N“ XXXIX
L 'évêque de Ross au secrétaire I.ikixcto*.
Dr Qulliiaiirlli.
J’ai reçu ici, 5 Chattisworth , le 10 de janvier, votre lettre, en date du 2flde mai. Mais lorsqu’elle m’est parvenue, je vous avais écrit fort au long , et la reine avait aussi écrit à milord Livingston, au moyen de quoi vous aurez eu la solution de plusieurs points mutrnus en votre lettre susdite. Je vous ai mandé que j’avais reçu votre lettre et créance par Thomas Cowy de hmdres, et que je l'avais envoyé à Leicester pour connaître les in: entions de la reine d'Angleterre , savoir si vous viendrez ici ou lion. Il m’a mandé que la reine d’Angleterre ne veut point du tout que vous veniez ici comme un des commissaires, parce qu’elle est fâchée contre vous : et par conséquent il parait qu’il est à propos que vous ne veniez point ici , mais que vous restiez où vous êtes, et que vous y fassiez usage de votre prudence et activité, pour avancer le mieux qu’il vous sera possible les affaires de la reine; car je m’aperçois que votre bonheur et votre sûreté en dépendent , vu la haine et l’inimitié implacables que vous portent vos gens d'Écosse, et cette portion considérable de vos biens et pays paternels qu’on vous a enlevée. Je suis néanmoins encouragé par la vigueur et la circonspection de votre âme; soyez assuré qu’on se donnera tous les soins possibles pour se procurer incessamment des soutiens de tous les endroits où l’on pourra espérer d'en avoir. A mon avis, il ne faut refuser les secours ni des papistes, ni des juifs, ni des païens, et laisser à cet effet disposer convenablement les choses pendant le cours de ce traité. El voyant que milord Sealon a désir d’aller en Flandre, la reine pense qu’il est très nécessaire qu’il le fasse ; car le duc d'Albe a reçu du roi d’Espagne
de* ordre* préns de donner de* secours , et je «iis assuré que milord Seaton obtiendra de* secours tant de Flandre que du pape; car il n’est question que de l’arrivée de quelque homme de marque pour le* obtenir et se le* procurer. Il faudra nécessairement que ce lord y fasse quelque séjour pour les préparatifs de* recours pendant qu’ou travaillera au traité, ce qui en favorisera beaucoup les progrès. La reine a déjà écrit au duc d’Albe à cet effet, et elle lui a donné avis de l’arrivée du lord Seaton. Il y a des somme* d'argent en chemin de la part du pape pour le soutien des Anglais, ainsi que je vous l’ai mandé ci-devant : c’est pourquoi je voudrais que le lord eût commission ÿ traiter pour les Anglais eu général, et qu'il pût ainsi recevoir le* somme* qui seront données. On trouvera moyen de vous cautionner pour les sommes dont je vous ai parlé, afin quelles soient employées à munir le château d'Edimbourg; ce qui étant fait, on enverrait en Flandre quelques personnes sage* et fidèles pour les recevoir, comme il a été dit, et je voudrais que vous fussiez, disposé et envoyé pour cela.
On prendra de* ordre* pour le* métaux , comme vous l’avez mandé. Nous avons proposé tout d’abord votre avis pour traiter avec la reine d’Angleterre , afin que faute de secours nôu* soyons assurés de la retraite de ses troupes. Vos réponses aux Anglais ont été trouvées très bonne*. Mais surtout gardez-vous bien de tomber entre leurs mains. En celte occasion, est oie prudentes sicut serpentes : vous pouvez prendre exemple de la manière dure dont ils ont traité avec moi , et juger de quelle manière on en agirait avec vous si vous étiez ici; et cependant je ne suis point encore hors de danger étant m medio nationis praire. Quelque chose qu’il en arrive, la crainte ne me fera point, avec la grâce de Dieu, abandonner le service de sa majesté. Puisque la reine d’Angleterre a refusé que vous vinssiez ici , il me parait quod nondum est sedata mat ilia Amorrheorum, etc.; et en conséquence, si l'on pouvait, par quelques moyens, faire en aorte qu’Athol ou Catenes y vinssent , ils seraient les plu* propres en celle affaire ; et Rothes y serait aussi fort convenable, si lui et moi n’étions pas de même surnom , ce qui ferait qu’on aurait moins de confiance au traité , ■oit ici, soit en Écosse. Partant, consultez -vous, et envoyez ceux qui seront le* plus propres à rendre de bons services; et qui que ce soit qui vienne, ne manquez pas de faire venir avec eux Robert Melvil ; car tel est le plaisir de la reine. Dan* le dernier paquet que je vous ai envoyé au commencement de mai par Jacques Fogo, je vous ai fait passer une lettre que la reine lui a écrite de sa propre main , et je crois que vous l’aurez reçue. Je suis fâché que vous ne veniez point ici , car je m’attendais que votre présence me serait d’un grand secourt. Vous auriez bien négocié avec la reine d’Angleterre; vous connaissez son humeur ; vous l’auriez servie dans son goût, à votre ordinaire. Pour tout le reste, je m’en rapporte à votre bon jugement et prudence, priant Dieu qu’il vous envoie la sauté.
De Cbattuwortb , le 15 de Janvier.
Déclaration de Jean Gais aux lord* de Grange et de Lirai ncton le jeune.
Du huitième jour <Tortohrr 1*71.
Puisque vous désirez de savoir les intentions de sa majesté la reine,* ce qu’elle veut faire pour apaiser cet démêlés, et puisque vpus vous êtes offert d'être à ses ordre* par rapport à la tranquillité générale de toute Pile e* la bonne amitié entre les deux royaumes; sa volonté est, à cet égard, que vous cessiez d'entretenir celle guerre civile, et que vous fassiez vos soumissions au roi, qu’elle veut soutenir de tout son pouvoir.
F.t en ce faisant, elle négociera avec le régent et le parti du roi, pour que vous soyez reçus en grâce à df» conditions raisonnables, pour la sûreté de vos vies et biens.
Elle dit aussi , que la reine d’Écosse ayant entretenu des pratiques avec le pape et d’autres priuces, ainsi qu’avec ses propres sujets en Angleterre, et avec eux machiné de* trahisons insignes et dangereuses contre l’état de son propre pays, et aussi pour la destruction de sa propre personne, cette reine n’aurait jamais d’autorité et ne recouvrerait jamais sa liberté tant qu’elle vivrait.
Que si vous refusez ces offres gracieuses qui vous sont maintenant présentées, sa majesté donnera dès à présent au parti du roi des secours d’hommes, de munitions et de toutes choses néce;saircs pour aller contre vous.
Sur quoi sa majesté demande votre réponse prompte et sans aucun délai.
N° XLI
Articles envoyés à rassemblée générale.
& aorl 1S7*.
« Premièrement , comme on désire qu’il soit fait un « nouvel acte portant ratification de toute* le* chose* con- « cernant le roi et l'obéissance à lui due, lesquelles ont «été ci-deraut transigées, et ce, sans aucun change- « ment ; et que le* ministres qui ont contrevenu aux « actes précédens soient corrigés ainsi qu’on en con- « viendra ;
n Que requête soit présentée à sa grâce le régent et à « la noblesse qui soutiennent la cause du roi , à ce que q tous ceux qui procéderont en ce traité de paix soient a attentifs à ce qu’en «celui l’église ne reçoive préjudice «en façon quelconque ; et spécialement que ceux des « ministres qui , dans le temps des troubles ont été dé- « pouiliés de leurs possessions en l’église, oa autrement « molestés et offensés, soient rétablis ;
« Que requête soit présentée au régent , à ce qu’aucun « évêché ou autre bénéfice ne soit donné à aucune per « sonne , à l’encontre de* actes faits au temps du premier « régent, d'heureuse mémoire ; et que ceux qui auraient « été donnés à l’encontre desdits actes, ou à quelque per- « sonne non qualifiée, soient révoqués et annulés par un « acte du conseil privé ; et que tous le* évêchés ainsi va- « cans soient présentés , et que de* personnes qualifiées y « soient nommées dans le o«rs de l’année de la vacance
« d'iceux, conséquemment à l'ordre établi à Leilh par Ire « commissaires de la noblesse et de 1’église. au mois de « janvier dernier, et spécialement de porter plainte du «i don fait de l’évéché de Ross au lord Methven ;
« Qu’aucune pension sur des bénéfice# , grande ou « petite, ne soit accordée par simple donation d’au- « cun lord récent, sans le consentement du possesseur « desdits bénéfices ayant titre à iceux . et sans l’interveo- « lion du surintendant ou commissaire de la province « où le bénéfice sera situé, ou bieh des évêques légitime- « ment élus suivant ledit réglement fait à Leith ; et qu’on « demande que sur ce, il soit fait un acte du conseil en «attendant le prochain parlement, dans lequel celle « même chose sera spécialement statuée, avec inhibition « aux lords de session de donner aucune lettre ou dé- « crets sur de tels simples dons de bénéfices ou pensions « qui n’auraient pas été octroyés eu la manière susdite; et •o que l'église actuellement assemblée déclare nuis tous « dons de cette espèce, autant qu’il est en son pouvoir;
« Que la première forme de présentation aux béné- « fice* , adoptée en la première et seconde régence , ne u soit point changée , comme on le fait communémeul u aujourd’hui , mais que cette clause soit contenue en la « présentation ; que si les personnes présentées ne font « iwint résidence, s’ils sont calomniateurs ou trouvés in- « dignes, soit pour leurs mœurs, soit pour leur doctrine,
• ils soient, par le jugement de l’église, auquel ils seront « en tout temps assujettis , transférés en un autre lieu à « la vue de l'église ; et que ladite présentation et tout ce « qui s’en sera ensuivi soit nul et sans force, ni effet , et « que ceci soit pareillement obscil^i en la nomination des « évéques;
« Qu'en cette assemblée il soit fait un acte portant que « toutes choses faites au préjudice de l'attribution du tiers « à l’église, soit par de* papistes, soit par d'autres, en « donnant des gratifications, rentes viagères, ou autres « octrois , ou en disposant en aucune autre manière du- « dit tiers attributif, soient déclarées nulle#, avec pro- « (relation solennelle du désaveu que l’église fait de pa- « mile* choses;
« Qu'il soit fait un acte décernant et ordonnant que n tous évéques admis aux ordres de l’église actuellement u reçus, rendront compte une fois l'année de tous leurs r revenus et acquisitions desdits revenus, ainsi que l’é- « g lise l'ordonnera , et pour Ire raisons que l'église aper- « cevra aisément que la chose serait utile et nécessaire;
« Pour ce qui concerne la juridiction de l'église, que « cette chose soit décidée en cette assemblée, attendu que « cet article a été long-temps retardé pour présenter re- « quête au régent et au conseil , aux Uns de remédier aux « émissaires et personnes excommuniées.
« Enfin, qu’on prenne des ordres par rapport aux pron cureurs de l'église qui occupent contre les ministres et n le ministère, et pour demander justice sur les actions
intentées par l’église en celte session. »
N° XLI
Déclarai ion d’tlKMii Kn.LECRrw. écuyer, sur la paix conclue le 23 février 1572.
• Soit connu à toutes personnes, par cre présentes,
• que moi, Henri Killigrcw, écuyer, ambassadeur pour
• sa majesté la reine d’Angleterre , d’autant que sur les « pressantes propositions et sollicitations à moi faites pour
• son altesse, a été ici un accord et pacification sur les
• troubles publics et guerre civile en ce royaume d’Ecosse «agréé et conclu , et ledit accord favorablement étendu «au très honorable George, comte de lluntly; aux lords «Gordon et Raidzenoch , et au lord Jean Hamilton , fils
• de sa grâce le duc de Cbatellerault, et abbé commenda
• taire de l’abbaye d’Abirbrothock , pour la sûreté de « leurs vie* , subsistances , honneurs et biens , et de ceux
• de leurs amis , domestiques êt complices , étant aujourd'hui proprement dans leur dépendance ; en traitant la-
• quelle susdite pacification , Ire meurtrier* de l'oncle du «feu comte de Murray, et le grand-pèr? du comte de « Lennox, ci-devant régent pour sa majesté le roi d'Écosse, « ses royaume et vassaux , comme aussi un article concer- « nant la décharge pour Ire fruits ou biens meubles que
• lesdites personnes ont pris sur les personnes attachées à « l’obéissance du roi, ou pour les dommages faits ou com-
• mis par iceux depuis le quinzième jour de juin 1567, et
• avant le pénultième jour de juillet dernièrement passé ,
• pour raison de la cause commune ou aucune chose en « dépendante, ayant été jugés par les commissaires du roi «être des matières d'un tel poids et importance , que le « régent actuel du roi ne pouvait pas convenablement de
• lui-même donner â keux remise ou décharge, ftéan- « moins , eu égard à la nécessité de la présente pacifica- « lion , et pour le bien du roi , et la trauquillité générale «de cre royaumes et vassaux , il a été accordé que les « points concernant la rémission desdits meurtriers, et la «décharge desdits fruits, effets mobiliers, et autres dom- « mages occasionés par les personnes qui demandent les-
• dites rémission et décharge à sa majesté la reine, ma
• souveraine, comme la princesse la plus proche du roi
■ des Écossais, tant pour l’babitatioti que par les liens du
■ sang ; et quoi que ce soit que sa majesté avisera et con-
• seillera touchant lesdites rémission et décharge , seront « par ledit lord régent , pour le bien du roi et tranquil- « lilé générale du royaume d'Écosse, accomplis, observés «et exécutés ; et pareillement lesdits comte lluntly et
• abbé commenda taire d’Abirbrothock, étant sollicités in
• stamiueut de donner gages et otages pour sûreté de «l'observation desdits accord et pacification , m’ont requis, en la place que j'occupe, de, au nom de sa majesté, et en vertu de ma commission, promettre en leur
• nom qu i;# observeront loyalement et fidèlement et garderont ladite pacification , et tous les articles et condi- « lion* d’icelle en ce qui Ire concerne , et qu'il plût à sa
• majesté de s'entremettre elle-même comme sûreté et «caution pour eux à cet effet, envers sa majesté le roi
• d'Écosse leur souverain et sondit régent , ce que j’ai fait
• et promis de faire en vertu de la commission de sa ma -
• jesté ; comme aussi , par le comportement honorable et
■ franc desdits comte et lord, leurs intentions pour la paix «sont bien apparentes ; ladite paix étant aussi très con- « forme aux intentiofis de sa majesté la reine , ma souve-
• raine, qui a pendant si long-temps travaillé par ses rni-
• nistres à ladite pacification ; si bien qu’à la fin , sur ses «mouvemens et sollicita lions, ladite paix a été accordée;
« sachant que le désir de sa majesté est que ladite paix soit
• inviolablement observée, et que les nobles et autres qui « reviennent maintenant à l'obéissance du roi aient sûreté «suffisante pour leurs vies, subsistances honneurs et
• biens. A ces causes, au notu de sa majesté et en vertu de ■ ma commission , je promets aux susdits comte de Uuutly «et abbé commendataire d’Abirbrotbock , que par les « bon* offices de sa majesté, lesdile* rémission et décharge
• seront sollicitées et obtenues pour eux , leurs parens ,
• amis . serviteur* et complices qui sont maintenant pro- « prauent en leur dépendance ( mai* toujours à l’excep-
• lion de* personne* spécifiées en la première réserve ) ;
• comme aussi que ladite pacification sera pour eux fidê-
• letnent observée, et que sa majesté s’entremettra comme «conservât lice d'icelle, et s’emploiera pour qu'elle soit
• fidèlement et loyalement exécutée en tous scs points et
• art iclcs v appartenans. kn foi de quoi j'ai le présent écrit
• signe de ma main, et icelui signé de mon propre sceau ,
• le treizième jour de février, anno tiomini 1572. El ce , « pour être par moi exécuté entre ci , date du présent , et « la leuue du parlement qui sera assemblé pour leur réhabilitation, ou tout au moins avant la fin dudit parle -
• meut. Sic suscribUur. »
Note de l'évéque de Glasgow, concernant le douaire de la reine d* Écosse.
f,a reine d’Écosse a pour sou douaire, entre autres possessions, le duché de Touraine , qui lui a été solennellement engagé et donné par le roi et les étals du parlement, lequel duché elle a possédé paisiblement jusqu'en I57fl, et alors à l’occasion du traité de pacification fait entre le roi et monsieur sou frère, auquel on donna ledit duché eu augmentation d’apanage, la reine d’Écosse y consentit par rapport à ccs princes, qui étaient se* plus proches parens, â condition que l'équivalent, qui lui fut promis . lui serait exactement fourni. Sur quoi , en cette année , après de fortes et fréquente* sollicitations, au lieu de ce duché, on lui acrorda le comté de Vennaudoi* , avec les pays et bailliages de Sentis et Vitry, bien qu’il fût couuu que ce comté et les autres pays n'étaient pas d'une valeur égale à celle de la Touraine ; mais il lui fut promis qu'elle aurait une addition de pays d'une égaie valeur dans le voisinage , et sur ce , lettres patentes furent accordée* , lesquelle* furent confirmées è* cour de parlement, chambre des comptes , cour des aides et autres endroits requis; sur quoi elle entra en possession de ce comté, etc. Ensuite , par une évaluation des commissaires de la chambre des comptes , il fut trouvé que le reveuu de ce comté, etc., était à 3ÜOO livre* près de celui de Touraine. Mais, au lieu de pourvoir à cette inégalité suivant la justice, quelques-uns du conseil privé, savoir, M. de Chevcniy, les président de Bellievre, Nicolaï et Saint- Bonnet , au nom du roi , nonobstant la perte susdite que faisait la reine , vendirent et aliénèrent le pays de Seulis et le duché d‘ Estampe* à madame de Montpcnsier, de quoi le roi reçut de l’argent : de laquelle vente les conseillers susdits s'obligèrent eux-mémes à être garant, ce qui a empêché que justice ne fût faite à la susdite reine. Partant, madame de Montpensier a été mise eu possession desdit* pays de Sentis à l’encontre de toutes déclarations, protestations et assurances du roi de France aux ambassadeurs de la reine Marie : tellement que la reine d'Écosse a été , à l'encontre de toute équité , dépossédée de sou douaire, sans aucun égard à sa qualité.
N° XLII
Lettre du lord de Lochu.vin au régent Mon roc*.
Votre grâce aura pour agréable d'apprendre que j’ai reçu sa lettre , et que j’y ai fait réflexion, ta ministre de tainsey était ici chez moi avaut la réception d’icellr, envoyé par milord de Mar et son fils, touchant ina dernière lettre, qui était la réponse à l'écrit que le fil* m'avait envoyé , et que j’envoie à votre grâce, par lequel il me demande d’aller à Stirling conférer avec eux. Avant la réception de votre lettre j'avais donné ma réponse, que j'étais obligé daller audit Saint-André, chez quel que* amis fidèles, que je ne pouvais pas négliger. J’ai appris par mondil cousin, que sa majesté le roi doit écrire à plusieurs de la noblesse d'y venir , pour être au procès de votre seigneurie , et qu’il a écrit avant son départ à milord Moulrosc. J’apprends aussi qu’il doit écrire à votre grâce pour le même effet , ce dont j’ai jugé â propos de préveuir voire grâce ; priant votre grâce, pour l’amour de Dieu le Tout-Puissant, d’examiner ce qui est de meilleur, et de ne pas s'endormir dans la sécurité, mais de se tourner vers Dieu avec un cœur sincère, et de cuusidérer, que lorsque sa majesté le roi était dans sa plus tendre jeunesse, Dieu l’a fait servir d’instrument pour dépouiller sa mère de son autorité, elle qui était la souveraine naturelle, â l’offense de sa majesté divine, pendant qu’il n’y avait alors aucun vice en ladite reine, et qu'il y en avait en vous une si grande abondance, excepté que votre grâce n’a pas voulu cojpentir à la destruction de votre femme. Car pour ce qui est du put’"- cl de l'ambition, je pense que votre grâce a beaucoup offensé Dieu , et encore bien plus en avarice ; vires que Dieu ne laisse point impunis, & moins d'une prompte repentance, que je prie le Seigneur d'accorder à votre grâce : car autrement votre grâce ne pourra avoir l’amour ni de Dieu ni des hommes. Je prie votre grâce de ne se point flatter soi -même; car si votre grâce croit qu’elle a la bienveillance de ceux qui sont attachés au roi, vous vous trompez vous- même : car assurément je vois très bien que vos propres amis particuliers ne sont points contens, encore bien -moins les autres, et cela principalement â cause de vos durs procédé*. Je prie votre grâce de ne pas me regarder comme un homme grossier et incivil , car certainement ceci ne procède point de haine et d'animosité, mais d’une véritable affection de mon cœur envers votre grâce; affection qui s’est toujours soutenue depuis que nous nous connaissons : et je vois maintenant qu'il s'agit de la manière dont votre grâce se conduira avec le roi ; car certainement si votre grâce succombe actuellement avec lui . je ne vois |>as où , dans la suite, vous pourriez vgu* reprendre. Je prie votre grâce d'adresser se* prières â Dieu, de s'attacher â ce qu’il y a de meilleur, et d'éloigue* de votre grâce ses deux vices favoris, savoir, l'ambition et l'avarice. Je vais ih'acbetniuer aujourd'hui à Saint- André, et j’espère eu être de retour mercredi au plus tard. Si votre grâce veut me douiier ses ordre* pour aucuns offices qui soient honnêtes, et que je puisse faire quelque plaisir â votre grâce à Stirling, étant avisé des iuleutions de votre grâce , j agirai selon mes pouvoir et connaissance, et ce avec mes affectueuses, etc.» etc.
