‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 108 sur 325 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

pieds !.. Peste soit de tous les couards !... Donne-moi une coupe de Xérès, coquin ! Est-ce qu'il n'y a plus de vertu sur la terre ?

11 boit,

LE PRINCE HENRY

As-tu jamais vu Phébus caresser une motte de beurre, et la motte de beurre fondre d'attendrissement à la douce étreinte du soleil? Si tu l'as vu, eh bien, regarde-moi ce produit-là.

Il montre FalstaiT.

FALSTAFF

Coquin ! il y a de la chaux dans ce Xérès-là. Il n'y a que coquiuerie.chez l'homme infâme... Pourtant un couard est pire qu'une coupe de Xérès avec de la chaux dedans : infâme couard ! ... Va ton chemin , vieux Jack ; meurs quand tu voudras ; si alors la virilité, la véritable virilité n'a pas disparu de la face de la terre, eh bien, je suis un hareng saur. Il n'y a pas en Angleterre trois hommes de bien échappés à la hart, et l'un d'eux est gros et se fait vieux. Dieu nous soit en aide ! Ah ! le méchant monde I Je voudrais être tisserand ; je chanterais des psaumes ou n'importe quoi. Peste soit do tous les couards, encore une fois!

LE PRINCE HENRY

Eh bien, sac de laine, que marmonnez- vous là?

FALSTAFF

Un fils de roi ! Si je ne t'expulse pas de ton royaume avec un sabre de bois, et si je ne chasse pas tous tes sujets devant toi, comme un troupeau d'oies sauvages, je veux ne jamais porter un poil sur mon visage. Vous, prince de Galles!

LE PRINCE HENRY

Ah çà! fils de putain! boule humaine! de quoi s'agit-il?

FALSTAFF

N'es-lu pas un couard? lléponds-moi à ça; et Poins

aussi?

poms.

Corbacque ! grosse panse, si vous m'appelez couard , tudieu ! je te poignarde.

FALSTAFF

Moi, t'appeler couard! Je te verrai damner avant de t' appeler couard ; mais je donnerais mille livres pour pouvoir courir aussi vite que toi. Vous avez les épaules assez droites, vous autres, et cela vous est égal qu'on voie votre dos. Vous appelez ça épauler vos amis ! Peste soit de cette épaulée -là ! parlez-moi des gens qui me font face ! . . . Qu'on me donne une coupe de Xérès!... Je suisuncoquin, si j'ai bu aujourd'hui.

LE PRINCE HENRY

Misérable ! tes lèvres sont à peine essuyées depuis ta dernière rasade.

FALSTAFF

N'importe! Peste soit de tous les couards, encore une fois !

Il boit.

LE PRINCE HENRY

De quoi s'agit-il?

FALSTAFF

De quoi s'agit-il? Nous voilà quatre ici qui avons pris mille livres ce matin .

LE PRINCE HENRY

Où sont-elles, Jack? Où sont-elles?

FALSTAFF

OÙ sont-elles? on nous les a reprises. Nous étions quatre malheureux contre cent.

LE PRINCE HENRY

Comment! cent, mon cher?

FALSTAFF

Je suis un coquin, si je n'ai pas croisé l'épée avec une douzaine d'entre eux, deux heures durant. J'ai échappé par miracle. J'ai reçu huit bottes à travers mon pourpoint, quatre à travers mon haut-de-chausse ; mon bouclier est percé de part en part; mon épée est ëbréchée comme une scie à

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