‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 59 sur 116 · XXXV11I · texte numérisé non relu

XXXV11I

Mire de la reine Éi.isasktn an comte deSr&sns.

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Très féal et bien aimé, salut. Nous avons cejourd’hui reçu vos lettre* du 28 du mois dernier, avec les autre* lettres envoyées d’Écosse.et mentionnées dans vos lettres, auxquelles on désire qu'il soit fait réponse avant le dix de ce mois , ce qui est un terme très court , eu égard à l’importance des matière* et à la distance des lieux. Nous avons uéaumoÎDS résolu , autant que la brièveté du temps a pu le permettre, de douner la réponse suivante : que nous voulons que vous, par le pouvoir que sur ce nous vous donnons , fassiez remettre en notre nom, au comte de Leunox, et à tous les autres nobles assemblés avec lui, d’autant que par eux , eu leurs lettres et écrits , il est allégué, que , par faute de noire réponse définitive au sujet de rétablissement du gouvernement du royaume sou* leur jeune roi, il en est résulté de grands inconvéniens ; et qu'en conséquence , en leur dernicre convention , ils ont différé jusqu’au 21 de ce mois à décider sur celui qui doit avoir la place de gouverneur, désirant d’avoir, avant ce temps- là , notre avis *ur la , ou les personnes qui doivent être établie* au gouvernement de ce royaume : nous acceptons avec beaucoup de reconnaissance cette marque de leur bonne volonté et opinion qu’ils ont de nou», en se soumettant si franchement â demander et suivre notre avis en un point qui les touche d’aussi près , eux , l’état de leur roi et le royaume. Sur quoi , attendu que nous nous nomme* aperçu* que *ur notre précédent refus de nous mêler de cette affaire , ils sont tombé* en quelque découragement, comme si, par-là, nous ne voulions point apporter nos attentions à leur état et sûreté : mais que d’un autre côté, il est de leur prudence de penser que I o monde entier pourrait mal interpréter nos démarches eu nou* voyant leur déterminer une forme de gouvernement et leur désigner un gouverneur : car bien que nos intentions fussent bonnes en ce faisant, cela pourrait néanmoins semer quelque jalousie parmi le* chefs de l’état , parmi la noblesse et les communes de ce royaume , de ce que le gouvernement d’icelui serait par moi spécialement nommé et ordonné : trouvant donc ainsi de part et d’autre de* difficultés, mais craignant plutôt qu’il* ne tombent en aucun découragement par noue refus de leur déclarer sur ce no* intentions : nous avons jugé à propos d’aller en avant et de procéder ainsi sur ce point. Considérant en nous mêmes comme quoi maintenant ce royaume a depuis un temps assez considérable été régi au nom de leur roi, et pour raison de son bas âge, gouverné jusqu'ici par une très sage et honorable personne , le comte de Murray , jusqu’au moment où il a été méchamment assassiné par un scélérat (exemple détestable! ), ce quia nécessairement occasioné de grands désordres et confusion, et qui dans la suite irait en augmentant, si l’on ne se décide pas sur le choix de quelque personne ou personnes pour prendre la charge de gouverneur ou suprême régisseur pour l’administration des lois et de la justice : nou* ne pouvons qu’approuver infiniment le désir qu’ont ces lords de faire choix d’un gouverneur d'un mérite distingué ; et en conséquence , étant pleinement assurée que leur propre discernement est meilleur que

