PREFACK
lippe III et de Philippe IV. J'ai puisé dans ces sources plusieurs particularités curieuses sur l'état intérieur des colonies Espagnoles et sur différent projets pour les améliorer. Comme cette collection de mémoires appartenait autrefois 4 la bibliothèque de Colbert , c'est sous cette dénomination que je l’ai citée.
J'ai lu tous ces livres et ces manuscrits avec l'attention qu'exige le respeet qu’un auteur doit au public, et j’ai cherché 4 constater pardes citations l’authenticité de tout ce que j'avance. Plus je réfléchis sur la naturedes ouvrages historiques, plut je suis convaincu que eette exactitude est nécessaire. 1,'bislorien qui narre des événemens de son temps, est cru en proportion de l'opinion que le public a conçue de sa véracité et des moyens qu'il a eus d'étre bien instruit. Celui qui décrit les événemens d'un temps éloigné n'a aucun droit 4 la confiance du public , 4 moins qu'il ne produise des témoignages 4 l'appui de ses assertions. Sans ces autorités il pourra écrire des récits amusans , mais on ne dira pas qu'il a fait une histoire authentique. J'ai été confirmé dans ces sentiment par l'opinion d'un auteur 4 qui ses recherches laborieuses, son érudition et son discernement ont donné avec justice un rang distingué parmi les premiers historiens de ce siècle'. Encouragé par son autorité, j'ai publié un catalogue de livres espagnols que j’ai consultés. Cet usageétait commun dans le dernier siècle, et on le regardait comme la preuve d’une exactitude louable de la part d'un auteur : aujourd'hui on l'attribuera peut-être 4 une vaine ostentation -, mais , comme plusieurs de ces livres sont inconnus dans la Grande-Bretagne, les renvois au bas de chaque page auraient occupé trop de place, puisqu'il aurait fallu insérer les titres en entier. Tous ceux qui voudront me suivre dans la même route trouveront ce catalogue très utile •.
Mes lecteurs observeront qu’en citant des sommes d’argent, j'ai suivi constamment la méthode espagnole de compter par pesos. Le peso funte ou <luro , est le seul qui soit connu en Amérique , et
• Gibbon , auteur de Y Histoire de la Décadence et de la Chute de C Empire romain.
* On le trouvera 4 la fin de Y Histoire d'Amérique.
c'est celui qu'on entend toujours quand on parle d'une somme exportée d’Amérique. Le peso fort a varié , ainsi que les autres monnaies , dans sa valeur numéraire , mais on m'a conseillé de ne tenir aucun compte de ces légères variations et de l'évaluer èquatre schillings six sous de notre monnaie. Il faut cependant se souvenir que , dans le seizième siècle, la valeur effective d'un peso, c'esl-4-dire la quantité de travail qu’il représentait, ou celledcs denrées dont il était l'équivalent , était cinq 4 six fois aussi considérable qu’elle l'est aujourd'hui.
ê’ -J. Depuis que cette édition est nus presse, il a paru, en 2 volumes in- 4”, une Histoire de Mexico, traduite de l'italien de l'abbé dou Francesco Saverino Clavigero. Il était naturel de s'attendre 4 trouver dans l'ouvrage d'un homme né dans fa Nouvelle-Espagne , qui l’a habitée quarante années, et est familier avec la langue mexicaine , un grand nombre de renseignement nouveaux. Après l'avoir parcouru, je me suis toutefois cou vaincu qu'il contient 4 peine une seule addition aux notions fournies sur l'histoire ancienne de l'empire mexicain , par Acosta et Herrera, si ce n’est quelques faits puisés dans les narrations improbables et les conjectures fantastiques de Torquemada et de Boturini. Après avoir copié leurs splendides descriptions du haut état de civilisation de l’empire mexicain, M. Clavigero, dans l'expansion de sou xèie pour l’honneur de son pays natal, m’accuse d'avoir oublié quelques points et de m'étre mépris sur d’autres. Toutes les fois qu'un auteur a la conscience d’avoir mis tout ce qu'il avait d’activité 4 faire ses recherches, tout ce qu’il avait d'impartialité 4 former ses décisions, il peut sans présomption réclamer la louange due 4 ees qualités, et il ne saurait être insensible aux reproches qui tendraient 4 affaiblir la justice de ses réclamations. C'est par un sentiment de cette nature que j’ai voulu examiner les reproches faits par M. Clavigero 4 mon Hidoire d'Amérique , et j'en étais d'autant plus impatient que ces reproches m'étaient faits par un homme qui avait été en possession de tous les moyens d'ubtenir d’exactes informations. La plupart de ces accusations , je dois le dire, sont dénuées de toute base , ainsi que je l’ai ex pliqué dans des notes sur les passages de mon histoire qui ont donné prise 4 sa critique.
Université d'êdtmbourg , rr mai 1788
Wiui.iu Bosertsoiv.
HISTOIRE D’AMERIQUE