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cardinal, qui aurait pu y faire naître des oppositions, était tenu comme prisonnier par le récent. Le parlement n'ayant rien à craindre du prélat , consentait à entrer en négociation pour le mariage et l’alliance, mais avec plus d'égalité et à des conditions un peu plus convenables. Aprèsquelques intrigues sou rdeset infructueuses de l’ambassadeur anglais, pour tâcher de faire conduire la jeune reine et le cardinal Beatoun en Angleterre, Henri fut obligé de se désister de ses propositions, et d’accepter celle des Écossais. On convint de sa part que Marie continuerait de résider en Écosse , et qu’il n'aurait luiméme aucune part au gouvernement de ce royaume. Ixs Écossais, de leur côté, consentirent à envoyer leur reine en Angleterre aussitôt qu’elle aurait dix ans accomplis, et ils s’engagèrent â donner à l’instant six personnes du premier rang pour rester en otages auprès de Henri, jusqu'à ce que la reine arrivât à sa cour.
Ce traité était si manifestement â l'avantage de l’Angleterre , que le régent perdit beaucoup de la confiance publique en y donnant son consentement. Le cardinal, qui venait de recouvrer sa liberté , cherchait l’occasion de reprendre son autorité. Il ne manqua pas de saisir celle qui se présentait, cl il sut en tirer un grand avantage. Il disait hautement que le régent avait trahi le royaume, qu'il l’avait livré à ses plus anciens et ses plus cruels cnçcmis , et qu’il avait sacrifié l'honneur de sa patrie à sa propre ambition. Il annonçait la ruine de la vraie religion catholique, sous la domination et la tyrannie d’un hérétique excommunié : il déplorait surtout l’état d'un ancien royaume qui se livrait â l'esclavage, qui se rabaissait à la condition ignominieuse de province dépendante, enfin il exagérait la faiblesse et la trahison d'un seul homme, qui, dans une heure de temps, abandonnait tous les avantages |>our lesquels la nation écossaise avait disputé le terrain et combattu pendant tant de siècles. Les représentations du cardinal ne furent pas sans effet. Elles flattaient des préjugés et des passions, toujours profondément enracinés dams le cœur humain. La même haine pour lis anciens ennemis de la patrie , la même émulation d'honneur national , la même présomption d'indépendance, qui dans le commencement du siècle présent furent sur le point d'cmpècher les Écossais de consentir â l’ union
avec l'Angleterre , â des conditions très avantageuses, engagèrent alors toute la nation à *s déclarer contre l'alliancequ’on venait deconelute. Dans l'une de ces époques, une paix de cent cinquante années entre les deux nations, l'habitude d’ètrc soumis au même roi , d’avoir 1rs mêmes maximes de gouvernement , avaient beaucoup diminué les anciennes animosités , et disposé les deux peuples il la réunion. Dans l’autre époque, les injures étaient encore toutes récentes, les plaies de part et d'autre saignaient encore; et dans la chaleur du ressentiment, il était naturel de se porter à la vengeance et d'être éloigné de toute réconciliation, lors de la réunion en 1707 , le parlement méprisa , avec raison , des murmures qui n’avaient aucun fondement , et qui n’étaient appuyés que sur d'anciens préjugés; mais en 1503, les plaintes de la nation étaient mieux fondées, et elles s'élevèrent avec tant de force et d'unanimité , qu’il n'aurait été ni juste ni sûr de n’y avoir point égard, la rage du peuple fut portée à un tel point , qu’on eut bien de la peine à empêcher l’ambassadeur anglaisd'en être insulté. I-es ecclésiastiques donnèrent de grosses sommes d'argent pour préserver l’Église de la domination d’un prince dont l'attachement à la religion réformée aurait porté un coup fatal à l’autorité du clergé. Les nobles, qui venaient tout récemment d'humilier le cardinal avec tant de dureté , se trouvèrent alors disposés à l’applaudir et à le seconder comme le défenseur de l’honneur et de la liberté de sa patrie.
