‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 115 sur 325 · XI · texte numérisé non relu

XI

LE PRINCE HENRY, prenant la place de Falstaff. Allons, me voici installé.

Et moi, me voici debout. . . Vous allez juger, mes maîtres.

LE PRINCE HENRY

Eh bien, Harry , d'où venez-vous?

FALSTAFF

D'East-Cheap, mon noble lord.

LE PRINCE HENRY

Les plaintes que je reçois sur ton compte sont graves.

FALSTAFF

Tudieu, milord, elles sont fausses... Ah! vous allez voir si je suis caressant pour un jeune prince !

LE PRINCE HENRY

Tu jures, enfant impie ! Désormais ne lève plus les yeux sur moi. Tu es violemment entraîné hors des voies de la grâce : il y a un démon qui te hante sous la forme d'un vieux gros homme : tu as pour compagnon un muid humain. Pourquoi te commets-tu avec ce bagage d'humeur, cette huche verrouillée de bestiahté, ce paquet gonflé d'hypocrisie, cet énorme baril de Xérès, ce sac à boyaux tout plein, ce bœuf gras rôti avec la farce dans son ventre, ce vice vénérable, cette iniquité grise, ce père ruffian, cette vanité surannée? A quoi est-il bon? à déguster le Xérès et le boire. A quoi est^il propre et apte? à découper un chapon et à le manger. En quoi consiste son habileté? en astuce. Son astuce? en coquinerie. En quoi est-il coquin? en tout. En quoi est-il estimable? en rien !

FALSTAFF

Je voudrais que Votre Grâce me permît de la suivre. De qui Votre Grâce veut-elle parler?

LE PRINCE HENRY

De ce scélérat, de cet abominable corrupteur de la jeunesse, Falstaff, ce vieux satan à barbe blanche.

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