A notre féal cousin le lord LocausviN.
Féal cousin, après nos plus affectueuse* recommandalioos, rtous avons reçu voire lettre du 3 de mars, et comme nous avons pris eo bonne part votre franchise en icelle, comme provenant d’un ami et parent, de la tendre affect ion duquel envers nous nous n’avous jamais douté, aussi ne devez- vous pas trouver étrange que nous nous lavions nous-mêmes de votre accusation, d’autant qu’en conscience nous ne nous trouvons point en ce coupable. Quant à nos offenses envers Dieu , nous ne prétendons point les excuser, mais nous soumettre A sa miséricorde. Pour ce qui est de l’ambition, nous ne croyons point assurément que qui que ce soit puisse , avec justice, nous en accuser; car quant à l’état particulier de notre fortune, nous devons et pouvons vivre aussi contens qu'aucun de notre classe en Écosse, sans aspirer à rien de plus. Quant au soutien de la charge du gouvernement de ce royaume , nous y avons dans le vrai été destinés, ainsi que tout autre qui aurait occupé cette place, non -seulement par rapport à nous-mêmes, mais pour le bien du royaume de sa majesté, que nous soppléons, et ne sortant point en cela des bornes conveoables , ainsi que nous sommes assurés qu'on ne trouvera point que nous l’ayons fait ; cela ne doit point nous être reproché comme ambition aucune de notre part : car aussitôt que sa majesté, elle-même, sc croira prêle et disposée A prendre en main son propre gouvernement , personne ne sera plus porté que moi à y consentir, et à en avancer le moment, puisque je ne veux jandns me trouver en contradiction avec lui , dont l'bonneur, la sûreté et la conservation m’ont toujours été si chères; et je ne croirai jamais que je puisse éprouver de sa part autre chose que faveur et bienveillance, quand même tous les ennemis que j’ai sur la terre seraient autour de lui pour lui persuader le contraire. Comme nous vous l'avons déjA mandé, nos procédés d’amitié et de confiance en la maison de Mar ne sont pas payés de reconnaissance : et nous sommes persuadés que vous vous en apercevez. Mai* attendu que les ambassadeurs d’Angleterre, milord d’Angus, le chancelier, le trésorier et quelques nobles, iront aujourd'hui à cheval vers la partie occidentale, pour voir le roi , nous vous prions de tout notre cœur de vous arranger pour y être le plus lût que vous pourrez; et suivant que vous verrez la disposition de toutes choses, tenez-nous en avertis, avec votre propre conseil, par Alexandre Hay, que nous avons jugé A propos d’envoyer ce soir vers la partie occidentale, voyant que inllord d’Angus part de Stirling pour aller à Douglas, et ainsi nous nous remettons à la protection de Dieu.
A Holyroodhouse, le 4 de mars 1577.
Pour ce qui est de l’avarice dont on nous accuse , il est vrai qu’il n’est pas en nous de faire trafic des biens du roi , de manière à satisfaire tous les demandeurs, et jamais aucun souverain et prince de naissance n’empêchera aucun officier d'éviter les dédains de ceux qui se croient juges de leur propre récompense. En plusieurs occasion* , je ne doute point que je ne trouve l’assistance de ines amis; mais lorsque mes actions paraîtront déshonnêtes, je ne veux point implorer leur assistance, mais je veux qu’on me laisse porter ma propre charge.
Copie des fcnsinirtinn* du roi de France données au seigneur de La Motte K&kelon , allant eu Écosse ; i r adultes du français.
Premièrement : il Fera, de la part de leurs majestés très chrétiennes , la plus honorable salutation cl visite qu'il sera en lui possible, au séréuissime roi d' Ecosse, leur bon frère et petit-fils.
Il lui remettra leurs lettres ci-encloses , touies telles qu’ils tes ont écrites audit roi d'Ecosse de leurs mains, et il lui fera connaître expressément la parfaite amitié et singulière affection que leurs majestés lui porteut, et U en rapportera la réponse.
Il prendra garde aux choses qui tiennent de plus près le séréuissime roi , à l’effet que la personne dudit roi ne soit en aucun danger, mais qu’elle en puisse être le plus sûrement préservée ; et que ledit roi ne soit point privé de l'honnête liberté qu’il doit avoir, et qu'il n’y ait point autour de lui de garde plus forte ou plus étroite qu’elle ne l’était ci-devant ;
El pareillement que ledit roi ne soit point restreint en l'autorité que Dieu lui a donnée , de roi et prince souve rain sur scs sujets, afin qu’il puisse ordonner et commander en ses affaires et dans tes affaires de son pays, avec, son conseil ordinaire, aussi librement qu’il avait accoutumé de le faire ci-devant ;
Qtie la noblesse , les barons et communes de son pays, puissent avoir leur pleine liberté de recourir A sa sérénissime majesté , sans crainte de garde plus forte ou de plus grand nombre de gens armé* à l’entour de sa personne qu’il n'était usilé , afin qu’ils ne soient point troublés ni traversés en leur recours à sadite majesté ; et eu outre ledit seigneur de La Motte Fénelon fera de vives représentations et parlera fiancbemcnt audit séréuissime roi et A son conseil, requérant le rétablissement de ce qui serait ou pourrait avoir été changé ou altéré :
Afin que ledit seigneur de Fénelon puisse savoir si les principaux de la noblesse et autres hommes de bonne conduite , des villes et communautés du pays s’accordent avec ledit sérénissime roi, et sont content* du gouvernement actuel, & celte fin que, s’ils avaient aucun mécontentement, ledit seigneur de Fénelon puisse travailler A les réconcilier, et qu’il ne revienue poiut sans avoir certitude de ce fait.
El s’il apprend qu’il y en ait aucuns qui ne se soient pas comportes envers ledit sérénissime roi, leur souverain seigneur, aussi respectueusement que le requiert le devoir de leur obéissance, il pourra prier, de la part de sa majesté très chrétienne, ledit sérénissHne roi, son bon frère, en lui donnant couseil d’uubiier entièrement ces choses et en exhortant iceux A remplir, A l’avenir, leur devoir* envers sa majesté , A tous égards , en l'obéissance et véritable sujétion qu’ils lui doivent.
Et si ledit seigneur de La Motte apercevait que ledit sérénissime roi soit eu façon quelconque plus contraint en ses personne , autorité, liberté et disposition de ses affaires, qu’il n’avait accoutumé de l’être, et qu’il ne convient A sa royale dignité ou qu’il n’appartient A la souveraineté d’un prince , ledit seigneur de La Moue usera de tous les moyens légitimes et honnête* pour établir le roi d’Écosse en son autorité, el il emploiera tout le crédit
que » majeité très chrétienne peut avoir sur la noblesse et les sujets de ce pays, et tout ce que peut sou nom avec le nom de sa couronne sur la nation écossaise, laquelle il aime, et eu laquelle il a confiance , tout ainsi que si les Écossais étaient proprement Français.
Et il témoignera audit sérénissime roi , et , de son consentement, à ses états et à tous les nobles et principaux personnages du pays, que sa majesté très chrétienne veut, de sa part, persévérer en la très ancienne et alliance et confédération qu’elle a eue avec ledit séréuissime roi son bon frère, priant sa noblesse et son pays, ainsi que ses principaux sujets, d’y persévérer avec lui en toute bonne intelligence et amitié : ce que sadite majesté très chrétienne fera de son côté, en observant ladite alliance in valablement.
En outre , sa majesté très chrétienne sachant que le sérénissime roi sou bon frère est content du duc de Leunox et de ses services, ledit seigneur de La Motte est chargé de prier sa sérénissime majesté que le duc puisse conserver la bienveillance et satisfaction de sadite majesté A son égard, croyant que ledit duc en serait d’autant plus disposé à entretenir entre leurs majestés et leurs pays les points d’amitié et confédération, attendu qu’il était uu bon sujet à eux deux : et si ledit duc ne peut pas rester eu Écosse sans quelque altération de la tranquillité de son état, et qu’il puisse eu sûreté se retirer eu sa propre maison dans ledit pays; ou s’il veut se retirer en France, qu’il !e puisse sûrement et s’il plaît à sa séré-
nissime majesté de faire cesser et arrêter les eiupêcbemeus de nouveau suscités sur les frontières, afin que les Français naturels puissent entrer dans le pays aussi librement qu’ils le faisaient ci-devant.
Et qu’il n’y ait point en ce pays de projets de diffamation ni de discours qui ne soit honorable envers sa majesté très chrétienne, mais qu’il en soit parlé très honorablement , ainsi qu'on parle en France du sérénisûiue roi d'Écotte.
[« seigneur de ta Motte Fénelon aura un autre chef à proposer, lequel il tiendra secret jusque peu de temps avant son départ : savoir, que la reine, mère du roi, est consentante de recevoir son fils en association du royaume.
N° XLI V
Le lord IIosdake au chevalier François Wauwngiam.
IV Brrwitk, 1 S août DU.
Monsieur,
Conséquemment â mes précédentes lettres, touchant ma conférence avec le comte d’Arran, mercredi dernier, sont venus vers moi, de la part du comte , I© clerc de justice et le chevalier Guillaume Stuart, capitaine de Dumbarlon, l’un et l’autre du conseil privé du roi , pour régler avec moi l’ordre de notre conférence, s’en rapportant du tout à moi de marquer l’heure et le nombre de ceux que nous devons rassembler avec nous. F.n conséquence, nous avons arrêté, que le lieu serait Foulden, que l'heure serait dix heures, et que le nombre de ceux qui seraient avec nous serait de treize de chaque côté ; et que le reste de nos troupes sc tiendrait chacun à un mille de la ville, les uus d'un côté, les autres d'un autre côté ; en sorte que nos troupes seraient à deux milles les unes des autres. Je n'avais pas beaucoup de cavalerie, mais j’y
suppléai avec de l'infanterie , parmi laquelle j’avais cent arquebusiers à cheval; mais ils étaient environ cinq cents chevaux bien ordonnés. Suivant le rendez vous donné . nous nous rencontrâmes hier, et après quelques compliment, le comte se répandit en protestations de sa bonne volonté et disposition à servir sa majesté la reine plus qu’aucun autre prince dans le monde, à l’exception néanmoins de son souverain , ainsi qu’il l'avait dit précédemment dans ses lettres, et encore plus; et cela avec des serment si forts, qu’à moins qu’il ne fût pire qu’un diable, sa majesté peut, suivant son bon plaisir, disposer de lui entièrement. Cela fini, j’entrai avec lui en conversation sur l’affaire que j’avais à traiter avec lui; et autant qu’il me fut possible je ne manquai pas, suivant mes instructions, de lui répéter ce que j’avais à la charge du roi ou à la sienne , par rapport à aucun mauvais procédé euvers sa majesté la reine ; sur quoi il me répondit alors sur-le-champ, ainsi que vous pourrez le voir par lesdiles réponses que je vous envoie. Mais moi lui ayant sur ce répliqué, il chargea ce qu'il avait déjà dit de plusieurs autres circonstances relatives au même but. Alors je raisonnai avec lui au sujet de la satisfaction due à sa majesté pour la découverte de trames qui avaient été dernière ment ourdies pour troubler sa majesté et son royaume : sur quoi il me tint divers propos sur les mariages qui avaient été offerts par divers princes à sa majesté le roi d’Écosse, et par quels moyens, lui conue, avait cherché à en détourner le roi, et pour quelles raisons. L’une, parce que, par le mariage avec la France ou l’Espagne, le roi devrait aussi changer de religion ; et que comme il était bien assuré que le roi ne le voudrait jamais faire, il ne souffrirait pas non plus que le roi écoutât ces propositions tant qu'il aurait quelque crédit auprès de lui. Il ne nie pas qu'on n’ait cherché à engager le roi en quelques pratiques formées contre sa majesté la reine, ce que le roi avait tellement rejeté et fait refus d’y entrer, qu’ils ont cessé de le solliciter sur cela : mais il dit, que de tout ce que le roi ou lui connaîtraient sur cela , rien n’en serait caché à sa majesté la reine, aiusi que sadite majesté aurait bientôt lieu de le connaître.
Il est certain qu’il parait, par les discours du comte, que si le roi s'était rendu à ces sollicitations, il y aurait eu plus que jamais eu Écosse une troupe nombreuse de
Français pour inquiéter sa majesté la reine Cela fini,
je traitai avec lui pour le délai de ce parlement , qui était sur le point de s'assembler; ou du motus, pour qu’il n’y fût rien fait au préjudice des nobles et autres Écossais qui sont actuellement en Angleterre, quant â la forfaiture de leurs vies et biens. Sur quoi , il me fit un long discours; premièrement des négociations du comte d'Angus avec le comte de Morton , ensuite de l'évasion du comte d'Angus, malgré toutes les offres gracieuses que le roi lui avait faites ; puis de la conjuration de Huthven ; comment, ayaut actuellement sa majesté le roi entre leurs mains, ils l’avaient lui-même emprisonné, ils avaient traité avec le roi pour chasser le duc hors du royaume ; et le roi refusant de le faire, ils lui avaient dit nettement que, s'il ne le voulait pas, il aurait la tête du comte d’Arran dans un plat. Le roi ayant demandé quelle offense le comte avait faite, ils répondirent que cela devait être ainsi, et que cela serait ainsi : sur quoi, pour mettre en sûretc la vie d'Arran , le roi consentit de renvoyer le duc, et cependant Arrau fut , dans ta suite, en différentes
fois en danger de la vie. Je lui alléguai la lettre du roi à sa majesté la reine , et les actes du roi dans le conseil, portant que les conjurés n’avaient rien fait que pour sou service, et sous son l>on plaisir et contentement. Sur quoi il me répondit que le mi n’avait pas osé faire autrement , et qu'il ne pouvait faire aucune chose que ce qui leur plaisait; et il m’ajouta plusieurs autres procédés des conjurés envers le roi, lesquels seraient trop longs à écrire, et trop méchaus s’ils étaient vrais. Je lui dis que le roi aurait dû Paire savoir secrètement ses intentions à l’ambassadeur de sa majesté la reine, et que sa majesté l'aurait secouru. Il me répondit, que le roi n’ignorait pas que cette manière de se saisir de sa personne provenait des menées de M. Bow, et que, par cette raison, il n'aralt lias osé s’ouvrir à loi jusqu'à ce point là ; que néanmoins le roi était satisfait, et qu’il avait accordé le pardon  tous ceux qui voudraient reconnaître leurs fautes, et demander ce pardon; et quant à ceux qui ne le voudraient point, qu’il avait jugé à propos de les bannir, pour éprouver leur fidélité pour la suite; et que, cependant , ils avaient conspiré pour se saisir une seconde fois de la personne du roi, et pour tuer le comte et les autres; et qu’ils avaient séduit les ministres, et qu’ils les avaient entraînés dans leur faction; et que n’étant point encore satisfaits de ces conspirations et procédés de traîtres '"c’est ainsi qu’il les appelait) , ils avaient formé une troisième conspiration, étant en Angleterre, sous la protection de sa majesté la reine, pour déshonorer sa dite majesté autant qu’il était en eux de le faire, ou du moins, pour faire concevoir au roi quelque Indisposition contre sa majesté la reine, de ce qu'elle leur avait donné un asile. Je vous ai mandé ce que c'élait que cette conspiration : le projet de se saisir de la personne du roi, de tuer le comte d'Arran et quelques autres ; de s’emparer du château d’Edimbourg , et de mener les comtes chez eux , pour v être chargés de la personne du roi : toutes lesquelles choses, me dit-il, ont été avouées par I>ruininond, et faiblement niées par le prévôt de Glencudden : et sur ce le gouverneur du château prit la fuite. Le comte amena Drummond avec lui jusqu’à Langton , où ils couchèrent, et où Drummond déclara devant moi la conspiration. Mais Drummond ayant par malheur reçu un coup de pied de cheval à la jambe, le comte ne put pas le mener plus loin. Je lui répliquai, que je pensais très sincèrement qu’ils n’avaient point eu la volonté de faire aucune de ccs choses , par rapport à sa majesté la reine , qui leur avait donné retraite en son royaume; et que si de telles menées avaient existé, elles étaient provenue* d'autres personnes, et que ceux-ci n’en avaient point eu connaissance ; et que si cela n’était pas évidemment prouvé contre eux , qu’il y avait lieu de croire que c’était quelque pratique forgée pour aggraver leur faute, et pour les rendre plus odieux au roi. Il me répondit, que cela serait suffisamment prouvé, et tellement qu'ils ne pourraient pas, avec vérité, le nier; puisque par leurs propre# seings, on pouvait montrer qu'ils avaient participé â une partie du complot ; et il conclut , en conséquence , que si *a majesté la reine voulait ainsi actuellement presser le roi en leur faveur, il voudrait plutôt empêcher cette marque de sa bienveillance et ne la point favoriser; et que puisque ces gens-lâ en voulaient principalement â sa vie, il ne pouvait, par aucun motif, chercher 5 leur faire aucun bien : et en outre, il m'assura que quand il le vou-
drait faire il ne Poserait pas, attendu la manière dont cette dernière chose s’était passée. El sûrement, si la chose ne s’était pas passée ainsi , je n'aurais point douté du rétablissement du comte de Mar, dans très peu de temps, si sa majesté avait voulu m'employer dans celte affaire. Mais quant au comte d’Angus, je m’aperçois que le roi est persuadé que ce comte et tous les autres Douglas ont conçu une haine si envenimée contre lui et le comte d’Arran , à l’occasion de la mort de Morton , que s’ils étaient de retour chez eux , dès le lendemain ils ne cesseraient de tramer et conspirer la mort d’eux deux : et ainsi c'est un point très difficile que de faire aucune chose pour lui. Enfin, il conclut par me dire d’assurer, de la part du roi, sa majesté la retue, qu’il n’y aurait ici rien de caché pour elle, et qu’on n’omettrait rien de ce qui pourrait raisonnablement satisfaire la reine, et que le roi ne rerail aucune chose, et ne consentirait qu’aucune chose fût faite à son préjudice, aussi long-temps que lui, comte d’Arran, aurait quelque crédit sur l’esprit de sa majesté ou quelque autorité sous ses ordres. Le comte, après s’étre avancé jusqu’à ce point, désira de me montrer sa commission , qui est scellée du grand sceau , pour lui seul , et qui est aussi ample qu’elle peut l'étre : il a néanmoins quelques adjoints du conseil privé, mais aucun d’eux n’est en commission; et aucun, pendant tout ce temps-ci , n’a été avec, ni auprès nous. Après avoir employé environ cinq heures i ces choses, il me présenta le maître de Gray, lequel me remit une lettre du roi, pour me le recommander, et par laquelle je vois que l'intention du roi est de l'envoyer vers sa majesté la reine : et en cooséqueuce , il demande un sauf-conduit pour son (tassage. Je vous prie de le faire expédier le plus tôt qu’il von» sera possible. Je lui parlai de la négociation du lord Seaton auprès du roi de France- Il me jura que Seatou était un fripon, et que c’était en partie contre sa volonté, à lui comte d'Arran , qu'il avait été envoyé là : mais que sa commission et ses instructions étant de peu d'importance, il n’avait pas insisté davantage sur cela; et que si Seaton avait outre-passé ses instructions, que lui d’Arran avait dressées lui-même, il en ferait repentir ledit Seaton. Par rapport à Guillaume ISewgateet Marc Golgan , il me protesta qu’il n’avait jamais entendu parler de ces gens-lâ. Il me dit qu'il y avait eu un pauvre petit homme, portant une barbe noire , qui était venu ici en deinaudaut l’aumône, et qui, disait-il, éteit ennemi de Desmont; qu’il avait donné un écu à cet homme , et que depuis il n’en avait plus entendu parler : et quant aux Ecossais allant en Irlande, il me dit qu’il n’eo était pas question ; et que s’il y en avait , ce ne pouvait être que quelques coquins qu’il ne connaissait point du tout. Quant à l’arrivée de quelques jésuites en Écosse, il me dit que c’était un propos calomnieux des ennemis du roi , et de ceux qui voulaient faire croire au monde que le roi était sur le point de changer de religion , pendant que le monde verrait bien que ce prince y persévérerait aussi constamment qu'aucun des princes qui en ont fait profession le plus ouvertement : et le comte lui-inéme me protesta qu’il ne croyait pas de sa vie avoir vu un jésuite; et il m'assura que . s’il y en avait quelqu’un en Ecosse , ils ne feraient pas autant de mal eu Écosse que leurs ministres en feraient s’ils prêchaient la même doctrine que ces derniers prêchent en Ecosse. Et par rapport â un nommé Ballanden, duquel je vous ai écrit que j’avais entendu
parler par M. Col vil, le comte soutient constamment qu'il ne le connaît point, et qu'il n’a jamais entendu parler d’on tel liorame. mais qu'il s’en informerait au clerc de justice, et qu’il m’instruirait de ce qu’il pourrait apprendre à ce sujet. Je vous ai fait, aussi brièvement qu'il m’a été possible, k récit de tant de matières sur lesquelles j’ai si longuement discouru : mais ce sont là les points principaux de toute notre conversation, autant que je puis me les rappeler; et maintenant je vous recommande au Tout-Puissant.
A Berwick, ce 14 août 1584.
