LIVRE NEUVIÈME
\a crainte que l'empereur avait conçue des dispositions de guerre du pape et du roi de France n’était pas fondée sur des soupçons imaginaires et frivoles, l’aul lui avait déjà donné des preuves non équivoques de sa jalousie et de sa haine; et Charles ne pouvait pas espérer que ses succès contre les protestans confédérés ne feraient pas renaître dans l’ilme de François l’ancienne inimitié qui les avait divisés si longtemps. L'événement justifia cette conjecture. François avait vu avec douleur les progrès rapides des armes de l’empereur; les circonstances dont on a parlé l’avaient empêché jusqu'alors de s’y opposer, mais il sentit enfin que s’il ne faisait pas quelque effort extraordinaire, son rival allait acquérir un degré de puissance qui le mettrait en état de donner la loi au reste de l'Europe. D’après cette idée, qui n’avait pas sa source dans la seule jalousie de la rivalité, mais qui était celle des plus liahiles politiques du siècle, il chercha différons expédions pour suspendre le cours des victoires de l'empereur , et pour former par degrés une ligue capable de l’arrêter tons sa carrière.
Dans celte vue, François chargea ses émistaircs en Allemagne d’employer tous leurs soins A ranimer le courage des confédérés, et â les empêcher de se soumettre à l’empereur, il offrit tous ses secours ; il lia une correspondance suivie avec l’électeur et le landgrave, les deux princes les plus zélés et les plus puissans de tout le corps : il leur fit valoir toutes les raisons et tous les avantagesqui pouvaient ou les confirmer dans la crainte qu'ils avaient des pro jets de l’empereur, ou les déterminer à ne pas imiter la crédulité de leurs associés, en livrant à sa discrétion leur religion et leur liberté.
Tandis qu’il employait ce moyen pour faire durer la guerre, civile qui divisait l'Allemagne, fl s'occupait d’un autre côté à susciter contre l'empereur des ennemis étrangers. Il sollicita .Soliman de saisir cette occasion favorable d’en- »
trer en Hongrie, doit l'on avait tiré toutes ies troupes qui auraient pu la défendre, afin de rassembler une armée contre les confédérés de Smalkalde. Il exhorta le pape fl profiter de ce moment pour réparer, par un effort vigoureux, la faute qu'il avait commise en contribuant S élever l'empereur fl un drgré si formidalHc de puissance; Paul . qui sentait toute l'étendue de celle faute et qui en craignait les conséquences, reçut avec plaisir ces ouvertures , et François fit valoir les dispositions favorables du pape pour gagner les Vénitiens. Il s'efforça de leur persuader que le seul moyen de sauver l'Italie, et même l’Europe , de l'oppression et de la servitude , c’était de se réunir avec le pape et lui , pour former une confédération générale, dont le but serait d'abaisser la puissance d’un potentat ambitieux, qu'ils avaient tous une égale raison de redouter.
lorsqu'il eut entamé ces négociations dans les cours du midi de l'Europe, il porta son attention vers celles du nord. Comme le roi de Danemarck avait des raisons particulières de se plaindre de l’empereur , François ne douta pas que ce prince n'approuvflt la ligue projetée; et pour balancer toutes les considérations de prudence qui auraient pu l'empêcher de s’y joindre, la jeune reine d’Écossc fut offerte en mariage fl son fils *. D'un autre côté, les ministres qui gouvernaient T Angleterre au nom d'Edouard VI, s’étaient déclarés partisans des opinions des réformateurs, dès que la mort de Henri leur eut laissé la liberté de quitter le masque que son impitoyable fanatisme les avait forcés de prendre. François se flatta que leur zèle ne leur permettrait pas de rester spectateurs oisifs de la ruine et de la destruction de ceux qui professaient la même religion qu eux-mêmes; il espéra que, malgré les troubles de faction qu'entraîne une minorité, et malgré l'apparence d’une rup-
