si le* liens de charité vers les ruiné* et les prières des misérables ne m'y contraignassent. Je entens que un édit a été divulgué de par vous, madame , que ung cbascun , que veult justifier que ons esté les meurtriers de votre feir mari , et mon feu cousin, viennent à le faire le xij* de ce mois. Laquelle chose, comme c’est plus honorable et né-
* A 'ote du Traducteur. Cette lettre est ainsi en français dans le texte , et n’est que copiée : le titre est en anglais, avec la note de Cecil. en latin.
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ressaire , qui en tel cas sc pourra faire , ne y eslanl radié quelque mystère ou finesse, ainsi le père et amis du mort gcniel homme m’ont humblement requis, que je vous priasse de prnlongue le jour, pour re qu’il* cognoissent •que les iniques ae sont combinés par force de faire ce que par droict ils ne pourront pas faire ; partant, je ne puis, mais sinon pour l’amour de tous même , à qui il touche le plus, et pour la consolation des innocens, de vous exhorter le leur concéder celle requeste , laquelle, si elle les seroit nié , tous tourneroil grandement en soupçon , de plus que j’espère ne penser. , et que ne voudriez volontiers ouyr. Pour l’amour de Dieu , madame, user de telle sincérité et prudence en ce cas , qui vous louclie de si près, que tout le monde aye raison de vous livrer comme innocente d\ing crime si énorme , chose que » ne hstes , seriez dignement esbloyè hors de rancr de princesses , et non sans cause faite opprobre de vulgaire , et plutôt que cela vous avienne , je vous souhaitccois une sépulture honorable qu'une vie maculée ; vous voyez, madame, que je vous traite comme ma fille , et vous promets , que si j’en eusse , ne lui souhaiterais mieutx que je vous désire, comine le Seigneur Dieu me porte lesmoigtiage , à qui je prie de bon coeur de vous iuspirer à Paire re qui vous sera plus à honneur, et à vos amis plus de consolation , avec me* très cordiales recommendations comme à icelle à qui je souhaite le plut de bieu qui vous pourra ep ce monde avenir.
De West , « huitième jour 4e janvier I eu hâte.