Le roi a eu beaucoup d’envie que mon fils Robert Carrie vienne chez lui. Je vous prie de savoir sur cela le bon plaisir de sa majesté la reine.
Ittpoiyo* du rom te d'Aniu* aux griefs ou articles proposés
pjr k- lord Ht \sn*>e , présentée» sous une autre forme.
Quant à la persécution rigide et sévère de tous ceux qui on été notés pour être affectionnés à sa majesté la reine d’Angleterre , il ne parait pas qu'ils aieot été, pour celte raison, ou punis ou traités rigoureusement, puisque sa majesté le roi d'Écosse a été, depuis peu, soigneux et empressé de choisir de bons instrumens pour traiter entre sa majesté la reine et lui, ainsi que sa majesté le roi l'a bit en nommant votre seigneurie et moi ; sans compter que dans toutes les accusations intentées contre eux , leur bonne volonté et affection envers sa majesté la reine d'Angleterre n’ont dans aucun temps été imputées à leur charge . mais bien des actions capitales et trahisons en plusieurs manières , actuellement jugées par tous les trois états, et de plus, manifestées à .tout l'univers.
Quant 1 la proclamation publique par laquelle sa majesté le roi d 'Écosse défend à tous ceux qui ont été bannis de te réfugier en Angleterre, les bruits et propos qui sont parvenus aux oreilles de sa majesté de leurs conspirations et trahisons, qui depuis ont été exécutées autant qu'il a été en leur pouvoir, ont engagé sa majesté A leur défendre de se réfugier en aucune place aussi voisine du royaume de sa majesté de peur qu'ils n'attentassent les choses qu'ils pourraient entreprendre, étant même plus loin et en des endroits plus reculés, tant par mer que par terre.
Quant A la réception des jésuites et autres fugitifs de* étau de sa majesté la reine d'Angleterre, et de ce qu on ne les a point rendu* , suivant la promesse du roi , ainsi que cela est allégué par votre seigneurie, sa majesté serait bien plus contente, si , par les soins de votre sei gneurie , les fugitifs de l’un et l’autre royaume n'étaient reçus dans aucun des deux ; et alors si cela arrivait, ce ne serait pas de la part de sa majesté le roi d'Écosse, bien qu’en effet dans le temps passé sa majesté ait été forcée, contre son bon naturel, de recevoir les petiu rebelles et fugitifs de sa majesté la reine d'Angleterre, puisque cette reine avait reçu tous les plus grand» rebelle* et traîtres 1 qu’il y ait jamais eu contre le roi d'Écosse, et qui étaient du propice sang de sa majesté le roi. Pour ce qui est du concert avec la mère de sa majesté le roi , au sujet de son association , Ife roi m'a ordonné , en présence du domestique de votre seigneurie, d'assurer sa majesté la reine d'Angleterre et votre seigneurie, au nom de sa majesté U.
le roi, que cela est absolument taux et mensonger, et qne pareille chose n’a encore jamais été taiir.
Sa majesté le roi m'a aussi commandé d'assurer votre seigneurie qu'il est pareillement faux et non véritable que sa majesté ail, par aucune voie directe ou indirecte , envoyé aucun message au pape . ni qu'elle en ait reçu aucun de lui ; ni que sa majesté ait traité avec l’Espagne ou autres étrangers, pour mal faire à sa majesté la reine d’Angleterre ou à son royaume ; ce que sa majesté le roi d Écosse n’aurait pu faire en honneur, cette bonne intelligence étant établie , ainsi que j'espère que cela arrivera.
Pour ce qui est du mépris fait des ministres de sa majesté la reine d'Angleterre envoyé* ver* sa majesté le roi d'Écosse, le roi ne les a jamais traités ainsi ; et si sa majesté l’a fait, il y avait été suffisamment donné lieu par eux , ainsi qu'il est prouvé par quelques-uns de leurs écrits, et ainsi que je l’ai plus particulièrement montré à votre seigneurie à Fouldcn , à notre dernière entrevue.
N° XLI
lettre de U reine Marie 4 la reine Elisabeth «.
Madame ma bonne sœur,
M'asseuranl que vous avez eu communication d'une lettre de Gray , que rostre homme Semer nie livra hier soubz le nom de mon filz , y recognoissant quasi de mot A mol le* mesmes raisons que ledit Gray m’escrivit en chiffre, estant dernièrement près de vous, desmonirani la suffisance et bonne intention du personage; je vous prieray seulement, suivant ce que si-devant je vous ay tant instantement importuné , que vous me permettiez d’esclaircir librement et ouvertement ce point de l’association d'entre moy et mon filz, et me deslier les mains pour procéder avec lui comme je jugeray estre requis pour son l»en et le mien. Et j'entreprendz, quoyque l’on vous die et puisse en rapporter, de faire mentir ce petit brouillon, qui , persuadé par aucuns de vos ministres, a entrepris cette séparation entre moy et mon enfaut Et pour y commencer, je vous supplie m’octroyer que je puisse t parler à ce justice clerk , qui vous a esté nouvellement . envoyé pour mander par lui à mon filz mon intention sur cela , ce que je me promès que ne me refuserez , quant ce ne serait que pour démontrer en effect ia bonne intention que vous m’avez asseurée avoir A l’accord et entretien de naturel devoir entre la mère et l'enfant, qui dit en bonne* terme* estre etnpesehé pour vous, me tenant captive en un désert , ce que ne pourrez mieux desmentir et faire paraître rostre bon désir A nostre union , que me donnant les moyens d’y procéder, et non m’en retenir et empescher comme aucuns de vos ministres prétendent, afin de laisser toujours lieu A leur* mauvais et sinistres pratiques entre nous. La lettre porte qne l’association n’est pas passée. Aussi ne Iny ai-je jamais dit , bien que mon filz avoit accepté et qne nous en avions convenu ensemble , comme l’acte signé de sa main ; et ces lettres, tant à moy que en France , en fout for, ayant donné ce niesme témoignage de sa bouche propre A plusieurs ambassadeurs et personnes de crédit ,
• Cette lettre est ainsi en français dans le texte : le titre mil
s'excusant de ne l'oser faire publier, par crainte de vous seulement , demandant forces pour vous résister d'avant de se déclarer si ouvertement , estant journellement persuadé au conlraire par vos miuistrcs , qui luy prometoyent avec une entreire à Yorck, le faire déclarer vostre héritier. Au surplus, madame, quand mon enfant seroil si malheureux que de s’opiniasireren cette extrême impiété et ingratitude vers moy , je ne puis penser que vous, non plus qu'aucun autre prince de la chrétienté , le voulisxiez en cela applaudir ou meinlenir pour luy fayre acquérir ma malédiction, ain* que plutos introviendrez * pour luy fayre recognollie la raison trop juste et évidante devant Dieu et les hommes. Hélas et encorcs ne luy voulote-je en osier , maya donner avec droit ce qu’il tient par usurpation. Je me suis du tout commise à vous, et fidèlement fait» si il vous plest que je ne eu soie pis qu’auparavant , et que la faulseté des uns ne prévale desvant la vérité vers vous, pour bien recevant mal , et b plus grande affliction qui me sçaurroit arriver, h sçavoir la perte de mon fils. Je vous supplie de iue mander , en cas qu’il persiste en cette mesconnoissance de son devoir , que de luy ou de moy U vous plaist ad vouer pour légitime roy ou royne d’Êcosse; et si vous avés agréable de poursuivre avec moy à part le traité commencé entre nous , de quoy je vous requiers sans plus attendre de response de ce mal gouverné enfant, vous en requerrant avec autant d'affection que je sens mon cœur oppressé d’enuuy. Pour Dieu , souvenezvous de b promesse que m’avez faite de ine prendre en vostre protection , me rapportant du tout A vous, et sur ce, priant Dieu qu'il vous veuille préserver de touts vos cnnemys et dissimulez arnys, comme je le désire de me consoler et de venger de ceulz qui pourchassent un tel malheur entre la mère et l'enfant. Je cesseray de vous troubler, mais non ù m’ennuier , que je oc reçoive quelque consolation de vous et de Dieu : encore un coup, je le supplie de vous garder de tout péril.
Fulübery, xij mars.
Vostre fidèlement vouée sœur cl obéissante cousine, Majmb , reine.
Pi" XLII.
Testament de b reine Mais*.
N. B. Ce papier a été copié par le révérend M. Crawford , ci devant pro/esseur royal d'histoire ecclésiastique en l'Université d' Edimbourg. Une partie de ce papier est , selon lui , écrit par A avé, secrétaire de Marie , te reste est de ta propre main de ta reine ; ce qui est marqué avec des guillemets est de la main de la reine.
Considérant par ma condition présente, l’état de b vie oumaine, si incertaine que personne ne s’en peust ou doibt asseurer, si n non sou b* la grande et infinie miséricorde de Dieu ; et me voulant prévaloir d'icelle contre
1 Ce mot est en italique dans le texte.
Le titre et le N. B. soot en anglais ainsi que les mots en italique , qui rendent compte des lacunes : le reste de cct écrit est eu français.
tous les dangers et accidens qui me pourrolent inopinément survenir en cette captivité , mesmes à cause de grandes et longues maladies où j’ay été détenue jusques à présent; j'ay advisé, tandis que j’ay la commodité, ou raison et jugement , de pourvoir après ma mort la salut de mon aine, enterrement de mon corps, et disposition de mon bien , estât et affaires , par ce présent inon testament et ordonnance de mon dernier volonté , qui s’ensuyt.
Au nom du Pere , du Filz et du benoîte Saint-Esprit. Premièrement , me recongnoiwant indigne pécheresse, avec plus d’offences envers mon Dieu , que de satisfaction par toutes les adversités que j’ay souffert ; dont je la loue sa bonté ; et m’appuyant sur b croix de mon sauveur et rédempteur Jesus-CbriM , je recommcnde mon ame à la benoiste et individue Trinité, et aux prières de 1a glorieuse Vierge Marie, et de tous les anges sainns et sainctes de paradis, espérant, par leurs mérités etjintercession , estre aydée à obtenir de estre faille participante avec eulx de félicité éternelle. Et pour m’y acheminer de cueur plus net et entier, despouillant dès a présent tout ressentiment des injures, calomnies, rébellions, et aultret offenses qui me pourroienl avoir été faictes durant ma vie par mes sujets rebelleset aullres ennemis, j’en remets la vengeance à Dieu , et le supplie leur pardonner , de mesrne affection, que je luy requiers pardon à mes faultes, et à tous ceulx et cellesque je puis avoir offensé de faicu ou de parolles.
Je veulx et ordonne, etc. {Les deux paragraphes suivons contiennent des dispositions au sujet du lieu et des circonstances de son enterrement. 1
Pour ne contrevenir à b gloire, honneur et conservation de l'église catholique, apostolique et romaine, en laquelle je veulx vivre et mourir, si le prince d’£cosse mon filz y puest être réduict , contre b mauvaise nourriture qu’il a prise, i mon très grand regret, en l’héresie de Calvin entre mes rebelles, je le bisse seul et unique héritier de mon royaume d'Escone, de droictque je prétendsjustement en la couronne d’Angleterre et pays qui en dépendent , et généralement de tous et chacun mes meubles et immeubles qui resteront après ma mort, et exécution de ce présent testament.
Sinon , et que mon dit filz continue A vivre dans b dite hérésie : « je cède, transporte, et faicts don de touts el a chacun mes droicts que je prétende et puis prétendre « à la couronne d’Angleterre, et aullres droicts, seigueu- « ries ou royauliucs eu dépendanu , au roy catholique, « ou aultre de sieus qu’il luy plaira , avesques advis et a consentement de sa sainteté ; tant pour le voyr aujoura d’huy le seul seurs appui de la religion catholique, que a pour reconnaissance de gratuites faveurs que moy , et a les iniens recommandez par moi, ont et avons reccu de « luy en ma plus grande nécessité ; et resguard aussi au a droict que luy-mesme peut prétendre 1 ces ditz roa yaulmes et pays. Je le supplie, qu’en récompense il « preign’alliance de la maison de Lorraine , et si il ce. pleut a de celle de Cuise, pour mémoire de la race de laquelle a je suis sortie au costé de ma mère , n’a ayant de celuy a de mon père que mon seul enfant , lequel estant catboa lique j’ay toujours voué pour une de ses filles, si il luy a pbisoit de l'accepter, ou faillant une des» uiepees maii riée comme sa fille.
u Je laysse mon filz à la protection du roy, de prince « et ducs de Lotrayne el de Guise, el du Mayne, aux
a quel* je recomraende et *oo estât en Écosse , et mon « droict en Angleterre, si il est catholique, et qu'elle le a parlie de ceste royne. »
Je faite don au acompte de Lenoxnde compté de Lenox tenu par feu son père, et commande mou filz, comme mon héritier et successeur, d'obéir en cestendroità mon volonté.
Je veulx et ordonne toutes les sommes et deniers, qui se troveront par moys deues, lien mis cause de droict estre faite « à Lohliven «être promptement pavéesetacquittés, et tout tort et griefs réparés par les dite exécuteurs des quelz j’en charge la conscience. Oultre, tic. (Suivent deux ou trois paragraphes concernant des legs particuliers t et ensuite est ajouté : ) Faicl au manoir de
Shefeld en Angleterre, le jour de mil cinq cens
soixaut et dix -sept.
Après une page en blanc suit de la main de ta reine.
a Si mon filz meurt , au comte de Lenox , ou Claude a Hamiitoii, lequel se montrera le plusfidele vers moy,
« et plus constant en religion au jugement de ducs de
« Lorraine et de Guyse, où je le rapport sur ce de ceulx « à qui j'auray donnay la charge de trayter avesque eux a de par inoy et ceulx , à condition de se marrier ou allier a en la dite maison ou par leur advis. »
S'ensuivent environ deux pages de legs particuliers.
a Et le remets ma tante de Lenox au droict qu’elle peut « prétendre à la conté d’Angous, avant l’accord fait par a inoo commandement entre ma dite tante de Lenox et a le comte de Morton . veu qu’il a esté fait et par le feu a roy mon mary et moy , sur la promesse de sa fidelle a assistance , si luy et moy encourions dangier et bea soingd'ayde, ce qu’il rompit, s’entendant secrétemeut a au lés nos ennemis rebelles, qu’atieinploietU contre sa a vie , et pour cest effect pris les armes , et ont porté les « bannières desployées contre nous. Je révoque aussi a toute autre don quo je luy ay fait de conté de Morton « sur promesse de ses bons services à advenir, et entends « que la dite conté soit réunie à la couronne, si elle se « trouve y parteuir ; comme ses trahisons tant eu ta « mort de rooo feu mary , que en mon banissement , et « poursuit de la mienne l’ont mérité. Et défends a mon a filz de se jamays service de luy pour le hayne qu’il aye « à ses parents, laquelle je crains ne s’estende jusque* « à luy , le counoissant du tout affectionné aux ennemis a de mon droite en ce royaume du quel il est peoçou- « naire.
« Je recommande mon oepveu François Stuart 1 mon « filz, et luy commande de tenir près de luy et s’en servir; « et je luy laysse le bien du comte de Boduel , son oncle , « en respect qu'il est de mou sang, mon filleul , et m’a u esté laissé en tutelle par son père.
a Je déclare que mon frère bastard Robert, abbé de n St. Croix, n’a eu que par cirooQveniion Orkcnay, et n que ce ne fut jamays uion intention , comme il appert •* parla révocation que j'ay faite depuis, et été aussi faite « d’avant la aagç de xxv a us, ce que j’aorois délibé- « rer si ils ne m'eussent premier par prison de défayre « aulx estais. Je veulx donc que OrLenay soit réunie à la
« couronne comme une de plus nécessaires pour mon « filz, et sans tnayson ue pourra être bien tenue
« Les filles de Morra ne poroient acressi hériter; ains a revient la conté à la couronne, si il luy pleut lui donner
« sa ou fille en uiarriasge , et il nome l’en sienne
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N° XLIII
Lettre de M. Arcxibald Douglas â la RjUNSdes Écossai».
Votre majesté aura pour agréable d’apprendre que j’ai reçn votre lettre en date du 12 de novembre , et j’ai vu pareillement quelques points du contenu .d’une autre de même date, adressée à M. de Mauvissiêre, ambassadeur de sa majesté très chrétienne ; l’une et l'autre sont bieo dignes d'une princesse telle que vous. Par l’une, votre altesse désire de savoir la véritable cause de mon bannissement, et m’offre toute sorte de protection, si je suis trouvé innocent de ce fait odieux commis en la personne de votre mari, d’heureuse mémoire : par l’autre, ledit ambassadeur est chargé de me déclarer , que si le meurtre de votre mari peut , avec justice , m’être imputé . que vous ne solliciterez point en ma faveur, ni en faveur d’aucune personne qui serait participante de ce fait exécrable; mais que vous chercheriez â en tirer vengeance , lorsque vous auriez quelques moyens de le faire. Les offres de votre majesté, si je suis innocent de ce crime, sont des plus favorables, «votre désir desavoir la vérité de ce fait est des plus justes : et , par conséquent , il est très raisonnable que je réponde sur ce!a avec toute ma simplicité , ma sincérité et ma vérité, afin que votre dignité princière puisse me secourir si mon iunoceuce est suffisamment apparente, et qu’elle procure ma condamnation si je suis coupable en aucune chose , si ce n’est d’avoir connu l'indisposition des esprits de la plus grande parlie de votre noblesse contre votre dit mari, et de ne l'avoir pas révélée, étant assuré que cela lui était suffisamment connu « â tous ceux qui, dans ce royaume , ont quelque jugement, si faible qu'il puisse être. Ce que j'ai aussi été obligé de savoir, comme étant celui qui était spécialement employé entre le comte de Morton et un graud nombre de vos nobles , afin qu'ils pussent, en toute humilité, intercéder auprès de votre majesté pour le reconfort dudit comte , dans les points qui sont spécia • lemenl contenus en la déclaration suivante , « que je suis forcé , pour ma propre justification , de rappeler dans celte lettre au souvenir de votre majesté, nonobstant que je sois assuré, à mou graud regret, que ce récil pourra blesser forlement votre âme royale. Il plaira à votre majesté de se rappeler qu’en l'année du Seigneur 1506. ledit comte de Morton avec divers autres nobles et gentilshommes, furent déclarés rebelles envers votre majesté, etbauutsde votre royaume pour le meurtre insolemment commis en la propre chambre de votre majesté ; ce qu'ils alléguaient avoir été fait par le commandement de votre mari, lequel néanmoins affirmoit qu’il avait été forcé par eux de signer l'ordre donné à cet effet, quoique la vérité de ce fait soit une chose renfermée entre eux. Il ne m’appartient point actuellement d’être curieux. La vérité est que j’étais l'un de ce nombre qui a si grièvement offensé voire majesté, et que j’ai passé en Francs le temps de notre bannissement â la demande des autres, pour prier humblement votre frère le roi 1res
chrétien , d’intercéder pour que no* offenses pussent être pardnntiécs, et que la clémenre de votre majesté s'étendit envers nous , quoique diverse* personne* de réputation peu commune dans ce royaume-là Fussent dans l'opinion que le fait susdit ne méritait point d’être sollicité , et encore moins d'être pardonné. Cependant telle fut l’âme officieuse de sa majesté le roi de France pour la tranquillité de ce royaume, que la négociation de celle affaire fut commise à M. de Mauvissiêre, qui fut alors destiné & aller en Écosse pour faire les complimens de congratulation sur l'heureuse naissance de votre fils, que le Dieu tout-puissant veuille long-temps conserver en heureux état èt perpétuelle félicité. Le travail dudit Mauvissière fut si efficace, et l’âme de votre majesté tellement portée à la miséricorde, que fort peu de temps après il me fut permis de revenir en Écosse pour traiter avec les comtes de Murray, d'Athol , de Bothwell, d’Argile et le secrétaire Lidington, au nom et de la part dudit comte de Morton, des lords Reven, Liudsay, et du reste de* complice*, afin qu’ils pussent faire offre au nom dudit comte, d'aucuns points capables de satisfaire le courroux de votre majesté, et défaire en sorte que votre clémence s’étendit en leur faveur. A mon arrivée vers eux, après que je leur eus déclaré le sujet de mon message , ils déclarèrent aue le mariage entre vous et votre mari avait déjà élé l'occasion de grand* maux dans ce royaume, et que si l'on souffrait que votre mari suivit «es désirs et les passions de ceux qui étaient autour de .lui. celte maniéré d'agir produirait avec le temps de plus mauvais effets : que pour remédier aux inconvéuiens qui pouvaient résulter de cette manière d'agir, ils avaient jugé à propos de se réunir en uue ligue et confédération avec quelques autres nobles, étant déterminés à obéir à votre majesté , comme à leur souverain naturel , et de ne rien faire par commandement quelconque de votre mari : que si ledit comte voulait lui-même entrer en cette ligue et confédération avec eux , ils seraient conlens de requérir humblement et travailler par toutes sortes de voies auprès de votre majesté, pour obtenir son pardon ; mais qu'avant de faire aucun pas en avant , ils désiraient de savoir les inieiit ions dudit comte sur ce poiut. Lorsque je leur eus répondu , qu’à mou départ, ni lui ni ses amis ne pouvaient pas savoir qu'aucune chose pareille leur serait proposée , et que par couséqueut je u'élais point instruit de ce qu'il y avait à répoudre sur ce point, ils me demandèrent de revenir suffisamment instruit sur cet objet à Stirling avant le baptême de votre fils , qu'il plaise à Dieu de conserver. I js. compte de ce message fut par moi fidèlement rendu à Newcastle en Angleterre, où ledit comie demeurait alors, eu présence de ses amis et compagnie; et là tous convinrent de ne plus traiter avec votre mari, et d'entrer tous dans ladite confédération. Avec celte délibération je revins à Stirling , où , à la requête du roi très chrétien et de sa majesté ta reine d'Angleterre, par leurs ambassadeurs pi'èsens, le gracieux pardon de votre majesté fut accordé à eux tous, sous condition toutefois qu’ils resteraient bannis hors du royaume l’espace de deux années et plus, suivant le bon plaisir de votre majesté ; laquelle condition fut dans la suite mitigée à la très humble requête de votre propre noblesse; si bien qu'iminédiatemenl après, ledit comte de Morton revint en Écosse à Qubitliiigaiine, où le comte de Bothwell et le secrétaire Lidiugtou vinrent le trouver.