1 Mfm. lie KiUer, tnm I, p. 600, 606.
tare prochaine avec l’Écosse , il pourrait déterminer les ministres anglais à prendre part A la cause commune
Tandis que François avait recours A tous ces expédiens, et s’occupait avec une activité si extraordinaire à exciter la jalousie des différons états de l'F.urope contre son rival , il ne négligeait aucun des moyens qui dépendaient de lui seul. Il leva des troupes dans toutes les parties de son royaume . il ramassa des munitions de guerre, il fit marché avec les cantons suisses pour avoir un corps nombreux de troupes, il établit un ordre admirable dans ses finances, il fit passer à l'électeur et au landgrave des sommes considérables; il prit enfin toutes les mesures nécessaires pour être en état de commencer avec vigueur les hostilités, dés que les circonstances l’exigeraient 2.
Il était impossible de dérober A la connaissance de l'empereur des opérations si compliquées, et qui demandaient le concours de tant d’inslrumens divers. Il fut bientôt instruit des intrigues de François dans les différentes cours, ainsi que de ses préparatifs intérieurs; convaincu qu'une guerre étrangère porterait un coup fatal à l’exécution de ses projets en Allemagne , l'idée de cet événement le faisait trembler. Le danger cependant lui paraissait aussi inévitable qu’il était terrible, il connaissait l'ambition insatiable mais prévoyante de Soliman; il savait que cet habile sultan choisissait le moment de commencer ses opérations militaires avec une prudence égale A la valeur qui les dirigeait. Il avait de bonnes raisons pour croire que le pape ne manquerait pas de prétextes pour justifier une rupture, et qu'il n'aurait aucune répugnance A commencer les hostilités en effet. Paul avait laissé entrevoir ses sentimens, en témoignant une joie peu convenable au chef de l’église , lorsqu’il avait appris la nouvelle de l'avantage remporté par l’électeur de Saxe sur Albert de Hrand: bourg; et comme il se voyait alors assuré de trouver dans le roi de France un allié assez puissant pour le soutenir, il ne cherchait pas même A cacher la violence et l’étendue de sa haine 3. Charles savait d'ailleurs que les Vénitiens voyaient depuislong-terops l'accroissement
1 iVém. de Ribier, lom. I, p. 635.
* Mèm. de Ribier, loin. I, p. 505.
3 Mrm de Ribier, lom. I, p. 037.
de son pouvoir avec un sentiment de jalousie , qui donnait une nouvelle force aux sollicitations et aux promesses de la France; et il craignait que, malgré la lenteur et la circonspection ordinaires de leurs résolutions, ces républicains ne prissent A la fin un parti décisif. Il était évident que les Danois et les Anglais avaient de leur côté des raisons particulières de mécontentement, et des motifs très puissans pour se liguer contre lui; mais ilcraignait par-dessus tout b jalousie active de François lui-même qu’il regardait comme l'Ame et le mobile de la confédération. Ce momarque ayant acrordé sa protection A Vcrrina, qui s’était embarqué pour Marseille, au moment môme oô la conspiration de Fiesque avait été découverte , Charles s’attendait A chaque instant A voir commencer en Italie les hostilités, dont il eroyait que la révolte de Gènes n’était que le prélude.
Dans cet état d'inquiétude et de perplexité , Charles apercevait cependant une circonstance qui lui laissait quelque espoir d’échapper au dangerqui le menaçait. I.asantéduroidcFrance « commençait à s'affaiblir; une maladie, qui était le fruit de l’intempérance et de l’excès des plaisirs, détruisait sourdement et par degrés sa constitution. Les préparatifs de guerre et les négociations entamées dans les différentes cours tombaient dans la langueur , comme l'esprit du monarque qui en était le mobile. Pendant cet intervalle , les Génois soumirent Monlobl'io , firent prisonnier Jérôme de Fiesque. et, par sa mort et cellede ses principaux compfices, éteignirent les restes de la conspiration. Plusieurs villes impériales, en Allemagne, désespérant de recevoir A tempsdu secours de la France, se soumirent A l'empereur. Le landgrave lui-mème parut disposé A abandonner l'électeur, et A entrer en accommodement, aux conditions qu'il pourrait obtenir. Charles, de son côté, attendait avec impatience l'issue d’une maladie qui devait décider s’il se désisterait de tous ses autres projets , pour se préparer A combattre une confédération de la plus grande partie des princes de l'Kuropc contre lui , on s'il devait, sans se laisser arrêter par aucune considération ni intinuder par aucun danger , suivre le plan qu'il avait formé d'entrer en Saxe.