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celui d’aucun autre pour considérer l’état de ce royaume et pour juger des lalcns et qualités de chaque personne propre et capable pour une telle charge, nous serons nous-mêmes bien plu* contente de celui qu’iceux , de leur lonimiin consentement, auront d’abord choisi ri nommé à cet effet, que d’aucun qui serait par nous précédemment nommé , et au hasard, dépendant, afin qu’ils aperçoivent que nous avons soin de la personne de leur roi , qui , par la proximité du sang et eu égard à se# tendres années, doit nous être si précieux et si cher, nous ne leur cacherons point que notre opinion est que , s’ils s’accordaient tou# à nommer son grand-père, notre cousin , le comte de Lennox, pour être seul gouverneur, ou conjointement avec d'autres ( lequel nous avons appris qu’ils avaient cependant nommé lieutenant général d’un commun consentement), la raison nous porte à penser que, dans tout ce royaume, on rte pourrait choisir personne qui désire davantage la conservation du roi , et qui soit plus propre à avoir le gouvernement pour la sûreté de ce prince, lui étant plus proche par les liens du sang qu'aucun noble de ce royaume ou de tout autre pays. Et n'entendons néanmoins par-là leur prescrire ce choix , à moins que d’eux- mêmes ils n'y consentent pleinement et librement. De plu# , nous voulons qu’ils soient bien assurés que, quelques rapports on bruits qui soient ou seraient semé# ou inventés, que nous aurions déjà déterminé en notre Ame d’altérer I état du roi ou du gouvernement de ce royaume : ce# choses nous sont prêtées sans aucune juste cause ni fondement ; car, ainsi que nous les avons déjà avertis, que bien que nous ayons consenti à entendre, comme en honneur nous ne pouvions pas le refuser, ce que ta reine des Écossais ou son parti voudraient dire et offrir, nori seulemeut pour la propre assurance de la dite reine, mais aussi pour le bien de ce royaume : cependant, ne sachant point ce que c’est qu’on doit dire ou offrir, nous nVntendons point d’interrompre l’ordre des lois et de la justice en précipitant la cause de la reine, ou préjugeant en faveur du parti qui lui est opposé avant que nous ayons vu décidément et avec certitude , apres avoir tout entendu , qu’il y aurait lieu et qu’il serait juste et nécessaire d’en agir ainsi. Et , en conséquence , trouvant ce royaume régi par un roi, ce roi confirmé par les lois de ce royaume , et installé par couronnement et autres solennités requises et usitées, et généralement reçues par tou* les états, notre intention n'est point, en consentant , d’ouir les complaintes ou informations de la reine contre son fils, de faire aucun acte qui tende, à déterminer le gouvernement; mais nous voulons le laisser continuer ainsi que nous l’avons trouvé, et même ne point souffrir qu’il soit altéré par aucun moyen que nous pourrions empêcher ( car il est de notre honneur de penser ainsi, et nous l'avons depuis peu déclaré hautement par nos actions ) , jusqu’à ce que , par quelque raison juste et évidente, nous soyons expressément engagée à manifester autrement notre opinion; et nous voulons qu’ils sachent que telle est notre détermination et la conduite que nous voulons tenir : sur quoi nous avons confiance que ceux qui sont pour leur roi apercevront combien nos intentions et procédés sont francs et honorables et combien ils seraient peu fondés à sc méfier de nous, quelques discours qu’il# aient entendus ou qu’ils puissent entendre. Au contraire, et, d’un autre côté, nous les prions, comme Gens sages et prudens, de consi-

dérer combien il serait déshonorant pour nous, et contraire à toute humanité, si, pendant que la reine d'Écosse sollicite en tant de manières que sa cause soit entendue, et offre que le tout soit par nous réglé, tant pour les choses entre nous et elle, que pour celles entre elle-même et son fils et le parti de son fils dans ce royaume, lesquelles offres nous ne pouvons par aucune sorte de considération refuser d’écouler, nous allions par avance . et sans que les choses soient entendues et examinées , donner en aucune manière ouvertement et directement un jugement ou sentence, soit pour nous-mêmes , soit pour ceux dont elle a fait ses adversaires. Finalement, vous les avertirez, qu’en se méprenant sur les bonnes intentions que nous avons pour eux, et par des assertions indirectes de leurs adversaires, fondées sur le mensonge, ils n’aillent pas embarrasser nu affaiblir leur propre cause , de manière que nos bonnes intentions envers eux n’aient pas pour eux tout l’effet qu'ils désireraient ou dont ils pourraient avoir besoin. Vous leur ferez passer toute notre réponse , et vous leur ferez savoir que, pour la brièveté du temps, étant rejourdltui à la fin du second jour de ce mois, nous n'avons pu ni donner une plus lougue déclaration de nos intentions , ni écrire aucune lettre particulière, ainsi que uous l’aurions fait si le temps nous l'avait permis.

2 juillet 1570.

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