Comme Dieu doit être mon juge , je ne sus rien alors des discours qu'ils tinrent entre eux en cet endroit ; maïs à leur départ, je fus requis, par ledit comte de Morton, d’accompagner le comte Botbwell elle secrétaire à Éd imbourg , et de revenir avec la réponse qu’ils pourraient obtenir de votre majesté, laquelle réponse, qui me fut donnée par les personnes susdites, ne fut, comme Dieu doit être mou juge, autre chose que ces mot* : a Faites « savoir au comte de Morton que la reine ne veut point « entendre parler de la matière â lui commise.» lorsque je demandai que la réponse fût rendue plus intelligible , le secrétaire Lidinglon me dit que le comte l'cutriidrait suffisamment , quoique peu ou point de personnes mien ■ dissent alors ce qui s’était passé entre eux. Iles! connu de tout le monde , que , comme il y eut des lettres injurieuses écrites entre ledit comte et Lidinglon lorsqu'ils entrèrent en des factioiu différentes , il y eut aussi un livre publié par les ministres, dans lequel ils affirmaient que le comte de Morton leur avait avoué avant «a mort , que le comte Bothwell était venu à Qubittingaime pour proposer de faire mourir le roi mari , à laquelle proposition ledit comte de Morton affirma qu'il ne pouvait point donner de réponse jusqu’au temps où il pourrait savoir les intentions de votre majesté sur cela , cc qu'il n’avait jamais pu savoir. Quant au meurtre abominable, on tait aussi par les dépositions de plusieurs personnes qui furent exécutées à mort pour l'avoir commis, que ce meurtre fut exécuté par ceux et par les ordres de ceux de ta noblesse qui avaient souscrit l’acte d’association â cet effet. Par cette déclaration désagréable de gens dont la plupart vous sont connus à vous-mêmes (et les autres peuvent être découverts par les susdits témoins qui fu reut examinés à la question , et qui sont encore existans en la garde des juges ordinaires eu Écosse), mon innocence, pour ce qui concerne aucun fait , peut apparaître suffisamment à votre majesté. Et quant à mes démarche» précédentes . je ne puis pas être eu ce chargé autrement que par ceux qui accuseraient le vaisseau qui garde le vin, du mal arrivé par l'intempérance de ceux qui en oui fait un usage immodéré. Quant à la cause spéciale de mon bannissement, je crois qu’il est provenu de l’opinion qu’on a conçue que j’étais capable d'accuser ic comte de Morton de toutes les choses qu’ils disent que loi-même a avouées avant «a mort; et je ne voudrai* pa*. au risque de perdre ma réputation, être induit â (aire la moindre partie de pareilles choses. Si tel est le sujet de mes peines, ainsi que je présume que cela est , quelle punition pais-je mériter? Je m’en rapporte à l’excellent jugement de votre majesté, qui sait parfaitement combien le plus simple gentilhomme doit être jaloux de «on reiiom , de sa réputation et de son honneur, et combieu même tout homme doit avoir en horreur le nom de poltron , et à quel poini il aurait été indécent à moi d’acruser le comte de Morton , étant son parent aussi proche , malgré les injustices que j'ai été contraint d'endurer de sa part dans le temps de son gouvernement , et ce pour aucuuc autre cause, si ce n’est pour avoir donné de* marques d’une amitié particulière à des amis particuliers, dans le temps de ces derniers troubles cruels en Écosse. Je serais fâcbé de l'accuser actuellement qu’il est mort , et je serais encore plu* fâcbé , si, pendant «a vie , j'avais, par de tel* procédés, mérité le nom d'ingrat. An reste, pour cc qui me concerne en mon particulier, j’ai
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été. banni de mon pays natal ce» trois dernière* année* et quatre moi*, vivant dam l'angoisse cl la perplexité de l’âme , tou* me* bien* en Éco**e , qui ne *onl pa* médiocre*, *aisi* et confisqué* ; et depuis que j’ai été soulagé de me* peines dernière», A la sollicitation de M. de Mau- Tûwiere, j.ii toujours eu l’attention de connaître le lion plaisir de votre majesté, et d’attendre ce qui plairait A votre majesté de roc commander pour son service. I.e 8 du présent moi» d’avril, voire bon ami le secrétaire Walsingham, me déclara que son altesse jugeait A propos que je pusse me retirer où il me plairait. Je lui déclarai que je ne pouvais en aucune manière fixer sur cela mes désirs , jusqu'à ce que celte proposition me fût faite par votre majesté ; et que je ne savais point où il plairait à votre al tesse de m’envoyer, jusqti’A ce que jeusse reçu de* informations ultérieures de votre part. A celte occasion, et en partie par permission , j’ai osé prendre la liberté d’écrire la présente lettre, par laquelle votre majesté peut comprendre uue partie de mes peines passées et encore présentes. Quant à mes intentions pour l’avenir, je ne nierai jamais que je ne sois pleinement déterminé A employer le reste de mes jours au service de votre majesté et du i oi votre fils , partout où je serai envoyé par votre majesté : et pour que je puisse mieux m’acquitter de ce devoir, s'il plaisait A votre majesté de recommander le jugement de mon innocence , et l’examen de la vérité du précédent récit , au roi votre fils, le requérant que je puisse obtenir pardon pour les offenses qui ont été relatives au service de votre majesté, et communes A tous les hommes de ces derniers temps, et pardonnées A tou», excepté A moi ; je pourrais en être moi-méme le porteur , et être destiné à tous les services quelconques qu’il plairait A votre majesté de me commander. Je supplie très humblement votre majesté de faire sur cela ses réflexion», et de me faire cette grâce de donner ses ordres pour que j’aie occasion de servir votre majesté suivant la pureté de mes intentions. Et sur ce, en attendant la réponse de votre majesté, après avoir baisé votre main en toute humilité , je prends congé.
De Londres.
N° XLIV
Lettre du roi d’Érouei M. AnciifBu.n Doicus. son ambassadeur en Angleterre
Soyez vous-méme plus retenu A ne pas traiter plus long-temps sérieusement pour ma mère , car vous l'avez fait trop long-temps ; et ne croyez pas qu’aucun de vos travaux puisse faire le bien , si la vie lui est enlevée, car alors il ue serait plus question de mes négociations avec ceux qui en seraient les principaux insirumen* ; et , partant, prenez garde A la continuation de ina bienveillance envers vous. ^épargnez ni peines ni soins A cet effet , mais lisez ma lettre écrite A Guillaume Keith , et vous conformez entièrement A ce qui y est contenu ; et quant A cette requête, laissez uioi mûrir les fruits de votre grand crédit là-bas , des maintenant ou jamais. Adieu.
Octobre 1686
N° XLV
lettre du chcralirr Cimiuhf K htm, .-initosodnir en Angleterre , probablement écrite par le ttvtélaire Maitlam».
»! norrnibrr lUlfi.
P3r vos lettres envoyée* par ce porteur, quoique sur des matières désagréables, sa majesté conçoit votre exactitude et fidélité dans vos négociations, comme aussi l’aclivité et la diligence de M. Archibald dont vous faites de si grauds éloges, et que vous recommandez si fortement.
Je désire que le succès réponde A l’opinion de sa majesté,
A vos soins et travaux, et A cette grande diligence de M. Archibald, telle que vous la dépeignez dans vos lettres. Sa majesté a le cœur vivement pénétré de ce procédé rigoureux contre sa mère , comme étant une affaire qui l'intéresse grandement, tant pour l’honneur que par d’autres considérations. Les actions et le maintien de son altesse annoncent manifestement non-seulement combien la nature prévaut , mais aussi combien elle appréhende les suites de ce procès , et le degré d’importance qu’elle lui attribue On doit euvoyer dans peu d’ici uue ainbassade , en laquelle seront employés le comte et deux conseillers ; et de la réponse qu’ils rapporteront dépendra la • continuation ou la dissolution de l’amitié et lionne intelligence entre les princes de celte Ile. Cependant si l’on se porte A de plus grandes extrémités, et si les prières et requêtes de sa majesté sont dédaignées, sou altesse se croira lui-méme déshonoré et méprisé bien au-delA de son attente et de ce qu’il mérite. Vous pourrez apercevoir les dispositions de sa majesté par la lettre qu’il vous écrit que vous communiquerez A M. Archibald , et vous vous conduirez l’un et l’autre en conséquence d’icelle. Je n’ai pas besoin de recommander A vos soins ce qui concerne le service de votre maître, tant pour son bien que pour son honneur. De même que vous vous conduirez vous et votre collègue en cette affaire, aussi, de mou coté , j’aurai soin de faire valoir votre affection envers votre mailfe. Je suis bien aise de ce que j’entends dire de vous, et je doune une entière créance à ce que vous écrivez «le AI. Archibald. Se» arnis qui sont ici font un grand cas de son parfait dévouement pour la reine , ainsi que de son exactitude à remplir ses devoirs envers sa majesté le roi son fi’.s. Au surplus je suis obligé de remettre le reste A la prochaine occasion, ayant A peine le temps de vous griffonner ce peu de ligues, qui peuvent elles-mêmes donner des preuves de ma précipitation , vous souhaitant une heureuse uuue eu votre négociation , je m’en remets A vous.
llotyroodbouse, 27 novembre 1686.
Le peuple et tous les états ici sont tellement touché* des procédés rigoureux contre la reine, que sa majesté et tous ceux qui oui du crédit n’osent paraître dehors, A cause des clameurs qui s’élèvent contre eux, et des imprécations proférées coulre la reine d’Angleterre.
N° XLV I
• A sa majesté le Roi , par M. Akcbibu.d Dorcus.
Voire majesté aura pour agréable de savoir que j’ai reçu , le 5 d'octobre , votre lettre , en date du 28 de sep-
tembre , et ce même jour 5 d'octobre , j'ai envoyé Guillaume Murray ver* votre altesse. Par le* lettre* dont il e*l porteur, et par d'aulre* de différentes dates, votre majesté peut apercevoir qu’avant la réception de sa lettre , je n'avais rien omis, autant que mon travail et me* soins peuvent y atteindre, louchant l'accomplissement des deux points principaux contenus en votredite lettre, ce que. par ce* présentes, je dois vous répéter pour répondre à votredite lettre.
Ouant au premier point, en ce qui concerne l'intercession pour la vie de sa majesté la reine votre mère, j'ai en diverses fois , et à chaque audience , négocié sur cette affaire avec la reine d'Angleterre, principalement pour connaître quelle pouvait être sur ce point sa pleine déterminaiion ; et je n'ai jamais pu l’amener à aucune réponse ultérieure , si ce n’est que ce procédé contre la reine votre mère , par ordre de justice , n’étalt pas moins contre ses intentions d’elle reine d’Angleterre, que contre les intentions de ceux qui aimaient le mieux la reine d'Écosse. Que quant à la vie de la reine d'Écosse, elle, reine d’Angleterre, ne pouvait sur cela donner aucune répouse, jusqu’à ce que la loi eût prononcé si la reine d'Écosse élait innocente ou coupable, ^u’au surplus , elle voulait bien aller jusqu’à m’informer qu’il y avait un nombre d’associés qui la pressaient de permettre que la loi pût procéder coutre la reine d’Ecosse, donnant pour raisons que tant qu’on laisserait la reine d'Écosse négocier en ces affaires , jamais ce royaume ne serait dans le calme , ni sa vie, à elle reine d’Angleterre, ni cet état en assurance ; et enfin qu'il* faisaient cette protestation , que si elle , reine d’Angleterre , ne voulait pas suivre leurs avis en cette affaire, ils resteraient hors de tout blâme, quelque chose qui pût jamais arriver : sur quoi elle leur avait accordé la liberté de procéder, de peur que ceux qui avaient présenté cette requête ne pussent dans la suite la charger elle même de tous les iucouvéuieus qui pourraient eu aviver.
fcl j'ai connu par moi-même la vérité de ce discours ; car tant les papistes que le* protestai» se sont coudui:* ainsi qu'il a plu à la reine d’Angleterre de me le déclarer, mais par des motifs différens : les uns, pour éviter les soupçons qu'aut rement on aurait pu concevoir contre eux ; les autres, par le zele et le soin qu’ils veulent qu'on aperçoive en eux pour la conservation de la vie et de l’état de leur souteiaiue dans ces temps orageux : en considération de quoi j’ai été obligé d’eulrer en quelque négociation avec le* uns et les autres, de quoi j’ai eu soin ü'iuformer sa majesté la reine. Les protestai» , et ceux qui, en d’autres affaires, veulent faire connaître qu’ils ont beaucoup de zele pour le service de sa majesté , ont prié qu'on voulût bien les dispenser de toute action contraire à ce qu’ils ont voué par leurs senneiis à leur souveraine, el à ce qu'ils lui ont demandé par leurs requêtes , et ce, avant mon arrivée en ce pays; que s’ils voulaient actuellement agir différemment , cela ne produirait d’autre effet que de les exposer à être accusés d'inconstance par leur souveraine lorsqu’elle jugerait à propos de le faire , en ce qu ils donneraient des conseils par lesquels ils pourraient courir le daiigerd'êlrc regardés comme de niauvaif conseillers , et par conséquent digues de punition. Ceux des papistes atcc qui je traite allèrent aussitôt redire à sa majesté la reine ce que je leur avais dit , laquelle , bien qu’elle fût déjà ci-devant au fait de l’affaire , m'euvoya
| chercher, et me répéta les propre* discours que j’avais tenus à ces papistes , désirant de inoi que , pour le bien du service de mon maître , je m'abstinsse de traiter avec ces gens-là , attendu qu’ils n’étaient point encore suffisamment porté* à penser de mon maître ainsi qu’elle le faisait. Je demandai permission à sa majesté la reine que je pusse les informer de la conduite que votre majesté avait tenue ci-devant envers elle et l’état de ce royaume : sur quoi , avec quelque difficulté, elle me donna son consentement. A mon dernier départ de la cour , qui élait le 5 du courant, cl le jour d’après que les lords-juré* de cette grande commission eurent pris congé de sa majesté pour aller vers la partie septentrionale à Fothringham , la reine d’Angleterre voulut bien promettre qu’elle aurait une conversation ultérieure sur celle affaire au retour desdits lords, et qu'elle donnerait une réponse positive au conteutement de Totre majesté sur les autres affaires que j’avais proposées au nom de votre majesté. Ouant au second point concernant l'association, et le désir que la promesse faite au maître de Gray an sujet du titre de votre majesté fût exécutée , il parait , par ladite lettre , que le véritable point sur lequel le titre de voire majesté pourrait être révoqué en doute , n’a |>a» été bien aperçu en écrivant ladite lettre , ce qui , je crois, est arrive, faute d'avoir lu l’acte de parlement dans lequel on a accompli loutes le* promesses faites par la reine d’Angleterre audit maître de Gray, el rien ne peut faire actuellement qu’il s'élève aucun doute sur votredit litre , si ce n’est que ces lords qui , maintenant , sont si animés contre sa majesté la reine votre mère , peuvent avoir dans l'idée que votre majesté est ou pourrait être dans la suite consentante de ses procédés ; et quelques-uns de ceux qui sont affectionnés au service de votre majesté sont de celle opinion, qu’une demande trop empressée pourrait donner fondement aux soupçons qui , sur ce , pourraient naître en l’esprit de gens si malintentionnés eu cette affaire , ce qui, à ce que je pense, pourrait être remédie en obtenant eu parlement une déclaration de l'innocence actuelle de votre majesté ; et attendu que le bon naturel et l'honnêteté publique vous obligeraient d'intercéder pour la reine votre mère , cet acte de parlement pourrait , sans qu’il fût besoin d'aucune autre déclaration ultérieure , effarer les soupçons qui pourraient porter les gens les plus maliuteuliotinés à douter de vous. Dans mes pi*emieres lettres, j'ai tre* humblement supplié votre majesté que quelques hommes habiles dans les lois fussent engagés à donner leurs avis sur les termes de l'association , el sur la mitigation contenue eu l’acte de parlement, et surtout d'aviser sur les effets de la requête de votre majesté , et sur les soupçons qu'elle pourrait inspirer dans ce tempsci à ces hommes colériques , cl sur les moyens les plus propre* à calmer leurs âmes et à leur faire euiendre raison ; et que d'apres toutes ces considérations, ils prescrivissent 1rs termes d'uu acte déclaratoire de l'innocence de votre majesté , qui serait obtenu en parlement ; et , faute de ce , qu'ils donnassent les propres termes d'uue protestation à ce même effet, afin qu’elle pût être la plus utile pour le service de votre majesté, cl que cela pût me servir de plus ample instruction. Bien que ceci soit mon véritable sentiment , je serai content de suivre le plan qu’il plaira à votre majesté de me prescrire. J’ai déjà communiqué en substance tout ceci à la reine de ce royaume, qui ne parait pas eu avoir élé offensée, el qui
a accordé la liberté de traiter sur ce avec ceux du parlement à qui il pourrait rester de» doutes dans l'esprit. Ceci étant le résultat de mes procédés en cette affaire, en sus du restant contenu en d’autres lettres de différentes dates , je suis obligé de m'ouvrir sur le tout à votre majesté, et de la prier humblement qu'une pleine information puisse m’étre envoyée sur ce que je dois faire ultérieurement en ceci ; et cependant , jusqu'à ce que j’aie reçu de plus amples instructions, je procéderai et agirai suivant les ord* es que j'ai déjà reçus. F.t sur ce, très gracieux souverain , désirant à votre majesté toutes sortes d'heureux succès en vos affaires , je prends humblement mon congé.
l)e Londres, 16 octobre 1586.
De votre majesté le très humble sujet ‘ et obéissant serviteur.
Mémoire pour Sa Majesté, par le mattre ne Cray.
Plaise à votre majesté de savoir que j’ai pensé qi/iï était plus à propos d’exposer toutes les choses ainsi qu’elles se sont présentées , et tous les avis ainsi qu’ils me sont parvenus, et de les réunir dans une lettre.
Jç vins à Vare le 21 de décembre, et j’envoyai chez Guillaume Keith et M. Arcbihald Douglas, pour qu’ils en donnassent avis à la reine, ce qu’ils tirent à leur audience. Elle promit que la vie de sa majesté la reine , votre mère, serait épargnée jusqu'à ce que nous eussions été entendus. Le 27, ils vinrent me trouver à Vare , auquel *our le chevalier Robert vint à Vare; et là ils nous exposèrent jusqu'où ils étaient déjà parvenus en leur négociation. Mais attendu que le détail sur ce point est expliqué dans notre lettre commune, je m’en réfère à cette lettre, si ce n’est que je veux en outre tétuoigner à votre majesté que Guillaume Keith s’est comporté très honnêtement et équitablement jusqu’à notre arrivée, examinant toutes les circonstances, et surtout observant la conduite de son collègue , laquelle en effet n'est pas meilleure que votre majesté ne l’a déjà vue par le passé.
Le 2îl* jour de décembre nous allâmes à Londres , où nous ne fûmes point du tout reçus amicalement : et apres la manière honnête dont il a plu à votre majesté de recevoir Ire ambassadeurs de la reine d’Angleterre, on ne nous envoya personne pour nous souhaiter la bienvenue ou pour nous accompagner. Le même jour, nous apprîmes que M. de Rellièvre prenait son audience de congé, et comme l'usage ne nous permettait pas de nous y trouver , nous envoyâmes faire nos excuses par M. George Young.
Le premier jour de janvier, Guillaume Keith et son collègue envoyèrent , suivant l’usage , demander notre audience. Nous reçûmes la réponse contenue dans la lettre commune, et nous ne pûmes pas avoir d'autre réponse jusqu’au sixième jour , ce qui fin fait le jour que votre majesté l’a vu dans la lettre générale : cependant nous ne fûmes pas alors privés de notre attente, quoique nous ayons reçu des réponses fort dures.
Le huitième jour, nous parlâmes au comte de Leicester, et uotre conféreuce fut telle qu’elle est rapportée dans la lettre générale. Je remarquai ceci : que ce jourlà il dit ouvertement que la détention de Ia reine d’Ecosse, comme prisonnière, venait de ce qu’elle prétendait à la
succession de cette couronne. Jugez donc par-là de ce qu’on a pensé de votre majesté lorsqu’un moment après on a entendu vos propositions.