Ce bonheur singulier, qui a distingué Charles et sa famille d'une manière si remarquable que
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certains historiens l’ont appelé l'étoile de la maison d'Autriche , ne se démentit pas en cette occasion. François 1" mourut à Rambouillet le dernier jour du mois de mars , dans la cinquante-troisième année de son âge et la vingttroisième de son règne. Pendant vingt-huit ans de son règne, une animosité déclarée divisa ce prince et l'empereur , et enveloppa non-seulement leurs propres états, mais encore la plus grande partie de l’Europe , dans des guerres soutenues avec un acharnement plus violent et plus durable qu’aucune de celles qui s'étalent faites dans les temps antérieurs. Plusieurs circonstances y contribuaient ; la rivalité de ees princes était fondée sur une opposition d'intérêts, excitée par la jalousie personnelle et envenimée par des insultes réciproques. En même temps , si l'un des deux paraissait avoir quelque avantage propre à lui donner la supériorité, cet avantage se trouvait balancé par quelque circonstance favorable â l’autre. Les domaines de l'empereur étaient plus étendus; ceux du roi de France étaient plus réunis. François gouvernait son royaume avec une autorité absolue; Cliarlcs n'avait qu'un pouvoir limité, mais il y suppléait par son adresse. Les troupes du premier avaient plus d’audace et d’impétuosité; celles du second étaient plus patientes et mieux disciplinées. Il y avait dans les talens des deux monarques autant de différence que dans les avantages respectifs dont ils jouissaient , et cette différence ne contribua pas peu à prolonger leurs querelles. François prenait une résolution avec célérité, la soutenait d'abord avec chaleur et en poursuivait l’exécution avec audace et activité, mais il manquait de la persévérance nécessaire pour surmonter les difficultés, et souvent il abandonnait ses projets ou se relâchait dans l’exécution, soit par impatience, soit par légèreté. Charles délibérait froidement et se décidait lentement; mais lorsqu'une fois il avait arrêté son plan, il le suivait avec une obstination inflexible, et ni le danger ni les obstacles ne pouvaient le détourner dans l'exécution. L’influence de leurs caractères sur leurs entreprises dut mettre une égale différence dans les succès. François, par son impétueuse activité, déconcerta souvent les plans de l'empereur les mieux concertés. Charles, en suivant ses vues avec plus de sang-froid, mais avec fermeté, ar-
rêta souvent son rival dans sa carrière rapide, et repoussa scs plus vigoureux efforts, la; premier, à l’ouverture d'une guerre ou d’une campagne, fondait sur son ennemi avec la violence d'un torrent , et entraînait tout ce qui se trouvait devant lui; le second, attendant pour agir que les forces de son rival commençassent à diminuer, recouvrait à la fin tout ce qu’il avait perdu , et faisait souvent de nouvelles acquisitions. Le roi de France forma différens projets de conquêtes; mais quelque brillansquc fussent les conuuencemens de ses entreprises, la fin en fut rarement heureuse ; plusieurs des entreprises de l'empereur , qu'on jugeait impraticables et désespérées, se terminèrent avec le plus graud succès. François se laissait éblouir de l’éclat d'un projet; Charles n'était séduit que par la perspective des avantages qu'il pouvait en recueillir. Le degré de leur mérite et de leur réputation respective n’a cependant été encore fixé ni par un examen scrupuleux de leurs talens pour le gouvernement , ni par la considération impartiale de la grandeur et du succès de leurs entreprises. François est un de ces princes dont la renommée est au-dessus de leur génie et de leurs actions, et cette préférence est l’effet de plusieurs circonstances réunies. La supériorité que donna à Charles la victoire de Tavie , et qu'il conserva dès lors jusqu'à la fin de son règne , était si manifeste que les efforts de François pour affaiblir la puissance énorme et toujours croissante de son rival furent jugés par la plupart des autres états non-seulement