Argyll, llunlly, Bothwell et d'autres barons puissans, se déclarèrent hautement contre l’alliance avec l’Angleterre. la: cardinal, avec leur secours , s'empara de la personne de la reine et de celle de sa mère, et il iqouta ainsi à son parti l'éclat et l'autorité du nom royal !. Il reçut dans le même temps un renfort plus réel par l'arrivée! de Mathieu Stuart , comte de lennox , qui était en France, et dont il avait sollicité avec entjircssement le retour. Ce jeune seigneur était ennemi héréditaire de la maison d'Ilamilton : il prétendait à exclure le comte de la régence, et même â le déposséder de scs biens, la: cardinal flattait sa vanité en lui présentant l'espérance d'épouser la reine douairière, et il affectait de le trai
1 K.-iih. Uislor.of Scott. 30.
ter avec tant de respect, que le régent en conçut de la jalousie, et regardait le comte comme un rival dangereux.-
Ces soupçons élaient fomentés avec art par l'abbé de Paisley, frère naturel du régent, et qui avait beaucoup de crédit sur son esprit. Cet abbé, de retour en Écosse quelque temps avant le comte de Iennox , agissait de concert avec le cardinal, était partisan zélé de la France et de l’ancienne religion. Il sut prendre le régent par son faible, et profiter de sa timidité naturelle pour le faire changer de sentiment. I ai désertion de la noblesse , l'indisposition ou le mécontentement du clergé , la fureur du peuple , le ressenlimcnt de la France , le pouvoir du cardinal , les prétentions de l.cnnox furent présentées au comte d'Arran avec les couleurs les plus vives, et sous l'aspect le plus effrayant.
Cependant le terme convenu |*>ur la ratification du traité avec l’Angleterre, et la délivrance des otages approchait; le régent était toujours flottant dans scs incertitudes. Il finit par agir avec l'irrésolution et l'inconséquence particulières aux hommes faibles qui ont le malheur de jouer te rôle principal dans la conduite d'affaires épineuses, la: 25 d'août il ratifia le traité avec Henri VIII, et il fit proclamer ennemi de la patrie le cardinal , qui s'opposait toujours à ce traité, la: 3 de septembre il sortit secrètement d'Édiinbourg, eut une conférence avec le cardinal à Callender, renonça à l'amitié de l’Angleterre, et se déclara partisan de la France *.
I lenri n'avait rien oublié pour gagner le régent, et lui avait prodigué les plus belles promesses. Il avait offert de donner la princesse Élisabeth en mariage au fils aîné du comte, et de le faire proclamer roi de la partie de l'Écossc située audelà de la rivière de Fortli. Mais lorsqu'il s'aperçut que le crédit du comte d'Arran en Écosse ■l'était pas aussi considérable qu'il se l'était imaginé, il commença à le traiter avec moins d’égards. la jeune reine était alors gardée à vue par les ennemis du comte, dont le nombre grossissait tous les jours, et qui se conciliaient toujours de plus en plus l'affection du peuple. Ils formaient une cour séparée à Stirling, et ils menaçaient de nommer un autre régent. Le roi de France était disposé à leur accorder sa protec-
1 Sadlcr, 33U, 358.
lion, et toute la nation française, par haine contre 1rs Anglais, aurait voulu se réunir pour la défense du parti dominant alors en Écosse. Dans ces circonstances, le régent ne pouvait pas conserver son autorité sans changer promptement de mesures. Il avait voulu garder quelques apparences de bonne foi en ratifiant le traité avec l'Angleterre, mais il fut bientôt forcé de se jeter lui-mëme dans te parti attaché à la France.
Le régent , après cette révolution subite dans scs principes politiques , changea aussi de sentimens au sujet de la religion. La controverse avait alors le mérite de la nouveauté, elle échauffait tous les esprits.'Dcs hommes de tout état, de toute condition , lisaient avec avidité les livres composés surcette matière. Le régent attiré par la nouveauté, ou entraîné par la conviction, munirait beaucoup d'estime pour les- écrits des réformateurs. Comme il avait été puissamment soutenu par ceux qui avaient embrassé les nouvelles opinions, pour leur en marquer sa reconnaissance, il avait toujours dans sa maison deux des plus fameux prédicateurs de la doctrine des proteslans; et dans le premier parlement qu'il convoqua, il donna son consentement à un acte qui permettait aux laïques de lire les écritures dans une langue qu'ils pussent entendre. la vérité n'avait besoin que d'èlre écoulée pour surmonter l'erreur. Des absurdités qui en avaient si long-temps imposé à l'ignorance et à la crédulité du genre humain furent découvertes et exposées à la risée publique; cl sous l'appui du régent 1 la réformalion fil de grands progrès. la: cardinal voyait toutes ces choses avec chagrin , et mettait tout en usage pour traverser les protestans. Il fit au régent les représentations les [dus capables de l'ébranler. « Il est, lui disait-il, pour vous delà dernière imprudence de vouloir accréditer des opinions si favorables au comte de l.ennox ; la légitimité de votre naissance dépend de la validité d'utte sentence de divorce émanée de l'autorité du pape: si vous souffrez qu’on révoque en doute cette autorité, vous affaiblissez votre titre à la succession de la couronne, et vous fournissez à vo-
1 Voyez Y Histoire de ta réformation de la rr/fion en Écosse , par John Knox, un des plus inlrépider V dis plus ardens des réformateurs. Le fut lui qui établi * reforme eu Êcosae.