Le neuvième jour , nous parlâmes à l'ambassadeur de France, que nous trouvâmes plein de franchise, lorsqu’il nous ht un discours fort sage sur tous ses procédés et sur ceux de M. de Rellièvre. Nous le remerciâmes au nom de vojre majesté , et uous lui découvrîmes touies les choses que uous avions à traiter avec la reine d’Angleterre, sauf néanmoins le dernier poiut , ainsi qu’il est plus au long expliqué dans notre lettre générale.
On pense ici, et quelques amis de votre majesté m'en ont averti, que la négociation de Bellièrre avait été sans effet et que le résident n’en avait pas eu communication ; ce qui , à ce que je crois , est véritable ; car depuis le départ de Rellièvre , on parle drun domestique de ce Châteauncuf qui a été pris avec tous les papiers et paquets que ChâteauDCuf envoyait en France, parce que ces papiers le chargeaient d’une conspiration formée dernièrement contre la vie de la reine d’Angleterre. On prétend que son domestique a avoué la chose. Mais quant à ce que j’en dois croire , c’est ce que j'ignore : mais jusqu’à ce que je voie la preuve, je regarderai Châteauneuf comme un honnête homme ; car en effet il parait tel, et l’un de ceux qui, sans contredit , ont suivi relie affaire avec le plus de chaleur. Je lui ai fait connaître que la reine d’Angleterre et le comte de Leices'er avaient désiré de m£ parler en particulier, et je lui demandai son avis. Il me le donna, et il me dit franchement qu'il pensait que cela était très convenable. Je lui fis voir pour quelle raison je lui avais communiqué cela : que c'était parce que j’avais été soupçonné par quelques-uns des amis de sa majesté la reine d’Écosve en France , d’avoir rendu de mauvais offices pour le service de ladite reine ; qu’il pouvait m’étre témoin que mes négociations les plus empressées en ceci me seraient un témoignage suffisant que tout cria n’était que menteries , et que ce fripon de Navé, qui venait maintenant de trahir la reine, m’avait en ceci rendu de mauvais offices. Il me dit que , puisque j’apercevais que la reine d’Écosse ne voyait uniquement que par les yeux d’autrui, je ne devais en aucune manière imputer cela à ladite reine, et qu’elle ne lui avait fai! une pareille chose qu’à l'instigation de Navé. Je lui répondis qu’il me servirait en cela de témoin.
Le neuvième jour, nous envoyâmes à la cour demander audience, ce que nous obtînmes le dixième jour : dès l’abord elle1 nous dit ; a Une chose long-temps attendue « doit être la bienvenue lorsqu’elle arrive : je voudrait « savoir à présent quelles sont les offres de votre mal- 0 ire. n Je répondis qu’on ne faisait point d’offres , à moins que ce ne fût pour quelque cause , et que nous voulions, ainsi que voire majesté , savoir d’abord si la cause pour laquelle nous avions dre offres à faire était existante, et en même temps si elle serait existante jusqu’à ce que votre majesté eût entendu notre rapport o Je crois, dit -elle, qu'elle est encore existante, mais ©je ne veux pas promettre qu’elle le soit dans une o heure. Mais vous cherchez par-là à ruser avec moi. » Je répondis que nous ne soogions point à ruser, mais à offrir, de la part de notre souverain , tout ce qui pourrait être raisonnable; et que nous offrions spécialement tout
* La reine d'Angleterre.
ce qui «I contenu dans notre lettre générale : toutes lesquelles choses fureot refusées et regardées comme rien. Elle appela trois personnes qui étaient dans la chambre , le comte de leicester, milord-amiral, et le lord-cbambellan , et en leur présence à tous trois, elle répéta arec dédain toutes nos offres. Je déclarai la dernière partie, et je dis : « Madame, quel est le motif qui peut faire agir « des hommes contre votre personne ou contre votre « état , pour la cause de la reine d'Ecosse ? — C’est , me « répondit-elle, parce qu’ils pensent que la reine d’É.cosse e doit me sucréder, et parce qu'elle est une papiste. « Il y a lieu de croire, lui dis-je , que ces deux causes a doivent être écartées. — Je serais bien aise , dit-elle, a de comprendre ce que vous me dites U. — Madame , « lui dis-je, si tout le droit que la reine d’Éorwse a A la « succession était transporté en la personne du roi notre « souverain , n’aurail-on pas toutes sortes d'espérances a que les papistes seraient écartés ? — Je l'espère ainsi , « me répondil-elle. — Alors, madame , lui dis-je, je « pense que la reine sa mère se démettrait volontiers de a tous ses droits en faveur du roi son fils. — Elle n’a , « me répondit la reine , aucun droit , car elle a été dé- « clarée inhabile. — Si elle n’a, lui repartis-je, aucun « droit , toutes les espérances sont apparemment évaa nouies , si bien qu’il n'est point A craindre qu’aucun « homme entreprenne rien eu sa faveur. — Mais , me a répondit la reine, les papistes ne reconnaissent point a notre déclaration — laissez donc tomber , lirt dts- «je, le droit de succession en la personne du roi, par o la démission de la reine sa mère. » I>e comte de Leicester répondit : « La reine d’Ecosse est prisonnière, « comment pourrait-elle donner valablement sa démis - « sion ?» Je répondis ; « La démission serait faite A son « fils par l'avis de tous les amis qu'elle a en Europe ; et » en cas , ce qu'A Dieu lie plaise , que quelque entreprise « enlevât la reine d'Angleterre , qui est-ce qui osera « prendre le parti de la reine d*Écosse pour prouver que « sa démission ou résignation serait sans effet , son fils q étant à la télé d'un parti opposé, ayant pour lui tous « les princes anus de la reine sa tnere, et s'étant ligué « précédemment avec sa majesté la reine d'Angleterre a pour rendre celte démission efficace? » La reine fit semblant de ne point entendre ma pensée, et le chevalier Robert ayant de nouveau expliqué la chose, elle fit toujours comme si elle ne l’entendait pas. Alors le comte de Leicester répondit que notre idée était que le roi fût mis au lieu et place de sa mère. • Si cela était ainsi, répondit « la reine, je me mettrais en pire état que je n’étais ci- « devant. Par la passion de Dieu , ce serait me couper la « gorge A moi-même , et pour un duché , pour un comté « qui vous serait donné à vous-méme , vous ou des gens « tels que vous engageriez quelques-uns de vos scélérats « A me tuer. Non, par Dieu, le roi d’Écosse ne sera u jamais en cette place. » Je répondis : « Le roi mon « maître ne demande rien A votre majesté , mais A sa a mère, o Le comte de Leicester répondit : a Ce serait « rendre le roi d’Écosse partie adverse de la reine ma « maîtresse. » Je répliquai : « Il le serait bien davantage « s’il était en sa place par sa mort. »
La reine d’Angleterre ne voulut pas rester plus longtengis : mais elle dit , qu'en la place de la mère , elle ne voulait pas avoir le fils , qui serait pire que la mère; et
elle ajouta : n Dites au roi votre maître tout le bien que o je lui ai fait en soutenant la couronne sur sa tête depuis « qu’il est né, et que je suis dans l'intention de garder « l'alliance qui subsiste actuellement entre nous ; et que a s’il la rompt, il fera une double faute : et nous peu- « sinus qu’en ceci, il voulait rompre avec nous, mais « nous voulons l’éviter. » Je lui parlai encore , pour lui demander que la vie de la reine votre mère fût épargnée pendant quinze jours. Elle le refusa. Le chevalier Robert demanda seulement pour huit jours. Elle répondit : « Pas a seulement pour une heure ; » et elle se relira. Votre majesté voit que nous nous sommes acquittés de toutes les offres que nous avions & faire; mais le tout a été inutile, car la reine d’Angleterre et son conseil ont pris une résolution en laquelle ils veulent persévérer, et je vois que cela vient plutôt de son conseil que d'elle-méme; ce qui, A mon gré, est le pire ; car sans aucun doute,* cela vous fera perdre entièrement tous les amis que vous avez ici. Car bien qu’ils aient autrefois été bien intentionnés pour votre majesté, cependant lorsqu'ils se rappelleront qu’ils out trempé leurs mains dans le sang de votre mère, en bonne foi, ils ne pourront pas attendre beaucoup de bien de votre part, chose dout je suis en vérité très affligé. De plus, votre majesté peut apercevoir, par le récit de la derniere proposition que j’ai faite, que s’ils avaient été bien intentiouués pour votre majesté , ifs en auraient usé différemment qu’ils ne l’ont fait, par les raisons qui les retiennent. Mais je n'ose pas tout écrire» j'ai intention de ne faire quelqueftiis que parler en cette affaire , car nous apercevons que uos lettres seraieut sûrement interceptée* en chemin.
Attendu que je vois que ni le crédit d'un particulier, ni aucuns rooveus ne pourraient changer leur détermination , bien que la reine ait désiré , ainsi que le comte de Leicester, de m'entretenir en particulier, je ne veux plus parler, et je ne le dois pas. Mais assurément tout le monde pourra m’étre témoin que je u’ai, en mon particulier, aucunes sortirs de liaisons avec l'Angleterre, si ce n’est par rapport au service de votre majesté. Ainsi, quoique je ne puisse pas actuel leracit effectuer ce que je désirais, la droiture de mes démarches, en celle affaire, sera néanmoins rxposéeaux yeux detout l’univers. Nous allons, Dieu aidant , demander audience, et nous comptons y suivre avec aigreur nos instructions, que nous avons suivies jusqu'à présent avec beaucoup de modération ; car nous pouvons bien, pour l'honneur de la cause, ne pas dire moins, au nom de votre majesté, que l’ambassadeur de France en a dit au nom de son maître.
Ainsi , je prie votre majesté de considérer la droiture de mes démarches pour votre service, et non pas le succès : car, quand j’aurais eu auprès d’aucuns le double du crédit que je puis avoir eu ici, mats n’étant venu ici que pour celle seule affaire , je ne voudrais pas que mon crédit eût pu servir ici A aucun autre dessein. Je prie le Seigneur de conserver votre majesté, et de vous envoyer un ami sincère et véritable.
De Londres , ce 12 janvier 1588.
J’entends dire que la reine doit envoyer un des siens A votre majesté.
Au liés orablo nnl,»r>t virc-cia txcri.tsn cl secrétaire de sa
nnqt-slé, |wr le liiallicnK Gluv.
Milord ,
Je vous envoie ce» ligne» avec la leure ci-jointe à ta majrsaé. pae laquelle voire seigneurie pourra apprendre de quelle manière le» choses »e pâment ici. Kl, avant I unie» chose», je prie voire seigneurie d'engager «a majesié i avoir égard a me» soin» et non à l’effet dans celle négociation ; car je vou» jure que ai j’avai» en a solliciter I» couronne d'Angleterre pour moi -même, je n’aurai» pu rien faire de plus : et ne laisse;, point me» ennema prendre l’avantage sur moi, car tout le monde verra que IC n'ai aimé l’Angleterre que pour le «ervire de sa majesté seulement. Je m'ailend» dam peu » trouver un ami dan» voire seigneurie , ainsi que vous me l'avez promit, el parbleu je serai le votre si je le pui». Guillaume Keilh et moi désiriou», si le» affaires avaient n'ussi, de prendre de» mesure» pour que votre seigneurir pût cire ici en crédit el le» autre» déconcertés ; mais actuellement je ferai pour vou» comme pour moi-même, qui est de ne »e point soucier d'avoir ici du crédit , car, en conscience, il» ne pensent point honnêtement du roi notre souverain • et, s'ils le pouvaient, il» lui feraient prendre le chemin que sa mère a pci», ou qu'elle prendra bientôt. En conséquence . je vou» prie , milord . d'avertir le roi, que le meilleur chemin n’est pas celui-ci. Ils disent ici qu'il a été dit par un homme qui l'avait entendu de vou», que vous ne désiriez point que le roi el l’Angleterre fussent d'accord, parce que cela pourrait inquiéter les noble», et que vous aviez sur cela cité 1'cvcmplc de Jacques IV. J'ai répondu en votre nom que j'étais assuré que vous n aviez jamais dit cela. M. Archibald est celui qui a tenu ce propos , et je puis aaaurer votre seigneurie que cet homme a été un vrai poison en celte affaire, car on est ici fort porié J donner dans ses opinions. Il ne s’embarrasse pas, dit-il, que le roi soit obligé de suivre ce chrmiu-d, soit par de» voies honnête» , voit par la nécessité : si bien que, lorsqu'il prend ce train là, il est assuré d'êlrc applaudi. Il me faudrait plu» de papirr que je n'en ai ici pour vous exposer par écrit tous In propos de rette espéce qui se sont tenu» ; ainsi je les remets au teiup» où nous serons réunis. On parle ici d'une nouvelle conspiration formée contre la reine, sur quoi trois homme» de la lutte de l'ambassadeur de France, qui réside ici, ont été pris; mai» je croi», qu’j la fin, cela K réduira J rien. M. Stafford , qui est ambassadeur de la reine en France nt compromis eu cette affaire , et son frère a élé arrêté ICI. Au reste, eet incident a fait ce mal en notre négocialion , que tout le conseil d'ici ne veut point engager la rente d’Angleterre J laisser en repos le sang de la reine d Ecosse , jusqu’à ce que cette trame soit detxmverte. Je remet» tou tes le» autres chose» J la lettre ci -incluse. Nous avion» intention d’envoyer à sa majesté un détail que nous avons mi» par écrit de toute» no» démarche» deptii» notre arrivée ici : mai» nous avons élé averti», de bonne part, que le porteur devait certainement être enlevé eu chemin avec ans paquets; ainsi nous remettons la rbosc à notre arrivée. J'ai mis ceci hors du paquet, dans un cndmujpart. Nous devons prendre rongé vendredi, 13 de te mm», cl nous avons intention de suivre exactement la vigueur de nos instruction»; car il ne serait point du tout
convenable 1 l'honneur du roi, que nous en dissions moins que l'ambassadeur de France, qui a dit : Le ray mon maistre ne peut moine faire que t'en rctsrulir Si bien que vers le 21 nous complon», Dieu ai dant, que nous serons rendus chez nous. J moins qu'il ne survienne quelque retardement que non» ne pouvons pas prévoir. La reine et le comte de Lcicesler ont déliré de me parier. Je l’ai refusé, J moins que ce ne fût en présence de me» collègue»; par la raison que je vols une déterminai loô à laquelle te crédit d’un particulier tse pourrait point remédier, et je ne désire point d'avoir du crédit, si ce u'e*t pour celle cause. Il plaira J votre wi gueurie de rttirer l'incluse pour sa majesté et de la garder. Sur ce, après vous avoir présenté mes naissances, J vous et J votre compagne, je vous recommande J Dieu.
De Londres, le 12 janvier 1566.
A sa majesté le Roi , du chevalier Rosvst Ma t vu
Plaise J votre majesté de savoir qne, depuis l'envol de no» lettre» précédentes, tamis avons eu audience, et que sa majesté la reine d'Angleterre a paru prendre™ bonne part les ouvertures que nous lui avons faites eu présence de son conseil. Bien qu'il» ne puissent pas avoir lieu de s'en offenser, ayant pris la résolulion de porter les choses J toute extrémité; néanmoins il a plu J la reine d'Angleterre de nous demsnder de différer enrorr deux jouis de prendre notre audience de rongé , jusqu'à a-e qu elle eût délai»1 ré sur nos proposition». Depuis lequel temps sa majesté la reine d'Angleterre rst détenue talus difficile à l'occasion de quelque» lellres qui sont , J ce qu'on lions a dit, venues d’Ecosse, et qui donnent quelque lieu de croire que votre majesté ne prjud point crue affaire Jeteur, pendant que nous savon» réellement le contraire, et que nous avons ri-devan! écarté de l'esprit de sa majesté la reine d'Angleterre rette idée qui a été accréditée par de» information» sinistre». Ce* rapport» ont traversé notre commission et trompé celle reine, et notas craignons aussi que nous ne sovaans arrêtés ici jusque ce qu'il soit venu réponse d'Ecosse de la part de» personne» qui ont eu connaissanre de ces bruits. Et bien qu'il sou suffisamment ctariuu J tout lé monde combien votre majesté prend J rerur ce» négociations, la vérité est qu’il» mu en celle occasion tellement persuadé la reine d'Angleterre, que cela a suffi pour traverser notre négn riaaion. Comme aussi il est venu J notre connaissance qu'Allynout- Stuart doit être envoyé dans leur parti, ri qu’il s'est vanté de faire par sou crédit bien plus de choses qu'il ne peut, à ce que je crois, en exécuter : et nous vouions le faire désister de ecue affaire, eu lui disant qu'ii fait mal, et qu’il n'est pas propre pour ce dessein ta -mettant J la bonne direction de votre majesté de prendre sur cela se» arrangrineus. de manière que lions soyons responsables envers voIit majesté de n nmrttre aurain point de ce qne nous avons en charge : comme aussi ta vérité est que le maître de Gray s'est lui-uiémc conduit avec droiture el disi-rrneuaent en relie charge , et qu'il a élé desservi par diverse» personne», charnue, en leurs parlie», lesquelles personnes étaient auparavant ses amis. Nous avons eu obligation aux violons qui nous
' Note du Traducteur. Ces mots sont ainsi en fiant. ta, dans k li a le.
402 APPENDICE DE L’HISTOIRE D'ECOSSE. l,68J
ont tenu bonne compagnie ; ma» nous n’avons pas été troublés par d’autres. Guillaume Keith n’a rien omis de ce qu'il avait en charge. Quant au maître Arrhibald, il a promis que dans tous tes temps il ferait son devoir , en quoi il trouvera qu'on en a fait à votre majesté un fidèle rapport. Je demande pardon à votre majesté de ce que j’ai élé si ennuyeux ; et après avoir baisé les mains de votre majesté , je prends humblement mon congé ; priant Dieu d’accorder à votre majesté de bons et d’beureox jours, remettant voire majesté en la divine protection.
A Londres, le 20 janvier 1586.
Sire,
Quoique maître George n’ait point été en commission, il n’est point inférieur en son service à aucun de nous , tant par se* bons avis que par les soins empressés qu'il s’est donnés pour l’avancement de votre service ; de quoi nous n'avons pas reçu de médiocres avantages.
A ta majesté le Roi , par le maître ne Cray et le chevalier Robert Mil vii..
Plaise a votre majesté de savoir que, dans la dernière audience que nous avons eue depuis les derniers avis que nous avons donnés par Guillaume de Murray, lions avons trouvé sa majesté la rrine d'Angleterre , 2 la répétition de nos offres , eu quelque chose adoucie , et disposée à les examiner plus mûrement avant que nous prenions notre audience de congé. Suivant notre idée , certa nes personnes du conseil , nommément inilord de Leicester, le chevalier Christophe Halimi , milord lluusdon et milord Hawart , qiii étaient présent dan* la chambre , ne marquèrent pas un grand conleiitcment de voir la reine d’Angleterre éloignée de sa première résolution , et acluelleiii lit dans le doute de ce qu'elle doit faire. Quoi qu'il eu soit nous la laissâmes en cet état ; et depuis nous avons journellement insisté sur une conférence avec tout le conseil, laquelle , jusqu'à celle heure, nous n’avons point encore obtenue. Nous avons envoyé aujourd'hui déniai nier noire congé. Le plus grand obstacle que nous ayons jusqu’ici rencontré en notre négociation est la persuasion où ils sont ici que, ou votre majesté n’agit que par manière d’acquit en cette affaire , ou bien qu’avec le temps vous pourrez être amené à digérer la chose ; et lorsqu'avec de grandes difficultés nous sommes venus à bout de détruire ces idées , nous trouvons de nouveau que de certaines lettres , à eux dernièrement écrites d'Ecosse , ont pris quelque faveur auprès d’eux , et les entraînent en des opinions toutes contraires avec tout ce que nous leur avons dit : si bien qu'ayant maintenant résolu de l’éclaircir de ce doute par un message particulier, ils ont fait choix du chevalier Alexandre Stuart pour sonder sur cela les inlei.:ions de votre majesté , et pour persuader à votre majesté d’approuver leurs procédés; ce dont nous n’avons jamais pu détourner ledit Alexandre Stuart, quelque terreur que nous ayons cherché à lui inspirer. I! a prétendu qu'il avait du crédit auprès de votre mqjesié, et qu'il rie doutait pas qu'il lie terminât cette affaire au gré de votre altesse. S’il va là-bas sur ces cr remens , nous pensons que votre majesté ne négligera pas de considérer le discrédit considérable dans lequel cette entreprise nous ferait tomber ici , si l’on n’y mettait pas ordre
atant qu’il soit entendu plu* amplement ; et s’il arrivait que quelque autre fût envoyé, ainsi que nos intelligences en ce pays nous apprennent que cela pourrait être, nous supplions humblement votre majesté qu’il plaise à votre altesse d’apprendre de nous ce que nous avons trouvé ici, et à quel point nous avons laissé cette affaire avec sa majesté la reine d’Angleterre avant qu’il fût survenu des accidens dont nous remettons à vous exposer les causes dans nos lettres particulières. Nous recommandons pour le présent votre majesté à la protection éternelle de Dieu- Ile Londres , 21 janvier 1686.
N" XLVII
Lettre de YValsiscbam à ÜUmxhfn.