avec la partialité qu'inspirent naturellement ceux qui soutiennent avec courage un combat inégal, mais même avec la faveur que méritait celui qui attaquait un eunemi commun , et tâchait de réprimer le pouvoir d'un souverain également formidable a tous les autres. D'ailleurs, la réputation des princes, surtout aux yeux de leurs contemporains, dépend autant de leurs qualités personnelles que de leurs talens pour le gouvernement. François commit des fautes graves et multipliées, et dans sa conduite politique, et dans son administration intérieure; mais il fut humain, hienfaisant , généreux ; il avait de la dignité sans orgueil , de l'affabilité sans bassesse, et de la politesse sans fausseté; il était aimé et respecté de tous ceux qui approchaient de sa personne, et tout homme
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de mérite avait accès auprès de lui. Séduits par les qualités de l’homme , ses sujets oublièrent les defauts du monarque; ils l'admiraient comme le gentilhomme le plus accompli de son royaume, et ils se soumirent sans murmure à des actes d'administration vigoureuse qu'ils n'auraient pas pardonnés à un prince moins aimable. II semble cependant que cette admiration aurait dû n’être que momentanée et mourir avec les courtisans de ce monarque; l'illusion qui naissait de ses vertus privées a dû se dissiper, et la postérité devrait juger sa conduite publique avec son impartialité ordinaire: mais cet effet naturel a été contre-balancé par une autre circonstance, et le nom de François a passé à la postérité avec une gloire dont le temps n’a fait qu’augmenter l'éclat. Avant son règne, les sciences et les arts avaient fait peu de progrès en France; à peine commençaient-ils à franchir les limites de l'Italie où ils venaient de renaître , et qui avait été jusqu’alors leur unique séjour. François les prit sous sa protection; il voulut égaler Mon X par l’ardeur et la magnificence avec laquelle il encouragea les lettres. Il appela les savans à sa cour, il conversa familièrement avec eux, il les employa dans les affaires , il les éleva aux dignités et il les honora de sa confiance. Les gens de lettres ne sont pas moins flattés d’ètre traités avec la distinction qu'ils croient mériter, que disposés à se plaindre lorsqu'on leur refuse les égards qui leur sont dus; ils crurent qu'ils ne pouvaient porter trop loin leur reconnaissance pour un protecteur si généreux, et célébrèrent à l’envi ses vertus et ses talens. Ms écrivains postérieurs adoptèrent ces éloges et y ajoutèrent encore. Le titre de père des lettres, qu'on avait donnés François, a rendu sa mémoire sacrée chez les historiens; ils semblent avoir regardé comme une sorte d'impiété de relever ses faiblesses et de censurer ses défauts. Ainsi François, avec moins de talens et de succès que Charles, jouit peut-être d’une réputation plus brillante; et les vertus personnelles dont il était doué lui ont mérité plus d'admiration et d'éloges que n'en ont inspiré le vaste génie et les artifices heureux d'un rival plus habile, mais moins aimable.
La mort du roi de France produisit un changement considérable dans l'état de l'Europe. L’empereur, vieilli dans l’art du gouvernement,
n'avait plus pour rivaux que de jeunes monarques peu digues d’entrer en lice avec celui qui avait lutté si long-temps et presque toujours heureusement avec des princes telsque Henri VIH et François 1er. Cette mort délivra Charles de toute inquiétude, et il se trouva heureux de pouvoir commencer avec succès, contre l'électeur de Saxe, les opérations qu'il avait été obligé de suspendre jusqu'alors. Il savait que les talens de Henri 11, qui venait de monter sur le trône de France, étaient bien inférieurs à ceux de son père ; il prévit que ce nouveau monarque serait, pendant quelque temps, trop occupé à renvoyer les anciens ministres qu'il baissait, et à satisfaire les désirs ambitieux de ses propres favoris, pour qu'on eût quelque chose à craindre, soit de ses efforts personnels, soit de quelque confédération formée par ce prince sans expérience.
