‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 11 sur 325 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

[La plaine de Gosford-green, près Coventry.J

La lice est préparée ; un trône dressé. Hérauts d'armes et autres officiers de service en faction.

Entrent le Lord Maréchal et Aumerle.

LE MARÉCHAL

— Milord Aumerle, Harry Hereford est-il armé?

AUMERLE

— Oui, de pied en cap, et impatient d'entrer.

LE MARÉCHAL

— Le duc de Norfolk, plein de fougue et de hardiesse,

— n'attend que le signal de la trompette de l'appelant.

AUMERLE

— Ainsi les champions sont prêts, et l'on n'attend plus

— que l'arrivée de Sa Majesté,

Fanfares, Entrent le roi Richard, qui va s'asseoir sur son trône, Jean de Gand et plusieurs autres seigneurs qui prennent leurs places. — Une trompette sonne; une autre trompette lui répond de l'intérieur. Alors, entre NORFOLK, armé de toutes pièces, précédé d'un héraut.

— Maréchal , demandez à ce champion — pour quelle cause il vient ici en armes ; — demandez-lui son nom ; et, suivant l'usage, sommez-le — d'attester sous serment la justice de sa cause.

LE MARÉCHAL, à Norfolk.

— Au nom de Dieu et du roi, dis qui tu es, — et pourquoi tu viens dans cet équipement chevaleresque, — contre qui tu viens, et quelle est ta querelle. — Bis la vérité,

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sur ton serment et sur ta foi de chevalier, — et que dès lors le ciel et ta valeur te soient en aide!

NORFOLK

— Mon nom est Thomas Mowbray, duc de Norfolk. — Je

viens ici, engagé par un serment, — (que le ciel préserve un

chevalier de violer jamais !) — pour défendre mon honneur

et ma loyauté — envers Dieu, mon roi et ma postérité —

contre le duc de Hereford qui m'accuse, — et, par la grâce

de Dieu et par ce bras, — lui prouver, en me défendant,

— qu'il est traître à mon Dieu, à mon roi et à moi. —

Comme je combats pour la vérité, que le ciel me soit en

aide!

II s'assied.

Une trompette sonne. Entre Bolingbroke, armé de toutes pièces, précédé par nn héraut.

— Maréchal, demandez à ce chevalier en armes — qui il est et pourquoi il vient ici — cuirassé d'habillements de guerre ; — et, suivant les formes de notre loi, — faites-lui attester la justice de sa cause.

LE MARÉCHAL

— Quel est ton nom ? et pourquoi viens-tu ici — devant le roi Richard, dans sa lice royale? — Contre qui viens-tu? Et quelle est ta querelle? — Parle en vrai chevalier, et, sur ce, le ciel te soit en aide !

BOLINGBROKE

— Harry Hereford, de Lancastre et de Derby, — c'est moi ! Je me présente en armes dans cette lice, — pour y prouver, par la grâce de Dieu et la valeur de mon corps, — à Thomas Mowbray, duc de Norfolk, — qu'il n'est qu'un hideux félon, traître — au Dieu du ciel, au roi Richard et à moi ; — et, comme je combats pour la vérité, que le ciel me soit en aide !

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