S »Wrf lUâ
Monsieur,
J’ai reçu, par milord lieutcuant, la copie de votre lettre du 2â du mois dernier, adressée à sa seigneurie, contenant le rapport de votre négociation avec le roi et son conseil dans votre seconde audience, duquel rapport vous avez rendu compte à sa majesté la reine, et qu'elle paraissait en quelque manière désapprouver , de ce que votis différiez %\ long-temps A traiter pour l'élargissement d'Empédncle. Mais j’ai fait réponse pour vous, que je pensais que vous étiez dirigé par les avis des amis dudit F.mpédocle, en la sollicitation de celte affaire, lesquels amis saVaieut lequel leinps était le plus favorable pour vous, pour entreprendre de traiter sur cela avec le plus d’effet et le meilleur succès, de laquelle répouse sa majesté resta à la fiu entièrement satisfaite sur ce point.
Les espérance* que vous nous avez données, que d’Aubigny pourrait aisément être gagné à la dévotion de sa majesté la reine , ont d’abord élé interprétées comme étant une ironie de votre part. Mais depuis que vous avez paru insister sur ce point, je désirerais que vous fussiez dans une autre persuasion par rapport à cet homme, ou du moins que vous gardassiez celte opinion pour vous seul ; car en considérant que le but et l’objet de l'arrivée de cet homme en Écosse, ainsi que cela peut être en diverses manières suffisamment prouvé, étaient uniquement d'accélérer la liberté de la reine et sa réception dans ce gouvernement , de renverser la religion et de procurer un mariage étranger avec Villenanus ; sur quoi la copie ci-incluse , dont vous pourrez faire en ceci un lion usage, pourra en partie vous donner quelque lumière. Il n’y a pas un homme ici qui puisse se persuader qu’il veuille changer ses projets pour si peu d’avantages que vraisemblablement il trouverait ici ; et par conséquent vous ferez bien de vous abstenir de toucher davantage cette corde, ainsi que je vous l’ai déjà écrit. Si le prince d’Orange envoie , je crains que ce ne suit pas dans un temps où cela puisse faire quelque bien ; car outre que ccs peuples sont d’eux-mémes lents eu leurs résolutions, leurs propres affaires sont actuellement si considérables, leur état est si rempli de troubles et l'autorité du prince est si petite , qu’il ne peut pas de sitôt pourvoir à ceci; et néanmoins pour ce qui me concerne, je n'ai été ni négligent ni peu soigneux en celte affaire, ayant, il y a plus de trois scmaiues, envoyé quelqu’un
yen lui, et duquel néanmoins je n’ai point encore en- t fendu parler. J'ai donné ordre à M. Killigrew de faire faire les lettre* que vous désirez qui soirnl écrites d’ici, j et' je ne doute point qu'il lie s'en acquitte avec soin , en sorte que j'espère que je pourrai vous le» envoyer par l'ordinaire prochain ; et sur ce, je vous recommande à Dieu.
A Wbitefca.l , le 3 Kvricr f£8Q.
Votre très affectionné cousin et sert Leur,
F*.». Walsmcbam *.
Diverses notes rassemblées par tes bons soins qu’on s’est donnés, et qui seront manifestée dans le temps; ayant jugé d propos qu’on en fasse usage pour le présent d’une manière convenable , et qu'elles soient exposées contre d’Jubigny, pour prouver qu’il abuse le roi, la noblesse et cet état.
Premièrement, on a été informé par des moyens auxquels on peut ajouter foi, que d'Aubigny était dans le secret de Naté, secrétaire de la mère du roi , lorsque ledit INavé vint en Ecosse, et qu'il était au fait de son message ici, lequel tendait principalement à persuader au roi de penser et croire cela d’un mauvais exemple |>our les princes, que des sujets pussent avoir le pouvoir de déposséder leurs légitime» souverains, ainsi qu'ils ont fait à sa mere, ce qui u’avait pas néanmoins été fait, en aucune manière, dans l'intention de le déposséder ni du gouvernement actuel de ce royaume, ni même de la possession de la couronne et héritage d'irelle, mais plutôt de lui assurer le tout ; et pour l'accomplissement de cette assurance, le roi devait être avisé et engagé de gouverner pendant un court espace de temps comme prince, par commission de la reine sa mère, jusqu'à ce que les ennemis du roi fussent anéantis : après lequel temps d'Aubigny aurait le pouvoir d'établir et résigner ce royaume au roi , du consentement volontaire de la reine sa mère; au moyen de quoi, tous ceux qui avaient agi précédemment contre la reine et contre son autorité seraient réduits à être à la merci du roi : et pour que le roi pût vivre en plus grande sûreté, d'Aubigny devait être déclaré, tant la seconde personne en la succession de cette couronne, que lieutenant général de l’Écosse; et que d'Aubigny, avant son départ de France, avait reçu commission de U mère du roi aux effets ci -dessus mentionnés, ou autres choses à peu prés semblables ; que , pour raison de cé, il avait été en conférence avec les évêques de Glasgow et de Rovs , et avec le chevalier Jacques Baford , avec lesquelles personnes et avec le duc de Guise, il avait eu et avait de fréquentes intelligences; et que par le chevalier Jacques Baford il avait été avisé de conférer avec le lord Jean Hamilton avant son départ pour l’Ecosse , à quoi il consentit; et néanmoins il eovoya uu nommé Jean Hamilton audit lord Jean pour s’excuser
1 Cette lettre est un original , et est en quelques endroits écrite co chiffres , et déchiffrée par une autre main. Morton est désigné tout le nom d’ but pé docte ; le roi d'Éeosse tout celui tle VtUenarius ; d'Aubigny est marqué ainsi :
. sur ce point , alléguant qu’il devait éviter d’aller le trou*
: ver, à moins que par-U il ne pût empêcher que de plus J grandes choses ne fussent par lui cxccusées en Ecusse , ou du moins les arrêter.
Qu'avant l'arrivée de d'Aubigny en ce royaume, la noblesse et le pays étaient fort tranquilles et très unis dans un bon accord : que l'amour le plus fort y était établi entre le roi et la noblesse, et de la noblesse entre elle : mais que d'Aubigny avait indisposé le roi contre divers membres de la noblesse , contre 1rs principaux d'entre la noblesse, contre ceux qui avaient é;é les plus disposés, et qui s'éiaient portés réellement à prodiguer leur sang et leurs biens pour conseiTcr la religion et défendre la personne du roi. son gouvernement «t son état ; et qu’il avait ainsi donné lieu à ce que beaucoup de niéfcmce et de procédé* injurieux avaient été suscités entre le roi et sa noblesse, et spécialement avec ceux qui avaient été en action contre la reine, mère du roi, et contre l’autorité de cette reine , lesquels par la foire et le* moyen» deadile* commission et pratiques, auraient été portés dans l'état le plu* dangereux . et qui se seraient ainsi trouvés eux -mêmes dans un vrai péril tant que d'Aubigny aurait possédé l'oreille du roi, abusé de sa présence, et tenu en ses mains la plupart des principaux port» et clefs de ce royaume, ainsi qu'il les possédé actuellement.
Que d'Aubigny avait engagé le roi non- seulement à oublier les grands services rendu» à lui et à son royaume par sa majesté la reine d’Angleterre, mais aussi de répondre à ces bienfait* par diverse* marques d'une grande ingratitude et choses offensantes pour l'honneur de ladite reine, et que par-là d'Aubigny avait huxardé d'ébranler l'heureuse amitié qui subsistait depuis si long-temps entre ce* princes.
Et au lieu que ces griefs auraient dû être redressés par des lettres honnêtes et des offres obligeantes qui s'écriraient et se feraient réciproquement entre eut , en considération de quoi le roi et le conseil ayant résolu d’écrir* à sa majesté la reine d’Angleterre, à la plus grande satisfaction de son altesse en la dernière négociation de M. Alexandre Hume de Norlhberwlck , on avait donné ordre au secrétaire du roi de faire celte let tre ; d'Aubigny ayant intention de rompre en l’un et l'autre le lieu de l’amitié, voulut que le secrétaire fût assuré que rien ne devait être inséré dans celte léure par où le roi paraîtrait demander aucune chose à la reine d’Angleterre, cherchant par-là à supprimer toutes les courtoisies amiables cuire eux , ainsi qu'on petit le mieux savoir par la déclaration dudit secrétaire, et que cela a été ultérieurement prouvé.
Que sous l'espérance et l'encouragement de la protection de d’Aubigny , Alexandre King eut la présomption de faire avec audace son infâme harangue; et qu'au moyen de cette protection, il a jusqu'ici échappé aux châtiment et correction dus à cette offense.
Que le chevalier Jacques Raford , condamné pour le meurtre du père du roi , avait été rappelé dans le royaume par Lennox sans la participation du roi. El attendu que ledit chevalier Jacques ai ait trouvé dans une cassette de velours vert les papier* du feu comte de Bothweil , et qu’il avait vu, et qu'il avait en scs main» le liai principal des conjurés eo ce meurtre, et qu'il pouvait mieux que personne déclarer et témoigner quels étaient les auteur»
i l les exécuteurs dudit meurtre, il avait été engagé par I^nuox à supprimer la vérité, et à accuser ceux que luimême «avait être innocent . ainsi que par ordre de justice il aurait été trouvé, s'ils avaient été dûment examinés; ce qui, contre toute justice, avait été refusé par l'autorité de Leimox1.
N° XLV11I
Offrr* de la rrinc d’Écowe à l'effet de sa liberté, proposées oar sou «mélairv Naw.
Nofrmbir |M|.
I.a reine ma maîtresse étant une fois bien assurée de l’amitié de votre majesté, 1° déclarera publiquement qu'elle veut , ainsi que cela est Mucèremeut son inlcn- ! tlon, s'unir étroitement à voire majesté, et à icelle tenir et porter principal honneur et respect, plus qu’à tous autres rois et princes de la chrétienté.
2® Qu’elle veut jurer et proiesicr solennellement un sincère oubli de tous le* maux qu’elle pourrait prétendre lui avoir été faits eu ce royaume; et qu’elle ne veut jamais, en façon ni manière quelconques, montrer qu’elle en soit offensée.
3° Qu’elle veut avouer et reconnaître, tant en son propre et privé nom, qu’aussi pour ses héritiers et autres descendait» d'elle à perpétuité, votre majesté pour juste, véritable, et légitime reine d’Angleterre.
4° Et conséquemment quelle veut renoncer tant pour elle-même que pour ses dits héritiers, à tous droits et préteuiiuns qu’elle pourrait former à la couronne d'Angleterre, pendant U vie de votre majesté, et au préjudice d’autrui.
5° Qu’elle veut révoquer tous actes et déclarations par elle précédemment faits, de prétention à celte dite couronne au préjudice de votre majesté, comme pourrait être, d'avoir pris les armes et le titre de reine d’Augleicrre parle commandement du feu roi François, son seigneur et mari.
6" Qu’elle veut renoncer à la bulle du pape, en tant que cette bulle pourrait être interprétée pour la tourner en sa faveur et à son avantage, au sujet de la dépossession de votre majesté , et qu'elle veut déclarer qu'elle ne s'aidera ui ue se servira jamais elle-même de ladite bulle.
7° Qu’elle ne veut point poursuivre, pendant la vie de votre majesté, à force ouverte ou autrement, aucune déclaration publique de sou droit en la succession de ce royaume, pourvu qu'on lui donne une secrete assurance, ou du moins une promesse publique, que la non décision sur ce point ne pourra porter préjudice ni à elle ni au roi son fils, pendant la vie de votre majesté ui après sa mort, jusqu’à ce qu’en ce temps-là, ils aient été sur ce entendus en publique, libre cl générale assemblée du parlement dudit royaume.
8° Qu’elle veut lie tramer directement ni indirectement avec aucun des sujets de votre majesté, ni au de dans ni au dehors de votre royaume, aucune chose tendante à guerre civile ou étrangère contre votre majesté
1 Ceci est l'accusation contre d’Aubiguy . mentionnée en la lettre précédente de Walsingham Mai» par Da/urd , on entend te chevalier Jacquet but fout.
et votre étal ; quand ce serait sous prétexte de religion, ou pour raison du gouvernement civil et politique.
»• QuVI'e ue veut ni maintenir ni soutenir aucun de vos sujets rebelles, et couvaiucus de trahison contre vous.
10° Qu’elle veut entrer en l’association qui lui a éié montrée à Wingfield pour la sûreté de la vie de votre majesté, pourvu qu’on y corrige ou qu’on y explique rlaireinent de certaines clauses que je montrerai à votre ma-* jtsté, lorsque j'aurai copie dudit acte d'association , ainsi que l’ai ci-devant demandée.
11° Quelle ne veut poiul traiter avec aucuns rois ou princes étrangers, pour exciter aucune guerre ni (rouble aucun contre cet étal, et que dès à présent elle renonce à toutes entreprises faites ou à faire à ce sujet en sa faveur.
12" F.n outre, w ce royaume venait 5 être attaqué par aucune guerre civile ou éiraiigère, elle veut prendre parti avec votre majesté, et elle veut vous assister pour votre défense avec toutes ses forces et moyens dépendais d'elle-mêmc, et avec tous ses amis de la chrétienté.
13° Et à cet effet, pour la défense mutuelle et le soutien de votre majesté et des deux royaumes de celte Ile, elle veut entrer avec votre majesté en une ligue défensive, ainsi qu’il sera plus en détail avisé; et elle persuadera, autant qu'il sera en elle, au roi son fils, de faire la même chose.
Les alliances de part et d’autre au dehors, resteront eu leur consistance, et spécialement l'ancienne alliance entre la France et l'Ecosse , en ce en quoi elle ne sera point contraire à celte présente alliance.
14° Qu’elle veut entrer en une ligue offensive, pourvu qu’elle ail bonne assurance ou tacites déclaration et reconnaissance de son droit à la succession de cette couronne, et promesse, qu’avenant aucune rupture entre la France et ce royaume (sur quoi elle prie le Seigneur que cela n’arrive jamais) , le montant réel de sou douaire sera placé pour elle en pays des domaines de la couronne.
15° Pour assurance de ses promesses et accords, elle offre d'habiter en ce royaume pendant un certain temps ne pouvant donner de meilleur otage que sa propre personne : laquelle étant tenue en la liberté ci-dessus proposée, ne sera point dans le cas de s'évader secrètement hors de ce pays dans l’état d'infirmité où elle est, el avec le bon ordre que votre majesté mettra en ceci.
10° FA dans le cas ou sa majesté voudrait consentir à sa pleine cl entière délivrance, lui permettant de se retirer elle-même hors de ce royaume là où elle voudrait, ladite reine des Écossais serait dans la volonté de donner des otages suffisans pour tout le temps qu'bu jugerait nécessaire.
17° Si elle demeure en ce royaume, elle promettra de n’en point sortir sans votre permission ; pourvu quoi» lui promette que son étal, en cette liberté qui lui sera accordée, ne sera en aucune mauière changé, jusqu'à ce qu’elle soit junée avoir attenté contre votre vie, ou fait aucun autre trouble en votre état.
1K" Si elle va en Écosse, elle promettra de ne rien changer en la religion qui y est maintenant exercée , pourvu qu’on lui promette le libre exercice de la sienne, pour elle et pour sa maison , comme cela était à son retour de France; et en outre, elle promettra d’arracher tous les germes de divisions nouvelles entre ses sujets.
•HISTOIRE DÉCOSSE.
rl.'>70j APPENDICE DE L’HISTOIRE D’ECOSSE. iOh
en sorte qu'aucun des sujets d’Écoa*e ne soit recherché pour sa conscience, ni contraint d’aller au service de la religion opposé.
19“ Kl le accordera une abolition générale de toutes offenses faites envers elle en Écosse, et les choses y demeureront comme elles y sont au moment présent à cet égard, sauf néanmoins ce qui a été fait contre son bouilleur, ce qu’elle entend qui soit révoqué et annulé.
20" Elle travaillera à établir une réconciliation générale ri assurée entre la noblesse du pays, et à faire en sonc qu’il soit ordonné de par le roi son fils, et dans sou conseil , ce qui pourra être convenable pour l’enlrelien de la paix et tranquillité du pays cl bonne amitié dans le royaume.
2i° Elle fera de son mieux pour contenter votre majesté en faveur des Écossais bannis, et qui se sont ré.ugiés ici, pourvu qu'ils aient la due soumission pour leurs princes, et que votre majesté promette d'assister lesdits trine et roi des Écossais contre eux , s’il leur arrivait de retomber dans leurs premières Fautes.
22° Elle procédera au mariage du roi son. fils, avec l’avis et le Imii conseil de votre majesté.
23° (loin me elle ne veut rien transiter sans le roi son fils, elle désire aussi qu’il intervienne conjointement avec elle en ce traité, pour la plus graode et la plus parfaite assurance d’icetui : car, autrement, toutes les choses leurraient difficilement être établies d’une manière stable et permanente.
24° Ladite reine d’Écosse a confiance que le roi de France, son bon frère, en conséquence de la véritable affection qu’il lui a toujours montrée, et qui m’a depuis peu été certifiée par M. de Mauvissière pour ledit traité, qu’il se portera très volontiers à intervenir en ce traité, et à l’assister pour la sûreté des promesses qu’elle fait.
25° Et aussi voudront les princes de la maison de Lorraine, en conséquence de la volonté dudit T. C., s'engager eux-mêmes audit traité.
26“ Quant aux autres rois et princes de la chrétienté, elle essaiera d’obtenir d'eux la même chose, si, pour les plus grandes solennité et approbation du traité, on juge que cela soit necessaire.
2?# Elle désirerait une réponse prompte et une conclusion finale des préliminaires, pour remédier à temps à tous les iitcn tenions.
28“ Et cependant , pour corroborer d’autant pins ledit traité, comme fait de sa pure et franchi* volonté, elle désirerait qu’on fil déiuonst ration de quelque adoucissement à sa captivité.
Objections contre la reine d'Ecosse, de la main du secrétaire Wjusinciam.
Niwinbrr iS»*.
Que la reine des Écossais est ambitieuse, et est inal affectionnée à sa majesté; et parlant il ne se peut pas que sa liberté ne soit très dangereuse pour sa majesté.
Que son élargissement encouragerait les papistes et autres sujets mal affectionnés, et accréditerait considérablement l’opinion qu’on a de son titre de succession au trône d’Angleterre.
Que tant qu’elle sera gardée en la possession de sa majesté, elle peut servir comme de gage de la sûreté de M majesté , attendu que les amis de la reiue d’Écosse, par
la crainte du danger où elle pourrait se trouver dans le cas où l’on entreprendrait quelque chose en sa faveur , n'oseront rien tenter qui puisse offenser sa majesté la reine d’Angleterre.
Quelle* mesures doit -on prendre par rapport d
la reine d’Écosse? Sera-t-elle ou non mise en
liberté ?
Les mesures qu’on doit prendre à l’égard de ladite reine peuvent être considérées sous trois points de vue, savoir :
1° Ihï la tenir sous bonne garde, en l’état où elle est actuellement.
2° De restreindre la liberté dont elle jouit présentement.
3° Ou de la mettre en liberté sous caution.
I. Quant au premier article : dr continuera la tenir sous bonne garde, en l’état où elle est mainte nant , il est a observer, que sur les plaintes que celte reine a faites de mauvais traiiemens, les princes qui la favorisent ont été fortement touchés de commiséraiion pour elle, et ont promis de faire tous leurs efforts pour lui procurer sa liberté, ce que les ministres de celle reine sollicitent journellement auprès de ces princes.
Et pour les émouvoir d'autant plus a avoir pitié de son sort, elle les a informés des offres qu’elle a faites à sa majesté, et qui paraissaient n’être pas moins avantageuses que raisonnables pour sa majesté, tellement que ces offres étant refusées et rejetées, cela donne occasion à ses amis et partisaus de penser qu’elle a élé très rigoureusement traitée , et qu’en conséquence ils peuvent , avec d’autant plus de fondement et raison, entreprendre quelque chose pour la mettre en liberté.
II est aussi vraisemblable que , sur ce refus , cette reine se voyant dans une situation désespérée, continuera sous main scs menées, tant chez elle qu’au dehors, non-seulement pour obtenir sa délivrance, mais pour se mettre dés à présent en possession de cette couronne , sou* le prétexte de son prétendu titre, ainsi qu’elle l’a fait jusqu’à présent , comme ou le voit manifestement par les lettres et conspirations interceptées, et principalement par ces derniers troubles en Ecoxvc , orcasiotiés rnde renient par ses insinuations, et qui ont donné pleine carrière à la méchanceté de tous les ennemis de sa majesté la reine; si bien qu'il parait que celte mauiere de garder la reine d'Ecosse avec le même nombre de prrsounes qu'elle a actuellement , et avec la liberté d’écrire et de recevoir des lettres, le loin bien considéré, est offen sanie pour les princes amis de ladite reiue; plutôt dommageable que profitable à sa majesté la reine , et qu’elle serait la source de toutes ces pratiques qui peuvent meitre en danger la personne et l'étal de sa majesté, et par conséquent cette voie ne peut point être agréée.
2. Quant au sn ond moyen : de la resserrer plus étroitement, et de restreindre le degré de liberté dont elle a joui jusqu'à présent.
Cela pourrait , du premier coup d'œil , présenter un remède tout-à-fait convenable pour arrêter le cours des pratiques dangereuses qu’elle a jusqu’ici fomentées; car il est certain que ce remède pourrait être fort salutaire, si par- là le royaume d’Ecosse était aussi dévoué à sa majesté la reine d’Angleterre qu'il l’était il y a quelques
années, el ii te roi de ce royaume ri 'était pas disposé, tant pour la délivrance de sa mrre, que pour favoriser leur prétendu litre A l'un et A l'autre, A former quelques entreprises contre ce royaume et sa majesté la reine, eu quoi il n'aurait faute ui d'assistance étrangère , ni d'un parti dans l'intérieur de ce royaume. Mai* ce roi cl ce royaume étaut dans les dispositions où ils sont actuellement , celle voie de resserrer plus étroitement la reine d’Écosse. au lieu d’apporter quelque reinede, serait capable de fomenter les iticonvéniens suivait» :
Premièrement , elle augmenterait les griefs tant du roi d'Écosse que des autres pnnees ses amis , qui seraient offensés de celle contrainte.
