‹ Œuvres complètes de W. Robertson précédées d'une noticeChapitre 26 sur 73 · U 527 J LIVRE IV. ‘J6J · texte numérisé non relu

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couronne. Les états de Bohèmesuivirent l’exemple de la Hongrie ; mai» pour maintenir et assurer leurs privilèges, ils obligèrent Ferdinand de signer avant son couronnement un acte qu’ils appelèrent reverse , et par lequel il déclarait qu'il tenait cette couronne non par aucun droit antérieur, mais par l’élection gratuite et volontaire de la nation. La réunion de tous ces états divers , dont les princes de la maison d’Autriche s’assurèrent dans la suite la possession héréditaire, fut l’origine et le principe de cette supériorité de pouvoir qui les rendit depuis si formidables au reste de l’Allemagne L Les dissensions qui divisaient le pape et l’emperear furent extrêmement favorables aux progrès du luthéranisme. Charles, irrité des procédés de Clément , et uniquement occupé à se défendre contre la ligue que ce pape avait formée, n’avait ni la volonté ni le loisir de prendre des mesures pour étouffer les nouvelles opinions qui s’accréditaient en Allemagne. Dans une diète de l’empire tenue à Spire , on examina l'état actuel de la religion ; tout ce que l’empereur y exigea des princes fut d’attendre avec patience, et sans encourager les novateurs, la convocation du concile général qu'il avait demandé au pape. Les membres de la diète convinrent que la convocation d'un concile était le parti le plus convenable et le plus régulier qu’on pût prendre pour parvenir à la réforme des abus de l’église : mais ils soutenaient qu’un concile national , tenu en Allemagne , ferait plus d’effet que le concile général proposé par l'empereur. Quant à l’avis

' Steph. Broderick , Procanccllarii Hangar, clades in campo .Vohacz ap. Scartüuin, 11, 218. P. Barre, Bist. d'Jllemagne, tout. VIII, part, i, p. 198.

qu’il leur donnait de ne point favoriser les novateurs , ils en firent si peu de cas que , même pendant la durée de la diète de Spire, les théologiens qui avaient suivi l'électeur de Saxe et le landgrave de Hcsse-Cassel , prêchaient publiquement et administraient les sacremens suivant les rit» de la religion réformée '. L’exemple même de l’empereur enhardit les Allemands il traiter avec peu de respect l'autorité des papes. Dans la chaleur de son ressentiment contre Gément , il publia une longue réponse au bref plein de fiel que le pape avait composé pour faire l’apologie de sa conduite. L'empereur commençait son manifeste par une énumération détaillée de différens traits d'ingratitude, d’ambition et de mauvaise foi de ce pontife ; il les peignait des couleurs les plus fortes et les plus chargées, et il finissait par appeler de son autorité à un concile général. Il écrivit en même temps au collège des .cardinaux pour se plaindre de l’injustice et de la partialité de Clément , et pour les exhorter, au cas que le pape refusât ou différât la convocation d’un concile, à "montrer l'intérêt qu’ils prenaient à la paix de l'église chrétienne , si honteusement abandonnée de son premier pasteur, en convoquant eux-mêmes le concile en leur nom *. On répandit avec soin dans toute l’Allemagne le manifeste de l’empereur, qui , pour la violence et l'amertume du style, ne le cédait pas aux écrits de Luther même ; il fut avidement lu par les personnes de tout rang , et l'impression qu’il ht détruisit aisément l’effet des protestations que Charles avait faites auparavant contre la nouvelle doctrine.

• Sleid , p. 103. ?

• Goldasi., Polit, imper., p. 984.

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