‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 62 sur 116 · IG · texte numérisé non relu

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induit tn erreur. Je puis vous assurer aussi que celle reine a ilit qu'elle sait bien uiainlenaui que l'amitié de sa majesté la reine, ma souveraine, peu! faire plus eu sa faveur que c Ile de sa i;raiid’iiiere de France, el que désirant les obtenir (ouïes deux, elle ne veut pas perdre l'une pour l'autre. Je puis aussi assurer A votre honneur que dans toutes les occasion* celte reine prouve qu'elle a au fond du cœur quelque close qui éclate dans la circonstance, et prouve qu’il se seca passe entre elles quelqu'une de ccs choses qu’un ne saurait oublier.

Quelquefois dans des conversations avec moi, elle dit que la reine- incre aurait pu traiter les choses au l renient qu’elle ne le fait, et doute ton du succès qu elle obtiendra de son grand désir de toujours gouverner seule et de ne jamais ap,ir que d’après sa volonté. I>cs voyant aujourd'hui «lansde tels terme» ensmiblr, j'ai cru plu* convenable de continuer ia renie d'Ecosse dans ses soupçons, que de rien dire qui lui tu concevoir une meilleure idée de l’autre; et cependant je suis assuré que la reilie-mère recevra de celle reine-ci autant de lettre* amicales, aulaut de mots de tendresse que l'auire lui en a écrit. Si la reine-mère dira un mot A lord Liditiginu sur ce qu elle a écrit ici, c'est ce que je ue puis savoir; mai* si elle lui eu parle, je serais étonné que votre honneur lie le sût pas à son retour ou que rien ne 111*011 arrivât â moi -même ici par uu moyeu ou un autre II |H>urraii se faire que la reine-mère u'ait écrit tout c**la que pour savoir quelle réponse on lui fera, ou quelles sont ses disposition* envers la reine notre souveraine. La reine sait maintenant qu’on a envoyé le comte de Bothwell A Ixmdres. Klle eu a fait demander la raison par un de ses gentilshommes, .l'ai répondu que je 11 Vu connaissais pa* d'autre, sinon que ceux qui l'avaient pris étaient en débat pour savoir qui l'avait pris, et que ce débat serait jugé à l«ondns. Je sais qu'elle est très fâchée de ce qu'il n'est pas envoyé en Ecosse. Il est fort à craindre que s'il était dan* ce pays, il ne fût un instrument de mal. Si lord Lidington n*a pas été franc A ref égard avec votre honneur, il a un tort envers scs amis d’ici et surtout envers lui - même. Si jamais cet homme redevenait en crédit, ce serait un vautour qui dévorerait le royaume.

IX. Discours tenu pur HWiam Maitland de Letfungion, alors second secrétaire , dans le parlement tenu par notre souveraine, mère du roi, reine de ce royaume , au temps du reUd/Usscincnl de Mathieu , comte de Lerutox.

Milords, et autre* ici assemblés, bien nue par 1rs choses qu’il a plu â sa majesté de vous déclarer de sa propre Ih luétn* , vous soyez déjà suffisamment informés du sujet de cette convocation, cependant, ayant dosa majesté un mandement exprès de remplacer le chancelier qui vient de mourir, ainsi que vous le savez , je me propose de vous développer res choses avec un peu plus d'etcmlur.

Vous savez que pendant la minorité de son altesse, le procès du comte de l^inuox a été instruit . et qu'il a été prononce contre lui une sentence de confiscation pour certaine* offenses dont il était accusé. Os offenses sont tpéctüée» dan* l'aoedu parlement promu Igné à ce sujet , et r’rsi pai suite de cette affaire qu'il rst drpuissi longtemps ru exil et absent de son pays natal. \ ou* avez vu quelle est la rigueurde sou sort, par les requête* adressées

Isir lui à diverse* reprises à sa majesté. Files contiennent es expressions les plus soumises cl les plus louables; elles icinoign?iit de son parfait dévouement à sa majesté, sa princesse naturelle, et de son attachement inébranlable au service de son altesse , s'il lui plantait d’user cm vers lui de clémence et le faire jouir du bénéfice de sujet.