Secondement , cela leur donnerait de juslfs raisons de prendre quelques mesures pour obtenir le redressement de leurs griefs.
Entin, il u'est pas douteux , qu'en ôtant ainsi toute espérance de ta liberté de la reine d’Écosse, cela ne provoque quelque personne malintentionnée el désespérée à former quelque entreprise contre la personne de sa majesté la reiue (chose qui, par-dessus tout, mérite d’étre pesée mûrement), lequel inconvénient étant dûment considéré, il parait manifestement que la contrainte de la reine d'Écosse serait vraisemblablement un remède qui pourrait donner lieu à de très fâcheux évéueinens.
3. la? dernier point , savoir , s'il serait à propos de mettre ladite reine d'Écosse en liberté , présente quelques raisons de douter sur la forme de cette liberté ; savoir eu quelle manière cette liberté doit lui être rendue , soit eu continuant de la retenir dans ce royaume, soit eu la rétablissant dam son propre pays.
Mais cette proposition doit d'abord être examinée en général, avant que d’en balancer toutes les particularités.
Car il est très difficile â un bon et bien affeciionné lu jet , qui a pour but la sûreté de sa majesté la reine , et qui fait attention soit au naturel de la reine d’Écosse portée à l'ambition el A la vengeance, soit A ses actions précédentes et aux pratiques c|u»lc a établies sur le pied le plus dangereux pour sa majesté la reine et ce royaume, puisse consentir A la liberté de la reine d'Écosse, n'étant point instruit des circonstances que le temps peut avoir amenées pour rendre celle liberté moins dangereuse qu'elle ne l’aurait été ci-devant, ni quelles cautions on peut en aucune manière se procurer pour se mettre à couvert de l’ambition et de la méchanceté de la reiue d'Écosse Et eu conséquence , pour mettre ceci dans toute •on évidence,
Il est à observer, que tout le danger qu’on apercevait de la part des autres , on l'aperçoit aujourd'hui de la part du roi d'Écosse. |l prétend au même titre que la reiue sa mère; il a tant chez lui qu’au dehors les mêmes gens A lui affectiouués autant qu'A sa tuere , et il est d'autant plus dangereux qu’il n’est point marié , ce qui peut grandement avancer ses affaires, qu'il est un homme, et qu’il peut eutrer en action en sa propre personne : au lieu qu’elle est prisonnière, pendaot qu’il est en liberté, bon propre royaume est aujourd’hui entièrement à sa dévotion, ri le parti affectionne A la couronne d’Angleterre C»t abaissé : en sorte que le tout bien considéré, ni la liberté de la reine d'Écosse, ui le parti qu’ou prendrait de la resserrer plus étroitement, ne pourront point changer les chose» relativement aux périls qui peuvent
en résulter pour sa majesté la reine, A moins que dans les promesses qui seraient stipulées avec la reine d’Écosse , au moyeu d'uu traité qu’on ferait avec elle, on ne pût ausfti pourvoir au danger qu’on aurait lieu de craindre de la part du roi ton fils.
Mais on pourra peut-être A ce sujet faire cette objection , que tant que la mère sera entre les mains de sa majesté, le roi d'Écosse u’oscra rien entreprendre dans la% crainte du danger auquel il exposerait sa mère.
On peut répondre à celle objection : premièrement , qu'ils espèrent que sa majesté la reine étant une princesse portée A la clémence ne voudra point punir la mère pour les offenses du fils, A moins que, sur de bonnes preuves, elle ne fût trouvée coupable conjoint etnenl avec lut; secondement , qu'en considérant l’importance du roi d’Ecosse par rapport A son expectative A la couronne d’Angleterre, on ne se pressera pas de conseiller aucune chose qui , dans les temps A venir, pourraient être dangereuses pour ceux qui auraient donné des conseils qui pouvaient tendre A mettre sa mère en danger.
El en dernier lieu, la résolution de faire périr la reine d'Écosse, pendant que son fils lient la campague, étant fortifiée tant par des assistances étrangères que par le parti qu'il a ici dans le royaume . doit parallre un remède d'autant plus insuffisant que, par les raisons susdites , on ne suppose point qu'on veuille se porter A une pareille extrémité : el ce remède d’ailleurs pourrait déterminer le roi d'Écosse et son parti, et les porter A procéder avec plus de courage et d'ardeur A la vengeance, l l'on prenait ccs mesures de cruauté contre la relue
On peut encore objecter que la liberté rendue à la reine d'Écosse pourrait grandement encourager les papistes tant au dedans qu’au dehors; mais si l'on veut, sur ce , considérer les précautions qui peuvent être prises par le parlement, tant ici qu’en Ecosse, on apercevra que tes papistes auront plutôt des raisons de découragement que de inconfort.
Après avoir ainsi résolu ces deux doutes , après avoir aperçu manifestement que les dangers qu’on peut craindre de la part de la mère sont encore plus A craindre de la part du fils, et avec de plus grands inconvéniens; en considérant aussi qu'en pesant tous les remèdes qu’on peut apporter pour prévenir ces dangers, la liberté de la reine d'Écosse peut raisonnablement laisser des doutes sur la réalité du danger, on apercevra que la liberté de cette reine peut faire plus de bien que de mal.
Il reste actuellement à déterminer de quelle manière celte liberté doit lui être rendue. St l'on juge qu’il soit A propos de la laisser dans ce royaume avec quelque restriction, spécialement dans celle place où elle réside actuellement, le pays des environs étant infecté comme il l'est par rapport A la religion , il est fort A craindre que cela ii 'augmente beaucoup la corruption et l'apostasie A sou sujet , sans compter qu’elle aurait l'occasion d’entretenir des intelligences dans ce royaume plus facilement et plus promptement que si elle était dans son propre pays.
St on lui rend au dehors une liberté indéfinie, soit en Écosse , soit en France , alors sa majesté la reine perdra le gage de sa propre sûreté ; alors la reine d’Écosse se trouvera A portée de donner des avis pour l’encouragement des pratiques établies pour susciter des troubles eu
ce royaume , et dans lesquels elle a joué le rôle prin • cipal.
Quant au premier point, on a répondu ci -dessus que la considération des dangers que pourrait courir ta reiue d'Écosse o 'arrêterait son fil* en aucune manière. Quant au second point , si l'on considère le mal que ses propres avis pourraient lui faire à elle-même par rapport au violentent du traité et aux précautions que le parlement d’Angleterre pourrait prendre à ce sujet , il e*t à croire qu’elle cherchera à être mieux conseillée avant que d’entreprendre des choses qu’elle peut faire actuellement sait» aucun danger : sans compter que le* princes qui ont engagé pour eile leur foi et leurs promesses ne peuvent point avec honneur lui donner leur assistance ; en quoi le roi de France ne s’est pas fort mis en avant, puisque depuis peu il a rejeté, de la manière la plus amicale pour vous, toutes les demandes qui lui ont été faites, tant de la part de la reine d'Ecosse que de celle des ministres du roi son fits, et qui pouvaient en aucune manière oftensrr sa majesté la reine. El ainsi , pour conclusion , lorsqu’on verra que la cause des griefs de la reine d’Écosse ne subsistera plus; que le roi de France, qui a été médiateur pour elle, est satisfait, et qu’il désapprouverait que, par aucune intrigue avec l’Espagne , cette reine fût induite à manquer à sa parole ; que les autres princes n’ont aucun juste sujet de s’offenser, mais plutôt lieu de penser honorablement de sa majesté la reine, en considérant la conduite de la reine d’Écosse envers elle, conduite qui ne méritait en aurunc manière une pareille bienveillance; les nobles d’Écosse pourront être rétablis; ce qui serait très utile pour tenir en bride crox dont les conseils tendent à troubler ce royaume, surtout lorsqu'ils peuvent l'appuyer sur un aussi bon fondement que la garantie du parlement : on pourrait éviter les brigues cl dangers que la reine d’Écosse pétri avoir fomentés dans ce royaume ; et enfin l'espérance des papistes leur serait enlevée par les meilleures précautions qu’on pourrait prendre dans les deux royaumrs : et par-là , les périls qui pourraient menacer h personne même de sa majesté la reine, objet qui mérite plus qu'aucun autre d’élre mûrement considéré, seront évités, lorsque les papistes apercevront que par le changement qui pourrait subvenir, par ces menées impies et scélérates, ils ne verraient leur sisualiuu en aucune manière améliorée sur le fait de la religion.
Baisons qui doivent engager sa majesté la reine
d' Angleterre à procéder au traité par l'entremise
du secrétaire ff 'alsingham
Parce que ce* conspirations, qui ont été inventées pendant ces dernières années, tendantes à susciter des troubles en ce royaume , sont venues de ta part des ministres et partisans de ta reine des Écossai* , et non saus le conseil tement et les menées de cette reine; ou ,
Parce que les moyens employés par Icsdiis ministres de la reine d'Ecosse, pour engager les princes à prêter l'oreille à ces conspirations, sont principalement fonde# sur une certaine commisératiou qu’on a de la captivité de la reine d’Écosse ;
Parce que les raisons qui ont empêché Icsdiis complots d’être mis à exécution, sont provenus de ce que lendits princes ont été la plupart embarrassés chez eux par des troubles domestiques;
Parce qU’aujourd'hui que leurs royaumes cninmenrcut à être tranquilles, il y a de fortes raisons de douter que quelque chose ne soit pas entrepris en faveur de la reine d'Écosse par lesdits princes ;
Parce qu’il est aussi à présumer que quelques-uns des partisans de la reine d'Écosse pourraient former quelque entreprise extraordinaire au péril de sa inajeslé la reiue :
Parce que, pour se prémunir contre ce* dangers, il est à propos que sa majesté la reine procède à la définition du traité depuis peu entamé cuire elle et ladite reiue d’Écosse.
N" XL1X
Lettre du chevalier Anus l'AULfcr.
Monsieur ,
Suivant vos ordres portés en vos lettre» du 4 de ce mois, je craiguai* de procéder à l'exécution du contenu dans le» lettres que M. Waade vous a adressées, pour le renvoi de* domestique# inutiles de cette dame, et pour se saisir de son argent : sur quoi j’avais pris la liberté (mais, en vain comme je le vois à présent) de vous écrire naturellement mon aris par mes lettres du 7 du courant , qui sans doute vous sont actuellement parvenues : mais sur la réception de votre lettre du 5, que je n’ai reçue que le K au soir, parce qu'on s'était trompé, ainsi qu'on le voit par le timbre; cl qu’après avoir été en chemin pour venir vers moi, elle était retournée à Windsor : j’ai considéré que si je n'étais accompagné que de me# propres domestiques seulement , on pourrait peiner qu’ils seraient gagnés pour dire tout ce que je voudrais leur nuni^nder ; et en conséquence, j’ai jugé à propos, peur ma plu* ample décharge en ce* affaires d'argent , de requérir l'assÎHtauce de M. Richard Bagou, lequel étant venu ine trouver le lendemain malin, nous nous transportâmes chez eette reine, que nous trouvâmes dans son lit, tourmentée, suivant non ancienne méthode, d'une fluxion qui lui était toml>ée sur uii côté du col, et qui l’avait privée de l'usage d’nne de ses mains; à laquelle reine je déclarai qu’à l’occasion de ses dernières pratiques, dans la crainte quelle n’y persistât en corrompant quelques membres vicieux de cet étal, j’avais reçu un ordre exprès de prendre son argent , de le garder eu me* mains, et d’en demeurer responsable lorsque, je serais sur ce requis; lui conseillant de me remet Ire tranquillement ledit argent. Après bien de* refus, de grandes exclamations, rt plusieurs paroles amères qu'elle proféra contre vous (saus compter toutes les injures qu'elle médit) en protestant que sa majesté la reine pourrait avoir son rorps, mais qu'elle n'aurait jamais sou cœur, et refusant de donner la clef de sou cabinet, j'appelai mes domestiques, et j’envoyai chercher des barres de fer pour enfoncer la porte, sur quoi elle céda ; et ayant fait ouvrir la porte, j’y trouvai dans les t'offres mentionnés dans le détail de M. Waade. cinq rouleaux de grosse toile, conleii.iiii cinq mille écus monnaie de France, et deux sacs de cuir, dans l’un desquels il y avait en or cent qnaire livres deux srheliings, et dans l'autre trois livres sterling cri argent . lequel sac d'argent lui lut laissé, elle a:finnant qu'elle n'avait pas plus d’argent que cela d mis cette maison , et qu’elle était endettée pour les gage# «le ses domestiques.
Il est fait mention, dans la note de M. W. ade, de mis
rouleaux laissé» dan» b chambre de Curie 1 , en quoi je ne duule point qu'il lie ne «oit trompé, ce qui est évident tant par le» témoignage» et scnnei» de diverse» personne», que par de* conjecture* vraisemblables. Ce qu'il y a de vrai, c'est que non* n avons trouvé (dans cette rhimbre de Curie ) que deux rouleaux, chacun desquels contenait un millier ü'éciis, ce qui était le présent de cette reiue à la femme de Curie, lors de sou mariage. Il s’est trouvé dans la chambre de Naw, dans une armoire, une rli«lnc cst:mée du prix de rent livres; et eu monnaie un sw de neuf cents livres, H dans un autre sac deux cents quatre* vingt-six livres dix-huit srbellings; toutes les quelles peliirs *o urnes d’argent monnayé ont été mises eu des sacs, et scellées par >1 Richard Ba ;ott, à l’excep* iioii de cinq cents livres de l'argent de Pïàw, que je garde ni mes mains pour I usage de sa maison , et qui pourront être remboursée à Londres, où sa majesté pourra les assigner sur l'argent reçu dernièrement à l'échiquier par un de mes domestiques. Je craignais que pendant tout ce temps ces ge ps-ci n eussent détourné cet argent , ou qtt il* ne l’eussent caché dans quelque coin secret ; sur quoi j'ai ordonné que tous les officiers de cette reine, depuis le pli» grand jusqu'au plus bas, fussent gardés dans le* différa» endroits oh je les avais trouvés, en sorte que *i je n'avais pas trouvé l’argent sans être trouble dans q»es recherches, j'aurais été obligé de fouiller leurs logetnens, et ensuite leurs propres personnes. Je remercie Dieu de tout mon cœur, comme d’une grâce singulière, de ce que cela a si bien réussi, craignant que si cela s'était passé autrement , sa rpajesté b reine n’eût été portée à concevoir de moi quelques idées désavantageuses
Uuam à la dispersion des domestiques de cette reine, j'ai confiance que ce que j'ai fait suffira pour la satisfaction de sa majesté la reine dans le moment présent , auquel je lie pouvais pas prendre une détermination absolue jusqu'à ce que j'eus* encore reçu de vos nouvelles ; soit à cause que suivant la lettre de Al. Waade, sa majesté la reiue s'cii rapporte à vous pour examiner lesquels, parmi ceux qui sont destitués de leurs offices, doivent être renvoyés chacun eu leurs demeures et pays, sur quoi il me (tarait que vous avez oublié de donner votre ÿv»; soit parce que, sur i’éiat de la maison de la reine d’fccosse, qui vous a été envoyé, je n’ai point encore jusqu'à présent reçu de réponse de vous pour me faire savoir votre résolution au sujet des personnes que vous youlez assigner pour être congédiées. Voici donc seulement ce que j’ai fait. J’ai ordonné que tou* ceux menlumiés dai» le billet ci-joint fussent gardés dans trois ou quatre chambres capables de les contenir, et que leur ipanger et leur boisson leur fussent apportés par mes domestiques. Vous aurez pour agréable de me faire savoir par vos prochaines lettres, en quelle manière et pour quels endroits je dqis leur délivrer des passe-ports, comme aussi, dans le cas ou ils diratenl qu’ils ne sont point payés de leurs gages, ce que je dois faire à ce sujet. On a dit qu'ils avaient accoutumé d être payés tous les ans à Wocl. La dépense de sa majesté la reine peut être un peu diminuée polir le renvoi de ces gens-là, et ma commission sur ce point deviendrait beaucoup plus aisée à rem-
! Curie peut vous dire b vérité de ce fait.
pjir 1 . Mais toutes ces personnes, à l’exception de Rastian, sont si simples et si bêtes, qu’il n’y a pas beaucoup lieu d’appréhender leurs pratiques; et, sur ce fondement , j'étais d’avis dans mes lettres précédentes que tout ce train cungédié aurait pu suivre sa maîtresse jusqu’à la première fois qu'on la fera changer de demeure, et qu’alors on les aurait (oui d'un coup démis de leurs offices , de peur que ce changement de demeure ne pût être différé. si elle pouvait craindre ou prévoir quelques mesures de i igurur.
Je laisse à d’autres à chercher, comme ils le pourront , des excuses à leur sotte compassion : quant à moi je renonce à toutes les joies du ciel , si daus aucune chose que j'ai dite , faite écrite ou j'ai eu aucune autre vue que l’avaucernent du service de sa majesté la reine : et ainsi je vous prie instamment d’être ma caution sur cela, comme aussi sur ce que ni M. Manncrs , ni les autres commissaires, ni nioi-métnr, nous ne nous sommes point emparés de l'argent. J’ai confiance que M. Waade aura, avec tout le respect convenable, répondu pour toute la compagnie qu’aucun de noys ne s’est ingéré de penser que . notre commission ne regardant que les papiers, nous pussions avoir la hardiesse de toucher à l'argent, en sorte qu'il n'jr a pas, à ce que je crois, été question de tout cela ; et comme vous savez que je n’étais pas commissaire pour cette recherche, mais que j’avais les mains pleines à Tyxball, vous savez aussi que des serviteurs discrets ne sont point empressés à traiter les grandes affaires sans ordre, et surtout lorsque les choses sont telles qu il u'y a aucun danger dans le délai.
L’avis que vous me donnez de cet heureux changement de demeure a été pour moi d'une grande consolation. Je ne dis pas pour ce qui me concerne moi -même, car mes intérêts ne peuvent en aucune manière entre eu comparaison avec la sûreté de sa majesté la reine et la tranquillité de «e royaume. Que le Seigneur accorde le prompt et heureux cfret de ces pieux et judicieux conseils : et sur ce , je vous recommande à sa divine et miséricordieuse protection.
De Cbartey, 10 septembre 1588,
Copie (T n ne lettre de* comtes de Snsewssury et Krurr, etc.,
au conseil de u majesté la reine, au sujet de leurs procédés par rapport à la mort de b reine d'Écouc.
