‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 140 sur 325 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

qu'aucun Écossais vivant. — On verra demain dans la bataille — qui de nous a peur.

DOUGLAS

Oui, ou ce soir.

Soit !

— Ce soir, dis-je.

VERNON

HOTSPUR

VERNON

Allons, allons, cela ne se peut pas. — Je m'étonne grandement que des hommes ayant comme vous une haute autorité — ne voient pas tous les obstacles — qui reculent notre attaque. La cavalerie — de mon cousin Vernon n'est pas encore venue. — La cavalerie de votre oncle Worcester n'est arrivée qu'aujourd'hui : — et maintenant son ardeur et sa fougue sont paralysées, — son énergie est abattue, émoussée par une excessive fatigue, — et il n'y a pas un cheval qui n'ait perdu au moins la moitié de sa valeur.

HOTSPUR

— La cavalerie de l'ennemi est dans le même état, — généralement épuisée et accablée par la fatigue ; — la meilleure partie de la nôtre est complètement reposée.

WORCESTER

— L'effectif du roi dépasse le nôtre. — Au nom du ciel, cousin, attendez que tous soient arrivés.

Une fanfare annonce un parlementaire.

Entre Sir Walter Blunt.

BLUNT

— Je viens avec de gracieuses offres, de la part du roi ; — daignez seulement m'entendre et m'écouter.

HOTSPUR

— Soyez le bienvenu, sir Walter Blunt, et plût à Dieu — que vous fussiez dans nos rangs ! — Il en est parmi nous

qui vous aiment fort; et ceux-là même — en veulent à votre grand mérite et à votre bonne renommée, —voyant que vous n'êtes pas des nôtres — et que vous vous tournez contre nous en ennemi.

BLUNT

~ A Dieu ne plaise qu'il n'en soit pas ainsi, — tant que, sortis des limites du véritable devoir, —vous vous tournerez contre la majesté sacrée ! — Mais voici mon message. Le roi m'envoie savoir — la nature de vos griefs ; et pourquoi, — évoquant du sein de la paix publique — ces hostilités téméraires, vous donnez à son loyal peuple l'exemple — d'une si cruelle audace. Si le roi — a méconnu aucunement vos services — qu'il reconnaît être considérables, —il vous presse d'énoncer vos griefs ; et sur-le-champ — vous obtiendrez pour toutes vos demandes une ample satisfaction, — ainsi qu'un pardon absolu pour vous-mêmes, et pour ceux — qui ont été égarés par vos suggestions.

HOTSPUR

— Le roi est bien bon ; le roi, nous le savons bien — sait quand il faut promettre et quand il faut s'acquitter. — Mon père, mon oncle et moi, — nous lui avons donné la royauté même qu'il porte ; — quand il était à peine âgé de vingt-six ans, — compromis dans l'estime du monde, misérable, déchu, — pauvre proscrit inaperçu, se faufilant dans son pays, — mon père l'accueillit sur le rivage; — alors, l'entendant jurer et prendre Dieu à témoin — qu'il ne venait que pour être duc de Lancastre, — pour réclamer son héritage et implorer la paix, — mon père fut attendri jusqu'au fond da cœur — par ses larmes d'innocence et ses protestalions de dévouement; - il jura de l'assister et lui tint parole. —Dès que les lords et les barons du royaume — s'aperçurent que Northumberland inclinait en sa faveur, -grands et petits vinrent le saluer du chapeau et du genou, - allèrent à sa rencontre dans les bourgs, les cités, les villages, -

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