Plusieurs considérations peuvent avoir porté son alto*»** à écouler favorablement sa requête : l'ancienneté de sa famille, le nom qu'il porte, l'honneur qu’il a d'appartenir à son adosse par les liens du sang, par lady Moritaj;ue, (ante de son altesse, ainsi que d'autres inoiifs conciliai!*, et entre autres la demande urgente de sa bonne «cor la reine d'Angleterre, dont la recommandation est d’1111 très grand poids. Si majesté est de plus portée pur ia bonté de son caractère à voir avec peine les graude»

familles tomber en décadence ; et elle préfère de beaucoup, aiusi que nous le lui avons entendu dire, favoriser l’élévation et le maintint des anciennes fami tirs, plutôt que de devenir l'instrument de leur ruine et de leur destruction.

Sa majesté a donc, dan* cette cor jonc turc , jeté un renard de bienveillance sur la requête de lord Leuiiox. Klle .1 eu éi;ard à la gracieuse lettre que sa bonne sœur, la reine d'Angleterre, lui avait écrite pour lui rrcoinmaiider L cause de ce lord ; et par ce* considérations , elle 4 non-seulement accordé à lord Lenuox des lettres de restitution en forme de grâce , mais elle lui a encore permis de sc pourvoir en réhabilitation , en employant 1rs vo-e* accordées [»ar la loi A ceux qui se croient lésés par un jugement quelconque irrégulièrement rendu, et de dt-ui aider la révision de son procès.

L’est pour travailler à celle affaire qu’il a plu à sa majesté d’assembler aujourd’hui, vous, milord* et messieurs. 1rs trois étals de son royaume, pour procéder ainsi que de raison, et suivant l'intention ue sa majesté , à l'examen des plaintes de lord Lennox, conformément au mérite de la cause, aux lois de ce rnvaume, et aux usages observ es en pareil ‘.es occasions. Tout ce qui sera soumis à votre délibération vous étant ainsi exposé, je n'aurais plu* qu'à terminer ici mon discours, si l'affaire dont il s’agu ne rendait nécessaire d’ajouter quelques mots sur un point (pif n’est pas étranger au sujet, et sur lequel j'aurais à cu rer dans de bien plu* Ioiijï* détail*. Mais je craindrais d'offenser son altesse ; elle n'aime pas lés longs discours ei liait la Batterie. Sau* cela je pourrais vous entretenir de choses qui tendent , selon moi, i toutes sortes de bien* cl de perfections.

Je serais coupable toutefois de négligence et d'oubli, si ie ne cherchais à vous rappeler de quelle manière noua devons considérer cette affaire, et le» preuves que sa majesté vous dotiue ici de son excellent ua un i. Je dirai que sa bienveillance envers tous ses sujet» en général non* est un gage assuré de cette félicité que nous pouvons espérer degotHer sous son gouvernement, aussi long-temps qu’il p'aira ail Seigneur de nous la conserver ; car pour qu'une parf.ii’c harmonie regue dans ce royaume, il faut que les devoirs entre le prince el les sujets soient réciproque*. Ile même que nous sommes redevables A sa majesté de la |wix avec toutes les nations étrangères, de la tranquillité rie l'intérieur, tranquillité tellement affermie que jamais l'Ecosse n’a été vue par personne vivante dans un plus grand câline, de même aussi il est de notre devoir, à nous tous sujets affectionnés, de lui témoigner notre reconnaissance de tant de bienfahs dus à lut bonne admirn*- I ration, eu lui offrant nos actions de grâces cl en lui rendant l'obéiss-ince qu'un prince juste a droit d'attendre de sujets soumis. Je ne veux pas parler ici d’une olieissaure forcée : je sais qu'une obéissance de contrainte déplairait à sa majesté; mais je veux pari r de ce sentiment de condescendance né de noire conviction de la sagesse de nm administration,*! propre à produire des fruits précieux d'affrrtnn cl de soumission. Tous eu général nous avons ressenti les effets de la bienveillance de sa majesté pendant les trois ans durant lesquels elle nous a gouvernés, el plusieurs oui éprouve les effet* particuliers de sa libéralité et de sa franchise D’uu autre coté, sn:> altesse a reçu des preuves multipliées de notre soumission A ses ordres. Ainsi que nous avons commencé , ainsi nous convient-il de persévérer, en considération d* s témoignages notables de sa clémence, qui sur;>as*r Unîtes ses autres bonnes qualités. Mou* de' on* donc abhorrer sincèrement tous les faux bruns et mauvais discours, cl fous ceux qui leur donnent cours, comme le plus dangereux des (leaux qui puisse affliger uu ciat. Aiusi seronsnous assurés d’avoir dans la personne de sa majesté la reine une très gracieuse souveraine, et ainsi sa majesté sera-t-elle assurée d’avoir les sujets les plus fideîr* et lis plus aFfcclionnés. Le chef et les membres étant ainsi encouragés l’un par l’autre à maintenir l'harmonie outre eux et entre 1rs corps politiques, la gloire en reviendra A sa majesté , cl une prospérité nom elle nous en te» tendu à (tous tous qui sommes scs sujet».