Comme il était difficile de prévoir combien durerait cet intervalle de sécurité , Charles se détermina à en profiter sur-le-champ; dés qu'il eut appris la mort de François, il se mit en marche d'Égra sur les frontières de Bohème ; mais le départ des troupes du pape , joint à la retraite des Flamands , avait tellement affaibli son armée, qu'il ne put rassembler que seize mille hommes. Ce fut avec des forces si peu considérables qu'il commença une expédition dont l’événement devait fixer le degré d'autorité dont il jouirait dorénavant en Allemagne. Cependant, comme sa petite armée était particulièrement composée de vieilles bandes espagnoles et italiennes, il pouvait, sans laisser beaucoup au hasard , se reposer sur leur valeur, et se flatter même de l'espérance du succès. L'électeur, il est vrai, avait levé une armée fort supérieure en nombre, mais elle ne pouvait être comparée avec celle de l'empereur ni pour l’expérience et la discipline des troupes, ni pour les talens des officiers. D'ailleurs ce prince avait déjà fait une faute qui , en le privant de tout l'avantage que lui donnait la supériorité du nombre, aurait pu seule entraîner sa ruine ; au lieu de tenir ses forces réunies , il en détacha un corps considérable vers les frontières de la Bohême, afin de faciliter sa jonction avec les mécoutens de ce royaume ; et il cantonna une grande partie de ce qui restait en différentes villes de la Saxe, contre lesquelles il ne doutait pas que l'empereur ne portât scs premiers efforts. Il eut la fai-
blesse de croire que ces places , ouvertes et munies de petites garnisons, seraient en état de tenir contre un tel ennemi.
L’empereur entra en Saxe par la frontière méridionale, et attaqua Altorf sur l’Elster. On vit bientôt combien la tnaçœuvrc de l’électeur était insensée; car les troupes qui se trouvaient dans cette ville se rendirent sans résistance , et celles qu’on avait envoyées dans les autres places entre Altorf et l’Elbe suivirent cet exemple ou s'enfuirent à l’approche des impériaux. Charles ne laissa pas aux Saxons le temps de se remettre de la terreur panique dont ils paraissaient être frappés , et il marcha en avant sans perdre un seul moment. L’électeur, qui avait établi son quartier général à Meisscn, flottait dans l’état d'indécision et d'incertitude qui lui était naturel; il se montrait même plus indécis à proportion que le danger paraissait plus urgent et exigeait des résolutions plus promptes. Quelquefois il semblait déterminé à défendre les bords de l’Elbe, et à tenter le sort d’une bataille , dès que les détachemcns qu'il avait appelés à lui seraient à jiorléc de le joindre. D’autres fois, regardant ce parti comme téméraire et trop périlleux , il paraissait adopter les avis plus prudens de ceux qui lui conseillaient de tâcher de traîner la guerre en longueur, en se retirant sous les fortifications de Witlemberg où les impériaux ne pourraient l’attaquer sans un désavantage sensible, tandis qu’il y attendait en sûreté les secours qui devaient lui arriver du Meklemlmurg , de la Poméranie et des villes protestantes de la Baltique. Sans s’arrêter d’une manière fixe à l’un ou à l’autre de ces deux plans, il rompit le pont de Mcissen , et marcha le long de la rive orientale de l'Elbe jusqu'à Muhlberg. Là il délibéra de nouveau, et après avois hésité long-temps, il s’en tint à un de ces partis mitoyens qui sont toujours agréables aux âmes faibles et incapables de résolution et de fermeté. Il laissa un détachement à Muhlberg pour s’opposer aux impériaux s’ils tentaient de passer la rivière en cet endroit , et s'avançant à quelques milles de là avec son armée, il y campa, en attendant l'événement sur lequel il se proposait de régler ses démarches ultérieures
Cependant Charles, qui marchait toujours sans s’arrêter, arriva le 23 avril au soir sur les bords de l’Elbe, vis-à-vis de Muhlberg. La ri-