Vos bonnes et honorables seigneuries auront pour agréable d’être averties que le samedi 4 du présent mois , Robert Rcale vint à la maison de moi comte de Rent, en la comté de , auquel Beale furent délivrées les lettre et commission de vos seigneuries , et montrée la commission de sa majesté : sur quoi je , comte de Kent , envoyai des ordres pour arrêter res poursuites à cor et à Cri, qui avaient jeté le trouble en ce pays, requérant les officiers de faire arrêter tous ces gens , porteurs de ces ordres sans noms, ainsi qu’il y en avait eu ci-devant, et de les conduire au plus prochain juge-de- paix , afin que sur l’examen qui serait fait de ces gens-là , la source et les causes de ces rumeurs séditieuses pussent être aussitôt
* Celle dame a actuellement une tonne somme d’argent entre ks uiams de l’ambassadeur de France.
apparentes et connue*. Il fut aussi résolu que moi , susdit comte de Ketil , irais le lundi suivant A Lylford , clic; M Elmes, pour être plus prés et plus A portée de conférer avec milord Sbrewsbury. Le dimanche au soir je, Roliert Reale, vins A Folhcringay , où après avoir communiqué la commission , elr., à nous Amias Paulet et chevalier Drue D< ury , attendu que le chevalier A. Paulet était depuis peu rétabli, et qu’il n’était point encore en état de sc rendre chez le comte de Sbrewsbury, qui était alors à si\ milles de là, & Orton , il fut juge A propos que nous , chevalier de Drue Drury et Robert Beale , allassions vers lui , ce que nous fîmes le — au malin ; et en lui délivrant la commission de sa majesté et la lettre de vos seigneuries, nous lui communiquâmes ce que le comte de Kent et nous jugions le plus convenable en cette affaire, priant sa seigneurie de venir ici le jour suivant , pour conférer avec moi , susdit comte de Shrewsbury. au sujet de ladite affaire;cc que sa seigneurie promit. Et pour rendre la chose plus authentique, je, susdit comte de Sbrewsbury , envoyai vers M. Reale un juge de paix du comté de Huntingdon ci-adjacent . auquel je 6s part de cet ordre que Robert Reale avait de vos seigneuries pour arrêter les poursuites à cor et A cri, le requérant d’en donner connaissance A la ville de Peterborough et spécialement aux juges-de-paix de la province de Uuntingdon, et de faire arrêter ces poursuivant et porteurs de tels ordres, et de les faire conduire au juge de paix le plus prochain, et de venir le mercredi matin au château de Folheringay nous rendre coiur •de ce qui avait été fait et de ce qu’on aurait pu appr- v<tre des auteurs de ces rumeurs. Lecu.t pareil ordre je, chevalier Amias Paulet , ai aussi donné lundi matin , en cette ville et dans les autres endroits voisins. Le même jour au soir, le shérif du cointé de Norlhampiou , sur le reçu de la lettre de vos seigneuries, vint à Arundcl , «des lettres furent envoyées à moi , comte de Kent, pour me donner part des intentions du comte de Sbrewsbury et de son arrivée ici uvardi sur le midi ; et d'autres lettres turent aussi envoyées , avec le consentement de leurs seigneuries, au chevalier Édouard de Montagne, au chevalier Rtcnard knighlly, à M. Thomas Brudeneli , etc., pour être ici mercredi à huit heures du matin, auquel temps on pensait que l'exécution serait faite. Partant, le mardi, nous, les comtes, vînmes ici, on le shérif vint nous trouver ; et , sur la conférence qui se tint entre nous, il fut résolu que le soin d’envoyer chercher le# chirurgiens et autres choses nécessaires serait à lui «munis pour ce lemps-lA. Et aussitôt nous nous transportâmes chez elle, et d’abord en la présence d’elle-méine et de ses gens, afin qu’ils pussent voir et redire dans la suite qu’on n’avait pas autrement procédé «mire elle que suivant la loi cl la forme prescrite par le statut fait en la vingt-septième année du régné de sa majesté, ou jugea à propos de lui faire lecture de la commission de sa majesté ; et ensuite , par diffémts discours, elle fut engagée à se préparer pour le lendemain matin. On lui rjppela aussi le souvenir de sa faute, de la manière honorable dont on avait procédé avec elle, « de la nécessité où sa majesté se trouvait de profiter à l’exécution, puisque d’ailleurs on voyait qu’elles ne pouvaient pas toute# les deux exister ensemble : et cependant que, depuis que le lord Buckhurst était ici, on avait formé de nouvelles conspirations , c; que cela serait
toujours de même; par conséquent , que puisqu’il y avait déjà du temps qu'elle avait été avertie par lesdits lord et Robert Beale , de #e préparer â mourir, nous ne doutions pas qu'elle ne s'y hH disposée par avance , et qn’ainsi elle ne voulût prendre ce message-ci en bonue part. Fl afin qu’on ne dit pa* que le devoir de chrétien avait été négligé, et pour que cela pût faire sa consolation et procurer le salut tant de son corps que de son âme en l’autre monde, nous lui déclarâmes que, si elle voulait conférer avec levêque et doyen de Pctcrborougb, elle le pouvait ; auquel doyen nous avions à cet effet assigné un logement â un mille de celte place-ci. Sur quoi, en se signant du signe de la croix , au nom du Père , du Fil* et du Saint-Esprit , elle répondit en ces tenues: a Qu'elle était disposée à mourir dans la foi catholique romaine qup ses ancêtres avaient professée et dont elle ne voudrait jamais être détournée. » El malgré tout ce que nous pûmes dire pour lui persuader le contraire, nous ne pûmes rien gagner sur elle ; et en conséquence, lorsqu’elle nous demanda de lui faire venir son prêtre , nous le lui refusâmes absolument. Ensuite de quoi, elle demanda à savoir quelle réponse nous avions fur sa première demande â sa majesté, au sujet de scs papiers d’affaires et de la disposition de son corps. Sur le premier article, nous n’eûmes d’autre réponse à faire, si ce n’est que nous pensions que, si ses papiers n’avaient pas été ci-devant envoyés, ils devaient être en la garde de M. Waade, lequel était actuellement en France: et que . jugeant que ces papiers ne pouvaient être d’aucun intérêt pour sa majesté la reine, nous ne doutions point qu’ils ne fussent remis à celui qu’elle voudrait nommer pour les recevoir, attendu que pour ce qui nous concernait, nous regardions comme indubitable que sa majesté ne voudrait en aucune manière profiter de se* effets, et que, par conséquent (suivant notre opinion), elle pouvait mettre par écrit ce qu’elle voudrait qui fût fait et que cela serait communiqué à sa majesté, de laquelle elle et tous autres pouvaient attendre toute sorte de courtoisie. Pour ce qui est de son corps, nous ne savions point la volonté de sa majesté , « parlant nous ne pûmes pas lui dire que sa demande lui serait refusée ou accordée. Quant aux intrigues de Rabinglon, elle les nia absolument, et elle voulut en inférer que sa mort était à cause de sa religion ; sur quoi il fui aussitôt par nous et plusieurs fois répliqué que, depuis bien des anuées, elle n’avait pas été fort touchée de la religion et qu’elle ne l’était point encore actuellement ; mais que cette procédure contre elle était pour trahison, de quoi elle était coupable, pour celte horrible conspiration tendante à la destruction de la personne de sa majesté ; ce qu’elle nia de nouveau , ajoutant eu outre que, bien qu’elle pardonnât ellc-méine aux auteurs de sa mort, cependant elle ne doutait pas que Dieu n’en tirât vengeance. Et lui ayant allégué les dépositions de Naw et de Curie comme preuves de ce fait contre elle, elle répondit : qu’elle n’accusait personne, mais qu’après qu’elle serait morte et qu’eux ils seraient restés en vie, on verrait avec quelle insouciance on l’avait traitée et les mesuref qu’on avait prises A son égard ; et elle demanda si l’on avait jamais entendu parler d’une pareille chose, qu’on employât des dôme» tiques pour accuser leur maltresse ; et sur ce , elle de manda ce qu’ils étaient devenus et où ils habitaient.
Après que nous fûmes sortis de chez elle, attendu
qu'il était porté par la commimion , que la charge de ta personne était eu la disposition de nous les comtes, nous demandâmes au chevalier Amias Paulel et au chevalier Drue Drury, de se charger pour cette nuit de la Fonction qu’ils avaient eue précédemment , de disposer la quantité de soldats nécessaire pour veiller cette nuit, de faire renvoyer tous les gens de la reine d'tcosse, et de donner ordre que seulement quatre d’entre eux pussent être présens à l’exécution, lesquels demeureraient â l'écart, et seraient gardés par de certaines personnes, en sorte qu'ils ne pussent pas approcher d’elle : savoir, Melvil, son intendant, le médecin, le chirurgien et l’apothicaire.
Le mercredi au malin, après qne nous, les comtes, nous nous fûmes rendus au château, et que le shérif eut préparé dans la salle toutes les choses nécessaires pour l'exécution , il fut ordonné audit shérif d'aller dans sa chambre à elle, cl de la faire descendre dans l’endroit oti nous étions présens , nous qui avons signé cette lettre; savoir, M. Heurt Talbot, écuyer; le chevalier Édouard Montagne, chevalier, son fils et héritier présomptif; et Guillaume Montagne, son frère; le chevalier Richard Knighîly, chevalier: M. Thomas Brudenell ; M. Beuil ; M. Robert et Jean Wingcfield ; M- Forest et Rayner; Benjamin Piggot; M. le doyen de Pelerborough et autres.
Au bas de l'escalier elle s’arrêta pour parler tout haut à Melvil, en notre présence, à cette fin: « Melvil, comme
• tu as été pour moi nu honnête serviteur, ainsi je le prie «de continuer de l’être pour mon fils, et de me recoin -
• mander â lui. Je n’ai poiot attaqué sa religion ni la religion des autres, mais je lui souhaite toutes sortes de « prospérités : et ainsi que je pardonne à tous ceux qui
• m’ont offensé en Écosse, je veux aussi qu’il leur par- « donne, et je prie Dieu qu’il leur envoie son Esprit- « Saint, et qu'il l’éclaire *. » A quoi la réponse de Melvil fut, qn’il ïç ferait ainsi; et que, lorsqu’il le ferait, il
» Lettre de la reine Marie à Elisabeth , éçrite après sa sentence de mort , tirée du martyre de cette prinçessç , et de Brantôme. *
'•J ilfctrobrr |SS$,
M au DIB,
« J'apprnnU que je fuis condamnée â mort, contre tontes t les lois divines et Imrn.ime* : je suis reme connue von»,
• madame: mie seine n'a point droit d'en juger une autre. « Pouvez-vous dire que lücu vous ait donné « Ile autorité ? Il « a établi es rois pour juger le» boni un s; niais lui seul s est
• réservé le pouvoir de juger les rois : vous avez alienlé , ina-
• dame, au droit de bien, cl vous avez renversé l'ordre qu'il
• a établi dans le monde. Quelle confusion n'y introduirait pas
• un roi qui, non content de dispenser ki justice dans son
• royaume, voudrait la dispenser dans lui autre, et entre- « prendrait déjuger Us rois qui doivent y régner? Il dirait â
• Dieu : Seigneur , vous avez établi 1rs rom pour juger bu « hommes . et vous vous êtes arrogé te droit déjuger le» rois ;
• voilà les limites que vous avez prescrites , semb' alites â crlt s
• que vous avez mites à la mer ; c’est pour cela que vous dites
• que vous êtes le roi des rois ; J’ai «yvi pourtant que je pouvais « m'attribuer votre litre, en jugeant mie reine. Croyez-vous, » madame , que vous seriez bien fondée en parlant ainsi au Dieu « vivant ? Comment justifierez vont l’audace avec laquelle vous
• Ou ■ m dfwlr la rappnrtrr irt, jvwir nirttir le Irrlrvr en Mal d» Jufcr S* *aa dtifMJMUoni a U «o« «l'un* «nw u
| prierait Dieu de l'assister du secours de son Esprit-Saint. Alors elle demanda à parler â son prêtre , ce qui lui fut refusé , d'autant qu’elle était arrivée avec l'attirail superstitieux de deux chapelets et d’un crucifix. Ensuite elle demanda d’avoir se* femme* pour l'aider; et sur ses instances, et ce qu'elle dit qu'elle avait lu dans les histoires , que lorsque d’autres dames avaient été exécutées , on leur accordait des femmes pour les assister, il lui fut permis d’en avoir deux auprès d'elle, lesquelles étaient mesdemoiselles Carie et Kennedy. Après qu’elle fut avancée sur l’échafaud, ou lut d’abord tout haut, en présence de tous, la commission de sa majesté la reine. Ensuite M. le doyen de Peterburough , suivant les ordres qu’il avait reçus la veille au soir de nous les comtes, voulut lui donner de pieux averlissemens , de se repentir de scs fautes, et de bien mourir dans la crainte de Dieu et la charité envers tout le inonde^ Mais , dès l’abord, elle refusa de l’entendre, disant que ce qu’elle était, elle voudrait qu'il le fût aussi, et qu’elle priait Dieu qu’il devint catholique ; et que ce serait une folie de chercher â l’ébranler, étant aussi résolument déterminée , et que nos prières ne lui seraient d’aucune utilité. Sur quoi, afin qu'on pût apercevoir clairement que nous et toute rassemblée avions chrétiennement lo désir de la voir bien mourir, une oraison de piété, composée par monsieur le doyen, fut lue et prononcée pariions tmi*. «Qu'il plût à Dieu le tout-puissaut de lui envoyer «son .Saint -Esprit et sa grâce, et qu’ainm, si c'était sa vo-
• lonlé, qu’il lui pardonnât toutes ses offense*, et que par
■ sa miséricorde il la reçzU dans son royaume éternel et
■ céleste : et finalement, qu’il répandit se* bénédiction* « sur sa majesté la reine, cl qu’il confondit tousses eime- « mis. > De quoi monsieur le doyen, qui est dam l'intention de se rendre incessamment vers vous, pourra montrer une copie â vos seigneuries.
Gela fait , elle prononça â genoux une prière à peu
« avez usurpé un droit qu’il s’est réservé? Ignorez- vous, v madame , qu’il est horrible de tomber entre le» mains d’uu
• Dieu jaloux de son autorité , â laquelle ou a attenté? Voilà
• madame . ee qui regarde la forme du jugement.
• Quant au fond . comment avez-vous pu me convaincre de* . crimes dont vous m’avez accusée, sans m’avoir reculé ni « cunfionté les témoins? L’iulcrrugatoiiT que v mis m’avez fad
■ subir n'est |us la partie la plus essentielle du procès. Pour-
• quoi dit -on que le témoin est le juge de l’aremé ? c’est que « sa déposition est son jugnnrni ; il y trouve ou ton absolution. « ou m eondarunat km , quand le témoin se eontorme â la vf-
• rité. Ainsi , s'il s’en écarte, ou qu’il veuille ta «Uroher eniiè- « muent , on ouvre une vote à l'accusé . par le récolement et la « confrontation, de ramener le témoin â la vérité, et pour le
• confondre. Lui refuser cette voie de droit , c’cat l’opprimer, « c'est vouloir le condamner, en le désarmant des moyens de « sc défendre. Vous eu avez usé de même snr le chef de U
• conspiration dont mis in'avcz accusée, contre votre état et
• votre personne.
• Il parait d’abord impossible que dans tna prison J'aie pu « tremper dans ce crime, puisque tome* les lettre* que j'éeri- « vais , et qu’on me rendait , passaient par le» mains de ceux
• â qui ma garde était confiée. Ils n'auraient pas permis que
• j’eusse lué d’aucun chiffre, par le droit qu’ils croyaient avoir « de voir tout mes secrets. Tool coque j’ai fait n 'aboutissait t qu’à me procurer la liberté. Si Je suis criminelle, ton* iet « prisonniers le «ont. Voilà votre conduite envers moi, madame;
• permettez -moi de vous la présenter sous sa véritable face.
• nsrséculéc, opprimée par mes iujcU . échappée de la prison
p rè* en cef ter m« : « Qu'elle priait Pieu de lui envoyer
■ non Esprit-Saint; qu’elle avait confiance de recevoir «ion salut dana le sang de Jésus-Christ , et qu’elle attendit de sa grâce qu’elle serait reçue dans son royaume « céleste , et qu’elle priait Dieu de pardonner à ses en- « nemis, ainsi qu’elle pardonnait : de détourner sa colère « de dessus ce pays , et de répandre ses bénédictions sur
■ sa majesté la reine, en sorte qu’elle pût le servir : çonune aussi de regarder son fils dans sa miséricorde;
■ d’avoir compassion de sou église; et bien qu'elle ne «fût pas digne d’étre exaucée, elle avait neanmoins «confiance en sa miséricorde , et qu’elle priait tous les f saints de prier son Sauveur de la recevoir, r Ensuite , se tournant vers ses domestiques , elle leur demanda de prier pour elle que son Sauveur voulût la recevoir. Alors, sur la demande des exécuteurs, elle leur pardonna, et elle dit qu'elle était bien aise que la fin de tous ses inalbeurs fût aussi prochaine. Ensuite elle désapprouva les cris et les pleurs de ses femmes, disant qu’elles devaient plutôt rendre gTâces à Dieu de ce qu’il lui donnait autant de résolution; et Ira embrassant, elle leur demanda de sortir de l'échafaud, et elle leur dit adieu Alors elle se mit courageusement â genoux , et ayant les yeux bandés avec un mouchoir, elle tendit le col : sur quoi l’exécuteur procéda. Ses domestiques furent aussitôt renvoyés, et des ordres furent donnés pour qu’aucun n’approchât de son corps , mais qu'il fût embaumé par le chirurgien nommé à cet effet : et au surplus, sa croix, ses habillemeus, et autres choses, sont gardés ici, et
« où ils avaient eu l’audace de me retenir , je me réfugie dans
• votre royaume , je me jette entre vos bras , vous m’embras- « s et pour m 'étouffer. A qui faites-vous ce traitement? à une « reine que vous appelez sœur , à qui vous avez envoyé un
■ diamant pour gage de votre amitié. Ai **• dû m’atteudre à « un pareil retour de la vôtre ?
« Après vous avoir exposé toute mon accusation devant Us yeux « en peu de mots, ainsi que les sujets essentiels que j’ai de me
• plaindre, je me borne à présent aux grâces que j’ai â vous dei mander Je passe légèrement sur toutes les indignités qu’on m’a « fait essuyer en voire nom dans ma prison • ; le détail en *e- « rail trop long. Puisque vous renfermez ma vie dans un court « espace de temps, permettez que mon aumônier me prépare « â la mort, et me ménage les seer.urs spirituels qui me sont « nécessaire* , jusqu'à ce qu’il ail recueilli nies derniers sou- « pir*. Souffrez que je sois servie de deux femmes de chambre, « auxquelles il oe soit pas permis de m’abandonner. Que je « meure publiquement , surtout en présence de wrj domesti- « que*, afin qu’ils puissent rendre témoignage dénia mort
• dans la rriigion catholique , apostolique et romaine, dont « je fais profession. Ne m’enviez pas cette gloire dont je suis
• extrêmement jalouse. Si vous avez quelque vestige de IVm- « cnn oc amitié que vous m’avez témoignée, qu’il soit permis
• à mes domestiques de se retirer librement cl de jouir de la « petite récompense que la pauvreté où je suis m’a permis de « leur laisser. Que tnpn corps soit porté ou France pour y être
• enterré. Voilà les grâces que je vous demande , par les liens
• de notre parenté , par la mémoire de llrnri VIII. notre aïeul « commun , par la qualité de reine que je porterai jusqu’à ma « mort . et que le public lira sur inoti tombeau . quand on ne « me ta donnerait pas.
« Je uç finirai point cette lettre uns rappeler que vous avez
• En drmaodant h cwnt* de Shrrwiborj U liberté de mettre ordre k te* •fliiro domratU{u«e : • Km , non , lui répoodit-il bruequrnrat , tenem «mu •prête , madame . demain entre le* irpt ou huit hearra , on ne prolonger* pu •I» delà, d'on moment.. B'nntomi. Cfttf rfpMtte >r Ut a Ij reine âpre» 14 •taie me de moi
n’ont point été abandonnés à l’exécuteur, > cause de* incpnvénien* qui pouvaient en résulter, mai* il fut renvoyé, pour être récompensé, i ceux qui l’avaient envoyé ici.
Telle a été la forme de no* procédé* en cette fonction, de quoi nous avons jugé à propos de donner avis à vos seigneurie*, d au* le plu* grand détail qu’il nou* a été potlibîe pour le moment présent ; et de plu* , nous avon* trouvé bon de lignifier en outre à tos seigneuries que , pour éviter tou* sinistres et calomnieux rapports qui pourraient être fait» au contraire , noui avons ordonné qu’une note de ce fût â cet effet rédigée par écrit , laquelle nous, susdits lords, avons signée et fait signer par tou* le* autres chevaliers et gentilshommes qui étaient ici présens à ceue action. Et sur ce unus prenons poire congé, en priant Dieu le tout-puissant qu’il comblp de ses bénédictions sa majesté la reiue , qu’il lui accorde un règne heureux , et qu’il confonde tous le* ennemis de Dieu et tuus ceux de la reine-
Du ch âi eau de Fütberingay, le huitième de février 1587, en diligence.
Aux ordres de vos seigneuries.
Ce papier, ainsi que quelque* autres contenus en cet Appendice, sont tirés de la collection faite par M. Craxvford deDrumsoy, historiographe de la reine Anne, laquelle collection est actuellement dans la bibliothèque de la faculté des avocat*. Le copiste de M. Crawfortl a négligé de faire mention du livre de la bibliothèque cotlonienne, où cela peut se trouver.
• secondé me» ennemis . qui m’ont ôtâ la ronronne pour la « transmettre à mou fils dans le berceau. J’ai été moins sen- » sibie à cette injure qu’à la douleur qu’un m’a causée en « éteignant sa tendresse pour moi, et en rÿlevaul dans une autre
• .eligion que la mienne. Songez que te seul intérêt de la vraie
• religion peut vous permettre de lui ravir le dépôt de votre
• couronne qui vous a été confiée. Dieu vous la fasse connaître ■ cette vraie retigton : tremblez, vous qui avez jugé une reine,
• en attentant au droit de facu* vous serez jugée par le Roi « des rots. »
Brantôme , dont on connatt la parfaite naïveté, dit avoir puisé toutes les circonstances qu’il rapporte de la mort de la reine Marie, dans l’ouvrage intitulé : Histoire et martyre de la reine d' Écosse, etc., imprimée à Paris chez Bichon . en 1589. par conséquent deux ans après la mort de celle princesse. L’authenticité du fond de «Ile lettre . que Robertson ne rapporte pas dans son Appendice, paraît d'autaot mieux fondée . que la plupart des faits qu’elle renferme sont conformes à la narration de cet auteur.
fragment tiré du mfme Brantôme, extrait /far fui , tiré de l'histoire du temps.
« Elle partagea à scs femmes tout ce qui poavoit lut rester
• de bagues . de carcans , de licites et arcoutremeus, leur di- « saut à tous que c’étott arec beaucoup de regret qu’elle n’a-
• voit davantage pour leur donner et récompenser; mais
• s’assurait que son fils saiurfiroit â sa nécessité , et pria son « mattre d’hôlet de le faire entendre à sondit fils , à qui cite « emoyoil sa bénédiction . le priant de ne point venger sa « mort , laissant le tout à Dieu à en ordonner, à ses divines
• volontés ; et dit adieu à tous , sans larmoyer aucunement ; « mais au contraire, les consolait, et leur disoit qu'il ne fal- « loit pas qu’ils pleurassent sur le point de la voir bienheu- « reuse en contre-échange de tant de malheurs qu’elle aToit « eus ; puis les fil tou* sortir de sa cbaïubre , réservé se*
• femmes, etc.»