HISTOIRE D’AMÉRIQUE

PREFACE

Eu remplissant rengagement que j'avais pris avec le public A l'égard de l'histoire de l’Amérique, mon intention était de n’en rien publier avant que l’ouvrage entier fût achevé. L’état actuel des colonies britanniques m'a obligé à changer de dessein. Pendant que ces colonies sont engagées dans une guerre civile avec la Grande-Bretagne, des recherches et des spéculations sur d’anciennes formes de gouvernement et de législation qui n'existent plus ne pourraient être intéressantes. Leur état futur fixe aujourd'hui l'attention du genre humain. De quelque manière que cette malheureuse querelle se termine, on verra naître dans l'Amérique septentrionale un nouvel ordre de choses, et ses affaires prendront une autre face. J'attends avec l’inquiétude d’un bon citoyen que la fermentation s'apaise, et qu'un gouvernement régulier s'établisse : alors je reprendrai celte partie de mon ouvrage, dans laquelle je suis déjà assez avancé ; et en y joignant l'histoire des colonies portugaises et celle des établissemens des autres nations de l'Europe dans les Iles d'Amérique , j'aurai complété mon plan.

Les deux volumes que je publie aujourd'hui contiennent un récit de la découverte du Nouveau- Monde et des progrès que les armes et les colonies espagnoles y ont faits. Cette partie de l’histoire d'Amérique en est non-seulement la plus brillante, elle est encore tellement détachée du reste, qu’elle forme par elle-même un tout parfait, remarquable par l'unité du sujet. Comme les principes et les maximes des Espagnols , dans la formation de 'cura colonies, principes qui ont été adoptés en quelque sorte par toutes les nations de l'Europe , sont développés dans cette partie de mon ouvrage, elle servira d’introduction A l'histoire dis autres établissemens européens en Amérique , et elle répandra sur cet objet intéressant des connaissances que peut-être on ne trouvera pas moins importantes que curieuses.

En décrivant les exploits et les institutions des Espagnols dans le Nouveau-Monde, je me suis écarté plus d’une fois des relations des auteurs qui m'ont précédé, et j’ai souvent rapporté des faits qu'ils paraissent avoir ignorés. Je dois au public d'indiquer les sources d’où j’ai tiré les informations qui m'aulorisênt ou A placer les évé nemens dans un jour nouveau , ou A former quelque opinion nouvelle sur leurs causes et leurs effets. Je m’acquitte de ce devoir d'autant plus volontiers qu’il me fournit l’occasion de témoigner ma reconnaissance A des bienfaiteurs qui m'ont honoré de leur appui et de leurs secours dans mes recherches.

Comme c'était de l'Espagne que je devais attendre les éclaircissrmens les plus essentiels , A l'égard de cette première partie de mon ouvrage, j’ai regardé comme une circonstance heureuse pour moi de voir nommer A l'ambassade de Madrid lord Grantbam : j'avais l’honneur d'être connu personnellement de lui , et je devais tout espérer de son caractère naturellement généreux et obligeant.

Ouand je m'adressai A lui, l'accueil que j’en reçus ne me laissa pas douter qu’il ne fit toutes les i

démarches convenables pour me procurer ce que je désirais ; et en effet je suis persuadé que le succès de mes recherches en Espagne doit être attribué principalement A l'intérêt que lord Grantbam a paru y prendre.

Mais quand je ne lui devrais que d'avoir engagé M. Waddilove, chapelain de son ambassade, A se charger de la conduite de mes affaires en Espagne, je lui aurais toujours une très grande obligation. Cet ecclésiastique a continué A faire des recherches pour moi pendant cinq ans, avec une activité, une persévérance et une connaissance de la matière, qui ne m’ont pas moins étonné que satisfait. Il m'a procuré la plus grande partie des livres espagnols que j’ai consultés; et comme, dans ce nombre, il y en a plusieurs

