‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 70 sur 116 · II · texte numérisé non relu

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un peu d'cspaguul , cl ccs humilies simples regardèrent comme une distinction le choix qu'il fit d’eux pour l’accompagner.

Il découvrit différentes Iles et prit terre à trois des plus considérables , auxquelles il donna les noms de Sainte-Marie de la Conception , de Ferdinand et d'Isabelle. Mais comme le sol , les productions, les habitans y étaient les mêmes qu’à San-Salvador, il ne s’arrêta dans aucune. Il s'informait partout d'où venait l'or et recevait partout la même réponse qu’il était apporté du sud. En suivant la même direction il découvrit bientôt après une contrée d’une grande étendue , non plate comme les Iles qu’il avait déjà visitées, mais d’un terrain inégal , semé de collines et de montagnes, de rivières, de bois et de plaines; de sorte qu'il douta si c'était une tle ou un continent. Les habitans de San-Salvador qu’il avait pris sur son bord lui donnaient le nom de Cuba. Colomb l'apprla Juanna. 11 entra dans l’embouchure d’une grande rivière avec sa petite escadre et tous les habitans s'enfuirent dans les montagnes à son approche. Comme il avait résolu de caréner scs vaisseaux en cet endroit, il envoya quelques Espagnols avec un des insulaires de San-Salvador pour reconnaître l'intérieur du pays. Ses gens s'étant avancés à environ soixante milles du rivage lui rap|iortèrent que le sol était meilleur et mieux cultivé que dans les tles qu'on venait de découvrir, qu’outre beaucoup de huttes éparses ils avaient trouvé un village contenant plus d'un millier d’habitans, que les naturels , quoique nus , leur paraissaient avoir plus d’intelligence que ceux de San-Salvador, qu’ils eu avaient été reçus avec le même respect , qu’on leur avait baisé les pieds et qu’on les avait honorés comme des êtres descendus du ciel , qu’on leur avait fait manger d’une certaine racine dont le goût ressemblait à celui de la châtaigne rôtie , et une espèce particulière de blé appelé mais qui paraissait pouvoir fournir une très bonne nourriture soit rôtie, soit en farine, qu’ils n'avaient vu dans le pays d'autre quadrupède qu'une espèce de chien qui ne pouvait pasaboyer et un animal ressemblant à un lapin, mais beaucoup plus petit; enfin qu’ils avaient observé parmi ces peuples quelques omemens d’or, mais de peu de valeur '.

1 lie de Colomb, cbap. n. Herrera , Décadi. 1 , 1ÜJ. i, cap. xv, etc.

Ces députés avaient déterminé quelques uns ’ des naturels du pays à les suivre. Ceux-ci firent entendre à Colomb que l'or qui leur servait de parure se trouvait à Cubanacan. llsenlcndaicnt par- là l'intérieur de Cuba. Mais l'amiral, ignorant leur langage , sans habitude de leur prononciation , et d’ailleurs toujours conduit dans scs conjectures par son système de découverte et son opinion sur la situation des Indes . supposa que ces gens lui parlaient du grand Kan, et imagina que le grand royaume de Cathay, décrit par Marc l’aul, n'était pas fort éloigné. 11 résolut en conséquence d'employer quelque temps à visiter le pays. Il |>arcourut tous les havres depuis le Port-au-Prince au nord de Cuba jusqu'à l’extrémité orientale de flic; mais quoique ravi de la beauté des aspects qu'il rencontrait à chaque pas et de la fertilité prodigieuse du sol , circonstances qui par leur nouveauté ffap|>airnl vivement sou imagination (14), il n'y trouva pas for en assez grande quantité pour satisfairr l'avidité de ses compagnons et remplir l'attente des souverains qui l'employaient. Les naturels aussi étonnés de l'empressement extrême que les Euro|>éens mettaient à la recherche de ce métal que ceux-ci l'étaient de l'ignorance et de la simplicité des insulaires , indiquèrent à l'est une Ile qu'ils appelaient Haïti, en faisant entendre que l’or y était plus abondant que chez eux. Colomb se disposa à foire voile vers cet endroit avec son escadre; mais Martin Alonzo l’inson , voulant prendre le premier possession des trésors que cette contrée promettait, quitta les deux autres vaisseaux , sans s'embarrasser des signauxque lui fit l’amiral pour lui ordonner de diminuer de voiles jusqu’à ce que ses vaisseaux l'eussent joint.

Colomb, retardé par des vents contraires , ne put pas gagner Ilaiti avant le 6 décembre. Il donna au premier port où il aborda le nom de Saint-Nicolas et à file même celui A'Uispaniota en l'honneur de la nation qu'il servait : c’est la seule contrée, parmi celles qu’il a découvertes, qui ait conservé le nom qu'il lui avait donné. Comme il ne put ni rejoindre la PinUt ni établir aucun commerce avec les habitans , qui s'étaient enfuis dans les bois en montrant une grande frayeur, il quitta tout de suite Saint- Nicolas, et , suivant le cùlé du nord de Pile , il entra dans un havre qu’il appela la Conception.

] TA il fut plus heureux. Ses gens se saisirent d'une femme qui s'enfuyait. Après l’avoir traitée avec beaucoup de douceur, Colomb la renvoya avec quelques-unes des bagatelles qu'il s’était aperçu déjà qu'on estimait beaucoup dans ce pays. le compte que cette femme rendit à ses compatriotes de l'humanité de ces étrangers et de tout ce qu'ils avaient d'extraordinaire , l’admiration qu'excitèrent en eux les petits présens qu’elle avait rapportés et qu'elle leur montrait avec transport , le désir d’en obtenir de pareils, toutes ces circonstances dissipèrent leurs craintes et déterminèrent plusieurs d'entre eux à venir jusqu'au havre. Leur curiosité et leurs désirs furent satisfaits. Ces peuples ressemblaient beaucoup à ceux de Guanahani et de Cuba. Même nudité, même ignorance, même simplicité. Ils paraissaient également privés des arts qu’on regarde comme les plus nécessaires dans les sociétés policées; mais ils étaient doux, crédules et si timides, qu'il était aisé de prendre un grand ascendant sur eux , d'autant que leur étonnement les conduisit à la même illusion qui avait fait regarder aux autres insulaires les Espagnols comme une espèce d’êtres audessus de l'espèce humaine et descendus immédiatement du ciel. Ils avaient beaucoup d’or qu'ils recevaient de leurs voisins et ils l'échangèrent avec un grand empressement contre des sonnettes, des grains de verre et des épingles commerce inégal , mais dont les deux parties contractantes étaient également satisfaites, chacune regardant l'échange comme très avantageux pour elle. Colomb reçut la visite d'un cacique ou prince du pays , qui arriva avec toute la pompe que pouvait connaître ce peuple simple, porté dans un palanquin sur les épaules de quatre hommes et suivi d'un grand nombre de ses sujets qui montraient pour lui beaucoup de respect. Son maintien était grave et composé. Il: avait de la dignité avec ses gens et une grandepolitesse avec Colomb et les Espagnols. Il donna à l'amiral quelques plaques d'or assez minces et une ceinture d'un travail curieux, et il eu reçut avec une grande satisfaction quelques petits présens

Colomb toujours occupé à découvrir les mines, d'or, continua d'interroger tous les naturels du

1 Pic de Colomb, cb. xxiv, xxviu. Herrera, Décati. L lib. I, cap. xiv.

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