Ire rivai les seuls arminiens dont il puisse se servir pour vous contester vos droils 1 Ces insinuations pénétrèrent l'Urne timide du régent. A l'aspect de ce danger imaginaire, il laissa apercevoir toute la frayeur que le cardinal avait voulu lui inspirer. Le zèle du régent pour la religion protestante ne fut pas long-temps à l'épreuve de scs craintes. Il fit abjuration des sentimens des réformateurs dans l’église des Franciscains à Stirling, et il se dévoua tout entier à la politique et à la doctrine de ses nouveaux confidens.
La religion protestante ne perdit pas beaucoup A cette apostasie du régent ; les nouveaux dogmes répandus dans tout le royaume , y avaient jeté de si profondes racines, que ni le peu de faveur qu'ils y trouvaient , ni la sévérité ne purent les détruire. Le régent donna , à la vérité, son consentement à toutes les choses que le zélé cardinal jugea nécessaires pour la conservation de l'ancienne religion. Les réformés furent persécutés avec toute la cruauté que la superstition peut inspirer à un peuple barbare. Plusieurs furent condamnés à ce supplice terrible que l’figlise a décerné pour la punition de scs ennemis : mais ces nouveaux martyrs supportèrent les tonrmens avec une patience et un courage si ressemblons à l'esprit qui animait les martyrs de la primitive église, que ces spectacles d'horreur firent plus de conversions qu’ils ne causèrent d'effroi.
Cependant le cardinal, après avoir obtenu tout ce qui pouvait satisfaire son ambition , exerçait l'autorité de régent sans être exposé à l'envie que ce litre pouvait inspirer. Il n'avait plus rien ,1 craindre du comlc d’Arran, qui ayant perdu l’estime publique par son inconstance , était l'objet du mépris d'une partie de la nation ,
1 On connaîtra, par le détail suivant, le Fondement des prétentions du comte de Lemtox a la succession de la tonrouiie.
Marie, dite de Jacques 11, avait été mariée au lord Jacques Hamilton. Élisabeth , venue de cc tnariaqe. avait épousé Mathieu, comte de le II mu , père de celui dont il i si ici question, qui était aussi petit-fils de Marie. I.e ré- Itrnt émit aussi petit-fils de la princesse Marie: mais son père ayant épousé Jeannette Heaiouu, mère du rt'crm après avoir obtenu le divorce d'avec sa première femme Llisabelh llome, Lcnilux prétendait que la semence de divorce élait irréqulierc, et que le réfleot étant ne du vivant d'Elisabeth Home , il devait être réputé bâtard. Çranf. Ptcr 19i
D’ÊCOSSE. [1543]
et de la défiance de l'autre, lais prétentions du comte de Lennox étaient la seule chose qui pouvait encore embarrasser le cardinal. Celui-ci s'était servi avec succès des intrigues du comte pour cxciler les craintes et la jalousie du régent : n'ayant plus besoin des bons offices de lennox. un négociateur de cette importance le gênait, et il aurait bien voulu l'éloigner avec bienséance, lennox , qui jusqu'alors n'avait reçu pour récompense des services réels qn’il avait rendus , que des promesses , des (laiteries et des soumissions , ne fut pas long-temps sans pénétrer les desseins du cardinal, qui ne pouvait plus, de son côté, cacher scs ruses cl scs artifices. Le comte voyait que bien loin d'obtenir pour lui le pouvoir rt les dignités qu'on lui avait fait espérer, on ne s'était servi de lui que pour procurer à d'autres ces mêmes avantages. Outré de voir scs projets d'ambition déconcertés , il ne songea plus qu'aux moyens de sc venger de la perfidie d'un prélat qui l'avait sacrifié , et qui avait voulu par celte voie indigne se concilier la bienveillance et l'amitié du comte d'Arran. lennox quitta donc la cour et sc déclara hautement pour les ennemis du cardinal. Ils le reçurent à bras ouverts, et comme un prosélyte illustre, capable de donner une grande considération au parti qu'il embrassait.