«PREFACE

qui oui été imprimés au commencement du seizième siècie, et qui sont devenus très rares, la seule occupation de les recueillir doit lui avoir coûté beaucoup de. temps et de peines. C est à ses soins et à son amitié que je suis redevable des copies de plusieurs manuscrits importans qui contiennent des faits et des détails que j'aurais cherchés en vain dans les ouvrages imprimés. Encouragé par les bontés dcM. W addilove, je lui envoyai une liste de questions relatives aux coutumes et â la politique des naturels de l’Amérique et à plusieurs institutions des établisscmens espagnols ; et j’avais eu soin de présenter ces questions de manière qu’un Espagnol pût y répondre sans divulguer rien qui ne pût être communiqué à un étranger. Il a traduit mes demandes en espagnol , et il a obtenu de différentes personnes, qui avaient résidé dans la plupart des colonies espagnoles, des éclaircissement qui m'ont été du plus grand secours.

Malgré ces avantages singuliers , c’est à regret que je me vois obligé d’ajouter que le succès de mes recherches en Espagne doit être attribué uniquement 1 la bonté des individus et non 1 aucune facilité qui m'ait été donnée par l'autorité publique. Par un arrangement bizarre de Philippe H , tous les registres de la monarchie espagnole sont déposés dans l'archivo de Simancas, prèsdeValladolid , a la distance de cent vingt milles du siège du gouvverneinent et des cours suprêmes de justice. Les papiers relatifs à l'Amérique, particulièrement ceux qui attiraient mon attention , parce qu'ils regardent la première époque de l'histoire du Nouveau-Monde, remplissent, dit-on , une des plus grandes chambres de l'archivo. et composent huit cent soixante-treize liasses. Comme je crois posséder en partie le degré d’industrie qui convient a un historien , la perspective d’un semblable trésor excita en moi la curiosité la plus ardente ; mais je n’ai joui que de la perspective.

L’Espagne, par un excès de précaution, a constamment jeté un voile épais sur ses opérations en Amérique. Elle Us cache aux étrangers surtout avec un soin particulier. L'archwo de Simancas n’est pas ouvert, même aux nationaux, sans un ordre exprès de la cour ; et , après l'avoir obtenu, on ne

peut pas copier de papiers sans payer îles frais de bureau si exorbltans , que la dépense excède les sacrifices qu'on peut faire A une simple curiosité littéraire. Il faut espérer que les Espagnols sentiront un jour que cet esprit mystérieux est aussi contraire à la bonne politique qu'à ta générosité. D'après ce que j'ai appris dans le cours de mes recherches , je suis persuadé que si I on pouvait approfondir plus en détail les premières opérations de l'Espagne dans le Nouveau-Monde , quelque répréhensibles que puissent paraître les actions des individus, la conduite de la nation se montrerait sous un jour beaucoup plus favorable.

J'ai trouvé dans les autres parties de l'Europe des dispositions bien différentes. Après avoir fait chercher sans succès en Espagne une lettre de Cortès à Charles-IJuint, écrite peu de temps après son débarquement dans l'empire du Mexique et qui n'a pas encore été publiée, il me vint dans l’idée que cet empereur étant sur son départ pour l'Allemagne dans le temps que les députés de Cortès arrivèrent en Europe, Il était possible que la lettre dont ils étaient rhargés se fût conservée dans la bibliothèque impériale de Vienne. Je communiquai celle idée au chevalier Robert Murray Keith qui m'honore depuis long-temps de son amitié, et j'eus bientôt le plaisir d'apprendre qu’à sa sollicitation sa majesté impériale avait bien voulu ordonner qu’on m’envoyât une copie non-seulement de cette lettre si on la trouvait, mais aussi de tous les papiers qui pourraient jeter quelque jour sur l'histoire de l’Amérique. La lettre de Cortès n'est pas dans la bibliothèque impériale; mais on y trouve une copie authentique et légalisée par un notaire de celle qui fut écrite par les magistrats de la colonie qu'il avait établie à la Vera-Cruz : on a eu la bonté de la transcrire et de me l’envoyer. Cette lettre, non moins curieuse « aussi péu connue que celle qui avait été l’objet de mes recherches, ne m'est parvenue qu'après l'impression de cette partie de mon histoire à laquelle elle se rapporte ; mais j’en ai cité ce qu’elle contient de plus intéressant à la fin des notes du dernier volume. J'ai reçu en même temps une lettre de Cortès qui contient une longue relation de son expédition à Honduras , et sur laquelle je n’ai pas

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jugé qu’il fAt nécessaire d'entrer dans aucun détail particulier. On m’a envoyé aussi de Vienne des peintures mexicaines très curieuses , dont on trouvera la description à la lin de cet ouvrage.

