‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 88 sur 116 · RR VII · texte numérisé non relu

RR VII

I malheureux. des Allemands eurent quitté Vene- ! zuela , les Espagnols s'en remirent en possession; mais malgré plusieurs avantages naturels dont ce pays est pourvu , c’est encore un des établissemens des Espagnols les plus languissans et les ; moins utiles à la nation.

les provinces de Carracas et de Cumana sont les dernières de cette côte qui appartiennent aux Espagnols. J'aurai occasion de décrire leur état et leurs productions lorsque je parlerai de l'établissement et des opérations de la compagnie qui a obtenu le privilège exclusif du commerce de ces deux colonies.

Le nouveau royaume de Grenade est un pays tout-à-fait méditerrané et d’une grande étendue. Les rois d'Espagne en sont devenus maîtres vers l’an 1536, par le courage et l'habileté de Sébastien de Benalcazar et de Gonzale Ximenès de Quesada, deux des meilleurs officiers qui aient déployé leurs talens en Amérique. Le premier, qui commandait en ce temps-là i Quito, l'attaqua par le sud; le second y entra par Sainte-Marthe, du côté du nord. Comme les Indiens de cette partie étaient moins sauvages qu’aucune des nations de l’Amérique, si l'on excepte les Mexicains et les Péruviens 1 , ils se défendirent avec beaucoup de résolution et de conduite. Mais l’habileté et la constance de Benalcazar et de Quesada surmontèrent tous les obstacles et tous les dangers, et ajoutèrent cette conquête à toutes celles de l'Espagne dans la partie méridionale du Nouveau-Monde.

Le nouveau royaume de Grenade est si élevé ’ au-dessus du niveau de la mer, que quoiqu'il I soit très voisin de la ligne, le climat en est très j tempéré. Scs vallées ne le cèdent pas en fertilité aux meilleures terres de l’Amérique, et dans les parties élevées on trouve des pierres précieuses de différentes espèces. L'or qu’on y recueille n’est pas enfoncé profondément dans la terre ; il est mêlé avec elle très près de la surface, et on ! l'en sépare facilement par des lavages répétés. Cette opération s'exécute par des esclaves nègres; car quoique l’expérience ait prouvé que l’air froid des mines profondes leur est funeste et qu'on ne puisse par cette raison les employer dans les mines d’argent, ils sont plus capables des autres espèces de travaux que les Américains. Les naturels du nouveau royaume de Grenade I ' Voyez le livre iv.

HISTOIRE D’AMERIQUE

sc trouvant exempts de ce service pénible, qui a détruit si rapidement leur race dans tes autres parties de l'Amérique, se sont fort multipliés. Quelques districts fournissent l'or aussi abondamment que la vallée de Cincguilla dont j'ai parlé plus haut, et on le trouve souvent en /tepitas ou grains. Sur une hauteur voisine de Pampclune, on a vu tel travailleur en recueillir en un jour la valeur de mille pesos *. Le dernier gouverneur de Sanla-Fé a rapporté en Espagne un morceau d'or massif estimé environ seize mille six cents cinquante livres tournois. Mais sans établir aucun calcul sur ces exemples extraordinaires, il est certain que la quantité d'or recueillie annuellement de ces pays, particulière-

ment dans le Popayan et le Choco, est très considérable. Les villes du nouveau royaume de Grenade sont florissantes et peuplées, et la population s'y accroît encore de jour en jour, l-a culture et l'industrie commencent à y être encouragées et prospèrent. Les produits des mines et d'autres marchandises sont portés à Garthagène par la grande rivière de Sainte-Madeleine, et fournissent à cette ville la matière d'un grand commerce. D'un autre côté le nouveau roy aume de Grenade communique avec la mer Atlantique par l Orénoque ; mais le pays arrosé par cette rivière du côté de l est est cnoore peu «innu , et les Espagnols n’y ont qu’un très petit nombre d'élabtissemens.

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