Les deux factions qui divisaient le royaume étaient toujours les mêmes, toujours attachées aux mêmes vues , aux mêmes principes, sans aucune altération : mais par une de ces étranges révolutions dont ce siècle nous fiiurnil plusieurs exemples, les deux partis, dans l'espace de quelques semaines, changèrent respectivement de chefs. le régent se trouva il la lèlc des partisans de la France et du papisme , et lennox devint le chef de ceux qui voulaient l'alliance avec l'Anglelcrrc. et la réfnrmation de la religion. L'un travaillait à détruire son propre ouvrage, l'autre cherchait A le soutenir de la même main qui jusqu'alors avait combattu pour sa ruine.
lennox, impatient de se venger, Irompa la vigilance du cardinal , sc mit à la tète d’une armée nombreuse, marcha droit à Kdimbourg , et y surprit le cardinal et le régent. Il pouvait ai sèment les écraser avant qu’ils eussent le temps île sc mettre en défense; mais il eut la faiblesse d'écouter des propositions d'accommodement.
Le cardinal entama une négociation qu'il (U adroitement trainer en longueur; cependant le comte fut abandonné par la plus grande partie de ses troupes qui , suivaut l'usage établi dans tout gouvernement féodal , servaient A leurs propres dépens; et lors de la conclusion de la paix , au lieu de donner la loi , il fut obligé de la recevoir. line seconde entreprise qu’il fit pour rétablir ses affaires eut encore un plus mauvais succès. Un corps de scs troupes fut taillé en pièces, le reste fut dispersé. Presque seul au milieu des débris d'un parti ruiné , il aurait été obligé de se soumettre au vainqueur, ou de s'enfuir hors du royaume, si l’approche d'une armée anglaise ne lui avait donné le temps de respirer.
Henri n'était point d'humeur à souffrir tranquillement l’indignité avec laquelle il avait été traité, tant par le régent que par le parlement d'Écossc, qui dans le môme temps avaient renoncé à son alliance et renouvelé et resserré leur union avec la France. La rigueur de la saison avait retardé ia vengeance du roi d'Angleterre. Mais au printemps un corps d'infanterie considérable qu'il avait destiné contre la France, reçut ordre de faire voile en Écosse, et on envoya par terre un nombre proportionné de troupes de cavalerie. le régent et le cardinal ne s'attendaient point à celte invasion; ils avaient compté que la France occuperait tuutcs les forces de Henri, et dans cette sécurité inexcusable , ils n'avaient point pourvu A la défense du royaume. Le comte de Hartford , ce général qui fit tant de mal aux Écossais dans le cours de ce siècle, commandait l'armée anglaise. Il débarj qua , sans trouver aucune opposition, à quelques milles au-dessus de Iatith , dont il s'empara sans coup férir, et marcha droit A Édimbourg, où il entra avec la même facilité. Après avoir fait le dégât dans tout le pays des environs , le plus découvert et le plus riche de l'Écosse, il mit le feu A ces deux villes. Ensuite aux approches du corps de troupes que le régent avait rassemblé , il chargea tout son butin sur la flotte qui l'avait amené, et regagna tranquillement avec ses troupes les frontières de l'Angleterre. L’Écosse fut ainsi délivrée en peu de jours de la terreur d'une invasion, entreprise sans politique, conduite à grands frais , terminée sans aucun avantage. Si Henri visait A la conquête de l’Écosse, il ne gagna rien à cette expédition; s'il avait
toujours en vue le mariage qu'il avait proposé , il perdit beaucoup par rap|»ort A cet objet. Cette conduite du roi d'Angleterre, que le comte de Huntly appelait une galanterie féroce, révolta toute la nation. L’éloignement qu'elle avait pour le mariage proposé se convertit en horreur, les Écossais, aigris par tant de traitemens indignes, ne furent dans aucun temps ni plus attachés à la France ni plus animés contre l’Angleterre'
Le seul comte de Lcnnox, en dépit du régent et du roi de France, continuait ses correspondances avec l’Angleterre, et ruina scs propres affaires, sans avancer celles de Henri. La plupart des vassaux du comte sacrifièrent l'attachement qu'ils avaient pour lui A l'amour de la patrie , et refusèrent d'entrer dans aucun complot qui pût tourner A l’avantage de l’ennemi déclaré de la nation. Après quelques efforts faibles et infructueux, Lennox, désespérant de troubler l'administration du régent , prit le parti de se réfugier A la cour d’Angleterre. Henri récompensa le désir, quoique infructueux , que le comte avait en de le servir, en lui faisant épouser lady Marguerite Douglas , nièce du roi. Cependant ce comte infortuné, exilé de sa patrie , était destiné par la Providence A être la souche d'une race de rois. Il vit le lord Darnly son fils monter sur le trône d'Écossc, et en exclure A perpétuité ce rival qui s’était élevé sur scs ruines, et qui alors triomphait de ses malheurs. Chassé d’un pays comme criminel , reçu dans l’autre comme fugitif, sa postérité devait un jour posséder ces deux royaumes témoins de ses humiliations.