J’ai trouvé les mêmes facilités et le même succès dans mes recherches 1 Saint-Pétersbourg. Pour examiner quelle était la communication la plus voisine de notre continent avec celui de l’Amérique, il m'était essentiel d'obtenir des informations authentiques sur les découvertes des Dusses, dans leur navigation de Kamtschatka vers la côte t d'Amérique. À l'égard de leur premier voyage , en 1741, Muller et Gmelin en ont publié une relation très exacte. Plusieurs auteurs étrangers ont cru que la cour de Russie cachait soigneuse- , ment les progrès qui avaient été faits par les der- ! nirrs navigateurs, et qu'elle souffrait que le public fat trompé par de fausses relations sur leur route. Une telle conduite me paraissait incompatible avec les sentiment généreux , la grandeur d'âme et la protection accordée aux sciences , qui distinguent la souveraine actuelle de Russie, et je ne pouvais apercevoir aucune raison politique qui pèt m'interdire de demander des éclaircissement sur les dernières tentatives faites par les Russes pour ouvrir une communication entre l’Asie et l'Amérique. Mon savant compatriote, le docteur Rogerson , premier médecin de l'impératrice, présenta ma requête à sa majesté impériale, et non-seulement elle désavoua toute idée de mystère, mais elle ordonna dans l’instant que le journal du capitaine Krenitzin , qui a dirigé le seul voyage de découvertes qui ait été fait par l'autorité publique depuis 1741, fût traduit , et que sa carte originale fèl copiée pour mon usage. En les consultant , je suis parvenu A donner, des progrès et de l'étendue des découvertes russes , une idée plus satisfaisante que ce qu'on a jusqu'ici présenté au public.

J’ai reçu aussi d'ailleurs des instructions très utiles et importantes. M. le chevalier de Pinto , ministre de Portugal â la cour britannique, qui a commandé plusieurs années à Matagrosso, établissement portugais dans l'intérieur du Brésil, oit les Indiens sont en grand nombre et oit leurs mœurs primitives ont été peu altérées par leur commerce avec les Européens, a bien voulu m'en-

voyer des réponses très satisfaisantes â plusieurs questions sur le caractère et les institutions des naturels de l’Amérique, que j'avais été encouragé à lui adresser par la politesse avec laquelle il avait reçu une demande qui lui avait été faite en mon nom. Ses réponses m’ont convaincu qu’il a examiné avec beaucoup d'attention et de discernement les objets curieux que sa position avait offerts â sa vue, et je l'ai souvent suivi comme un de mes meilleurs guides.

M. Suard , qui par l'élégante traduction qu’il a publiée de mon Histoire du rdgne de CKaries-Quint, a procuré â cet ouvrage l'accueil favorable qu’il a reçu sur le continent , m’a envoyé des réponses aux mêmes questions , rédigées par M. de Bougainville, qui a eu occasion d’observer les naturels de l'Amérique septentrionale, et par M. Godin le jeu ne, qui a résidé pendant quinze ans parmi les Indiens à Quito et vingt ans à Cayenne. Celles-ci sont d'autant plus précieuses, qu'elles ont passé sous les yeux do M. de la Condamine qui , peu de semaines avant sa morl , y fit quelques additions, qu’on peut regarder comme le dernier effort de cet amour pour les scieuces qui a rempli l’espace d'une longue vie.

Mes recherches ne se sont pas bornées à une seule région de l'Amérique. Le gouverneur Ilutchinson a pris la peine de recommander mes.qucstions â MM. Hawley et Braincrd, deux missionuiies protestons employés parmi les Indiens des cinq nation». Us ont eu la bonté de me faire des réponses qui montrent une grande connaissance des peuples dont ils décrivent les usages. J’ai reçu de M. Guillaume Smith , auteur d'uue histoire intéressante de New-Vorck , quelques éelaireissenieus utile». En traitant l'histoire de nos colonies de l’Amérique septentrionale , j'aurai occasion do reconnaître tout ce que je doisâ plusieurs habilaus de ces colonies.

Dans la collection précieuse de voyages rassemblée par M. Alexandre üalrymple, dont on connaît le goût pour la navigation et les découvertes, j’ai trouvé quelques livres très rares, et particulièrement deux grands volumes de mémoires, moitié manuscrits et moitié imprimés, qui ont été présentes 41a tour d'Espagne pendant les règnes de Phi-

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