Cependant les hostilités continuaient entre les deux nations, mais avec peu de vivacité de part et d’autre. Les historiens contemporains sont entrés dans les plus petits détails sur des escarmouches, des incursions qui dans leur temps firent peu d’effet, et qui méritent encore moins d'être aujourd'hui rapportées '. Cette guerre fut
1 Quoique cette guerre ne soit remarquable par aucune action importante cl décisive, cite ne laissa pas d'étre destructive et ruineuse. 11 nous reste deux papiers en original qui peuvent donner quelque idée des malheurs aux quels les plus fertiles comtés du royaume furent exposés par les incursions des babitans des frontières. Le premier parait être un rapport fait X Henri par tes gardiens anglais îles marches, {tour l'année 1541. Il contient le récit de leurs exploits depuis le 1 juillet jusqu'au 17 uo ■
ta
à la fin terminée par un traité de paix, dans lequel l’Angleterre » la France et F Écosse furent comprises. Henri voulait en faire exclure les Écossais, et se réserver contre eux la vengeance que ses affaires dans le continent lui avaient jusqu’alors fait différer. La paix était de la dernière conséquence pour François Ier, qui voyait l’empereur sur le point de l’attaquer avec toutes ses forces. Cependant François eut la générosité de ne vouloir point abandonner des alliés qui Pavaient servi avec tant de fidélité, et il aima mieux traiter avec désavantage que de laisser les Écossais exposés au ressentiment du roi d'Angleterre. U se relâcha sur plusieurs points, il sacrifia une partie de ses intérêts, et il s'attacha surtout â flatter la vanité et la fierté de ce prince. L’adresse, les complaisances , les soumissions mêmes, tout fut employé parle monarque français, qui à la fin vint à bout de faire comprendre les Écossais dans la paix qu’on venait de conclure.
Un événement arrivé quelque temps avant la
vernbre. On y rend compte de* diverses incursions , appelées alors forrays dan* la langue du pay*. Le détail du tort qu'il* avaient fait à l'cnuciui est très circonstancié et ronçu en ce* terme* :
Villes, tours, bourgades, église* paroissiales, magasins
ratés ou brûlés 192
Écossai* tués 403
Prisonniers 810
IVolt, c’est-à-dirc , bétes à cornes prises 10386
Moulons 12492
Chevaux entiers cl hongres 1290
Chèvres 200
Mesures de grain* 850
Équipages et toute* sorte* d’irslensilcs de ménage sans nombre. Hayne , papiers d’état ,413.
1/ autre papier contient le détail d'uue incursion du rotule de Hartford , du 8 au 23 septembre 15*5. Il est conçu en termes plu* généraux ; on y voit ce qui avait *lé brûlé , ra*é ou détruit dans les comtés de Bcrwick et
Rox bourg seulement.
Monastères et maison* religieuses 7
t.hJieaux, tours et fort* 10
Pilles de marché 5
Villages 243
Moulin* 13
Hôpitaux 3
Tou* ces endroits ont été rasés ou brûlés.
J/ayne , 52
Comme les Écossai* n'étaient pas moins expérimenté* pour la petite guerre que les Anglais , ou peut eu conclure que le* dégâts que le* premiers firent en Angleterre, ne furent pas moins considérable*, cl que leur* expéditions, qu’il* appelaient raids, n 'étaient pas tnoinx destructives que les incursions des Anglais, appelées forrays.